6-03 The Invasion

6-03 The Invasion

de Derrick Sherwin (histoire de Kit Peddler) (8 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Le TARDIS doit atterrir d’urgence sur Terre, endommagé par des missiles. Le Docteur décide d’en profiter pour rendre visite au Professeur Travers, mais lui et ses deux compagnons se trouvent bientôt liés à une sombre affaire impliquant l’entreprise International Electrics. Tobias Vaughn, son dirigeant, a reçu différents scientifiques qu’il semble retenir prisonnier en ses murs. Parmi eux, le Professeur Watkins qui a pris la suite du Professeur Travers. Tandis que Zoe se lie d’amitié avec Isabel, la fille de Watkins, le Docteur et Jamie enquêtent sur les événements. Ils sont bientôt capturés par des militaires de la UNIT, nouvelle unité spéciale dirigée par le Colonel Lethbridge Stewart, désormais devenu brigadier. Celui-ci leur explique qu’ils surveillent les actes de Vaughn depuis quelques temps, mais tous sont loin de se douter que le grand patron planifie une nouvelle invasion des Cybermen.

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Tobias Vaughn, mégalo de la semaine et nouveau gogo des Cybermen

Sous ce simple titre, le co-créateur des Cybermen Kit Peddler orchestre le retour de nos androïdes dénués d’émotions, épaulé au scénario par le script editor sur le départ, Derrick Sherwin pour un arc qui contient pas moins de huit épisodes, dont seulement deux ont été perdus. Désormais habitués des lieux, les Cybermen veulent prendre d’assaut la Terre en lançant des ondes d’un vaisseau situé derrière la lune. Ils trouvent un allié en la personne de Tobias Vaughn (interprété par Kevin Stoney, le Mavic Chan de Dalek’s Master Plan) qui a déjà prévu de les doubler avec un « mentor cérébral », invention du professeur qui lui permettra de détruire les Cybermen en leur projetant des émotions. Mais comme il est prévoyant, il aimerait bien s’emparer aussi du TARDIS si les choses tournent mal.

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Quand les soldats s’en mêlent, c’est forcément plus musclé !

Cette invasion est surtout la première incursion de U.N.I.T (United Nations Intelligence Taskforce) dans Dr.Who. Menée par le Brigadier, qui leur prêta main forte contre la dernière attaque des Yéti-bot, cette Unité sous la tutelle des Nations-Unies occupera une place de choix dans la série par la suite. The Invasion vit d’ailleurs le jour suite au succès de The Web of Fear, qui conforta la production de la série dans la direction d’un Docteur intervenant à notre époque contre des menaces extraterrestres, schéma qui se développerait dans les saisons suivantes en faisant de UNIT un élément récurrent de la série (au grand bonheur de Nicholas Courteney, interprète du Brigadier) et que Russell T. Davies utiliserait à loisir dans son lancement de la nouvelle série.

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Le Brigadier à l’aube d’une grande carrière dans Doctor Who

Hormis sa position charnière, The Invasion est un arc brillant en ce qu’il permet de tenir son intrigue sur huit épisodes sans tomber dans les pièges des arcs à rallonge des premières saisons. Gageons que les scénaristes auront pu se faire les mains sur d’autres séries à la construction plus carrée, en particulier chapeau melon et bottes de cuir. La première partie se concentre sur la libération des otages du magnat et l’annonce du plan de Vaughn (flanqué de son inénarrable sidekick/chef de la sécurité Packer) tandis que la seconde voit les militaires affronter les armes des Cybermen avec l’aide du Docteur, de Zoe (qui en montre aux hommes au niveau de la maîtrise de l’armement), des russes (!) et en dernier du recours, du magnat lui-même. Le charismatique Brigadier, son capitaine et la jeune Isabel tiennent un beau rôle qui fait même oublier que Jamie est presque totalement absent des dernières parties.

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Une alliance de circonstances se profile pour le Docteur

N : 8

IM : 8

5-07 The Wheel in Space

5-07 The Wheel in Space

de David Whitaker et Kit Pedler (6 épisodes)

Réalisation : Tristan DeVere Cole

Débarqués dans un vaisseau spatial et obligés d’y rester suite à une panne du TARDIS, le Docteur et Jamie constatent vite que les lieux sont déserts. Suites à des mésaventures avec un robot hostile, le Docteur tombe inconscient et ils sont récupérés par une station spatiale en forme de Roue. L’équipage de la station souhaite détruire le vaisseau fantôme mais Jamie les en empêche pour préserver le TARDIS. Bientôt des œufs éclosent pour donner naissance à des Cybermen (?!) qui sont bien décidés à prendre le contrôle de la Roue de l’Espace afin de mener à bien leur habituelle croisade pour contrôler la Terre.

