37 / 11 – 05 The Tsuranga Conundrum (Le Casse-tête de Tsuranga)

37 / 11 – 05 The Tsuranga Conundrum

De Chris Chibnall

Réalisation : Jennifer Perrott

67ème siècle. Sur une planète décharge (splendide mise en abime de ce début de saison), la Team TARDIS déterre une mine sonique et explose…fin de l’histoire.  Ou peut-être la secousse qu’il fallait. Les quatre sont secourus par des médecins du Tsuranga, un vaisseau assurant du transport médical d’urgence.  Thirteen a beau s’agiter dans tous les sens pour récupérer son TARDIS. Le plus gros problème à affronter sera un petit alien vorace qui a investi les lieux et n’a pas tardé à éjecter les modules de sauvetage avec Astos, le médecin capitaine des lieux. Créature toxique et invincible, le Pting dévore toute matière non organique et pourrait bien faire du Tsuranga son quatre heures. La planète d’accueil Resus One pourrait aussi bien résoudre le problème en détruisant le vaisseau plutôt que de voir le passager clandestin débarquer. Le Docteur et ses passagers n’auront visiblement pas d’autre choix que d’affronter cette situation sans issue.

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KABOOM

Enfin quelque chose à se mettre sous la dent ! Ce Tsuranga Conundrum trônerait parmi les épisodes moyens d’une saison Daviesienne ou Moffatienne, mais il a le goût de Doctor Who et donne enfin quelques indices sur les directions assumées par Chris Chibnall. Sortant du marasme déprimant des quatre premiers épisodes, Thirteen passe par tous les états dans cet épisode. On retrouve d’abord la panique et la désorientation, attitude décevante pour un Seigneur du Temps et qui renvoie au début de cette saison. Puis à mesure que les portes se ferment, elle se redécouvre Docteur et prend sur elle de guider tout ce petit monde dans cet obscurité à la manière d’une coordinatrice. Exit le général Twelve et place à l’intelligence collective, une direction « anti-hiérarchique » peu surprenante dans cette saison du politiquement correct mais qui a le mérite de proposer une alternative à ce qui s’est fait ces dernières années. Cette alternative est même plutôt bien assumée par Jodie Whittaker qui apporte une dimension ludique à la résolution des problèmes. Une résolution progressive et collective, qui met en avant les outsiders en supprimant les leaders. Il y’a même un petit début de flamme dans la scène de l’accélérateur de particules, dans laquelle Jodie prend visiblement plaisir à embrasser son rôle de Docteur, accompagnée par des nappes synthétiques plus engageantes que l’accompagnement musical qu’on a eu jusqu’ici.

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Thirteen se souvient qu’elle est le Docteur

En guise de bad guy, nous aurons un mélange entre le Nibler de Futurama et Taz. Une créature plutôt fun mais anecdotique qui laissera tout loisir au showrunner de développer les conflits et relations entre les personnages, soit ce qui lui plaît le plus. Le nouveau showrunner parvient à mettre en veilleuse sa fibre pessimiste et les défauts d’écriture des premiers épisodes pour livrer un space opera light. On y retrouve le côté fable (la morale finale), le côté ensemble show, le progressisme social et la vie quotidienne mêlée à la SF qu’on trouvait dans les space op télévisés des 90’s. Le tout est toujours traversé de maladresses, la première étant cette histoire d’homme qui accouche balourdement reliée à l’histoire de Ryan. Les amis de Thirteen sont un peu plus mis en avant, même si on reste très loin d’atteindre le niveau des compagnons de la série moderne. Les dialogues sont moins ineptes et forcés, un peu plus drôles, mais les personnages se révèlent encore trop peu dans l’action et trop souvent par des dialogues / situations surlignées. Encourageant.

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Pting pète le feu

N : 7

IM : 5

37 / 11 – 04 Arachnids in the UK (Arachnides au Royaume-Uni)

37 / 11 – 04 Arachnids in the UK

De Chris Chibnall

Réalisation : Sally Aprahamian

La Docteur et ses amis atterrissent à Sheffield une demie-heure après avoir quitté les lieux. Le temps pour Graham de se rendre compte du calvaire qu’il va vivre, seul dans sa maison vide. Le temps de prendre un thé chez Yaz, avant que celle-ci ne rejoigne sa mère à l’hôtel où elle travaillait. Car Mme Yaz a été virée par le sous Donald Trump qui l’employait. Mais des toiles d’araignées suspectes apparaissent en trop grand nombre dans les environs.  La faute revient à des bébêtes anormalement grosses qui ont étouffé une ou deux personnes dans des cocons. Le groupe se retrouve à l’hôtel du sous Donald Trump pour discuter et découvrir pourquoi les araignées mutantes s’attaquent toutes à l’hôtel pour faire des cocons avec des gens.

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Il atteindra la Maison Blanche quel qu’en soit le moyen. Hahaha !

Il se trouve que le magnat construit sur des décharges toxiques et comme nous ne sommes pas à Tromaville, c’est beaucoup moins drôle et animé. On parle beaucoup dans de longs tunnels de dialogues en attendant que les bébêtes se montrent et que la femme à lunettes du groupe trouve une explication scientifique. On va aussi dans la Panic Room du magnat pour discuter…et les attirer dedans avec de la musique. Tout ça pour que Trumpy flingue la gentille araignée géante devant le Docteur et ses amis, visiblement stupéfaits par autant de méchanceté. Quand bien même ils ont enfermé ses rejetons dans la panic room au risque qu’ils meurent de faim ou s’entredévorent. Suite à quoi les amis rejoignent le Docteur dans le TARDIS en énonçant chacun clairement les raisons qui les poussent à la suivre volontairement vers de nouvelles aventures.

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Une taille exceptionnelle pour un destin si banal

Attendant un peu d’action débridée style Dinosaurs on a spaceship, nous voilà circonscrits dans un lieu plutôt banal à fuir une menace toute aussi banale. Une menace tellement circonscrite qu’on en vient à penser que le Docteur aurait pu laisser intervenir UNIT, par exemple.  A l’instar des blancs de l’épisode précédent, l’homme d’affaires incarné par Chris Noth (The Good Wife, Law & Order) est le véritable monstre de l’épisode. Les araignées apparaissent comme les victimes de ses agissements dans un scénar de série B dépouillé des éléments amusants de la série B. Chris Chibnall semble vouloir renouer avec la veine sociale du Doctor Who des années 70. Mais impossible d’y retrouver le goût de l’époque, tant le gap est grand entre le sérieux du traitement et la caricature du message, tant les éléments whoviens se font rares et tant la Docteure semble détachée des événements, en dehors de quelques fun facts qui auraient bien pu être sortis par la scientifique les accompagnant.

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Scène familiale Daviesienne pour Ten Thirteen

Côté compagnons, Graham gagne en humanité, mais son passé (à part celui de mari de Grace) est toujours absent du scénario et ne transparait pas du jeu de Bradley Walsh. Nous arrivons à situer un peu plus Yaz vis-à-vis de sa famille, mais elle n’apparaît pas comme le leader du groupe des trois qu’elle devrait être. Quand à Ryan, c’est juste un vaisseau vide bardé de problèmes familiaux comme on en trouverait dans n’importe quelle série peu inspirée. Rien de très stimulant dans tout ça, et c’est bien le problème.

