11-04 The Monster of Peladon

11-04 The Monster of Peladon

De Brian Hayles (6 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Le TARDIS se matérialise sur Peladon alors que la planète connaît une grosse situation de crise. La Fédération met la pression à la reine Thalira, fille du bon roi que le Docteur avait rencontré 50 ans plus tôt. En guerre contre la Galaxie 5, la Fédération a besoin de s’approvisionner en Trisilicate mais la grogne des mineurs rend la tâche difficile. Agaddor, le faux dieu de Peladon, refait alors son apparition et supprime les personnes qui osent s’interposer. Très vite pris en grippe par le grand prêtre du moment, le Docteur et Sarah Jane proposent leur aide à la reine. Mais la situation interne ne cesse de se détériorer, au point qu’Alpha Centauri, ambassadeur de la Fédération, demande des troupes pour rétablir l’ordre sur la planète.

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-Votre mission est de meubler sur 6 épisodes une intrigue qui peut en tenir 1 !

Peladon, le retour. Cette visite n’était vraiment pas nécessaire car l’original reste l’un des moins bons arcs du run du troisième Docteur. Mais son succès d’audience conduisit le scénariste Brian Hayles à remettre le couvert, bien contrôlé pour ne pas faire dans l’originalité. On se retrouve avec un scénario qui pioche dans la crise minière qu’a vécu l’Angleterre l’année précédente et une certaine défiance envers la fédération galactique (l’Union Européenne ?). On ajoute le discours féministe de Sarah Jane qui tente d’expliquer à une reine d’une passivité incroyable qu’elle n’est pas qu’une femme, mais qu’elle est aussi reine. L’obscurantisme de Peladon n’a pas bougé d’un pouce. Les gémissements et appels à l’aide d’Alpha Centauri (aussi de retour pour notre plus grande gêne) non plus. On nous refait aussi le twist des Guerriers des Glaces mais dans l’autre sens. Ils seraient redevenus méchants, accompagnant l’ambition d’un membre de la fédération aveuglé par l’appât du gain. Tout ça étiré sur 6 épisodes !

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Ce n’est pas un mannequin, mais bien une Reine. Mais elle ne le sait pas encore…

La seule vraie nouveauté de Peladon provient de Sarah Jane, qui a l’occasion de prouver son apport à la série dans une situation par laquelle était passée Jo Grant. La journaliste est à l’aise dans l’action et a les bons outils pour analyser la situation (pas très complexe, la crise de Peladon ressemble tellement à une crise terrienne), ce qui fait d’elle une très bonne alliée du Docteur dans sa résolution. Tout finit par rentrer dans l’ordre, mais un épisode original aurait été plus adéquat alors que la fin du Troisième Docteur approche à grands pas.

1104C

Ils ne virent pas la statue faire coucou à la caméra.

N : 4

IM : 4

9-02 The Curse of Peladon

9-02 The Curse of Peladon

De Brian Hayles (4 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Un essai sur le TARDIS conduit Jo et Le Docteur dans le futur sur la planète Peladon. Le futur roi doit accueillir des émissaires de la Fédération pour décider de l’entrée de sa planète dans le système. Ses deux conseillers et amis se disputent sur une superstition : Une créature millénariste nommée Aggedor pourrait les punir de cette alliance. Le conseiller pro-fédération est tué juste avant l’arrivée des émissaires. Alors que ceux-ci émettent des réserves suite à l’accident, le Docteur et Jo sont arrêtés par des gardes. Ils se font respectivement passer pour le représentant de la Terre et pour une princesse venue en observatrice. Il leur faudra surmonter la méfiance d’Hepesh, le superstitieux, qui pourrait bien avoir inventé toute cette Histoire pour empêcher sa planète de rejoindre la Fédération.

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SPOILER Les guerriers des glatsses tssont devenus des gentils

The Curse of Peladon est un arc construit comme une histoire d’Hercule Poirot, avec des menaces à répétition visant un petit groupe de notables (les émissaires) et le Docteur et Jo tentant de percer le mystère. L’assemblée est composée de créatures bizarres dans un décalage comparable (l’humour en moins) à celui qu’utilisera Russell T. Davies dans le deuxième épisode de son run, celui avec l’explosion du Soleil et l’inimitable Cassandra. Parmi les délégations, Mars est représentée par des guerriers des glaces qui seront habilement utilisés pour s’attirer les soupçons alors qu’ils ont fini par devenir des gens civilisés. Les thèmes du refus d’une Fédération et du repli vers la tradition étaient d’actualité alors que l’adhésion (ou la non-adhésion) de l’Angleterre à la CEE était au cœur des débats. La manière de traiter la problématique est cependant banale. L’intrigue traîne en longueur, même sur quatre épisodes. Cela n’empêche pas le Docteur d’assurer ses scènes, notamment au sein d’un duel contre le favori du roi ou dans le chant d’une petite berceuse vénusienne pour apaiser le méchant Ageddor.

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L’émissaire d’Alpha Centauri. Avec sa voix de petite fille, difficile de le prendre au sérieux.

En guise de roi de Peladon, nous retrouvons un jeunot incarné par le propre fils de Patrick Troughton, David, qui jouera plusieurs dizaines d’années plus tard le rôle du Professeur Hobbes dans l’épisode Midnight avec Ten. Ce roi serait le fils du précédent roi et d’une Terrienne. Une belle occasion d’offrir un prétendant à le jeune Jo, propulsée princesse du TARDIS (!) qui n’en finit pas de couiner comme si les hormones avaient définitivement pris le contrôle de ce personnage si sympathique. Elle reviendra finalement sur Terre pour honorer son rendez-vous avec le capitaine Yates. Il est d’ailleurs à noter qu’aucun des hommes de UNIT, Brigadier compris, n’apparaît dans cette incartade temporelle accordée par le Haut Conseil de Gallifrey.

