28/2-02 Tooth and Claw (Un loup-garou royal)

28/2-02 Tooth and Claw

De Russell T. Davies

Réalisation : Euros Lyn

1879. La reine Victoria a été victime de plusieurs tentatives d’assassinat. Elle décide de prendre refuge avec sa garde, Rose et le Docteur (qu’elle a croisés en chemin) dans le comté de Torchwood. C’est là que réside sir Robert, le fils d’un grand ami de son défunt mari, le prince Albert. Les deux hommes avaient pour habitude de discuter de légendes liées aux loups de la région tandis que le père de sir Robert était obsédé jusqu’à son dernier souffle par une étrange machine ressemblant à un télescope. Arrivé à destination, le groupe ne sait pas que quelques heures auparavant, des moines ont occupé les lieux par la force et qu’ils y’ont introduit un loup-garou. Le but de la manoeuvre est que la Reine devienne l’hôte du loup qui contrôlerait alors le Royaume-Uni et son empire (et l’Histoire aussi, tant qu’on y’est). La pleine lune se lève. Le loup remplace son hôte humain et les occupants se retrouvent coincés entre le choix de se faire dévorer, celui de se faire shooter par les moines dévots qui attendent à l’extérieur, sans oublier la sainte obligation de se sacrifier pour défendre la Couronne.

2802Un bel outil qui n’observera pas grand chose

On trouve dans Tooth and Claw les ingrédients d’une histoire de flippe efficace : Un huis clos, un danger introduit à l’intérieur dès le début (et de manière brillante), un mythe que tout le monde connaît (dans sa légère variation S-F), un enjeu de taille et le suspens habilement distillé durant tout l’épisode. Du classique, dans le bon sens du terme. Ce postulat d’angoisse met un peu en sourdine le jeu d’émulation perpétuel entre Rose et le Docteur, même si leur complicité prend toujours une bonne place dans l’épisode. Le loup est convaincant dans la limite de ce que les images de synthèse pouvaient rendre palpable à l’époque. Et disons-le clairement, l’organique à toujours bien mieux représenté le loup-garou. La reconstitution est superbe. La lumière est très belle, accentuant l’atmosphère victorienne des lieux. La musique plonge dans l’action. On est arrivé à un point ou chaque nouvel épisode de cette nouvelle série est un vrai petit film. Le classicisme de Tooth and Claw n’empêche pas quelques petites modernités. La plus saillante est la présentation des moines dans une démonstration d’arts martiaux qui ouvre l’épisode. Un mix entre films du genre et un style de réalisation énergique qui renvoie au cinéma anglais de ces dernières années, et particulièrement à Danny Boyle. La scène en question a pris une journée du planning et a profité de l’aide de David Forman qui avait bossé sur les combats de Batman Begins.

2802BLe lancer de moines a lieu plus tôt cette année

Les personnages sont toujours bien dessinés, particulièrement la reine Victoria. La souveraine est tiraillée entre la raison de son rang et la peine causée par la mort de son mari, qui lui fait d’abord considérer les superstitions avec une certaine bienveillance. Pauline Collins arrive à transmettre cette idée, ainsi que la peur qui la saisit lorsqu’elle ne maîtrise plus rien sans délaisser le coté digne et hautain propre au personnage. Les petits détails de l’Histoire sont incorporés de manière fort plaisante au scénario, autant lorsqu’on joue sur l’hémophilie de la reine pour exprimer le doute sur un futur empire du loup deux siècles plus tard que lorsqu’un diamant bien connu devient l’arme ultime pour dézinguer le loup-garou. Le fait que le Docteur se présente comme James McCrimmon à la reine et sa suite aura de quoi raviver la nostalgie de Two et de son fidèle Jamie McCrimmon.

2802DLa classe, ça ne s’invente pas

L’ironie et la poésie ne sont pas non plus en reste avec ces deux hommes en apparence fantasques et puériles mais qui avaient pressenti le danger de leurs proches à venir avant leur mort et qui ont consacré leurs derniers instants pour mieux les protéger d’outre-tombe. Pour une parfaite conclusion, l’ingéniosité du Docteur et des scénaristes (qui est du même moule que le bricoleur de père de Sir Robert) feront le reste. Quand le danger était à l’intérieur, les deux parties du remède étaient fatalement réunies entre ces mêmes murs. C’est suite à cette aventure peu commune au domaine de Torchwood que la reine Victoria décidera de créer le Torchwood institute, ennemi proclamé du Docteur et autres créatures paranormales qui constituent un danger pour son pays. Le fil rouge de la saison est lancé.

2802CCelle par qui la série Torchwood est arrivée. We were not amused.

N : 8

IM : 7

Saison 28/2 (2005-2006) / 28/2-01 New Earth (Une nouvelle Terre)

28/2-01  New Earth
de Russell T. Davies
Réalisation : James Hawes

Nous sommes en l’an 5 milliards 23. Les humains, toujours aussi nostalgiques, n’ont pas attendu longtemps après la grande explosion du soleil pour reconstruire leur planète dans une galaxie lointaine. C’est là que le new-new Doctor amène Rose, plus précisément sur New-New York. C’est un plan qui sent l’épate à plein nez, on se souvient de ce premier rendez-vous avec Nine quelques années auparavant (ou plutôt quelques mois) devant la dite explosion. Ten se mettrait-il en compétition avec la précédente incarnation ? Il y’a une autre raison à sa présence sur les lieux : Il a reçu sur son psychic paper un message du Face of Boe mourant lui donnant rendez-vous dans un hôpital de New New York. L’hôpital est dirigé par des nonnes chats qui parviennent à soigner leurs patients atteints des maladies les plus incurables en un tour de patte, chose qui intrigue le Docteur. Mais Ten est loin de se douter que Cassandra, la dernière humaine « pure » est de retour et qu’elle se terre au dernier étage de l’hôpital, elle aussi intriguée par l’affaire. Elle y attire Rose puis elle en profite pour se transmuter dans son corps.