N : 3

IM : 3

37 / 11 – 03 Rosa

37 / 11 – 03 Rosa

De Malorie Blackman et Chris Chibnall

Réalisation : Mark Tonderai

En voulant retourner à Sheffield, la Docteure et ses amis atterrissent en Alabama le 30 novembre 1955. Ils croisent Rosa Parks, qui s’apprête à gagner un grand combat contre la ségrégation omniprésente dans les états du Sud. Elle ne cédera pas sa place à un blanc dans un bus et sera emprisonnée. Suite à quoi la discrimination cessera dans les bus et le mouvement pourra progresser vers de nouveaux droits. Ils découvrent aussi qu’un ex taulard nazi Terminator est venu du 79ème siècle en manipulateur de vortex pour empêcher l’épisode du bus d’avoir lieu, et ceci par tous les moyens. Les voyageurs temporels se posent en contrepoids du malotru et découvrent à leurs dépens un versant sombre de l’Histoire américaine.

Doctor Who Series 11

Et ils ne virent pas le triste Terminator venir…

Le racisme ordinaire est un thème très présent dans Doctor Who, notamment à travers les épisodes du futur qui ont pu tabler sur la découverte de nouvelles espèces aliens pour mettre en avant les valeurs humanistes de la série, particulièrement lors de la période « engagée » de la série dans les 70’s. Les épisodes du passé ont été plus frileux, même si le très bon diptyque Human Nature / Family of Blood avait su traiter le sujet au début du XXème siècle, et plus récemment Thin Ice pour le XIXème, sans compter les épisodes du présent qui le traitaient en toile de fond. Accompagner Rosa Parks dans l’Alabama ségrégationniste à un tournant décisif du mouvement des droits civiques américains ne paraît pas hors de propos dans Doctor Who et permet de mettre en évidence le fait que les droits acquis sont encore frais. Malheureusement, Rosa se prend les pieds dans le tapis en misant sur un premier degré absolu, un manichéisme constant et une absence de contrepoids à ce thème, qui au final devient la seule raison d’être de l’épisode. Le bad guy est une caution ‘doctor who’, une blague au point qu’aucun effort n’a été fait pour lui donner un aspect alien. Les scénaristes préfèrent marteler au spectateur que ce moment de l’Histoire était particulièrement dangereux pour Yaz et Ryan en les opposants à des blancs qui semblent contrôlés par une conscience collective proche de celle de l’invasion des profanateurs qui rend toute interaction impossible. Les compagnons tiennent un rôle moins en retrait et semblent plus impliqués par leur aventure, mais ils sont toujours interchangeables au terme de l’épisode. Même Ian et Barbara qui étaient dans le TARDIS à leur corps défendant et confrontés à des univers hostiles, pouvaient bénéficier de traits identifiables qui guidaient leurs actions ou bien de caractéristiques pouvant évoluer au contact du Docteur. La dispraxie de Ryan comme le combat de Graham contre le cancer semblent avoir disparu au contact du TARDIS.

Doctor Who Series 11

Martin Luther King rencontre Ryan, et pis c’est tout

Mais la plus grande déception vient de la Docteure, qui avait pourtant démarré avec les honneurs. Prenant une posture de professeur, elle n’aura pas su une seule fois apporter de la distance sur le ressenti et les certitudes de ses « amis » (Yaz s’en charge pour Ryan), ni des précisions historiques (c’est Rosa qui s’en charge !) et elle ne lèvera même pas le doigt lorsque Ryan annoncera qu’il a expulsé dans l’espace le vilain alien sans aucune forme de procès (ce qui est un peu la méthode des Anges). Il y’a un effort pour coller à la réalité historique via la première rencontre avec le chauffeur de bus et une évocation des activités militantes de Rosa. Mais tout cela est couvert par la mystique d’un événement et de l’acte d’une femme pris en son âme et conscience. Peu de choses sur la militante active de la NAACP et sur le côté calculé de cette action, qui avait pour but d’ériger comme symbole une personne respectée de la communauté pour permettre à la société de se remettre en question dans ses plus hautes sphères.

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Rosa Parks, une femme qu’on aurait aimé connaître

Doctor Who offre une possibilité de côtoyer les figures historiques. Faire un peu plus de chemin aux côtés de Rosa Parks aurait permis de mieux cerner qui elle était, le rôle actif qu’elle avait, et même d’intégrer le mouvement des droits civiques au-delà d’une scène anecdotique. Au lieu de ça, il y’a l’impression de voir un épisode s’engouffrant dans les zones de confort qui nous mène à regretter que la fameuse grand-mère n’ait pas été du voyage. Tout au plus on pourra apprécier l’évocation de la Stormcage, prison du futur dans laquelle a séjourné River Song.

N : 4

IM : 5

37 / 11 – 02 The Ghost Monument (Le Monument fantôme)

37 / 11 – 02 The Ghost Monument

De Chris Chibnall

Réalisation : Mark Tonderai

Téléportés dans l’espace, le Docteur et ses nouveaux compagnons Ryan, Graham et Yaz croisent la route d’Angstrom et Epzo, finalistes du fameux rallye des 12 galaxies. Sur la planète déserte Desolation, ils devront traverser l’épreuve de survie finale pour atteindre le monument fantôme. Le gagnant empochera le million. Le perdant sera condamné à rester crever comme un con sur la planète. Ce monument fantôme se révélant être le TARDIS coincé dans une boucle, les trois humains ont tout intérêt à suivre la Docteure dans la course s’ils souhaitent rentrer chez eux. Une occasion pour Thirteen de leur montrer comment jouer selon ses règles, en équipe sinon rien !

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L’individualiste baroudeur, à cause de sa mère

Ce premier épisode du futur (et dans l’espace) est un survival ramassé qui ne possède aucune dimension ludique, contrairement à ce que le postulat pouvait présager. L’idée de révéler les valeurs humanistes du Docteur dans ce contexte, en opposition avec les réflexes de survie de ses compagnons, est astucieuse et le pitch présageait d’un épisode bien dans l’esprit de Doctor Who. L’exécution n’est pas fondamentalement mauvaise, mais elle prolonge la sensation de « lissage » ressenti pour le pilote : manque de conviction, manque de passages suffisamment mémorables, d’une touche de fantaisie, de rollercoaster. Ce qui est un peu la moelle épinière du Doctor Who moderne, même dans ses moments les plus sombres, et aussi des meilleurs périodes des classiques. La gravité d’un Midnight était entourée de moments de détente avec les passagers, le calvaire d’Amy Pond ménageait un univers original et un background SF stimulant (les timey winey !), l’autodestruction de Clara s’accompagnait d’une incroyable alchimie avec Twelve. La dernière ligne droite désespérée de Five était éclairée par les convictions du Docteur. On ressent ici plus les longueurs et la répétition de certains arcs classiques, sans le dépaysement qu’ils procuraient. Il n’y a aucun élément qui crée la surprise ou qui détonne de l’ambiance générale, et ce ne sont pas les personnages caractérisés par des traumas lourdement expliqués qui éclaireront la voie. Pas une seule fois la complémentarité du groupe n’est illustrée dans un épisode porté par la maxime « l’union fait la force », tout simplement parceque les personnages n’ont pas de caractéristique positive, ni de trait distinct encore connu.

