7-04 Inferno

7-04 Inferno

De Don Houghton (7 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield & Barry Letts

Le professeur Stahlman a mis au point le projet Inferno, un forage destiné à casser la croûte terrestre afin de prélever un gaz qui deviendrait une nouvelle source d’énergie. UNIT intervient suite à de nombreux accidents et le sous-directeur Keith Gold accepte que le Docteur, ainsi qu’un pétrolier nommé Greg Sutton deviennent consultants. Le Docteur pourra ainsi prélever l’énergie nucléaire à disposition pour réparer son TARDIS. Mais le professeur devient incontrôlable et poursuit le forage en dépit du dépassement des normes de sécurité. La situation empire lorsqu’il se retrouve en contact avec un liquide verdâtre en provenance des espaces forés. Gold prend alors sur lui de prévenir le ministère. Touchée par une perte de contrôle du réacteur nucléaire, la console du TARDIS transporte le Docteur dans un monde qui ressemble très fort à celui d’où il vient, à quelques détails signifiants près. Le Brigadier et Liz ne sont plus de son côté et la situation sur place s’emballe encore plus rapidement.

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Les zombies garous infectés, une piètre menace face à ce qui attend la Terre…

Pour terminer cette saison 7, un seven-parter original et très intéressant en ce qu’il confronte le Docteur à un univers parallèle. L’argument n’est pas plaqué au hasard et sert une histoire mettant en garde l’Homme contre l’exploitation aveugle de sa planète. On peut néanmoins se demander ce qui a pu motiver cette intrusion dans des territoires inexplorés alors qu’un tour dans le futur aurait été aussi informatif pour le Docteur sur l’imminence de la catastrophe occasionnée par la cassure de la croute terrestre. Il s’agit probablement d’obéir à la règle préalablement fixée par le Docteur de ne pas voyager dans sa propre timeline, mais surtout de découvrir des personnages familiers sous un autre jour. L’univers parallèle en question aurait vaincu la royauté pour installer une république autoritaire, servie entre autres par le Brigadier devenu Brigade Leader borgne et brutal et une Liz haute fonctionnaire très à cheval sur le règlement. Une occasion d’explorer une autre face de Lethbridge Stewart (et à Nicholas Courtney de montrer son efficacité dans un autre registre), dont les rapports avec le Docteur évoluent cette saison sur le fil du rasoir. Preuve en est la scène finale de la saison dans laquelle le TimeLord aimerait bien prendre la poudre d’escampette en insultant le militaire. S’il ne nous est rien dit sur le bug qui a conduit la console du TARDIS à emprunter un monde parallèle, Le Docteur met bien en garde ses geoliers contre les dangers d’un paradoxe temporel si quelqu’un de cet univers rencontrait son double dans l’autre.

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Le Doppelgänger du Brigadier: violent, borgne et REPUBLICAIN

Inferno laisse heureusement de côté une bonne partie des montages cut abrupts du précédent épisode, qui donnaient une impression brouillonne et amateur. La velléité de créer une série plus dynamique se retrouve néanmoins après le générique, chaque épisode enchaînant sur de la lave en fusion sur lequel se place le titre de l’arc et le numéro de l’épisode. L’arc propose un paquet de bonnes idées bien exploitées, une aventure haletante, bien réalisée et soutenue par de bons personnages. La petite amourette entre le pétrolier Sutton et Petra, l’assistance du professeur fou, fait sourire par sa récurrence (une bonne dizaine de scènes juste entre les deux) parfois hors de propos mais ne gêne pas l’histoire, tout comme les transformations aléatoires en bestiaux verts non identifiés (des zombies ? des loups-garous ?  des infectés ?) des gens qui touchent le fameux liquide verdâtre. Le seul reproche qu’on pourrait faire à cet arc est l’aspect rudimentaire de ses effets spéciaux, de l’intégration des acteurs et le systématisme des stock-shots sur certains plans, ce qui ne serait pas fair-play au regard du budget disponible. Avec nettement plus à notre époque, certains CGI obtenus sur des séries TV sont beaucoup moins crédibles, avec le charme de la débrouille en moins. Au final, cette courte saison aura été moins géniale, mais plus régulière que la précédente, avec un regret de ne percevoir la fantaisie du Docteur que dans de très courts passages (ici la « poignée de porte » et le karaté Vénusien).

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Ha le charme des effets spéciaux d’époque

N : 8

IM : 6

7-03 The Ambassadors of Death

7-03 The Ambassadors of Death

De David Whitaker (7 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

En direct à la télé, une capsule de sauvetage récupère des astronautes portés disparus depuis sept mois après un voyage vers Mars. Le Docteur et Liz débarquent à la base spatiale et informent Cornish, le chef de base, ainsi que le Brigadier qui assistait les opérations, que le signal transmis par le vaisseau de retour est un message codé. Le message reçoit une réponse d’une base anglaise tenue par des militaires du département de sécurité spatial commandé par le Général Carrington (John Abineri, déjà vu dans Fury from the Deep). Ces mêmes militaires s’empressent de kidnapper les astronautes fraîchement revenus sur Terre alors qu’ils sont devenus ultra-radioactifs. Alors que Liz se retrouve à son tour entre les mains d’un des nervis de Carrington, le Docteur découvre que les astronautes n’étaient pas dans les combinaisons spatiales et qu’ils sont probablement encore dans le vaisseau. Il convainc Cornish d’outrepasser les ordres du département de Sécurité spatiale et de l’envoyer dans l’espace.

