6-06 The Space Pirates

6-06 The Space Pirates

de Robert Holmes (6 épisodes)

Réalisation : Michael Hart

Dans le futur, des pirates de l’espace font exploser des balises spatiales pour en récupérer les morceaux. Ils sont poursuivis par un croiseur spatial terrien dirigé par le Général Hermack. Celui-ci décide de déployer ses hommes sur les autres balises pour surprendre les pirates. Alors qu’ils constatent la présence d’étrangers sur une balise (Le Docteur et ses compagnons viennent d’y atterrir), l’équipe de flics de l’espace ne parviennent pas à arrêter les pirates, qui la font exploser. Le Docteur, Jamie et Zoe se retrouvent séparés du TARDIS, qui est sur un morceau volé par les pirates. Ils sont secourus par Milo Clancey, vieux pionnier de l’espace que les forces terriennes qui ont instauré les lois spatiales ne semblent pas porter dans leur cœur.

Image

Le Docteur et ses compagnons au coeur de l’action

Il ne fallait pas trop vite crier hourra. The Space Pirates est presque entièrement reconstitué (sauf l’épisode 2) et s’avère être bien en dessous des autres épisodes de la saison. L’idée de départ, partir en quête d’un TARDIS piqué par des pirates de l’espace (sur un background post-western), est originale. Malheureusement elle se conjugue à une intrigue étirée inutilement et dont les principaux acteurs ne sont pas le Docteur et ses compagnons. Si ces derniers sont bien présents, ils n’interviennent pas suffisamment pour être mis en avant comme il se doit et on a souvent l’impression de se retrouver dans un space Opera qui aurait une vie propre hors de la série.

Image

Les flics interstellaires dégustent un bon café. Pas de donuts au menu.

Un space opera de bonne facture pour l’époque, mais qui cumule des recettes éprouvées de la série à des péripéties qui servent visiblement à combler. Robert Holmes dut délayer son intrigue sur ordre du responsable des scénarios, ce qui handicape principalement le dernier tiers. Milo Clancey, sorte de croisement entre un vieux cow-boy et Super Mario, interprété par un Gordon Gostelow on fire, assure néanmoins le divertissement. Les autres personnages vont du moins désagréable (le capitaine) au décevant (les pirates).

Image

Milo Clancey, un personnage qui mériterait sa sitcom spin-off

N : 4

IM : 2

6-03 The Invasion

6-03 The Invasion

de Derrick Sherwin (histoire de Kit Peddler) (8 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Le TARDIS doit atterrir d’urgence sur Terre, endommagé par des missiles. Le Docteur décide d’en profiter pour rendre visite au Professeur Travers, mais lui et ses deux compagnons se trouvent bientôt liés à une sombre affaire impliquant l’entreprise International Electrics. Tobias Vaughn, son dirigeant, a reçu différents scientifiques qu’il semble retenir prisonnier en ses murs. Parmi eux, le Professeur Watkins qui a pris la suite du Professeur Travers. Tandis que Zoe se lie d’amitié avec Isabel, la fille de Watkins, le Docteur et Jamie enquêtent sur les événements. Ils sont bientôt capturés par des militaires de la UNIT, nouvelle unité spéciale dirigée par le Colonel Lethbridge Stewart, désormais devenu brigadier. Celui-ci leur explique qu’ils surveillent les actes de Vaughn depuis quelques temps, mais tous sont loin de se douter que le grand patron planifie une nouvelle invasion des Cybermen.

Image

Tobias Vaughn, mégalo de la semaine et nouveau gogo des Cybermen

Sous ce simple titre, le co-créateur des Cybermen Kit Peddler orchestre le retour de nos androïdes dénués d’émotions, épaulé au scénario par le script editor sur le départ, Derrick Sherwin pour un arc qui contient pas moins de huit épisodes, dont seulement deux ont été perdus. Désormais habitués des lieux, les Cybermen veulent prendre d’assaut la Terre en lançant des ondes d’un vaisseau situé derrière la lune. Ils trouvent un allié en la personne de Tobias Vaughn (interprété par Kevin Stoney, le Mavic Chan de Dalek’s Master Plan) qui a déjà prévu de les doubler avec un « mentor cérébral », invention du professeur qui lui permettra de détruire les Cybermen en leur projetant des émotions. Mais comme il est prévoyant, il aimerait bien s’emparer aussi du TARDIS si les choses tournent mal.

