2-08 The Chase

2-08 The Chase
De Terry Nation (6 épisodes)

Réalisation : Richard Martin

De vrais stars ces Daleks. A tel point qu’ils rempilent pour une seconde fois dans cette saison, toujours sous la plume de Terry Nation, leur créateur. L’intérêt de cet arc est qu’il suit nos amis devenus les proies des Daleks, le Dalek suprême ayant ordonné leur exécution après qu’ils aient bien ridiculisés les siens à deux reprises. Au programme une poursuite des quatre compagnons à travers différents mondes, ce qui évite de se retrouver avec un long arc de six épisodes contant une histoire d’invasion / révolution sur une planète lointaine (on l’a échappé belle avec les deux premiers épisodes opposants les Aridiens et leurs bébête à tentacules). Mais c’est au final dans l’excès inverse que s’engouffre Terry Nation.

ImageLe grand bazar ne fait que commencer

L’arc Keys of Marinus de la première saison avait bien su jongler entre différents mondes, chaque lieu bien identifié de la planète représentant un épisode. Ici, la poursuite effrénée pour échapper aux Daleks ne permet pas de se poser, forçant à multiplier les idées, donnant ainsi du bon peu développé comme du pire. On se retrouve au sommet de l’Empire State Building en 1966 pour un intermède comique sympathique, puis sur le navire le Mary Céleste en 1872 (mystère de la disparition de l’équipage résolu !), dans un château gothique rassemblant Dracula/le monstre de Frankenstein/des fantômes (qu’on se rassure, rien de ça n’est vrai) et enfin la planète MECHANUS (!) avec sa jungle de champignons géants et ses Mécanoïdes. Un gloubiboulga qui paraît aussi bordélique à l’écran que sur le papier et qui n’inspire qu’une grande question : les Daleks n’auraient-ils mieux pas fait d’anticiper la venue de leur proie à une époque précise plutôt qu’à les poursuivre dans chaque époque ?

ImageDaleks contre Mechanoids, l’apocalypse robot selon dr who

The Chase contient néanmoins de bonnes idées comme un androïde du Docteur crée par les Dalek pour infiltrer l’équipe. Il y’a également une belle utilisation scénaristique de l’incapacité du TARDIS à pouvoir voyager sur sa propre timeline, qui fait rebondir le scénario sur les possibilités du vaisseau temporel Dalek. Nous découvrons enfin que la machine récupérée dans le Musée de l’épisode précédent par le Docteur permet de regarder à la télé les événements du passé. Ian et Barbara se plaisent à triper différents événements historiques avant de s’arrêter sur un concert des Beatles de 1965. Vision prémonitoire ? L’arc se conclut sur Ian et Barbara qui souhaitent utiliser le vaisseau temporel Dalek pour rentrer dans leur époque. Le Docteur est furieux, mais il finit par se laisser convaincre par Vicki de laisser partir ses deux compagnons historiques, non sans une pointe de nostalgie.

So long,  premiers compagnons du Docteur.

Note de l’épisode (N)  : 5/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 9/10

2-07 The Space Museum

2-07 The Space Museum
De Glyn Jones (4 épisodes)

Réalisation : Mervyn Pinfield

Le comble pour un voyageur temporel, c’est un peu de se retrouver embaumé dans un Musée. Ce qui pend au nez de nos héros dans cet arc ingénieux. D’étranges phénomènes se produisent dès leur arrivée au sein d’un musée géant sur la planète Xéros. Ils ne tardent pas à découvrir que le TARDIS les a envoyé dans une dimension temporelle dématérialisée alors que chacun d’entre eux se trouve sous verre, aux cotés d’un dalek et d’autres pièces du musée. Lorsqu’ils se matérialisent et que leurs double statufiés disparaissent, ils comprennent que leur futur comme pièce de musée est désormais entre leurs mains, ou peut-être pas.

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Etre enfermé dans un musée : Une certaine idée de la loose pour le voyageur temporel.