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Alerte du futur au jeune Steven Moffat, cette grosse flipette  :  Je vais tuer ton Docteur dans quelques années.

Le fidèle David Whitaker rempile pour ce seven parter, ou plutôt a-t-il signé une partie de cet épisode. D’abord envisagé pour la saison 6, puis réécrit et repris au final en main par la nouvelle team en charge de la série, The Ambassadors of Death aurait dû être placé avant l’épisode des Siluriens. Le résultat est plutôt bon, bien que pâtissant de la dilution trop marqué d’une intrigue qui aurait pu être ramenée sans problèmes à cinq épisodes et d’un lavage de couleurs intempestifs : Encore des épisodes perdus, heureusement retrouvés en noir & blanc. Le premier épisode de l’arc commence en beauté avec des images spatiales convaincantes et un suspens au cordeau dans une retransmission de la récupération des astronautes disparus. Puis l’épisode joue sur la peur liée au retour de ces hommes disparus depuis trop longtemps. Mais point de Fantastic Four ici (ni d’Atomic Three), juste des ambassadeurs martiens venus discuter avec les humains et qui se retrouvent enfermés et contraints de commettre des meurtres à l’insu de leur plein gré. Les hommes de Carrington se voient aidés par une sorte de mercenaire qui aimerait prendre avantage de la situation et d’un scientifique français mal embouché, le Dr. Taltalian.

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Doctor Who dans un moment très sérieux. On déconne pas avec les signaux spatiaux extra-terrestre!

Un paquet d’épisodes et de péripéties plus tard, on découvre que le terrible plan de Carrington serait de convaincre le monde de se retourner contre ces pauvres extra-terrestres pacifiques. Après le génocide des Siluriens, le Doctor Who de 1970 se révèle encore une fois profondément anti-militariste et  critique envers l’inaptitude des humains à emprunter la solution du dialogue. Les forces de l’UNIT sont de leur côté de vrais passoires, et le pauvre Brigadier doit subir, outre l’opprobre tenace du Docteur, les reproches de Cornish qui relève à juste titre que son équipe ne sert pas à grand-chose, si ce n’est à avoir inspiré les stormtroopers à Georges Lucas. Liz est aussi très en retrait, isolée très tôt dans le QG des bad guys. Malgré un ton grave qui tranche décidemment avec son prédécesseur, Jon Pertwee parvient à rendre le Docteur plus cocasse grâce à des petites scènes qui font la différence, parmi lesquels une démonstration de court voyage temporel à Liz et l’installation d’un anti-vol très ingénieux sur sa Bessie-mobile.

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Le Général Carrington n’a pas vaincu les pacifistes, mais le sens de la morale est sauf.

N : 7

IM : 5

7-02 Doctor Who and the Silurians

7-02 Doctor Who and the Silurians

De Malcolm Hulke  (7 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

UNIT est appelé pour enquêter sur de mystérieux problèmes de santé et une attaque dans une centrale nucléaire atypique logée près de cavernes. Confronté aux réticences du propriétaire des lieux, le Dr. Lawrence, le Brigadier appelle Le Docteur et Liz à la rescousse. Le Docteur ne tarde pas à être en contact avec un reptile qui semble venir de l’endroit où se nichent les agresseurs, les Siluriens. Un peuple qui habita la Terre avant les humains et qui dut se terrer dans des abris souterrains par peur de la lune. Revenus à la vie grâce à l’énergie de la centrale, ils comptent bien revendiquer la Terre. Le Dr. Quinn (un homme médecin), qui souhaite négocier les secrets scientifiques de leur civilisation en enlevant un des leurs, apprendra à ses dépens qu’on ne plaisante pas avec les reptiles intra-terrestres. Le Docteur tente malgré tout d’éviter une guerre ouverte en se faisant médiateur alors même que les soldats de Unit progressent dans les caves des Siluriens. Il trouve en leur chef, un scientifique, un allié de circonstance.

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BOO!

Maintenant que le Docteur est condamné à rester sur Terre, il faut trouver une manière d’éviter la routine de l’invasion extraterrestre. L’invasion intraterrestre semble être une bonne parade. Nous voici donc dans un arc en sept parties consacré à la première espèce qui vient de sous la Terre : Les Siluriens. Nous retrouverons cette espèce dans le double épisode The Hungry Earth / Cold Blood écrit par Chris Chibnall pour les besoins de la première saison du run de Steven Moffat (et de Matt Smith), ainsi que la plupart des idées developpées dans cet épisode. Les Siluriens ont le sang-froid reptilien, il s’agit d’une civilisation avancée, le Docteur se pose en casque bleu et tente de négocier une partie du territoire avec le chef et il y’a des deux côtés des tentations de recourir à la violence. La revendication d’un territoire par deux peuples distincts qui l’ont chacun habité rappelle bien des exemples historiques ou contemporains de cet épisode. La résolution par la négociation que prône le Docteur et que soutient Liz semble être déjà un sujet qui divise. Le Docteur et le Brigadier auront ainsi leurs premiers désaccords et l’arc se résoudra amèrement par l’anéantissement, sur ordre de Lethbridge Stewart, des caves des Siluriens. Un acte qui devrait porter un coup à son amitié avec le Docteur.