Image

Quand les soldats s’en mêlent, c’est forcément plus musclé !

Cette invasion est surtout la première incursion de U.N.I.T (United Nations Intelligence Taskforce) dans Dr.Who. Menée par le Brigadier, qui leur prêta main forte contre la dernière attaque des Yéti-bot, cette Unité sous la tutelle des Nations-Unies occupera une place de choix dans la série par la suite. The Invasion vit d’ailleurs le jour suite au succès de The Web of Fear, qui conforta la production de la série dans la direction d’un Docteur intervenant à notre époque contre des menaces extraterrestres, schéma qui se développerait dans les saisons suivantes en faisant de UNIT un élément récurrent de la série (au grand bonheur de Nicholas Courteney, interprète du Brigadier) et que Russell T. Davies utiliserait à loisir dans son lancement de la nouvelle série.

Image

Le Brigadier à l’aube d’une grande carrière dans Doctor Who

Hormis sa position charnière, The Invasion est un arc brillant en ce qu’il permet de tenir son intrigue sur huit épisodes sans tomber dans les pièges des arcs à rallonge des premières saisons. Gageons que les scénaristes auront pu se faire les mains sur d’autres séries à la construction plus carrée, en particulier chapeau melon et bottes de cuir. La première partie se concentre sur la libération des otages du magnat et l’annonce du plan de Vaughn (flanqué de son inénarrable sidekick/chef de la sécurité Packer) tandis que la seconde voit les militaires affronter les armes des Cybermen avec l’aide du Docteur, de Zoe (qui en montre aux hommes au niveau de la maîtrise de l’armement), des russes (!) et en dernier du recours, du magnat lui-même. Le charismatique Brigadier, son capitaine et la jeune Isabel tiennent un beau rôle qui fait même oublier que Jamie est presque totalement absent des dernières parties.

Image

Une alliance de circonstances se profile pour le Docteur

N : 8

IM : 8

6-02 The Mind Robber

6-02 The Mind Robber

de Peter Ling (et Derrick Sherwin) (5 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur, Jamie et Zoe parviennent à échapper à l’éruption du volcan en actionnant une procédure d’urgence du TARDIS,  mais se retrouvent dans un coin au-delà du temps et de l’espace. Appelés au dehors du TARDIS par des visions leur montrant des images de leur époque respective, Jamie et Zoe sont bientôt rejoints par le Docteur dans un univers de vide. Puis le vaisseau temporel explose et les voyageurs se retrouvent dans une étrange forêt faite de mots et rencontrent des personnages de fiction. Ils sont à la merci du Maître, sorte de grand scénariste qui contrôle la dimension où ils ont atterri et qui souhaite faire du Docteur son successeur.

Image

Zoe en pose sexy, s’accroche aux commandes après l’explosion du TARDIS

The Mind Robber est un arc exceptionnel, de par la nature fantastique de son histoire, mais aussi par son originalité. Il rappelle autant l’épisode The Celestial Toymaker que le celui consacré au Dreamlord dans la nouvelle série, en bien plus surprenant et débridé que ces derniers. Peter Ling, aidé du script editor – superviseur des scénarios – du moment Derek Sherwin, donne vie à un univers poético-onirique qui menace de transformer le Docteur et ses compagnons en des personnages de fiction si jamais ils se comportent comme le script du Maître (rien à voir avec le Timelord qu’on connaît) le prédit. Une bonne idée parmi d’autres qui rendent cet arc méta particulièrement délicieux, au point qu’il ne dépareillerait pas face aux concepts de la période Moffat. Est-ce un hasard si on y assiste pour la première fois à l’explosion du TARDIS, comme lors de la première saison d’Eleven ou bien si on y rencontre un minotaure ?

Image

Le Docteur vs le Maître dans une grande scénariste battle.

L’arc, dont les épisodes sont réduits à 18 minutes (mais sans épisode perdu!) , réserve en outre un suspense haletant tenu sur quatre épisodes. Il permet aussi à Jamie d’acquérir un nouveau visage à cause de l’incapacité du Docteur à le reconstruire correctement lors d’un puzzle imposé. Les apparitions de personnages de légende comme Gulliver, Raiponce ou un super-héros du début des années 2000 que connaît bien Zoe (mais pas nous !) relèvent encore un peu la sauce. La nouvelle compagne montre une fois de plus son utilité dans la résolution de problèmes, ce qui la met en concurrence avec le Docteur. Mais celui-ci a également de quoi faire dans un duel final par personnages interposé entre lui-même et le maître. L’arc se termine encore une fois par un cliffhanger, nos voyageurs ne sachant pas si ils seront réintégrés dans le TARDIS ou plongés dans l’oubli.