2801

Après la fin de la Terre de Nine, Ten fait mieux de quelques années

Russell T.Davies prône le changement dans la continuité, rappelant à lui les têtes connus du très bon The End of The World dans un épisode teinté de nostalgie, mais néanmoins bien tourné vers le futur. New Earth est plus structuré que les précédents épisodes et un poil plus sérieux, mais il mélange les genres dans une bonne humeur constante. Le monde décrit est original. Les effets spéciaux ont fait un bond impressionnant et on expérimente un parfait patchwork de retour des morts vivants / thriller S.F médical / Doctor Who. La série visite la bioéthique par l’intermédiaire de ces nonnes chats qui ont fini par cultiver des humains pour soigner les pires maladies en leur retransmettant. Ainsi ils en font de véritables germes vivants qui peuvent tuer tous ce qu’ils touchent. Si les nonnes natives du nouveau monde ont le mauvais rôle, on ne peut s’empêcher de penser à un autre nouveau monde, l’Amérique, dans lequel ce furent les natifs qui héritèrent bien tristement de la variole livrée par les colons, sous la forme de couvertures. L’humour grinçant british aurait-il frappé ?

2801BCreepy cats, creepy cats. What are they feeding you ?

Le jeu de David Tennant est très varié et fidèle à l’épisode précédent. On sent que le léger lifting de la série est justifié par la nouvelle personnalité du Docteur. Davies se régale avec les changements d’identité, permettant de transmuter Cassandra alternativement dans les corps de Rose et du Docteur, constatant l’évidence de l’attraction de la londonienne pour Ten. Une nouvelle complicité se tisse entre Rose et le Docteur, amplifiée par sa jeunesse apparente, et les allusions tendent à penser que la saison pourra voir concrétiser leur lien. Un nouveau mystère s’ajoute avec la révélation de Face of Boe au Docteur, ajournée à la saison prochaine. Emanation du passé telle la Norma Desmond du Sunset Boulevard de Billy Wilder, l’infecte Cassandra ressort grandie de cet épisode et connaît une conclusion parmi les plus émouvantes de la série. Une nouvelle preuve que monsieur Davies aime tous ses personnages.

2801C

Le final poétique de Cassandra, retrouvant sa grandeur d’antan

N : 8

IM : 7

Christmas Special 2005 – The Christmas Invasion (L’Invasion de Noël)

AND NOW…

TENNANT

…THE (TEN)NANT SHOW

Christmas Special 2005 – The Christmas Invasion

De Russell T. Davies

Réalisation : James Hawes

Le voici de retour, le Docteur, toujours accompagné de son inséparable Rose. Mais il y’a comme qui dirait un problème. Il ressemble à David Tennant. Rose ne sait plus quoi faire devant ce parfait inconnu. Lors du sketch diffusé pour le children in need de la BBC, téléthon local pour les enfants handicapés, le Docteur tente de la convaincre qu’il est toujours le même. Il finit par accepter de la raccompagner chez elle, puis la régénération tourne mal et menace de les crasher sur Terre.

C’est à ce moment de confusion que débute le premier épisode de noël de Doctor Who. Pas le premier épisode de la saison 2 mais un épisode de noël, véritable institution en Grande-Bretagne pour les séries à succès. Il est long de près d’une heure (57 mn exactement), est diffusé quelques semaines avant la reprise de la série. Mais hors saison ne signifie pas hors continuité. Le Docteur s’est régénéré mais il n’a pas pu évacuer le surplus d’énergie du TARDIS. Ce qui lui vaut de sombrer dans le coma à son arrivée. Rose, Mickey et Jackie le transportent chez les Tyler pour le soigner et fêter noël. Mais des « poissons pilotes » déguisés en père-noël se repaissent violemment de l’énergie du docteur, annonçant une menace plus grande. La belle nation anglaise, dirigée par la première ministre Harriet Jones vers son âge d’or, a décidé de balancer dans l’espace une sonde avec quelques objets terriens pour établir un contact. Les Sycorax s’en sont emparés et ils comptent bien mettre l’entière humanité à leur botte avec les moyens dont ils disposent. La première invasion ouverte (de la nouvelle série), véritable premier contact extraterrestre aura lieu ce jour de Noël alors même que le Docteur est hors d’état d’aider la Terre.

2800BL’énergie du Vortex…ça cale

La difficile réincarnation du Docteur est au centre de ce special, qui joue sur l’incertitude d’obtenir l’aide du Docteur alors que la situation empire, jusqu’à ce que le bon thé de Jackie vienne changer la donne ! Une régénération compliquée, ce n’est pas neuf dans Doctor Who. Five/Davison avait aussi très mal géré le tournant, et Twelve/Capaldi entretiendrait le doute sur sa santé mentale. Sans le neuvième Docteur, Rose reprend la lignée des compagnons transitoires démarrée avec Polly et Ben, devenant le référent ultime du spectateur. Qui n’est pas familier avec la série classique partage sa crainte que David Tennant soit moins à la hauteur (ou pour qui connaît bien Six, qu’il devienne dangereux pour elle). Rose se demande si cela vaut le coup qu’elle reste avec ce TimeLord, mais elle ne peut pas le quitter. Davies nous aura finalement facilité les choses. Le Docteur a beau avoir l’air plus jeune, Nine et Ten possèdent le même esprit. Il y’a de plus assez de différence physique et d’âge entre David Tennant et Christopher Eccleston pour que la comparaison ne s’impose pas, et c’est mieux comme ça. On relève déjà en Ten un Docteur plus sombre et téméraire, plus imprévisible, mais qui conserve l’allant de son prédécesseur. Le Docteur se cherche, ce qui le rend capable de faire n’importe quoi. Cette dualité est déjà bien inscrite dans le personnage mais elle sera encore plus présente à l’avenir.

2800Sycorax Rocks!

