6-07 The War Games

6-07 The War Games

De Malcolm Hulke et Terrance Dicks (10 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur, Jamie et Zoe débarquent en 1917, sur un champ de bataille de la première guerre mondiale. Capturés, ils sont  jugés coupables arbitrairement : d’espionnage pour Zoe et le Docteur, et de désertion pour Jamie. Alors qu’ils parviennent à s’échapper de la base avec l’aide du lieutenant Carstairs et de l’infirmière Lady Jennifer, ils découvrent qu’ils ont quitté 1917 pour atterrir au sein des guerres romaines. Le territoire qu’ils parcourent les amène progressivement vers d’autres conflits. Au QG allemand, ils découvrent une carte avec différentes indications temporelles qui les mènera à l’incroyable vérité. Une race alien, menée par le War Lord, a transporté des guerriers humains de toutes les guerres de l’Histoire afin de les obliger à combattre sur un champ de bataille commun dans l’intérêt de sa race. Pour cela ils sont aidés du War Chief, qui leur a apporté la technologie des Timelord et un redoutable engin à voyager dans le temps : Le SIDRAT. Le Docteur, Jamie et Zoe vont bientôt se retrouver à la croisée des chemins.

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Le Docteur, Zoe et Carstairs dans une guerre qui n’est définitivement pas la leur

Cinquantième arc de la série, dernier arc de Patrick Troughton, de Frazer Hines et de Wendy Padbury, dernier épisode en noir et blanc de la série. The War Games a tout pour faire date dans l’histoire de Doctor Who. Mais c’est avant tout l’arc le plus inspiré et celui qui rassemble le mieux jusqu’ici l’essence de la série. Le concept d’un lieu unique regroupant les combattants des guerres de l’Histoire est tellement casse-gueule qu’on aurait pu difficilement le trouver dans un autre univers. Il fallait ensuite l’exploiter correctement, ce que l’arc réussit avec tous les honneurs. The War Games comporte dix parties, soit quatre heures qu’on aurait pu rassembler en un film, tant elles se tiennent sur la durée. Aucune longueur, des idées constamment renouvelées, des retournements de situations malins et des situations intelligentes qui renvoient aux questionnements liés à la condition des soldats. Ainsi les humains sont-ils sous le joug des esprits des généraux, véritables aliens qui les poussent à une obéissance aveugle, supprimant malgré eux leur libre arbitre et leur capacité à discerner les détails bizarres qui pourraient leur révéler qu’ils sont utilisés à d’autres fins que pour celles pour laquelle ils combattent.

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Le War Chief, nouvel ancêtre spirituel du Maître

The War Games vaut aussi pour ses personnages diablement charismatiques dans les deux camps. Le lieutenant Carstairs de la guerre 14-18, le sergeant Russell de la guerre de Sécession ou Arturo Vilar du coté de la nouvelle Résistance organisée, qui grandira ses rangs grâce à l’aplomb de Jamie et Zoe. Le chef de la sécurité, le War Lord et le War Chief du coté des affreux. On s’attache aisément à chacun de ces personnages aussi bien caractérisés qu’interprétés, tant et si bien qu’on ne voit pas venir le feu d’artifice qu’on nous a préparé. Il arrive par l’entremise du War Chief, associé des extraterrestres qui s’avère être un Seigneur du temps renégat, un peu comme le Docteur, et le Time Meddler auparavant (qui semble avoir été oublié). On entend enfin parler des Time Lords, et mieux encore, nous ferons une incursion sur Galliffrey à l’issue de l’aventure. Appelés par le Docteur pour régler l’irréparable commis par le War Chief et le War Lord,  ils organiseront un procès du leader extraterrestre, mais aussi du Docteur pour les incursions dans l’Histoire qu’il a commises depuis le début de la série. Une sorte de tribunal pénal international mis devant le fait accompli d’un coté, d’un gros criminel de guerre, de l’autre d’un des leurs qui décida d’user de sa connaissance et de son pouvoir pour intervenir dans les conflits qui ne le regardaient pas.

