3-09 The Savages

3-09 The Savages

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Le Docteur, Steven et Dodo se retrouvent sur une planète occupée par des sauvages, mais ils sont bientôt sauvés de leurs griffes par des hommes très civilisés qui attendaient depuis longtemps la venue du voyageur temporel. Le Docteur est introduit parmi leurs sages, mais Dodo ne tarde pas à découvrir que les sauvages ne sont pas ceux qu’on croit. Les scientifiques puisent la grandeur de leur civilisation dans l’énergie des hommes qui vivent au dehors, en leur retirant petit à petit, à l’aide de leurs machines, la vie qui reste en eux.

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Le Docteur et Jano le méchant Eugéniste. Bientôt il ne feront qu’un!

Arc reconstitué de bout en bout, The Savages se laisse néanmoins suivre avec plaisir. Un des meilleurs épisodes S-F depuis les débuts de la série, et sans doute un des plus noirs. Ian Stuart Black décrit avec acuité cette société eugéniste qui a coupé en deux l’humanité et a du même coup perdu sa conscience au profit de la science. Informé de la dangerosité des actes de cette civilisation, le Docteur accueilli en héros n’hésitera pas à prendre le contrepied, quitte à se faire enfermer lui-même et à servir de rat de laboratoire à son tour. Ce qui nous mène à la meilleure idée de cette arc : Faire de Jano, le leader, la personne qui fera voler cette société en éclat. En absorbant l’énergie du Docteur, celui-ci absorbe aussi sa conscience et prend peu à peu, à son corps défendant, position contre les siens.

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Deux beaux specimens de piles électriques humaines

La tension est très bien gérée et il est agréable d’enchaîner des arcs sur quatre épisodes qui ne dévient pas trop de leur propos et ne meublent pas. Une fois ce monde libéré de la société tortionnaire, il faut nommer un leader pour en construire une nouvelle. C’est à Steven Taylor qu’échouera cette tâche : Une destinée somme toute logique pour un type aussi responsable et généreux, et une sortie du personnage par la grande porte, même si un peu prématurée. Le Docteur se trouve désormais seul avec Dodo, dont on ne connaît toujours presque rien.

Goodbye Steven Taylor  😦

N : 7

IM : 5

Aucune partie ne fut jamais retrouvée en intégralité, seule la bande audio, des photos de l’épisode et quelques extraits vidéos en 8 mm de la fin du quatrième épisode ont été retrouvées.

3-08 The Gunfighters

3-08 The Gunfighters

De Donald Cotton (4 épisodes)

Réalisation : Rex Tucker

Décidé à trouver un dentiste pour soigner sa dent, le Docteur fait atterrir son TARDIS en 1881 à Tombstone. Mauvais moment, car les Clanton sont arrivés en ville, jurant de se venger de Doc Holliday qui a abattu l’un d’eux. Doc Holliday profite de la confusion suscitée par l’arrivée du Docteur pour le faire passer pour lui et l’envoyer se faire descendre à leur place. Steven, Dodo et Le Docteur devront faire face aux Clanton, seront sauvés de justesse par le shérif Wyatt Earp, puis impliqués chacun à leur manière dans le règlement de compte à O.K Corral qui pointe à l’horizon.

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Doc Holliday, homme de principe et nid à problèmes

The Gunfighters est le meilleur épisode depuis The Romans. Du quiproquo qui entraîne le Docteur au cœur de la bataille à la représentation du Far West (cheap, mais crédible pour une production télé) en passant par les caractéristiques des personnages et les chansons (une seule chanson en fait), les fusillades qui rendent plutôt bien : tout est fait pour immerger le spectateur. La touche de comédie et le rythme de l’ensemble rappellent d’ailleurs l’épisode de Dennis Spooner. Les faits historiques de l’affrontement sont arrangés à la sauce de Donald Cotton (mort du plus jeune Earp, présence de Johnny Ringo…), mais le personnage de Wyatt Earp, alcoolique usé mais intègre, est loin de l’incarnation de Henry Fonda quelques années plus tôt. Sans doute plus proche de la réalité. Doc Holliday et la chanteuse Kate (qui ont aussi existé) apportent une touche un peu plus sophistiquée à ce rude milieu, achevant de donner un équilibre scénaristique indéniable à l’ensemble. On regrettera seulement la contradiction du Docteur avec le principe de ne pas changer le cours de l’Histoire lorsqu’il se met en travers de l’affrontement, ainsi que son ignorance affichée des événements ayant eu lieu à Tombstone.

