5-04 The Enemy of the world

5-04 The Enemy of the world

de David Whitaker (6 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

Le Docteur dans une histoire d’espionnage. C’est pas banal. Atterrissant sur une plage au début du XXIème siècle, les trois voyageurs sont poursuivis par des gens qui cherchent à les tuer. Secourus par Astrid, une femme dans un hélicoptère, ils sont conduits chez Giles Kent. L’homme explique que Le Docteur est le parfait sosie de Salamander, un scientifique qui a réussi à contrôler les rayons solaires pour supprimer la faim dans le Monde, mais qui cherche désormais à s’accaparer le pouvoir sur les « Zones Unies ». Kent et Astrid souhaitent utiliser le Docteur pour cumuler des preuves contre Salamander, mais le chef de sa sécurité Donald Bruce veille au grain. Alors que Jamie et Victoria parviennent à entrer au service du sosie du Docteur, celui-ci révèle des intentions secrètes encore plus inavouables.

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Patrick Troughton en Salamander. Le grand + de cet épisode

Présent depuis les débuts de Doctor Who (le troisième épisode au sein du TARDIS, c’était déjà lui !), David Whitaker amène le Docteur vers des horizons un peu plus politiques avec plus ou moins de réussite. Le gros plus de cet arc et d’avoir permis à Patrick Troughton, comme William Hartnell auparavant, de jouer un autre rôle dans la série. Salamander est le double négatif du Docteur, vile et calculateur, qui n’hésite pas à tuer ses opposants et à enfermer de pauvres gens pendant des années en leur mentant. Les pauvres servent à provoquer des catastrophes naturelles et servant les intérêts de l’intrigant. Troughton excelle dans ce nouveau registre, mais Jamie et Victoria, très vite emprisonnés, sont réduits à quantité négligeable sur la moitié de l’arc.

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la rebelle Astrid et son hélico

L’intrigue est suffisamment soutenue dans sa première partie. On tombe ensuite dans le piège de l’étirement inutile. Les activités souterraines des reclus de Salamander sont peu crédibles (et surtout peu expliquées), le peu de personnes impliquées dans les événements choque un peu eut égard à la renommée de Salamander (c’est pas pire que dans Alias mais bon…) et on aurait aimé que les personnages soient un mieux dessinés, à l’image de Donald Bruce et de la rebelle Astrid. Nous avons néanmoins le droit, à défaut de taupe, à un beau twist final sur la personne de Kent et à un affrontement dans le TARDIS entre le Docteur et Salamander.

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Kent n’est pas content, mais-est-ce pour les raisons qu’on croit?

N : 6

IM : 3

Seul l’épisode 3 de l’arc fut conservé par la BBC. Il n’existait même pas de telesnaps pour la quatrième partie. Le 11 octobre 2013 la BBC mit à disposition sur iTunes l’intégralité des 6 épisodes restaurés suite à la découverte de copies au Nigeria.

5-03 The Ice Warriors

5-03 The Ice Warriors

De Bryan Hayles (6 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans un futur lointain où la pollution a entraîné une nouvelle ère glaciaire. Sur une base contrôlée par le commandant Clent, des humains survivent en faisant fondre les icebergs qui les menacent. Lors d’une expédition, ils découvrent un homme à l’allure de guerrier prisonnier de la glace. Le guerrier, un Martien nommé Varga, ne tarde pas à se réveiller et prend Victoria en otage. Le Docteur parvient à acquérir la confiance du groupe qui ne jure pourtant que sur la science logique de l’ordinateur de bord, et il leur propose son aide face à la menace. Mais cela sera-t-il suffisant face à la libération des potes de Vargas de leur prison de glace ?

