10-05 The Green Death

10-05 The Green Death

De Robert Sloman (6 épisodes)

Réalisation : Michael E. Briant

Pendant que le Docteur se rend sur la planète Metabilis III, Jo et le Brigadier rejoignent le Pays de Galles où un accident touché l’exploitation minière de Llandfairfach : Un mineur a été recouvert d’une substance verte et il en est mort. Jo y voit l’occasion de rencontrer le Professeur Clifford Jones, grand militant écologiste qu’elle admire et qui milite contre le nouveau procédé très polluant de Global Chemicals, la société qui a envoyé le défunt mineur sous Terre. Le Brigadier mène son enquête de son coté, faisant la connaissance de Stevens, le PDG de Global Chemicals. Celui-ci refuse d’abord de collaborer avec UNIT, de crainte que ses travaux soient menacés. Mais Stevens obéit aux ordres d’un ordinateur, BOSS, qui est le véritable boss de la société. Pour aider le professeur, Jo décide de descendre dans la mine. Elle s’y retrouve coincée avec un mineur et fait la connaissance d’affreux vers qui crachent la substance verte mortelle. De retour de son périlleux voyage, le Docteur rejoint le Brigadier pour sauver Jo de ces mines mortelles.

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Stevens sous l’emprise du profit

The Green Death ne dément pas le principe qui veut que le dernier arc des saisons de Three soit particulièrement réussi. Robert Sloman (The Daemons, The Time Monster), encore une fois au scénario sur l’un deux n’y est clairement pas étranger. De retour sur Terre, nous abordons le problème des mineurs envoyés à la mort par une entreprise engrangeant aveuglément les profits. Puis l’arc s’oriente vers un message écologique de circonstance, avec l’invasion de vilain vers qu’il ne vaut mieux pas approcher et qui sortent de sous terre pour grouiller partout. L’aspect de ces derniers est plutôt répugnant et la substance qu’ils crachent préfigurent les épisodes de contamination qui marqueront 20 ans plus tard les inconditionnels des X Files. Un ver se permet même de faire sa chrysalide pour voir naître un digne descendant de la Mouche Noire de Kurt Neumann (avec Vincent Price). Pendant ce temps, le méchant ordinateur mégalo devenu grand amateur de musique hypnotise tout le monde pour servir les intérêts de l’entreprise (qui rejoignent l’intérêt général, of course). Heureusement les champignons cuisinés par les écolos viendront à bout des saletés et la méthode du cristal du Docteur coupera l’emprise de la logique froide de BOSS sur les dirigeants de Global Chemicals.

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Un ver pas très coopératif

Au-delà de cette intrigue sympathiquement écolo et militant pour un management plus responsable, le retour de UNIT au complet (Le Brigadier, le capitaine Yates et le sergent Benton !) et de la dynamique des précédentes saisons fait bien plaisir. Le Docteur fait son Sherlock Holmes en empruntant quelques déguisements, Yates se délecte de son infiltration au sein de Global Chemicals, le Brigadier s’émancipe un peu plus de la tutelle de son armée et Jo trouve l’amour avec le Professeur. C’est une belle conclusion qui l’attend avec un mariage très précipité. Barry Letts et ses scénaristes sont conscient qu’il s’est développé entre elle et le Docteur (et le téléspectateur) un rapport quasi symbiotique qui a profondément changé la place du compagnon dans la série et ils lui ont offert la fin qu’elle mérite en lui faisant épouser à l’évidence une version plus jeune du Docteur (leurs scènes en commun renvoient à celles de Jo et du Docteur). Nous retrouverons Jo Grant dans l’épisode de Sarah Jane Adventures, Death of The Doctor, plus de trente ans après, mais pour l’heure, ce départ laisse un Three véritablement orphelin qui quitte les festivités de l’annonce du mariage pour aller s’isoler.

