4-08 The Faceless ones

4-08 The Faceless ones

De David Ellis & Malcom Hulke (6 épisodes)

Réalisation : Gerry Mill

1966. Londres. Le TARDIS atterrit sur le tarmac de l’aéroport de Gatwick. Alors que le Docteur et ses compagnons sont poursuivis par la sécurité, Polly est témoin du meurtre d’un inspecteur par un étrange pistolet laser. L’homme enquêtait sur de mystérieuses disparitions ayant un lien avec les vols de la compagnie aérienne Chameleon. Bientôt, elle est kidnappée (et Ben un peu plus tard) par le personnel de la compagnie, ou du moins ce qui en ressemble. Celle-ci a été noyautée par des extraterrestres sans visage qui volent l’aspect physique du personnel afin de servir un funeste plan qui passe par l’enlèvement des passagers qui prennent place dans les avions. Mais le Docteur, Jamie et leurs nombreux alliés veillent.

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Le Docteur face à un commandant qui a un peu trop les pieds sur Terre

Un six-parter, cela faisait longtemps, et nos deux scénaristes en charge se débrouillent très bien à cet exercice dorénavant inhabituel. The Faceless ones est même le meilleur épisode de cette saison, coiffant au poteau les Cybermen. L’histoire est originale, elle manie habilement la tension, l’étrange (les passagers qui disparaissent de leur siège brrr), la paranoïa inhérente au vol des corps ainsi que le dévoilement progressif des plans des E.T ennemis. La dernière partie, qui voit le dévoilement de ceux qui oeuvraient à couvert, l’arrivée du Docteur dans le vaisseau E.T et la recherche des corps originaux est un modèle de suspens.

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Kilt Jamie, Samantha et le DCI Crossland en attente d’un vol dangereux

Mais le meilleur est encore la gestion des personnages. David Ellis et Malcom Hulke, selon le souhait de la production, abandonnent vite Polly et Ben, destinés à quitter la série à la fin de l’arc. Ils évitent ainsi de trop se disperser, se permettant même d’introduire une compagne potentielle en la personne de l’énergique Samantha (l’actrice refusera la proposition de la production). Le commandant de l’aéroport, son assistante, le DCI, l’infirmière, le personnel « Chameleon » de la compagnie. Chacun est suffisamment bien écrit et interprété pour prendre un vrai plaisir à suivre l’intrigue, en dépit de quatre épisodes reconstitués. Les mauvaises intentions des E.T seront au final contrariées par un bon travail collectif. De leur coté, Polly et Ben choisiront de rester en 1966, car ils viennent de là (pour ceux qui ne suivent plus). Une initiative heureuse pour deux compagnons qui n’auront jamais réussi à s’imposer, et une aubaine pour enfin se concentrer sur Jamie l’écossais.

Goodbye Polly et Ben!

N : 8

IM : 6

Seuls les épisodes 1 et 3 des bandes originales de The Faceless Ones furent retrouvées. Néanmoins, quelques passages d’une totalité de 14 secondes furent retrouvés en Australie : L’inspecteur Gascoigne se faisant tuer par Spencer, un bras extraterrestre sortant d’un bureau et quelques plans des hommes sans visages. Le 16 mars 2020, l’arc est entièrement disponible en animation avec les audios d’origine.

4-07 The Macra Terror

4-07 The Macra Terror

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : John Davies

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans le futur sur une planète colonisée par des humains. Après avoir arrêté un fugitif, ils sont conduits à la base de ces colons qui font d’étranges numéros musicaux avec des majorettes (wtf ?!) et se voient dicter des ordres et des messages d’encouragement par le Contrôleur, sorte de Big Brother en plus jeune. Sauf qu’ici nous ne sommes pas dans un monde austère, mais un monde de plaisirs et de loisirs. Les visiteurs ne tarderont pas à découvrir que derrière le vernis se cache une vérité autrement plus honteuse, et que le Contrôleur est l’outil d’insectes despotes, les Macras.