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Allez on y croit, je peux en faire quelque chose de ce gang !

La Docteure se pose souvent dans le rôle de fausse naïve et dans une empathie bienveillante envers ses compagnons. Difficile de revenir à une interprétation plus tiède après la majesté de Peter Capaldi, mais Jodie Wittaker maintient un niveau de crédibilité qui lui fait honneur. Elle porte également tout ce qui fait du Docteur ce qu’il/elle est. Plus axé sur l’action, Mark Tonderai immerge le téléspectateur dans l’aventure via une réalisation plus démonstrative, avec des mouvements de caméra amples et instables autour des personnages, plus de plans d’étendues (le désert s’y prêtait bien), quelques « flares » pour accentuer artificiellement l’effet de réalité, une photo surexposée. Des parti pris « réalistes » qui cadrent globalement avec la direction du pilote. Pour l’heure, on flaire un fil rouge à la Russell T. Davies lorsqu’on découvre ce qu’un groupe de scientifiques a fait de la planète pour obéir aux Stenzas (la créature qui a tué Mamie dans le pilote en était un). Et nous finissons dans un TARDIS verdi et re-décoré pour son nouveau Docteur, comme le veut la tradition.

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Ryan se croit dans ‘Call of Duty’. La dispraxie n’excuse pas tout.

N : 4

IM : 4

Saison 37 / 11-01 The Woman who fell to Earth (La Femme qui venait d’ailleurs)

Doctor Who Series 11

HERE SHE COMES AT LAST…THE THIRTEENTH !

Saison 37 / 11 – 01 The Woman who fell to Earth

de Chris Chibnall

Réalisation : Jamie Childs

Ejectée de son TARDIS, la treizième Docteure débarque en pleine nuit dans un métro de Sheffield attaqué par une étrange entité. Dans ce métro se trouvent aussi Ryan, sa grand-mère l’énergique Grace et Graham, le nouveau mari de celle-ci (donc le grand-beau-père de Ryan), mais aussi Yazmine, une flic bien cool qui fut camarade de classe de Ryan. Un peu plus tôt, ces deux-là s’étaient retrouvés suite à l’arrivée impromptue sur notre bonne vieille Terre de quelque chose ressemblant à un oeuf (ou une cosse, je ne sais plus trop). Deux évènements pas banals pour une seule nuit. Thirteen ne tarde pas à faire le lien entre l’objet et l’entité du métro, mais pas assez tôt pour empêcher un Stenza de se libérer de l’objet. En plein rite initiatique, l’alien à la face de dents a pour mission de chasser un trophée, un humain désigné par les siens. Accompagné de ses quatre compagnons de fortune, la toute jeune Docteure doit composer avec sa nouvelle forme tout en faisant ce qu’elle sait faire de mieux depuis quelques milliards d’années.

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La Docteure et les normal 4

The Woman who fell to earth est un nouveau départ pour Doctor Who, comme l’a été Rose en 2005, et bien plus qu’en 2010 pour l’arrivée de Matt Smith et de Steven Moffat aux commandes. Si The Eleventh Hour faisait table rase de l’ère Russell T.Davies, de David Tennant et de l’équipe de production, Steven Moffat gardait dans sa manche le compositeur Murray Gold, garant d’une certaine unité de la série moderne. Lorgnant plus vers le merveilleux, les thèmes du compositeur n’en avaient pas moins conservé un aspect propre au dépaysement déjà présent chez le premier showrunner de la série moderne. Sous cette nouvelle ère Chibnall (ne hurlez pas, on va tous s’y faire), l’arrivée de Segun Akinola au score enveloppe ce premier épisode de nappes inquiétantes aux accents horrifiques, qui ne seront brisées que par des thèmes plutôt timides avec des percussions. Ces nappes ne font qu’augmenter la torpeur dans laquelle nous plonge cet épisode arythmique, sans contrastes, sans humour, bardé de dialogues (la treizième demande même le silence pour s’entendre agir) et traînant quatre humains presque intégralement spectateurs.

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Hé oui les femmes ça bricole. Deal with it !

L’unité de temps nous force à suivre le groupe durant la nuit, nous privant en dernier recours de notre vitamine D(octor Who). Un peu de rythme et de couleurs auraient pu aider à mettre en valeur cette intrigue, aussi rudimentaire fut-elle. Un peu de singularité et de caractère émanant des personnages aurait pu élever cette rencontre. Chris Chibnall nimbe la menace de son bad guy de quelque chose de sensiblement malsain qui lorgne vers 42, son premier épisode sur la série. Mais jamais cette menace ne vient vraiment à prendre le spectateur aux tripes. Cette horreur un peu naturaliste lorgnant vers du Gareth Edwards cheap s’accommode même très mal du postulat absurde de la série.

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La grue, le second rôle le plus marquant de ce pilote

Jodie Whitaker porte donc la lourde tâche d’être la première femme Docteure et la tâche encore plus lourde d’être le seul élément dépaysant de l’épisode. Il ne sera que très peu fait référence à sa condition de femme, qui a été de toute façon acceptée au sein de la mythologie. L’actrice a visiblement pris pour référence David Tennant (un choix judicieux), et elle le joue plutôt bien. On retrouve un peu de cette folie du seigneur du temps qui cherchait à se retrouver face à Rose, à ses débuts, puis le vent tombe. L’actrice n’est en rien à blâmer, car moins de retenue aurait juré face à l’ambiance déprimante du tout. La rupture de ton aurait été trop forte. On a envie de la voir se lâcher plus avec son couteau suisse sonique (!), et les quelques épisodes à venir lui en donneront peut-être l’occasion. Une fois l’intrigue expédiée, les dernières notes de l’épisode sont déjà plus encourageantes. Bien que mélancolique, cette fin en dévoile plus des personnages et nous sort de l’apathie. Rapproché par la tragédie, le petit groupe en devient même plus vivant, ce que Chibnall n’avait jamais réussi à faire avec le casting de Torchwood en dépit des cadavres alignés. Espérons que toute cette noirceur se désépaississe et que ce petit monde ait un peu le temps de vivre durant cette saison…et pas que des choses graves !