L’ère Davies reste fidèle à elle-même dans ce Christmas Special, toujours aussi inventive et drôle. Les humains sont toujours aussi stupides, les E.T sont toujours aussi répugnants et belliqueux et les mauvais ne sont pas forcément ceux qu’on croit. Le showrunner envoie la première vraie mouture d’une invasion par contrôle (qu’il reprendra ensuite). Dans une reprise malsaine de l’appel de Rencontres du troisième type, Les Sycorax s’ingénient à contrôler les humains au moyen de sang qu’eux-même ont envoyé dans l’espace dans une sonde de type Voyager. Après un duel épique entre le chef Sycorax et le nouveau Docteur, Harriet Jones décide de prendre contact avec l’institut Torchwood pour aller à l’encontre du pacte établi entre Ten et les Sycorax survivants, abattant le vaisseau alien en retraite. Ce froid réalisme renvoie aux actes du Brigadier au début des 70’s mais il étonne d’autant plus qu’Harriet Jones était alors montrée comme un personnage à 100% positif en décalage avec son entourage politique. A noter qu’il s’agit de la seconde évocation de Torchwood (la première était une citation lors du jeu télévisé de Rose) et d’un bel effet d’annonce. L’institut sera le fil rouge de la saison 2 à venir.

2800CMême le matin au réveil, le Docteur ne perd pas la main

Après cette note politique sombre, on termine sur de joyeuses festivités, de la fausse neige et le Docteur se choisit un nouveau look bien plus élégant que son précédent lui. Dans la continuité de la saison 1, ce Christmas Invasion augure de bons renouvellements sur les effets spéciaux et la musique de la série. Retravaillé par Murray Gold, le thème de Doctor Who se pare d’un orchestre à la hauteur d’une partition John Williamesque qui viendra clôturer dès lors chaque épisode. Qui a dit que Doctor Who ne pouvait pas être épique?

N : 8

IM : 7

2800D

27 / 1-12 & 13 Bad Wolf & The Parting of the ways (Le Grand Méchant Loup & A la Croisée des Chemins)

27 / 1-12 & 13  Bad Wolf & The Parting of the ways

De Russell T. Davies (2 épisodes)

Réalisation : Joe Ahearne

Le premier season finale de la nouvelle série démarre comme un cauchemar : Le Docteur se retrouve sur le plateau de Big Brother et il est invité dans le confessionnal. Rose est contrainte de participer à une émission du maillon faible présentée par le Ann- Droid (référence à Anne Robinson qui présente alors le jeu sur la BBC). Quand au Capitaine Jack, il se retrouve pris au piège d’une émission de relooking avec des robots. Pourquoi tant de haine?! Qui est donc le responsable de ces horribles téléportations ?! (à part les scénaristes). Ces événements se situent cent ans après la destruction du Jagrafess sur le sattelite 5. L’espèce humaine s’est enlisée culturellement au point de ne plus se soucier de ce qu’il se passe ailleurs et de ne plus vivre que par les jeux et la télé-réalité. La Bad wolf company produit pour eux soixante Big Brother qui ont lieu en même temps sur le satellite et il en est autant des 100 jeux différents. Ce serait encore supportable (quoique…) si ceux qui étaient expulsés du loft n’étaient pas désintégrés, si les maillons faibles désignés n’étaient pas pulvérisés et si le relooking ne consistait pas à couper des têtes. Jack Harkness, le docteur et une participante nommée Lynda s’en tirent mais au dernier stade de sa partie, Rose est désintégrée par l’Ann-droïd. Les survivants découvrent que la contrôleuse des jeux a téléporté le Docteur et ses compagnons afin qu’il s’occupe des vrais boss. Ceux qui contrôlent l’humanité dans les coulisses depuis des centaines d’années : Les Daleks.

2712Vous êtes le maillon faible : Adieu !

Après la manipulation de l’information, voici l’abrutissement des humains par les jeux télévisés et la téléréalité. Contacté par la BBC en 2001, Davies avait déjà dans l’idée de faire une version moderne de Dr Who et d’un épisode d’émissions de télé-réalité dont l’issue était la mort. Ces émissions connaissaient alors leurs premier succès et une nuée de critiques. A la diffusion de l’épisode Bad Wolf en 2006, elles étaient déjà devenues quelque chose de normal dans le paysage audiovisuel mondial et poursuivaient un cycle de surenchère. La reprise des émissions connues avec la mise à jour S-F de circonstance inscrit le nouveau Dr Who dans une satire réjouissante de la société actuelle. La prédiction des 100% de la population passifs qui se délectent de cet abattoir organisé dans lequel les participants sont pourtant choisis au hasard parmi eux n’étonne que bien peu, compte tenu du passif de l’humanité sur les mise à mort publiques. Celle des organisateurs qui avouent juste faire leur travail sonne comme un renvoi à des heures encore plus sombres de l’histoire. Russell T.Davies en profite pour rejouer les conséquences négatives de l’action du Docteur en faisant de cette ère de jeux la suite (logique) de la destruction des infrastructures d’information. La meilleure pirouette de Bad Wolf aura été de mettre suffisamment en avant Lynda en future compagne potentiel pour rendre crédible la mort de Rose à ce stade de la série. Chose qui n’arrivera heureusement pas (notre vieil ami le rayon transmat ne fait que téléporter). Parallèlement, les indices du Bad Wolf dispersés dans toute la saison font sens, concluant finalement un arc saisonnier que Russell T. Davies avait originellement prévu de prolonger sur la saison 2. Le 1 saison / 1 fil rouge / 1 boss de fin whedonien est installé.

2712BL’empereur Dalek et sa technique de culpabilisation

On avance vers une bataille contre des armées de Dalek en guise bouquet final, un fan service attendu en dépit des circonstances et qui a dû enchanter des générations d’anglais. Cette bataille changera à jamais les protagonistes de la série. Au contact du Docteur, le capitaine Jack fait une volte-face et redevient un vrai chef. Le discours qu’il clame aux prisonniers de la station alors qu’il sait que la bataille est peine perdue est vraiment puissant. Sa sortie est excellente, à la mesure du personnage. On le retrouvera dans Torchwood, le spin off de Doctor Who. Le Docteur se retrouve quand à lui confronté au choix qui lui pendait au nez: Supprimer les Dalek et prendre la responsabilité de la destruction de la Terre ou bien les laisser continuer leur progression. Un choix pas évident quand on pèse sa haine des Dalek suite à la guerre du temps mais aussi son sens des responsabilités et les leçons de Rose. Hors de la guerre du temps, le Docteur peut-il être un grand exterminateur au même titre que l’empereur Dalek? La réponse est non.

