Saison 10 (1972-1973) / 10-01 The Three Doctors

10-01 The Three Doctors

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Une tâche sur la pellicule tente d’engloutir le Docteur et fait disparaître un paysan, un scientifique venu enquêter sur les événements, l’automobile Bessie et différents éléments du QG de UNIT. Ce champ d’énergie provient d’un trou noir qui pourrait anéantir le temps. Les Time Lords ne peuvent rien faire. Aussi décident-ils de convoquer leur super agent sur Terre pour résoudre le problème. Et puisqu’un Docteur ne suffira pas, ils lui adjoignent les services de son précédent lui (Patrick Troughton) en le déconnectant de son espace-temps ! Ainsi Two et Three se rencontrent et les Time Lords décident contre toute attente (sauf celle du téléspectateur prévenu par le titre), de mettre en contact le premier Docteur avec eux. Jo et Three sont engloutis par la tâche et ils apparaissent dans un monde désert contrôlé par Omega, un Time lord qui jadis rendit possible les voyages temporels pour les congénères du Docteur. Englouti par la supernova qui fournit l’énergie nécessaire à l’opération, cette légende de Gallifrey est depuis prisonnière dans un monde au sein de la singularité qui ne tient que par sa propre volonté. Volonté très forte qui a, par ailleurs, décidé de tout engloutir sur son passage.

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Omega – He’s got the whole world in his head

The Three Doctors est un beau cadeau qui permet de constater le chemin parcouru depuis 1963. L’Histoire ne brille pas par son originalité, faisant intervenir un nouveau seigneur du temps alors que le Maître hante encore la série, attendant discrètement qu’on le sorte du chapeau. Il répond par ailleurs à une demande de fans de longue date que Barry Letts s’est finalement décidé à accepter. L’originalité est d’avoir introduit le concept d’anti-matière fusionnant avec la matière, ce qui donne à l’épisode un aspect jargonneux plutôt sympathique et rend l’intrigue cohérente. Il ne faut pas chercher cette cohérence dans la réunion des Docteurs, qui répond à la volonté seule du Haut Conseil des Time Lords et introduit virtuellement un sacré bordel (Moffat fera pire, me dis t’on). Pourquoi le Haut-Conseil n’a-t-il pas poursuivi le Docteur plus tôt s’il avait la possibilité de convoquer si facilement ses deux précédentes incarnations ? Et qu’en est-il du Troisième Docteur qui a donc déjà vécu cette aventure accompagné de Two ? Gageons que dans le monde du wibly woobly timey winey, seule une archéologue comme River Song aurait la réponse à ces questions. L’essentiel est de voir Two et Three se chamailler joyeusement et se donner la réplique avec aplomb, quand l’un ne finit pas par manger la phrase de l’autre. Et surtout, après de longues heures d’épisodes reconstitués en noir & blanc avec un son médiocre, le soulagement est de pouvoir enfin voir, accompagné de sa flûte.

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PATRICK TROUGHTON EN COULEUR !!! (rien que pour ça l’épisode a la moyenne)

Les apparitions de William Hartnell ne se feront que par l’entremise d’un écran de télévision, le pauvre vieux n’étant plus en très bonne santé à l’époque du tournage. Si la promesse en fin de troisième épisode de voir un rassemblement tombe à plat, les scénaristes se rattrapent en faisant de One un lien avec les Time lords. L’épisode réserve d’autres surprises. Ainsi le Brigadier fait-il pour la première fois son entrée dans le TARDIS, ce qui est aussi le cas du Sergent Benton. Il est fort sympathique de voir Two se rappeler sa première rencontre avec l’un et l’autre alors qu’ils n’étaient pas encore à leur grade actuel ou bien de voir le QG de UNIT téléporté au-delà des galaxies avec le Brigadier se demandant si ça causera un accident diplomatique (!). On regrettera que Lethbridge Stewart soit encore une fois coincé dans son rôle de représentant de l’ordre, condamné à dire au Docteur qu’il ne comprend rien. Jo est quant à elle toujours parfaite et on peut espérer qu’elle fera encore quelques voyages avec le Docteur. Nous avons échappé belle à une romance entre elle et Jamie (souvenez-vous), idée abandonnée suite à la non disponibilité de Frazer Hines. Dernière surprise : Cet épisode sonne après trois saisons la libération du Docteur de la sentence des TimeLords qui l’exilait sur Terre. Il va donc pouvoir reprendre ses voyages pour de bon.

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-Docteur, je vous somme de nous expliquer ça tout de suite !

N : 8

IM : 9

6-07 The War Games

6-07 The War Games

De Malcolm Hulke et Terrance Dicks (10 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur, Jamie et Zoe débarquent en 1917, sur un champ de bataille de la première guerre mondiale. Capturés, ils sont  jugés coupables arbitrairement : d’espionnage pour Zoe et le Docteur, et de désertion pour Jamie. Alors qu’ils parviennent à s’échapper de la base avec l’aide du lieutenant Carstairs et de l’infirmière Lady Jennifer, ils découvrent qu’ils ont quitté 1917 pour atterrir au sein des guerres romaines. Le territoire qu’ils parcourent les amène progressivement vers d’autres conflits. Au QG allemand, ils découvrent une carte avec différentes indications temporelles qui les mènera à l’incroyable vérité. Une race alien, menée par le War Lord, a transporté des guerriers humains de toutes les guerres de l’Histoire afin de les obliger à combattre sur un champ de bataille commun dans l’intérêt de sa race. Pour cela ils sont aidés du War Chief, qui leur a apporté la technologie des Timelord et un redoutable engin à voyager dans le temps : Le SIDRAT. Le Docteur, Jamie et Zoe vont bientôt se retrouver à la croisée des chemins.

