22-04 The Two Doctors

22-04 The Two Doctors

De Robert Holmes ( 3 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Peter Moffatt

Après avoir quitté Victoria, le deuxième Docteur et Jamie doivent faire un crochet par la station spatiale Chimera à cause des Time Lords qui ont envoyé Two en mission non officielle pour leur compte. Il devra convaincre les scientifiques de stopper leurs expériences sur le voyage temporel. Sur la station, ils rencontrent le biogénéticien Dastari, qui a augmenté considérablement l’intelligence d’une Androgum pour la faire passer à un niveau supérieur de son espèce. Les Androgum sont une espèce instinctive et carnivore, particulièrement portée sur la nourriture. Chessene semble avoir perdu ces attributs, mais Two confie à Dastari qu’il n’est pas de cet avis. Alors que Chessene et Shokeye, un de ses congénères, intriguent en coulisse, un vaisseau Sontaran fait irruption sur la station et attaque l’équipage. Two est laissé pour mort et Jamie emprisonné. Quelques dizaines d’années plus tard, Six ressent une perturbation. Cherchant une explication, il pense être mort dans le passé et ne plus exister que temporairement comme une anomalie. Pensant trouver de l’aide auprès de Dastari, le Docteur conduit Peri sur la station spatiale. Là-bas, ils font la rencontre de Jamie et ne tardent pas à découvrir que Two n’est pas mort, mais emprisonné par Chessene, Shokeye et un groupe de Sontaran qui oeuvrent chacun pour leurs intérêts. Ils ont pris d’assaut une hacienda près de Séville vers laquelle Six et les deux compagnons mettent aussitôt le cap.

2204Two, Jamie et Karl Lagerfeld discutent de vieillissement prématuré

The Two Doctors démarrait très mal. Il paraît hasardeux que les seigneurs du temps fassent appel à Two dans un arc qui précède chronologiquement de The War Games, alors même qu’ils n’avaient pas encore localisé le Docteur après qu’il ait volé le TARDIS. Si le procédé peut-être possible de leur futur, il met les seigneurs du temps en position de gros SPOILER de la surprise de fin d’ère de Two. On peut voir ce réflexe d’utilisation du Docteur comme ambassadeur des Time Lords comme un renvoi à l’époque de Three, époque durant laquelle Robert Holmes (scénariste de cet arc) occupait la fonction de script editor sur la série. Dès lors, la crainte du retour des facilités scénaristiques de the Five Doctors déconnecte le spectateur, souvent à raison. Que penser de l’affectation de Six par un événement qui n’a même pas eu lieu (la mort de Two) ? La coincidence de la visite de Six à Dastari achève de convaincre qu’il ne faudra pas considérer cet arc sous l’angle de la continuité. Ce premier segment se perd également dans ses péripéties et traîne en longueur dans sa seconde moitié. Reste le plaisir de revoir Two et Jamie interagir comme si nous vivions une aventure de leur époque, la couleur et la complétude de l’arc en plus. En dépit du vieillissement visible des deux compères, on a l’agréable impression de revenir aux années pré-colorisées de Doctor Who.

2204BLes probabilités conduisent parfois à d’heureuses rencontres

Les deux épisodes suivants font mentir les mauvais augures. Les Sontaran n’auront qu’une importance marginale dans une intrigue qui n’est pas plus centrée sur leurs guerres qu’elle n’est un prétexte à réunir les deux Docteurs. The Two Doctors se concentre très vite sur les Androgum, faisant de leur atterissage à Séville le parfait prétexte pour s’adonner à la gloutonnerie. La chair humaine est tendre et goûtue et l’incorrigible Shokeye ne fait que réagir à un instinct qui le pousse à chasser. Si scientifiques et guerriers ne pensent qu’à s’approprier la technologie du voyage temporel pour leurs intérêts respectifs, l’Androgum (anagramme de ‘gourmand’) ne demande qu’à engloutir la charmante Peri pour son dîner. L’arc est infecté par le thème de la chaîne alimentaire, à tel point que la métaphore orchestrée par Robert Holmes n’a pas besoin des dialogues surexplicatifs pour se laisser voir pleinement. On ressent l’ironie d’une espèce humaine au sommet de cette chaîne qui a trouvé un prédateur qui la renvoie au rang de bête traquée, les pratiques de l’Androgum renvoyant à ceux de l’homme sur les animaux. Il pose aussi à travers Chessene une question importante : L’intelligence peut-elle vraiment être utile à l’homme s’il ne peut se délester son instinct vorace et destructeur ?