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Le War Lord, un type plein d’espoir qui croit pouvoir vaincre les Timelords à domicile. Le fou…

L’arrivée des Seigneurs du Temps dans la série se fait avec un soin particulier. Leur puissance se mesure à la manière dont ils influent sur les choses avant même leur arrivée, par la peur qui étreint le Docteur à l’idée de leur venue et le peu qu’il leur faut à amener le TARDIS sur Gallifrey. La punition de celui qui a volé un TARDIS pour parcourir l’univers sera l’exil sur la Terre, cette planète qu’il chérit tant, et à notre époque s’il vous plaît (enfin, à l’époque de la diffusion). Une ironie du sort bien choisie et qui accomode la production, toute heureuse de pouvoir récolter à la saison prochaine de nouvelles audiences comme celles des précédents épisodes se déroulant dans le présent.

607B

il était trois juges adeptes de la peine ironique

Le Docteur hérite d’une nouvelle peau pour purger sa sentence, étrange régénération. Jamie et Zoe connaissent un destin proche de celui que connaîtra Donna Noble, une autre compagne mémorable. Ce bouquet final de Two a par ailleurs bien d’autres  points communs avec celui de Ten, tout en tutoyant la mythologie de Superman. Les Timelord rappellent les kryptoniens et le procès du WarLord semble préfigurer le procès de Zod et ses acolytes dans le film qui viendra. Si Zoe a su en peu de temps s’imposer comme la meilleure compagne féminine du Docteur, c’est pour Jamie que la sentence est la plus amère. Si on met de coté le premier arc avec Patrick Troughton, il aura voyagé avec le Docteur durant la totalité des aventures du second Docteur.

 

N : 10

IM : 10

 

Coming soon. Les années 70.

6-06 The Space Pirates

6-06 The Space Pirates

de Robert Holmes (6 épisodes)

Réalisation : Michael Hart

Dans le futur, des pirates de l’espace font exploser des balises spatiales pour en récupérer les morceaux. Ils sont poursuivis par un croiseur spatial terrien dirigé par le Général Hermack. Celui-ci décide de déployer ses hommes sur les autres balises pour surprendre les pirates. Alors qu’ils constatent la présence d’étrangers sur une balise (Le Docteur et ses compagnons viennent d’y atterrir), l’équipe de flics de l’espace ne parviennent pas à arrêter les pirates, qui la font exploser. Le Docteur, Jamie et Zoe se retrouvent séparés du TARDIS, qui est sur un morceau volé par les pirates. Ils sont secourus par Milo Clancey, vieux pionnier de l’espace que les forces terriennes qui ont instauré les lois spatiales ne semblent pas porter dans leur cœur.

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Le Docteur et ses compagnons au coeur de l’action

Il ne fallait pas trop vite crier hourra. The Space Pirates est presque entièrement reconstitué (sauf l’épisode 2) et s’avère être bien en dessous des autres épisodes de la saison. L’idée de départ, partir en quête d’un TARDIS piqué par des pirates de l’espace (sur un background post-western), est originale. Malheureusement elle se conjugue à une intrigue étirée inutilement et dont les principaux acteurs ne sont pas le Docteur et ses compagnons. Si ces derniers sont bien présents, ils n’interviennent pas suffisamment pour être mis en avant comme il se doit et on a souvent l’impression de se retrouver dans un space Opera qui aurait une vie propre hors de la série.

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Les flics interstellaires dégustent un bon café. Pas de donuts au menu.

Un space opera de bonne facture pour l’époque, mais qui cumule des recettes éprouvées de la série à des péripéties qui servent visiblement à combler. Robert Holmes dut délayer son intrigue sur ordre du responsable des scénarios, ce qui handicape principalement le dernier tiers. Milo Clancey, sorte de croisement entre un vieux cow-boy et Super Mario, interprété par un Gordon Gostelow on fire, assure néanmoins le divertissement. Les autres personnages vont du moins désagréable (le capitaine) au décevant (les pirates).

