3-03 The Myth Makers

3-03 The Myth Makers
De Donald Cotton (4 épisodes)

Réalisation : Michael Leeston-Smith

Le Docteur et ses compagnons atterrissent au beau milieu du combat entre Hector et Achille qui décidera de l’issue de la Guerre de Troie. Vainqueur, Achille est persuadé que le Docteur est le dieu Zeus venu lui fournir son aide. Ulysse n’est guère de cet avis, mais le Docteur décide de jouer de cette aura divine que lui procure son vaisseau. Ulysse conduit le vieil Homme au camp des Achéens où il rencontre Ménélas et Agamemnon et parvient à plaider sa cause…pour le moment. Parti à la recherche du Docteur, Steven Taylor se retrouve pris à son tour. Le TARDIS a été de son côté traîné par les Troyens jusqu’au palais de Priam. Le roi Troyen et ses enfants découvrent avec stupeur la jeune Vicki sortir du vaisseau…

ImageUlysse s’en paie une bonne tranche sur quatre épisodes, mais bientôt il rira moins!

Un épisode du passé qui se retrouve forcément réduit à une grosse pièce de théâtre mettant en scène les quelques acteurs principaux de la Guerre de Troie. On vogue d’un camp à l’autre avec de longs dialogues, pas forcément inintéressants mais plus difficilement tenables sur un épisode reconstitué. The Myth Makers est pourtant un des meilleurs épisodes historiques, car il utilise très bien les superstitions des deux camps (Dieux, oracles…) pour retraduire le point de vue sur l’arrivée du Docteur et de ses compagnons. Les acteurs sont plutôt investis, même parfois un peu trop, notamment Ivor Salter qui rend un Ulysse cabotin et belliciste. La rencontre entre le chef de guerre d’Itaque et le Docteur est d’ailleurs plutôt savoureuse.

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Le prince charmant. La porte de sortie des jeunes compagnes du Docteur.

L’épisode présente également une vue exhaustive sur les événements et une bonne mise en perspective. Nous aurons donc droit au Cheval de Troie (auquel, une fois de plus, le Docteur ne serait pas étranger) et à une petite surprise sur la fin. Tombé amoureuse de Troilus, un des fils de Priam, Vicki s’avise de le sauver du massacre de Troie et choisit de ne pas suivre le Docteur dans le TARDIS. Elle et Troilus rejoindront Enée, le cousin de ce dernier afin de pourquoi pas…fonder une nouvelle Troie (dans laquelle Vicki rencontrera plus tard Néron !). Un départ bien prématuré pour une sympathique compagne, plutôt dommage car le trio Vicki/Steven/Docteur bénéficiait d’une excellente dynamique. Pour l’heure, Le Docteur et un Steven blessé par l’attaque des Achéens embarquent dans le TARDIS Katharina, une des servantes Troyennes du palais de Priam, pour se diriger vers la menace Dalek.

 

Goodbye Vicki  😦

N : 7

IM :  5

Tout ce qui reste de cet arc sont les bandes sonores ainsi que des bandes 8 mm montrant quelques secondes des parties 1, 2 et 4 filmées par des amateurs devant leurs téléviseurs lors de la diffusion des épisodes. Même les telesnaps des épisodes et les photos de tournage sont relativement rares.

3-02 Mission to the unknown (The Dalek cutaway)

3-02 Mission to the unknown (The Dalek cutaway)
De Terry Nation (1 épisode)

Réalisation : Derek Martinus

Trois hommes atterrissent sur une lointaine planète. L’un d’entre eux est piqué par une épine et pris d’une folie meurtrière. Il est abattu par un de ses confères qui avoue au troisième larron qu’il est un agent secret avec un permis de tuer (!) et qu’ils ont été envoyé sur cette planète car elle semble être l’avant-poste des Daleks, très influents dans différentes galaxies et bien décidés à conclure une terrible alliance pour mettre à feu et à sang notre système solaire. La présence des Vargas, plantes qui ont rendu fou leur collègue et qui ne poussent que sur Skaro, semblent confirmer les dires de notre double zéro de l’espace.

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Les z’héros de l’épisode (l’un des deux en est un double).

Mission to the unknown est un épisode très spécial car il s’agit du seul épisode de Dr Who où Le Docteur ou ses compagnons n’apparaissent pas. Il fut construit comme une forme de teaser de The Dalek master plan, le quatrième arc de la saison, et il tient plutôt bien cette mission en présentant une sorte d’alliance guerrière entre les affreux de Skaro et les chefs des galaxies lointaines (les forces de l’Axe ?). On peut donc s’attendre à de la surenchère plusieurs centaines d’années après l’échec de leur invasion de la Terre et seulement trois arc depuis leur dernière apparition. L’incroyable popularité dont jouissaient les Daleks déjà à l’époque semblait être une bonne garantie de Terry Nation pour figurer encore longtemps au générique.