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Ice ice Baby…

La réponse est oui, Ils ont à faire au Docteur après tout. Mais pour arriver à cette victoire, il faudra enquiller six épisodes arythmiques et longs (dont pourtant seulement deux sont reconstitués). L’intrigue est étirée, les décors sont minces, le scénario est confus et les personnages secondaires peinent à convaincre (sauf Penley et Clent). Heureusement le Docteur, Jamie et Victoria suscitent assez de sympathie pour permettre de suivre l’histoire sans trop piquer du nez. Coté ennemis, Brian Hayles rameute des martiens peu commodes (ils tuent ceux qui leur sont inutiles) au costume un peu plus convaincant que celui des Yétis robots mais qui se prennent visiblement pour des serpents, ponctuant leurs phrases d’insupportables ssss. Dans un monde infernal, on les imagine donner la réplique à cet ordinateur omniscient à la voix saccadée et malade.

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Le commandant Clent et sa devise :  OK computer.

Le final a son intérêt, dévoilant un équipage maladivement dépendant de l’ordinateur qui ne trouve secours que dans la responsabilité prise par Penley. Entre temps, on se dit que revenir à des arcs sur quatre épisodes serait une bonne idée.

N : 3

IM : 3

L’arc fut longtemps considéré comme totalement perdu. Néanmoins, des copies 16 mm de la première partie ainsi que des parties 4 à 6 furent découvertes dans une propriété de la BBC dans le quartier d’Ealing, en 1988, à l’issue d’une restauration.

5-02 The Abominable Snowmen

5-02 The Abominable Snowmen

de Mervyn Haisman et Henry Lincoln (6 épisodes)

Réalisation : Gerald Blake

Le Docteur est de retour dans un monastère tibétain qu’il avait quitté 300 ans auparavant pour rapporter une de leurs reliques qu’il conservait : le Gantha. Mais il est vite accusé du meurtre de l’assistant de  Travers, un anthropologue hébergé au Monastère. Le Docteur est emprisonné par Khrisong, le chef de la communauté. Bientôt réhabilité par le grand maître du Monastère, Padmasanbavha, lui et ses compagnons devront affronter de mystérieux Yétis robots manœuvrés à distance par le mystérieux personnage.

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Le Yéti-Bot. Si vous n’avez pas peur, on ne vous en veut pas.

The Abominable Snowmen est un épisode au rythme étrange, qui peut rebuter dans sa première partie en ce qu’il emprunte aux épisodes historiques de la saison 1 : autochtone suspicieux envers l’étranger, confusion qui coince le Docteur et ses compagnons. Mais une fois évacué le différend opposant le Docteur et Khrisong, l’intrigue peut se concentrer sur les étranges Yéti-bots, créatures assez laides qui semblent semer la terreur dans les environs depuis un bail. La manipulation à tiroir est bien orchestrée. Le Maître des lieux, qui connut le Docteur à sa dernière venue, manipule son prêtre (par l’hypnose) et les Yéti-Bots (par des figurines sur un plateau) tandis que le prêtre tient en son pouvoir la Communauté. Mais personne ne soupçonne que le Grand-Maître est lui-même manipulé par la Grande Intelligence, entité extra-terrestre qui le force à rester en vie depuis tout ce temps. La même entité que Moffat utilisera dans la saison 7 du relaunch ?

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Maître du Monastère, mais pas de lui-même…

La production du show est en pleine mutation, et l’apparition de ces affreux Yétis est à l’origine une tentative de remplacer les Daleks qui ne peuvent plus apparaître dans la série pour une question de droits (Terry Nation préparait un spin-off avec sa création). Difficile d’être effrayé par ce lointain ancêtre des Ewoks à forme de poupée russe et au déplacement peu sûr. On apprécie néanmoins l’atmosphère de cet épisode, le jeu de Patrick Troughton (toujours aussi parfait) et les deux compagnons. Kilt Jamie poursuit dans la veine du pré-Luke Skywalker, prêt à sauver sa Victoria à chaque occasion. Deborah Watling est toujours aussi charmante et en peu d’épisodes, elle réussit à s’imposer au sein des intrigues. Elle invite même son papa dans cet épisode, l’acteur Jack Watling, qui incarne le Professeur Travers.