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Des majorettes. Pas très futuriste tout ça…

The Macra Terror est un épisode avec de bonnes idées, dont l’exécution est pourtant loin d’être à la hauteur. Le monde futuriste est banal, les bestioles ne terrifient pas particulièrement, les rebondissements sont dans la routine de la série. Autant dire qu’on s’ennuie ferme, on aimerait que ça passe plus vite et que les enjeux exposés et les problèmes que l’hypnose des macras apporte au groupe du Docteur soient traités plus frontalement. La plus grande surprise de The Macra Terror, c’est encore son nouveau générique qui signifie, s’il en était encore besoin que le deuxième Docteur is in da place.

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Ben n’est pas le seul espoir des neuneus. Heureusement.

Au niveau des personnages, Patrick Troughton fait encore une fois la moitié du boulot. On est cependant amusés de voir Ben et son esprit faible tomber à pieds joints dans le piège de l’hypnose qu’il avait contourné lors de son premier épisode et de voir Polly manifester pour Jamie autre chose que de la compassion pour un être moins évolué. Jamie semble bien plus impliqué que les compagnons du présent, ce qui lui permet de sortir un peu de son rôle de gentil écossais bien brave, mais il nous improvise tout de même des danses de son pays (qui ne seront pas reconstituées pour le coup). Hihi.

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Big Brother tel que le voient une bande d’insectes

 

N : 3

IM : 4

Aucune partie complète des bandes originales de Macra Terror ne furent retrouvées. Néanmoins, quelques minutes de l’arc censurés à l’étranger ont pu être retrouvés en Australie et rendus par Damien Shanahan en 1996. Ces quelques passages montrent Ben se battant contre les Macras ou bien Jamie face à eux.

4-06 The Moonbase

4-06 The Moonbase

De Kit Pedler (4 épisodes)

Réalisation : Morris Barry

2070. Le Docteur et ses trois compagnons débarquent près d’une station menée par des scientifiques et construite pour réguler la météo sur Terre. Jamie se blesse en faisant l’idiot et ils sont transportés vers la station. Jamie tombe aussitôt malade, souffrant du même mal que d’autres membres de l’équipe de la base. Le Docteur doit vite prouver que lui et les siens ne sont pour rien dans l’infection, et pour cause, les cybermen ont provoqué ça et ils viennent faire le ménage pour récupérer les corps un à un.

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We could live together. Walking on the moon.

L’équipage en t-shirt de la station lunaire est plutôt convaincant, et comporte même un français ! Le très sérieux Benoît interprété par André Maranne (le sergent Chevalier dans les panthère rose). Le Chef Hobson est solidement interprété par Patrick Barr. L’épisode a pour lui de mieux utiliser les compagnons, évitant le Patrick Troughton show dans lequel se noyaient les précédents (la récolte des échantillons sur les types de la base demeure hilarante). Les superstitions de Jamie sont mises en avant un peu maladroitement par l’entremise d’un joueur de cornemuse fantôme qui apparaît aux McCrimmon à leur mort et avec qui il confond les cybermen. On n’hésite également pas à lui faire porter le kilt ! Les petites attentions de Polly pour l’écossais, et sa capacité à servir le café dans les situations difficiles la rendent plus humaine et Ben a quelques interactions qui l’éloignent de l’action man des précédents épisodes.

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Un cyberman adepte des hôpitaux

Les expéditions lunaires (l’épisode est diffusé en 1967) semblent contribuer à créer une volonté de vraisemblance scientifique dans l’utilisation de la gravité (pour combattre les cybermen) et sur d’autres détails. Deuxième arc avec les cybermen, the moonbase voit déjà évoluer leur aspect physique, couvrant de métal ce qui était un costume. Paradoxalement, le cyberman fait moins d’effet, même si certaines scènes produisent leur ambiance, notamment la récupération des malades, transportés par les robots comme de vulgaires sacs. The Moonbase est à moitié reconstitué, ce qui en fait pour le moment l’épisode le plus complet avec Patrick Troughton.

N : 6

IM : 7

 La BBC n’a plus que les parties 2 et 4 de l’arc. Les deux autres épisodes ont été reconstruits en animation.