Sympathique arc que voici, qui rappelle un peu le postulat de Départ du Dalek de Russell T. Davies, avec ce musée qui récupère toutes sortes de breloque, y compris une carapace de Dalek ! On pense aussi à l’épisode de la quatrième dimension qui se terminait sur l’exposition d’humains comme pièces de musée et on se dit que l’image des quatre voyageurs se regardant eux-mêmes exposés, a dû être encore bien plus évocatrice en 1965, année de diffusion de l’épisode. Mais ce qui ressort de ce the Space Museum est l’inauguration, en quelque sorte, du wibly woobly timey winey dans l’univers de Doctor Who. C’est le moment où on s’est rendus compte que le voyage dans le temps amenait certaines questions qui pourraient s’avérer passionnantes dans le cadre des aventures du Docteur. On y voit les héros discuter la possibilité de changer le cours du temps (le fameux « time can be rewritten » de Moffat) afin d’éviter la fin tragique qu’ont connus leur futurs «eux» et élaborer toutes sortes de scénarios pour ne pas suivre des routes qu’ils auraient suivi.

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Le Docteur dans une coquille de Dalek. What else?

L’épisode nous amène la désormais classique guerre entre deux peuples, cette fois les Xerons qui ont été chassés par les Moroks, propriétaires du musée interstellaires. Une Résistance doit se former, et elle interviendra au final en faveur de nos héros qui n’auront fait que manipuler l’Histoire malgré eux. Du coté des personnages, le Docteur recommence à confondre facétie et sénilité, mais Vicki brille dans tout ce qu’elle entreprend, envoyant un peu Ian et Barbara au second plan. C’est tout à fait ce qu’il fallait pour installer complètement le personnage et tester son potentiel. D’autant plus qu’à en croire le cliffhanger de fin d’arc, elle rencontrera sous peu les Daleks.

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Le Docteur au milieu des vigiles et d’un Super-Conservateur rigide.

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 4/10

2-06 The Crusade

2-06 The Crusade
De David Whitaker (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Dès leur arrivée en Terre Sainte à l’époque des croisades, le Docteur et ses trois compagnons sont pris dans une embuscade impliquant les forces du sultan Saladin et celles du roi Richard Cœur de Lion. Enlevée pour être livrée au sultan, Barbara rencontre Sir William Des Preaux, chevalier anglais capturé à la place de son roi pour tromper l’ennemi. Elle accepte d’entrer dans son stratagème, qui ne mettra pas longtemps à être démasqué par le sultan. Pendant ce temps, le Docteur, Ian et Vicki ont rejoint Richard Cœur de Lion, qui finit par les envoyer en émissaire pour libérer Barbara et Des Préaux. Mais un vile marchand l’a déjà kidnappée pour la livrer au cheikh El Akir.

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Richard Coeur de Lion

Le scénariste de Inside the spaceship et the rescue, s’essaye à un épisode historique. Cela donne un arc plutôt bon, agréable malgré la moitié des épisodes en reconstitué. On y suit autant le point de vue de Richard Cœur de Lion que celui de Saladin, ce qui confère une certaine modernité à la vision des Croisades. Le Docteur se fait bien évidemment un défenseur de la Paix, privilégiant le mariage de Joanna, la sœur de Richard Cœur de Lion avec Saphalin, le frère de Saladin. Mariage qui pourrait apporter le rapprochement des peuples, mais finalement une belle illusion eut égard à l’Histoire.

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Le Sultan Saladin et son frangin.

Séparés lors de cet arc, Ian et Barbara ont gagné suffisamment de capital sympathie pour que leurs histoires respectives puissent tenir en haleine. Barbara doit fuir le bad guy de l’arc, El Akir. Adoubé chevalier de Jaffa par Richard Cœur de Lion, Ian part à sa rescousse, se risquant à subir un beau supplice de la fourmi. Vicki semble ne plus vouloir quitter le Docteur, y compris pour devenir dame de compagnie de la sœur du roi. Il faut dire qu’elle n’a nulle part où aller.