2204CPatrick Troughton is AWESOME

The Two Doctors pourrait préfigurer le pareillement affamé Bad Taste de Peter Jackson car il comporte de nombreuses scènes d’un burlesque Pythonien réjouissant, la scène du repas entre un Two en phase d’Androgumisation et le sémillant Shokeye en tête. Mais il va nettement plus loin, transportant une aura malsaine beaucoup plus proche des délires de la ligue des gentlemen, même si nous ne sommes parfois plus dans le registre de la farce : un personnage inoffensif de l’arc se fait poignarder de sang froid et meurt sur le coup, l’Androgum poursuit Peri dans une scène qui renvoie la massacre à la tronçonneuse, Six empoisonne Shokeye. Le recul comique est chassé par  le ressenti exagéré du végétarien Robert Holmes sur l’animalité du carnivore, qu’il n’hésite pas à exposer de la manière qu’il la perçoit. Le personnage de Chessene apparaît comme une sorte d’alter ego reflet de la culpabilité du végétarien qui, malgré son effort (dû à l’intelligence, selon lui) pour coller à ses principes, devra vivre avec cet instinct. L’empoisonnement du glouton par l’homme de science prend alors une résonance symbolique. L’atmosphère poisseuse est renforcée par la chaleur de l’Espagne, où l’équipe a choisi une nouvelle fois de s’établir pour une production des plus chaotiques. Paradoxalement, l’arrogant Six acquiert au contact de Jamie une humanité qu’on ne lui connaissait pas, qui renforce l’étrange sensation que Two et Six, aussi différents soient-ils, ne sont qu’une seule et même personne. Il y’a aussi des efforts pour expliciter les conséquences sur l’un d’un changement de l’autre. The Two Doctors, en dépit de ses défauts, parvient finalement à faire intégrer au spectateur ce croisement improbable. Mais des bruits d’un hiatus d’un an sur la série commencent à faire douter de son futur.

2204DNe zappez pas. Vous regardez toujours Doctor Who.

N : 8

IM : 6

Episode Spécial 20ème anniversaire – The Five Doctors

Episode Spécial – The Five Doctors

De Terrance Dicks (90 mn)

Five, Tegan et Turlough s’apprêtent à se prélasser dans l’œil d’Orion lorsque le Docteur ressent une douleur soudaine. Quelqu’un est en train d’enlever ses anciennes incarnations et quelques compagnons (Le Brigadier, Sarah Jane et sa petite fille Susan) à leur époque respective pour les transporter dans la zone de mort de Gallifrey. Seul Four, coincé dans le vortex, n’arrive pas à destination. Tous les autres se retrouvent dupliqués en figurine sur un étrange tableau de jeu. Five et ses deux compagnons retournent dans le TARDIS et sont à leur tour transportés dans la zone. Ils ne tardent pas à y’ être rejoints par le premier Docteur et Susan, qui est toujours un boulet. Pendant ce temps, Le Maître a été convoqué par le Conseil des Time Lord qui a détecté un drainage intense de leur source d’énergie et eu ainsi connaissance des enlèvements de Docteur. Il lui est proposé d’aider les Docteurs à sortir de la zone en échange d’une grâce et d’un nouveau jeu de régénérations. Le Maître accepte. Les Docteur reconnaissent le lieu de leur captivité en apercevant la tour de Rassilon. Two y conduit le Brigadier tandis que Three, qui a embarqué Sarah Jane dans son auto Bessie s’y dirige également. One prend également la route accompagné de Tegan. Ils rencontreront sur leur route de vieux ennemis qui ont également été transportés dans la zone contre leur gré par le fieffé farceur.

2007Holala le type qui était déjà vieux dans les sixties qui nous fait la leçon…

Diffusé le 23 novembre 1983 aux Etats-Unis et le 25 novembre 1983 au Royaume-Uni, The Five Doctors célèbre à sa manière les vingt ans écoulés depuis que William Hartnell et ses trois passagers ont quitté les sixties pour se matérialiser chez les hommes de cavernes. Alors que l’ex script editor Robert Holmes était d’abord pressenti pour le scénario, c’est finalement au non moins renommé ex script editor Terrance Dicks qu’échouera cette tâche. Les remaniements furent nombreux en raison du casse-tête logistique de réunion des acteurs, certains n’étant finalement plus disponible au dernier moment. Richard Hurndall reprend le flambeau du premier Docteur, William Hartnell étant décédé en 1975. Nous aurons néanmoins le plaisir de le voir dans un pré-générique qui file quelques petits frissons. Tom Baker fit à John Nathan-Turner le même coup que Christopher Eccleston à Steven Moffat en 2013, avortant au passage la rencontre des cinq Docteurs qui aurait pu avoir lieu. Ce sont donc quatre Docteurs qui se retrouveront devant le tombeau de Rassilon, sous le grand parrainage du Lord President Borusa, le fieffé farceur qui a organisé ce petit jeu.

2007BNon Brigadier nous ne sommes pas des anciens combattants

Nous voilà donc de retour à Gallifrey où il y’a incontestablement quelque chose de pourri (à peu près tout en fait, ça fait peine à voir). Après la duplicité d’un conseiller ami du Docteur, c’est au tour du professeur et ami de longue date de notre TimeLord de péter un cable. Après des siècles de règne sur Gallifrey, Borusa profite de sa dernière régénération pour réclamer l’immortalité qu’il pense lui revenir de droit. Il doit pour cela déjouer les épreuves du tombeau de Rassilon (dans la grande Tour) afin de rejoindre le suprême Time Lord, qui lui a réussi à devenir immortel. Puisque Borusa est vieux et fainéant, il a préféré laisser les cinq Docteurs, quelques compagnons et le Maître se charger du travail en mettant sur leur chemin des cybermen, des daleks, des Yeti-Bot et des robots ninjas qui disparaissent lorsqu’ils sautent. Il en profite pour faire supprimer le Castellan, faux coupable idéal. Le vieillard se retrouvera au final pris à son propre piège, coincé pour l’éternité en statue du tombeau de Rassilon. Une ironie noire qui n’est pas sans rappeler celle du Wishmaster. Nous aurons ainsi l’infime l’honneur de rencontrer ce Rassilon dont on nous a tant parlé. Présenter la chute de Borusa à ce moment, alors que le thème de l’immortalité a parcouru cette saison 20, est encore ce qu’il y’a de plus logique dans ce grand téléfilm qui s’apparente plus à une réunion d’anciens (et de nouveaux, pour le cas de Five, Tegan et Turlough) qu’à un arc à part entière.