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Wyatt Earp rencontre le Docteur.

Cet épisode est très particulier. Ayant failli ne pas être diffusé, The Gunfighters fut également très mal reçu à l’époque, autant par le public que par le critique, comme le furent les autres épisodes tournés vers la comédie, The Romans et The Myth Makers. Suite à l’échec de cette aventure au Far West, la série s’orienta sur une ligne stricte de S-F sérieuse, l’aspect qui passe bizarrement le moins bien lorsqu’on regarde la série actuellement, car beaucoup des épisodes de S-F sont trop longs, arythmiques et souffrent du coté cheap des costumes. Suite à cet épisode, Doctor Who quitta également les personnages historiques sur une très longue durée.

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Attention ça va chauffer!

N : 8

IM : 4

3-07 The Celestial Toymaker

3-07 The Celestial Toymaker
De Brian Hayles (4 épisodes)

Réalisation : Bill Sellars

Le Docteur, Steven et Dodo se retrouvent coincés dans un monde de jeu gouverné par le Toymaker. Cet étrange personnage lance des défis aux visiteurs. Le Docteur devra l’affronter dans un jeu de logique tandis que Steven et Dodo devront passer par différentes épreuves pour retrouver le TARDIS. Mais les choses sont plus dangereuses qu’elles n’y paraissent car perdre la partie signifie devenir la poupée du Toymaker à jamais et le maître du jeu réécrit les règles à sa guise.

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Un arc spécial jeu d’enfants, dont le Docteur se serait bien passé.

Un arc qui perd beaucoup à être perdu dans sa quasi totalité (les ¾ sont reconstitués) tant il joue sur le suspens et des éléments visuels. Le coté enfantin, qui semble être plus présent depuis l’arrivée de Dodo, n’est pas la meilleure chose qui pouvait arriver à la série. Steven et Dodo sont successivement confrontés à des clowns, à des poupées puis à un écolier qui joue à une sorte d’ennuyeuse marelle ludique en trichant. Ce qui est un poil amusant au départ devient vite , répétitif et peu amusant ensuite. On apprend peu de choses supplémentaires sur la nouvelle compagne, si ce n’est qu’elle a perdu sa mère de manière tragique.

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Michael Gough en Toymaker. Ou comment avoir la classe même dans un costume ridicule.

L’affrontement direct de tout le groupe avec le fieffé manipulateur au dernier épisode rend le tout un peu plus savoureux. La valeur ajoutée de l’arc est bien le personnage du Toymaker, interprété avec délectation par Michael Gough (le Alfred des Batman de Tim Burton). Cet immortel qui a le pouvoir de se régénérer après chaque défaite et de poursuivre ses jeux encore et encore est un bon ajout à la mythologie de la série. Il serait une bonne chose de le retrouver à l’occasion, comme ce fut le cas pour le Time Meddler.

N : 5

IM :  4

Les parties 1 à 3 ne furent jamais retrouvées. La 4eme partie fut conservée dans les archives de la BBC.

3-06 The Ark

3-06 The Ark
De Paul Erickson & Lesley Scott (4 épisodes)

Réalisation : Michael Imison

Le Docteur et Steven atterrissent avec Dodo dans un lointain futur, au sein d’un vaisseau transportant toutes les espèces terriennes miniaturisées dans le but de coloniser la Planète Refusis 2 et éviter l’extinction prochaine de la Terre. L’équipage de cette Arche de Noe se fait aider d’une race alienne, les Monoïds. Les choses se compliquent lorsque Dodo refile son rhume au vieux sage qui commandait l’expédition. N’ayant aucun anticorps contre la maladie, le vieux est menacé de mort et les trois sont aussitôt enfermés.