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Instant tendresse entre Vicki et le Docteur

Note de l’épisode (N)  : 7/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10

La bibliothèque de la BBC conserva la copie du troisième épisode « The Wheel of Fortune », mais les impressions du premier segment, « The Lion », furent effacées en 1972. Une copie de cet épisode fut retrouvée en 1999 dans la collection d’un amateur de films en Nouvelle-Zélande. Les épisodes 2 et 4 ont été intégralement reconstitués.

2-05 The Web Planet

2-05 The Web Planet
De Bill Strutton (6 épisodes)

Réalisation : Richard Martin

Nos voyageurs sont retenus sur la planète Vortis, et sont sujets à différents phénomènes inexplicables. Ils se retrouvent bientôt coincés entre les Mnénoptras (des guêpes géantes) et les Zarbis (des fourmis géantes), deux espèces qui peuplent la planète en question. Menacées d’invasion par les fourmis, les guêpes ne semblent pas penser que les humains sont venus en paix… Ian découvre que les Mnénos habitaient déjà Vartox et que les fourmis, possédés par l’Animus, les en ont chassé. Ils viennent reprendre leurs droits sur leur planète, avec beaucoup de mal.

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Les Zarbis. Un peu comme cet arc.

Cet arc fait figure de retour à la saison 1 alors que la mécanique était bien lancée. Etiré sur six épisodes, cette histoire d’invasion peinerait déjà à maintenir l’intérêt sur un two-parter. Intérêt qui revient poliment sur la dernière partie, lorsqu’il est question d’explorer le repaire de l’Animus, intelligence extraterrestre ancêtre du Jagrafess que l’on verra dans The Long Game (l’épisode de nine avec Simon Pegg), du moins du point de vue de ses intentions. Une chose est sûre, c’est que les acteurs ont dû s’en payer une bonne tranche à gambader dans leurs costumes d’insectes (ou bien ressentir une honte durable). Costumes visiblement efficaces pour les enfants, vu le traumatisme que les Zarbis firent au petit Neil Gaiman . A sauver de cette pantalonnade insectoïde la relation de camaraderie entre le Docteur et Vicki, Le TARDIS qui se déplace comme un Dalek, le jeu de plus en plus décomplexé de William Russell et quelques références à la continuité, dont une très bonne utilisation du bracelet en or offert par Néron.

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Les insectes ne sont pas nos amis

Note de l’épisode (N)  : 2/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 2/10

2-04 The Romans

2-04 The Romans
De Dennis Spooner (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Le Docteur, Ian, Barbara et Vicki passent un mois en Rome Antique à Assisum, des vacances bien mérités pour les deux professeurs vétérans du voyage temporel, et qui ferait une belle destination pour une sortie scolaire (ma foi, tant que c’est pas pour finir dans une arène). Mais c’est pas top pour Vicki qui pensait vivre des aventures plus excitantes pour son premier voyage. Aussi insiste t’elle pour accompagner le Docteur en ville. Alors que les deux fainéants se font enlever par des marchands d’esclave pour être revendus au prix fort, le Docteur est accidentellement pris pour un barde qui doit jouer de la lyre à la cour de Néron.

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Barbara transforme Ian en romain.

Un arc romain rythmé, hilarant, allant droit au but et scénarisé avec brio. On aurait presque l’impression d’avoir fait un bond de quarante ans dans le temps, mais non, nous sommes là avec les mêmes héros, qui plus est avec un arc historique (livré par le scénariste de l’arc français). On commence fort en effectuant une matérialisation burlesque du TARDIS , puis en évacuant d’une ellipse intrigante les passages obligés de découverte de l’époque et de l’installation, et ça ne s’arrête plus. Barbara devient servante de Poppée, la femme de Néron, et se voit poursuivre des assiduités de l’empereur fou, avant d’être la cible des empoisonnements de l’impératrice. Ian devient successivement galérien, puis gladiateur, se retrouvant à se battre contre son meilleur ami devant Barbara. Vicki est elle-même bien plus facétieuse que Susan, ne se gênant pas pour inverser la potion d’empoisonnement destinée à empoisonner Barbara afin que ce soit Néron qui en profite. Débarrassé du fardeau de sa nièce, le Docteur s’éclate comme un fou avec Vicki et lui fait profiter d’une belle bagarre à poings nues ainsi que d’une scène où il fait semblant de jouer de la lyre, qu’il ne sait pas jouer, en leur faisant croire que seuls les plus délicats d’entre eux sauront apprécier.