2107EBessie foule enfin le sol de Gallifrey

Le casting de la série n’a jamais autant été fourni en têtes connus : Outre les cinq Docteurs, Tegan, Turlough, Le Maître dans son incarnation actuelle, Le Brigadier, Susan, Sarah Jane, Jamie, Zoe, Liz Shaw, Yates, Romana II (en reprise de l’épisode Shada) et K9 sont de la partie. C’est la troisième mouture du chien robot qui apparaît en compagnie de Sarah Jane au début de l’arc, celle-ci se l’étant vu offrir pour la série K9 et Company, qui n’alla pas plus loin que son pilote diffusé en fin 1981, peu avant le premier arc de Five. Cette réunion n’est pas sans créer son lot de confusions, qui tiennent au fait que les Timelines des Docteurs enlevés sont souvent occultés. Ainsi Three parle t’il de fantômes du passé en évoquant une apparition de Yates alors qu’il lui est contemporain, Two paraissant quand à lui avoir connu le Maître, qui n’est pourtant apparu que lors de la deuxième saison de Three. Two, qui parle on ne sait pourquoi du lavage de cerveau de Jamie et Zoe alors qu’il ne l’a logiquement pas encore vécu et qui ne transporte de plus aucun de ses compagnons alors qu’il n’aurait jamais abandonné Jamie ou Zoe pour rendre visite au Brigadier. Le même Brigadier prétend quand à lui connaître Tegan alors qu’il ne s’agit visiblement pas de sa version plus agée qui a échappé à l’amnésie quelques arcs plus tôt.

2007CJ’ai bien compté ça ne fait pas cinq

Ces coquilles parmi d’autres tirent The Five Doctors vers un fan service géant parfois composé plus pour les rencontres que pour la cohérence mythologique. Moins savoureux que l’arc du dixième anniversaire, ce téléfilm contient tout de même de bonnes idées, la meilleure étant d’avoir adjoint Tegan au Premier Docteur pour donner un aperçu du choc des générations. Nous nous retrouvons au final avec un Five qui reprend le titre de Haut Président du Conseil des TimeLord, et qui déserte une nouvelle fois ses responsabilités, laissant à la conseillère Flavia les responsabilités de la fonction. Donnons lui une dizaine d’arcs avant d’être corrompue.

2007ERassilion, Time Lord suprême et lointain cousin de Jean-Rochefort

N : 7

IM : 8

Saison 10 (1972-1973) / 10-01 The Three Doctors

10-01 The Three Doctors

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Une tâche sur la pellicule tente d’engloutir le Docteur et fait disparaître un paysan, un scientifique venu enquêter sur les événements, l’automobile Bessie et différents éléments du QG de UNIT. Ce champ d’énergie provient d’un trou noir qui pourrait anéantir le temps. Les Time Lords ne peuvent rien faire. Aussi décident-ils de convoquer leur super agent sur Terre pour résoudre le problème. Et puisqu’un Docteur ne suffira pas, ils lui adjoignent les services de son précédent lui (Patrick Troughton) en le déconnectant de son espace-temps ! Ainsi Two et Three se rencontrent et les Time Lords décident contre toute attente (sauf celle du téléspectateur prévenu par le titre), de mettre en contact le premier Docteur avec eux. Jo et Three sont engloutis par la tâche et ils apparaissent dans un monde désert contrôlé par Omega, un Time lord qui jadis rendit possible les voyages temporels pour les congénères du Docteur. Englouti par la supernova qui fournit l’énergie nécessaire à l’opération, cette légende de Gallifrey est depuis prisonnière dans un monde au sein de la singularité qui ne tient que par sa propre volonté. Volonté très forte qui a, par ailleurs, décidé de tout engloutir sur son passage.

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Omega – He’s got the whole world in his head

The Three Doctors est un beau cadeau qui permet de constater le chemin parcouru depuis 1963. L’Histoire ne brille pas par son originalité, faisant intervenir un nouveau seigneur du temps alors que le Maître hante encore la série, attendant discrètement qu’on le sorte du chapeau. Il répond par ailleurs à une demande de fans de longue date que Barry Letts s’est finalement décidé à accepter. L’originalité est d’avoir introduit le concept d’anti-matière fusionnant avec la matière, ce qui donne à l’épisode un aspect jargonneux plutôt sympathique et rend l’intrigue cohérente. Il ne faut pas chercher cette cohérence dans la réunion des Docteurs, qui répond à la volonté seule du Haut Conseil des Time Lords et introduit virtuellement un sacré bordel (Moffat fera pire, me dis t’on). Pourquoi le Haut-Conseil n’a-t-il pas poursuivi le Docteur plus tôt s’il avait la possibilité de convoquer si facilement ses deux précédentes incarnations ? Et qu’en est-il du Troisième Docteur qui a donc déjà vécu cette aventure accompagné de Two ? Gageons que dans le monde du wibly woobly timey winey, seule une archéologue comme River Song aurait la réponse à ces questions. L’essentiel est de voir Two et Three se chamailler joyeusement et se donner la réplique avec aplomb, quand l’un ne finit pas par manger la phrase de l’autre. Et surtout, après de longues heures d’épisodes reconstitués en noir & blanc avec un son médiocre, le soulagement est de pouvoir enfin voir, accompagné de sa flûte.