4-05 The Underwater Menace

4-05 The Underwater Menace

de Geoffrey Orme (4 épisodes)

Réalisation : Julia Smith

Le premier voyage de Jamie l’écossais sera sous la mer, aux côtés des Atlantes (habitants d’Atlantis). Arrivés sur une île volcanique, les quatre sont capturés par le peuple perdu, conduits dans les profondeurs, puis promis au sacrifice pour le dieu Amdo. Le Docteur parvient à les sauver en rusant auprès du Docteur Zaroff, étrange scientifique qui se révélera au final bien plus fou que les obscurantistes. Promettant aux Atlantes de faire remonter Atlantis à la surface de la Terre, il souhaite drainer l’eau de l’océan vers le noyau interne de la planète, ce qui mènerait à sa destruction. Le Docteur est bien décidé à prévenir les prêtres pour empêcher le massacre. Pendant ce temps, Jamie et Ben sont conduits aux mines avec d’autres naufragés et Polly manque de se faire transformer en femme poisson…

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Un arc au trois quart reconstitué qui donne la possibilité de confirmer la finesse du jeu de Patrick Troughton. Il trouve un adversaire particulièrement retors en la personne du Dr. Zaroff, scientifique fêlé et fourbe qui n’hésite pas à tirer dans le dos de ses ennemis ou à simuler une crise cardiaque pour les poignarder ensuite, et aussi à crier « PLUS RIEN NE POURRA M’ARRETER MAINTENANT. HAHAHAHA ». On l’aura compris, Joseph Furst ne fait pas dans la dentelle mais l’arc se laisse suivre sans déplaisir.

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-PLUS RIEN NE POURRA M’ARRETER MAINTENANT. HAHAHAHA !!!!

Il est dépaysant de se retrouver parmi les atlantes et nous faisons même connaissance avec des hommes transformés en (costumes de) poissons qui exécutent d’étranges danses sous-marines que la réalisatrice se plaît visiblement à filmer. La spécificité de Jamie (c’est un type du 18ème qui vient d’Ecosse) est encore peu utilisée mais Frazer Hines semble un peu plus impliqué et imprévisible que Anneke Wills et Michael Craze. Au final, le Docteur paye sa dette au peuple des atlantes qui lui doit une fière bretelle. Il commence à les collectionner…

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Les hommes poissons, encore plus flippants en mouvement

N : 5

IM : 3

Pendant très longtemps, la BBC n’avait que la troisième partie de l’arc. Seules quelques secondes supplémentaires furent découvertes en Australie et rendues à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Une nouvelle fois des parties censurées à l’étranger comme la scène où Zaroff se noie. En décembre 2011, la deuxième partie fut rendue à la BBC avec la troisième partie de « Galaxy 4 » par un collectionneur les ayant retrouvé dans les bobines d’un ingénieur de la BBC. Cette seconde partie n’a jamais été rediffusée par la BBC à ce jour.

4-04 The Highlanders

4-04 The Highlanders

De Elwyn Jones et Gerry Davis (4 épisodes)

Réalisation : Hugh David

1746. Ecosse. Les Highlands. Le Docteur et ses compagnons débarquent à la fin de la bataille de Culloden, qui oppose l’Armée Anglaise aux Jacobites écossais. Faits prisonniers à la demeure du Laird (seigneur local), ils sont attaqués par les Anglais. Le Docteur, Ben, le Laird et le jeune Jamie sont amenés aux autorités pour travailler dans les colonies tandis que Polly et Kristy, la fille du Laird, parviennent à s’enfuir. A force d’ingéniosité, le Docteur parvient à s’enfuir. Il s’agit dès lors de récupérer les autres qui voguent à bord du navire l’Anabelle.

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Le Docteur en fâcheuse posture.

Encore une histoire de pirates dans un épisode du passé.  Ben a beau avoir le pied marin, tout ça fait un peu répétitif. On regrettera que les superbes paysages d’Ecosse passent très vite au second plan, même en N&B et en reconstitué. The Highlanders pense plus à mettre en avant le contexte de l’époque qu’à véritablement intriguer le spectateur, amenant parfois des longueurs qui rappellent les épisodes historiques de la première saison. On retiendra néanmoins la scène où le lieutenant anglais Ffinch (Michael Elwyn, le révérend de la série Bad Girls!) est coincé dans un trou avec Polly et Kristy, qui réactive un peu une dynamique comique.