ImageDes militaires de UNIT à la comédie musicale Hair

😦

N : 8

IM : 7

10-04 Planet of the Daleks

10-04 Planet of the Daleks

De Terry Nation (6 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le TARDIS atterrit sur la planète Spiridon alors que le Docteur est inconscient et que son corps se recouvre de glace. Jo part chercher de l’aide sur la planète, sorte de jungle peuplée de plantes crachant une substance toxique. Touchée, elle part se réfugier et rencontre quatre Thals : Le leader Taron, Vaber et Cordal. Les trois astronautes de Skaro sont les seuls survivants d’une expédition écrasée sur la planète. Jo les guide vers le TARDIS et les laisse secourir le Docteur. Une étrange substance se propage peu à peu sur son bras, mais elle est recueillie à temps par un autochtone Spiridion qui lui explique que les siens ont été pris en esclavages par les hordes de Daleks présents sur leur planète. Les Daleks ont aussi appris à maîtriser partiellement les techniques qui ont permis aux spiridions de se rendre invisibles. Les Thals secourent le Docteur coincé dans le TARDIS et acceptent peu à peu son aide comme ils prennent connaissance de la présence des ennemis historiques des Thals et de l’ampleur de leur menace : Une armée en sommeil qui ne demande qu’à se réveiller ainsi qu’une arme bactériologique destinés à éradiquer tous ceux qui ne marcheraient pas avec les Daleks.

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Thal est pris qui croyait prendre, monsieur Dalek!

Après de nombreuses années d’absence de Doctor Who, Terry Nation est de retour ! Et il écrit du Terry Nation. La bonne nouvelle est que le papa des Daleks livre un épisode qui renvoie plus à ses premières œuvres qu’à sa grosse époque foutraque. Ainsi Planet of the Daleks nous ramène les Thals, peuple en guerre avec les Daleks lors de leur première apparition dans la série. Les similitudes avec l’épisode The Daleks  qui confrontait les deux peuples sont d’ailleurs nombreuses, que ce soit dans la structure de l’arc, les différents lieux traversés ou la base des Daleks. La jungle de la planète Spiridion peuplée de plantes meurtrières (des Vargas ?) renvoie à la planète de Mission to the unknown de la saison 3. L’épisode traîne un paquet de références qui en font une sorte de fan service à l’image de cette saison 10. Peu d’idées originales surnagent, à l’exception de l’invisibilité et le lien avec l’épisode précédent – le Docteur avait découvert la base Dalek et demandé aux TimeLord de l’y transporter – est très artificiel.

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Tu vas flotter.

On s’attache malgré tout à l’armée Thal, car les gentils blondinets de Skaro sont beaucoup mieux caractérisés que leurs ancêtres qui ont vaincu les Daleks, et surtout plus « humains ». L’occasion est belle pour que le Docteur explique le courage à un scientifique qui n’a rien demandé ou bien au général que le fait qu’il ne soit pas une machine le distingue clairement des affreux de Skaro. Sa leçon finale achève de relier cet épisode à la Guerre du Vietnam : deux peuples se battent dans une jungle dont les indigènes sont réduits en esclavage. Le Docteur insiste sur le fait que les Thals doivent demeurer pacifiques et présenter leur combat sous un jour peu glorieux. Katy Manning est, quand à elle, toujours aussi indispensable à la série. Ce cachotier de Terry Nation a bien failli nous faire croire qu’il allait réitérer un départ à la Susan, un destin qui aurait inacceptable pour une compagne de cette trempe. Un retour sur Terre sera au programme du prochain épisode : La dernière destination de Jo ?

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En exclusivité, la mode Doctor Who printemps 1973

N : 6

IM : 7

10-03 Frontier in Space

10-03 Frontier in Space

De Malcolm Hulke (6 épisodes)

Réalisation : Paul Bernard & David Maloney

Dans le futur, Jo et le Docteur atterrissent à bord d’un vaisseau terrien. Ils sont aussitôt vus comme des Draconiens, peuple qui entretient des relations diplomatiques précaires avec la Terre et qui a la particularité de ne pas ressembler à Jo ou au Docteur. Le TimeLord comprend qu’un instrument hypnotique les a fait apparaître comme des Draconiens aux yeux des humains, lorsque des Ogrons pilleurs apparaissant également comme des Draconiens attaquent le vaisseau. L’incident a déjà fait réagir la présidente Terrienne et surtout son général en chef Williams, qui voit en eux des espions à la solde de leurs ennemis. Du côté de ces derniers, le Docteur et Jo passent pour des espions terriens. Un dialogue de sourds qui profite bien à celui qui a commandité les attaques des Ogrons et qui se réjouit de l’imminence d’un conflit ouvert : Le Maître.

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Le Docteur, l’homme le plus recherché de la galaxie (au moins!)