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« On va être les maîtres de l’univers hahahahahaha!!!! »

Outre le freak show stupéfiant proposé par la réunion au sommet (avec entre autres un lointain cousin du Toxic Avenger), l’épisode offre de belles transformations d’humains en plantes à mousse géantes (en phase 2, après l’envie de tuer). Le coté épisode unique dissipe les longueurs d’un arc qui ne contient aucun personnage récurrent, et se trouve être entièrement reconstitué. Pour l’anecdote, il ne fut pas diffusé à l’étranger puisque jugé trop violent (mouais) et il s’agit du dernier épisode auquel a participé la productrice historique du show, Verity Lambert.

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Verity Lambert au milieu des créatures des galaxies lointaines

N : 3

IM :  5

Saison 3 (1965-1966) / 3-01 Galaxy 4

3-01 Galaxy 4

De William Emms (4 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus & Mervyn Pinfield

A peine débarqués sur une nouvelle planète, le Docteur, Vicki et Steven se retrouvent accueillis par les Chumblies, des robots aux intentions peu claires. Sauvés de leurs griffes par les Dravhins, un peuple évolué constitué principalement de femmes, ils sont avertis du danger constitué par les Rills, les maîtres des Chumblies. Depuis que leur vaisseau abattu à échoué sur la planète, les Drahvins tentent de s’emparer du vaisseau Rills avant que la planète n’explose. Il ne leur reste plus que deux jours pour ce faire. Mais le Docteur et ses compagnons découvriront vite que les bad guys ne sont pas ceux qu’on croit.

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Les Dravhins, ou l’échec de l’intelligence

Un arc reconstitué pour débuter cette saison 3, certes peu original (deux peuples en conflit sur une planète étrangère) mais pas désagréable à suivre. La dynamique entre Le Docteur, Vicki et Steven est bonne et le show ressort allégé de l’abandon d’un compagnon, d’autant plus que les trois héros sont tous actifs et entreprenants. L’arc bénéficie en outre d’un bon rythme et d’une bonne gestion du suspens (entre autres, sur la partie avec Steven dans le sas), baladant le spectateur d’un camp à l’autre et conservant habilement le doute sur la nature du peuple Rills.

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Chumblie n’est pas son vrai nom. Et on ne saura jamais pourquoi il fut baptisé ainsi.

Galaxy 4 traite du soucis des apparences, de l’orgueil et des préjugés d’une civilisation proche des sociétés humaines, mais très régressive. On découvre vite que ce ne sont pas les Rills, mais les Drahvins qui refusent le dialogue et sont prisonniers de leurs visées guerrières. Leur chef se pense très intelligente du seule fait qu’elle peut penser, mais est assez conne pour ne pas sortir combattre et garder avec elle la seule arme qui pourrait détruire les robots « ennemis ». Elle soutient également que les Rills ne les aideront pas à quitter la planète, basant au final sa crainte sur l’apparence de l’autre peuple, alors que les maîtres des robots ont atteint un stade d’évolution qui les garde de toute passion destructrice. Le Docteur et ses compagnons finiront par aider les Rills et les Dravhins périront dans l’explosion de la planète, ne pouvant s’en prendre qu’à eux-même !

Une petite intervention de Peter Purves, aka Steven Taylor, pour présenter la suite des joyeusetés :

 

N  : 6/10

IM : 2/10

Exceptées 6 minutes de la première partie, « Four Hundred Dawns », Galaxy 4 fut longtemps considéré comme totalement manquant. Le 11 décembre 2011, la troisième partie « Air Lock » fut découverte parmi des bobines achetées à un collectionneur.

 

2-06 The Crusade

2-06 The Crusade
De David Whitaker (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Dès leur arrivée en Terre Sainte à l’époque des croisades, le Docteur et ses trois compagnons sont pris dans une embuscade impliquant les forces du sultan Saladin et celles du roi Richard Cœur de Lion. Enlevée pour être livrée au sultan, Barbara rencontre Sir William Des Preaux, chevalier anglais capturé à la place de son roi pour tromper l’ennemi. Elle accepte d’entrer dans son stratagème, qui ne mettra pas longtemps à être démasqué par le sultan. Pendant ce temps, le Docteur, Ian et Vicki ont rejoint Richard Cœur de Lion, qui finit par les envoyer en émissaire pour libérer Barbara et Des Préaux. Mais un vile marchand l’a déjà kidnappée pour la livrer au cheikh El Akir.