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Milo Clancey, un personnage qui mériterait sa sitcom spin-off

N : 4

IM : 2

6-05 The Seeds of Death

6-05 The Seeds of Death

de Peter Bryant (6 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Nous sommes à la fin du XXIème siècle. Un système de téléportation nommé T-Mat a révolutionné le transport terrestre, mais il a sonné le glas de l’exploration spatiale. Installé sur une base lunaire, le centre contrôlant le T-Mat est soudainement piraté par des ennemis sanguinaires qui n’hésitent pas à supprimer l’officier en charge. Toutes les téléportations terrestres sont coupées, mais les guerriers de glace (qui sont martiens, rappelons-le) comptent bien utiliser la technologie à leur disposition pour s’emparer de la Terre. En l’absence d’astronautes pour rejoindre la base lunaire, le commandant Radnor rend visite à un vieil ami qui détient dans son musée des vieux coucous de l’espace. Par chance, Le Docteur et ses compagnons ont atterri dans ce musée et ils pourront conduire une vieille fusée qui les amènera sur la lune.

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Zoe, Le Docteur et Jamie coiffent Neil Armstrong au poteau, mais pas Tintin

Hiver 1969. A la diffusion de cet arc, le monde a encore la tête dans les étoiles, et plus précisément vers la lune. Apollo 9 va être lancée et le premier homme sur la lune sera pour bientôt. Voir The Seeds of Death dans ce contexte devait être bien différent, et il est assez ironique que le scénario de Peter Bryant perçoive le recul à venir (pour d’autres raisons) de la Conquête spatiale alors que celle-ci battait alors son plein. Comme un clin d’œil à l’air du temps, nous aurons le droit à un pittoresque voyage en fusée vers la lune pour le Docteur et ses compagnons. La partie terrestre est assurée par des acteurs très pro qui savant garder une profonde dignité dans leurs uniformes du futur, la très consciencieuse Gia Kelly (Louise Pajot) en tête. On sent quelques prises de risque payantes dans la réalisation de Michael Ferguson et la musique, bien plus présente, ajoute au sérieux de l’affaire.

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Les guerriers des glatsssses tsssont de retour

Il ne fait pas bon installer des bases sur la lune, mais les êtres humains ont la mémoire courte. Les hommes de glace sont un peu moins banals que lors de leur première apparition, et leur modus operandi qui s’apparente à du terrorisme chimique par téléportation est bien plus intéressant. Les graines de la mort du titre sont les spores de champignons propagés par les hommes de glace aux quatre coins du monde grâce au téléporteur à leur disposition. Spores qui auront pour mission d’absorber l’atmosphère terrienne afin de laisser la place libre aux martiens glacés. Les quatre premiers épisodes développés autour de cette idée sont très réussis. Le reste s’étire un peu, mais ne vient en aucun cas baisser le niveau de cette saison 6.

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Le Docteur et sa phobie des bains moussants

N : 7

IM : 3

6-04 The Krotons

6-04 The Krotons

de Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Sur une planète lointaine, les Gonds vivent depuis un millénaire sous Terre et sous la domination des Krotons, de mystérieux êtres qui vivent cachés dans un vaisseau. Chaque année, les Krotons accordent aux plus brillants cerveaux des Gonds de venir les rejoindre. L’arrivée du Docteur, de Jamie et de Zoe, qui sont témoins du destin fatal réservé à un des élus, va forcer les Gonds à réfléchir sur la dépendance que leur impose les Krotons : interdiction d’étudier certaines sciences, savoir cantonné à ce que leurs « maîtres » veulent bien leur apprendre, esclavagisme volontaire et utilisation du peuple à son profit. Mais l’auto-détermination a son prix, et certains groupes commencent à contester les dirigeants, souhaitant affronter les Krotons sans arme qui pourrait les détruire, quitte à livrer aux affreux le Docteur et Zoe.

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Les Gonds, qui ne vont pas tarder à sortir des leurs

The Krotons est un bon arc S-F, classique mais très agréable à suivre et ne comportant aucun épisode reconstitué. Construit sur un scénario de Robert Holmes (futur pilier de Doctor Who) qui datait de 1965 mais ne put pas être exploité à temps, il exploite correctement l’idée du peuple gardé dans l’ignorance afin de perpétuer une exploitation de celui-ci, et la révolte inévitable lorsque la preuve de l’oppression (ici par l’arrivée du Docteur et ses compagnons) vient à lui. Révolte qui entraîne des tensions internes et l’émergence de plusieurs groupes. Si certains critiques ont comparé l’intrigue aux événements récents de Mai 68, elle demeure universelle, pouvant se plaquer autant au cas des colonies qu’à toute forme de domination contrôlée.

