38 / 12- 06 Praxeus

38 / 12- 06 Praxeus

De Pete McTighe & Chris Chibnall

Réalisation : Jamie Magnus Stone

Pour rentabiliser le budget vacances, le scénariste de Kerblam! et Chris Chibnall ont décidé une nouvelle fois de dispatcher Thirteen et ses pieds nickelés aux quatre coins de la planète. Nous les retrouvons donc au Pérou, à Hong-Kong et à Madagascar. Différents lieux de notre plannète qui ressemblent à des vide-ordures et où des oiseaux ont été infectés par un virus mortel d’origine extraterrestre, le Praxeus. Un ancien flic à la recherche de son mari, astronaute infecté par le virus et une blogueuse qui a perdu …sa co-blogueuse les aideront à résoudre le mystère pour sauver la planète Terre de la pandémie. Ils découvriront que le virus s’attaque au plastique et que la Terre et les êtres vivants qui l’habitent sont un terrain propice à sa propagation. Ils découvriront également que l’un d’entre eux est un alien scientifique dont la planète a été contaminée par Praxeus et qui a propagé le virus pour utiliser la Terre comme laboratoire pour créer un antidot.

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Le TARDIS dans une version plastique des Oiseaux d’Hitchcock

Après l’amuse-bouche avec les judoons, Praxeus fait figure de retour en arrière, même s’il n’est pas dénué de qualités. Thirteen et ses aventuriers écolos ont donc décidé de nous enseigner pourquoi le plastique et utiliser la Terre comme une décharge c’est mal et accessoirement de bien faire flipper les gamins pour qu’ils ne reproduisent pas les erreurs de leurs darons. On peut néanmoins se réjouir d’un scénario plus présent que pour le dernier épisode écrit par Greta Thunberg . McTighe et Chibnall- qui a visiblement décidé de chapeauter tous ses scénaristes- parviennent à trouver un équilibre entre l’histoire et sa revendication politique en dépit de quelques scènes inévitables où on nous fait la leçon. Les images de ces paradis saccagés par les déchets plastique parlent pourtant d’elles-mêmes. Les personnages sont également mieux écrits. Le couple formé par l’ex-flic incarné par Warren Brown (ex comparse de Luther et nouveau baroudeur de la série Strike Back) et son mari astronaute (Matthew MacNulty) apportent à l’épisode les seules notes d’humanité et d’émotion permettant de contraster avec la noirceur ambiante.

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La maladie rapprochera t’elle nos tourtereaux?

Des scènes de Praxeus ont été tournées en même temps que Spyfall pour des raisons évidentes d’économie de budget. A ce niveau, on peut faire état des mêmes scories en terme de gestion de l’espace et des allers et retours entre les personnages. En comptant les compagnons et les seconds rôles, il est également très difficile de donner suffisamment de temps à un personnage pour se révéler, et c’est généralement les seconds rôles qui emportent le morceau, puisque capables d’évoluer en peu de temps alors que les amis demeurent spectateurs et monolithiques. Yaz aura par exemple quelques bons moments sur cet épisode, mais pas assez pour attirer le projecteur sur elle. La note d’intention woke du showrunning de Chris Chibnall est comprise depuis longtemps, mais on se demande encore pourquoi Thirteen et ses collègues perdent leur temps à aider l’humanité du XXIème siècle alors qu’il y’a autant d’époques à explorer et d’histoires à écrire, et surtout – comme l’a très bien montré l’ère du troisième Docteur – qu’un discours politique est plus aisément assimilable dans un contexte de SF. Quand on écrit sur Doctor Who, autant en profiter.

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FUCK YOU PLASTIC !

N : 6

IM : 4

38 / 12- 05 Fugitive of the Judoons (Le Contrat des Judoons)

38 / 12- 05 Fugitive of the Judoons

De Vinay Patel & Chris Chibnall

Réalisation : Nida Manzoor

Un bataillon de Judoons à la recherche d’un fugitif fait une descente à Gloucester, encerclant la ville d’un champ de force. Ils visent Lee et Ruth Clayton, deux habitants qui semblent relativement normaux. Thirteen décide d’intervenir en médiateure avant que les Judoons ne les exécutent. Visiblement sachant sur les raisons de l’intervention, Lee refuse de se confier au Docteur et à ses compagnons, mais il arrange leur évasion avant de se sacrifier, tué par Gat, la femme qui a lancé le contrat sur eux. Pendant l’intervention, Graham est téléporté dans un vaisseau volé conduit par le Capitaine Jack. Ce dernier l’a confondu avec le Docteur. Il téléporte également Yaz et Ryan, avant d’être attaqué par le vrai propriétaire du vaisseau. Le champ de force des Judoons l’empêchant de téléporter la Docteure, il demande à ses amis de lui transmettre qu’il faut qu’elle se méfie du cyberman solitaire et surtout de ne pas lui donner ce qu’il veut.

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WAIT. C’est pas fini!

Pendant ce temps, Thirteen a fui à la cathédrale de Gloucester avec Ruth, toujours poursuivie par Gat et les Judoons. Mais Lee a envoyé un texto pavlovien avant sa mort, qui déclenche chez sa femme une nouvelle personnalité et un pouvoir insoupçonné. Au moment où Ruth enclenche une alarme qui restaure sa mémoire, Thirteen découvre un TARDIS enterré sous une tombe : Ruth  Clayton n’est rien d’autre qu’une autre incarnation du Docteur. Le problème est que ni Thirteen, ni elle, ne se souviennent avoir été l’une ou l’autre. Lorsqu’elle découvre que la nouvelle Docteur et Gat (qui est également une seigneure du temps) ne sont pas au courant de la destruction de Gallifrey, Thirteen en déduit que la nouvelle Docteure ne peut venir que de son passé.

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Une femme Docteur et une saison de léthargie = Pleins d’opportunités pour Jack Harkness

Fugitive of the Judoons est une bonne nouvelle pour qui craignait que Doctor Who ne se prenne un hiatus pour audiences en chute libre à l’issue de la saison prochaine en juste retour de la médiocrité de ses scénarios. C’est un vrai épisode de Doctor Who, et qui plus est un bon épisode de Doctor Who Russell T.Davies’style. Il comporte ce qu’il faut d’éléments qui permettent de s’attacher aux personnages, un acting et des dialogues convaincants, du dynamisme, une réalisation qui sait mettre en évidence les moments clés -du moins concernant l’intrigue de Thirteen, une bande originale prenante (même si ce n’est pas du Murray Gold). On y retrouve également de vieilles connaissances plus apparues depuis The Magician’s Apprentice, les Judoons, mercenaires policiers de l’espace, dans une intrigue qui n’est pas sans rappeler l’épisode Prisoner of the Judoons de The Sarah Jane Adventures.

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Qui a mis un contrat sur les mes compagnons?

Le Capitaine Jack, héros de Torchwood et compagnon clé de l’ère Davies de Doctor Who vient également porter un coup de main à Chris Chibnall. Enfin, nous avons une surprise de taille avec l’apparition prématurée d’une nouvelle incarnation du Docteur. Jo Martin est émouvante en femme perdue poursuivie par des aliens dont elle ne connaissait pas l’existence, mais elle révèle un charisme autrement plus réel lorsqu’elle se dévoile avec les habits du Docteur. Son apparition est d’autant plus efficace qu’elle a été ménagée par un scénario astucieux et tout en montée qui joue avec les attentes du spectateur. D’abord introduite à la manière des compagnons du Docteur (pas de prégénérique et une présentation directe d’elle et de son mari), elle ne se révèle que progressivement et cette révélation est appuyée par l’utilisation du Chameleon Arc, artéfact qui permis déjà au dixième Docteur de reconfigurer sa biologie et sa mémoire pour devenir un humain, mais également au Maître de se dissimuler pendant des années avant de devenir l’incarnation portée par John Simm.