N : 3

IM : 8

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Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time (Il était deux fois)

Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time

De Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

709 épisodes plus tôt, quelque part dans le Pôle Sud. Après avoir affronté les Cybermen de Mondas, le Premier Docteur refuse sa régénération. Il quitte Ben et Polly pour rejoindre son TARDIS, mais il rencontre en chemin le douzième Docteur, qui vient aussi d’affronter les cybermen de Mondas et refuse lui aussi de se régénérer. Le temps s’arrête. Un anglais en uniforme de capitaine de la première guerre mondiale ressemblant fortement à Mark Gatiss apparaît alors devant eux. Il a été téléporté des tranchées de 1914 au moment où il allait se faire tuer par un soldat allemand. L’entité Testament responsable de la téléportation aspire le TARDIS de Twelve dans un énorme vaisseau, dans la chambre des morts. Elle explique qu’elle est chargée d’extraire quelque chose des humains au moment de leur mort. Elle propose à Twelve et One de lui rendre le Capitaine en échange de Bill Potts, celui-ci ayant été déplacé de sa ligne temporelle lors de l’extraction. Bill refuse que le Capitaine prenne sa place et les quatre s’échappent du vaisseau pour rejoindre le TARDIS du premier Docteur. Tentant d’identifier l’entité, le TARDIS les mène à la planète Villengard où réside la grande base de données des Daleks. Twelve y retrouve Rusty, le Dalek rebelle. One est quand lui confronté à l’entité qui a pris la forme de Bill Potts.

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Un Lethbridge Stewart de plus

Twice upon a time a le devoir de clore à la fois le run de Peter Capaldi et l’ère de Steven Moffat en tant que showrunner. Huit ans auparavant, le final de Russell T. Davies avait été un feu d’artifice. Familier des grands climax sur une bonne partie des années qui ont suivies, Le Moff’ a choisi de nous réserver un final nettement plus intimiste, qui jure avec le merveilleux de ses autres épisodes de Noël mais qui n’oublie pas d’être profondément émouvant. Comme à son habitude, il remet les pieds dans le plat de la chronologie de la série classique pour s’insérer au moment de la meilleure idée que la série n’ait jamais eu, et qui fait qu’elle est encore vivante aujourd’hui : la régénération du premier Docteur. C’est avec aisance et une ironie certaine que l’aventure qui nous est contée s’intègre à la fin de la première aventure des Cybermen, alors même que Twelve, premier Docteur du nouveau set de régénération vient lui-même d’affronter ces mêmes Cybermen, également cause de sa régénération. One et Twelve ont le choix de devenir quelqu’un d’autre ou de mourir tels qu’ils sont. Ils croisent le chemin de la très bien nommée Testament, entité qui apparaît d’abord comme une menace. Mais elle n’est rien d’autre qu’une technologie de New Earth qui retire les souvenirs des humains à l’instant de leur mort afin qu’elles puissent leur survivre. Ainsi les morts peuvent encore parler et marcher parmi les vivants, leur mémoire étant après tout le meilleur témoignage d’eux-même. Ainsi ce dernier épisode Moffatien est un épisode sans bad guy, sans personne à combattre, si ce n’est l’angoisse de laisser partir le personnage que le showrunner a si longtemps porté.

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Des retrouvailles un poil trop courtes

Depuis la saison 7, la mémoire est une thématique que Steven Moffat a régulièrement portée en faisant ressortir des pans entiers de la série classique, en envoyant Clara dans la ligne temporelle d’Eleven, en reconstituant un lien avec le passé, en racontant l’histoire de cette immortelle ayant tellement vécu qu’elle ne se souvenait plus qui elle avait été et en bien d’autres occasions. « Run you clever boy, and remember » disait la fille impossible à son Docteur fuyard. Le showrunner s’apprête désormais à être une partie de ce passé, et s’expose à être effacé par le futur à venir. Cet épisode est un peu le chemin à parcourir pour accepter que quelqu’un continuera après lui. Il tente de se persuader que comme il l’a fait précédemment, ceux qui suivront ne perdront pas la mémoire de ce qu’il a fait et des compagnons que le Docteur a croisé sur son ère. L’opération de Testament (enlever la mémoire des morts à leur dernier instant) offre un miroir rassurant, mais peut-être faux que le futur saura conserver ce qu’il a fait. La convocation du passé l’oblige du même coup à porter un regard sur ce qui n’aurait jamais eu lieu si les créateurs de la série n’avaient pas choisi d’abandonner le premier Docteur, lui tirant la manche pour qu’il abandonne lui-même son enfant à d’autres personnes. A l’instar du duo Tennant / Davies, les adieux de Twelve et Moffat se fondent donc en un mais nous sommes ici dans une approche bien plus globale, où le scénariste revisite les fantômes des créateurs de Doctor Who en s’adressant à ceux qui n’existent pas encore, mais reprendront le flambeau. Au milieu, une petite flamme continue de briller pour nous offrir un dernier conte de Noël.

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Testament incite le douzième Docteur à partir en paix

Et cette petite flamme reste encore très énergique. Twice upon a time est très bien écrit et c’est un épisode de Rachel Talalay (label qualitay). Sous les traits de David Bradley (qui avait déjà interprété William Hartnell – et donc le Docteur- dans an adventure in time and space, le téléfilm du 50ème anniversaire), One est loin d’être un faire-valoir du douzième Docteur. Il revit littéralement. Steven Moffat a bien su reprendre ses caractéristiques pour en rire, tout en faisant ressortir ce qui le rendait attachant. Ses réactions au TARDIS de Twelve, à ses joujous soniques et son côté vieux jeu envoient un grand bol d’air à cet épisode, mais sa réaction au Docteur de la guerre qu’il deviendra et un beau dialogue avec Bill lui rendent une innocence assez paradoxale, compte tenu de son âge physique. On ajoute à ce retour une belle reprise couleur du TARDIS et des interactions brillantes entre les deux Docteurs, la nouvelle apparition de Mark Gatiss, le plaisir de retrouver l’adorable Bill Potts, le souvenir retrouvé de Clara (communiqué par Testament), le sarcastique Nardole en caméo ou même ce tordu de Rusty le Dalek qui vient faire un coucou. Mais le meilleur est sans doute dans ce dernier conte de Noël que Moffat nous raconte, qui est un épisode bien réel de l’Histoire. Lors du Noël 1914, les soldats allemands et français cessèrent le feu dans les deux camps. Twelve sauve le capitaine (le grand papa du Brigadier, merci toutéliage !) promis à une mort certaine en déplaçant l’instant de sa mort de quelques heures, à l’instant même de cette trêve de Noël. Si l’univers échoue souvent à être un conte, c’est là que le Docteur de la guerre vient, conclut le premier du nom. Puis il se retire rejoindre Ben et Polly…et affronter son destin. Mais Twelve refuse de croire que la mémoire de Bill arrachée par Testament constitue Bill et que notre mémoire constitue ce que nous sommes. Sa longue vie à venir ne fera t’elle pas que tous ces compagnons seront enterrés (ndr – je mets ma main à couper que non) ?

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-Watch your language young lady !