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Le Docteur dit à Dodo de surveiller son langage, parceque quand même hein…

Apparue dans le TARDIS à la fin du dernier épisode, Dodo fait déjà comme chez elle, avec un comportement inconséquent et puéril que Steven et le Docteur ne se gênent pas à corriger (le Docteur corrige surtout son langage de djeunz), mais dont la plus grande leçon d’humilité sera cette première aventure. Le télétubbie humain est devenu malgré elle un cavalier de l’apocalypse à cause d’un simple rhume qu’elle a emporté dans le TARDIS. De quoi faire vaciller toute une civilisation, et pourquoi pas éteindre l’espèce humaine. Heureusement, cette première partie finit bien.

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700 ans plus tard, le monoïd a appris à se couper les cheveux.

La deuxième partie voit le retour des voyageurs dans l’Arche, mais 700 ans plus tard. Les Monoïds ont pris le contrôle et ont réduit les humains en esclavage. Ils s’apprêtent à atterrir sur la planète Refusis 2, à combattre les autochtones (des êtres dématérialisés !) et à faire sauter leur vaisseau avec les esclaves humains dedans. Peur de la différence, cercle vicieux de la conquête et de l’esclavage, danger d’embarquer dans un monde étranger sans quarantaine préalable…autant de thèmes profonds qui sont plutôt bien traités. Nous aurons en prime, et pour la première fois dans la série, un aperçu de la destruction de notre Terre. On regrettera juste que la deuxième partie soit plus brouillon que les deux premiers épisodes.

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Dodo (Dorothea) est-elle bipolaire ou bien juste une enfant en manque de ritaline?

N : 6

IM :  4

3-05 The massacre of St Bartholomew’s eve

3-05 The massacre of St Bartholomew’s eve
De John Lucarotti & Donald Tosh (4 épisodes)

Réalisation : Paddy Russell

Steven et le Docteur atterrissent en France en août 1572. A quelques jours du mariage d’Henri de Navarre et Marguerite de France, les tensions entre catholiques et protestants sont alors au plus haut, malgré la paix de St Germain (qui mit fin aux guerres civiles cathos/protestants). Le Docteur ne pense alors qu’à aller rendre visite au scientifique Charles Preslin. En l’attendant dans un bar, Steven sympathise avec des huguenots et rencontre une jeune fille en fuite qui a entendu des officiels évoquer un événement dramatique, qui pourrait se reproduire dans les jours prochains. Steven découvre bientôt que le Docteur est devenu l’Abbé d’Amboise, ennemi de la cause de ses nouvelles connaissances.

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Le Docteur et Steven Taylor, qui commence à en avoir marre que tout le monde meure…

Recocorico. Après la Terreur, Lucarotti, qui semble bien aimer les turpitudes de Histoire de France, s’attaque à un autre triste épisode de notre Histoire. Moins long et malgré le fait qu’on se trouve devant un épisode reconstitué, ce Massacre of St Bartholomew’s Eve est plutôt habilement mené. Il se concentre sur les tensions politiques et montre la complexité des causes qui ont mené à l’événement, notamment la tentative d’assassinat de l’amiral Coligny, proche du roi Charles IX, par sa propre mère Catherine de Medicis et le Maréchal de France Tavannes (L’influence de Catherine de Medicis et le fait que Coligny et Charles soient aussi proches n’est pas prouvée, mais tout le suggère ici).

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Tavannes, Catherine de Médicis, Charles IX et Coligny. En route vers l’irréparable

Les scénaristes se sont bien gardés de décrire en détail le massacre et les journées qui ont suivi, fournissant une porte de sortie au Docteur et Steven au tout dernier moment (il valait mieux pour eux !) en laissant derrière la jeune fille que Steven voulait protéger. Une bonne manière de revenir sur la règle d’or du Docteur de ne pas intervenir dans l’Histoire. Règle qui passe en travers de la gorge de l’impétueux compagnon, qui décide de quitter le TARDIS pour en finir avec ces rencontres de gens qui mourront inévitablement sans qu’il ne puisse rien faire. Le Docteur se retrouve ainsi seul, dépouillé de sa garde et entre dans une complainte…jusqu’à ce qu’une jeune fille étrangement volontaire, Dodo, arrive dans le TARDIS pour prévenir la police d’un accident. Steven fait aussi marche arrière. Nous arrivons donc en l’espace d’une minute de zéro à deux compagnons.