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Trust me! I’m THE Doctor

On pourrait dire que cet épisode est excellent et qu’il remet Doctor Who sur les rails, mais il faut savoir raison garder car une grande partie de ses qualités s’évaluent relativement à la médiocrité de ce qui a précédé. Il est d’ailleurs intéressant de constater que l’apparition du Docteur de Jo Martin remise instantanément Jodie Whittaker à une position de spectateure qui met en avant l’absence d’écriture de son Docteure. De la même façon, les amis, qui ont une saison et demie derrière eux ne tiennent pas la route devant le charisme de John Barrowman, ni même devant l’ambiguité du compagnon surprise incarné par Neil Stuke (le Matthew Malone de la très bonne sitcom des 90’s « Game On »). On se retrouve donc face à des personnages instantanément plus attachants que ceux qui ont une quinzaine d’épisodes à leur actif. Les trois compagnons de Thirteen sont, à vrai dire, le seul gros point faible de l’épisode. Le gap d’écriture également très grand entre Fugitive of the Judoons et les précédents épisodes du passé de l’ère de Thirteen laisse dubitatif. Et le choix de poursuivre l’aventure sans intégrer Jo Martin à l’équipe est encore plus hasardeux. Mais l’intérêt pour le fil rouge de cette saison, qui pourrait introduire une continuité parallèle sur Doctor Who, est relancé, et c’est déjà ça de pris.

N : 8

IM : 9

38 / 12- 04 Nikola Tesla’s night of terror (La Nuit de terreur de Nikola Tesla)

38 / 12- 04 Nikola Tesla’s night of terror

De Chris Chibnall

Réalisation : Nida Manzoor

1903. New-York. Nikola Tesla tente en vain de lever des fonds pour mettre en place un système de transmission sans fil via sa Wardenclyffe Tower, un monument que l’inventeur tentera de promouvoir seize ans durant avant qu’elle ne tombe dans l’oubli. Menacés, Tesla et son assistante Dorothy Skeritt font bientôt connaissance avec une sphère flottante d’origine inconnue, puis ne tardent pas à se retrouver sur le chemin du Docteur et de ses amis. Le groupe se met d’abord sur la piste de Thomas Edison, sachant qu’il envoie régulièrement des espions pour surveiller les travaux de Tesla et s’approprier ses inventions. Mais tous les employés d’Edison sont décimés par une menace bien alien. Thirteen découvre que la sphère est un orbe de Thassa, outil de transmission de savoir qui a été reconfiguré pour un tout autre but. Il a été envoyé sur Terre à cet époque par les aliens dont le signal avait été détecté par la machine de Tesla. Les Skithras ont déjà piqué à différentes espèces toutes les pièces de leurs vaisseau et ils aimeraient bien embarquer Tesla l’ingénieur pour profiter de son génie. Le Docteur, ses amis, Tesla et Edison sont devront faire cause commune pour arrêter les voleurs, mais ils ne sauveront pas (encore) la réputation de ce cher Nikola.

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Hé oui Nikola, c’est plus grand à l’intérieur

Nikola Tesla’s night of terror sauve en tout cas la réputation de cette saison. Nous voilà enfin dans du vrai Doctor Who, avec tous les ingrédients qui rendaient si communicatifs les épisodes historiques de l’ère Russell T. Davies. Bien sûr, nous ne pourrons pas chasser le côté redresseur de torts de Thirteen, occupée ici à restaurer l’image de Nikola Tesla, encore dans l’ombre de Thomas Edison dans l’inconscient collectif. Le différend opposant Tesla l’inventeur à Edison le buisnessman n’est pas faux. Le « plus grand inventeur d’Amérique » a passé sa vie à multiplier les brevets et a effectivement pillé en chemin de nombreux concurrents plus créatifs, dont Tesla. Cette opposition entre les deux est juste un peu trop binaire. Mais elle est heureusement rattrapée par le côté typé (ça fait du bien de moins se prendre au sérieux !) de l’épisode et l’inclusion d’Edison au sein de l’aventure. Son idée de la réussite américaine renvoie de façon un peu grossière aux aliens parasites de l’épisode, les Skitras. Cette nouvelle espèce et sa reine ne laisseront pas de grandes traces dans le bestiaire Whovien, mais ils jouent bien leur rôle de monster of the week.

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Pendant que Nikola se la joue, Thomas fait son boudin à l’arrière plan (mais lui il a plus d’argent!)

La rencontre entre un Nikola Tesla et une Seigneure du temps ne pouvait que créer des étincelles. Ou du moins offrir l’occasion de décrire la solitude de l’inventeur face à la médiocrité de son monde présent, lui qui a sans cesse les yeux tournés vers le futur. On imagine sans peine le défi et l’excitation que représentait le fait d’être un inventeur au début du XXème, mais peut-être moins la solitude de celui qui ne pourra jamais vraiment vivre dans le monde qui adoptera sa vision. Faut-il miser sur des inventions commercialisables et les moyens de cette commercialisation pour être certain de contribuer au progrès ou viser plus haut, quitte à prophétiser ce que nous connaissons maintenant comme le wi-fi ? Autant de questions justement posées par cet épisode. Niko Tesla’s night of Terror est un chouïa trop long et prévisible et les trois amis semblent toujours ne pas avoir évolué depuis qu’ils ont embarqué dans le TARDIS. Mais Yaz aura enfin de bons moments, tout comme Thirteen qui poursuit dans sa veine Tennantienne sans trop d’entraves. L’interprétation de Tesla par Goran Visnjic (le Docteur Kovac de « Urgences »!) est quand à elle, franchement délectable. Dans le rôle d’Edison, on pourra noter la présence de Robert Glenister qui joua l’androide Salateen dans le dernier arc de Five : The Caves of Androzani.

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N : 6

IM : 5

38 / 12- 03 Orphan 55

38 / 12- 03 Orphan 55

De Ed Hime

Réalisation : Lee Haven Jones

Heureux gagnants de tickets gratos pour le SPA de la tranquillité, les pieds nickelés du TARDIS y sont téléportés sans le TARDIS pour de belles vacances bien méritées. Parceque oui, quand on a la possibilité de visiter l’intégralité du temps et l’espace, on a envie de passer des vacances médiocres à rien branler (A leur décharge, leurs voyages ont jusqu’ici été bien déprimants). Manque de bol, des créatures craquent la membrane qui séparait le spa de la planète qui l’héberge. Les aliens butent presque tous les invités et emportent le vieux Benni, qui est visiblement un personnage important (parceque sa femme l’aime). Après avoir ramené un peu de calme, les survivants découvrent que la planète est une planète orpheline, abandonnée puisque majoritairement composée de dioxyde de carbone. Les créatures mangeuses d’homme qu’elle abrite sont appelées les Dregs. Thirteen, ses trois potes et quelques seconds rôles dont la tenancière des lieux, sa fille revancharde, la femme du disparu, un proche cousin du Beurk de la folle histoire de l’espace,  un type aux cheveux violets et son gamin partent sauver Benni et devront bientôt trouver une solution pour être téléportés loin de tout ce bordel. Mais la terrible vérité s’impose bientôt à nous.