Barry Letts souhaitait faire un long épisode dans la lignée du bordélique Dalek’s Master Plan de la saison 3 qui réunisse les plus grands ennemis du Docteur en une seule intrigue. Averti de la difficulté d’étaler un scénario sur trois mois, il décida (heureusement) de couper l’histoire en deux arcs, dont voici le premier. Il aurait très bien pu faire passer à la trappe la moitié de cet arc et enchaîner sur le second tant la deuxième partie se révèle poussive. L’idée d’opposer deux grandes puissances, Guerre froide oblige, est plutôt bonne et la manière dont Jo et le Docteur se retrouvent coincés entre deux gouvernements engoncés dans leurs certitudes est bien développée (surtout dans l’épisode 2). Le Docteur devra même abandonner ses habits de dandy contre une tenue de prisonnier, soupçonné qu’il est d’être un agitateur politique.

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« Comment ça tu veux pas te soumettre au régime Draconien? »

Puis par une surprise orchestrée non sans un certain brio, le Maître débarque dans l’Histoire et c’était bien lui qui tirait les ficelles. On se réjouit de retrouver Roger Delgado, dont le jeu est toujours aussi délectable. D’autant plus que cet arc est sa dernière apparition dans la série, puisque l’acteur décédera trois mois plus tard dans un accident de voiture. Mais une fois la mèche vendue, c’est un nouveau remake du trio Maître / Docteur / Jo, qui a de beaux restes grâce aux interactions des acteurs mais tourne en rond depuis déjà quelques temps. L’implication des superpuissances ne relève pas vraiment le niveau, bien que l’alliance tardive d’un général Williams pénitent et d’un Draconien avec le Docteur apporte un peu de peps à l’affrontement interposé des TimeLords. Les Daleks sont introduits à mi-parcours du dernier épisode de l’arc et laissent donc l’histoire en suspens, le Docteur appelant le Conseil des TimeLords à l’aide. Il ne manque plus que UNIT (et la Cour martiale pour Jo?), les Cybermen et du Champomy pour que la fête sera complète.

TO BE CONTINUED.

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Goodbye Roger Delgado  😦

N : 5

IM : 7

10-02 Carnival of Monsters

10-02 Carnival of Monsters

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

L’exil du Docteur est terminé, et son premier vrai voyage avec Jo ne sera bien sûr pas où il pensait l’amener. Ils se retrouvent sur le SS Bernice, un bateau tristement célèbre qui disparut en 1926 alors qu’il traversait l’Océan Indien. Ils se rendent bien vite compte que les mêmes événements se déroulent en boucle, de leur arrestation par l’équipage à l’apparition d’un dangereux monstre sous-marin. Ils ont en fait été miniaturisés dans un miniscope, une machine qui a été interdite par les TimeLords et qui retiendrait prisonniers des personnes dites inférieures pour le spectacle et le divertissement d’autres personnes. La machine appartient à Vorg et Shirma, deux saltimbanques qui sont retenus à  « douane » de  la planète Inter minor, puisque soupçonnés par trois officiels d’être des espions.

ImageLe tournevis sonique ne fonctionne pas. Jo Grant est là.

Robert Holmes, créateur des Autons et grand habitué du Troisième Docteur, offre un épisode d’une grande originalité qui se déroule à deux endroits différents. Le monde des miniaturisés et l’aventure des possesseurs de la machine se déroulent ainsi en parallèle sur le premier épisode de l’arc sans que le lien entre l’un et l’autre ne soit fait. Carnival of Monsters dresse une analogie intéressante entre la vie de ces pauvres déportés exposée aux curieux et les zoos visités par les humains. Mais il prend un tout autre sens à la lumière de notre époque, où le miniscope transparaît comme une allégorie de la télé-réalité. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de retrouver frontalement cette idée de déportation brutale dans une émission de téléréalité dans l’avant-dernier épisode de la saison 1 du relaunch, lorsque Nine et Rose se retrouvent coincés dans la station jeux des Daleks.

ImageArthur et Alexia Laroche Joubert font semblant d’être des crétins

En dépit de son originalité, Carnival of Monsters ne parvient pas à captiver. Les voyages du Docteur et de Jo au sein du bateau ne sont intéressants que lorsque nous ne possédons pas de vue générale sur l’intrigue. Heureusement, les interactions de Jon Pertwee et Katy Manning (qui se complètent parfaitement) sont toujours savoureuses. La péripétie politique sur la planète Inter-Minor renvoie trop à de vieux épisodes pour éveiller l’attention. La manière dont Vorg et Shirma deviennent des alliés du Docteur sur la dernière partie est aussi peu convaincante, les faisant passer de roublards patentés à de parfaits ignorants désireux de faire le bien. Il est pourtant grisant de se dire que notre Time lord et sa compagne inaugurent un renouveau et ne vont plus faire le yo-yo entre l’espace-temps et le QG de UNIT.