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Le transformisme, une des plus plus-value de Patrick Troughton

Patrick Troughton apporte le trois quart du sel de l’arc, notamment par une manie du déguisement très Holmésienne qui s’ajoute à ses talents de flutistes. L’acteur est plus qu’à l’aise en Docteur, permettant de compenser une fois de plus la transparence de Ben et Polly. A la fin de l’arc, Jamie rejoint l’équipée. A première vue, une idée pas très futée car à part son origine du passé, il n’a rien qui puisse vraiment trancher avec les deux autres compagnons.

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Jamie McCrimmon, désormais compagnon du Docteur

N : 4

IM : 5

Aucune partie complète des bandes originales de The Highlanders ne fut retrouvée. Néanmoins, quelques secondes de l’arc furent découvertes en Australie et rendues à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Jugés trop violents, ces deux passages furent censurées. Ils  montrent Alexander en train de tuer un soldat anglais et le Docteur et ses compagnons sur le point d’être pendus.

DEUXIEME DOCTEUR / 4-03 Power of the Daleks

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4-03 Power of the Daleks

De David Whitaker & Dennis Spooner (6 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Ben et Polly se posent bien des questions sur cet homme apparu dans le TARDIS. Polly pense qu’il est le Docteur, Ben voit en lui un intrus. Le nouveau Docteur ne leur fournira aucune réponse, se contentant de faire atterrir le TARDIS sur la planète Vulcan. Près d’un lac de Mercure, il croise un homme qui se fait descendre. Cet homme était un « examinateur » envoyé de la Terre pour enquêter sur la Colonie installée sur la planète. Le Docteur prend sa place, et lui et ses compagnons sont menés à la dite Colonie. Ils ne tardent pas à découvrir que Lesterson, un scientifique de la base, a découvert une capsule Dalek et qu’il compte bien réactiver les affreux. Entre alors en scène un groupe de rebelles à la tête duquel oeuvre le chef de la sécurité de la Colonie, et qui compte bien profiter de Daleks anormalement serviles.

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500 years, And he’s younger on the outside!

Premier arc du deuxième Docteur, et Patrick Troughton s’approprie royalement le rôle. William Hartnell avait accepté son remplacement seulement si le nouveau Docteur ne se contentait pas de l’imiter. Résultat : Le nouveau est plus jeune, plus fou, fouillant dans tous les sens dans le TARDIS, jouant de la flûte, n’hésitant pas à troquer le ton un peu sénile et offusqué du premier par des piques bien senties. La régénération demeure un mystère, ce qui l’intègre d’autant mieux à la mythologie grandissante du show. Mais Two passe ce premier examen (en dépit d’un épisode entièrement reconstitué), Ben et Polly demeurent bien fades et on peine encore à s’intéresser à leur destin.

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Et oui, encore les Daleks!

Power of the Daleks est le premier épisode dalekien non réalisé par leur créateur Terry Nation. Pas vraiment un mal, quand on constatait le niveau de digressions, d’allers et retour du long arc de la saison 3 (et même sur the Chase) qui traduisaient l’ennui du scénariste au sein de l’univers Whovien. On se retrouve ici dans une histoire plus classique et modeste, qui renvoie plus volontiers aux épisodes à conspiration avec ennemi intérieur de la saison 1 (ex : les sensorites), donc un arc étiré, répétitif et souvent ennuyeux. Un peu frustrant quand on sait ce que Dennis Spooner était capable d’écrire. On retiendra quand même le personnage du scientifique, plutôt bien campé par Robert James, et  on prendra plaisir à voir les Daleks manipuler les ambitions des humains, qui pensaient (encore une fois !) avoir le dessus. Les fous…

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Le scientifique Lesterson sur le point de faire une grosse connerie.

N : 6

IM : 10

La valse des épisodes perdus de Patrick Troughton commence et n’est pas prête de s’arrêter. Les 6 parties de cet arc sont manquantes. Seules les bandes audios et les telesnaps (captures d’écran) permirent de les reconstituer sous forme de roman photo. Quelques rares photos couleurs de ces épisodes sont disponibles. Seuls quelques extraits de quelques secondes de l’arc ont été récupérés : 35 secondes de la première partie, 24 secondes de la partie 2, 16 secondes de la partie 4, 58 secondes de la partie 5 et  6 secondes de la dernière partie. Le 27 juillet 2020, l’arc est disponible dans son intégralité en animation avec les audios d’origine.

