12-04 Genesis of the Daleks

12-04  Genesis of the Daleks

de Terry Nation (6 épisodes)

Réalisation : David Maloney

La téléportation par le Transmat du Nerva est interceptée par un membre du Conseil des Timelords qui dévie sa trajectoire sur Skaro, la planète d’origine des Daleks. Les gens de Gallifrey se sont rendus compte que les Daleks allaient causer à l’avenir des dommages qui ne pourraient pas être réparés à l’échelle de l’espace-temps. Aussi demandent-ils au Docteur d’empêcher leur création. Ils ont pour cela transporté le Docteur, Sarah Jane et Harry au cœur de la guerre sans fin qui opposa les Thals aux Kaleds. Les Kaleds de la surface subissant des mutations (les Mutos) ont alors été mis au ban de la société alors qu’une caste de scientifiques promus pour employer tous les moyens pour la survie de l’espèce a gravi les strates du pouvoir. A sa tête, le génie Davros a mis secrètement au point des robots sans aucune conscience morale capables d’exterminer les ennemis qui ne correspondraient pas aux critères de leur race. Après avoir perdu la trace de Sarah Jane, le Docteur et Harry sont faits prisonniers par Nyder, le lieutenant de Davros. Se retrouvant au milieu des Mutos, la journaliste est transportée avec un d’entre eux dans le quartier général des Thals pour aider à la construction d’un missile qui servira à détruire le dôme sous lequel vivent les Kaleds. Davros se décide à divulguer aux scientifiques sa création, dont le premier méfait aurait été de tuer Le Docteur et Harry s’ils n’avaient pas été stoppés par le scientifique Ronson. Ce dernier pense que les mystérieux intrus pourront aider les Kaleds à sortir de cette guerre et il s’oppose farouchement à la tournure qu’ont prises les expériences de Davros.

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Sarah Jane et son Mutos prennent la tangente.

Terry Nation, le créateur des Daleks revient pour un nouvel arc impliquant ses bébés. Le premier arc qu’ils partagent avec le Docteur et une aventure qui donne un sacré coup dans la routine (c’est peu de le dire) des apparitions des Daleks. Nous sommes plongés dans le contexte de leur création et le Docteur est placé dans une situation qui lui permettrait de totalement se débarrasser d’eux. La grande force de cet arc est de faire parfaitement ressortir l’urgence de la situation et la gravité historique des événements qui se déroulent avec peu de décors, un nombre relativement limité d’acteurs et les moyens télévisuels de la BBC. Les premiers épisodes font clairement ressortir que le germe des Daleks est partout dans le système et les habitudes des Kaleds. Le régime qui permet aux affreux de venir au monde renvoie naturellement au régime nazi avec ses soldats raides et déshumanisés, adeptes de la torture, qui ne manquent d’ailleurs pas d’effectuer des débuts de salut nazi.

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Davros et son ombre, le monolithique Nyder

Le glaçant Nyder renvoie autant à un chef SS (il a un physique apparenté à celui de Heinrich Himmler) qu’au Grand Moff Tarkin du premier Star Wars à venir. Davros est le rejeton d’une science sans conscience qui n’a aucune allégeance, sinon celle qui pourra amener sa création à être l’espèce dominante. Il manie très bien la politique à cette fin et maîtrise aussi bien le double jeu que l’empereur Palpatine, si bien qu’on peut se demander si Georges Lucas ne s’en serait pas un peu inspiré pour créer son Sith. Terry Nation n’a quant à lui pas tiré tout ça de son chapeau. Les allusions aux scientifiques de guerre qui ont permis l’avènement de la bombe atomique ou d’armes qui restent encore des menaces de destruction pour les générations futures, même en période de Détente, hantent cet arc Dalekien. Certains moments, comme le dialogue entre Davros et le Docteur concernant un hypothétique virus, sont réellement dérangeants.

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Davros et le Docteur dans un débat hautement philosophique

L’autre force de Genesis of the Daleks est de reconstituer avec une grande fiabilité la genèse du titre, en complément des renseignements qui nous étaient déjà fournis dans la série. Nul autre que le créateur des Daleks ne pouvait relever aussi bien le défi. Même en prenant parfois des chemins sinueux, Terry Nation aboutit au final à la situation qui mena à l’épisode 2 de la série. L’auteur a parfaitement compris l’or d’un tel concept et il l’utilise jusque dans ses retranchements. N’oublions pas que ces événements auront un écho sur toutes les époques qui dépassera même l’ancienne série. Il n’hésite pas à faire du Docteur un prisonnier qui dévoilera les raisons de toutes les défaites des Daleks, donnant la possibilité à Davros de corriger ses erreurs pour qu’elles n’aient pas lieu. Il place aussi entre les mains du Docteur le grand dilemme du voyageur temporel. Sera-t-il capable de détruire toute une race en gestation dans l’unique but de sauver le futur ? Pourrait-il supprimer un bébé sachant que celui-ci deviendrait un immonde dictateur ? (Hitler, au hasard). Le Docteur se refuse à le faire. Et de penser que ce grand mal pourrait aussi amener du bien. Une conclusion difficile à trancher, mais passionnante en ce qu’elle renvoie à tout l’arc de Russell T. Davies et au récent épisode du cinquantenaire : The Day of The Doctor. Le docteur guerrier (John Hurt) y fera la même conclusion en observant l’attitude de Ten et Eleven. Les Daleks finiront par supprimer Davros (qui réssucitera par la suite) et toutes les aventures que nous avons vécues avec eux auront lieu. Genesis of the Daleks est foisonnant, passionnant, prophétique (l’intervention des TimeLords est le premier acte de leur rivalité avec les Daleks) et tendu sur ses six épisodes. Il expérimente à tout va comme le faisait la fin de la période Troughton, et bénéficie à son instar de deux compagnons parfaitement rôdés et utiles. Si Sarah Jane n’avait plus rien à prouver, Harry Sullivan semble avoir troqué sa maladresse contre un remarquable esprit d’initiative. Tom Baker porte sur ses épaules ce scénario très noir et lui apporte avec conviction quelques touches de légèreté. Brillant.

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C’est pas encore pour maintenant vieux, mais le Moment viendra.

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