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Les méchants robots en veulent à l’intelligence de Zoe et du Docteur

La nécessité pour les Krotons de transformer l’énergie mentale en énergie pouvant leur servir est une aubaine pour comparer l’intelligence de Zoe et celle du Docteur, les deux jouant à armes à peu près égales, à ceci près que le bon sens ne semble pas être l’apanage de la gamine. Un peu relégué, Jamie poursuit dans son rôle de vaillant compagnon et forme un duo agréable avec Bêta, le scientifique de la station lorsque tous deux découvrent les joies de la chimie. L’acteur Philip Madoc, qui interprète le nouveau meneur Eelek se montre aussi très convaincant. On apprend dans cet épisode que le TARDIS possède un dispositif qui lui permet de se déplacer s’il est attaqué directement par un ennemi.

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Eelek, un rebelle qui ne vous veut pas du bien

N : 7

IM : 4

6-03 The Invasion

6-03 The Invasion

de Derrick Sherwin (histoire de Kit Peddler) (8 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Le TARDIS doit atterrir d’urgence sur Terre, endommagé par des missiles. Le Docteur décide d’en profiter pour rendre visite au Professeur Travers, mais lui et ses deux compagnons se trouvent bientôt liés à une sombre affaire impliquant l’entreprise International Electrics. Tobias Vaughn, son dirigeant, a reçu différents scientifiques qu’il semble retenir prisonnier en ses murs. Parmi eux, le Professeur Watkins qui a pris la suite du Professeur Travers. Tandis que Zoe se lie d’amitié avec Isabel, la fille de Watkins, le Docteur et Jamie enquêtent sur les événements. Ils sont bientôt capturés par des militaires de la UNIT, nouvelle unité spéciale dirigée par le Colonel Lethbridge Stewart, désormais devenu brigadier. Celui-ci leur explique qu’ils surveillent les actes de Vaughn depuis quelques temps, mais tous sont loin de se douter que le grand patron planifie une nouvelle invasion des Cybermen.

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Tobias Vaughn, mégalo de la semaine et nouveau gogo des Cybermen

Sous ce simple titre, le co-créateur des Cybermen Kit Peddler orchestre le retour de nos androïdes dénués d’émotions, épaulé au scénario par le script editor sur le départ, Derrick Sherwin pour un arc qui contient pas moins de huit épisodes, dont seulement deux ont été perdus. Désormais habitués des lieux, les Cybermen veulent prendre d’assaut la Terre en lançant des ondes d’un vaisseau situé derrière la lune. Ils trouvent un allié en la personne de Tobias Vaughn (interprété par Kevin Stoney, le Mavic Chan de Dalek’s Master Plan) qui a déjà prévu de les doubler avec un « mentor cérébral », invention du professeur qui lui permettra de détruire les Cybermen en leur projetant des émotions. Mais comme il est prévoyant, il aimerait bien s’emparer aussi du TARDIS si les choses tournent mal.

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Quand les soldats s’en mêlent, c’est forcément plus musclé !

Cette invasion est surtout la première incursion de U.N.I.T (United Nations Intelligence Taskforce) dans Dr.Who. Menée par le Brigadier, qui leur prêta main forte contre la dernière attaque des Yéti-bot, cette Unité sous la tutelle des Nations-Unies occupera une place de choix dans la série par la suite. The Invasion vit d’ailleurs le jour suite au succès de The Web of Fear, qui conforta la production de la série dans la direction d’un Docteur intervenant à notre époque contre des menaces extraterrestres, schéma qui se développerait dans les saisons suivantes en faisant de UNIT un élément récurrent de la série (au grand bonheur de Nicholas Courteney, interprète du Brigadier) et que Russell T. Davies utiliserait à loisir dans son lancement de la nouvelle série.