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PATRICK TROUGHTON EN COULEUR !!! (rien que pour ça l’épisode a la moyenne)

Les apparitions de William Hartnell ne se feront que par l’entremise d’un écran de télévision, le pauvre vieux n’étant plus en très bonne santé à l’époque du tournage. Si la promesse en fin de troisième épisode de voir un rassemblement tombe à plat, les scénaristes se rattrapent en faisant de One un lien avec les Time lords. L’épisode réserve d’autres surprises. Ainsi le Brigadier fait-il pour la première fois son entrée dans le TARDIS, ce qui est aussi le cas du Sergent Benton. Il est fort sympathique de voir Two se rappeler sa première rencontre avec l’un et l’autre alors qu’ils n’étaient pas encore à leur grade actuel ou bien de voir le QG de UNIT téléporté au-delà des galaxies avec le Brigadier se demandant si ça causera un accident diplomatique (!). On regrettera que Lethbridge Stewart soit encore une fois coincé dans son rôle de représentant de l’ordre, condamné à dire au Docteur qu’il ne comprend rien. Jo est quant à elle toujours parfaite et on peut espérer qu’elle fera encore quelques voyages avec le Docteur. Nous avons échappé belle à une romance entre elle et Jamie (souvenez-vous), idée abandonnée suite à la non disponibilité de Frazer Hines. Dernière surprise : Cet épisode sonne après trois saisons la libération du Docteur de la sentence des TimeLords qui l’exilait sur Terre. Il va donc pouvoir reprendre ses voyages pour de bon.

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-Docteur, je vous somme de nous expliquer ça tout de suite !

N : 8

IM : 9

6-07 The War Games

6-07 The War Games

De Malcolm Hulke et Terrance Dicks (10 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur, Jamie et Zoe débarquent en 1917, sur un champ de bataille de la première guerre mondiale. Capturés, ils sont  jugés coupables arbitrairement : d’espionnage pour Zoe et le Docteur, et de désertion pour Jamie. Alors qu’ils parviennent à s’échapper de la base avec l’aide du lieutenant Carstairs et de l’infirmière Lady Jennifer, ils découvrent qu’ils ont quitté 1917 pour atterrir au sein des guerres romaines. Le territoire qu’ils parcourent les amène progressivement vers d’autres conflits. Au QG allemand, ils découvrent une carte avec différentes indications temporelles qui les mènera à l’incroyable vérité. Une race alien, menée par le War Lord, a transporté des guerriers humains de toutes les guerres de l’Histoire afin de les obliger à combattre sur un champ de bataille commun dans l’intérêt de sa race. Pour cela ils sont aidés du War Chief, qui leur a apporté la technologie des Timelord et un redoutable engin à voyager dans le temps : Le SIDRAT. Le Docteur, Jamie et Zoe vont bientôt se retrouver à la croisée des chemins.

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Le Docteur, Zoe et Carstairs dans une guerre qui n’est définitivement pas la leur

Cinquantième arc de la série, dernier arc de Patrick Troughton, de Frazer Hines et de Wendy Padbury, dernier épisode en noir et blanc de la série. The War Games a tout pour faire date dans l’histoire de Doctor Who. Mais c’est avant tout l’arc le plus inspiré et celui qui rassemble le mieux jusqu’ici l’essence de la série. Le concept d’un lieu unique regroupant les combattants des guerres de l’Histoire est tellement casse-gueule qu’on aurait pu difficilement le trouver dans un autre univers. Il fallait ensuite l’exploiter correctement, ce que l’arc réussit avec tous les honneurs. The War Games comporte dix parties, soit quatre heures qu’on aurait pu rassembler en un film, tant elles se tiennent sur la durée. Aucune longueur, des idées constamment renouvelées, des retournements de situations malins et des situations intelligentes qui renvoient aux questionnements liés à la condition des soldats. Ainsi les humains sont-ils sous le joug des esprits des généraux, véritables aliens qui les poussent à une obéissance aveugle, supprimant malgré eux leur libre arbitre et leur capacité à discerner les détails bizarres qui pourraient leur révéler qu’ils sont utilisés à d’autres fins que pour celles pour laquelle ils combattent.