4-02 The Tenth Planet

4-02 The Tenth Planet

De Kit Pedler & Gerry Davis (4 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

1986, en Antarctique. Le Docteur et ses jeunes compagnons se retrouvent au beau milieu d’une expédition scientifique qui a le regard tourné vers l’espace. Ils sont témoins de la découverte de Mondas, planète jumelle de la Terre, qui s’approche dangereusement de notre monde. Les habitants de Mondas, les Cybermen, expliquent que leur monde a besoin de l’énergie de Terre pour l’absorber avant de la détruire. Ils proposent aux humains de venir sur leur planète afin de les changer en Cybermen. Sous la menace de l’invasion et par peur pour son fils (qui fait partie de l’expédition de reconnaissance), le Général Cutler en commande de la base décide d’employer les grands moyens : Une bombe atomique, au corps défendant des compagnons du Docteur.

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Le Cyberman première mouture. Paye ton costume anxiogène.

Un arc doublement important, puisqu’il s’agit de la première incursion des CYBERMEN dans l’univers de Doctor Who. Les robots dénués d’émotion ont d’ailleurs droit à de premières apparitions surprenantes qui ont du faire leur petite effet sur les spectateurs de l’époque. La voix monocorde des robots doublée d’un costume plutôt malsain (qui rappelle un peu le human being de Community) en fait d’entrée de jeu des ennemis marquants. L’autre raison de l’importance de cet arc est le départ de William Hartnell, le premier Docteur, la régénération se produisant à la toute fin de cette histoire. Dès le premier épisode, le Docteur manifeste des signes de faiblesse qu’on ne sait pas à quoi attribuer, pour revenir sur la fin avant de compléter sa transformation.

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Le Général Cutler veut faire péter la bombe sur ces enfoirés de commu…cybermen

Il est regrettable que cette régénération se produise sur le seul épisode reconstitué de l’arc, mais on ne peut pas dire qu’Hartnell soit parti sur une mauvaise note. The Tenth Planet est pour l’instant le meilleur épisode du futur (d’un futur uchronique, 1986 étant désormais loin derrière nous). Il dégage une atmosphère anxiogène avec des accents de paranoïa Guerre Froide. Sur la forme, on se rapproche du Point Limite de Sidney Lumet, avec les éléments typiques de Doctor Who, et une implication non négligeable de Ben et Polly. Il le faut bien car Patrick Troughton aura besoin d’eux pour faire oublier William Hartnell !

UNE REGENERATION! UNE!

N : 8

IM : 10

La quatrième partie de l’arc a disparu, mais il reste quelques passages dont celui de la régénération du Docteur.

Saison 4 (1966-1967) / 4-01 The Smugglers

4-01 The Smugglers

De Brian Hayles (4 épisodes)

Réalisation : Julia Smith

Le TARDIS atterrit sur la côte des Cornouailles, au 17ème siècle. Le Docteur, Ben et Polly sont accueillis par Joseph Longfoot, qui surveille l’Eglise locale. Avant de les laisser s’en aller, Longfoot glisse trois mots à l’oreille du Docteur. Depuis la mort du pirate Avery, l’ancien matelot Samuel Pike a pris les commandes du navire pirate le Black Albatross et il est bien décidé à retrouver le trésor de l’ancien chef, que Longfoot aurait conservé. Il envoie son lieutenant Cherub aux basses besognes. Les trois voyageurs sont aussitôt accusés du meurtre de l’Homme d’Eglise. Tandis que Ben et Polly doivent être jugés, le Docteur est enlevé et transporté vers l’Albatross.

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Et oui vous ne rêvez pas. C’est plus grand à l’intérieur!

Un arc entièrement reconstitué, ce n’est pas la meilleure manière pour faire plus ample connaissance avec Ben et Polly. The Smugglers offre pourtant la particularité d’être un épisode particulièrement violent pour l’époque, avec plusieurs meurtres de sang-froid. L’ironie veut que ce soient ces moments qui aient été sauvés de la destruction par la BBC, puisqu’ayant été censurés lors de leur diffusion en Australie, et non rendus à la chaîne anglaise. The Smugglers décrit également le monde des pirates avec une certaine délectation, offrant une chasse au Trésor sans pitié sur les derniers épisodes (dans un cimetière, Sergio Leone style), dans laquelle se détachent Pike et Cherub, deux personnages de pirates aux antipodes et plutôt bien campés par George A. Cooper et Michael Godfrey. Et puis il y’a Jamaïca…

ImageCertainement le perso le mieux caractérisé de la série.