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Une ombre plane sur leur retraite #savetheplanet

Orphan 55 est bien sûr notre Terre victime de la pollution et abandonnée au réchauffement climatique, et si vous me détestez pour avoir méchamment spoilé le seul intérêt de l’épisode, je répondrai pour ma défense que ce twist a été aussi mal exploité qu’il était possible de le faire. Le scénariste Ed Hime, auteur de la seule histoire de l’an dernier qui pouvait soutenir la comparaison avec les ères Davies et Moffat, se retrouve à la tête de ce Orphan 55. Chose inexplicable, car cet épisode est aux antipodes de It takes you away et le scénario et en partie responsable de cette débâcle. Il ne présente aucune implication émotionnelle, aligne une succession de scènes de remplissage, propose des seconds rôles insupportables (Bella aurait pu sans problème rejoindre le cast de Torchwood) ou ridicules (le père et son fils semblent sortir de l’époque nanarde 80’s de Seven). On peut en venir à questionner la réelle implication de Ed Hime sur Orphan 55, lui qui semblait pourtant être à l’aise pour écrire des personnages et leurs tourments. Les trois amis font encore de la figuration. Jodie Whittaker fait de son mieux, Tenantienne à l’extrême. Mais ce qui fera certainement rentrer cet épisode dans les annales est sa réalisation. Les monstres nous sont présentés en gros plan à coup d’inserts totalement indépendants des décors et du reste de l’action, qui les font ressembler à des stock-shot d’un sous-aliens. Risible ou dramatique, selon les points de vue.

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pif paf STOCK SHOT LOL

Il y’avait pourtant matière à faire quelque chose avec un pitch comme celui-ci. Mais l’auto-satisfaction de l’équipe Chibnall, trop heureuse d’avoir trouvé la thématique woke de la semaine, se satisfera des leçons de vie habituelles de la Docteure sur l’humanité qui n’a que ce qu’elle mérite. Doctor Who est devenu une pub pour la sécurité routière, une de ces images sur les paquets de cigarettes qui martèlent un message par le choc plutôt que par l’éducation. Et lorsque les amis se désolent du spectacle présenté, Thirteen leur rétorque que ce n’est qu’un futur possible car on peut toujours réécrire l’Histoire en étant responsable. Ainsi toutes les précautions prises par la série depuis ses débuts pour définir les règles de la réécriture du temps sont elles aussi ré-écrites, comme ça l’air de rien. Il suffit de finir sur le stock-shot du monstre pour que la terrible vérité s’impose à nous : On nous prend vraiment pour des cons.

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N : 2

N : 3

Saison 38 / 12-01&02 Spyfall

Saison 38 /12 – 01&02 Spyfall

De Chris Chibnall

Réalisation : Jamie Magnus Stone & Lee Haven Jones

Alors que des espions de sa Majesté voient leur ADN muter, Thirteen et ses trois amis sont arrêtés par des Men in Black et conduits au MI6. Le big boss des lieux, C, leur demande d’enquêter avant d’être envoyé ad patres. Les pieds nickelés du TARDIS ne tardent pas à enfiler leur smoking pour faire comme James Bond. Yaz et Ryan se penchent sur le cas de Daniel Barton, le CEO de la société GOOGLE VOR, qui pourrait avoir des liens avec leur affaire (Son ADN a un peu muté et il a des mauvaises fréquentations). Thirteen et Graham s’adjoignent l’aide de O, agent rebelle de l’agence qui a la particularité d’être très versé dans les aliens et qui vit retiré dans l’outback australien. Après s’être retrouvés au pays des kangourous puis confrontés de nouveau à Barton et aux Kasaavins, une espèce d’E.T espions dispersée à travers le temps, le groupe fuit dans un avion. O leur avoue alors qu’il est le Maître et qu’il tire les ficelles de Barton et des Kasaavins.

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-Un two parter James Bond sans citer une seule fois Ian Flemming. Vous êtes trop woky woky woke !

Thirteen est téléportée dans une étrange dimension d’où Yaz a été sauvée précédemment. Elle parvient à en sortir à son tour grâce à Ada Lovelace, fille de Lord Byron et précurseure de l’informatique. La jeune femme ramène la Docteure dans son époque en 1854, puis elle explique qu’elle visite cette dimension depuis son enfance et que les Kasaavins sont ses protecteurs. Le Maître fait alors irruption. Grâce à une statue, la Docteure et Ada se retrouvent en France en 1943, où elles rencontrent l’agente secrète britannique Noor Inayat Khan. Elles croisent de nouveau  le Maître qui parade en uniforme SS, fier d’avoir déclenché un filtre de perception empêchant ses soldats de voir qu’il est typé indien. Quelques décennies plus tard, Barton avoue à une conférence qu’il compte réécrire l’ADN humain pour en faire des disques durs stockant des données. Tout son plan repose probablement sur les pionnières de l’informatique embarquées avec Thirteen et il utilise les espions aliens pour l’alimenter. La Docteure et ses copines volent le TARDIS du Maître pour retourner dans le présent, forçant le pauvre bougre à se taper 70 ans pour regagner 2020. Tous arrivent à le mettre hors d’état de nuire. Mais lors de cette aventure, il a pu prévenir Thirteen que quelque chose de funeste s’est passé à Gallifrey. Elle part vérifier et découvre la citadelle en ruines, ainsi qu’une confession hologrammée du Maître qui lui avoue qu’il a buté tout le monde  après avoir découvert que l’Histoire des seigneurs du temps était un MENSONGE.

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LOOK WHO’S BACK LOL

1er janvier 2020. Un an a passé depuis le dernier épisode en date et Spyfall (skyfall avec un p comme « pfff ») sonne le retour de Thirteen dans un two-parter international et multi-temporel. De quoi rappeler le splendide double épisode qui introduisit la saison 6…a long long time ago. Mais ce retour ne valait guère une telle attente. Le long et exhaustif résumé qui précède – qui vous évitera de vous enquiller une bonne heure de remplissage-  rend justice à un cahier des charges à peine déguisé en scénario, une suite de péripéties et d’idées/thématiques qui s’enchaînent non stop pour faire oublier le peu de connexion entre elles. Nous y trouvons le quota d’action/espionnage Jamesbondien avec son lot de voyages (temporels ou physiques) et de poursuites. Nous aurons aussi un quota de revendication trop woke pour rester dans la continuité de la saison précédente, le deuxième épisode mettant en lumière deux femmes qui ont fait l’Histoire et que le patriarcat a conduit à être moins mentionnées que les hommes. Le problème est qu’elles ne joueront ici qu’un rôle figuratif, au point que le Docteur devra sans cesse rappeler quelles génies elles sont. On retrouve aussi un peu de mythologie pour rappeler les fans déçus par la saison précédente ainsi que le lancement du fil rouge de la saison comme on sort un lapin de son chapeau. Le tout est emballé dans le sous-Russell T.Davies habituel. Graham, Yaz et Ryan sont visiblement arrivés au climax de leur développement et ils ne peuvent plus servir qu’ en marge de l’intrigue principale, à reproduire une situation de traque semblable à celle que le Maître avait faite subir à Ten, Martha et au capitaine Jack dans The Sound of Drums, l’intensité dramatique en moins.