Image

Jamie et Zoe deviennent littéralement des personnages de fiction

N : 9

IM : 6

5-06 Fury from the Deep

5-06 Fury from the Deep

de Victor Pemberton (6 épisodes)

Réalisation : Hugh David

Sur une plage proche de leur lieu d’atterrissage, Le Docteur, Jamie et Victoria se prennent une charge de fusil tranquillisant après qu’ils aient été trop curieux concernant le bruit venant d’un pipe-line. Ils sont amenés dans un centre d’exploitation du gaz qui est le théâtre d’étranges maux liés à des échantillons d’algues et d’une rencontre de Victoria avec un être à tentacules. Il se trouve que le gaz produit par les algues contrôle l’esprit des gens. Ainsi le chef de la station, Robson, et la femme d’un technicien, Maggie Harris, se font contaminer et se retrouvent sur une plage. Pendant ce temps, le Docteur et ses compagnons tentent de résoudre la situation, mais l’algue a des amis parmi le staff des lieux.

Image

Le K.O par mauvaise haleine. Une scène incroyablement wtf.

Une volonté supérieure qui contrôle les esprits, une matière visqueuse, un décor unique sur la moitié de l’arc. On repart sur les mêmes bases que l’épisode dans le métro. La première partie de Fury from the Deep est longue et laisse présager de 6 épisodes reconstitués qui sentent le gaz. Heureusement dès la possession de Robson, on prend un peu l’air frais pour vivre notamment un nouvel enlèvement de Victoria et une folle course dans un hélicoptère conduit par le Docteur. Et au final, l’affrontement d’une belle pieuvre venue des profondeurs vaincue par le simple cri de Victoria vient conclure sur une belle note son dernier arc dans la série.

Image

Le Docteur et ses compagnons sur la plage où un tournevis sonique fut utilisé pour la première fois

Car c’est déjà la fin de l’aventure pour la jeune Victoria, qui passe le plus clair de son temps de présence de l’arc à  signifier à Jamie qu’elle aimerait vivre une vie calme et rangée, loin des voyages périlleux de ses amis. Elle trouvera le courage de rester avec les Harris et la séparation d’avec Jamie sera bien émouvante. La raison du départ : Deborah Watling n’a tout simplement pas accepté de renouveler son contrat sur la série.

 

Bye Victoria Waterfield  😦

N : 5

IM : 5

La totalité de Fury from the Deep fut détruite par la BBC au milieu des années 70.  Néanmoins quelques extraits survécurent : ainsi le début de l’épisode où le TARDIS se pose sur l’eau a été réutilisé pour la dixième partie de « The War Games ». D’autres passages du premier épisode conservés pour cause de censure à l’étranger furent découverts en Australie et rendus à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Parmi ces passages on retrouve la scène d’agression de Maggie Harris par Oark et Quills, le meurtre d’un garde par Robson et la mort de Van Lutyens. En juillet 2003, 3 minutes 20 de la partie 6 furent découvert dans les archives de la BBC par Andrew Martin. Il s’agissait de rushs de la bataille finale entre le Docteur et la créature d’algue. Depuis le 14 septembre 2020, l’intégralité de l’arc est disponible en animation avec les audios d’origine.

5-05 The Web of Fear

5-05 The Web of Fear

de Mervyn Heisman et Henry Lincoln (6 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Salamander est vaincu, mais le TARDIS se retrouve coincé dans l’espace par une étrange substance. Parvenant à s’échapper, Le Docteur, Jamie et Victoria apparaissent dans le métro londonien quarante ans après le retour du Professeur Travers du Tibet avec le costume…heu la dépouille d’un Yeti-Bot. Mais une sphère de contrôle a réactivé le Yeti et bientôt, la même substance qui retint le TARDIS prolifère dans le métro. Une équipe de militaires tente de faire exploser le tunnel du métro pour éradiquer cette toile, mais les Yeti-Bot désactivent la bombe (…). Les militaires capturent Jamie et Victoria, qui finissent par rencontrer le Professeur Travers et sa fille (pas la vraie, car rappelons-le l’interprète de Travers est le papa de Deborah Watling), et le Docteur disparaît dans le métro.