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Les bars parisiens : lieu de rencontre entre jeunes filles perdues, huguenots et voyageurs temporels anglais.

N :  6

IM :  5

 

3-04 The Dalek’s Master plan

3-04 The Dalek’s Master plan
De Terry Nation / Dennis Spooner (12 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

An 4000. La paix règne dans le système solaire, mais les Dalek ont déjà signé l’Alliance qui y mettra fin. Le Docteur atterrit sur la planète de leur QG, accompagné d’un Steven empoisonné et de la servante Katarina, qui est totalement à l’ouest (elle pense embarquer pour une sorte de lieu de perfection). Il part en reconnaissance. Bret, un soldat envoyé sur place, en profite pour entrer dans le TARDIS et compte s’en servir pour rentrer chez lui. Gros choc des cultures au sein du vaisseau du Docteur. De son côté, le seigneur du temps ne tarde pas à découvrir les Daleks et également leur plan. Avec l’aide du traître Mavic Chen, grand maître du système solaire, et de l’Alliance des galaxies lointaines, ils comptent placer un noyau de Taranium dans un destructeur temporel afin de détruire notre système. Mais le Docteur et ses compagnons parviennent à dérober le Taranium.

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Mavic Chan, Just a megalo.

Avec ses douze épisodes, The Dalek’s Master Plan est l’arc le plus long de Dr. Who, ce qui n’est pas une mince affaire sur un épisode semi-reconstitué. C’est aussi un bodycount impressionnant, à commencer par la suppression de Katarina, première voyageuse temporelle tuée, éjectée dans l’espace avec un dangereux criminel dès le premier quart de l’arc. La pauvre servante Troyenne aurait été larguée dans le TARDIS, mais c’est un peu brutal. Bret (Nicholas Courtney, futur Brigadier ! ) est aussi abattu et l’arc se termine avec la mort brutale de Sara Kingdom, soldat du système solaire incarnée par Jean March qui les a suivi sur près de dix épisodes de cet arc et qui aurait pu aussi faire une excellente compagne pour le Docteur et Steven. Bref, Terry Nation a craqué.

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Ils étaient quatre. Il n’en restera que deux.

La première partie de l’arc se suit agréablement. D’une planète pénitentiaire à une téléportation interstellaire qui envoie nos héros à l’autre bout de l’univers, en passant par des échanges sympathiques (la prise de bec de Steven et du Docteur concernant ses expérimentations). Puis au beau milieu de l’arc, Terry Nation nous fait un beau pétage de plomb dans le style de The Chase. Le temps d’un christmas special (le premier!). Le Docteur, Steven et Sara sont propulsés dans les années 60 et ont des difficultés à cause du TARDIS et d’une bande de flics qui le confondent avec une de leurs cabine de police (Sara pense que la planète du Doc s’appelle police !). Ils se retrouvent ensuite au temps du muet lors du tournage d’un film exotique, avant de péter le quatrième mur en souhaitant un joyeux Noël aux spectateurs.

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Sara Kingdom, incarnée par Jean March : Une compagne qui ne fait que passer.

Alors que les Dalek sont à leur poursuite pour retrouver le précieux Taranium, le trio voyage au cœur d’un match, retrouve le Time Meddler qui cherche à se venger (merci Dennis Spooner), puis passe faire un tour à Londres, au 1er janvier 1966 pour atterrir en Egypte. Là, c’est un peu la poursuite à la Benny Hill entre les trois vaisseaux temporels (les TARDIS du Docteur et du Time Meddler et le vaisseau des Daleks). Le dernier épisode rattrape heureusement ce gros n’importe quoi en proposant un final à la hauteur. The Dalek’s Master plan est le premier vrai épisode à puiser dans une continuité mythologique, à convoquer un background récurrent au-delà des personnages. L’arc scelle aussi l’installation des Dalek et de Dr Who dans les mœurs des anglais, mais il serait temps de mettre un peu d’ordre dans la surenchère de Terry Nation.