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Thirteen rencontre Ada Lovelace. Big fan!

Mais le plus douloureux reste de voir Chris Chibnall sortir son deuxième Joker en deux épisodes, après celui des Daleks. Et c’est le plus inattendu. A peine une saison après le final lyrique de Missy, voilà le Maître de retour dans son plus simple appareil. Sacha Dawan (qui interprétait Warris Hussein, réalisateur du premier Doctor Who, dans An adventure in time and space) n’est pas hors sujet. Il campe plutôt bien un Maître classique, croisement entre Anthony Ainley et John Simm, entre explosions de folie physiques et alliances qu’il ne maîtrise pas. Mais ce soft reboot nous sert avec fierté du déjà vu sans se préoccuper de flinguer l’impact du suicide du mégalo orchestré dans The Doctor Falls, fin parfaite s’il en est pour le Maître.

Si on veut bien se laisser porter sans se préoccuper de suivre une quelconque intrigue, on peut tout de même sauver la légèreté de ce two-parter, un effort de proposer de l’action au lieu des atermoiements et les apparitions malsaines des Kasaavins, desquels il vaudra mieux préserver nos chères têtes blondes (si elles ne se sont pas déjà partis vomir leur repas après un générique tout aussi badant). Stephen Fry vient également cachetonner, et d’une façon un peu plus distinguée que dans le Sherlock Holmes de Guy Ritchie. Après deux ans au royaume du médiocre, on devient indulgent.

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Le Kasaavin, un alien qui ferait bien de revenir dans un vrai rôle

N : 5

IM : 7

An Adventure in Space and Time

An Adventure in Space and Time

Scénario : Mark Gatiss

Réalisation : Terry McDonough

Durée : 85 mn

Diffusé le 21 novembre 2013 sur BBC2

 

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Pour fêter le cinquantième anniversaire de Doctor Who, la BBC produisit et diffusa an adventure in Space and Time, téléfilm scénarisé par Mark Gatiss qui dépeint la création de Doctor Who de l’idée d’origine jusqu’à la régénération du premier Docteur.

Sydney Newman, le chef du département fiction télévisée de la chaîne a l’idée d’une série de SF pour enfants pour boucher un créneau. Il confie le développement de la série à son assistante Verity Lambert,  jeune productrice de 27 ans, qui devra faire preuve d’une grande confiance pour porter ce concept atypique dans un milieu d’hommes d’un âge avancé installés dans leurs habitudes. Elle trouvera un allié en Warris Hussein, réalisateur du pilote encore plus jeune qu’elle et d’origine indienne. Parallèlement, l’acteur William Hartnell veut sortir des rôles types qu’on lui a imposé après le succès de la série Carry on Sergeant. D’abord réticent à jouer dans une fiction pour enfants, il est finalement convaincu par Hussein et Lambert. Contre toute attente, ce rôle va changer tardivement sa vie et provoquer un attachement à ce Seigneur du Temps en fuite, en dépit du turn-over des compagnons et d’un état de santé qui ne s’améliore pas. Mais toute bonne chose a une fin, et la régénération approche…

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L’équipe de la saison 2 de Doctor Who. La gloire, même sans les Daleks

On l’aura compris, ce téléfilm est avant tout centré sur deux figures : William Hartnell et Verity Lambert. La jeune productrice prend une grande place dans sa première partie, qui s’étend sur l’originalité du choix de Sydney Newman de porter une jeune femme à la tête de la série et sa ténacité face aux difficultés qu’elle rencontre avec les vieux bonnets de la BBC. Cette difficulté se double d’un budget particulièrement serré, d’une première histoire chaotique et d’un accrochage fameux avec Newman sur la direction du show. C’est en effet Verity Lambert qui a décidé de porter le deuxième arc sur les Daleks, celui qui a définitivement lancé Doctor Who dans les foyers anglais. Les affreux de Skaro allaient à l’encontre du premier ordre de Newman, qui était de produire une série SF éducative dénuée de robots folkloriques.

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Sydney Newman (Brian Cox), l’initiateur de Doctor Who

Lorsque Verity Lambert quitte le show à l’issue du tournage de Mission to the unknown, le téléfilm ne fait que déporter toute l’attention vers le vieillard qui tient le rôle du premier Docteur, vétéran des premiers temps de la série. Nous l’avons déjà suivi depuis le début, et c’est lui au final, le héros. An adventure in space and time s’ouvre d’ailleurs avec la dernière prestation d’Hartnell sur la série. Reste à parcourir le reste du chemin, et le téléfilm réussit dans l’ensemble, en grande partie grâce à David Bradley, à épouser le point de vue du premier Docteur. Il colle à ses doutes, le suit dans des scènes familiales avec sa petite fille, son premier public, montre le respect mutuel qu’il instaure avec la productrice, son lien avec Carol Ann Ford (Susan) et les difficultés finales à porter le rôle. La conclusion voit une rencontre émouvante avec Matt Smith, le onzième Docteur. Un façon de montrer que l’acceptation de céder son personnage à Patrick Troughton a mené à l’incroyable longévité de Doctor Who, et combien chaque Docteur doit à celui qui a installé le rôle.

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Verity Lambert (Jessica Raine) et William Hartnell (David Bradley)

An adventure in space and time est donc un bel hommage à William Hartnell, mais c’est avant tout un drama, et non un documentaire. Créé dans un but festif, il met en avant des personnages généralement positifs vus sous l’angle d’un politiquement correct déjà très en vogue en 2013, se permettant de reléguer d’autres personnages jugés dramatiquement moins porteurs. On peut saluer le traitement des difficultés de Warris Hussein et de Verity Lambert à faire leur place à la BBC dans les années 60. Mais on peut regretter les ellipses dans la génèse de Doctor Who et dans la continuité post-Verity, qui amoindrissent l’apport de Sydney Newman et d’autres contributeurs, comme le chef scénariste David Whitaker, le producteur Mervyn Pinfield et surtout de Terry Nation, le responsable de la Dalekmania, qui ne fait ici que de courtes apparitions dans le segment dédié (presque autant que les Zarbis figurants). La première année de travail sur la série fut ponctuée de difficultés internes qui sont narrés dans les premières pages du très bon ouvrage de Marcus Hearn, « Doctor Who, les Archives : Les 50 ans d’une série culte », qui fera un excellent complément à ce téléfilm.

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New Year Special 2019 – Resolution

New Year Special 2019

Resolution

De Chris Chibnall

Réalisation : Wayne Yip

9ème siècle sur la Terre. Trois peuples ont dû s’unir pour vaincre un ennemi indestructible. Après en être venus à bout (comme quoi il n’était pas si indestructible que ça), ils ont dispersé ces restes à trois endroits différents de la planète. Le voyageur le plus malchanceux est tué par deux brigands alors qu’il traverse le Yorkshire. Nouvel an 2019 à Sheffield. Deux archéologues découvrent la dépouille du combattant et la partie de l’ennemi qu’il allait planquer. Les parties se reconstituent sous l’effet de leur appareillage scientifique. C’est le moment que choisit le Docteur pour débarquer avec ses trois compagnons, de retour d’une soirée thématique nouvel an dans l’espace et le temps. A peine remis de leurs émotions, ils devront arrêter la créature qui a pris le contrôle d’un des deux archéologues. Tout irait à peu près bien si le bestiau n’était pas un Dalek éclaireur, specimen amélioré des affreux de Skaro habituellement lancé pour repérer une planète à détruire. Alors que Thirteen se frotte à son ennemi millénariste, Ryan recroise la route de son papa qui semble avoir pris de bonnes résolutions. Mais peut-on pardonner si vite après tant d’années d’abandon ?