Image« We blue ourselves »

N : 6

IM : 4

Saison 10 (1972-1973) / 10-01 The Three Doctors

10-01 The Three Doctors

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Une tâche sur la pellicule tente d’engloutir le Docteur et fait disparaître un paysan, un scientifique venu enquêter sur les événements, l’automobile Bessie et différents éléments du QG de UNIT. Ce champ d’énergie provient d’un trou noir qui pourrait anéantir le temps. Les Time Lords ne peuvent rien faire. Aussi décident-ils de convoquer leur super agent sur Terre pour résoudre le problème. Et puisqu’un Docteur ne suffira pas, ils lui adjoignent les services de son précédent lui (Patrick Troughton) en le déconnectant de son espace-temps ! Ainsi Two et Three se rencontrent et les Time Lords décident contre toute attente (sauf celle du téléspectateur prévenu par le titre), de mettre en contact le premier Docteur avec eux. Jo et Three sont engloutis par la tâche et ils apparaissent dans un monde désert contrôlé par Omega, un Time lord qui jadis rendit possible les voyages temporels pour les congénères du Docteur. Englouti par la supernova qui fournit l’énergie nécessaire à l’opération, cette légende de Gallifrey est depuis prisonnière dans un monde au sein de la singularité qui ne tient que par sa propre volonté. Volonté très forte qui a, par ailleurs, décidé de tout engloutir sur son passage.

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Omega – He’s got the whole world in his head

The Three Doctors est un beau cadeau qui permet de constater le chemin parcouru depuis 1963. L’Histoire ne brille pas par son originalité, faisant intervenir un nouveau seigneur du temps alors que le Maître hante encore la série, attendant discrètement qu’on le sorte du chapeau. Il répond par ailleurs à une demande de fans de longue date que Barry Letts s’est finalement décidé à accepter. L’originalité est d’avoir introduit le concept d’anti-matière fusionnant avec la matière, ce qui donne à l’épisode un aspect jargonneux plutôt sympathique et rend l’intrigue cohérente. Il ne faut pas chercher cette cohérence dans la réunion des Docteurs, qui répond à la volonté seule du Haut Conseil des Time Lords et introduit virtuellement un sacré bordel (Moffat fera pire, me dis t’on). Pourquoi le Haut-Conseil n’a-t-il pas poursuivi le Docteur plus tôt s’il avait la possibilité de convoquer si facilement ses deux précédentes incarnations ? Et qu’en est-il du Troisième Docteur qui a donc déjà vécu cette aventure accompagné de Two ? Gageons que dans le monde du wibly woobly timey winey, seule une archéologue comme River Song aurait la réponse à ces questions. L’essentiel est de voir Two et Three se chamailler joyeusement et se donner la réplique avec aplomb, quand l’un ne finit pas par manger la phrase de l’autre. Et surtout, après de longues heures d’épisodes reconstitués en noir & blanc avec un son médiocre, le soulagement est de pouvoir enfin voir, accompagné de sa flûte.

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PATRICK TROUGHTON EN COULEUR !!! (rien que pour ça l’épisode a la moyenne)

Les apparitions de William Hartnell ne se feront que par l’entremise d’un écran de télévision, le pauvre vieux n’étant plus en très bonne santé à l’époque du tournage. Si la promesse en fin de troisième épisode de voir un rassemblement tombe à plat, les scénaristes se rattrapent en faisant de One un lien avec les Time lords. L’épisode réserve d’autres surprises. Ainsi le Brigadier fait-il pour la première fois son entrée dans le TARDIS, ce qui est aussi le cas du Sergent Benton. Il est fort sympathique de voir Two se rappeler sa première rencontre avec l’un et l’autre alors qu’ils n’étaient pas encore à leur grade actuel ou bien de voir le QG de UNIT téléporté au-delà des galaxies avec le Brigadier se demandant si ça causera un accident diplomatique (!). On regrettera que Lethbridge Stewart soit encore une fois coincé dans son rôle de représentant de l’ordre, condamné à dire au Docteur qu’il ne comprend rien. Jo est quant à elle toujours parfaite et on peut espérer qu’elle fera encore quelques voyages avec le Docteur. Nous avons échappé belle à une romance entre elle et Jamie (souvenez-vous), idée abandonnée suite à la non disponibilité de Frazer Hines. Dernière surprise : Cet épisode sonne après trois saisons la libération du Docteur de la sentence des TimeLords qui l’exilait sur Terre. Il va donc pouvoir reprendre ses voyages pour de bon.