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Le Brigadier à l’aube d’une grande carrière dans Doctor Who

Hormis sa position charnière, The Invasion est un arc brillant en ce qu’il permet de tenir son intrigue sur huit épisodes sans tomber dans les pièges des arcs à rallonge des premières saisons. Gageons que les scénaristes auront pu se faire les mains sur d’autres séries à la construction plus carrée, en particulier chapeau melon et bottes de cuir. La première partie se concentre sur la libération des otages du magnat et l’annonce du plan de Vaughn (flanqué de son inénarrable sidekick/chef de la sécurité Packer) tandis que la seconde voit les militaires affronter les armes des Cybermen avec l’aide du Docteur, de Zoe (qui en montre aux hommes au niveau de la maîtrise de l’armement), des russes (!) et en dernier du recours, du magnat lui-même. Le charismatique Brigadier, son capitaine et la jeune Isabel tiennent un beau rôle qui fait même oublier que Jamie est presque totalement absent des dernières parties.

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Une alliance de circonstances se profile pour le Docteur

N : 8

IM : 8

6-02 The Mind Robber

6-02 The Mind Robber

de Peter Ling (et Derrick Sherwin) (5 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur, Jamie et Zoe parviennent à échapper à l’éruption du volcan en actionnant une procédure d’urgence du TARDIS,  mais se retrouvent dans un coin au-delà du temps et de l’espace. Appelés au dehors du TARDIS par des visions leur montrant des images de leur époque respective, Jamie et Zoe sont bientôt rejoints par le Docteur dans un univers de vide. Puis le vaisseau temporel explose et les voyageurs se retrouvent dans une étrange forêt faite de mots et rencontrent des personnages de fiction. Ils sont à la merci du Maître, sorte de grand scénariste qui contrôle la dimension où ils ont atterri et qui souhaite faire du Docteur son successeur.

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Zoe en pose sexy, s’accroche aux commandes après l’explosion du TARDIS

The Mind Robber est un arc exceptionnel, de par la nature fantastique de son histoire, mais aussi par son originalité. Il rappelle autant l’épisode The Celestial Toymaker que le celui consacré au Dreamlord dans la nouvelle série, en bien plus surprenant et débridé que ces derniers. Peter Ling, aidé du script editor – superviseur des scénarios – du moment Derek Sherwin, donne vie à un univers poético-onirique qui menace de transformer le Docteur et ses compagnons en des personnages de fiction si jamais ils se comportent comme le script du Maître (rien à voir avec le Timelord qu’on connaît) le prédit. Une bonne idée parmi d’autres qui rendent cet arc méta particulièrement délicieux, au point qu’il ne dépareillerait pas face aux concepts de la période Moffat. Est-ce un hasard si on y assiste pour la première fois à l’explosion du TARDIS, comme lors de la première saison d’Eleven ou bien si on y rencontre un minotaure ?

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Le Docteur vs le Maître dans une grande scénariste battle.

L’arc, dont les épisodes sont réduits à 18 minutes (mais sans épisode perdu!) , réserve en outre un suspense haletant tenu sur quatre épisodes. Il permet aussi à Jamie d’acquérir un nouveau visage à cause de l’incapacité du Docteur à le reconstruire correctement lors d’un puzzle imposé. Les apparitions de personnages de légende comme Gulliver, Raiponce ou un super-héros du début des années 2000 que connaît bien Zoe (mais pas nous !) relèvent encore un peu la sauce. La nouvelle compagne montre une fois de plus son utilité dans la résolution de problèmes, ce qui la met en concurrence avec le Docteur. Mais celui-ci a également de quoi faire dans un duel final par personnages interposé entre lui-même et le maître. L’arc se termine encore une fois par un cliffhanger, nos voyageurs ne sachant pas si ils seront réintégrés dans le TARDIS ou plongés dans l’oubli.