2712CRose, ou quand la compagne passe au niveau supérieur

Le plus important bond dans ce final de saison 1 est celui de Rose, dans la concrétisation de son lien unique avec le Docteur. Lorsqu’il la renvoie chez elle pour la protéger de la fin imminente, elle assure Mickey et sa mère qu’elle ne peut plus vivre sans ces voyages et le Docteur, et que son père l’aurait soutenue. Elle les convainc d’ouvrir le TARDIS pour qu’il regarde en elle et la reconduise en plein milieu de la bataille. C’est l’occasion d’une épiphanie pour le personnage comme aucune compagne n’en a (encore) eue, puisqu’elle se retrouve investie de l’énergie du vortex temporel. Elle révèle la véritable signification du Bad Wolf, un message qu’elle a dispersé elle-même à travers l’espace-temps pour guider son retour dans la bataille. Ainsi Rose réduira les Dalek à néant et redonnera vie à Jack. Afin qu’elle ne meurt pas, le Docteur absorbe l’énergie contenu en elle en l’embrassant. C’est à ce climax entre les deux personnages que Christopher Eccleston laisse sa place à David Tennant, non sans avoir avoir fini en beauté sur une tirade à laquelle on ne peut qu’acquiescer: « Rose, you were absolutely fantastic, and you know what? So was I ».

2712DC’est pour un échange d’énergie. L’honneur est sauf.

Eccleston peut partir tranquille. Grâce à Nine, il n’aura suffi que d’une saison pour que la machine soit relancée et qu’elle atteigne sa vitesse de croisière. Si son alchimie avec Billie Piper, la décontraction, la modernité et l’humanité insufflées par Russell T. Davies et le compositeur Murray Gold ont su admirablement l’accompagner, il demeure la clé de voute de cette saison. Alors comment enquiller une nouvelle saison sans Christopher Eccleston ? Ceux qui laissaient derrière eux leur premier Docteur étaient alors loin de se douter de ce qui les attendait.

N : 9

IM : 9

Goodbye Nine. Hello Ten.

27 / 1- 11 Boom Town (L’Explosion de Cardiff)

27 / 1- 11 Boom Town

De Russell T. Davies

Réalisation : Joe Ahearne

Six mois après l’attaque des Slitheen, un membre de l’impitoyable famille d’E.T venue de Raxacoricofallapatorius est toujours en vie. Blon Fel Fotch a réussi à se téléporter avant l’explosion et elle occupe désormais le poste convoité de maire de Cardiff. Pendant ce temps dans la même ville, le Docteur, Rose et le capitaine Jack réalimentent le Tardis, profitant de l’énergie laissée par la faille que Gwynneth a fermée en 1870. Mais Blon Fel Fotch compte aussi profiter de cette énergie en construisant dessus une centrale nucléaire. Dans ses prévisions, le gros BOOM que produirait la faille lui permettrait de rentrer chez elle en surfant dans l’espace (!). Alertés sur sa présence, les quatre parviennent à la coincer et ils projettent de la conduire sur sa planète où elle sera exécutée. Alors que Rose fait le point sur son histoire avec Mickey, Le capitaine Jack s’occupe du Tardis et le Docteur accepte un dîner avec celle qu’il va conduire à la mort.

2711CBoom Town fait dans l’économie : Tournage sur place à Cardiff, nouvelle patrie de Dr Who (et de mister Davies), peu de décors, beaucoup de scènes de dialogues. Nous sommes à la lisière du bottle episode. Russell T. Davies y réexploite avec cohérence et malice beaucoup d’éléments semés durant cette très bonne saison. Ecrit par le showrunner pour remplacer un épisode originellement confié à Paul Abbott (state of play, Shameless), Boom Town aborde la peine de mort, un sujet épineux dans une série comme Doctor Who, qui le traite malgré tout dans toute sa complexité. Fel Fotch semble changer, avoir des sentiments plus humains, mais elle ne manque pas une occasion pour essayer de sauver sa peau. Boom Town aborde aussi les actes des personnages et leurs conséquences, entre la savoureuse scène du dîner et l’explication de Rose et Mickey sur leur relation. Autant l’insouciance de Rose a des conséquences sur la vie de Mickey qui ne cesse de l’attendre, autant les actions du Docteur influent sur des millions de vie. La Slitheen ne se prive pas de le rappeler à ses démons, bien qu’elle n’ait aucune idée du massacre de masse qu’il a dû accomplir pour sauver l’univers.

2711Les quatre de l’apocalypse

En dépit de son sujet grave, Boom Town reste un épisode sympathique pour faire le point, se poser dans un restau, discuter et faire le tour de la capitale galloise avec quatre potes. A part sous Three période UNIT et Five période enfants perdus, rarement les interactions entre l’intégralité du cast auront été autant travaillées. Le showrunner conservera cette proximité des personnages et ce coté ‘feel good’ sur presque tout son run. Le Russell T.Davies au scénario nous a par contre habitués à mieux question action, même si cet épisode permet de révéler l’incroyable puissance du cœur du TARDIS en préparation de la fin de la saison. On savait que le vaisseau du Docteur pouvait traduire les langues, on découvre maintenant que c’est une entité à part entière capable de lire dans les pensées et dont l’énergie, accumulée par le vortex, est infinie et quasi omnipotente. A défaut de centrale, Fel Fotch décide de se servir de l’énergie du vaisseau pour activer son extrapolateur et se tailler, provoquant au passage un gigantesque séisme. Le Tardis lui offrira une troisième alternative inattendue et poétique. Le public de Doctor Who s’est rajeuni sur cette nouvelle série et les créateurs se doivent de composer avec une certaine noirceur, tout en omettant pas la responsabilité qui pèse sur le show. On sait très bien à partir de là que certaines choses ne peuvent pas arriver (comme un docteur meurtrier nazi pro peine de mort qui tue les humains avec une machette et a des gosses comme esclaves). La série arrive très bien à composer avec ces impératifs et les scénaristes se triturent les méninges pour compenser par de l’originalité, le nerf de la nouvelle série.