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Le War Chief, nouvel ancêtre spirituel du Maître

The War Games vaut aussi pour ses personnages diablement charismatiques dans les deux camps. Le lieutenant Carstairs de la guerre 14-18, le sergeant Russell de la guerre de Sécession ou Arturo Vilar du coté de la nouvelle Résistance organisée, qui grandira ses rangs grâce à l’aplomb de Jamie et Zoe. Le chef de la sécurité, le War Lord et le War Chief du coté des affreux. On s’attache aisément à chacun de ces personnages aussi bien caractérisés qu’interprétés, tant et si bien qu’on ne voit pas venir le feu d’artifice qu’on nous a préparé. Il arrive par l’entremise du War Chief, associé des extraterrestres qui s’avère être un Seigneur du temps renégat, un peu comme le Docteur, et le Time Meddler auparavant (qui semble avoir été oublié). On entend enfin parler des Time Lords, et mieux encore, nous ferons une incursion sur Galliffrey à l’issue de l’aventure. Appelés par le Docteur pour régler l’irréparable commis par le War Chief et le War Lord,  ils organiseront un procès du leader extraterrestre, mais aussi du Docteur pour les incursions dans l’Histoire qu’il a commises depuis le début de la série. Une sorte de tribunal pénal international mis devant le fait accompli d’un coté, d’un gros criminel de guerre, de l’autre d’un des leurs qui décida d’user de sa connaissance et de son pouvoir pour intervenir dans les conflits qui ne le regardaient pas.

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Le War Lord, un type plein d’espoir qui croit pouvoir vaincre les Timelords à domicile. Le fou…

L’arrivée des Seigneurs du Temps dans la série se fait avec un soin particulier. Leur puissance se mesure à la manière dont ils influent sur les choses avant même leur arrivée, par la peur qui étreint le Docteur à l’idée de leur venue et le peu qu’il leur faut à amener le TARDIS sur Gallifrey. La punition de celui qui a volé un TARDIS pour parcourir l’univers sera l’exil sur la Terre, cette planète qu’il chérit tant, et à notre époque s’il vous plaît (enfin, à l’époque de la diffusion). Une ironie du sort bien choisie et qui accomode la production, toute heureuse de pouvoir récolter à la saison prochaine de nouvelles audiences comme celles des précédents épisodes se déroulant dans le présent.

607B

il était trois juges adeptes de la peine ironique

Le Docteur hérite d’une nouvelle peau pour purger sa sentence, étrange régénération. Jamie et Zoe connaissent un destin proche de celui que connaîtra Donna Noble, une autre compagne mémorable. Ce bouquet final de Two a par ailleurs bien d’autres  points communs avec celui de Ten, tout en tutoyant la mythologie de Superman. Les Timelord rappellent les kryptoniens et le procès du WarLord semble préfigurer le procès de Zod et ses acolytes dans le film qui viendra. Si Zoe a su en peu de temps s’imposer comme la meilleure compagne féminine du Docteur, c’est pour Jamie que la sentence est la plus amère. Si on met de coté le premier arc avec Patrick Troughton, il aura voyagé avec le Docteur durant la totalité des aventures du second Docteur.

 

N : 10

IM : 10

 

Coming soon. Les années 70.

6-06 The Space Pirates

6-06 The Space Pirates

de Robert Holmes (6 épisodes)

Réalisation : Michael Hart

Dans le futur, des pirates de l’espace font exploser des balises spatiales pour en récupérer les morceaux. Ils sont poursuivis par un croiseur spatial terrien dirigé par le Général Hermack. Celui-ci décide de déployer ses hommes sur les autres balises pour surprendre les pirates. Alors qu’ils constatent la présence d’étrangers sur une balise (Le Docteur et ses compagnons viennent d’y atterrir), l’équipe de flics de l’espace ne parviennent pas à arrêter les pirates, qui la font exploser. Le Docteur, Jamie et Zoe se retrouvent séparés du TARDIS, qui est sur un morceau volé par les pirates. Ils sont secourus par Milo Clancey, vieux pionnier de l’espace que les forces terriennes qui ont instauré les lois spatiales ne semblent pas porter dans leur cœur.

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Le Docteur et ses compagnons au coeur de l’action

Il ne fallait pas trop vite crier hourra. The Space Pirates est presque entièrement reconstitué (sauf l’épisode 2) et s’avère être bien en dessous des autres épisodes de la saison. L’idée de départ, partir en quête d’un TARDIS piqué par des pirates de l’espace (sur un background post-western), est originale. Malheureusement elle se conjugue à une intrigue étirée inutilement et dont les principaux acteurs ne sont pas le Docteur et ses compagnons. Si ces derniers sont bien présents, ils n’interviennent pas suffisamment pour être mis en avant comme il se doit et on a souvent l’impression de se retrouver dans un space Opera qui aurait une vie propre hors de la série.

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Les flics interstellaires dégustent un bon café. Pas de donuts au menu.

Un space opera de bonne facture pour l’époque, mais qui cumule des recettes éprouvées de la série à des péripéties qui servent visiblement à combler. Robert Holmes dut délayer son intrigue sur ordre du responsable des scénarios, ce qui handicape principalement le dernier tiers. Milo Clancey, sorte de croisement entre un vieux cow-boy et Super Mario, interprété par un Gordon Gostelow on fire, assure néanmoins le divertissement. Les autres personnages vont du moins désagréable (le capitaine) au décevant (les pirates).