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Jamie et Zoe deviennent littéralement des personnages de fiction

N : 9

IM : 6

Saison 6 (1968-1969) / 6-01 The Dominators

6-01 The Dominators

de Norman Ashby (Mervyn Haisman & Henry Lincoln) (5 épisodes)

Réalisation : Morris Barry

Le Docteur pense emmener Jamie et Zoe vers des vacances bien méritées sur la planète pacifique Dulkis, mais le groupe découvre que la zone est radioactive. Elle est conservée par les dulciens comme une sorte de mémorial contre la guerre. Le fils du Grand Directeur, Cully débarque sur la planète avec des amis, qui sont aussitôt supprimés par de mystérieux visiteurs. Accompagnés de robots tueurs, les Quarks, les visiteurs comptent alimenter leur réacteur et n’hésitent pas à prendre comme esclave les hommes qu’ils considèrent inférieurs. L’un d’entre eux n’hésite pas à les tuer de sang-froid. Tandis que Zoe et Cully partent demander de l’aide sur la planète mère, Le Docteur et Jamie sont kidnappés par les visiteurs / dominateurs et sont obligés de ruser pour garder la vie sauve.

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Les Dominateurs, prêts à prouver que les hippies ont tort

Un bon début de saison avec cet arc complet, sans aucune partie reconstituée, qui comprend un épisode de moins que les arcs de la saison dernière. L’intrigue est mieux répartie et on prend nettement plus de plaisir à la suivre. La jeune Zoe fait son baptême du feu en tant que compagne et se trouve, comme elle l’avait été dans l’épisode précédent, suffisamment intelligente pour évaluer les situations et se dépêtrer des ennuis qu’elle rencontre. Elle rappelle en plus mesurée la jeune Vicki, qui venait aussi du futur, ce qui fournit un équilibre agréable au groupe, qu’on avait pas ressenti depuis le départ de Steven.  Zoe et Jamie forment tour à tour un bon duo avec Cully (Arthur Cox), le fils aventureux du directeur de la planète. Le jeune écossais, qui a grandi dans les batailles ne comprend pas le refus de combattre des Dulkis et donne beaucoup de lui-même dans cette aventure.

ImageLe nouveau trio de choc de Doctor Who

Bien peu dans l’air de son temps, the Dominators traite des dangers d’un pacifisme total, et en particulier de la nécessité de conserver un œil sur l’extérieur et une armée qui puisse permettre de se défendre en cas de menace. Ainsi lorsque le plus gradés des dominateurs vient réclamer des esclaves sur la planète Dulkis, le Conseil ne peut rien faire qu’acquiescer. Dans la même veine « réaliste », le Docteur se permet même de faire le coup de l’arroseur arrosé aux bellicistes à la fin de l’arc, ne faisant rien de moins qu’exploser leur vaisseau avec leur propre bombe. Etonnant. Mais Patrick Troughton est tellement à l’aise avec son personnage qu’il ferait passer n’importe quelle pilule, se permettant de jouer au parfait crétin (avec brio) face aux dominateurs pour ne pas éveiller les soupçons. A noter que The Dominators est signé du duo Heisman / Lincoln, les pères des Yéti-Bot, qui connurent des déboires avec la production de la série à cause du ton trop satirique de l’arc, au point de se voir réécrire les deux derniers épisodes et de se faire limoger. Les deux scénaristes refusèrent au final de se faire créditer sous leur nom.

ImageDeux non-violents face à un méchant Quark

N  : 7

IM : 4

5-07 The Wheel in Space

5-07 The Wheel in Space

de David Whitaker et Kit Pedler (6 épisodes)

Réalisation : Tristan DeVere Cole

Débarqués dans un vaisseau spatial et obligés d’y rester suite à une panne du TARDIS, le Docteur et Jamie constatent vite que les lieux sont déserts. Suites à des mésaventures avec un robot hostile, le Docteur tombe inconscient et ils sont récupérés par une station spatiale en forme de Roue. L’équipage de la station souhaite détruire le vaisseau fantôme mais Jamie les en empêche pour préserver le TARDIS. Bientôt des œufs éclosent pour donner naissance à des Cybermen (?!) qui sont bien décidés à prendre le contrôle de la Roue de l’Espace afin de mener à bien leur habituelle croisade pour contrôler la Terre.