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Le Brigadier reconverti en standardiste

L’arc ne se borne heureusement pas à faire des aller-retour entre les souterrains et la centrale. Le scénariste Malcolm Hulke enrichit l’affrontement larvé des deux civilisations d’une épidémie lancée par les Siluriens pour supprimer tous les humains, qui se propagera jusqu’à Londres et au-delà. Cela ne suffit pas à maintenir la tension sur la durée des sept épisodes, le dernier étant de trop, mais l’ensemble est particulièrement agréable à regarder et au final plus riche que son remake. La noirceur de la conclusion et la variété des thèmes abordés compense le look cheap des Siluriens, l’absence de variété des décors de leur antre et cette manie de terminer chaque épisode par une menace de mort pour l’un des héros. Jon Pertwee est convaincant, mais le TARDIS manque, d’autant plus que le Docteur semble l’avoir un peu vite remplacé par…une voiture. Notre compagne féministe Liz est pour l’instant bien en retrait.

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La scène la plus flippante de l’arc. Si si je vous assure…

N : 7

IM : 6

Saison 7 (1970) / 7-01 Spearhead from Space

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In Magnificent Technicolor here comes THE THIRD

7-01 Spearhead from Space

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

Conformément à la sentence des TimeLords, le TARDIS atterrit sur Terre dans les années 70, plusieurs mois après l’épisode The Invasion. Le Docteur perd connaissance en sortant de son vaisseau et il est aussitôt transporté à l’hôpital, où le personnel soignant ne comprend pas ce que peut-être cette anomalie ambulante dont les tests sanguins et l’anatomie ne correspondent pas à ceux d’un être humain normal (on apprend ici qu’il possède deux cœurs, alors qu’avant il n’en avait qu’un…). Alerté de cette présence suspecte, Le Brigadier Lethbridge Stewart, toujours chef de UNIT, pense tout de suite au Docteur et il vole à son chevet, accompagné de la nouvellement engagée Docteur Liz Shaw. Le Docteur tombe à pic, car suite à des chutes de météorites à répétition dans la compagne anglaise, de mystérieux polyèdres ont fait leur apparition. Ils sont les fragments d’une entité extraterrestre qui peut manipuler le plastique. Prenant la tête d’une fabrique de jouets et de mannequins, elle met au point à travers ses  « marionnettes », un stratagème pour conquérir la planète.

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Le Brigadier et Liz. Il croit aux extra-terrestres. C’est une scientifique.

Et la couleur fut. Ca fait du bien ! Spearhead from Space donne le coup d’envoi des aventures du troisième Docteur et inclut un beau lifting chromatique pour le passage aux années 70 (ce premier épisode fut diffusé en janvier au lieu de l’octobre habituel, et la saison fut raccourcie à six mois). Doctor Who inaugura donc les diffusions couleurs de la BBC. Le ton de la série admet aussi quelques nouveautés. On trouve en germe les épisodes du présent de la nouvelle série couplant avec un équilibre indéniable le décalage entre le présent banal et la présence du Docteur et un humour british beaucoup plus présent au sein de l’intrigue. Les premières scènes dans l’hôpital actionnent un niveau de comédie qui n’avait pas été vu depuis The Romans ou The Myth Makers, en moins grotesque (le Docteur qui se permet de prendre sa douche dans la salle des Docteurs). La comparaison avec la nouvelle série fait d’autant plus sens que celle-ci s’ouvrait aussi avec les Nestenes et leurs mannequins en plastique qui prennent vie, les Autons.

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Matt Smith n’était pas le premier Docteur à avoir sa scène de douche.

La conscience extra-terrestre qui a le pouvoir d’animer le plastique a décidé d’offrir aux grands de ce monde leur propre réplique pour le musée de Madame Tussauds. Mais elle ne compte pas s’arrêter là et planifie de mettre une belle panique dans le pays tout en traumatisant les bambins britons spectateurs de la série. Des Nestenes et des Autons que devront affronter Nine et Rose dans leur première aventure, tout est déjà posé dans cet épisode, y compris le remplacement des humains par les mannequins. Le rythme des épisodes se fluidifie encore et l’alchimie entre le Docteur, Le Brigadier et Liz (ces deux là nous font un trip Mulder / Scully avant l’heure) est plutôt bonne. Le nouveau Docteur, incarné par Jon Pertwee est plus posé, moins enclin à un comportement fantasque que son prédécesseur. Il lui arrive néanmoins de partir en vrille de temps à autre et il y’a dans son jeu un flegme qui le rend sympathique. Des débuts prometteurs en somme.

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Les Autons dans leur premier massacre londonien. Showtime!

Un nouveau générique psychédélique

N : 8

IM : 9