3800dDeux archéologues amoureux que cette chronique a sciemment oubliés

La réponse est oui. Il suffit d’un TARDIS, de quelques baratins et d’un psychopathe de l’espace pour recréer des liens familiaux. Resolution marque enfin un retour aux sources de Chris Chibnall après une saison complète à n’en avoir (presque) rien à foutre de l’Histoire de la série. La bonne nouvelle est qu’il n’y a pas de rupture majeure avec la continuité de Russell T.Davies et Steven Moffat. Si ce n’est que les innombrables Daleks invaders de Mr.Davies auraient pu faire un petit effort pour libérer ce Dalek éclaireur. La moins bonne nouvelle réside dans un scénario sans ambition, ni fantaisie, qui se contente d’une course poursuite basique et d’une ligne interchangeable avec beaucoup d’épisodes de la saison 11. Ce retour du Dalek se dévoile progressivement, exhibant durant les trois quarts de l’épisode un Dalek nu sans carapace, sorte de facehugger en CGI collé au dos de l’hôte qu’il contrôle. Nous ne reverrons cette bonne vieille coquille que dans une dernière partie un peu plus punchy. La méthode est classique, et on se souvient avoir attendu bien souvent la fin du premier épisode du serial pour voir se révéler le Dalek à grands fracas. L’ennui est que ce qui précède est une course poursuite prévisible, sans véritable gestion de l’espace et bien trop de personnages à gérer. De quoi provoquer un ennui poli pour qui a connu des menaces Daleks de plus grande ampleur (toutes celles sous Davies, et même dans les premiers classiques) ou dont l’enjeu était plus fort (au hasard Dalek, into the Dalek ou Genesis of the Daleks). Le newbie de 2018 trouvera sans doute l’épisode agréable comme il permet une introduction correcte des affreux de Skaro, mais nous sommes bien loin d’avoir un show à la hauteur d’un Special.

3800B.jpgLe Dalek reconstitué fait face à son ennemi mortel

Le bon point de cet épisode est le retour d’Aaron, fils de la Grace et père de Ryan. Le manque créé par cet homme était le seul point d’intérêt de Ryan durant une grande partie de la saison 12, mais le retour du père absent ne revêtait plus de grande importance maintenant que le gamin avait trouvé en Graham un grand-père d’élection. Pourtant les première scènes entre le père et le fils, aussi naturalistes soient-elles, étonnent par leur justesse. Aaron sera bien entendu admis dans le TARDIS pour quelques minutes (Elle redevient le moulin qu’elle a été dans les 80’s) histoire d’apporter une résolution rapide et un pardon instantané qui fait sonner le final étrangement faux. Et ce malgré l’effort de lyrisme déployé pour illustrer ces retrouvailles entre père et fils.

3800c-Ecoutes fiston, je t’ai quitté tu étais dispraxique. What happened?

Chris Chibnall ne profite pas du nouvel an pour se dérider, mais il tente ça et là quelques notes d’humour (merci à Jodie Whitaker et Bradley Walsh) qui tomberont pour la plupart à plat. Seule la mise sur la touche de UNIT faute de financement apportera un petit sourire. Y’avait-il un message à faire passer à la production sur l’enveloppe de l’épisode ? Au final, Resolution est bien loin de créer une attente suffisante pour revenir à Doctor Who après un gap qui s’étendra jusqu’à  courant 2020.

N : 4

IM : 7

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Bonne année sans Doctor Who !

Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time (Il était deux fois)

Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time

De Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

709 épisodes plus tôt, quelque part dans le Pôle Sud. Après avoir affronté les Cybermen de Mondas, le Premier Docteur refuse sa régénération. Il quitte Ben et Polly pour rejoindre son TARDIS, mais il rencontre en chemin le douzième Docteur, qui vient aussi d’affronter les cybermen de Mondas et refuse lui aussi de se régénérer. Le temps s’arrête. Un anglais en uniforme de capitaine de la première guerre mondiale ressemblant fortement à Mark Gatiss apparaît alors devant eux. Il a été téléporté des tranchées de 1914 au moment où il allait se faire tuer par un soldat allemand. L’entité Testament responsable de la téléportation aspire le TARDIS de Twelve dans un énorme vaisseau, dans la chambre des morts. Elle explique qu’elle est chargée d’extraire quelque chose des humains au moment de leur mort. Elle propose à Twelve et One de lui rendre le Capitaine en échange de Bill Potts, celui-ci ayant été déplacé de sa ligne temporelle lors de l’extraction. Bill refuse que le Capitaine prenne sa place et les quatre s’échappent du vaisseau pour rejoindre le TARDIS du premier Docteur. Tentant d’identifier l’entité, le TARDIS les mène à la planète Villengard où réside la grande base de données des Daleks. Twelve y retrouve Rusty, le Dalek rebelle. One est quand lui confronté à l’entité qui a pris la forme de Bill Potts.

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Un Lethbridge Stewart de plus

Twice upon a time a le devoir de clore à la fois le run de Peter Capaldi et l’ère de Steven Moffat en tant que showrunner. Huit ans auparavant, le final de Russell T. Davies avait été un feu d’artifice. Familier des grands climax sur une bonne partie des années qui ont suivies, Le Moff’ a choisi de nous réserver un final nettement plus intimiste, qui jure avec le merveilleux de ses autres épisodes de Noël mais qui n’oublie pas d’être profondément émouvant. Comme à son habitude, il remet les pieds dans le plat de la chronologie de la série classique pour s’insérer au moment de la meilleure idée que la série n’ait jamais eu, et qui fait qu’elle est encore vivante aujourd’hui : la régénération du premier Docteur. C’est avec aisance et une ironie certaine que l’aventure qui nous est contée s’intègre à la fin de la première aventure des Cybermen, alors même que Twelve, premier Docteur du nouveau set de régénération vient lui-même d’affronter ces mêmes Cybermen, également cause de sa régénération. One et Twelve ont le choix de devenir quelqu’un d’autre ou de mourir tels qu’ils sont. Ils croisent le chemin de la très bien nommée Testament, entité qui apparaît d’abord comme une menace. Mais elle n’est rien d’autre qu’une technologie de New Earth qui retire les souvenirs des humains à l’instant de leur mort afin qu’elles puissent leur survivre. Ainsi les morts peuvent encore parler et marcher parmi les vivants, leur mémoire étant après tout le meilleur témoignage d’eux-même. Ainsi ce dernier épisode Moffatien est un épisode sans bad guy, sans personne à combattre, si ce n’est l’angoisse de laisser partir le personnage que le showrunner a si longtemps porté.