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Milo Clancey, un personnage qui mériterait sa sitcom spin-off

N : 4

IM : 2

6-05 The Seeds of Death

6-05 The Seeds of Death

de Peter Bryant (6 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Nous sommes à la fin du XXIème siècle. Un système de téléportation nommé T-Mat a révolutionné le transport terrestre, mais il a sonné le glas de l’exploration spatiale. Installé sur une base lunaire, le centre contrôlant le T-Mat est soudainement piraté par des ennemis sanguinaires qui n’hésitent pas à supprimer l’officier en charge. Toutes les téléportations terrestres sont coupées, mais les guerriers de glace (qui sont martiens, rappelons-le) comptent bien utiliser la technologie à leur disposition pour s’emparer de la Terre. En l’absence d’astronautes pour rejoindre la base lunaire, le commandant Radnor rend visite à un vieil ami qui détient dans son musée des vieux coucous de l’espace. Par chance, Le Docteur et ses compagnons ont atterri dans ce musée et ils pourront conduire une vieille fusée qui les amènera sur la lune.

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Zoe, Le Docteur et Jamie coiffent Neil Armstrong au poteau, mais pas Tintin

Hiver 1969. A la diffusion de cet arc, le monde a encore la tête dans les étoiles, et plus précisément vers la lune. Apollo 9 va être lancée et le premier homme sur la lune sera pour bientôt. Voir The Seeds of Death dans ce contexte devait être bien différent, et il est assez ironique que le scénario de Peter Bryant perçoive le recul à venir (pour d’autres raisons) de la Conquête spatiale alors que celle-ci battait alors son plein. Comme un clin d’œil à l’air du temps, nous aurons le droit à un pittoresque voyage en fusée vers la lune pour le Docteur et ses compagnons. La partie terrestre est assurée par des acteurs très pro qui savant garder une profonde dignité dans leurs uniformes du futur, la très consciencieuse Gia Kelly (Louise Pajot) en tête. On sent quelques prises de risque payantes dans la réalisation de Michael Ferguson et la musique, bien plus présente, ajoute au sérieux de l’affaire.

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Les guerriers des glatsssses tsssont de retour

Il ne fait pas bon installer des bases sur la lune, mais les êtres humains ont la mémoire courte. Les hommes de glace sont un peu moins banals que lors de leur première apparition, et leur modus operandi qui s’apparente à du terrorisme chimique par téléportation est bien plus intéressant. Les graines de la mort du titre sont les spores de champignons propagés par les hommes de glace aux quatre coins du monde grâce au téléporteur à leur disposition. Spores qui auront pour mission d’absorber l’atmosphère terrienne afin de laisser la place libre aux martiens glacés. Les quatre premiers épisodes développés autour de cette idée sont très réussis. Le reste s’étire un peu, mais ne vient en aucun cas baisser le niveau de cette saison 6.

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Le Docteur et sa phobie des bains moussants

N : 7

IM : 3

6-04 The Krotons

6-04 The Krotons

de Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Sur une planète lointaine, les Gonds vivent depuis un millénaire sous Terre et sous la domination des Krotons, de mystérieux êtres qui vivent cachés dans un vaisseau. Chaque année, les Krotons accordent aux plus brillants cerveaux des Gonds de venir les rejoindre. L’arrivée du Docteur, de Jamie et de Zoe, qui sont témoins du destin fatal réservé à un des élus, va forcer les Gonds à réfléchir sur la dépendance que leur impose les Krotons : interdiction d’étudier certaines sciences, savoir cantonné à ce que leurs « maîtres » veulent bien leur apprendre, esclavagisme volontaire et utilisation du peuple à son profit. Mais l’auto-détermination a son prix, et certains groupes commencent à contester les dirigeants, souhaitant affronter les Krotons sans arme qui pourrait les détruire, quitte à livrer aux affreux le Docteur et Zoe.

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Les Gonds, qui ne vont pas tarder à sortir des leurs

The Krotons est un bon arc S-F, classique mais très agréable à suivre et ne comportant aucun épisode reconstitué. Construit sur un scénario de Robert Holmes (futur pilier de Doctor Who) qui datait de 1965 mais ne put pas être exploité à temps, il exploite correctement l’idée du peuple gardé dans l’ignorance afin de perpétuer une exploitation de celui-ci, et la révolte inévitable lorsque la preuve de l’oppression (ici par l’arrivée du Docteur et ses compagnons) vient à lui. Révolte qui entraîne des tensions internes et l’émergence de plusieurs groupes. Si certains critiques ont comparé l’intrigue aux événements récents de Mai 68, elle demeure universelle, pouvant se plaquer autant au cas des colonies qu’à toute forme de domination contrôlée.

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Les méchants robots en veulent à l’intelligence de Zoe et du Docteur

La nécessité pour les Krotons de transformer l’énergie mentale en énergie pouvant leur servir est une aubaine pour comparer l’intelligence de Zoe et celle du Docteur, les deux jouant à armes à peu près égales, à ceci près que le bon sens ne semble pas être l’apanage de la gamine. Un peu relégué, Jamie poursuit dans son rôle de vaillant compagnon et forme un duo agréable avec Bêta, le scientifique de la station lorsque tous deux découvrent les joies de la chimie. L’acteur Philip Madoc, qui interprète le nouveau meneur Eelek se montre aussi très convaincant. On apprend dans cet épisode que le TARDIS possède un dispositif qui lui permet de se déplacer s’il est attaqué directement par un ennemi.