Image

Le Professeur Travers encore une mauvaise passe

Le duo Heisman / Lincoln est de retour avec les Yeti-Bots, upgradés dès leur deuxième apparition comme le furent les cybermen. Mais ils n’en sont pas plus effrayants, même pourvus d’un hurlement caractéristique et tout bullet-proof qu’il sont. En dehors de leur écosystème, les Yétis apparaissent encore plus comme une faute de goût . Mais qui dit Yeti-Bot dit Grande Intelligence, qui remet le couvert pour une nouvelle tentative de devenir le gros big bad post-Dalek de la série. L’entité manipulatrice est d’abord intéressée par le chaos dans Londres, puis par Travers et enfin par l’esprit du Docteur.

Image

Les Yeti Bot 2.0, une certaine idée de l’horreur dans le métro

Les poursuites à répétition dans le métro et les scènes à la surface plaident encore une fois pour un retour à des arcs à quatre épisodes, les six-parter de cette saison 5 ayant en commun un gros problème de rythme, qui passe d’autant moins que contrairement à la première saison, presque tous les épisodes sont ici reconstitués. Il y’a pourtant de bonnes idées, comme celle de faire revenir le Professeur Travers et de le confronter quarante ans plus tard à ceux qu’il avait connu au Tibet. Ainsi peut-on enfin voir les voyages du Docteur et de ses compagnons du point de vue d’une existence humaine normale. Les scénaristes jouent plutôt habilement sur la paranoïa suscitée par la capacité de contrôle d’esprits de la Grande Intelligence. Et puis le Docteur rencontre dans cet arc le colonel Lethbridge Stewart (Nicholas Courtney, qui jouait Bret Vyon dans The Dalek’s Master plan), qui deviendra un personnage important dans le futur.

505D

Le colonel Lethbridge Stewart, futur Brigadier

N : 5

IM : 6

Seul le premier épisode fut conservé par la BBC. Quelques secondes de l’épisode furent découvertes en Australie et rendus à la BBC par Damien Shanahan en 1996. Il s’agissait une nouvelle fois des parties censurées pour leur violence. Le 11 octobre 2013 la BBC mit à disposition sur iTunes l’intégralité de 5 des 6 épisodes suite à la découverte de copies au Nigeria. Il ne manque plus que l’épisode 3. Le 23 novembre 2020, la BBC annonce que cette partie manquante sera bientôt disponible en version animée avec les bandes audios d’origines.

5-03 The Ice Warriors

5-03 The Ice Warriors

De Bryan Hayles (6 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans un futur lointain où la pollution a entraîné une nouvelle ère glaciaire. Sur une base contrôlée par le commandant Clent, des humains survivent en faisant fondre les icebergs qui les menacent. Lors d’une expédition, ils découvrent un homme à l’allure de guerrier prisonnier de la glace. Le guerrier, un Martien nommé Varga, ne tarde pas à se réveiller et prend Victoria en otage. Le Docteur parvient à acquérir la confiance du groupe qui ne jure pourtant que sur la science logique de l’ordinateur de bord, et il leur propose son aide face à la menace. Mais cela sera-t-il suffisant face à la libération des potes de Vargas de leur prison de glace ?

Image

Ice ice Baby…

La réponse est oui, Ils ont à faire au Docteur après tout. Mais pour arriver à cette victoire, il faudra enquiller six épisodes arythmiques et longs (dont pourtant seulement deux sont reconstitués). L’intrigue est étirée, les décors sont minces, le scénario est confus et les personnages secondaires peinent à convaincre (sauf Penley et Clent). Heureusement le Docteur, Jamie et Victoria suscitent assez de sympathie pour permettre de suivre l’histoire sans trop piquer du nez. Coté ennemis, Brian Hayles rameute des martiens peu commodes (ils tuent ceux qui leur sont inutiles) au costume un peu plus convaincant que celui des Yétis robots mais qui se prennent visiblement pour des serpents, ponctuant leurs phrases d’insupportables ssss. Dans un monde infernal, on les imagine donner la réplique à cet ordinateur omniscient à la voix saccadée et malade.

503C

Le commandant Clent et sa devise :  OK computer.

