38 / 12- 07 Can you hear me ?

38 / 12- 07 Can you hear me ?

De Charlene James & Chris Chibnall

Réalisation : Emma Sullivan

Après avoir déposé ses amis à Sheffield, le Docteur répond à un appel d’urgence en provenance d’Alep, en 1380. Elle sauve la jeune Tahira, patiente d’un hôpital psychiatrique, de la monstrueuse créature qui a kidnappé son amie. Pendant ce temps, les trois ont rejoint leurs familles et amis respectifs, mais ils se trouvent bientôt en contact avec des événements étranges. Durant une partie de cartes, Graham est appelé par un mystérieuse femme emprisonnée. En visite chez son ami Tibo qui vit reclu chez lui, Ryan assiste au kidnapping de celui-ci par un homme en habits noirs qui peut détacher ses doigts. Le même homme apparaît dans un rêve de Yaz venu tout droit de son passé. Thirteen décide de connecter ces éléments épars via le TARDIS et conduit Tahira et ses amis dans l’espace. Là-bas, ils découvrent que tout était un plan de l’homme en noir pour conduire la Docteure à libérer la femme prisonnière. Les deux sont en fait des immortels qui se sont nourris des peurs et des maladies des habitants de deux planètes, avant de subir leur châtiment. Maintenant réunis, ils décident d’aller sur Terre pour nous faire subir les mêmes tortures mentales.

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Deux Alepiennes du XIVe pour le volet historique

Can you hear me ? est un épisode sur les peurs, la maladie mentale et la dépression (déjà on part très mal, ça n’est pas la même chose), du moins c’est comme ça qu’il est promu. En l’état, il s’agit plutôt d’un scénario destiné à donner un peu plus de substance aux amis de Thirteen. L’intrigue démarre un peu comme celle du Dream Master qui avait emprisonné Eleven, Amy et Rory dans la saison 6, et la citation de Zellin sur le Celestial Toymaker laisse à penser que les scénaristes ont voulu créer un nouveau personnage de manipulateur emblématique. Mais c’est une fausse piste. Nous nous retrouvons en moins de deux avec des dieux. Hé oui ! Des dieux dans une série de SF. Et le Docteur corrige à peine cette appellation en parlant d’immortels. Mais nous n’aurons pas d’explications whovienne à leur venue ni sur leur provenance. De ce fait, nous nageons autant dans la superstition que lors de la fin de la saison dernière. Mais au final, ces deux invincibles seront vite emprisonnés et nous pourrons passer aux choses sérieuses : L’exploration des angoisses de Yaz, de Graham et de l’ami de Ryan. Ce scénario particulièrement mal écrit se partage donc en trois actes qui auraient pu chacun être un épisode à part entière. A partir de là, comment peut-on traiter sérieusement un seul de ces axes ? L’intrigue des Dieux est celle qui pâtit le plus du fourre-tout car elle est visiblement la moins intéressante pour Chris Chibnall et Charlene James, plus soucieux d’aboutir aux dernières minutes de l’épisode.

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Un deus ex machina pour le côté SF

C’est dans ces dernières minutes que nous pouvons enfin comprendre que Yaz est passée par une période de dépression où elle a voulu tout plaquer et qu’elle a été aidée par une femme bienveillante. Ses scènes permettent enfin d’humaniser un personnage qui a été dépourvu d’histoire sur plus d’une saison. Nous comprendrons aussi que Graham est toujours poursuivi par sa peur du cancer, angoisse pour laquelle Thirteen ne peut rien puisqu’elle s’est décidée cette semaine à jouer l’asociale. Les deux compagnons gagnent certes en profondeur dans ces scènes, mais elles paraissent tellement déconnectées du reste de l’intrigue qu’il est évident que les scénaristes auraient pu se passer de tous les éléments SF de l’épisode. Le problème est que nous sommes dans Doctor Who, et que si le showrunner considère la SF comme quelque chose d’annexe aux intrigues, c’est un gros problème.

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Maintenant que c’est fait, je peux enfin shooter mon drama !

La dépression avait déjà été traitée par la série dans un de ses meilleurs épisodes, Vincent and the Doctor, qui dégageait empathie et bienveillance envers le malade, un certain Vincent Van Gogh. Ici, la démultiplication des cas (celui de Tahira est juste inutile) empêche de vraiment aborder la spécificité de chacune des angoisses présentée. Et pire, elle nous fait tomber dans une approche terre à terre et généralisante qui veut que toute pensée noire est juste un mauvais cap. Une approche qui conviendrait à pas mal de teen dramas, mais à des années lumières de la profondeur, de l’humour et du ton merveilleusement poétique de Doctor Who, qui était à une époque pas si lointaine un des plus beaux remèdes à la dépression.

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