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Richard Coeur de Lion

Le scénariste de Inside the spaceship et the rescue, s’essaye à un épisode historique. Cela donne un arc plutôt bon, agréable malgré la moitié des épisodes en reconstitué. On y suit autant le point de vue de Richard Cœur de Lion que celui de Saladin, ce qui confère une certaine modernité à la vision des Croisades. Le Docteur se fait bien évidemment un défenseur de la Paix, privilégiant le mariage de Joanna, la sœur de Richard Cœur de Lion avec Saphalin, le frère de Saladin. Mariage qui pourrait apporter le rapprochement des peuples, mais finalement une belle illusion eut égard à l’Histoire.

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Le Sultan Saladin et son frangin.

Séparés lors de cet arc, Ian et Barbara ont gagné suffisamment de capital sympathie pour que leurs histoires respectives puissent tenir en haleine. Barbara doit fuir le bad guy de l’arc, El Akir. Adoubé chevalier de Jaffa par Richard Cœur de Lion, Ian part à sa rescousse, se risquant à subir un beau supplice de la fourmi. Vicki semble ne plus vouloir quitter le Docteur, y compris pour devenir dame de compagnie de la sœur du roi. Il faut dire qu’elle n’a nulle part où aller.

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Instant tendresse entre Vicki et le Docteur

Note de l’épisode (N)  : 7/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10

La bibliothèque de la BBC conserva la copie du troisième épisode « The Wheel of Fortune », mais les impressions du premier segment, « The Lion », furent effacées en 1972. Une copie de cet épisode fut retrouvée en 1999 dans la collection d’un amateur de films en Nouvelle-Zélande. Les épisodes 2 et 4 ont été intégralement reconstitués.

1-08 The Reign of Terror

1-08 The Reign of Terror
De Dennis Spooner (6 épisodes)

Réalisation : Henric Hirsch /
John Gorrie

Cocorico. Ian et Barbara avaient parié que le Docteur se tromperait encore de destination, et ils ont mis dans le mil. One et ses compagnons ont atterri en France. Mais ils auraient pu tomber sur une période plus cool de notre Histoire, car les voilà arrivés à l’époque de la Terreur de Robespierre (à la fin, en 1794). Arrivés à une ferme où ils trouvent des habits, le groupe est pris dans un règlement de compte dans lequel deux nobles sont abattus, puis ils sont amenés à la Conciergerie dans l’attente de se faire guillotiner. Inconscient, le Docteur se fait sauver par un jeune Jean-Pierre alors que la maison brûlait, puis il se met en quête de ses amis avant qu’ils se fassent couper la tête. Un chemin long dans la campagne française au cours duquel son psychic paper lui aurait été bien utile (Russell T.Davies, son inventeur, n’a pas encore un an). Mais le Docteur a la ruse pour lui, et il parvient à pénétrer dans la prison sous une fausse identité. Entre temps, Barbara et Susan (redevenue un poids mort) ont été sauvé de Madame la guillotine par un groupe de « sauveurs » et Ian a réussi à s’échapper, détenant le secret de son compagnon de cellule sur un certain anglais.

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Le jeune Jean-Pierre, sans qui Doctor Who n’aurait pas dépassé la première saison.

Dernier épisode de la saison et logiquement (vu l’alternance), un épisode historique. Pas forcément une bonne nouvelle, mais vu qu’on a switché d’auteur et qu’on se trouve en terrain connu, les choses promettent d’être plus intéressantes, d’autant plus que la Terreur, selon Susan, est la période historique préférée du Docteur. Il y’aura deux épisodes reconstitués en prime, mais pas de comploteur cette fois (thank god !). On n’évite pas les images d’Epinal sur la Révolution Française ou les leçons de morale naïves, ce qui donne un intérêt poli au point de vue anglais sur la question (en guerre contre la France révolutionnaire à l’époque, rappelons le…). On réduit aussi très vite le conflit à une lutte entre monarchistes / Révolutionnaires de la Terreur. Le contexte semble parfois bien confus. On suit en tout cas une bande de rebelles au grand cœur parmi les Révolutionnaires, des gens qui complotent contre Robespierre.

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Susan, toujours malade dans les pires situations

L’arc est inégal et comporte évidemment des longueurs, mais aussi des choses sympathiques. Ian et Susan se retrouvent par la force des choses dans le camp des rebelles, ce qui permet d’assister à un grand moment de nawak tel que seuls nos voyageurs temporels – profs peuvent en produire. Lorsque son bon ami Léon, traître pour leur camp, se fait descendre alors qu’il allait tuer Ian, Barbara lance à son collègue scientifique « Tu devrais lire les livres d’Histoire avant de juger les gens ». Le Docteur est astucieux (la sortie des filles de la conciergerie est plutôt drôle), loin du boulet des débuts de la série. Malgré un twist foireux, le dernier épisode qui conte la chute de Robespierre expose bien la précarité des régimes révolutionnaires et se permet d’introduire un guest de luxe : Napoléon Bonaparte.