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Le Docteur et Vicky, sa nouvelle compagne / groupie

Le coté grotesque de Néron et de sa Cour ressort bien du ton Lubitschien de l’arc, autant que les intrigues qui peuplaient Rome semblent ici le lot quotidien. Cerise sur le gâteau, l’ironie veut que ce soit le Docteur, accidentellement, qui ait inspiré à Néron l’idée du grand incendie de Rome (qui dura six jours et sept nuits) afin que l’empereur puisse construire sa nouvelle ville. Le Doc et ses compagnons assisteront donc au début de l’embrasement. L’issue tragique pour les Chrétiens ne sera pas évoquée, mais juste suggérée par un personnage éminemment sympathique de l’arc, Tavius, dont la religion ne nous sera divulguée qu’à travers un plan discret sur sa croix. Enfin, le fait que le Doc/Vicki et Ian/Susan ne se soit jamais croisés pendant cette aventure à Rome sera un bon prétexte à conclure l’histoire sur la supposée oisiveté des deux professeurs, qui en ont pourtant vu autant que le Doc et sa nouvelle jeune amie !

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L’empereur Néron et Barbara, dans un tête à tête embarrassant.

Note de l’épisode (N)  : 8/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10

2-03 The Rescue

2-03 The Rescue
De David Whitaker (2 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Le Docteur, Ian et Barbara se retrouvent dans un futur indéterminé sur la planète Dido. Je vois ce que vous pensez, mais non, ils ne seront pas obligés d’écouter en boucle les morceaux de la chanteuse. Cette planète était autrefois peuplée de gentils autochtones fêtards et pacifiques que le Docteur connaissait bien, mais Koquillion, l’occupant, se montre bien agressif envers Ian et Barbara. Koquillon retient aussi Vicki et Mr.Bennett, membres d’un équipage crashé sur la planète dildo (hmmm) en leur faisant miroiter une protection et l’arrivée d’une équipe de secours. Ca tombe bien, les occupants du TARDIS aiment bien secourir les gens.

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Rencontre du type pas net

Un two-parter ! aleluia ! Serait tenté de dire l’habitué de la série moderne qui n’aime point trop les arcs étirés sur sept épisodes. Et c’est le scénariste de l’épisode le plus court de la saison 1 (inside the spaceship) qui s’y colle une nouvelle fois. The Rescue est un arc de transition qui propose une histoire plutôt simple qui a l’avantage de proposer un vilain qui a l’air de se cacher sous un costume d’extraterrestre, et qui se cache effectivement sous un costume d’extraterrestre. Le masque tombe lorsque Koquillion se révèle théâtralement au Docteur, et l’effet est plutôt bien amené.

ImageVicki et le type en costume. On peut dire qu’il l’a bien eue!

Même s’il montre peu son affliction, le Docteur doit composer avec le départ de Susan. Puisque les parents de Vicki ont été tués par l’énergumène masqué, autant l’amener faire un bout de route dans le TARDIS pour compenser. Peut-être pas la meilleure des idées car Vicki semble être aussi chouineuse que Susan était criarde, n’hésitant pas à piquer une crise lorsque Barbara tue accidentellement l’horrible chose qui lui servait d’animal de compagnie. Mais elle se montre ensuite bien plus enthousiaste. Rien que la scène où le Docteur essaie de convaincre la jeunette de les suivre dans leurs aventures amène un petit sourire, rappelant plein de bonnes choses au passage. Ca fait du bien du sang neuf.

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One of us!