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N : 7

IM : 6

Seule la deuxième partie de l’arc fut conservée dans les archives de la BBC. Cette deuxième partie comporte toutefois une légère erreur de son lorsque le Docteur examine le Yéti. Une erreur qui sera corrigée plus tard sur les restaurations des copies de l’épisode en recollant d’autres bouts de phrases prononcées par Patrick Troughton durant la série.

Saison 5 (1967-1968) / 5-01 The Tomb of the Cybermen

5-01 The Tomb of the Cybermen

De Kit Pedler et Gerry Davies (4 épisodes) 

Réalisation : Morris Barry

Planète Telos. Une équipe d’archéologues menée par le Professeur Parry a pour but de retrouver les vestiges des Cybermen disparus il y’a 500 ans. Tentant d’ouvrir un tombeau, ils croisent le Docteur, Jamie et Victoria. Les trois se voient obligés de suivre l’expédition, qui n’est pas composé que de scientifiques désintéressés. La financière de l’expédition, Kaftan et son accompagnateur Klieg, font secrètement partie d’une fraternité des logiciens et leur but est de contrôler les cybermen. Lors de leur visite du tombeau, l’équipée découvre une pièce avec des cybermen cryogénisés qui n’attendaient plus que des êtres intelligents (mais aussi assez stupides) pour les réveiller selon leur plan. Mais comme on commence à s’en rendre compte, il est plus difficile de contrôler un cyberman que de le réveiller.

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Le Docteur fait visiter son bolide à la jeune Victoria. Un vrai tombeur !

Victoria est gâtée ! Après avoir rencontré le Docteur et Jamie lors d’une aventure avec les Daleks, la voilà confrontée aux Cybermen, qui sont un peu les nouveaux Daleks de la série. Trois apparitions en moins d’une saison ! Les robots humanoïdes restent fidèles à eux-même. Aidés de cybermats, ces petits robots rampants que l’on voit encore dans la nouvelle série, ils bénéficieront une nouvelle fois d’humains assez crétins pour être manipulés. Si les premières apparitions des Cybermen font toujours leur effet et le coté archéologues pilleurs de tombes renouvelle le schmilblick, le souffle retombe assez vite pour laisser un dernier épisode peu passionnant. Il est toutefois bien agréable de se retrouver sur le premier épisode complet ALLELUIA! avec le deuxième Docteur.

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Les cybermen se libèrent de leur prison de glace. Merci aux humains crétins…

L’arrivée de la nouvelle compagne nous permet de connaître enfin l’âge du Docteur, environ 450 ans et de l’entendre évoquer sa planète et sa famille, tandis que Victoria a encore du mal à encaisser la mort de son père à la fin de la saison dernière. Bien qu’inexpressive, ce petit brin d’anglaise de l’époque victorienne se montre très active et plutôt attachante. Sa répartie envers les hommes qui veulent la laisser de coté, particulièrement envers le capitaine Hopper, laisse augurer des aventures plus sympathiques que celles de Ben et Polly. Kilt Jamie, qui trimballe toujours son air naïf de pré-Luke Skywalker continue de prendre de l’assurance et Patrick Troughton reste parfait. Un début de saison satisfaisant en somme.

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N : 6

IM : 6

4-09 The Evil of the Daleks

4-09 The Evil of the Daleks

De David Whitaker (7 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

Les Chameleon sont terrassés mais le TARDIS a disparu, enlevé par Edward Waterfield, un amateur d’art. Piégés par l’homme, Jamie et le Docteur se matérialisent en 1866, dans la demeure de Maxtible, l’associé du dérobeur. Les deux hommes ont été forcés d’enlever le TARDIS par les Daleks, qui ont enlevé Victoria, la fille de Waterfield. Las de se voir sans cesse vaincu par les humains (et le Docteur accessoirement), les Daleks souhaitent isoler le facteur humain et se l’injecter pour devenir invincibles. Ils comptent pour cela sur l’aide des deux savants, du Docteur et de Jamie. L’écossais sera le cobaye qui leur permettra de capter le précieux facteur humain.

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Waterfield, Maxtible et le Docteur. C’est l’ordure qui a la plus belle barbe.