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What a twist!

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 2/10

Les épisodes ‘The Tyrant of France’ et ‘A Bargain of Necessity’ sont toujours manquants. Néanmoins, 12 clips 8 millimètres ont été retrouvés et ces parties ont été reconstituées sous forme de dessin animé par les studios Cosgrove Hall.

 

Un petit amuse bouche (spoiler) pour la suite…

1-04 Marco Polo

1-04 Marco Polo
De John Lucarotti (7 épisodes)

Réalisation : Waris Hussein & John Crockett

Bonne nouvelle ! Ce Marco-Polo est en couleur. Moins bonne nouvelle. L’épisode a été détruit par la BBC à la fin des années 60. Procédé classique de la chaîne qui coûta la vie à presque l’intégralité de la saison 1 de chapeau melon et bottes de cuir et nous aurait privé des épisodes du Monty Python’s flying circus si les six génies n’avaient pas copié en douce les bandes pour stocker dans la cave de Terry Jones. Ca nous donne un épisode reconstitué à partir de photos (en couleur) et des bandes sons de l’époque. Un visionnage surréaliste qui vit se succéder parfois les mêmes photogrammes sur plusieurs minutes avec des sons bizarres et décalés en fond (Susan rit sur la photo et on l’entend hurler en fond) et ce sur sept épisodes de 23 mn. Il n’en demeure pas moins que ce Marco Polo est intéressant dans sa première moitié.

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Le Docteur et ses trois compagnons atterrissent sur le toit du monde en 1298. Ils ne tardent pas à rencontrer le grand explorateur Marco Polo, qui souhaite offrir au Khan le TARDIS, un bien inestimable (une caravane qui vole pensez-vous…), afin de pouvoir se défaire de son service et regagner l’Europe. Il embarque donc les quatre dans un périple à travers le désert, sans se douter que Tegana, un traître mongol, a juré leur perte. On retrouve dans ce deuxième épisode du passé toute la vocation éducative de la série. L’adolescente accompagnée de ses deux profs (compagnons initiés) et d’un membre de sa famille (Le Docteur, qui ne sert encore une fois qu’à être malade) voyagent à travers le temps pour immerger le jeune spectateur dans l’Histoire et en profiter à l’occasion pour apprendre des choses sans s’en rendre compte (que les Hashashins amènent le terme assassin par exemple). L’idée ingénieuse est de faire témoigner le personnage historique sur la présence des intrus, de laisser de temps à autre Marco-Polo faire le récit de son aventure avec ces gens venus d’ailleurs. Ainsi ils sont incorporés à ses récits et à l’Histoire par un point de vue extérieur et les voyages permettent de s’améliorer en géographie de l’époque. Malins va !

Tout se gâte à l’épisode 4. Après avoir mis bien du temps à passer des soupçons à la certitude, ce quatrième épisode se résume à prouver à un Marco Polo un peu neuneu que le grand guerrier mongol Tegana lui veut du mal. Le problème est que l’intrigant pourrait parader avec une fanfare en dévoilant son plan à Marco qu’il lui ferait encore confiance, alors on tire la manche (à défaut du polo) de Marco d’un coté et de l’autre pendant un trois quart d’épisodes jusqu’à ce que Tegana gagne. Content de lui, le grand chef de guerre s’autorise des apartées de satisfaction qui n’auraient pas déparées dans Astérix et Cléopatre. En live, c’est une autre paire de manches. Les derniers épisodes sont très laborieux, poursuivant le jeu du chat et de la souris avec le Tegana, envoyant de temps en temps Ian sauver une des femmes qui se perd (…). Un des climax voit le petit fils de Gengis Khan et le Docteur comparer leurs rhumatismes et s’affronter au backgammon pour le TARDIS (le Doc trouve encore le moyen de perdre). L’autre consiste à voir Ping Cho, la jeune copine de Susan qui les suivait et qui était promise à un vieux ne pas l’épouser au final, le tout étant expédié en une scène sans avoir même vu le type en question. Pas fameux.

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– Incroyable! On est tous les deux vieux et on a tous les deux mal au dos!

Note de l’épisode (N)  : 4/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10

 

De cet arc, il ne reste que la bande sonore, ainsi que des photos en noir et blanc ou couleurs tirées du tournage (photosnaps) conservés par le réalisateur Waris Hussein. La 4ème partie, tournée par John Crocker, est par conséquent vide de toute image, les quelques telesnaps diffusées dans les reconstitutions sont pour la plupart du temps des photomontages.

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