Seul face au TARDIS, il se dira qu’une vie de plus ne tuera personne, sauf lui-même. Steven Moffat / Peter Capaldi donne alors les dernières recommandations à son enfant avant de le libérer de lui-même. L’acteur aurait mérité le chant des Oods en puissance 10, Murray Gold lui offrira une explosion du thème de Heaven Sent, sa masterpiece. Au terme de cette ultime tirade de Twelve, Moffat lâche enfin les mots « Doctor, i let you go ». La régénération s’amorce dans une lumière rassérénante. Jodie Whitaker, la treizième Docteur, fait son apparition. Ce qui n’est guère une surprise, mais procure malgré tout un sentiment étrange…et intrigant

Le changement de sexe du Docteur pourrait bien être une aussi bonne idée que celle qu’ont eu il y’a très longtemps les créateurs du show, lorsqu’ils décidèrent que le Docteur pourrait bien être Patrick Troughton, ou n’importe quel autre acteur pourvu qu’il garde un peu de ce qu’est le personnage. Pour toutes ces années ajoutées à la Mémoire du Docteur, pour ce Docteur refoulé revenu à la surface, pour River Song, les wibly woobly timey winey, le Capitaine Jack, pour Clara Oswald la fille impossible et le duo Capaldi/Coleman, les anges et Sally Sparrow, Missy, le War Doctor, Sardick et ses fantômes, Bill Potts, pour Vincent Van Gogh, Amelia Pond, les Silents, Twelve et sa forteresse (…), merci Steven Moffat.

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I let you go

N : 8

IM : 9

36 / 10-11 & 12 World enough and time & The Doctor falls (L’Éternité devant soi & Le Docteur tombe)

36 / 10-11 World enough and time

36 / 10-12 The Doctor falls

de Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

« Sans Espoir, sans témoins et sans récompenses »

C’est le grand test pour Missy, celui qui décidera si elle a quitté le côté obscur. Bill accepte d’accompagner la psychopathe dans une aventure à condition que le Docteur lui promette de tout faire pour qu’elle reste en vie. Missy débarque avec Bill et Nardole dans un vaisseau colonial de plusieurs 650 km qui s’éloigne de l’attraction gravitationnelle d’un trou noir. Un alien effrayé les menace et il tue Bill. Elle est aussitôt enlevée par un infirmier robot et transportée dans un ascenseur. Le Docteur comprend que l’équipage du vaisseau envoyé à l’autre extrémité a été affecté par la proximité du trou noir et a traversé plus vite le temps. Ils ont ainsi pu engendrer des descendants et une nouvelle civilisation. Bill se réveille en bas du vaisseau dans un hôpital rempli de patients en grande souffrance. Mr Razor, un étrange personnage, lui explique qu’on lui a greffé un nouveau coeur. Alors qu’elle était inconsciente depuis des semaines, un écran de contrôle du haut du vaisseau lui montre que le Docteur, Nardole et Missy discutent toujours avec son meurtrier. Problème : le cœur de Bill cessera de battre si elle quitte cet étage. Assignée à résidence, elle reçoit des messages du Docteur lui priant de l’attendre, mais encore combien de mois ? A l’extérieur de l’hôpital, Bill découvre un monde irrespirable peuplé de gens malades et dont le seul espoir est une évolution de l’Homme avant le grand Exode dans l’ascenseur.  Mr Razor lui explique que les patients qu’elle a rencontrés constituent ce nouvel espoir d’évolution. Le Docteur, Missy et Nardole parviennent de l’autre côté du vaisseau à l’issue de plusieurs années. Missy découvre que le vaisseau vient de la planète Mondas et elle fait connaissance avec M. Razor, qui n’est nul autre que le Maître, dans sa précédente incarnation. Le Docteur et Nardole découvrent avec horreur que Bill a été transformée en cyberman Mondasien.

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 Missy’s awesome bananas adventures

Pour son dernier two-parter avant le bouquet final du Christmas Special 2017, Steven Moffat nous offre un beau cadeau : un « Genesis of the Cybermen ». Un cadeau logique, vu la volonté du showrunner de combler les trous entre les classiques et les modernes, encore exprimé cette année avec les guerriers des glaces. Nous voici donc au cœur des événements qui ont mené à la première génération de Cybermen qui étaient apparus dans le dernier épisode du premier Docteur. World enough and time est un épisode malin et oppressant, un modèle de scénario de SF qui prend à son compte la distortion du temps provoquée par la proximité d’un trou noir. Observant au loin une personne qui s’éloignerait vers un trou noir, son image deviendrait de plus figée car l’extrême gravité de la singularité ralentit l’écoulement du temps. Steven Moffat reprend ce principe en l’appliquant à un vaisseau d’une taille colossale, transformant un simple ascenseur en machine à voyager dans le temps ou un écran de contrôle en démonstration de la théorie (Bill et Mr Razor regardent le cours sur la gravité du Docteur qui dure un mois). Le showrunner a perdu sa mère durant la production de cette saison. Les années passées par Bill dans cet hôpital rempli de personnes souffrantes transpirent les journées sans fin passées aux soins palliatifs et le trauma vécu par le lent décès d’un proche. Ces scènes sont d’autant plus éprouvantes que le masque rustique des cybermen de Mondas, palliant autrefois l’absence de budget, sert ici à dissimuler la douleur ressentie par les patients. Il faut s’accrocher car le reste sera encore pire, mais aussi superbe.

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Un futur cyberman de Mondas : Tout de suite c’est moins drôle

Le Docteur doit faire face à la transformation de Bill, dans un monde fait de cyber fonderies, où les deux incarnations du Maître ont décidé de s’allier pour lui pomper l’air. Mais le Docteur a modifié le paramétrage des cybermen pour inclure les seigneurs du temps dans les proies des robots. Missy aide le Docteur à s’évader pour qu’il rejoigne un vaisseau fourni par Nardole. Attaqué par un cyberman, Twelve est sauvé par Cyberman Bill et tous quittent le monde du bas. Ils atterrissent à un des étages au-dessus, peuplé d’enfants et au ciel bien bleu, mais déjà attaqué par les cybermen d’en bas. Bill doit faire face à son état de cyberman en étant encore consciente de qui était. Pendant ce temps, l’Exode des cybermen menace la petite communauté constituée. Les Maîtres retrouvent l’ascenceur pour d’échapper mais ils ne pourront pas monter au pont retrouver le TARDIS, car plus ils monteront, plus le temps ralentira pour eux et le temps s’accélérera pour les Cybermen. Ils auront ainsi des millénaires pour trouver comment les stopper. Tous n’ont plus d’autre choix que de protéger la population contre l’exode massif des cybermen. La victoire est impossible, mais le Docteur explique aux Maîtres que gagner n’est pas le but, et qu’il défendra ce monde quitte à en mourir.

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Bill et son Professeur dans une troublante inversion des rôles

Ce n’est pas moins de quatre conclusions que Steven Moffat et Rachel Talalay orchestrent avec brio dans le dernier épisode de cette dernière saison Moffatienne. Comme on l’avait vu avec Dark Water/ Death in Heaven, le Steven Moffat bondissant de la saison 5 a évolué. Il a su se poser à hauteur d’homme et de personnages et il n’a désormais plus peur de se raccrocher à autre chose que des paradoxes et des Wibbly wobbly Timey Winey. Ce final de saison est donc terriblement humain, sans aucune démonstration ni effet, si ce n’est la poursuite des distortions temporelles établies dans l’épisode précédent. La seule faiblesse de ce two-parter réside dans la conclusion de Nardole. Dans l’ombre durant une grande partie de la saison, le personnage campé par Matt Lucas a été sacrifié pour donner le change au fil rouge et à la relation Bill/Docteur. L’alien sarcastique aura droit à de bons moments pour ce finale et il sera finalement chargé de mettre à l’abri les humains et de les aider à reconstruire leur monde. Le personnage connaît une forme de rédemption, passant d’escroc hostile aux humains à soutien de familles humaines, mais sa fin rejoint plus celle des compagnons de l’époque classique que celle, beaucoup plus flamboyante des compagnons modernes.