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Il s’en est fallu de peu pour que Terry Nation supprime aussi le Docteur.

N : 5

IM :  8

En 1967, les enregistrements 16mm des épisodes étaient utilisés pour être revendus à l’étranger. Mais la partie 7 « The Feast of Steven » étant considérée comme une blague liée aux fêtes de Noël, les épisodes étaient vendus sans cette partie. Il devint donc le premier épisode manquant de la série. En 1976, l’épisode fut estimé comme disparu dans sa totalité. En 1985, les parties 5 (« Counter Plot ») et 10 (« Escape Switch ») furent découvertes à Clapham dans un coffre se trouvant dans une Eglise mormone. En 2004, William Watson, un ingénieur de la BBC retrouva chez lui la partie 2 (« Day of Armageddon ») et la restitua. Des extraits ont été retrouvés : En 1971, l’émission « Blue Peter » présente quelques extraits de la partie 3 (« Devil’s Planet ») qui seront alors conservées puis en 1973, la même émission montre un nouvel extrait de la partie 4 (« The Traitors ») incluant la scène d’éjection de Katarina dans l’espace. En 1991, une copie muette des inserts d’extra-terrestres de la 1ere partie (« The Nightmare Begins ») fut retrouvée et réinsérée avec du son.

3-03 The Myth Makers

3-03 The Myth Makers
De Donald Cotton (4 épisodes)

Réalisation : Michael Leeston-Smith

Le Docteur et ses compagnons atterrissent au beau milieu du combat entre Hector et Achille qui décidera de l’issue de la Guerre de Troie. Vainqueur, Achille est persuadé que le Docteur est le dieu Zeus venu lui fournir son aide. Ulysse n’est guère de cet avis, mais le Docteur décide de jouer de cette aura divine que lui procure son vaisseau. Ulysse conduit le vieil Homme au camp des Achéens où il rencontre Ménélas et Agamemnon et parvient à plaider sa cause…pour le moment. Parti à la recherche du Docteur, Steven Taylor se retrouve pris à son tour. Le TARDIS a été de son côté traîné par les Troyens jusqu’au palais de Priam. Le roi Troyen et ses enfants découvrent avec stupeur la jeune Vicki sortir du vaisseau…

ImageUlysse s’en paie une bonne tranche sur quatre épisodes, mais bientôt il rira moins!

Un épisode du passé qui se retrouve forcément réduit à une grosse pièce de théâtre mettant en scène les quelques acteurs principaux de la Guerre de Troie. On vogue d’un camp à l’autre avec de longs dialogues, pas forcément inintéressants mais plus difficilement tenables sur un épisode reconstitué. The Myth Makers est pourtant un des meilleurs épisodes historiques, car il utilise très bien les superstitions des deux camps (Dieux, oracles…) pour retraduire le point de vue sur l’arrivée du Docteur et de ses compagnons. Les acteurs sont plutôt investis, même parfois un peu trop, notamment Ivor Salter qui rend un Ulysse cabotin et belliciste. La rencontre entre le chef de guerre d’Itaque et le Docteur est d’ailleurs plutôt savoureuse.

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Le prince charmant. La porte de sortie des jeunes compagnes du Docteur.

L’épisode présente également une vue exhaustive sur les événements et une bonne mise en perspective. Nous aurons donc droit au Cheval de Troie (auquel, une fois de plus, le Docteur ne serait pas étranger) et à une petite surprise sur la fin. Tombé amoureuse de Troilus, un des fils de Priam, Vicki s’avise de le sauver du massacre de Troie et choisit de ne pas suivre le Docteur dans le TARDIS. Elle et Troilus rejoindront Enée, le cousin de ce dernier afin de pourquoi pas…fonder une nouvelle Troie (dans laquelle Vicki rencontrera plus tard Néron !). Un départ bien prématuré pour une sympathique compagne, plutôt dommage car le trio Vicki/Steven/Docteur bénéficiait d’une excellente dynamique. Pour l’heure, Le Docteur et un Steven blessé par l’attaque des Achéens embarquent dans le TARDIS Katharina, une des servantes Troyennes du palais de Priam, pour se diriger vers la menace Dalek.