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Eelek, un rebelle qui ne vous veut pas du bien

N : 7

IM : 4

6-03 The Invasion

6-03 The Invasion

de Derrick Sherwin (histoire de Kit Peddler) (8 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Le TARDIS doit atterrir d’urgence sur Terre, endommagé par des missiles. Le Docteur décide d’en profiter pour rendre visite au Professeur Travers, mais lui et ses deux compagnons se trouvent bientôt liés à une sombre affaire impliquant l’entreprise International Electrics. Tobias Vaughn, son dirigeant, a reçu différents scientifiques qu’il semble retenir prisonnier en ses murs. Parmi eux, le Professeur Watkins qui a pris la suite du Professeur Travers. Tandis que Zoe se lie d’amitié avec Isabel, la fille de Watkins, le Docteur et Jamie enquêtent sur les événements. Ils sont bientôt capturés par des militaires de la UNIT, nouvelle unité spéciale dirigée par le Colonel Lethbridge Stewart, désormais devenu brigadier. Celui-ci leur explique qu’ils surveillent les actes de Vaughn depuis quelques temps, mais tous sont loin de se douter que le grand patron planifie une nouvelle invasion des Cybermen.

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Tobias Vaughn, mégalo de la semaine et nouveau gogo des Cybermen

Sous ce simple titre, le co-créateur des Cybermen Kit Peddler orchestre le retour de nos androïdes dénués d’émotions, épaulé au scénario par le script editor sur le départ, Derrick Sherwin pour un arc qui contient pas moins de huit épisodes, dont seulement deux ont été perdus. Désormais habitués des lieux, les Cybermen veulent prendre d’assaut la Terre en lançant des ondes d’un vaisseau situé derrière la lune. Ils trouvent un allié en la personne de Tobias Vaughn (interprété par Kevin Stoney, le Mavic Chan de Dalek’s Master Plan) qui a déjà prévu de les doubler avec un « mentor cérébral », invention du professeur qui lui permettra de détruire les Cybermen en leur projetant des émotions. Mais comme il est prévoyant, il aimerait bien s’emparer aussi du TARDIS si les choses tournent mal.

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Quand les soldats s’en mêlent, c’est forcément plus musclé !

Cette invasion est surtout la première incursion de U.N.I.T (United Nations Intelligence Taskforce) dans Dr.Who. Menée par le Brigadier, qui leur prêta main forte contre la dernière attaque des Yéti-bot, cette Unité sous la tutelle des Nations-Unies occupera une place de choix dans la série par la suite. The Invasion vit d’ailleurs le jour suite au succès de The Web of Fear, qui conforta la production de la série dans la direction d’un Docteur intervenant à notre époque contre des menaces extraterrestres, schéma qui se développerait dans les saisons suivantes en faisant de UNIT un élément récurrent de la série (au grand bonheur de Nicholas Courteney, interprète du Brigadier) et que Russell T. Davies utiliserait à loisir dans son lancement de la nouvelle série.

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Le Brigadier à l’aube d’une grande carrière dans Doctor Who

Hormis sa position charnière, The Invasion est un arc brillant en ce qu’il permet de tenir son intrigue sur huit épisodes sans tomber dans les pièges des arcs à rallonge des premières saisons. Gageons que les scénaristes auront pu se faire les mains sur d’autres séries à la construction plus carrée, en particulier chapeau melon et bottes de cuir. La première partie se concentre sur la libération des otages du magnat et l’annonce du plan de Vaughn (flanqué de son inénarrable sidekick/chef de la sécurité Packer) tandis que la seconde voit les militaires affronter les armes des Cybermen avec l’aide du Docteur, de Zoe (qui en montre aux hommes au niveau de la maîtrise de l’armement), des russes (!) et en dernier du recours, du magnat lui-même. Le charismatique Brigadier, son capitaine et la jeune Isabel tiennent un beau rôle qui fait même oublier que Jamie est presque totalement absent des dernières parties.

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Une alliance de circonstances se profile pour le Docteur

N : 8

IM : 8

6-02 The Mind Robber

6-02 The Mind Robber

de Peter Ling (et Derrick Sherwin) (5 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur, Jamie et Zoe parviennent à échapper à l’éruption du volcan en actionnant une procédure d’urgence du TARDIS,  mais se retrouvent dans un coin au-delà du temps et de l’espace. Appelés au dehors du TARDIS par des visions leur montrant des images de leur époque respective, Jamie et Zoe sont bientôt rejoints par le Docteur dans un univers de vide. Puis le vaisseau temporel explose et les voyageurs se retrouvent dans une étrange forêt faite de mots et rencontrent des personnages de fiction. Ils sont à la merci du Maître, sorte de grand scénariste qui contrôle la dimension où ils ont atterri et qui souhaite faire du Docteur son successeur.