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Des retrouvailles un poil trop courtes

Depuis la saison 7, la mémoire est une thématique que Steven Moffat a régulièrement portée en faisant ressortir des pans entiers de la série classique, en envoyant Clara dans la ligne temporelle d’Eleven, en reconstituant un lien avec le passé, en racontant l’histoire de cette immortelle ayant tellement vécu qu’elle ne se souvenait plus qui elle avait été et en bien d’autres occasions. « Run you clever boy, and remember » disait la fille impossible à son Docteur fuyard. Le showrunner s’apprête désormais à être une partie de ce passé, et s’expose à être effacé par le futur à venir. Cet épisode est un peu le chemin à parcourir pour accepter que quelqu’un continuera après lui. Il tente de se persuader que comme il l’a fait précédemment, ceux qui suivront ne perdront pas la mémoire de ce qu’il a fait et des compagnons que le Docteur a croisé sur son ère. L’opération de Testament (enlever la mémoire des morts à leur dernier instant) offre un miroir rassurant, mais peut-être faux que le futur saura conserver ce qu’il a fait. La convocation du passé l’oblige du même coup à porter un regard sur ce qui n’aurait jamais eu lieu si les créateurs de la série n’avaient pas choisi d’abandonner le premier Docteur, lui tirant la manche pour qu’il abandonne lui-même son enfant à d’autres personnes. A l’instar du duo Tennant / Davies, les adieux de Twelve et Moffat se fondent donc en un mais nous sommes ici dans une approche bien plus globale, où le scénariste revisite les fantômes des créateurs de Doctor Who en s’adressant à ceux qui n’existent pas encore, mais reprendront le flambeau. Au milieu, une petite flamme continue de briller pour nous offrir un dernier conte de Noël.

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Testament incite le douzième Docteur à partir en paix

Et cette petite flamme reste encore très énergique. Twice upon a time est très bien écrit et c’est un épisode de Rachel Talalay (label qualitay). Sous les traits de David Bradley (qui avait déjà interprété William Hartnell – et donc le Docteur- dans an adventure in time and space, le téléfilm du 50ème anniversaire), One est loin d’être un faire-valoir du douzième Docteur. Il revit littéralement. Steven Moffat a bien su reprendre ses caractéristiques pour en rire, tout en faisant ressortir ce qui le rendait attachant. Ses réactions au TARDIS de Twelve, à ses joujous soniques et son côté vieux jeu envoient un grand bol d’air à cet épisode, mais sa réaction au Docteur de la guerre qu’il deviendra et un beau dialogue avec Bill lui rendent une innocence assez paradoxale, compte tenu de son âge physique. On ajoute à ce retour une belle reprise couleur du TARDIS et des interactions brillantes entre les deux Docteurs, la nouvelle apparition de Mark Gatiss, le plaisir de retrouver l’adorable Bill Potts, le souvenir retrouvé de Clara (communiqué par Testament), le sarcastique Nardole en caméo ou même ce tordu de Rusty le Dalek qui vient faire un coucou. Mais le meilleur est sans doute dans ce dernier conte de Noël que Moffat nous raconte, qui est un épisode bien réel de l’Histoire. Lors du Noël 1914, les soldats allemands et français cessèrent le feu dans les deux camps. Twelve sauve le capitaine (le grand papa du Brigadier, merci toutéliage !) promis à une mort certaine en déplaçant l’instant de sa mort de quelques heures, à l’instant même de cette trêve de Noël. Si l’univers échoue souvent à être un conte, c’est là que le Docteur de la guerre vient, conclut le premier du nom. Puis il se retire rejoindre Ben et Polly…et affronter son destin. Mais Twelve refuse de croire que la mémoire de Bill arrachée par Testament constitue Bill et que notre mémoire constitue ce que nous sommes. Sa longue vie à venir ne fera t’elle pas que tous ces compagnons seront enterrés (ndr – je mets ma main à couper que non) ?

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-Watch your language young lady !

Seul face au TARDIS, il se dira qu’une vie de plus ne tuera personne, sauf lui-même. Steven Moffat / Peter Capaldi donne alors les dernières recommandations à son enfant avant de le libérer de lui-même. L’acteur aurait mérité le chant des Oods en puissance 10, Murray Gold lui offrira une explosion du thème de Heaven Sent, sa masterpiece. Au terme de cette ultime tirade de Twelve, Moffat lâche enfin les mots « Doctor, i let you go ». La régénération s’amorce dans une lumière rassérénante. Jodie Whitaker, la treizième Docteur, fait son apparition. Ce qui n’est guère une surprise, mais procure malgré tout un sentiment étrange…et intrigant

Le changement de sexe du Docteur pourrait bien être une aussi bonne idée que celle qu’ont eu il y’a très longtemps les créateurs du show, lorsqu’ils décidèrent que le Docteur pourrait bien être Patrick Troughton, ou n’importe quel autre acteur pourvu qu’il garde un peu de ce qu’est le personnage. Pour toutes ces années ajoutées à la Mémoire du Docteur, pour ce Docteur refoulé revenu à la surface, pour River Song, les wibly woobly timey winey, le Capitaine Jack, pour Clara Oswald la fille impossible et le duo Capaldi/Coleman, les anges et Sally Sparrow, Missy, le War Doctor, Sardick et ses fantômes, Bill Potts, pour Vincent Van Gogh, Amelia Pond, les Silents, Twelve et sa forteresse (…), merci Steven Moffat.

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I let you go

N : 8

IM : 9

36 / 10-11 & 12 World enough and time & The Doctor falls (L’Éternité devant soi & Le Docteur tombe)

36 / 10-11 World enough and time

36 / 10-12 The Doctor falls

de Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

« Sans Espoir, sans témoins et sans récompenses »

C’est le grand test pour Missy, celui qui décidera si elle a quitté le côté obscur. Bill accepte d’accompagner la psychopathe dans une aventure à condition que le Docteur lui promette de tout faire pour qu’elle reste en vie. Missy débarque avec Bill et Nardole dans un vaisseau colonial de plusieurs 650 km qui s’éloigne de l’attraction gravitationnelle d’un trou noir. Un alien effrayé les menace et il tue Bill. Elle est aussitôt enlevée par un infirmier robot et transportée dans un ascenseur. Le Docteur comprend que l’équipage du vaisseau envoyé à l’autre extrémité a été affecté par la proximité du trou noir et a traversé plus vite le temps. Ils ont ainsi pu engendrer des descendants et une nouvelle civilisation. Bill se réveille en bas du vaisseau dans un hôpital rempli de patients en grande souffrance. Mr Razor, un étrange personnage, lui explique qu’on lui a greffé un nouveau coeur. Alors qu’elle était inconsciente depuis des semaines, un écran de contrôle du haut du vaisseau lui montre que le Docteur, Nardole et Missy discutent toujours avec son meurtrier. Problème : le cœur de Bill cessera de battre si elle quitte cet étage. Assignée à résidence, elle reçoit des messages du Docteur lui priant de l’attendre, mais encore combien de mois ? A l’extérieur de l’hôpital, Bill découvre un monde irrespirable peuplé de gens malades et dont le seul espoir est une évolution de l’Homme avant le grand Exode dans l’ascenseur.  Mr Razor lui explique que les patients qu’elle a rencontrés constituent ce nouvel espoir d’évolution. Le Docteur, Missy et Nardole parviennent de l’autre côté du vaisseau à l’issue de plusieurs années. Missy découvre que le vaisseau vient de la planète Mondas et elle fait connaissance avec M. Razor, qui n’est nul autre que le Maître, dans sa précédente incarnation. Le Docteur et Nardole découvrent avec horreur que Bill a été transformée en cyberman Mondasien.