 

Goodbye Vicki  😦

N : 7

IM :  5

Tout ce qui reste de cet arc sont les bandes sonores ainsi que des bandes 8 mm montrant quelques secondes des parties 1, 2 et 4 filmées par des amateurs devant leurs téléviseurs lors de la diffusion des épisodes. Même les telesnaps des épisodes et les photos de tournage sont relativement rares.

3-02 Mission to the unknown (The Dalek cutaway)

3-02 Mission to the unknown (The Dalek cutaway)
De Terry Nation (1 épisode)

Réalisation : Derek Martinus

Trois hommes atterrissent sur une lointaine planète. L’un d’entre eux est piqué par une épine et pris d’une folie meurtrière. Il est abattu par un de ses confères qui avoue au troisième larron qu’il est un agent secret avec un permis de tuer (!) et qu’ils ont été envoyé sur cette planète car elle semble être l’avant-poste des Daleks, très influents dans différentes galaxies et bien décidés à conclure une terrible alliance pour mettre à feu et à sang notre système solaire. La présence des Vargas, plantes qui ont rendu fou leur collègue et qui ne poussent que sur Skaro, semblent confirmer les dires de notre double zéro de l’espace.

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Les z’héros de l’épisode (l’un des deux en est un double).

Mission to the unknown est un épisode très spécial car il s’agit du seul épisode de Dr Who où Le Docteur ou ses compagnons n’apparaissent pas. Il fut construit comme une forme de teaser de The Dalek master plan, le quatrième arc de la saison, et il tient plutôt bien cette mission en présentant une sorte d’alliance guerrière entre les affreux de Skaro et les chefs des galaxies lointaines (les forces de l’Axe ?). On peut donc s’attendre à de la surenchère plusieurs centaines d’années après l’échec de leur invasion de la Terre et seulement trois arc depuis leur dernière apparition. L’incroyable popularité dont jouissaient les Daleks déjà à l’époque semblait être une bonne garantie de Terry Nation pour figurer encore longtemps au générique.

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« On va être les maîtres de l’univers hahahahahaha!!!! »

Outre le freak show stupéfiant proposé par la réunion au sommet (avec entre autres un lointain cousin du Toxic Avenger), l’épisode offre de belles transformations d’humains en plantes à mousse géantes (en phase 2, après l’envie de tuer). Le coté épisode unique dissipe les longueurs d’un arc qui ne contient aucun personnage récurrent, et se trouve être entièrement reconstitué. Pour l’anecdote, il ne fut pas diffusé à l’étranger puisque jugé trop violent (mouais) et il s’agit du dernier épisode auquel a participé la productrice historique du show, Verity Lambert.

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Verity Lambert au milieu des créatures des galaxies lointaines

N : 3

IM :  5

Saison 3 (1965-1966) / 3-01 Galaxy 4

3-01 Galaxy 4

De William Emms (4 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus & Mervyn Pinfield

A peine débarqués sur une nouvelle planète, le Docteur, Vicki et Steven se retrouvent accueillis par les Chumblies, des robots aux intentions peu claires. Sauvés de leurs griffes par les Dravhins, un peuple évolué constitué principalement de femmes, ils sont avertis du danger constitué par les Rills, les maîtres des Chumblies. Depuis que leur vaisseau abattu à échoué sur la planète, les Drahvins tentent de s’emparer du vaisseau Rills avant que la planète n’explose. Il ne leur reste plus que deux jours pour ce faire. Mais le Docteur et ses compagnons découvriront vite que les bad guys ne sont pas ceux qu’on croit.

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Les Dravhins, ou l’échec de l’intelligence

Un arc reconstitué pour débuter cette saison 3, certes peu original (deux peuples en conflit sur une planète étrangère) mais pas désagréable à suivre. La dynamique entre Le Docteur, Vicki et Steven est bonne et le show ressort allégé de l’abandon d’un compagnon, d’autant plus que les trois héros sont tous actifs et entreprenants. L’arc bénéficie en outre d’un bon rythme et d’une bonne gestion du suspens (entre autres, sur la partie avec Steven dans le sas), baladant le spectateur d’un camp à l’autre et conservant habilement le doute sur la nature du peuple Rills.