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-Docteur, je vous somme de nous expliquer ça tout de suite !

N : 8

IM : 9

9-05 The Time Monster

9-05 The Time Monster

De Robert Slotman (et Barry Letts) (6 épisodes)

Réalisation : Paul Bernard

Sous une fausse identité, le Maître a construit une nouvelle machine, le TOMTIT qu’il compte lancer avec l’aide de ses deux assistants, Ruth Ingram et Stuart Hyde. Elle permettra de faire disparaître des objets dans les interstices du temps. Le Brigadier et le sergent Benton arrivent sur les lieux pour la démonstration tandis que Jo et le Docteur sont alertés en suivant la trace du TARDIS du Maître. La machine fait vieillir Hyde de plusieurs dizaines d’années et il ne cesse de prononcer le nom de Chronos. Le Docteur comprend que le TOMTIT a été crée pour appeler ce Chronos, une créature située dans les interstices spatio-temporels et qui se nourrit du temps. Il pourrait mettre fin à l’univers tout entier, ce qui arrangerait bien le Maître, qui veut régner même si c’est sur du vide. Le Docteur décide de construire avec les deux assistants une nouvelle machine qui pourrait contrer celle de son homologue mégalo tandis que ce dernier fait apparaître à notre époque un grand prêtre de Poséidon de la cité d’Atlantide qui possède une partie du cristal qui permettra de contrôler Chronos.

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Lorsque vous tuez le temps, Chronos le mange (miam!)

The Time Monster prouve encore une fois que les fins de saison du troisième Docteur sont les meilleurs morceaux. Il venge aussi d’une saison 9 bien tiède, apportant une bourrasque d’originalité tantôt maîtrisé, tantôt anarchique, mais qui a le mérite d’exploiter pleinement le potentiel de la série. Ainsi trouvons-nous dans cet épisode des jeux temporels à base de TARDIS poupées russes, de collisions spatio-temporels, d’intrusions d’éléments d’époques différentes à l’époque (presque) présente de la série. Le Chronos, titan de la mythologie grecque, se pose comme la première créature chronovore (qui se nourrit du temps) de la série, bien avant les anges pleureurs de Moffat. Cette nouvelle incursion dans la superstition rationalisée est conduite par le même scénariste que The Daemons, qui s’en sort une nouvelle fois très bien. Les défauts de l’arc se trouvent principalement dans sa dernière partie, durant la visite du Maître sur Atlantide, qu’il finira par détruire par son invocation de Chronos. On oubliera que la série avait déjà justifié différemment la fin d’Atlantide dans The Underwater Menace et The Daemons, mais pas que cette incursion rare dans le passé a le même goût de pré-fabriqué (Minotaure mis à part) que les épisodes de l’époque Hartnell.

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Le Docteur bougon du début de la saison 7 a bien changé. Cherchez la femme.

Ce dernier arc de la saison permet le retour d’UNIT, avec un Brigadier qui semble avoir perdu sa patience vis-à-vis du Maître et qui perdure dans le rôle de Lestrade du Docteur. Benton est mis en avant un peu plus que son capitaine Yates (qui réussit néanmoins à avoir un cliff rien que pour lui). Il sera d’ailleurs un bel élément comique, redevenant un bébé au contact des expérimentations sur la machine temporelles. Le lien entre le Docteur et Jo est une des seules vraies choses qui aient été développées durant cette saison et il ressort encore grandi de cet épisode. La pistonnée peu forte en science est plus intrépide que jamais consent à de lourds sacrifices, quitte à supprimer sa vie pour sauver l’univers. Elle rappelle parfois Rose, si elle ne l’a pas influencée. Roger Delgado est une nouvelle fois royal dans le rôle du Maître, nous faisant oublier cette éternelle dynamique qui réduit le personnage aux mêmes types d’échange avec le Docteur. Et puis il y’a le TARDIS, que le Docteur désigne enfin par « elle » et qui apparaît comme un personnage à part entière capable de sauver la mise à nos héros ou bien d’influencer le temps. Et ceci quarante ans avant l’épisode signé par Neil Gaiman !

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Deux TARDIS, deux Timelord. On remet ça pour la saison prochaine?