2711BL’ultime souper de Blon. On a connu pire compagnie.

Si cet épisode fait office de break, c’est aussi une belle note d’intention qui nous rappelle que rien ne se perd dans Doctor Who. Des références aux nouvelles aventures peuvent ressurgir alors que de nouveaux détails viennent enrichir la mythologie. L’air de rien, l’ensemble des éléments qui composeront le season finale sont déjà en place, y compris une référence bien plus appuyée au Bad Wolf (Blaidd Drwg en gallois) dans le bureau de Margaret/Blon.

N : 7

IM : 6

27 / 1-09 & 10 The Empty Child & The Doctor dances (Drôle de mort & Le Docteur danse)

27 / 1-09 & 10  The Empty Child & The Doctor dances

De Steven Moffat (2 épisodes)

Réalisation : James Hawes

Dans le vortex temporel, Rose et le Docteur suivent un objet mauve prêt à se crasher sur Londres. Ils se retrouvent en 1941 alors que les allemands bombardent la ville. Tandis que le Docteur cherche l’engin qui s’est écrasé, Rose suit un gamin qui appelle sa maman. Elle se retrouve accrochée à un ballon dans les airs sous les bombardements allemands avec un T-shirt qui représente l’Union Jack. C’était mal barré sans l’aide d’un mystérieux militaire qui se ballade dans un vaisseau invisible amarré à Big Ben. Ainsi Rose rencontre t’elle le capitaine Jack (!) Harkness. Pendant ce temps, le Docteur reçoit l’appel du même gosse qui cherche toujours sa maman et une jeune fille le met en garde. La gamine profite que les londoniens huppés aillent dans leurs abris pour offrir leur table à des gamins vagabonds, mais le mystérieux enfant semble la suivre et contaminer tous les gens qu’il touche d’un étrange syndrome.

2709Big Ben,  du champagne, une attaque aérienne et un peu de Glenn Miller…

Après l’émotion, la PEUR. Le deuxième double épisode de la nouvelle série mise sur un climat oppressant dans une époque non moins oppressante : le blitz Londonien. Il accueille pour la première fois à l’écriture Steven Moffat, futur showrunner de Doctor Who et auteur d’une parodie qui mis sens dessus dessous l’univers du Docteur. Le dyptique The empty child / the doctor dances dispose d’un scénario à la fois inventif et astucieux dans lequel chaque élément compte et qui sert avant tout à mettre en avant de nouvelles facettes des personnages. Du Doctor Who de très haute volée si j’ose dire (et ben oui, j’ose!). Le dépaysement est parfait dès le raid aérien allemand du premier épisode, on se croit en 1941. Le danger est introduit en douceur et la séparation de Rose et du Docteur sur presque la totalité du premier épisode permet de couvrir impeccablement deux intrigues qui se rejoindront au final, l’une n’allant pas sans l’autre. D’un coté il y’a Jack Harkness, ancien agent temporel du 51ème siècle devenu escroc et qui a attiré le duo à cette époque pour leur revendre un vaisseau ambulance, de la camelote amené à disparaitre sous les obus avant qu’ils en aient fait l’acquisition. De l’autre, l’ennemi suprême: Un gamin perdu qui porte un masque à sa peau et qui a le pouvoir de modifier l’ADN de tout ceux qu’il touche pour qu’ils deviennent comme lui. La chose se propageant comme la peste, il s’en faudra de peu de temps pour que l’humanité devienne des zombies à masque à gaz qui cherchent leur maman. La clé du mystère n’est pourtant pas loin…

2709BUne femme, un homme, un alien : un paquet de possibilités

En dehors de l’originalité de tous ces éléments combinée, du coté zombie flick , de l’intrigue et d’excellentes transformations, l’épisode réserve des bons moments en pagaille, entre autodérision et franche camaraderie. La confrontation entre Jack et Le Docteur pour les faveurs de Rose est très drôle. Ce diptyque dévoile enfin les intentions de Rose vis-à-vis du Docteur, lui avouant qu’elle a craqué pour Jack car il était comme lui, mais plus accessible. Nine n’est quand à lui pas de marbre. Le captain Jack est une sorte de superman tombeur qui en réalité saute sur tout ce qui bouge (les hommes du 51ème siècle…). On se moque du long nez et des grandes oreilles de Christopher Eccleston et on découvre que le Docteur peut danser (ou comment parler de sexe à la Lubitsch, sans en avoir l’air). La résolution finale digne d’un conte, avec happy end à la clé achève de souffler le téléspectateur.

2709CLe bon Docteur Constantine se transforme en aspirateur

Même s’il ne montre pas l’étendue du jeu temporel dont il est capable, ce dyptique possède en lui une bonne partie de ce qui fera les meilleurs épisodes de Steven Moffat. Notamment son aptitude à mêler l’horreur au merveilleux, à mettre en avant les enfants ou à apporter du neuf durable à la mythologie de Doctor Who. Ici, le Capitaine Jack Harkness qui rejoint le TARDIS à l’issue de l’épisode. Ce n’est pas la première fois qu’un escroc/mercenaire s’accorde les faveurs de la série (on se souvient de Sabalom Glitz), mais l’ambigüité du personnage et l’aisance de John Barrowman en font d’entrée de jeu un élément irremplaçable et important de la série. Il deviendra par la suite le héros de Torchwood, la première-spin off de Doctor Who version 2005. Avoir situé cette histoire dans le blitz londonien permet de visiter un temps apocalyptique où tout se jouait, et où les gens pensaient qu’aucun espoir de futur n’était possible. Et pourtant … Un hommage de l’Angleterre à elle-même, ça ne fait pas de mal de temps en temps.

2709D

N :9

IM : 7

27-1 / 08 Father’s day

27-1 / 08 Father’s day

De Paul Cornell

Réalisation : Joe Aherne

Destination: Peter Alan Tyler. Le 7 Novembre 1987.