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Le Docteur et son fidèle Jamie, orphelins d’un second compagnon (plus pour longtemps)

Cette saison 5 aura pâti de son uniformité : Longueur égale (et trop longue) de tous les arcs et absence d’alternance entre épisodes historiques et épisodes S-F, ces derniers ayant pris le contrôle de la série. Elle se termine avec un arc spécial cybermen très classique dans son déroulement et sans véritable surprise. Après l’épisode archéologique qui faisait montre d’un peu d’originalité, on pouvait s’attendre à une meilleure utilisation de la menace cybermen. La personnalité des membres de la station et leur réaction face au danger des robots humanoïdes est le principal intérêt de ses six épisodes, dont un se déroule sans le Docteur.

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Un nouveau lieu, un équipage suspicieux. La routine…

Parmi les membres de la station il y’a Zoe, une sorte de calculatrice humaine que ses collègues accusent d’être dénuée d’émotions. Ses rapports avec Jamie se placent aussitôt sur le créneau de la taquinerie lorsqu’elle s’amuse qu’il soit habillé comme une fille (et oui, Jamie n’a pas lâché son kilt) ou qu’elle joue avec sa méconnaissance des fonctions d’un magnétophone. La gamine n’hésite pas à se cacher dans le TARDIS pour embarquer avec le Docteur et Jamie à la fin de l’aventure, et on imagine que malgré les mises en garde du Docteur (qui permet de caser un épisode avec les Daleks), elle n’hésitera pas à les accompagner pour la saison 6 à venir. Un choix à contre-courant du naturel de Victoria Waterfield.

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Les Cybermen farceurs vont faire sursauter Zoe. Hihi.

N : 4

IM : 5

…Un sympathique amuse-bouche pour la saison 6.

5-06 Fury from the Deep

5-06 Fury from the Deep

de Victor Pemberton (6 épisodes)

Réalisation : Hugh David

Sur une plage proche de leur lieu d’atterrissage, Le Docteur, Jamie et Victoria se prennent une charge de fusil tranquillisant après qu’ils aient été trop curieux concernant le bruit venant d’un pipe-line. Ils sont amenés dans un centre d’exploitation du gaz qui est le théâtre d’étranges maux liés à des échantillons d’algues et d’une rencontre de Victoria avec un être à tentacules. Il se trouve que le gaz produit par les algues contrôle l’esprit des gens. Ainsi le chef de la station, Robson, et la femme d’un technicien, Maggie Harris, se font contaminer et se retrouvent sur une plage. Pendant ce temps, le Docteur et ses compagnons tentent de résoudre la situation, mais l’algue a des amis parmi le staff des lieux.

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Le K.O par mauvaise haleine. Une scène incroyablement wtf.

Une volonté supérieure qui contrôle les esprits, une matière visqueuse, un décor unique sur la moitié de l’arc. On repart sur les mêmes bases que l’épisode dans le métro. La première partie de Fury from the Deep est longue et laisse présager de 6 épisodes reconstitués qui sentent le gaz. Heureusement dès la possession de Robson, on prend un peu l’air frais pour vivre notamment un nouvel enlèvement de Victoria et une folle course dans un hélicoptère conduit par le Docteur. Et au final, l’affrontement d’une belle pieuvre venue des profondeurs vaincue par le simple cri de Victoria vient conclure sur une belle note son dernier arc dans la série.

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Le Docteur et ses compagnons sur la plage où un tournevis sonique fut utilisé pour la première fois

Car c’est déjà la fin de l’aventure pour la jeune Victoria, qui passe le plus clair de son temps de présence de l’arc à  signifier à Jamie qu’elle aimerait vivre une vie calme et rangée, loin des voyages périlleux de ses amis. Elle trouvera le courage de rester avec les Harris et la séparation d’avec Jamie sera bien émouvante. La raison du départ : Deborah Watling n’a tout simplement pas accepté de renouveler son contrat sur la série.