N : 8

IM : 7

9-04 The Mutants

9-04 The Mutants

De Bob Baker & Dave Martin (6 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Après avoir été leur agent, le Docteur devient le livreur des Time Lords. Il est transporté au trentième siècle dans une base en orbite de la planète Solos, avec pour mission de mener une étrange boîte à un destinataire inconnu. Les humains de la base, les Overlords exploitent les mines de la planète et laissent les soloniens muter en des bébêtes pas très jolies à force d’absorber les radiations de la surface. Ne pouvant plus supporter ces conditions de vie, le solonien Ky décide de mener une révolte. L’administrateur de la Terre est tué lors d’un discours et Ky est accusé. Mais le coupable est en réalité le Marshall, qui peut ainsi détenir les pleins pouvoirs et mener à bien ses plans de conquête de la planète et souhaiter bon vent aux soloniens. Mais le Docteur, Jo et la boîte offerte par les Time Lords ne sont pas du même avis.

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King For a Day. Fool for a Lifetime.

The Mutants démarre comme un arc dénonçant l’appartheid. Les différents transmats (outil de téléportation) conduisant au même endroit pour les Overlords et les soloniens rendent la métaphore plus qu’évidente tandis que le background de l’histoire renvoie une nouvelle fois à l’exploitation des richesses des pays du tiers-monde par les superpuissances. Peu à peu, le discours anti-ségrégationiste cède la place à une fable S-F sur la nécessité de laisser les autres peuples accéder au niveau d’évolution qui est le leur, qui n’est pas forcément celui de celui qui se croit dominant. Les Soloniens ne sont en fait pas victimes de radiation, mais accomplissent un cycle d’évolution dont les vilaines bêtes ne sont que la chrysalide. A Ky, le destinataire du paquet des Timelords, d’accomplir au final cette transformation en être étonnamment supérieur grâce au travail du sympathique professeur Sondergaard. Sur le papier, l’histoire semble plutôt inspirée mais l’exécution pêche par manque de rythme, de contenu (trop de remplissage sur six épisodes), de personnages consistants, de bons acteurs (hors Jon Pertwee et Kathy Manning) et surtout de fantaisie.

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Jo fait un bad trip

Il y’a cependant quelques à coté qui sauvent l’arc. Le plus notable est le travail bizarre et coloré effectué par le chef op’ qui devait avoir avalé un bon acide durant le tournage. De par ses éclairages, les grottes radioactives sont totalement autres et la réalisation de Christopher Barry permet de transmettre la confusion et le mal qui étreint les humains qui y pénètrent. Le Docteur y sera bien sûr hermétique. Jo est encore une fois à son aise dans l’aventure et on la verrait bien décoller une fois pour toute dans l’espace avec le Docteur. L’absence d’UNIT pour la troisième fois consécutive force à se demander pourquoi tant d’efforts ont été déployés à développer de nouveaux personnages de l’unité la saison dernière. A force de répétitions, on se demande aussi où est passé le regain de créativité qui avait accompagné la saison précédente.

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le fabuleux destin des cafards humains

N : 5

IM : 2

9-03 The Sea Devils

9-03 The Sea Devils

De Malcolm Hulke (6 épisodes)

Réalisation : Michael E. Briant

Le Docteur et Jo viennent visiter le Maître qui est désormais enfermé dans une prison Haute-Sécurité sur une île au large du sud de l’Angleterre. Mais ils viennent surtout enquêter sur de mystérieuses disparitions à répétition de bateaux dans la région. Fouillant une base, le Docteur et sa compagne ne tardent pas à tomber sur ce qui ressemble (selon le Docteur) à un silurien hostile. Ils se réfugient à la base navale du capitaine Hart pour demander de l’aide. Mais le Maître est déjà sur le qui-vive. Avec la complicité de son géôlier, le colonel Trenchard, il a pour but de faciliter le retour des reptiles afin qu’ils puissent bouter l’humain, si possible violemment, de leur ancien monde.

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Le premier qui rit a perdu

Cette saison 9 semble se reposer sur les acquis de la série, proposant pour le coup un quasi-remake de l’épisode Doctor Who and the Silurians doublé d’une intervention du Maître dans le style de celles dont il raffolait il n’y a pas plus de trois épisodes. Il attire ici les reptiles cousins des premiers habitants de la Terre que le Brigadier avait supprimés, les convoquant d’une manière voisine de celle avec laquelle il avait convoqué les daemons. Les Siluriens (ou Eocènes) marins subissent un petit lifting qui les rend un peu plus dérangeants, mais rien qui puisse les comparer aux diables que vend (sans doute à dessein) le titre de l’épisode. On a aussi du mal à les voir comme de véritables ennemis après le revers subis par leurs frères des sous-terrains. On comprend fort bien qu’ils veuillent revenir pour se venger, d’autant plus que le Maître les a invité.