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Le Docteur et son fidèle Jamie, orphelins d’un second compagnon (plus pour longtemps)

Cette saison 5 aura pâti de son uniformité : Longueur égale (et trop longue) de tous les arcs et absence d’alternance entre épisodes historiques et épisodes S-F, ces derniers ayant pris le contrôle de la série. Elle se termine avec un arc spécial cybermen très classique dans son déroulement et sans véritable surprise. Après l’épisode archéologique qui faisait montre d’un peu d’originalité, on pouvait s’attendre à une meilleure utilisation de la menace cybermen. La personnalité des membres de la station et leur réaction face au danger des robots humanoïdes est le principal intérêt de ses six épisodes, dont un se déroule sans le Docteur.

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Un nouveau lieu, un équipage suspicieux. La routine…

Parmi les membres de la station il y’a Zoe, une sorte de calculatrice humaine que ses collègues accusent d’être dénuée d’émotions. Ses rapports avec Jamie se placent aussitôt sur le créneau de la taquinerie lorsqu’elle s’amuse qu’il soit habillé comme une fille (et oui, Jamie n’a pas lâché son kilt) ou qu’elle joue avec sa méconnaissance des fonctions d’un magnétophone. La gamine n’hésite pas à se cacher dans le TARDIS pour embarquer avec le Docteur et Jamie à la fin de l’aventure, et on imagine que malgré les mises en garde du Docteur (qui permet de caser un épisode avec les Daleks), elle n’hésitera pas à les accompagner pour la saison 6 à venir. Un choix à contre-courant du naturel de Victoria Waterfield.

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Les Cybermen farceurs vont faire sursauter Zoe. Hihi.

N : 4

IM : 5

…Un sympathique amuse-bouche pour la saison 6.

Saison 5 (1967-1968) / 5-01 The Tomb of the Cybermen

5-01 The Tomb of the Cybermen

De Kit Pedler et Gerry Davies (4 épisodes) 

Réalisation : Morris Barry

Planète Telos. Une équipe d’archéologues menée par le Professeur Parry a pour but de retrouver les vestiges des Cybermen disparus il y’a 500 ans. Tentant d’ouvrir un tombeau, ils croisent le Docteur, Jamie et Victoria. Les trois se voient obligés de suivre l’expédition, qui n’est pas composé que de scientifiques désintéressés. La financière de l’expédition, Kaftan et son accompagnateur Klieg, font secrètement partie d’une fraternité des logiciens et leur but est de contrôler les cybermen. Lors de leur visite du tombeau, l’équipée découvre une pièce avec des cybermen cryogénisés qui n’attendaient plus que des êtres intelligents (mais aussi assez stupides) pour les réveiller selon leur plan. Mais comme on commence à s’en rendre compte, il est plus difficile de contrôler un cyberman que de le réveiller.

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Le Docteur fait visiter son bolide à la jeune Victoria. Un vrai tombeur !

Victoria est gâtée ! Après avoir rencontré le Docteur et Jamie lors d’une aventure avec les Daleks, la voilà confrontée aux Cybermen, qui sont un peu les nouveaux Daleks de la série. Trois apparitions en moins d’une saison ! Les robots humanoïdes restent fidèles à eux-même. Aidés de cybermats, ces petits robots rampants que l’on voit encore dans la nouvelle série, ils bénéficieront une nouvelle fois d’humains assez crétins pour être manipulés. Si les premières apparitions des Cybermen font toujours leur effet et le coté archéologues pilleurs de tombes renouvelle le schmilblick, le souffle retombe assez vite pour laisser un dernier épisode peu passionnant. Il est toutefois bien agréable de se retrouver sur le premier épisode complet ALLELUIA! avec le deuxième Docteur.

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Les cybermen se libèrent de leur prison de glace. Merci aux humains crétins…

L’arrivée de la nouvelle compagne nous permet de connaître enfin l’âge du Docteur, environ 450 ans et de l’entendre évoquer sa planète et sa famille, tandis que Victoria a encore du mal à encaisser la mort de son père à la fin de la saison dernière. Bien qu’inexpressive, ce petit brin d’anglaise de l’époque victorienne se montre très active et plutôt attachante. Sa répartie envers les hommes qui veulent la laisser de coté, particulièrement envers le capitaine Hopper, laisse augurer des aventures plus sympathiques que celles de Ben et Polly. Kilt Jamie, qui trimballe toujours son air naïf de pré-Luke Skywalker continue de prendre de l’assurance et Patrick Troughton reste parfait. Un début de saison satisfaisant en somme.