Le final a son intérêt, dévoilant un équipage maladivement dépendant de l’ordinateur qui ne trouve secours que dans la responsabilité prise par Penley. Entre temps, on se dit que revenir à des arcs sur quatre épisodes serait une bonne idée.

N : 3

IM : 3

L’arc fut longtemps considéré comme totalement perdu. Néanmoins, des copies 16 mm de la première partie ainsi que des parties 4 à 6 furent découvertes dans une propriété de la BBC dans le quartier d’Ealing, en 1988, à l’issue d’une restauration.

5-02 The Abominable Snowmen

5-02 The Abominable Snowmen

de Mervyn Haisman et Henry Lincoln (6 épisodes)

Réalisation : Gerald Blake

Le Docteur est de retour dans un monastère tibétain qu’il avait quitté 300 ans auparavant pour rapporter une de leurs reliques qu’il conservait : le Gantha. Mais il est vite accusé du meurtre de l’assistant de  Travers, un anthropologue hébergé au Monastère. Le Docteur est emprisonné par Khrisong, le chef de la communauté. Bientôt réhabilité par le grand maître du Monastère, Padmasanbavha, lui et ses compagnons devront affronter de mystérieux Yétis robots manœuvrés à distance par le mystérieux personnage.

Image

Le Yéti-Bot. Si vous n’avez pas peur, on ne vous en veut pas.

The Abominable Snowmen est un épisode au rythme étrange, qui peut rebuter dans sa première partie en ce qu’il emprunte aux épisodes historiques de la saison 1 : autochtone suspicieux envers l’étranger, confusion qui coince le Docteur et ses compagnons. Mais une fois évacué le différend opposant le Docteur et Khrisong, l’intrigue peut se concentrer sur les étranges Yéti-bots, créatures assez laides qui semblent semer la terreur dans les environs depuis un bail. La manipulation à tiroir est bien orchestrée. Le Maître des lieux, qui connut le Docteur à sa dernière venue, manipule son prêtre (par l’hypnose) et les Yéti-Bots (par des figurines sur un plateau) tandis que le prêtre tient en son pouvoir la Communauté. Mais personne ne soupçonne que le Grand-Maître est lui-même manipulé par la Grande Intelligence, entité extra-terrestre qui le force à rester en vie depuis tout ce temps. La même entité que Moffat utilisera dans la saison 7 du relaunch ?

Image

Maître du Monastère, mais pas de lui-même…

La production du show est en pleine mutation, et l’apparition de ces affreux Yétis est à l’origine une tentative de remplacer les Daleks qui ne peuvent plus apparaître dans la série pour une question de droits (Terry Nation préparait un spin-off avec sa création). Difficile d’être effrayé par ce lointain ancêtre des Ewoks à forme de poupée russe et au déplacement peu sûr. On apprécie néanmoins l’atmosphère de cet épisode, le jeu de Patrick Troughton (toujours aussi parfait) et les deux compagnons. Kilt Jamie poursuit dans la veine du pré-Luke Skywalker, prêt à sauver sa Victoria à chaque occasion. Deborah Watling est toujours aussi charmante et en peu d’épisodes, elle réussit à s’imposer au sein des intrigues. Elle invite même son papa dans cet épisode, l’acteur Jack Watling, qui incarne le Professeur Travers.

Image

N : 7

IM : 6

Seule la deuxième partie de l’arc fut conservée dans les archives de la BBC. Cette deuxième partie comporte toutefois une légère erreur de son lorsque le Docteur examine le Yéti. Une erreur qui sera corrigée plus tard sur les restaurations des copies de l’épisode en recollant d’autres bouts de phrases prononcées par Patrick Troughton durant la série.

4-09 The Evil of the Daleks

4-09 The Evil of the Daleks

De David Whitaker (7 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

Les Chameleon sont terrassés mais le TARDIS a disparu, enlevé par Edward Waterfield, un amateur d’art. Piégés par l’homme, Jamie et le Docteur se matérialisent en 1866, dans la demeure de Maxtible, l’associé du dérobeur. Les deux hommes ont été forcés d’enlever le TARDIS par les Daleks, qui ont enlevé Victoria, la fille de Waterfield. Las de se voir sans cesse vaincu par les humains (et le Docteur accessoirement), les Daleks souhaitent isoler le facteur humain et se l’injecter pour devenir invincibles. Ils comptent pour cela sur l’aide des deux savants, du Docteur et de Jamie. L’écossais sera le cobaye qui leur permettra de capter le précieux facteur humain.