Qu’en est-il des nouveaux compagnons ? Ils sont un peu moins aventureux que lors de leur première aventure (ben oui, le choc du voyage dans le temps), mais Polly se révèle plutôt ingénieuse pour s’évader d’une cellule. L’idée de les séparer aussitôt du Docteur dans cette époque étrangère n’est pas mauvaise, mais aurait pu être mieux exploitée. L’Episode prend aussi une autre saveur quand on sait que le Docteur aura de nouveau l’occasion de croiser des pirates pour sa onzième incarnation, et même Henry Avery en personne !

ImageLe capitaine Pike. Wannabe gentilhomme et vrai pirate.

N : 5

IM : 3

Seules quelques minutes de l’arc furent découvertes en Australie en 1996. En effet, lors de la diffusion à l’étranger, certains passages jugés trop violents ou inutiles furent censurés et n’ayant pas été rendus à la BBC, ils furent sauvés de la destruction. Il ne reste donc de l’arc que les scènes de meurtre et une scène où le palefrenier du village s’enfuit à cheval.

3-10 The War Machines

3-10 The War Machines

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Le Docteur et Dodo retournent à Londres à notre époque, mais ils ne vont pas pouvoir visiter la ville. Un grand savant a mis au point WOTAN, une sorte de serveur omniscient qu’il pense connecter à tous les ordinateurs du monde, et qui ne se trompe jamais. Mais WOTAN triche car il peut lire les réponses dans l’esprit des gens qu’il contrôle, et il décide de prendre en main le destin de l’humanité. Dodo part s’amuser en boîte avec Polly, l’assistante du savant. Les deux jeunes femmes rencontrent le jeune Ben, un marin qui a loupé son cargo, avec qui elles sympathisent. Mais Dodo ne se rend pas compte que l’ordinateur contrôle déjà son esprit, ainsi que celui de son créateur et d’autres savants, et qu’il envisage de posséder aussi celui du Docteur.

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Dodo, Ben et Polly in da club.  Les djeunz qui dansent derrière ont maintenant 75 ans.

Pour finir cette troisième saison plutôt bordélique et qui continue de voir les audiences chuter, Ian Stuart Black revient aux commandes pour un épisode S-F qui commence très bien. Le contrôle des esprits par cette machine est dans la droite lignée des histoires de S-F paranoïaques telles que l’invasion des profanateurs. La menace intérieure tranche avec les habituelles querelles de peuples du futur et sa nature cybernétique a un impact autrement plus savoureux à notre époque, alors que l’usage des PC et d’internet s’est quasi généralisé. On peut voir dans cet ordinateur omniscient le transmetteur d’une idéologie (Guerre Froide Oblige) plus que l’ancêtre du Ghost de Ghost in the Shell (il nomme le Docteur Doctor Who, on repassera pour l’omniscience…). Il s’agit d’une machine froide, méthodique, un peu comme les Dalek, mais en moins efficace. Bien que la sécurité du pays soit appelée, les dégâts effectués par les machines de guerre à sa solde font pâle figure à coté de ceux des ennemis les plus populaires du Docteur et la deuxième partie de l’arc est peu réussie. William Hartnell est pourtant parfait.

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Allo Allo Monsieur l’Ordinateur.

L’épisode voit le départ de Dodo, la compagne la plus mal gérée de la série (so far). On n’aura rien su d’elle, elle n’aura jamais suscité un grand intérêt et elle part sans dire au revoir au Docteur et au TARDIS (quelle ingrate!). Un beau gâchis qui révèle beaucoup des difficultés de cette saison à maintenir une direction claire après le départ de la productrice historique, même si on y trouve une poignée d’épisodes honorables. Plus que deux arcs pour le premier Docteur et voilà qu’il embarque le jeune Ben et la charmante Polly. Espérons que ces deux là verront au moins sa régénération.

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Dodo Chaplet vivra ses dernières scènes dans la série sous hypnose.

N : 6

IM : 6