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 Missy’s awesome bananas adventures

Pour son dernier two-parter avant le bouquet final du Christmas Special 2017, Steven Moffat nous offre un beau cadeau : un « Genesis of the Cybermen ». Un cadeau logique, vu la volonté du showrunner de combler les trous entre les classiques et les modernes, encore exprimé cette année avec les guerriers des glaces. Nous voici donc au cœur des événements qui ont mené à la première génération de Cybermen qui étaient apparus dans le dernier épisode du premier Docteur. World enough and time est un épisode malin et oppressant, un modèle de scénario de SF qui prend à son compte la distortion du temps provoquée par la proximité d’un trou noir. Observant au loin une personne qui s’éloignerait vers un trou noir, son image deviendrait de plus figée car l’extrême gravité de la singularité ralentit l’écoulement du temps. Steven Moffat reprend ce principe en l’appliquant à un vaisseau d’une taille colossale, transformant un simple ascenseur en machine à voyager dans le temps ou un écran de contrôle en démonstration de la théorie (Bill et Mr Razor regardent le cours sur la gravité du Docteur qui dure un mois). Le showrunner a perdu sa mère durant la production de cette saison. Les années passées par Bill dans cet hôpital rempli de personnes souffrantes transpirent les journées sans fin passées aux soins palliatifs et le trauma vécu par le lent décès d’un proche. Ces scènes sont d’autant plus éprouvantes que le masque rustique des cybermen de Mondas, palliant autrefois l’absence de budget, sert ici à dissimuler la douleur ressentie par les patients. Il faut s’accrocher car le reste sera encore pire, mais aussi superbe.

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Un futur cyberman de Mondas : Tout de suite c’est moins drôle

Le Docteur doit faire face à la transformation de Bill, dans un monde fait de cyber fonderies, où les deux incarnations du Maître ont décidé de s’allier pour lui pomper l’air. Mais le Docteur a modifié le paramétrage des cybermen pour inclure les seigneurs du temps dans les proies des robots. Missy aide le Docteur à s’évader pour qu’il rejoigne un vaisseau fourni par Nardole. Attaqué par un cyberman, Twelve est sauvé par Cyberman Bill et tous quittent le monde du bas. Ils atterrissent à un des étages au-dessus, peuplé d’enfants et au ciel bien bleu, mais déjà attaqué par les cybermen d’en bas. Bill doit faire face à son état de cyberman en étant encore consciente de qui était. Pendant ce temps, l’Exode des cybermen menace la petite communauté constituée. Les Maîtres retrouvent l’ascenceur pour d’échapper mais ils ne pourront pas monter au pont retrouver le TARDIS, car plus ils monteront, plus le temps ralentira pour eux et le temps s’accélérera pour les Cybermen. Ils auront ainsi des millénaires pour trouver comment les stopper. Tous n’ont plus d’autre choix que de protéger la population contre l’exode massif des cybermen. La victoire est impossible, mais le Docteur explique aux Maîtres que gagner n’est pas le but, et qu’il défendra ce monde quitte à en mourir.

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Bill et son Professeur dans une troublante inversion des rôles

Ce n’est pas moins de quatre conclusions que Steven Moffat et Rachel Talalay orchestrent avec brio dans le dernier épisode de cette dernière saison Moffatienne. Comme on l’avait vu avec Dark Water/ Death in Heaven, le Steven Moffat bondissant de la saison 5 a évolué. Il a su se poser à hauteur d’homme et de personnages et il n’a désormais plus peur de se raccrocher à autre chose que des paradoxes et des Wibbly wobbly Timey Winey. Ce final de saison est donc terriblement humain, sans aucune démonstration ni effet, si ce n’est la poursuite des distortions temporelles établies dans l’épisode précédent. La seule faiblesse de ce two-parter réside dans la conclusion de Nardole. Dans l’ombre durant une grande partie de la saison, le personnage campé par Matt Lucas a été sacrifié pour donner le change au fil rouge et à la relation Bill/Docteur. L’alien sarcastique aura droit à de bons moments pour ce finale et il sera finalement chargé de mettre à l’abri les humains et de les aider à reconstruire leur monde. Le personnage connaît une forme de rédemption, passant d’escroc hostile aux humains à soutien de familles humaines, mais sa fin rejoint plus celle des compagnons de l’époque classique que celle, beaucoup plus flamboyante des compagnons modernes.

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Le Maître et lui-même, une troublante histoire d’amour

Compagne sans tapage ni tambours, Bill Potts n’aura eu le droit qu’à une seule saison avec le Docteur, mais elle restera une des meilleures compagnes, une force tranquille et naturelle au milieu de l’océan dramatique Moffatienne. Bill est une jeune adulte moderne qui tente de se construire seule, et sa découverte d’autres mondes accompagne la vie qu’elle tente de se construire, traînant derrière elle le trauma du décès de sa mère naturelle et l’absence de support des adultes. En cela, elle est la compagne la plus humaine, la moins idéalisée qu’on ait pu voir dans la série moderne. Il est heureux que Steven Moffat ait déniché Pearl Mackie pour l’incarner car son naturel et son aisance à passer d’une émotion à l’autre ont fait accepter Bill. Ils nous l’ont rendue instantanément attachante, sans qu’elle n’ait besoin d’un attachement amoureux ou d’un lien spécial avec le Docteur. Ce dernier épisode est très éprouvant car Bill devra subir la dépossession de son humanité. La grande intelligence du scénario est de nous la montrer telle qu’elle était avant sa transformation, alors que les gens qui la regardent ne la voient plus que comme un cyberman. Son esprit se rebelle contre le programme dans un réflexe de survie hérité du temps passé parmi les moines. Bill combattra jusqu’à bout aux côtés du Docteur. Au chevet d’un Twelve mourant, Cyberman Bill rencontrera Heather/ le pilote qui la poursuivait dans l’espace et le temps (et qui l’a tracée en suivant ses larmes). Le Pilote vient la chercher pour lui retirer sa condition de cyberman afin qu’elle puisse l’accompagner. Ainsi Bill continuera t’elle à parcourir la galaxie avec Heather. Au départ un peu tiré par les cheveux, ce final du personnage se défend totalement au niveau scénaristique et paraît avec le recul la plus belle fin qu’on pouvait souhaiter à notre Bill.

Il était aussi nécessaire de clôturer le fil rouge de la saison de la rédemption de Missy. Malin, Steven Moffat a décidé de confronter Missy à une épreuve bien plus rude que celle que le Docteur entendait : Il fait revenir le Maître de John Simm, donnant l’occasion au personnage de se délester de son passé pour embrasser pleinement sa rédemption. Si le Docteur a rencontré d’autres incarnations, c’est une première pour le Maître, l’occasion de nous offrir quelques beaux numéros d’auto-séduction bien pervers et de danse avec moi-même. John Simm et Michelle Gomez interagissent avec un plaisir communicatif. Outre ces joyeusetés, the Doctor Falls décrit le partage moral de Missy entre suivre celui qu’elle était (revenir en arrière) et le Docteur (devenir une meilleure personne). Durant le discours intense du Docteur qui les invite à combattre avec lui, Missy l’a écouté, mais elle se refuse à le suivre. La Time Lady rejoint le Maître et elle le tue pour qu’il se régénère en elle. Le Maître tue Missy à son tour et pour de bon pour qu’elle n’ait jamais à être aux côtés du Docteur. La fin parfaite du Maître/ Missy serait-elle de se tirer dans le dos mutuellement ? Cette ironie ne dissimule pas les plans de Steven Moffat pour le passage de relai à Chris Chibnall, ni que Missy a été consciemment ou non le point de départ au conditionnement du spectateur à un changement majeur.