Pour finir cette première saison du deuxième Docteur, presque entièrement reconstituée, rien de tel que le retour des grands ennemis, et sur un arc de 7 épisodes (dont un seul a été retrouvé). C’est le dernier épisode Dalek des années 60. Tant mieux, il faut savoir passer à autre chose ! Evil of the Daleks a le mérite de mettre le coup de projecteur sur Jamie, humain au grand coeur qui n’hésite pas à voler au secours de la belle Victoria Waterfield et à fraterniser avec un ennemi pour s’en faire un allié. L’écossais en vient même à questionner les agissements du Docteur et à lui dire ses quatre vérités, ce qui présage du mieux pour l’avenir. Jamie est sélectionné par les Daleks pour être un humain spécial (le voyage temporel rend le voyageur particulier, on retrouvera cela dans la nouvelle série) mais on apprend que le Docteur n’est plus un humain car il a trop voyagé dans le temps. Aurions-nous oublié que le Docteur est un E.T ? Pas du tout. Le Docteur parle de son monde lors de cet arc : « Une planète lointaine ».

ImageVictoria vole vers son destin de compagne du Docteur

Le fieffé Maxtible, qui en plus de ressembler à Karl Marx, a conclu un pacte avec les Daleks pour pouvoir convertir le métal en or (le malheureux), représente un tout autre pendant de l’être humain. L’originalité de l’arc réside dans la capture de l’essence des humains et des Daleks. L’hybridation engendrée par la mise à l’épreuve de Jamie permet à trois Daleks d’acquérir des caractéristiques humaines, préfigurant le Daleks in Manhattan de l’ère Tennant. Ainsi trois Daleks sympathiques recevront des noms du Docteur et deviendront ses amis ! Les sept épisodes sont plus ou moins faciles à digérer, présentant l’avantage de ne pas se perdre dans le nawak des derniers Terry Nation. La dernière partie qui voit les Daleks revenir sur Skaro (une première depuis le deuxième épisode de la série), puis projeter d’implanter le facteur Dalek dans la population humaine entière est un peu brouillonne, mais nous aurons le plaisir de découvrir pour la première fois l’empereur Dalek. A l’issue de l’aventure, Victoria Waterfield embarque dans le TARDIS après que son père se soit sacrifié pour sauver la vie du Docteur.

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Le Dalek tunné.

N : 7

IM : 8

La partie six fut effacée en août 1968 et la partie sept en septembre 1969. Pendant longtemps cet arc fut considéré comme perdu. En 1987, un enregistrement de la seconde partie de l’épisode fut retrouvée lors d’un vide grenier. En 2004, quelques secondes furent retrouvées, ainsi qu’un petit making-of nommé « The Last Daleks » et montrant les plans de maquettes simulant la bataille entre les Daleks et l’Empereur Dalek.

4-08 The Faceless ones

4-08 The Faceless ones

De David Ellis & Malcom Hulke (6 épisodes)

Réalisation : Gerry Mill

1966. Londres. Le TARDIS atterrit sur le tarmac de l’aéroport de Gatwick. Alors que le Docteur et ses compagnons sont poursuivis par la sécurité, Polly est témoin du meurtre d’un inspecteur par un étrange pistolet laser. L’homme enquêtait sur de mystérieuses disparitions ayant un lien avec les vols de la compagnie aérienne Chameleon. Bientôt, elle est kidnappée (et Ben un peu plus tard) par le personnel de la compagnie, ou du moins ce qui en ressemble. Celle-ci a été noyautée par des extraterrestres sans visage qui volent l’aspect physique du personnel afin de servir un funeste plan qui passe par l’enlèvement des passagers qui prennent place dans les avions. Mais le Docteur, Jamie et leurs nombreux alliés veillent.

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Le Docteur face à un commandant qui a un peu trop les pieds sur Terre

Un six-parter, cela faisait longtemps, et nos deux scénaristes en charge se débrouillent très bien à cet exercice dorénavant inhabituel. The Faceless ones est même le meilleur épisode de cette saison, coiffant au poteau les Cybermen. L’histoire est originale, elle manie habilement la tension, l’étrange (les passagers qui disparaissent de leur siège brrr), la paranoïa inhérente au vol des corps ainsi que le dévoilement progressif des plans des E.T ennemis. La dernière partie, qui voit le dévoilement de ceux qui oeuvraient à couvert, l’arrivée du Docteur dans le vaisseau E.T et la recherche des corps originaux est un modèle de suspens.