 

Bye Victoria Waterfield  😦

N : 5

IM : 5

La totalité de Fury from the Deep fut détruite par la BBC au milieu des années 70.  Néanmoins quelques extraits survécurent : ainsi le début de l’épisode où le TARDIS se pose sur l’eau a été réutilisé pour la dixième partie de « The War Games ». D’autres passages du premier épisode conservés pour cause de censure à l’étranger furent découverts en Australie et rendus à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Parmi ces passages on retrouve la scène d’agression de Maggie Harris par Oark et Quills, le meurtre d’un garde par Robson et la mort de Van Lutyens. En juillet 2003, 3 minutes 20 de la partie 6 furent découvert dans les archives de la BBC par Andrew Martin. Il s’agissait de rushs de la bataille finale entre le Docteur et la créature d’algue. Depuis le 14 septembre 2020, l’intégralité de l’arc est disponible en animation avec les audios d’origine.

5-05 The Web of Fear

5-05 The Web of Fear

de Mervyn Heisman et Henry Lincoln (6 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Salamander est vaincu, mais le TARDIS se retrouve coincé dans l’espace par une étrange substance. Parvenant à s’échapper, Le Docteur, Jamie et Victoria apparaissent dans le métro londonien quarante ans après le retour du Professeur Travers du Tibet avec le costume…heu la dépouille d’un Yeti-Bot. Mais une sphère de contrôle a réactivé le Yeti et bientôt, la même substance qui retint le TARDIS prolifère dans le métro. Une équipe de militaires tente de faire exploser le tunnel du métro pour éradiquer cette toile, mais les Yeti-Bot désactivent la bombe (…). Les militaires capturent Jamie et Victoria, qui finissent par rencontrer le Professeur Travers et sa fille (pas la vraie, car rappelons-le l’interprète de Travers est le papa de Deborah Watling), et le Docteur disparaît dans le métro.

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Le Professeur Travers encore une mauvaise passe

Le duo Heisman / Lincoln est de retour avec les Yeti-Bots, upgradés dès leur deuxième apparition comme le furent les cybermen. Mais ils n’en sont pas plus effrayants, même pourvus d’un hurlement caractéristique et tout bullet-proof qu’il sont. En dehors de leur écosystème, les Yétis apparaissent encore plus comme une faute de goût . Mais qui dit Yeti-Bot dit Grande Intelligence, qui remet le couvert pour une nouvelle tentative de devenir le gros big bad post-Dalek de la série. L’entité manipulatrice est d’abord intéressée par le chaos dans Londres, puis par Travers et enfin par l’esprit du Docteur.

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Les Yeti Bot 2.0, une certaine idée de l’horreur dans le métro

Les poursuites à répétition dans le métro et les scènes à la surface plaident encore une fois pour un retour à des arcs à quatre épisodes, les six-parter de cette saison 5 ayant en commun un gros problème de rythme, qui passe d’autant moins que contrairement à la première saison, presque tous les épisodes sont ici reconstitués. Il y’a pourtant de bonnes idées, comme celle de faire revenir le Professeur Travers et de le confronter quarante ans plus tard à ceux qu’il avait connu au Tibet. Ainsi peut-on enfin voir les voyages du Docteur et de ses compagnons du point de vue d’une existence humaine normale. Les scénaristes jouent plutôt habilement sur la paranoïa suscitée par la capacité de contrôle d’esprits de la Grande Intelligence. Et puis le Docteur rencontre dans cet arc le colonel Lethbridge Stewart (Nicholas Courtney, qui jouait Bret Vyon dans The Dalek’s Master plan), qui deviendra un personnage important dans le futur.

505D

Le colonel Lethbridge Stewart, futur Brigadier

N : 5

IM : 6

Seul le premier épisode fut conservé par la BBC. Quelques secondes de l’épisode furent découvertes en Australie et rendus à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Il s’agissait une nouvelle fois des parties censurées pour leur violence. Le 11 octobre 2013 la BBC mit à disposition sur iTunes l’intégralité de 5 des 6 épisodes suite à la découverte de copies au Nigeria. Il ne manque plus que l’épisode 3. Le 23 novembre 2020, la BBC annonce que cette partie manquante sera bientôt disponible en version animée avec les bandes audios d’origines.