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La princesse Jo et son roi. Hormones, cris et déchirements en vue.

N : 5

IM : 3

6-05 The Seeds of Death

6-05 The Seeds of Death

de Peter Bryant (6 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Nous sommes à la fin du XXIème siècle. Un système de téléportation nommé T-Mat a révolutionné le transport terrestre, mais il a sonné le glas de l’exploration spatiale. Installé sur une base lunaire, le centre contrôlant le T-Mat est soudainement piraté par des ennemis sanguinaires qui n’hésitent pas à supprimer l’officier en charge. Toutes les téléportations terrestres sont coupées, mais les guerriers de glace (qui sont martiens, rappelons-le) comptent bien utiliser la technologie à leur disposition pour s’emparer de la Terre. En l’absence d’astronautes pour rejoindre la base lunaire, le commandant Radnor rend visite à un vieil ami qui détient dans son musée des vieux coucous de l’espace. Par chance, Le Docteur et ses compagnons ont atterri dans ce musée et ils pourront conduire une vieille fusée qui les amènera sur la lune.

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Zoe, Le Docteur et Jamie coiffent Neil Armstrong au poteau, mais pas Tintin

Hiver 1969. A la diffusion de cet arc, le monde a encore la tête dans les étoiles, et plus précisément vers la lune. Apollo 9 va être lancée et le premier homme sur la lune sera pour bientôt. Voir The Seeds of Death dans ce contexte devait être bien différent, et il est assez ironique que le scénario de Peter Bryant perçoive le recul à venir (pour d’autres raisons) de la Conquête spatiale alors que celle-ci battait alors son plein. Comme un clin d’œil à l’air du temps, nous aurons le droit à un pittoresque voyage en fusée vers la lune pour le Docteur et ses compagnons. La partie terrestre est assurée par des acteurs très pro qui savant garder une profonde dignité dans leurs uniformes du futur, la très consciencieuse Gia Kelly (Louise Pajot) en tête. On sent quelques prises de risque payantes dans la réalisation de Michael Ferguson et la musique, bien plus présente, ajoute au sérieux de l’affaire.

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Les guerriers des glatsssses tsssont de retour

Il ne fait pas bon installer des bases sur la lune, mais les êtres humains ont la mémoire courte. Les hommes de glace sont un peu moins banals que lors de leur première apparition, et leur modus operandi qui s’apparente à du terrorisme chimique par téléportation est bien plus intéressant. Les graines de la mort du titre sont les spores de champignons propagés par les hommes de glace aux quatre coins du monde grâce au téléporteur à leur disposition. Spores qui auront pour mission d’absorber l’atmosphère terrienne afin de laisser la place libre aux martiens glacés. Les quatre premiers épisodes développés autour de cette idée sont très réussis. Le reste s’étire un peu, mais ne vient en aucun cas baisser le niveau de cette saison 6.

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Le Docteur et sa phobie des bains moussants

N : 7

IM : 3

5-03 The Ice Warriors

5-03 The Ice Warriors

De Bryan Hayles (6 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans un futur lointain où la pollution a entraîné une nouvelle ère glaciaire. Sur une base contrôlée par le commandant Clent, des humains survivent en faisant fondre les icebergs qui les menacent. Lors d’une expédition, ils découvrent un homme à l’allure de guerrier prisonnier de la glace. Le guerrier, un Martien nommé Varga, ne tarde pas à se réveiller et prend Victoria en otage. Le Docteur parvient à acquérir la confiance du groupe qui ne jure pourtant que sur la science logique de l’ordinateur de bord, et il leur propose son aide face à la menace. Mais cela sera-t-il suffisant face à la libération des potes de Vargas de leur prison de glace ?

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Ice ice Baby…

La réponse est oui, Ils ont à faire au Docteur après tout. Mais pour arriver à cette victoire, il faudra enquiller six épisodes arythmiques et longs (dont pourtant seulement deux sont reconstitués). L’intrigue est étirée, les décors sont minces, le scénario est confus et les personnages secondaires peinent à convaincre (sauf Penley et Clent). Heureusement le Docteur, Jamie et Victoria suscitent assez de sympathie pour permettre de suivre l’histoire sans trop piquer du nez. Coté ennemis, Brian Hayles rameute des martiens peu commodes (ils tuent ceux qui leur sont inutiles) au costume un peu plus convaincant que celui des Yétis robots mais qui se prennent visiblement pour des serpents, ponctuant leurs phrases d’insupportables ssss. Dans un monde infernal, on les imagine donner la réplique à cet ordinateur omniscient à la voix saccadée et malade.

503C

Le commandant Clent et sa devise :  OK computer.

Le final a son intérêt, dévoilant un équipage maladivement dépendant de l’ordinateur qui ne trouve secours que dans la responsabilité prise par Penley. Entre temps, on se dit que revenir à des arcs sur quatre épisodes serait une bonne idée.

N : 3

IM : 3

L’arc fut longtemps considéré comme totalement perdu. Néanmoins, des copies 16 mm de la première partie ainsi que des parties 4 à 6 furent découvertes dans une propriété de la BBC dans le quartier d’Ealing, en 1988, à l’issue d’une restauration.