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Chumblie n’est pas son vrai nom. Et on ne saura jamais pourquoi il fut baptisé ainsi.

Galaxy 4 traite du soucis des apparences, de l’orgueil et des préjugés d’une civilisation proche des sociétés humaines, mais très régressive. On découvre vite que ce ne sont pas les Rills, mais les Drahvins qui refusent le dialogue et sont prisonniers de leurs visées guerrières. Leur chef se pense très intelligente du seule fait qu’elle peut penser, mais est assez conne pour ne pas sortir combattre et garder avec elle la seule arme qui pourrait détruire les robots « ennemis ». Elle soutient également que les Rills ne les aideront pas à quitter la planète, basant au final sa crainte sur l’apparence de l’autre peuple, alors que les maîtres des robots ont atteint un stade d’évolution qui les garde de toute passion destructrice. Le Docteur et ses compagnons finiront par aider les Rills et les Dravhins périront dans l’explosion de la planète, ne pouvant s’en prendre qu’à eux-même !

Une petite intervention de Peter Purves, aka Steven Taylor, pour présenter la suite des joyeusetés :

 

N  : 6/10

IM : 2/10

Exceptées 6 minutes de la première partie, « Four Hundred Dawns », Galaxy 4 fut longtemps considéré comme totalement manquant. Le 11 décembre 2011, la troisième partie « Air Lock » fut découverte parmi des bobines achetées à un collectionneur.

 

2-09 The time meddler

2-09 The time meddler
De Dennis Spooner (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

C’était couru d’avance. Steven Taylor avait bien fui la planète Mechanus en trouvant refuge dans le TARDIS. A peine remis de leur séparation de Ian et Barbara, Vicki et le Docteur débusquent le passager clandestin. Bien lavé et rasé, l’astronaute terrien captif des Mécanoïdes peut se remettre de ses émotions et questionner la qualité de vaisseau temporel du TARDIS. Pas pour longtemps, car tous ont atterri en 1066 dans le Northumberland, alors qu’une bataille historique entre vikings et Saxons menace de faire rage. Tandis que ses compagnons parviennent à survivre aux Saxons, le Docteur est kidnappé par un étrange moine.

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Retour aux commandes de Dennis Spooner pour clore cette saison 2, comme il l’avait fait pour la 1. On peut néanmoins regretter que le ton comique des Romains n’ait pas fait fureur. Nous revenons à quelque chose de plus sérieux, dans le style de son épisode sur la Terreur. Toute proportions gardées car ces quatre épisodes se suivent avec nettement plus de plaisir, évitant de sombrer dans les répétitions de la première saison. Steven Taylor se montre astucieux et laisse entrevoir un goût marqué pour l’aventure. Il y’a une belle alchimie / complémentarité entre le nouveau et Vicki, toujours autant attachée au Docteur et au TARDIS. Fait inédit dans le relaunch : Le Docteur se retrouve avec deux compagnons du futur qui auront moins l’air de tomber des nues lors des voyages et qui n’ont guère d’attache à leur époque.

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Vicki et Steven. Deux compagnons du futur déjà complices.

Pour l’heure, l’intérêt se porte sur le fameux moine, qui n’est rien d’autre qu’un congénère du Docteur qui a emprunté un TARDIS de modèle 4 (!) plusieurs dizaines d’années après la fuite du Docteur. Mais celui-ci voyage pour modifier l’Histoire (donner des outils à De Vinci, aider à construire Stonehenge…) et il compte bien faire son gros coup en coinçant les Vikings aux côtes de Northumberland, empêchant ainsi les armées du roi Harold d’être dépassés au sud et de perdre la bataille de Hastings contre Guillaume Le Conquérant. Vaste programme de cet ancêtre du Maître, qui sera heureusement déjoué à temps, tandis que celui-ci sera assigné à résidence à cette époque charnière de l’Histoire anglaise. Pendant ce temps, nos voyageurs temporels voguent vers une belle saison 3 !

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Le time meddler, one shot ou première incarnation du Maître?

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 7/10

 

A suivre…