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Kilt Jamie, Samantha et le DCI Crossland en attente d’un vol dangereux

Mais le meilleur est encore la gestion des personnages. David Ellis et Malcom Hulke, selon le souhait de la production, abandonnent vite Polly et Ben, destinés à quitter la série à la fin de l’arc. Ils évitent ainsi de trop se disperser, se permettant même d’introduire une compagne potentielle en la personne de l’énergique Samantha (l’actrice refusera la proposition de la production). Le commandant de l’aéroport, son assistante, le DCI, l’infirmière, le personnel « Chameleon » de la compagnie. Chacun est suffisamment bien écrit et interprété pour prendre un vrai plaisir à suivre l’intrigue, en dépit de quatre épisodes reconstitués. Les mauvaises intentions des E.T seront au final contrariées par un bon travail collectif. De leur coté, Polly et Ben choisiront de rester en 1966, car ils viennent de là (pour ceux qui ne suivent plus). Une initiative heureuse pour deux compagnons qui n’auront jamais réussi à s’imposer, et une aubaine pour enfin se concentrer sur Jamie l’écossais.

Goodbye Polly et Ben!

N : 8

IM : 6

Seuls les épisodes 1 et 3 des bandes originales de The Faceless Ones furent retrouvées. Néanmoins, quelques passages d’une totalité de 14 secondes furent retrouvés en Australie : L’inspecteur Gascoigne se faisant tuer par Spencer, un bras extraterrestre sortant d’un bureau et quelques plans des hommes sans visages. Le 16 mars 2020, l’arc est entièrement disponible en animation avec les audios d’origine.

4-07 The Macra Terror

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : John Davies

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans le futur sur une planète colonisée par des humains. Après avoir arrêté un fugitif, ils sont conduits à la base de ces colons qui font d’étranges numéros musicaux avec des majorettes (wtf ?!) et se voient dicter des ordres et des messages d’encouragement par le Contrôleur, sorte de Big Brother en plus jeune. Sauf qu’ici nous ne sommes pas dans un monde austère, mais un monde de plaisirs et de loisirs. Les visiteurs ne tarderont pas à découvrir que derrière le vernis se cache une vérité autrement plus honteuse, et que le Contrôleur est l’outil d’insectes despotes, les Macras.

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Des majorettes. Pas très futuriste tout ça…

The Macra Terror est un épisode avec de bonnes idées, dont l’exécution est pourtant loin d’être à la hauteur. Le monde futuriste est banal, les bestioles ne terrifient pas particulièrement, les rebondissements sont dans la routine de la série. Autant dire qu’on s’ennuie ferme, on aimerait que ça passe plus vite et que les enjeux exposés et les problèmes que l’hypnose des macras apporte au groupe du Docteur soient traités plus frontalement. La plus grande surprise de The Macra Terror, c’est encore son nouveau générique qui signifie, s’il en était encore besoin que le deuxième Docteur is in da place.

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Ben n’est pas le seul espoir des neuneus. Heureusement.

Au niveau des personnages, Patrick Troughton fait encore une fois la moitié du boulot. On est cependant amusés de voir Ben et son esprit faible tomber à pieds joints dans le piège de l’hypnose qu’il avait contourné lors de son premier épisode et de voir Polly manifester pour Jamie autre chose que de la compassion pour un être moins évolué. Jamie semble bien plus impliqué que les compagnons du présent, ce qui lui permet de sortir un peu de son rôle de gentil écossais bien brave, mais il nous improvise tout de même des danses de son pays (qui ne seront pas reconstituées pour le coup). Hihi.