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N : 6

IM : 6

4-06 The Moonbase

4-06 The Moonbase

De Kit Pedler (4 épisodes)

Réalisation : Morris Barry

2070. Le Docteur et ses trois compagnons débarquent près d’une station menée par des scientifiques et construite pour réguler la météo sur Terre. Jamie se blesse en faisant l’idiot et ils sont transportés vers la station. Jamie tombe aussitôt malade, souffrant du même mal que d’autres membres de l’équipe de la base. Le Docteur doit vite prouver que lui et les siens ne sont pour rien dans l’infection, et pour cause, les cybermen ont provoqué ça et ils viennent faire le ménage pour récupérer les corps un à un.

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We could live together. Walking on the moon.

L’équipage en t-shirt de la station lunaire est plutôt convaincant, et comporte même un français ! Le très sérieux Benoît interprété par André Maranne (le sergent Chevalier dans les panthère rose). Le Chef Hobson est solidement interprété par Patrick Barr. L’épisode a pour lui de mieux utiliser les compagnons, évitant le Patrick Troughton show dans lequel se noyaient les précédents (la récolte des échantillons sur les types de la base demeure hilarante). Les superstitions de Jamie sont mises en avant un peu maladroitement par l’entremise d’un joueur de cornemuse fantôme qui apparaît aux McCrimmon à leur mort et avec qui il confond les cybermen. On n’hésite également pas à lui faire porter le kilt ! Les petites attentions de Polly pour l’écossais, et sa capacité à servir le café dans les situations difficiles la rendent plus humaine et Ben a quelques interactions qui l’éloignent de l’action man des précédents épisodes.

406C

Un cyberman adepte des hôpitaux

Les expéditions lunaires (l’épisode est diffusé en 1967) semblent contribuer à créer une volonté de vraisemblance scientifique dans l’utilisation de la gravité (pour combattre les cybermen) et sur d’autres détails. Deuxième arc avec les cybermen, the moonbase voit déjà évoluer leur aspect physique, couvrant de métal ce qui était un costume. Paradoxalement, le cyberman fait moins d’effet, même si certaines scènes produisent leur ambiance, notamment la récupération des malades, transportés par les robots comme de vulgaires sacs. The Moonbase est à moitié reconstitué, ce qui en fait pour le moment l’épisode le plus complet avec Patrick Troughton.

N : 6

IM : 7

 La BBC n’a plus que les parties 2 et 4 de l’arc. Les deux autres épisodes ont été reconstruits en animation.

4-02 The Tenth Planet

4-02 The Tenth Planet

De Kit Pedler & Gerry Davis (4 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

1986, en Antarctique. Le Docteur et ses jeunes compagnons se retrouvent au beau milieu d’une expédition scientifique qui a le regard tourné vers l’espace. Ils sont témoins de la découverte de Mondas, planète jumelle de la Terre, qui s’approche dangereusement de notre monde. Les habitants de Mondas, les Cybermen, expliquent que leur monde a besoin de l’énergie de Terre pour l’absorber avant de la détruire. Ils proposent aux humains de venir sur leur planète afin de les changer en Cybermen. Sous la menace de l’invasion et par peur pour son fils (qui fait partie de l’expédition de reconnaissance), le Général Cutler en commande de la base décide d’employer les grands moyens : Une bombe atomique, au corps défendant des compagnons du Docteur.

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Le Cyberman première mouture. Paye ton costume anxiogène.

Un arc doublement important, puisqu’il s’agit de la première incursion des CYBERMEN dans l’univers de Doctor Who. Les robots dénués d’émotion ont d’ailleurs droit à de premières apparitions surprenantes qui ont du faire leur petite effet sur les spectateurs de l’époque. La voix monocorde des robots doublée d’un costume plutôt malsain (qui rappelle un peu le human being de Community) en fait d’entrée de jeu des ennemis marquants. L’autre raison de l’importance de cet arc est le départ de William Hartnell, le premier Docteur, la régénération se produisant à la toute fin de cette histoire. Dès le premier épisode, le Docteur manifeste des signes de faiblesse qu’on ne sait pas à quoi attribuer, pour revenir sur la fin avant de compléter sa transformation.

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Le Général Cutler veut faire péter la bombe sur ces enfoirés de commu…cybermen

Il est regrettable que cette régénération se produise sur le seul épisode reconstitué de l’arc, mais on ne peut pas dire qu’Hartnell soit parti sur une mauvaise note. The Tenth Planet est pour l’instant le meilleur épisode du futur (d’un futur uchronique, 1986 étant désormais loin derrière nous). Il dégage une atmosphère anxiogène avec des accents de paranoïa Guerre Froide. Sur la forme, on se rapproche du Point Limite de Sidney Lumet, avec les éléments typiques de Doctor Who, et une implication non négligeable de Ben et Polly. Il le faut bien car Patrick Troughton aura besoin d’eux pour faire oublier William Hartnell !

UNE REGENERATION! UNE!

N : 8

IM : 10

La quatrième partie de l’arc a disparu, mais il reste quelques passages dont celui de la régénération du Docteur.