30 / 4-08 & 09 Silence in the Library & Forest of the Dead (Bibliothèque des ombres)

30 / 4-08 & 09  Silence in the Library &  Forest of the Dead

De Steven Moffat (2 épisodes)

Réalisation : Euros Lyn

Une fillette visite une bibliothèque dans son esprit. C’est à cet endroit que débarquent le Docteur et Donna, au 51ème siècle dans la plus grande bibliothèque de l’univers. Une gigantesque planète peuplée de livres et dont le cœur est une immense base de données. Mais il n’y a personne dans cette bibliothèque et sur la planète, sauf un silence de mort, la présence apparente de milliers de formes vivantes et un message venu de nulle part qui leur dit de compter les ombres s’ils veulent vivre. Ils sont rejoints par une expédition archéologique menée par le professeur River Song, une femme qui semble avoir été très proche du Docteur et qui l’a guidé jusqu’à ces lieux. Mais River s’est trompée de date et a fait venir un Docteur qui ne la connaît pas encore. Pendant ce temps, Vashta Nerada, des créatures tapies dans le noir que le Doc compare à des piranha des airs, attaquent peu à peu les membres du groupe.

3008G Une vision du futur

Après les statues, Moffat continue de jouer avec les terreurs liées aux objets anodins en s’attaquant aux ombres, et il le fait toujours aussi bien. Le premier épisode est un modèle d’angoisse, utilisant le ressort ingénieux mais effrayant du data ghost : la vie reste dans le corps des morts, même lorsqu’ils ne sont plus que des squelettes. Le scénariste continue aussi de jouer à un niveau complexe avec l’espace-temps. Des allers-retours temporels de The Girl in the Fireplace et Blink, il passe ici plusieurs réalités intiment liées : la bibliothèque et le monde la gamine. Cal est la conscience d’une petite fille malade sauvée dans l’ordinateur par son grand-père, qui a fondé la bibliothèque afin de la faire reposer au milieu des livres. Il l’a laissée sous la protection bienveillante du Docteur Moon, scan anti-virus très consciencieux aux allures de psy. Lorsque les Vashta Nerada ont envahi la bibliothèque, elle a sauvé toutes les personnes qui étaient présentes en les transportant dans le disque dur de la machine, ordonnant au Dr. Moon de les intégrer. Il leur crée pour cela une réalité alternative, que Donna expérimentera durant tout le second épisode.

3008L’antivirus explique au système qu’il faut sauver des gens.

A la fin du premier épisode, Donna est capturée par l’ordinateur alors que le Docteur la téléportait dans le TARDIS. Elle vit la vie rêvée que lui a choisie l’ordinateur, avec un mari (qui la laisse parler) et des enfants. Elle la vit en ellipses, comme dans un rêve. Parallèlement, le reste du groupe lutte contre les Vashta Nerada. Si l’on apprend que les entités tueuses tapies dans les ombres se sont nichées dans les livres de la bibliothèque pour suivre leurs forêts qui avaient été abatues (pour produire ces livres), aucun discours pour la forêt ne vient pour autant intervenir dans le scénario. C’est un froid concours de circonstances qui a mené à cette situation, l’intention de départ ayant guidée à la construction de la bibliothèque étant bonne. Et un tel scénario, il faut le dire, n’a pas besoin de discours pour le soutenir. Silence in the library / Forest of The Dead possède une densité de tous les instants qui révèle un point limite d’équilibre pour Steven Moffat.  Ce diptyque enchaîne les idées originales sans pour autant laisser de côté les enjeux et les personnages. Il oblige à une attention soutenue, mais garde d’une certaine manière les pieds sur Terre. Présence de Russell T. Davies oblige. Moffat showrunner, il sera plus difficile à canaliser le wibbly woobley par la suite.

3008CRiver révèle au Docteur qu’elle connaît son vrai nom (spoilers)

Mais le meilleur dans tout ça est bien la première apparition de River Song, meilleure création de Steven Moffat pour Doctor Who, introduite dans la série par sa dernière aventure. Logique, car River et le Docteur, ce n’est rien de moins qu’une histoire d’amour vécue dans le mauvais ordre, une comédie romantique spatio-temporelle sortie du cerveau malade de Monsieur Moffat et relatée sur plusieurs années. En 2008, River n’est qu’un mystérieux personnage qui clame avoir toujours connu le Docteur. A Noël 2015, alors que la boucle est bouclée sur ses aventures, elle s’approche du jour où cette bibliothèque va sceller son destin, sous le regard du douzième Docteur.  River a bien connu le Docteur bien avant cette aventure et sous une forme plus vieille (Spoilers : Eleven et Twelve) mais elle n’a pas connu Donna. Elle traîne avec elle un journal de ce qu’elle a vécu et ce qu’il va vivre, plus un tournevis sonique qu’il lui donnera lors de leur dernier rendez-vous. Afin qu’il lui fasse confiance, River révèle au Docteur pas moins que son nom, qu’il ne dirait qu’en des circonstances spéciales (un mariage ?). Avant la fin de l’épisode, l’existence de River et de ce qu’elle a vécu devient tout à fait acceptable au sein de la mythologie, si bien que la fin du personnage est un vrai pic émotionnel. A la lumière de toute l’histoire de River, chaque détail du diptyque prend une autre dimension, et ce final une importance encore plus grande. On se rend compte que les indices disséminés et les détails avancés dans cette première rencontre (du point de vue du Docteur) ont globalement été suivis dans les saisons suivantes, jusqu’au stratagème du tournevis pour la garder en vie. Quand à cette fin dans laquelle on peut voir le Doc ouvrir le TARDIS d’un claquement de doigt et le refermer sur lui et Donna sur la voix off de River, elle reste toujours aussi puissante. Steven Moffat confirme qu’il est plus que jamais l’homme de la situation pour reprendre en main la série pour sa saison 5.

3008E

« Some days are special. Some days are so so blessed. Some days nobody dies at all.  Now and then, every one in a very long while, every day in a million days when the wind stands fair and the doctor comes to call…everybody live »

3008F

Sweet dreams everyone.

 

N : 10

IM : 9

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