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Le Maître et son nouveau joujou patriotique

Le scénario s’oriente logiquement vers une négociation du Docteur dérangée par un chef militaire venu de nulle part qui représente la part violente de l’être humain. Le Maître ajoute à l’équation une difficulté supplémentaire, représentant le petit diable sur l’épaule des Siluriens alors que le Docteur, ange accrédité, tente de leur faire entendre raison. Nous avons aussi le plaisir d’assister à quelques bonnes scènes de sous-marin (la nouveauté de l’épisode) et à un duel à l’escrime entre le Maître et le Docteur qui tourne très vite à l’avantage du second. Et d’apprendre que ces deux-là étaient presque potes de classe. Le Brigadier et ses hommes sont encore aux abonnés absents de l’épisode, sans doute jugés trop coûteux. Le sympathique Capitaine Hart (rien à voir avec Jonathan et Jennifer) prend néanmoins la relève pour cet arc avec retenue et efficacité.

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« A quel moment de l’histoire vais-je bien pouvoir renverser la polarité? »

N : 6

IM : 5

9-02 The Curse of Peladon

9-02 The Curse of Peladon

De Brian Hayles (4 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Un essai sur le TARDIS conduit Jo et Le Docteur dans le futur sur la planète Peladon. Le futur roi doit accueillir des émissaires de la Fédération pour décider de l’entrée de sa planète dans le système. Ses deux conseillers et amis se disputent sur une superstition : Une créature millénariste nommée Aggedor pourrait les punir de cette alliance. Le conseiller pro-fédération est tué juste avant l’arrivée des émissaires. Alors que ceux-ci émettent des réserves suite à l’accident, le Docteur et Jo sont arrêtés par des gardes. Ils se font respectivement passer pour le représentant de la Terre et pour une princesse venue en observatrice. Il leur faudra surmonter la méfiance d’Hepesh, le superstitieux, qui pourrait bien avoir inventé toute cette Histoire pour empêcher sa planète de rejoindre la Fédération.

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SPOILER Les guerriers des glatsses tssont devenus des gentils

The Curse of Peladon est un arc construit comme une histoire d’Hercule Poirot, avec des menaces à répétition visant un petit groupe de notables (les émissaires) et le Docteur et Jo tentant de percer le mystère. L’assemblée est composée de créatures bizarres dans un décalage comparable (l’humour en moins) à celui qu’utilisera Russell T. Davies dans le deuxième épisode de son run, celui avec l’explosion du Soleil et l’inimitable Cassandra. Parmi les délégations, Mars est représentée par des guerriers des glaces qui seront habilement utilisés pour s’attirer les soupçons alors qu’ils ont fini par devenir des gens civilisés. Les thèmes du refus d’une Fédération et du repli vers la tradition étaient d’actualité alors que l’adhésion (ou la non-adhésion) de l’Angleterre à la CEE était au cœur des débats. La manière de traiter la problématique est cependant banale. L’intrigue traîne en longueur, même sur quatre épisodes. Cela n’empêche pas le Docteur d’assurer ses scènes, notamment au sein d’un duel contre le favori du roi ou dans le chant d’une petite berceuse vénusienne pour apaiser le méchant Ageddor.

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L’émissaire d’Alpha Centauri. Avec sa voix de petite fille, difficile de le prendre au sérieux.

En guise de roi de Peladon, nous retrouvons un jeunot incarné par le propre fils de Patrick Troughton, David, qui jouera plusieurs dizaines d’années plus tard le rôle du Professeur Hobbes dans l’épisode Midnight avec Ten. Ce roi serait le fils du précédent roi et d’une Terrienne. Une belle occasion d’offrir un prétendant à le jeune Jo, propulsée princesse du TARDIS (!) qui n’en finit pas de couiner comme si les hormones avaient définitivement pris le contrôle de ce personnage si sympathique. Elle reviendra finalement sur Terre pour honorer son rendez-vous avec le capitaine Yates. Il est d’ailleurs à noter qu’aucun des hommes de UNIT, Brigadier compris, n’apparaît dans cette incartade temporelle accordée par le Haut Conseil de Gallifrey.