Image

Waterfield, Maxtible et le Docteur. C’est l’ordure qui a la plus belle barbe.

Pour finir cette première saison du deuxième Docteur, presque entièrement reconstituée, rien de tel que le retour des grands ennemis, et sur un arc de 7 épisodes (dont un seul a été retrouvé). C’est le dernier épisode Dalek des années 60. Tant mieux, il faut savoir passer à autre chose ! Evil of the Daleks a le mérite de mettre le coup de projecteur sur Jamie, humain au grand coeur qui n’hésite pas à voler au secours de la belle Victoria Waterfield et à fraterniser avec un ennemi pour s’en faire un allié. L’écossais en vient même à questionner les agissements du Docteur et à lui dire ses quatre vérités, ce qui présage du mieux pour l’avenir. Jamie est sélectionné par les Daleks pour être un humain spécial (le voyage temporel rend le voyageur particulier, on retrouvera cela dans la nouvelle série) mais on apprend que le Docteur n’est plus un humain car il a trop voyagé dans le temps. Aurions-nous oublié que le Docteur est un E.T ? Pas du tout. Le Docteur parle de son monde lors de cet arc : « Une planète lointaine ».

ImageVictoria vole vers son destin de compagne du Docteur

Le fieffé Maxtible, qui en plus de ressembler à Karl Marx, a conclu un pacte avec les Daleks pour pouvoir convertir le métal en or (le malheureux), représente un tout autre pendant de l’être humain. L’originalité de l’arc réside dans la capture de l’essence des humains et des Daleks. L’hybridation engendrée par la mise à l’épreuve de Jamie permet à trois Daleks d’acquérir des caractéristiques humaines, préfigurant le Daleks in Manhattan de l’ère Tennant. Ainsi trois Daleks sympathiques recevront des noms du Docteur et deviendront ses amis ! Les sept épisodes sont plus ou moins faciles à digérer, présentant l’avantage de ne pas se perdre dans le nawak des derniers Terry Nation. La dernière partie qui voit les Daleks revenir sur Skaro (une première depuis le deuxième épisode de la série), puis projeter d’implanter le facteur Dalek dans la population humaine entière est un peu brouillonne, mais nous aurons le plaisir de découvrir pour la première fois l’empereur Dalek. A l’issue de l’aventure, Victoria Waterfield embarque dans le TARDIS après que son père se soit sacrifié pour sauver la vie du Docteur.

Image

Le Dalek tunné.

N : 7

IM : 8

La partie six fut effacée en août 1968 et la partie sept en septembre 1969. Pendant longtemps cet arc fut considéré comme perdu. En 1987, un enregistrement de la seconde partie de l’épisode fut retrouvée lors d’un vide grenier. En 2004, quelques secondes furent retrouvées, ainsi qu’un petit making-of nommé « The Last Daleks » et montrant les plans de maquettes simulant la bataille entre les Daleks et l’Empereur Dalek.

4-08 The Faceless ones

4-08 The Faceless ones

De David Ellis & Malcom Hulke (6 épisodes)

Réalisation : Gerry Mill

1966. Londres. Le TARDIS atterrit sur le tarmac de l’aéroport de Gatwick. Alors que le Docteur et ses compagnons sont poursuivis par la sécurité, Polly est témoin du meurtre d’un inspecteur par un étrange pistolet laser. L’homme enquêtait sur de mystérieuses disparitions ayant un lien avec les vols de la compagnie aérienne Chameleon. Bientôt, elle est kidnappée (et Ben un peu plus tard) par le personnel de la compagnie, ou du moins ce qui en ressemble. Celle-ci a été noyautée par des extraterrestres sans visage qui volent l’aspect physique du personnel afin de servir un funeste plan qui passe par l’enlèvement des passagers qui prennent place dans les avions. Mais le Docteur, Jamie et leurs nombreux alliés veillent.

Image

Le Docteur face à un commandant qui a un peu trop les pieds sur Terre

Un six-parter, cela faisait longtemps, et nos deux scénaristes en charge se débrouillent très bien à cet exercice dorénavant inhabituel. The Faceless ones est même le meilleur épisode de cette saison, coiffant au poteau les Cybermen. L’histoire est originale, elle manie habilement la tension, l’étrange (les passagers qui disparaissent de leur siège brrr), la paranoïa inhérente au vol des corps ainsi que le dévoilement progressif des plans des E.T ennemis. La dernière partie, qui voit le dévoilement de ceux qui oeuvraient à couvert, l’arrivée du Docteur dans le vaisseau E.T et la recherche des corps originaux est un modèle de suspens.