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Zoe en pose sexy, s’accroche aux commandes après l’explosion du TARDIS

The Mind Robber est un arc exceptionnel, de par la nature fantastique de son histoire, mais aussi par son originalité. Il rappelle autant l’épisode The Celestial Toymaker que le celui consacré au Dreamlord dans la nouvelle série, en bien plus surprenant et débridé que ces derniers. Peter Ling, aidé du script editor – superviseur des scénarios – du moment Derek Sherwin, donne vie à un univers poético-onirique qui menace de transformer le Docteur et ses compagnons en des personnages de fiction si jamais ils se comportent comme le script du Maître (rien à voir avec le Timelord qu’on connaît) le prédit. Une bonne idée parmi d’autres qui rendent cet arc méta particulièrement délicieux, au point qu’il ne dépareillerait pas face aux concepts de la période Moffat. Est-ce un hasard si on y assiste pour la première fois à l’explosion du TARDIS, comme lors de la première saison d’Eleven ou bien si on y rencontre un minotaure ?

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Le Docteur vs le Maître dans une grande scénariste battle.

L’arc, dont les épisodes sont réduits à 18 minutes (mais sans épisode perdu!) , réserve en outre un suspense haletant tenu sur quatre épisodes. Il permet aussi à Jamie d’acquérir un nouveau visage à cause de l’incapacité du Docteur à le reconstruire correctement lors d’un puzzle imposé. Les apparitions de personnages de légende comme Gulliver, Raiponce ou un super-héros du début des années 2000 que connaît bien Zoe (mais pas nous !) relèvent encore un peu la sauce. La nouvelle compagne montre une fois de plus son utilité dans la résolution de problèmes, ce qui la met en concurrence avec le Docteur. Mais celui-ci a également de quoi faire dans un duel final par personnages interposé entre lui-même et le maître. L’arc se termine encore une fois par un cliffhanger, nos voyageurs ne sachant pas si ils seront réintégrés dans le TARDIS ou plongés dans l’oubli.

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Jamie et Zoe deviennent littéralement des personnages de fiction

N : 9

IM : 6

Saison 6 (1968-1969) / 6-01 The Dominators

6-01 The Dominators

de Norman Ashby (Mervyn Haisman & Henry Lincoln) (5 épisodes)

Réalisation : Morris Barry

Le Docteur pense emmener Jamie et Zoe vers des vacances bien méritées sur la planète pacifique Dulkis, mais le groupe découvre que la zone est radioactive. Elle est conservée par les dulciens comme une sorte de mémorial contre la guerre. Le fils du Grand Directeur, Cully débarque sur la planète avec des amis, qui sont aussitôt supprimés par de mystérieux visiteurs. Accompagnés de robots tueurs, les Quarks, les visiteurs comptent alimenter leur réacteur et n’hésitent pas à prendre comme esclave les hommes qu’ils considèrent inférieurs. L’un d’entre eux n’hésite pas à les tuer de sang-froid. Tandis que Zoe et Cully partent demander de l’aide sur la planète mère, Le Docteur et Jamie sont kidnappés par les visiteurs / dominateurs et sont obligés de ruser pour garder la vie sauve.

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Les Dominateurs, prêts à prouver que les hippies ont tort

Un bon début de saison avec cet arc complet, sans aucune partie reconstituée, qui comprend un épisode de moins que les arcs de la saison dernière. L’intrigue est mieux répartie et on prend nettement plus de plaisir à la suivre. La jeune Zoe fait son baptême du feu en tant que compagne et se trouve, comme elle l’avait été dans l’épisode précédent, suffisamment intelligente pour évaluer les situations et se dépêtrer des ennuis qu’elle rencontre. Elle rappelle en plus mesurée la jeune Vicki, qui venait aussi du futur, ce qui fournit un équilibre agréable au groupe, qu’on avait pas ressenti depuis le départ de Steven.  Zoe et Jamie forment tour à tour un bon duo avec Cully (Arthur Cox), le fils aventureux du directeur de la planète. Le jeune écossais, qui a grandi dans les batailles ne comprend pas le refus de combattre des Dulkis et donne beaucoup de lui-même dans cette aventure.

ImageLe nouveau trio de choc de Doctor Who

Bien peu dans l’air de son temps, the Dominators traite des dangers d’un pacifisme total, et en particulier de la nécessité de conserver un œil sur l’extérieur et une armée qui puisse permettre de se défendre en cas de menace. Ainsi lorsque le plus gradés des dominateurs vient réclamer des esclaves sur la planète Dulkis, le Conseil ne peut rien faire qu’acquiescer. Dans la même veine « réaliste », le Docteur se permet même de faire le coup de l’arroseur arrosé aux bellicistes à la fin de l’arc, ne faisant rien de moins qu’exploser leur vaisseau avec leur propre bombe. Etonnant. Mais Patrick Troughton est tellement à l’aise avec son personnage qu’il ferait passer n’importe quelle pilule, se permettant de jouer au parfait crétin (avec brio) face aux dominateurs pour ne pas éveiller les soupçons. A noter que The Dominators est signé du duo Heisman / Lincoln, les pères des Yéti-Bot, qui connurent des déboires avec la production de la série à cause du ton trop satirique de l’arc, au point de se voir réécrire les deux derniers épisodes et de se faire limoger. Les deux scénaristes refusèrent au final de se faire créditer sous leur nom.

ImageDeux non-violents face à un méchant Quark

N  : 7

IM : 4