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La princesse Jo et son roi. Hormones, cris et déchirements en vue.

N : 5

IM : 3

Saison 9 (1972) / 9-01 Day of the Daleks

9-01 Day of the Daleks

De Louis Marks (4 épisodes)

Réalisation : Paul Bernard

Les tensions mondiales pourraient mener à une troisième Guerre Mondiale. Le diplomate Sir Reginald Styles convoque ses homologues de tous pays pour une conférence de paix qui aura lieu à son Manoir. Témoin de l’apparition furtive d’un homme du futur, il actionne la procédure qui permet l’intervention de UNIT. Jo et le Docteur arrivent sur les lieux pour constater que le diplomate est peu coopératif. L’homme du futur est retrouvé grièvement blessé (par une étrange bête du futur, mais seul le spectateur le sait). Un de ses accessoires attire l’attention du Docteur. Il s’agit d’une petite machine à remonter le temps. Durant la nuit suivante, une escouade apparaît au Docteur, qui tente de subtiliser la machine. Jo veut les en empêcher et est propulsée au 22ème siècle. Ces hommes et cette femme sont en fait un groupe de rebelle venant de cette époque. Ils tentaient de supprimer le diplomate qu’ils pensent responsables de l’explosion qui eut lieu durant la conférence de paix et qui entraîna de multiples guerres qui offrirent un terrain propice à l’invasion de la planète par des Daleks. Ceux-ci réduisirent la planète en esclavage. Jo se fait accueillir très cordialement par le Contrôleur qui collabore avec les Daleks.

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Le Docteur explique à Jo que son nouvel ami est un collabo.

Cette saison 9 démarre avec le grand retour des Daleks, disparus depuis l’épisode Evil of the Daleks cinq ans auparavant. L’idée du retour des affreux de Skaro n’est pas à mettre au crédit du producteur Barry Letts, rétif à un retour d’un symbole de l’ancienne époque, mais à la direction de la BBC. Et la couleur leur sied plutôt bien. Ce n’est d’ailleurs pas la première incursion colorisée des premiers grands ennemis du Docteur puisqu’ils ont déjà eu cet honneur dans les films hors continuité et indépendants avec Peter Cushing (Dr Who contre les Daleks et les Daleks envahissent la Terre). Aux commandes de ce Day of the Daleks, un scénariste qui n’a plus écrit pour la série depuis bien plus longtemps et une idée de scénario qui traînait dans les tiroirs depuis 1970. Au programme un nouveau saut dans le temps qui prouve une nouvelle fois que les producteurs ont envie de quitter le statu quo de Three à notre époque, ou bien furent-ils forcés de faire ainsi pour ne pas répéter une nouvelle invasion de la Terre du présent. L’incursion des Daleks est peu originale et repose sur les analogies habituelles au III ème Reich, offrant néanmoins un personnage de collabo traité en dehors des stéréotypes. Les éléments annexes sont eux, bien plus réjouissants.

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Les Daleks rattrapent leur retard dans la série. Ca va être difficile avec les épisodes perdus.

Le début de l’arc joue sur une bonne partie des éléments introduits depuis les débuts du troisième Docteur, poursuivant sur l’explication scientifique de phénomènes paranormaux (ici des prétendus fantômes qui sont des voyageurs du futur). Il nous oriente sur une histoire de manoir hanté pour bifurquer sur l’apparition habituelle des Daleks en fin de premier épisode et virer vers de la S-F pur et dure. Des rebelles qui envoient une équipe dans le passé pour supprimer l’élément qui a conduit à la faillite de leur monde : L’idée est attrayante, d’autant plus qu’elle produira de beaux spécimens des années plus tard (Terminator en tête). L’exécution est plus discutable en ce que la cause de la venue des rebelles n’est exposée qu’en deuxième partie d’arc, laissant un flou un peu préjudiciable sur les premiers épisodes. Le scénario va cependant plus loin en introduisant un beau paradoxe temporel en ce que les rebelles ont eux-mêmes bêtement provoqué l’explosion qui a mené à leur monde. On termine joyeusement par une démonstration par le Docteur que le temps peut bien être réécrit ! Le verrou qui empêche le voyageur temporel d’intervenir dans sa propre ligne temporelle, est lui aussi abordé et baptisé effet Blinovitch, avec démonstration à la clé.

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De quoi tester l’adage « on n’est jamais mieux servis que par soi-même »

N : 7

IM : 7