2708

Le père de Rose, est mort renversé par une voiture alors qu’il se rendait à un mariage, alors qu’elle n’était qu’un bébé. Rose convainc le Docteur de retourner à ce moment pour que son père ne meurt pas seul. Mais à l’instant critique, elle ne peut s’empêcher de le sauver. Outre la colère du seigneur du temps qui se pose légitimement des questions sur les motivations de la compagne à le suivre, Rose découvre que son père était un petit combinard loin du grand homme que sa mère lui avait décrit. Tous se rendent au fameux mariage mais ils sont attaqués par des correcteurs du temps. Par la faute de Rose, le temps a été blessé et d’affreuses bêtes volantes bouffent tout le monde pour stériliser la plaie, commençant par les plus vieux. Alors que le monde court vers sa fin, le petit groupe d’invités et les mariés se barricadent dans l’église londonienne prise d’assaut par les exterminateurs…

2708BLe Docteur et Rose jouent un jeu dangereux

La nouvelle série continue d’explorer les possibilités que la série classique n’avait pas explorées, faute de suffisamment d’attaches aux compagnons terriens. La photographie d’un père que Rose n’a connu qu’à travers les descriptions de sa mère…une légende qu’elle n’aura jamais pu cotoyer, à moins qu’un alien se pointe chez elle pour lui offrir cette chance inespérée de défier la mort. Russell T. Davies sait que tout est possible dans Doctor Who, et qu’on peut même braver les règles instituées par les classiques pourvu que le jeu en valle la chandelle. Avec Father’s day, Doctor Who s’attaque au paradoxe temporel et on sait à quel point il n’est guère aisé de jouer avec (remember Terminator!). Ca l’est encore moins quand on officie sur une série qui doit prendre en compte la possibilité de changer le cours des événements. Sur ce point, la série classique nous a déjà introduit à l’effet blinovitch et la non possibilité pour le voyageur d’intervenir dans sa propre ligne temporelle. Mais au lieu de se poser d’interminables questions de logique sur le sujet, Davies s’en remet à la disparition des TimeLords et des règles du temps, laissant à Steven Moffat les audaces de codification des désordres temporels qui lui vaudront quelques fois de se prendre les pieds dans le tapis. C’est mieux ainsi, car trop de complexité aurait nui à un épisode dont la substance se trouve dans l’expérience de Rose. Le génial Paul Cornell, auteur sur des histoires dérivées lors du hiatus 1989-2005 et futur scénariste du très émouvant dyptique Human nature / Family of Blood, apporte dans ce father’s day une réelle empathie pour l’expérience humaine et une maîtrise étonnante des enjeux.

2708CPete Tyler tilte. Il n’y aura pas de happy end.

Même s’il ne comporte aucun grand événement à l’échelle de l’univers, Father’s day est un des épisodes les plus puissants de Doctor Who, et un de ses plus atypiques. Le sentiment de perte est rendu de façon remarquable (alors que c’est la première fois qu’on entend parler du père) le temps d’un pré-générique inhabituel. On passe à une réalisation à fleur de peau et de remarques aussi naïves que spontanées d’une Rose spectatrice (elle le pensait plus grand, elle imaginait le jour de sa mort comme un jour extraordinaire…), de sorte qu’on ressent que la compagne parfaite à qui on donnerait le bon docteur sans confession est sur le point de flancher. Ces premières minutes inhabituelles créent un lien encore plus grand avec Rose, qui porte à une étrangeté mêlée de spontanéité toutes les interactions entre elle et Peter Tyler. Billie Piper et Shaun Dingwall sont parfaits. Inspiré comme pas deux, Murray Gold s’invite à la fête par un thème nostalgique magnifique qu’il prend soin de placer aux moments adéquats pour porter l’émotion encore plus loin.

2708DLes reapers, grands nettoyeurs du temps en action

Mais Doctor Who reste une série comique et sa vocation est aussi, à la manière d’un retour vers le futur, à faire ressortir de cette époque tout le potentiel des rencontres. De ce côté là on est servis : Entre Jackie qui pense que Rose est la nouvelle maîtresse de son père, le petit Mickey Smith qui a déja une fâcheuse propension à courir et s’abriter derrière tout le monde (surtout Rose!), le Docteur qui garde le bébé Rose et le charrie sur le fait qu’elle provoquera la fin du monde dans le futur. Ajoutons-y un scénar’ très Carpentérien mettant un scène un siège dans une Eglise. On suit un petit nombre, mais il ne suffit que de quelques phrases pour prendre conscience que la même chose se produit partout ailleurs dans le monde. Father’s day est très important dans l’évolution des rapports entre Rose et le Docteur. Il montre que Nine est attaché au bonheur de Rose au point de sacrifier sa vie plutôt que de lui dire que la mort de son père pourra arrêter le processus. Mais il y’a cette voiture venue de nulle part qui appelle Peter Tyler à se sacrifier dans une poésie morbide. Elle hante ce personnage qu’on aimerait tant mieux connaître (l’interprétation de Shaun Dingwall aide beaucoup) , mais qu’on doit se résoudre à regarder mourir dans les bras de sa fille adulte. Father’s day restera un épisode à part dans Doctor Who, mais quel épisode !

N : 10

IM : 7

27 / 1-07 The Long Game (Un jeu interminable)

27 / 1-07 The Long Game

De Russell T. Davies

Réalisation : Brian Grant

An 200000. Empire de la Grandeur et de la Bonté humaine. Les Hommes connaissent un âge d’or culturel. Ils possèdent de nombreuses planètes ou évoluent un grand nombre d’espèces. Le Docteur, Rose et Adam, ancien sous-fifre de Van Statten devenu compagnon du Docteur, atterrissent sur le satellite 5. Cette station spatiale géante a le contrôle de toute l’information diffusée aux Terriens sur les 600 chaînes qui transmettent (dont une s’appelle bad wolf tv…) à travers l’Empire. Mais les voyageurs découvrent bien vite que la civilisation est plutôt en train de reculer. Pendant ce temps, un mystérieux personnage les surveille au 500ème étage, ce même étage ou on envoie ceux qui ont été promus et dont les murs sont d’or.