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Big Brother tel que le voient une bande d’insectes

 

N : 3

IM : 4

Aucune partie complète des bandes originales de Macra Terror ne furent retrouvées. Néanmoins, quelques minutes de l’arc censurés à l’étranger ont pu être retrouvés en Australie et rendus par Damien Shanahan en 1996. Ces quelques passages montrent Ben se battant contre les Macras ou bien Jamie face à eux.

4-06 The Moonbase

4-06 The Moonbase

De Kit Pedler (4 épisodes)

Réalisation : Morris Barry

2070. Le Docteur et ses trois compagnons débarquent près d’une station menée par des scientifiques et construite pour réguler la météo sur Terre. Jamie se blesse en faisant l’idiot et ils sont transportés vers la station. Jamie tombe aussitôt malade, souffrant du même mal que d’autres membres de l’équipe de la base. Le Docteur doit vite prouver que lui et les siens ne sont pour rien dans l’infection, et pour cause, les cybermen ont provoqué ça et ils viennent faire le ménage pour récupérer les corps un à un.

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We could live together. Walking on the moon.

L’équipage en t-shirt de la station lunaire est plutôt convaincant, et comporte même un français ! Le très sérieux Benoît interprété par André Maranne (le sergent Chevalier dans les panthère rose). Le Chef Hobson est solidement interprété par Patrick Barr. L’épisode a pour lui de mieux utiliser les compagnons, évitant le Patrick Troughton show dans lequel se noyaient les précédents (la récolte des échantillons sur les types de la base demeure hilarante). Les superstitions de Jamie sont mises en avant un peu maladroitement par l’entremise d’un joueur de cornemuse fantôme qui apparaît aux McCrimmon à leur mort et avec qui il confond les cybermen. On n’hésite également pas à lui faire porter le kilt ! Les petites attentions de Polly pour l’écossais, et sa capacité à servir le café dans les situations difficiles la rendent plus humaine et Ben a quelques interactions qui l’éloignent de l’action man des précédents épisodes.

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Un cyberman adepte des hôpitaux

Les expéditions lunaires (l’épisode est diffusé en 1967) semblent contribuer à créer une volonté de vraisemblance scientifique dans l’utilisation de la gravité (pour combattre les cybermen) et sur d’autres détails. Deuxième arc avec les cybermen, the moonbase voit déjà évoluer leur aspect physique, couvrant de métal ce qui était un costume. Paradoxalement, le cyberman fait moins d’effet, même si certaines scènes produisent leur ambiance, notamment la récupération des malades, transportés par les robots comme de vulgaires sacs. The Moonbase est à moitié reconstitué, ce qui en fait pour le moment l’épisode le plus complet avec Patrick Troughton.

N : 6

IM : 7

 La BBC n’a plus que les parties 2 et 4 de l’arc. Les deux autres épisodes ont été reconstruits en animation.

4-05 The Underwater Menace

de Geoffrey Orme (4 épisodes)

Réalisation : Julia Smith

Le premier voyage de Jamie l’écossais sera sous la mer, aux côtés des Atlantes (habitants d’Atlantis). Arrivés sur une île volcanique, les quatre sont capturés par le peuple perdu, conduits dans les profondeurs, puis promis au sacrifice pour le dieu Amdo. Le Docteur parvient à les sauver en rusant auprès du Docteur Zaroff, étrange scientifique qui se révélera au final bien plus fou que les obscurantistes. Promettant aux Atlantes de faire remonter Atlantis à la surface de la Terre, il souhaite drainer l’eau de l’océan vers le noyau interne de la planète, ce qui mènerait à sa destruction. Le Docteur est bien décidé à prévenir les prêtres pour empêcher le massacre. Pendant ce temps, Jamie et Ben sont conduits aux mines avec d’autres naufragés et Polly manque de se faire transformer en femme poisson…

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Un arc au trois quart reconstitué qui donne la possibilité de confirmer la finesse du jeu de Patrick Troughton. Il trouve un adversaire particulièrement retors en la personne du Dr. Zaroff, scientifique fêlé et fourbe qui n’hésite pas à tirer dans le dos de ses ennemis ou à simuler une crise cardiaque pour les poignarder ensuite, et aussi à crier « PLUS RIEN NE POURRA M’ARRETER MAINTENANT. HAHAHAHA ». On l’aura compris, Joseph Furst ne fait pas dans la dentelle mais l’arc se laisse suivre sans déplaisir.