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Le Maître et lui-même, une troublante histoire d’amour

Compagne sans tapage ni tambours, Bill Potts n’aura eu le droit qu’à une seule saison avec le Docteur, mais elle restera une des meilleures compagnes, une force tranquille et naturelle au milieu de l’océan dramatique Moffatienne. Bill est une jeune adulte moderne qui tente de se construire seule, et sa découverte d’autres mondes accompagne la vie qu’elle tente de se construire, traînant derrière elle le trauma du décès de sa mère naturelle et l’absence de support des adultes. En cela, elle est la compagne la plus humaine, la moins idéalisée qu’on ait pu voir dans la série moderne. Il est heureux que Steven Moffat ait déniché Pearl Mackie pour l’incarner car son naturel et son aisance à passer d’une émotion à l’autre ont fait accepter Bill. Ils nous l’ont rendue instantanément attachante, sans qu’elle n’ait besoin d’un attachement amoureux ou d’un lien spécial avec le Docteur. Ce dernier épisode est très éprouvant car Bill devra subir la dépossession de son humanité. La grande intelligence du scénario est de nous la montrer telle qu’elle était avant sa transformation, alors que les gens qui la regardent ne la voient plus que comme un cyberman. Son esprit se rebelle contre le programme dans un réflexe de survie hérité du temps passé parmi les moines. Bill combattra jusqu’à bout aux côtés du Docteur. Au chevet d’un Twelve mourant, Cyberman Bill rencontrera Heather/ le pilote qui la poursuivait dans l’espace et le temps (et qui l’a tracée en suivant ses larmes). Le Pilote vient la chercher pour lui retirer sa condition de cyberman afin qu’elle puisse l’accompagner. Ainsi Bill continuera t’elle à parcourir la galaxie avec Heather. Au départ un peu tiré par les cheveux, ce final du personnage se défend totalement au niveau scénaristique et paraît avec le recul la plus belle fin qu’on pouvait souhaiter à notre Bill.

Il était aussi nécessaire de clôturer le fil rouge de la saison de la rédemption de Missy. Malin, Steven Moffat a décidé de confronter Missy à une épreuve bien plus rude que celle que le Docteur entendait : Il fait revenir le Maître de John Simm, donnant l’occasion au personnage de se délester de son passé pour embrasser pleinement sa rédemption. Si le Docteur a rencontré d’autres incarnations, c’est une première pour le Maître, l’occasion de nous offrir quelques beaux numéros d’auto-séduction bien pervers et de danse avec moi-même. John Simm et Michelle Gomez interagissent avec un plaisir communicatif. Outre ces joyeusetés, the Doctor Falls décrit le partage moral de Missy entre suivre celui qu’elle était (revenir en arrière) et le Docteur (devenir une meilleure personne). Durant le discours intense du Docteur qui les invite à combattre avec lui, Missy l’a écouté, mais elle se refuse à le suivre. La Time Lady rejoint le Maître et elle le tue pour qu’il se régénère en elle. Le Maître tue Missy à son tour et pour de bon pour qu’elle n’ait jamais à être aux côtés du Docteur. La fin parfaite du Maître/ Missy serait-elle de se tirer dans le dos mutuellement ? Cette ironie ne dissimule pas les plans de Steven Moffat pour le passage de relai à Chris Chibnall, ni que Missy a été consciemment ou non le point de départ au conditionnement du spectateur à un changement majeur.

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This is the end. My only friend, the end.

« Est-ce que le futur ne sera que féminin ? » « on peut l’espérer ». Cet échange entre le Maître de John Simm et Twelve est un de ces clin d’œil intempestifs que Steven Moffat glisse de temps à autre au spectateur. Mais il n’y a pas de déclaration plus ouverte que cet épisode que le prochain Docteur sera une femme. Après sa régénération vue à la fin de cet épisode, l’un des premiers actes de Missy sera de confier le Docteur à Clara. Ne serait-ce pas autant pour lui prouver qu’une femme peut devenir aussi forte que le Docteur que pour réunir l’hybride de la prophétie ? Entouré de compagnes fortes depuis le relaunch, Twelve a visiblement intériorisé qu’il ne saurait se perdre en passant d’un sexe à un autre. Il pose même au détour d’un dialogue avec Bill l’évidence de l’absence d’un sexe déterminé pour les seigneurs du temps. Il ne restait que la rédemption de Missy et son attachement à Bill pour poser un point final à ce conditionnement. Dans un de leur dernier dialogue, Bill lui rappelle qu’elle est plutôt branchée femme, et plutôt de son âge. Dont acte. Quelques semaines plus tard, nous apprenons que le premier Docteur de Chris Chibnall sera une Docteure, qui prendra les traits de Jodie Whittaker.

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Peter Capaldi. Les Emmy Awards ne le méritent pas

« Sans espoir, sans témoin et sans récompense », Le Docteur décide d’y rester comme l’avait fait son programme dans la simulation des moines. Entre temps, il a pu faire exploser les étages inférieurs du vaisseau et vaincre les cybermen. Ramené dans le TARDIS par Bill et l’entité, il revoit tout les compagnons connus par Steven Moffat, ainsi que Missy. Mais Twelve refuse de se régénérer. Sur une planète de neige, il sort du TARDIS et fait face…au premier Docteur (du moins son alter ego de « Adventure in space and time » David Bradley). Une rencontre bien ironique entre le premier et le premier du nouveau set de régénérations, mais peut être pas fortuite puisque ce premier Docteur avait subi sa régénération suite eu premier affrontement des cybermen de Mondas.

N : 9

IM : 10

36 / 10-10 The Eaters of light (Les Mange-lumière)

36 / 10-10 The Eaters of light

de Rona Munro

Réalisation : Charles Palmer

Aberdeen, Ecosse. 2ème siècle après J-C.  Le Docteur veut prouver à Bill que les 5000 soldats de la neuvième légion romaine ont été anéantis dans une bataille il y’a longtemps, mais Bill reste persuadée qu’ils ont atteint l’Ecosse. Bill a pourtant raison ! Elle tombe sur un soldat de la neuvième Légion qui lui explique qu’ils auraient été attaqués par un monstre. Nardole et Twelve sont capturés par des pictes alors qu’ils explorent un tumulus. Le Docteur s’échappe et ouvre la Porte, un portail dans le tumulus. Revenant deux jours plus tard alors qu’il n’y a passé que deux secondes, il en conclue que c’est une faille temporelle inter-dimensionnelle. A chaque génération, un guerrier passe la porte et combat le monstre pour le retenir. La picte gardienne de la Porte l’a laissé s’échapper afin qu’il tue l’envahisseur. Mais ce monstre est un Locuste dévoreur de lumière qui s’attaquera fatalement au soleil et aux étoiles. Pictes et romains devront s’unir pour le renvoyer de l’autre côté du portail et garder la porte jusqu’au coucher du soleil.