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 5/10

2-02 The Dalek Invasion of Earth

2-02 The Dalek Invasion of Earth
De Terry Nation (6 épisodes)

Réalisation : Richard Martin

Le Docteur et ses compagnons atterrissent à Londres…en 2164. En un rien de temps, Susan se pète la cheville et le TARDIS est coincé sous les débris d’un pont dont l’équilibre était précaire. La routine quoi… Partis en reconnaissance, Le Docteur et Ian font le triste constat que les Daleks ont envahi la Terre (d’où le titre de l’épisode). Susan est capturée par d’étranges londoniens qui ont formé une Résistance, et bientôt rejointe par Barbara. Parmi ces combattants de la liberté, un scientifique bien décidé à tester sa super bombe contre les Dalek, un jeune Résistant intrépide et sosie foireux de Michael Palin, qui ne rendra pas Susan indifférente, et une jeune femme très cynique. La lutte finale peut commencer.

ImagePhoto de vacances de Dalek. London Baby!

Dalek Invasion of Earth est un arc écrit par Terry Nation, papa des Daleks et auteur du meilleur épisode de la première saison, donc il y’a déjà un bon a priori. Et puis c’est un petit événement, car nous assistons à la première invasion terrestre des affreux de la planète Skaro, contenant un peu du charme de la SF 50’s (version intimiste, sans les scènes de liesse et destructions à grande échelle) et quelques germes des épisodes d’invasion de Russell T. Davies, le tout dans un univers post-apo minimaliste, manque de budget oblige. L’invasion fait suite à une pluie de météorites et à une peste qui décima la population, une aubaine pour les Daleks. Lorsque le Docteur et ses compagnons débarquent, ils ont conquis la planète et se servent d’hommes robots asservis à leur cause, des sortes de cybermen contrôlés par un casque. Ils emploient aussi de la main d’oeuvre humaine pour atteindre le noyau terrestre et tout faire exploser.

ImageRock’n Roll, Barbara pète la gueule aux Daleks dans son camion.

Les six épisodes de l’arc passent bien, en dépit de l’aspect sérial étiré qui perdure. Terry Nation en profite pour introduire le parallèle entre les Dalek et l’invasion nazie. On plonge dans la Résistance anti-Dalek mais on a aussi l’occasion de voir des collabos, des attentistes, des hommes sans foi ni loi typiques des post-apo. Dalek invasion of Earth propose une poursuite dans un Londres vide à la 28 jours plus tard avec nos poubelles sur roues (comme les appelle Dortmun, le scientifique) , une partie d’écrasage de Dalek avec un gros camion, un monstre Dalek, un Dalek Supérieur, de nombreuses choses plus intéressantes que l’issue du conflit, qui est bien anecdotique. Le véritable événement de cette fin d’arc est le départ de Susan, qui a trouvé l’amour auprès de David, l’un des résistants. Le premier adieu du Docteur à un compagnon sera donc pour sa petite-fille. Alors que Susan se refuse à quitter son grand-père, celui-ci lui ferme les portes du TARDIS, lui expliquant qu’elle a besoin de se poser dans un monde précis et de faire sa vie, car notre poids mort préféré est devenue une femme! Un discours très digne pour un final plus émouvant qu’on ne l’aurait soupçonné.

Goodbye Susan!

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 8/10

Saison 2 (1964-1965) / 2-01 Planet of Giants

2-01 Planet of Giants

de Louis Marks (3 épisodes)

Réalisation : Mervyn Pinfield /
Douglas Camfield

Ou la revanche de microcosmos sur les méchants humains. Suite à un dysfonctionnement du TARDIS, le Docteur et ses trois compagnons se retrouvent à notre époque, mais ils ont été miniaturisés. Ils doivent se confronter à un nouvel environnement hostile, découvrant une foultitude de bébêtes mortes sur leur passage. Comble de malchance, un scientifique cynique et un méchant businessman ont prévu de mettre sur le marché un insecticide fait à partir d’une substance très nocive, le DN6, et ils ont supprimé le scientifique intègre qui avait fait les tests sur le produit ! Voilà donc nos quatre voyageurs diminués dans un sacré pétrin.

ImageIan et son nouveau costard qui fait classe. En lice pour être le prochain Docteur?