2707CShaun of the iced

Tiré d’un scénario qui fut rejeté dans les 80’s par la production de la série, The Long Game est un épisode S-F efficace qui explore le thème ô combien actuel de la manipulation de l’information. La station est sous l’emprise du Jagrafess, un gigantesque alien qui s’en sert comme instrument de survie et qui contrôle accessoirement depuis 100 ans toute information transmise sur Terre, et par la même occasion les humains. Dans cette station, les journalistes ont cessé de se poser des questions, trop intéressés par l’accès à une connaissance infinie et la course à la promotion (!). Par contre ils n’ont pas idée d’aller enquêter sur les problèmes de leur station, ni les différences entre les conditions de vie actuelles (technologie grotesque, aucun alien à bord, fast food, info people sur la grossesse de Face of Boe…) et ce qu’est censé être un âge d’or de la civilisation humaine.

2707La blogueuse influente reçoit l’information de la maison mère

Mais la storyline la plus intéressante, qui motiva le showrunner au premier abord, est celle d’Adam car elle soulève une question liée au voyage temporel que Doctor Who avait jusqu’ici laissée de côté (puisque trop prosaïque ?). Connaître le futur donne accès à une mine d’informations. Si vous voyagiez dans le temps, que vous contenteriez-vous d’explorer ou utiliseriez-vous les infos à votre disposition pour servir votre intérêt à votre époque? Tout comme Biff Tannen l’avait fait dans retour vers le futur 2, Adam a choisi la seconde option. Alors que Rose lui file le portable du Docteur pour qu’il reste en contact avec sa famille en 2012, il décide de profiter de la connaissance de plusieurs millénaires à sa disposition. Il se fait ainsi greffer une puce qui lui permettra de transférer le tout à son époque grâce au dit téléphone. Une décision qui mettra Rose et le Docteur en danger de mort et signera la porte de sortie du personnage (d’une manière pas triste). On comprend que le désintéressement de Rose est une qualité qui a poussé le Docteur à la garder à ses côtés, mais est-elle si désintéressée que ça?

2707BOMG ! I’m so stOOOnned.

A noter dans cet épisode la présence de Simon Pegg en représentant d’un consortium bancaire à la solde du Jagrafess et de Tamsin Creig (black book, Episodes) en affable greffeuse de puce pour cervelle.

N : 7

IM : 6

27 / 1- 06 Dalek

27 / 1- 06 Dalek

De Robert Shearman

Réalisation : Joe Ahearne

Dalek est le premier épisode mythologique de la nouvelle série, et aussi le premier où la réflexion et l’émotion l’emportent sur le rire et l’action. Mais ça ne veut pas dire que Doctor Who perd de son côté barré nourri depuis le début de la saison. Tout se mélange de manière fort harmonieuse dans l’univers du Docteur, et même face à de sérieuses retrouvailles il y’a toujours un peu de grotesque, d’absurde, et une pelleté d’idées folles. Comme si ça ne suffisait pas, Dalek prend une toute autre saveur à l’aune des épisodes classiques et du special du cinquantième anniversaire : une véritable redécouverte. Rose et le Docteur se retrouvent donc en 2012 dans l’Utah (le futur de Rose, désormais le passé pour nous), dans un véritable musée sous-terrain composé d’aliens. Henry Van Statten, le maître des lieux, a pour habitude depuis plusieurs décennies de récupérer les objets extraterrestres et de les recycler pour se faire son argent de poche, et accessoirement breveter ses trouvailles. Logiquement, il est devenu l’homme le plus puissant du monde. Il a même inventé l’internet, développé le haut débit et il peut changer de Président des Etats-Unis quand il veut. D’ailleurs c’est pareil pour ses sbires, il suffit de leur faire un petit lavage de cerveau et ils ne se souviennent de rien. Mais sa dernière découverte est un Dalek, et lorsque le Docteur répond hasardeusement à son appel, Von Statten peut se vanter d’avoir réuni le dernier survivant de chacun des camps ayant mené la guerre du temps.

2706AAnd now…showtime

Les Daleks font leur entrée dans la nouvelle série par la petite porte et en très petit nombre, dans ce musée qui renvoie autant à l’épisode The Space Museum du premier Docteur qu’au statut de pièce muséale qu’ont acquis le Docteur, les Daleks et autres monstres de la série classique (une tête de cyberman vient aussi dire coucou) dans la culture britannique. Mais c’est un trompe l’œil car Russell T. Davies n’a en aucun point minimisé l’impact de son unique affreux de Skaro, seul survivant de la guerre du temps. Le sérieux de l’épisode, et la confrontation d’égal à égal avec le Docteur aident à installer instantanément le Dalek comme la plus grande menace de la nouvelle série. Le showrunner a d’ailleurs éliminé toutes les conditions qui rendaient les Daleks vulnérables (la destruction des balles, la reprise de la lévitation) et confère à son specimen une intelligence stratégique qu’on ne leur connaissait que peu. On dispose enfin de vrais éléments sur la guerre du temps, sortant peu à peu du flou que Russell T. Davies a astucieusement crée pour mettre les néophytes et les fans de la première heure sur le même pied.

2706BRose accueuille sur son divan le dalek repentant

S’attarder sur le cas du Dalek de cet épisode revient à traiter de l’état de son ennemi le Docteur. Tous deux se révèlent extrêmement proches, chacun étant seul dans l’univers et essayant de masquer cette solitude. Le Dalek est une machine à tuer liée à son commandement, et quand il ne peut plus recevoir d’ordre, il tue aveuglément. Le Docteur voyage toujours plus loin dans une fuite en avant en faisant ce qu’il sait le mieux faire : sauver des gens. Le face à face réveille chez Nine ce passé douloureux et il perd prise avec les événements, songeant à se venger et à tuer sans se rendre compte que l’autre a lui-même fini par se remettre en question. Rose se révèle être le maillon reconstituant, la personne raisonnable qui contrôle la situation. Un renversement des rôles très bien venu à ce stade de la série. Il démontre encore mieux que tous les mots la complémentarité de Rose et du Docteur, même si le Dalek fera remarquer à juste titre qu’il y’a quand même de l’amour quelque part (et les fans historiques de se boucher les oreilles…). Pour ce qui concerne le futur proche de notre londonienne, nous avons une nouvelle référence au bad wolf lors de l’appel de l’hélicoptère du magnat au début de l’épisode. Dalek se permet également de mettre au goût du jour des pistes qui seront encore d’actualité neuf ans plus tard, telle la nature maléfique du Docteur ou la mutation d’un dalek (voir l’épisode into the dalek). Sa conclusion est un crève-cœur qui ferait presque regretter les facilités humoristiques qui revinrent par la suite dans le traitement des Daleks.