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-PLUS RIEN NE POURRA M’ARRETER MAINTENANT. HAHAHAHA !!!!

Il est dépaysant de se retrouver parmi les atlantes et nous faisons même connaissance avec des hommes transformés en (costumes de) poissons qui exécutent d’étranges danses sous-marines que la réalisatrice se plaît visiblement à filmer. La spécificité de Jamie (c’est un type du 18ème qui vient d’Ecosse) est encore peu utilisée mais Frazer Hines semble un peu plus impliqué et imprévisible que Anneke Wills et Michael Craze. Au final, le Docteur paye sa dette au peuple des atlantes qui lui doit une fière bretelle. Il commence à les collectionner…

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Les hommes poissons, encore plus flippants en mouvement

N : 5

IM : 3

Pendant très longtemps, la BBC n’avait que la troisième partie de l’arc. Seules quelques secondes supplémentaires furent découvertes en Australie et rendues à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Une nouvelle fois des parties censurées à l’étranger comme la scène où Zaroff se noie. En décembre 2011, la deuxième partie fut rendue à la BBC avec la troisième partie de « Galaxy 4 » par un collectionneur les ayant retrouvé dans les bobines d’un ingénieur de la BBC. Cette seconde partie n’a jamais été rediffusée par la BBC à ce jour.

4-04 The Highlanders

4-04 The Highlanders

De Elwyn Jones et Gerry Davis (4 épisodes)

Réalisation : Hugh David

1746. Ecosse. Les Highlands. Le Docteur et ses compagnons débarquent à la fin de la bataille de Culloden, qui oppose l’Armée Anglaise aux Jacobites écossais. Faits prisonniers à la demeure du Laird (seigneur local), ils sont attaqués par les Anglais. Le Docteur, Ben, le Laird et le jeune Jamie sont amenés aux autorités pour travailler dans les colonies tandis que Polly et Kristy, la fille du Laird, parviennent à s’enfuir. A force d’ingéniosité, le Docteur parvient à s’enfuir. Il s’agit dès lors de récupérer les autres qui voguent à bord du navire l’Anabelle.

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Le Docteur en fâcheuse posture.

Encore une histoire de pirates dans un épisode du passé.  Ben a beau avoir le pied marin, tout ça fait un peu répétitif. On regrettera que les superbes paysages d’Ecosse passent très vite au second plan, même en N&B et en reconstitué. The Highlanders pense plus à mettre en avant le contexte de l’époque qu’à véritablement intriguer le spectateur, amenant parfois des longueurs qui rappellent les épisodes historiques de la première saison. On retiendra néanmoins la scène où le lieutenant anglais Ffinch (Michael Elwyn, le révérend de la série Bad Girls!) est coincé dans un trou avec Polly et Kristy, qui réactive un peu une dynamique comique.

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Le transformisme, une des plus plus-value de Patrick Troughton

Patrick Troughton apporte le trois quart du sel de l’arc, notamment par une manie du déguisement très Holmésienne qui s’ajoute à ses talents de flutistes. L’acteur est plus qu’à l’aise en Docteur, permettant de compenser une fois de plus la transparence de Ben et Polly. A la fin de l’arc, Jamie rejoint l’équipée. A première vue, une idée pas très futée car à part son origine du passé, il n’a rien qui puisse vraiment trancher avec les deux autres compagnons.

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Jamie McCrimmon, désormais compagnon du Docteur

N : 4

IM : 5

Aucune partie complète des bandes originales de The Highlanders ne fut retrouvée. Néanmoins, quelques secondes de l’arc furent découvertes en Australie et rendues à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Jugés trop violents, ces deux passages furent censurées. Ils  montrent Alexander en train de tuer un soldat anglais et le Docteur et ses compagnons sur le point d’être pendus.

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