Christmas Special 2010 – A Christmas Carol

Christmas Special 2010 – A Christmas Carol

Scénario : Steven Moffat

Réalisation : Toby Haynes

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Les Pond ont réservé la suite lune de Miel sur un super vaisseau. Mais voilà que le vaisseau se coince dans une ceinture de nuage et menace de se crasher. Seul un homme peut les sauver : Kazran Sardick, qui possède Sardicktown et la machine qui peut leur permettre d’atterrir. Mais Sardick refuse de sauver les passagers, car c’est un vieil homme aigri qui n’en a rien à faire, même en ce jour de Noël. En une nuit, le Docteur a décidé de changer sa vie et si tout se passe bien, de réveiller le peu de bonté qui sommeille encore en lui. Et pour cela, il aura besoin de convoquer ses fantômes.

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Michael Gambon en pleine thérapie Whovienne

Les possibilités d’une série sur le voyage temporel comme Doctor Who sont inouies. On peut résusciter l’histoire, voir les possibles futurs, mais aussi profiter d’arguments S-F pour faire venir le merveilleux et le conte. C’est ce qui intéresse Steven Moffat, plus que la S.F. Il a effleuré de nombreuses histoires de l’enfance  lors de sa saison 5 à travers de nombreuses citations et d’une atmosphère Amblinienne latente, mais cesse de tourner autour du pot. Pour son premier Noël sur Doctor Who en tant que showrunner, il s’attaque au gros poisson du conte de Noël, A christmas carol de Charles Dickens (un vieil ami du Docteur). Ebenezer Scrooge sera ici Kazran Sardick, interprété par une nouvelle pointure british sur le tableau de chasse Doctor Who : Michael Gambon himself. A la vision de cet épisode, l’importation de Scrooge dans l’univers du Docteur tombe sous le sens: Quoi de mieux qu’un voyageur du temps pour amener les fantômes des Noël passés et futurs et chambouler toute la vie d’un homme seul et aigri en une seule nuit ? (Si vous me dites une équipe d’intervention de Leo DiCaprio venue lui inceptionner une idée, on viendra vous inceptionner un peu d’esprit de Noël à coup de burin). Les possibilités du temps que lui apportent doctor who, Steven Moffat sait parfaitement les utiliser pour doper son histoire, lui donner ce qui va en faire plus qu’une simple adaptation de plus de l’histoire de Scrooge.

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Votre programmation de Noël : Megashark vs the Doctor

Le Fantôme des Noël passés (le Docteur) accompagne Sardick par écran inter-temporel, en lui donnant à voir la visite qu’il fait à son « lui » du passé. Puis vient un nouveau compagnon, Abigail, une jeune femme enfermée dans une chambre de glace, qui faisait partie des gages que Sardick père, puis fils, gardaient en échange des sommes qu’ils prêtaient à la population. A chaque Noël, le Docteur reviendra pour faire vivre à Kazran et à Abigail des aventures merveilleuses. Steven Moffat tisse un lien narratif formidable entre les aventures des trois et le Sardick vieux qui découvre des photos et plonge dans sa nouvelle mémoire au fur et à mesure que le Docteur réécrit sa vie.

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Les caves de Sardick, peuplées de corps en guise de garantie

Eleven aura offert le cadeau de ces Noël à Kazran, mais aussi à la jeune femme qui n’a plus que quelques jours à vivre, et pour qui chaque jour sera un nouveau réveillon avec ses amis. Mais le plus brillant reste encore cette romance temporelle qui se tisse entre le jeune Kazran et Abigail, elle ne bougeant pas d’un pouce (elle n’est réveillée qu’à chaque Noël) et Kazran vieillissant d’un an à chaque rencontre. Leur histoire rappelle la romance épisodique de the girl in the fireplace. Elle introduit dans le conte classique une dimension supplémentaire dont l’émotion est portée par un Murray Gold qu’on n’a pas vu aussi inspiré depuis un an et la chanteuse galloise Katherine Jenkins, casté avec une grande acuité dans le rôle d’Abigail.

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Kazran observe celle qu’il ne pourra plus jamais réveiller

Mais le temps peut-il être réécrit ? Peut-être selon Amy Pond (elle en sait quelque chose), mais pas les personnes (dixit Sardick) ! Lorsqu’il apprend qu’Abigail devra mourir, Kazran sera déçu par la vie et redeviendra ce qu’il était. Le fantôme du Noël présent apparaît alors, l’hologramme de Miss Pond, coincée avec Rory dans le vaisseau qui va s’écraser. Elle lui donne à voir tous les passagers, mais ne convainc pas le vieil homme. Le fantôme du Noël futur sera un beau tour de passe-passe, un élément finement introduit dans l’épisode qui donnera un choc fatal au vieux Sardick.  Séparé d’Amy, le Docteur vit nettement plus dans cet épisode que dans toute la saison dernière. Bien sûr, il est toujours cette version clown du Sherlock Moffatien, un génie qui amuse les enfants mais qui reste complètement déconnecté du monde et des émotions humaines. Mais la légèreté de son rôle lui sied bien. A côté, le showrunner continue d’exploser les murs entre les époques, mais ses jeux temporels n’amoindrissent pas ici l’intérêt dramatique de son histoire. Elles servent une histoire fantastique dont la magie dispute à la fluidité des transitions, à la poésie des images, à la beauté de la photo et à la maestria de l’écriture. Rarement un scénario d’épisode de série n’aura été autant travaillé. Le seul défaut de A christmas carol est son requin en CGI. Le reste est à placer aux cotés de A girl in the fireplace, Blink ou bien le diptyque silence in the library/forest of the dead. Un enchantement qui transporte au coeur de Noël le temps d’une heure et qui redonne espoir dans Eleven.

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N : 10

IM : 5

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