2706COn l’aura assez dit. Ne regarde pas dans l’abîme !

N : 8

IM : 9

27 / 1-04 & 05 Aliens of London & World War Three (L’Humanité en péril & Troisième Guerre mondiale)

27 / 1-04 Aliens of London

27 / 1-05 World War Three

De Russell T. Davies (2 épisodes)

Réalisation : Keith Boak

C’est un jour historique. La Terre s’apprête à connaître son premier contact avec les E.T et ce ne sont pas ceux qu’elle croit. Rose est de retour chez elle avec le Docteur et elle doit justifier son absence de douze mois auprès de sa mère et des autorités. C’est le moment que choisit un étrange vaisseau spatial pour se crasher sur Big Ben et atterrir dans la Tamise. Les télés sont sur le coup, les familles invitent les voisins. Un corps alien a été repêché : un cochon humanoïde. En l’absence du premier ministre, une succession de personnes obèses importantes se pointent au 10 Downing street pour gérer la crise. Mais nul ne sait encore, si ce n’est Harriet Jones, une parlementaire qui s’est trouvée là par hasard, que le vaisseau n’est qu’un subterfuge et que les vrais aliens se cachent derrière ces gros. Ils se nomment les Slitheen, une famille de criminels de la planète Raxacoricofalapatorius venus sur Terre pour faire du business. En gros, leur programme est de détruire la Terre pour en revendre les morceaux au plus offrants (ils ont même passé une annonce interstellaire). La prochaine phase de leur plan sera de faire croire à l’ONU que les faux aliens possèdent l’arme de destruction massive pour déclencher l’attaque nucléaire fatale.

2704

Note pour plus tard – Ne pas trop se rapprocher de BIG BEN pour la photo

Ce premier double épisode de la nouvelle série inaugure la structure des doubles de Davies qui sera répétée sur chacune de ses saisons et la première de Steven Moffat (Trois par saisons se déroulant selon un schéma similaire « menace qui monte / cliffhanger dévoilant la menace /action à proprement parler »). Il installe aussi le leitmotiv de l’invasion terrienne cher au showrunner. Premier contact avec une race extra-terrestre ? C’est oublier The Web of FearThe Invasion, les saisons du troisième Docteur sur Terre en tant qu’expert consultant pour UNIT et ce qui suivit. Russell T. Davies marque un point sur la continuité en convoquant UNIT à Downing Street et en mettant à jour la célébrité du Docteur dans le monde des consultants sur les invasions aliens dès que l’alerte est donnée par Jackie Tyler. Mais ce n’est pas la plus grande qualité de ce double. Les deux épisodes réussissent à être passionnants, en grande partie grâce à la gestion exceptionnelle du peu de lieux constituant les épisodes et à l’inventivité du scénario. On se retrouve dans une sorte d’anti-guerre des mondes / Independence Day qui troque l’emphase pour la gaudriole style Bad Taste de Peter Jackson. Et pour cause, les motivations des aliens sont autant intéressées que les têtes de nœud du premier film du futur réalisateur des seigneurs des anneaux. Davies parvient à maintenir le coté inquiétant sur un fond de comédie totalement assumé et investit un décalage constant entre l’importance de la menace et l’absurdité de ses manifestations. Le coté burlesque des scènes des Slitheen parvient à relever le coté rudimentaire des effets spéciaux numériques et des prothèses. L’utilisation des médias et de vrais journalistes (notamment Andrew Marr) offre une belle modernisation des invasions classiques.

2704C2704DHabillés ou nus, les affaires se font en famille

Russell T. Davies a aussi eu la très bonne idée de faire un détour par Londres, 2005 après deux aventures lointaines. Disposer d’un référentiel de sa vie quotidienne aide à comprendre les motivations de Rose pour les voyages tout en rendant l’identification plus aisée pour le spectateur. Prenez Billie Piper et vous avez la plus humaine des compagnes. Les proches de Rose se retrouvent, du fait de leur découverte, également plus impliqués qu’aucune famille de compagnons ne l’a été. Mickey passe de petit copain spolié à main du Docteur pour sauver l’humanité, se voyant même au final proposer une place dans le TARDIS (à suivre…). On peut aussi savourer un ton de comédie 80’s style « alien à domicile », qui laisse autant de place au décalage humoristique qu’aux scènes émouvantes entre Rose et ses proches, qui tapent toutes dans le mil. Cela permet de voir le Docteur dans des situations du quotidien, si peu utilisées dans la série classique et pourtant propices à explorer son ambivalence vis-à-vis des humains, qu’il aime profondément bien qu’il ne puisse supporter leur ignorance. La satire sur la réception à la télé par les voisins de Rose d’un moment que le Docteur qualifie d’historique est très savoureuse.

 2704B Il arrive…

Niveau continuité, nous avons une nouvelle manifestation du Bad Wolf par un graffiti sur le TARDIS par un gamin du quartier. Le docteur qui examine le cochon se trouve être Tosh de Torchwood (Naoko Mori). Une explication a posteriori dans le spin off fera de cette apparition la première manifestation de la création de la reine Victoria, bien avant que le Docteur et Rose ne lui en inspirent l’idée. En Harriet Jones, parlementaire et future premier ministre, on retrouve Peneloppe Wilton, à jamais la mère de Shaun dans Shaun of the Dead et un futur personnage clé de Downton Abbey. La saison progresse. Rose persiste et signe dans son audace et s’éloigne cette fois de son monde en connaissance de cause.

N : 8

IM : 6