Image

Kilt Jamie, Samantha et le DCI Crossland en attente d’un vol dangereux

Mais le meilleur est encore la gestion des personnages. David Ellis et Malcom Hulke, selon le souhait de la production, abandonnent vite Polly et Ben, destinés à quitter la série à la fin de l’arc. Ils évitent ainsi de trop se disperser, se permettant même d’introduire une compagne potentielle en la personne de l’énergique Samantha (l’actrice refusera la proposition de la production). Le commandant de l’aéroport, son assistante, le DCI, l’infirmière, le personnel « Chameleon » de la compagnie. Chacun est suffisamment bien écrit et interprété pour prendre un vrai plaisir à suivre l’intrigue, en dépit de quatre épisodes reconstitués. Les mauvaises intentions des E.T seront au final contrariées par un bon travail collectif. De leur coté, Polly et Ben choisiront de rester en 1966, car ils viennent de là (pour ceux qui ne suivent plus). Une initiative heureuse pour deux compagnons qui n’auront jamais réussi à s’imposer, et une aubaine pour enfin se concentrer sur Jamie l’écossais.

Goodbye Polly et Ben!

N : 8

IM : 6

Seuls les épisodes 1 et 3 des bandes originales de The Faceless Ones furent retrouvées. Néanmoins, quelques passages d’une totalité de 14 secondes furent retrouvés en Australie : L’inspecteur Gascoigne se faisant tuer par Spencer, un bras extraterrestre sortant d’un bureau et quelques plans des hommes sans visages. Le 16 mars 2020, l’arc est entièrement disponible en animation avec les audios d’origine.

4-07 The Macra Terror

4-07 The Macra Terror

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : John Davies

Le Docteur et ses compagnons débarquent dans le futur sur une planète colonisée par des humains. Après avoir arrêté un fugitif, ils sont conduits à la base de ces colons qui font d’étranges numéros musicaux avec des majorettes (wtf ?!) et se voient dicter des ordres et des messages d’encouragement par le Contrôleur, sorte de Big Brother en plus jeune. Sauf qu’ici nous ne sommes pas dans un monde austère, mais un monde de plaisirs et de loisirs. Les visiteurs ne tarderont pas à découvrir que derrière le vernis se cache une vérité autrement plus honteuse, et que le Contrôleur est l’outil d’insectes despotes, les Macras.

Image

Des majorettes. Pas très futuriste tout ça…

The Macra Terror est un épisode avec de bonnes idées, dont l’exécution est pourtant loin d’être à la hauteur. Le monde futuriste est banal, les bestioles ne terrifient pas particulièrement, les rebondissements sont dans la routine de la série. Autant dire qu’on s’ennuie ferme, on aimerait que ça passe plus vite et que les enjeux exposés et les problèmes que l’hypnose des macras apporte au groupe du Docteur soient traités plus frontalement. La plus grande surprise de The Macra Terror, c’est encore son nouveau générique qui signifie, s’il en était encore besoin que le deuxième Docteur is in da place.

Image

Ben n’est pas le seul espoir des neuneus. Heureusement.

Au niveau des personnages, Patrick Troughton fait encore une fois la moitié du boulot. On est cependant amusés de voir Ben et son esprit faible tomber à pieds joints dans le piège de l’hypnose qu’il avait contourné lors de son premier épisode et de voir Polly manifester pour Jamie autre chose que de la compassion pour un être moins évolué. Jamie semble bien plus impliqué que les compagnons du présent, ce qui lui permet de sortir un peu de son rôle de gentil écossais bien brave, mais il nous improvise tout de même des danses de son pays (qui ne seront pas reconstituées pour le coup). Hihi.

Image

Big Brother tel que le voient une bande d’insectes

 

N : 3

IM : 4

Aucune partie complète des bandes originales de Macra Terror ne furent retrouvées. Néanmoins, quelques minutes de l’arc censurés à l’étranger ont pu être retrouvés en Australie et rendus par Damien Shanahan en 1996. Ces quelques passages montrent Ben se battant contre les Macras ou bien Jamie face à eux.