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Le Docteur, Zoe et Carstairs dans une guerre qui n’est définitivement pas la leur

Cinquantième arc de la série, dernier arc de Patrick Troughton, de Frazer Hines et de Wendy Padbury, dernier épisode en noir et blanc de la série. The War Games a tout pour faire date dans l’histoire de Doctor Who. Mais c’est avant tout l’arc le plus inspiré et celui qui rassemble le mieux jusqu’ici l’essence de la série. Le concept d’un lieu unique regroupant les combattants des guerres de l’Histoire est tellement casse-gueule qu’on aurait pu difficilement le trouver dans un autre univers. Il fallait ensuite l’exploiter correctement, ce que l’arc réussit avec tous les honneurs. The War Games comporte dix parties, soit quatre heures qu’on aurait pu rassembler en un film, tant elles se tiennent sur la durée. Aucune longueur, des idées constamment renouvelées, des retournements de situations malins et des situations intelligentes qui renvoient aux questionnements liés à la condition des soldats. Ainsi les humains sont-ils sous le joug des esprits des généraux, véritables aliens qui les poussent à une obéissance aveugle, supprimant malgré eux leur libre arbitre et leur capacité à discerner les détails bizarres qui pourraient leur révéler qu’ils sont utilisés à d’autres fins que pour celles pour laquelle ils combattent.

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Le War Chief, nouvel ancêtre spirituel du Maître

The War Games vaut aussi pour ses personnages diablement charismatiques dans les deux camps. Le lieutenant Carstairs de la guerre 14-18, le sergeant Russell de la guerre de Sécession ou Arturo Vilar du coté de la nouvelle Résistance organisée, qui grandira ses rangs grâce à l’aplomb de Jamie et Zoe. Le chef de la sécurité, le War Lord et le War Chief du coté des affreux. On s’attache aisément à chacun de ces personnages aussi bien caractérisés qu’interprétés, tant et si bien qu’on ne voit pas venir le feu d’artifice qu’on nous a préparé. Il arrive par l’entremise du War Chief, associé des extraterrestres qui s’avère être un Seigneur du temps renégat, un peu comme le Docteur, et le Time Meddler auparavant (qui semble avoir été oublié). On entend enfin parler des Time Lords, et mieux encore, nous ferons une incursion sur Galliffrey à l’issue de l’aventure. Appelés par le Docteur pour régler l’irréparable commis par le War Chief et le War Lord,  ils organiseront un procès du leader extraterrestre, mais aussi du Docteur pour les incursions dans l’Histoire qu’il a commises depuis le début de la série. Une sorte de tribunal pénal international mis devant le fait accompli d’un coté, d’un gros criminel de guerre, de l’autre d’un des leurs qui décida d’user de sa connaissance et de son pouvoir pour intervenir dans les conflits qui ne le regardaient pas.

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Le War Lord, un type plein d’espoir qui croit pouvoir vaincre les Timelords à domicile. Le fou…

L’arrivée des Seigneurs du Temps dans la série se fait avec un soin particulier. Leur puissance se mesure à la manière dont ils influent sur les choses avant même leur arrivée, par la peur qui étreint le Docteur à l’idée de leur venue et le peu qu’il leur faut à amener le TARDIS sur Gallifrey. La punition de celui qui a volé un TARDIS pour parcourir l’univers sera l’exil sur la Terre, cette planète qu’il chérit tant, et à notre époque s’il vous plaît (enfin, à l’époque de la diffusion). Une ironie du sort bien choisie et qui accomode la production, toute heureuse de pouvoir récolter à la saison prochaine de nouvelles audiences comme celles des précédents épisodes se déroulant dans le présent.

607B

il était trois juges adeptes de la peine ironique

Le Docteur hérite d’une nouvelle peau pour purger sa sentence, étrange régénération. Jamie et Zoe connaissent un destin proche de celui que connaîtra Donna Noble, une autre compagne mémorable. Ce bouquet final de Two a par ailleurs bien d’autres  points communs avec celui de Ten, tout en tutoyant la mythologie de Superman. Les Timelord rappellent les kryptoniens et le procès du WarLord semble préfigurer le procès de Zod et ses acolytes dans le film qui viendra. Si Zoe a su en peu de temps s’imposer comme la meilleure compagne féminine du Docteur, c’est pour Jamie que la sentence est la plus amère. Si on met de coté le premier arc avec Patrick Troughton, il aura voyagé avec le Docteur durant la totalité des aventures du second Docteur.

 

N : 10

IM : 10

 

Coming soon. Les années 70.