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This is the end. My only friend, the end.

« Est-ce que le futur ne sera que féminin ? » « on peut l’espérer ». Cet échange entre le Maître de John Simm et Twelve est un de ces clin d’œil intempestifs que Steven Moffat glisse de temps à autre au spectateur. Mais il n’y a pas de déclaration plus ouverte que cet épisode que le prochain Docteur sera une femme. Après sa régénération vue à la fin de cet épisode, l’un des premiers actes de Missy sera de confier le Docteur à Clara. Ne serait-ce pas autant pour lui prouver qu’une femme peut devenir aussi forte que le Docteur que pour réunir l’hybride de la prophétie ? Entouré de compagnes fortes depuis le relaunch, Twelve a visiblement intériorisé qu’il ne saurait se perdre en passant d’un sexe à un autre. Il pose même au détour d’un dialogue avec Bill l’évidence de l’absence d’un sexe déterminé pour les seigneurs du temps. Il ne restait que la rédemption de Missy et son attachement à Bill pour poser un point final à ce conditionnement. Dans un de leur dernier dialogue, Bill lui rappelle qu’elle est plutôt branchée femme, et plutôt de son âge. Dont acte. Quelques semaines plus tard, nous apprenons que le premier Docteur de Chris Chibnall sera une Docteure, qui prendra les traits de Jodie Whittaker.

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Peter Capaldi. Les Emmy Awards ne le méritent pas

« Sans espoir, sans témoin et sans récompense », Le Docteur décide d’y rester comme l’avait fait son programme dans la simulation des moines. Entre temps, il a pu faire exploser les étages inférieurs du vaisseau et vaincre les cybermen. Ramené dans le TARDIS par Bill et l’entité, il revoit tout les compagnons connus par Steven Moffat, ainsi que Missy. Mais Twelve refuse de se régénérer. Sur une planète de neige, il sort du TARDIS et fait face…au premier Docteur (du moins son alter ego de « Adventure in space and time » David Bradley). Une rencontre bien ironique entre le premier et le premier du nouveau set de régénérations, mais peut être pas fortuite puisque ce premier Docteur avait subi sa régénération suite eu premier affrontement des cybermen de Mondas.

N : 9

IM : 10

36 / 10-10 The Eaters of light (Les Mange-lumière)

36 / 10-10 The Eaters of light

de Rona Munro

Réalisation : Charles Palmer

Aberdeen, Ecosse. 2ème siècle après J-C.  Le Docteur veut prouver à Bill que les 5000 soldats de la neuvième légion romaine ont été anéantis dans une bataille il y’a longtemps, mais Bill reste persuadée qu’ils ont atteint l’Ecosse. Bill a pourtant raison ! Elle tombe sur un soldat de la neuvième Légion qui lui explique qu’ils auraient été attaqués par un monstre. Nardole et Twelve sont capturés par des pictes alors qu’ils explorent un tumulus. Le Docteur s’échappe et ouvre la Porte, un portail dans le tumulus. Revenant deux jours plus tard alors qu’il n’y a passé que deux secondes, il en conclue que c’est une faille temporelle inter-dimensionnelle. A chaque génération, un guerrier passe la porte et combat le monstre pour le retenir. La picte gardienne de la Porte l’a laissé s’échapper afin qu’il tue l’envahisseur. Mais ce monstre est un Locuste dévoreur de lumière qui s’attaquera fatalement au soleil et aux étoiles. Pictes et romains devront s’unir pour le renvoyer de l’autre côté du portail et garder la porte jusqu’au coucher du soleil.

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Et avec ça on tourne encore dans des cavernes ?

Un petit passage par l’Ecosse et ses superstitions était obligatoire en compagnie d’un Docteur et d’un showrunner écossais (Capaldi vient de Glasgow et Steven Moffat est né à Paisley, tout près de…Glasgow). L’auteur de ces lignes serait bien le dernier à s’en plaindre, et serait même tout disposé à signer une pétition pour que nous puissions voir un peu plus de la Terre de Jamie McCrimmon, et un peu moins de Londres. La perspective de l’épisode est d’autant plus alléchante que nous explorons un mystère qui divise encore les historiens : la disparition de la neuvième légion romaine de tous les écrits au 2ème siècle après J-C. Pour certains elle aurait été déplacée ou dissoute. Pour d’autres, elle aurait été vaincue par les pictes écossais. Rona Munro, qui fut la scénariste de Survival, le dernier épisode classique 28 ans auparavant, explore une troisième voie qui réconcilie à la fois l’Histoire, la superstition picte et la mythologie de Doctor Who : un monstre invincible a traversé un portail et a décimé les romains…mais pas tous. Contre l’avis du Docteur, les survivants auraient rejoint Kar, la gardienne de la porte dans le portail pour retenir la bête, pour ne plus jamais revenir dans leur monde (ou bien des siècles plus tard). Ainsi sauvèrent-ils notre monde et l’univers tout entier. Depuis, les corneilles auraient cessé de parler comme les humains pour ne plus répéter que le nom de la gardienne « Kar » et ainsi porter sa mémoire. Voilà de quoi donner un épisode mémorable.

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Ce crétin est prêt à tout pour un peu de lumière

Le problème est que la poésie que porte The Eaters of Light sur le papier ne se ressent que peu à l’écran, la faute à un scénario trop prévisible et particulièrement bavard. La classique séparation pour rejoindre deux camps que tout oppose est un coup classique qui aurait mérité un minimum que l’on déjoue nos attentes. Les survivants de la légion romaine ressemblent trop à des jeunes anglais de 2017 pour convaincre. De façon générale, les deux camps guerriers partagent trop d’atermoiements avec le Docteur et ses compagnons. Bien qu’affaiblis par la bête, ils auraient mérité une représentation plus fidèle à ce qu’ils étaient historiquement. Au cœur du message de l’épisode, le champ télépathique du TARDIS permettra aux deux peuples de réaliser qu’en parlant la même langue, ils ne sont pas si différents l’un de l’autre. Cette bonne idée laisse à penser qu’Eaters of Light aurait plus eu sa place comme premier épisode historique de la série. Il aurait permis d’apprendre cette faculté du TARDIS à Bill et aux nouveaux spectateurs, évitant le passage embarrassant où la compagne semble apprendre après plusieurs mois que le TARDIS traduit simultanément. Eaters of Light est néanmoins le meilleur épisode de Nardole, qui s’intègre très bien aux autochtones et se permet quelques remarques cinglantes dont Matt Lucas a le secret.

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Un nouvel espoir d’amitié…ou pas

Nous apprenons à l’issue de l’épisode que le Docteur avait embarqué Missy comme mécano dans le TARDIS (et pas pour visiter l’Ecosse, puisque Michelle Gomez est aussi écossaise). Nous découvrons également sans transition que Missy serait devenue sensible à la musique. Un retournement soudain qui sonne complètement faux du fait du peu de scènes accordées à Michelle Gomez lors de cette saison pour faire accepter ce changement majeur, quitte à consacrer un épisode aux années passées dans la cage. Le two-parter final aura fort à faire pour rattraper cet écueil.

N : 6

IM : 4

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