Pour commencer cette deuxième fournée, nous avons donc un épisode bien original et plutôt atypique. On sent l’influence / l’hommage à l’homme qui rétrécit de Jack Arnold sorti 7 ans plus tôt ainsi que l’intrusion d’une SF un peu plus adulte. L’épisode pourrait aussi bien avoir sa place dans une anthologie SF hors des aventures du Docteur. Avoir réduit l’arc à trois épisodes est une très bonne idée, car en dépit du coté cheap des effets spéciaux, on ne voit jamais le temps passer. Les aller-retour dans le labo entre la bande du Docteur et les comploteurs sont convaincants.

ImageBarbara confrontée à une mouche qui connaîtra un triste destin

Les interventions scientifiques – notamment sur la fréquence des sons-renvoient au rôle pédagogique de la série, sans jamais trop en faire. On regretterait même que Ian, à l’aise dans l’action, soit autant en retrait sur la science, qui est son domaine d’enseignement. L’inventivité est de mise lorsqu’il faut décrocher à quatre un téléphone ou craquer une allumette pour attirer l’attention, et aucun des quatre héros n’est en reste (y compris Barbara qui est malade). Bref, pas mal du tout!

Note de l’épisode (N)  : 7/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 2/10

1-08 The Reign of Terror

1-08 The Reign of Terror
De Dennis Spooner (6 épisodes)

Réalisation : Henric Hirsch /
John Gorrie

Cocorico. Ian et Barbara avaient parié que le Docteur se tromperait encore de destination, et ils ont mis dans le mil. One et ses compagnons ont atterri en France. Mais ils auraient pu tomber sur une période plus cool de notre Histoire, car les voilà arrivés à l’époque de la Terreur de Robespierre (à la fin, en 1794). Arrivés à une ferme où ils trouvent des habits, le groupe est pris dans un règlement de compte dans lequel deux nobles sont abattus, puis ils sont amenés à la Conciergerie dans l’attente de se faire guillotiner. Inconscient, le Docteur se fait sauver par un jeune Jean-Pierre alors que la maison brûlait, puis il se met en quête de ses amis avant qu’ils se fassent couper la tête. Un chemin long dans la campagne française au cours duquel son psychic paper lui aurait été bien utile (Russell T.Davies, son inventeur, n’a pas encore un an). Mais le Docteur a la ruse pour lui, et il parvient à pénétrer dans la prison sous une fausse identité. Entre temps, Barbara et Susan (redevenue un poids mort) ont été sauvé de Madame la guillotine par un groupe de « sauveurs » et Ian a réussi à s’échapper, détenant le secret de son compagnon de cellule sur un certain anglais.

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Le jeune Jean-Pierre, sans qui Doctor Who n’aurait pas dépassé la première saison.

Dernier épisode de la saison et logiquement (vu l’alternance), un épisode historique. Pas forcément une bonne nouvelle, mais vu qu’on a switché d’auteur et qu’on se trouve en terrain connu, les choses promettent d’être plus intéressantes, d’autant plus que la Terreur, selon Susan, est la période historique préférée du Docteur. Il y’aura deux épisodes reconstitués en prime, mais pas de comploteur cette fois (thank god !). On n’évite pas les images d’Epinal sur la Révolution Française ou les leçons de morale naïves, ce qui donne un intérêt poli au point de vue anglais sur la question (en guerre contre la France révolutionnaire à l’époque, rappelons le…). On réduit aussi très vite le conflit à une lutte entre monarchistes / Révolutionnaires de la Terreur. Le contexte semble parfois bien confus. On suit en tout cas une bande de rebelles au grand cœur parmi les Révolutionnaires, des gens qui complotent contre Robespierre.

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Susan, toujours malade dans les pires situations

L’arc est inégal et comporte évidemment des longueurs, mais aussi des choses sympathiques. Ian et Susan se retrouvent par la force des choses dans le camp des rebelles, ce qui permet d’assister à un grand moment de nawak tel que seuls nos voyageurs temporels – profs peuvent en produire. Lorsque son bon ami Léon, traître pour leur camp, se fait descendre alors qu’il allait tuer Ian, Barbara lance à son collègue scientifique « Tu devrais lire les livres d’Histoire avant de juger les gens ». Le Docteur est astucieux (la sortie des filles de la conciergerie est plutôt drôle), loin du boulet des débuts de la série. Malgré un twist foireux, le dernier épisode qui conte la chute de Robespierre expose bien la précarité des régimes révolutionnaires et se permet d’introduire un guest de luxe : Napoléon Bonaparte.