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Et avec ça on tourne encore dans des cavernes ?

Un petit passage par l’Ecosse et ses superstitions était obligatoire en compagnie d’un Docteur et d’un showrunner écossais (Capaldi vient de Glasgow et Steven Moffat est né à Paisley, tout près de…Glasgow). L’auteur de ces lignes serait bien le dernier à s’en plaindre, et serait même tout disposé à signer une pétition pour que nous puissions voir un peu plus de la Terre de Jamie McCrimmon, et un peu moins de Londres. La perspective de l’épisode est d’autant plus alléchante que nous explorons un mystère qui divise encore les historiens : la disparition de la neuvième légion romaine de tous les écrits au 2ème siècle après J-C. Pour certains elle aurait été déplacée ou dissoute. Pour d’autres, elle aurait été vaincue par les pictes écossais. Rona Munro, qui fut la scénariste de Survival, le dernier épisode classique 28 ans auparavant, explore une troisième voie qui réconcilie à la fois l’Histoire, la superstition picte et la mythologie de Doctor Who : un monstre invincible a traversé un portail et a décimé les romains…mais pas tous. Contre l’avis du Docteur, les survivants auraient rejoint Kar, la gardienne de la porte dans le portail pour retenir la bête, pour ne plus jamais revenir dans leur monde (ou bien des siècles plus tard). Ainsi sauvèrent-ils notre monde et l’univers tout entier. Depuis, les corneilles auraient cessé de parler comme les humains pour ne plus répéter que le nom de la gardienne « Kar » et ainsi porter sa mémoire. Voilà de quoi donner un épisode mémorable.

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Ce crétin est prêt à tout pour un peu de lumière

Le problème est que la poésie que porte The Eaters of Light sur le papier ne se ressent que peu à l’écran, la faute à un scénario trop prévisible et particulièrement bavard. La classique séparation pour rejoindre deux camps que tout oppose est un coup classique qui aurait mérité un minimum que l’on déjoue nos attentes. Les survivants de la légion romaine ressemblent trop à des jeunes anglais de 2017 pour convaincre. De façon générale, les deux camps guerriers partagent trop d’atermoiements avec le Docteur et ses compagnons. Bien qu’affaiblis par la bête, ils auraient mérité une représentation plus fidèle à ce qu’ils étaient historiquement. Au cœur du message de l’épisode, le champ télépathique du TARDIS permettra aux deux peuples de réaliser qu’en parlant la même langue, ils ne sont pas si différents l’un de l’autre. Cette bonne idée laisse à penser qu’Eaters of Light aurait plus eu sa place comme premier épisode historique de la série. Il aurait permis d’apprendre cette faculté du TARDIS à Bill et aux nouveaux spectateurs, évitant le passage embarrassant où la compagne semble apprendre après plusieurs mois que le TARDIS traduit simultanément. Eaters of Light est néanmoins le meilleur épisode de Nardole, qui s’intègre très bien aux autochtones et se permet quelques remarques cinglantes dont Matt Lucas a le secret.

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Un nouvel espoir d’amitié…ou pas

Nous apprenons à l’issue de l’épisode que le Docteur avait embarqué Missy comme mécano dans le TARDIS (et pas pour visiter l’Ecosse, puisque Michelle Gomez est aussi écossaise). Nous découvrons également sans transition que Missy serait devenue sensible à la musique. Un retournement soudain qui sonne complètement faux du fait du peu de scènes accordées à Michelle Gomez lors de cette saison pour faire accepter ce changement majeur, quitte à consacrer un épisode aux années passées dans la cage. Le two-parter final aura fort à faire pour rattraper cet écueil.

N : 6

IM : 4

36 / 10-09 Empress of Mars (L’Impératrice de Mars)

36 / 10-09 Empress of Mars

de Mark Gatiss

Réalisation : Wayne Yip

Le Docteur, Bill et Nardole rendent visite à la NASA alors que l’agence sonde la calotte glacière de Mars. Ils y découvrent avec stupeur l’inscription : « God save the queen ». Curieux, les trois mettent le cap sur mars en 1881, année où le message a été écrit. A peine arrivés, le TARDIS est dématérialisé avec Nardole à son bord, laissant les deux autres coincés sur Mars. Nardole se voit obligé de demander l’aide de Missy dans sa prison pour le ramener sur les lieux. Bill et le Docteur rencontrent un guerrier des glatsses baptisé Vendredi et deux officiers de l’armée britannique. Alors qu’il était en Afrique du Sud, le colonel Godsacre est tombé sur un vaisseau, avec Vendredi à son bord. Le guerrier des glatsses a demandé son aide pour réparer le vaisseau en échange des trésors de Mars. Mais sur place, leur vaisseau s’est crashé et ils ne trouvèrent ni les richesses promises, ni le peuple du guerrier des glaces. Mais voilà que la tombe d’une reine des glaces est mise à jour. Le colonel écoute les mises en garde du Docteur qui les avertit que la tombe les mènera à une ruche de guerriers invincibles, mais l’ambitieux capitaine Catchlove n’est pas de cet avis. Un soldat tente de piller les joyaux de la tombe et il réveille la reine, qui apprend que son monde est devenu inhabitable pendant leur sommeil. Le Docteur intervient pour éviter le bain de sang, en vain. La reine va réveiller les centaines de guerriers pour attaquer les humains. Catchlove dénonce la désertion du colonel et il prend le commandement pour combattre les guerriers des glatsses et rattacher Mars à l’empire de la reine Victoria.

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Même sur une autre planète, le tea time c’est sacré !

Empress of Mars est un épisode simple, direct et efficace. Un épisode du passé dans l’espace. Ce quasi huis clos dans les sous-sols de la planète rouge entre des soldats victoriens et des guerriers des glaces nous venge un peu de l’épisode de Mark Gatiss de la saison dernière. Il se place même au-dessus de Cold War, précédent épisode avec les guerriers qui avait aussi été scénarisé par le co-showrunner de Sherlock. Empress of Mars est bien mieux contextualisé vis-à-vis de la continuité et bénéficie de personnages plus savoureux. Si les militaires décrits sont plutôt pauvres, Catchlove (interprété par Ferdinand Kingsley, le fils de Ben), Godsacre, l’impératrice et le bien nommé Vendredi (merci Daniel Defoe) forment un quatuor prompt à soutenir l’épisode, permettant à Twelve et à Bill, toujours irréprochables, de se placer un peu plus en retrait. Ce fait mérite d’être souligné, tant les personnages secondaires de ces dernières saisons, ont servi de faire valoir au Docteur et à sa compagne. Si les décors de l’épisode sont rudimentaires, les couleurs chaudes de Mars s’accordent avec l’atmosphère guerrier et les uniformes agressifs des soldats de l’empire britannique. L’idée de faire des guerriers des glaces, grande noblesse guerrière de la galaxie s’il en est, le juge en dernier ressort d’un crime militaire est plutôt bonne. La rédemption du colonel paraît elle, un peu rapide.

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Une reine de trop pour la planète rouge ?

Bien empressé à juger Godsacre, Catchlove tente à son tour de fuir en lâchant ses hommes durant l’attaque des guerriers. Il se fait tuer par le Colonel. Le déserteur se livre alors à la reine des neiges en échange d’épargner son monde et la vie de ses hommes. Impressionnée par son acte, elle-ci refuse de le tuer et il finit par lui prête allégeance. Godsacre et ses hommes (survivants) ne reviendront jamais sur Terre, mais ils aideront à construire le nouveau monde des guerriers des glatsses. Un nouveau monde qui ne nous est pas inconnu puisque c’est proxima centauri et sa voix insupportable qui répond à l’appel lancé par le Docteur pour venir secourir les guerriers des glaces. Cette aventure précède donc l’arrivée des guerriers dans la fédération galactique, aussi bienveillants que nous les avons vus sur Peladon à l’époque du troisième Docteur. Après un pic de présence sur l’arc des moines, Nardole est cette fois-ci victime du fil rouge. L’empressement avec lequel le gardien du temple de ce début de saison consulte Missy pour rapatrier le TARDIS sur Mars laisse songeur. D’autant plus que rien ne permet ici de conclure que le changement de Missy est sincère, ou bien un stratagème de plus pour faire baisser la garde du Docteur. Toujours est-il qu’elle accepte de retourner dans sa cage après ce petit voyage. Les paris sont ouverts sur cette rédemption, qui pourrait bien être le dernier cadeau du Moff’. Capaldi et Moffat quitteront en effet le show à l’issue de cette saison. Chris « Torchwood / Broadchurch » Chibnall a déjà été désigné pour prendre succession de Steven Moffat et il promet de gros changements pour sa prise en charge de la série.

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Le prélude à une nouvelle ère pour les guerriers des glatssses

N : 8

IM : 7

36 / 10-08 The Lie of the Land (La Terre du mensonge)

36 / 10-08 The Lie of the Land

de Toby Whithouse

Réalisation : Wayne Yip

Les Moines étaient là avec nous depuis le début. Ils ont accueilli tous les progrès de l’humanité et ont défendu les humains contre toutes les menaces. Ils ont surtout réinventé l’Histoire à leur avantage et institué un crime de mémoire pour le peu de terriens qui continuent de penser qu’ils sont là depuis six mois. Parmi eux il y’a Bill Potts, l’instigatrice du pacte. Désespérée, elle reçoit la visite de Nardole qui s’est remis du virus. Il lui propose de tracer les émissions du Docteur qui est devenu le porte-voix des moines, ce qui les mène à une prison dans les mers d’Ecosse. Ils parviennent à le rejoindre mais il leur laisse croire qu’il a rejoint la cause des aliens pour le bien des humains. Persuadé qu’il les a trahis, Bill lui tire dessus. Mais tout était une mise en scène pour tester la compagne. Réunie, la team ouvre le coffre pour prendre le conseil de Missy. Elle a autrefois rencontré les Moines. Elle leur dévoile que la personne qui a établi le pacte a créé un lien psychique qui porte les faux souvenirs, transmis via les statues des moines, des récepteurs géants. Missy préconise de laisser Bill dans un état végétatif pour contrôler les moines, sa position de récepteur allant être transmise à sa descendance. Le Docteur refuse et décide d’entrer dans leur place forte pour s’approprier leur machine à propagande. Mais plus ils s’approchent de la centrale à fake news, plus le mensonge est convaincant. Un enregistrement de Bill est diffusé à l’équipe d’intervention pour qu’ils n’oublient pas la mission. Arrivés sur les lieux, le plan du Docteur échoue. Bill devra sacrifier sa vie en se branchant à la place du Docteur.

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« I made a huge mistake »

Dernier épisode du three parter des moines, The Lie of the Land est écrit par Toby Whithouse, un vieux de la vieille de la série capable du meilleur (The God Complex, A town called Mercy) comme de l’anecdotique ( Vampire of Venice, le two parter de l’innondation). Cet épisode rejoint plutôt la seconde catégorie, malgré de bonnes intentions et de bons moments ménagés par le Docteur et ses deux compagnons. Il aurait pu être un bon loner, mais se révèle une fin décevante pour l’arc commencé par Extremis. Après deux épisodes de montée en puissance, la conclusion se fait en version accélérée : pénétration plutôt facile d’une forteresse soi-disant imprenable, conseil auprès de Missy, pénétration plus facile d’un sanctuaire encore plus imprenable et final abrupt. Le tout au milieu de moines qui ont réussi à réécrire toute une histoire, mais qui font preuve d’une grande passivité. Au final, Bill se sacrifie en se branchant au transmetteur. Mais alors que les moines infectent ses souvenirs, celui de sa mère les bloque. Les mémoires de sa mère qu’elle a créées, fenêtre sur un monde sans les moines qu’elle tenait secret, ouvrent la perception de toutes ces girouettes qu’on appelle humains à travers la planète. Il est aussi difficile de ne pas penser à Akhaten, dont la résolution bien plus émouvante reposait aussi sur le souvenir d’une mère défunte. On ne peut pas reprocher aux scénaristes de la saison de ne pas avoir préparé ce final en multipliant les références à la mère de Bill et aux photos de celles-ci prises par le Docteur, mais le côté abrupt de cette fin et du retour à la normale empêche l’émotion de faire son travail.  Cela n’empêche pas le reste de l’épisode d’être plutôt agréable à suivre.

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Hé ben non, c’est pas encore pour maintenant

The Lie of the Land carbure sous les meilleures influences, 1984 de George Orwell en tête. La réécriture de l’Histoire renvoie à la double pensée, la transmission du Docteur à l’image de Big Brother, la police de la mémoire à la police de la pensée et nous entrevoyons une minute de la Haine orchestrée contre les criminels de mémoire. La consultation de Missy dans sa cage ne dévoile plus aucun secret, mais elle rappelle le silence des agneaux. Michelle Gomez prend un plaisir certain à incarner son personnage de psychopathe en position de force vis-à-vis Bill et du Docteur, comme le faisait Anthony Hopkins avec Jodie Foster. Twelve nous gratifie d’une pirouette pour duper les Moines et d’un commencement de régénération, énième happening de Steven Moffat qui joue déjà sur l’arrivée du treizième Docteur. Matt Lucas se voit offrir nettement plus de temps pour faire exister Nardole, et entamer une dynamique très drôle avec Bill.  Mais c’est bien Pearl Mackie qui porte l’épisode du début à la fin. D’un naturel parfait sur tous les registres, aussi intelligente que sensible, il est difficile de ne pas rester aux côtés de Bill dans l’épreuve qu’elle traverse. On ne peut que comprendre le Docteur lorsque dans la conclusion de l’épisode, il avoue encore défendre ce monde parceque sur 7 milliards d’humains, il y’a quelqu’un comme elle.

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Missy Lecter savoure son moment de gloire

L’épisode se conclut sur l’émergence toute aussi abrupte de la conscience de Missy. La Time Lady ressent enfin des remords pour ce qu’elle a fait, traçant le prélude à la fin de cette saison 10.

N : 7

IM : 7