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What a twist!

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 2/10

Les épisodes ‘The Tyrant of France’ et ‘A Bargain of Necessity’ sont toujours manquants. Néanmoins, 12 clips 8 millimètres ont été retrouvés et ces parties ont été reconstituées sous forme de dessin animé par les studios Cosgrove Hall.

 

Un petit amuse bouche (spoiler) pour la suite…

1-07 The Sensorites

1-07 The Sensorites
De Peter R. Newman (6 épisodes)

Réalisation : Mervyn Pinfield /
Frank Cox

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans un vaisseau spatial au 28ème siècle pour découvrir que les deux membres de l’équipage sont inconscients. Une fois revenus à eux, ceux-ci expliquent que les Sensorites, à qui le système appartient, ont tout fait pour les empêcher de quitter le secteur tout en les maintenant en vie. Les fourbes ont manipulé leur esprit en se servant de leur peur. Alors que Barbara et Susan découvrent John, le troisième passager, les Sensorites font leur apparition. Ils s’avèrent plutôt inoffensifs mais refusent que les humains rentrent chez eux depuis la précédente visite de notre engeance qui a contaminé leur peuple (un métal précieux était en jeu il faut dire). Petit à petit, les Sensorites parviennent à convaincre Susan de les suivre jusqu’à Sensorite city. Mais des gens qui ne les aiment pas sont là, et Ian est bientôt contaminé par la maladie qui touche les Sensorites. Le Docteur aura peu de temps pour trouver un antidot.

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Susan la télépathe, ou la métamorphose de la Scream Queen

Rassurons nous, Ian et Barbara ont pris goût aux voyages et ils ne pensent plus à quitter le TARDIS. Ils nous le disent même en début d’épisode, au cas où on l’aurait pas compris, qu’ils ont CHANGE. Susan fait sa crise d’ado et réclame plus d’initiative à grand papy, ce qui dissimule bien autre chose. On retrouve dans cet épisode un grand thème de la S-F : La télépathie et le contrôle de l’esprit. Ces Sensorites seraient-ils de la famille des Oods ? Ils en ont en tout cas les caractéristiques télépathes, le ton civilisé et une silhouette proche (mais pas les tentacules). Deux sous-arc s’entrechoquent bientôt : L’un voit la progression vers la Résolution de l’empoisonnement des Sensorites, l’autre suit le complot de l’administrateur de la ville qui n’aime pas les humains et aimerait prendre les rênes pour lui-seul. Le malin a compris qu’il valait mieux incorporer les manques du budget costumes d’E.T dans ses plans pour duper les humains et le premier chef de la Cité.

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-Puisqu’on se ressemble tous, notre plan consistera à changer nos écharpes et ils seront dupés

L’intérêt de l’arc se trouve dans la confrontation de la civilisation avancée des Sensorites et celle des humains, qui sont autant une aide pour eux (le Docteur et ses compagnons) qu’une menace (les humains cachés dans l’aqueduc pour contaminer l’eau). Le chef Sensorite qui croyait sans réserve en chacun des siens se trouve aussi en but à un complot dans les hautes sphères. Ainsi personne n’est blanc ou noir d’aucun coté, même si les Sensorites apprendront au final plus des humains bienveillants qui les visitent que le Doc et ses compagnons n’apprendront d’eux. La dynamique et les interactions du groupe du Docteur progressent dans le bon sens, entraînant cette fois une plus grande exploration du personnage de Susan, qui est bien plus active de par ses facultés télépathiques et ses initiatives. Elle avoue même ressentir la nostalgie des terres de Galiffrey et avoir besoin d’un endroit auquel elle appartienne…Serait-elle victime du blues du voyageur ?

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Susan parle de Gallifrey au chef Sensorite.

Note de l’épisode (N)  : 5/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10