An Adventure in Space and Time

An Adventure in Space and Time

Scénario : Mark Gatiss

Réalisation : Terry McDonough

Durée : 85 mn

Diffusé le 21 novembre 2013 sur BBC2

 

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Pour fêter le cinquantième anniversaire de Doctor Who, la BBC produisit et diffusa an adventure in Space and Time, téléfilm scénarisé par Mark Gatiss qui dépeint la création de Doctor Who de l’idée d’origine jusqu’à la régénération du premier Docteur.

Sydney Newman, le chef du département fiction télévisée de la chaîne a l’idée d’une série de SF pour enfants pour boucher un créneau. Il confie le développement de la série à son assistante Verity Lambert,  jeune productrice de 27 ans, qui devra faire preuve d’une grande confiance pour porter ce concept atypique dans un milieu d’hommes d’un âge avancé installés dans leurs habitudes. Elle trouvera un allié en Warris Hussein, réalisateur du pilote encore plus jeune qu’elle et d’origine indienne. Parallèlement, l’acteur William Hartnell veut sortir des rôles types qu’on lui a imposé après le succès de la série Carry on Sergeant. D’abord réticent à jouer dans une fiction pour enfants, il est finalement convaincu par Hussein et Lambert. Contre toute attente, ce rôle va changer tardivement sa vie et provoquer un attachement à ce Seigneur du Temps en fuite, en dépit du turn-over des compagnons et d’un état de santé qui ne s’améliore pas. Mais toute bonne chose a une fin, et la régénération approche…

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L’équipe de la saison 2 de Doctor Who. La gloire, même sans les Daleks

On l’aura compris, ce téléfilm est avant tout centré sur deux figures : William Hartnell et Verity Lambert. La jeune productrice prend une grande place dans sa première partie, qui s’étend sur l’originalité du choix de Sydney Newman de porter une jeune femme à la tête de la série et sa ténacité face aux difficultés qu’elle rencontre avec les vieux bonnets de la BBC. Cette difficulté se double d’un budget particulièrement serré, d’une première histoire chaotique et d’un accrochage fameux avec Newman sur la direction du show. C’est en effet Verity Lambert qui a décidé de porter le deuxième arc sur les Daleks, celui qui a définitivement lancé Doctor Who dans les foyers anglais. Les affreux de Skaro allaient à l’encontre du premier ordre de Newman, qui était de produire une série SF éducative dénuée de robots folkloriques.

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Sydney Newman (Brian Cox), l’initiateur de Doctor Who

Lorsque Verity Lambert quitte le show à l’issue du tournage de Mission to the unknown, le téléfilm ne fait que déporter toute l’attention vers le vieillard qui tient le rôle du premier Docteur, vétéran des premiers temps de la série. Nous l’avons déjà suivi depuis le début, et c’est lui au final, le héros. An adventure in space and time s’ouvre d’ailleurs avec la dernière prestation d’Hartnell sur la série. Reste à parcourir le reste du chemin, et le téléfilm réussit dans l’ensemble, en grande partie grâce à David Bradley, à épouser le point de vue du premier Docteur. Il colle à ses doutes, le suit dans des scènes familiales avec sa petite fille, son premier public, montre le respect mutuel qu’il instaure avec la productrice, son lien avec Carol Ann Ford (Susan) et les difficultés finales à porter le rôle. La conclusion voit une rencontre émouvante avec Matt Smith, le onzième Docteur. Un façon de montrer que l’acceptation de céder son personnage à Patrick Troughton a mené à l’incroyable longévité de Doctor Who, et combien chaque Docteur doit à celui qui a installé le rôle.

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Verity Lambert (Jessica Raine) et William Hartnell (David Bradley)

An adventure in space and time est donc un bel hommage à William Hartnell, mais c’est avant tout un drama, et non un documentaire. Créé dans un but festif, il met en avant des personnages généralement positifs vus sous l’angle d’un politiquement correct déjà très en vogue en 2013, se permettant de reléguer d’autres personnages jugés dramatiquement moins porteurs. On peut saluer le traitement des difficultés de Warris Hussein et de Verity Lambert à faire leur place à la BBC dans les années 60. Mais on peut regretter les ellipses dans la génèse de Doctor Who et dans la continuité post-Verity, qui amoindrissent l’apport de Sydney Newman et d’autres contributeurs, comme le chef scénariste David Whitaker, le producteur Mervyn Pinfield et surtout de Terry Nation, le responsable de la Dalekmania, qui ne fait ici que de courtes apparitions dans le segment dédié (presque autant que les Zarbis figurants). La première année de travail sur la série fut ponctuée de difficultés internes qui sont narrés dans les premières pages du très bon ouvrage de Marcus Hearn, « Doctor Who, les Archives : Les 50 ans d’une série culte », qui fera un excellent complément à ce téléfilm.

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New Year Special 2019 – Resolution

La bonne nouvelle de ce retour des Daleks est qu’il n’y a pas de rupture majeure avec la continuité de Russell T.Davies et Steven Moffat. La moins bonne est un scénario sans ambition, ni fantaisie, qui se contente d’une course poursuite basique et d’une ligne interchangeable avec beaucoup d’épisodes de la saison 12.

New Year Special 2019

Resolution

De Chris Chibnall

Réalisation : Wayne Yip

9ème siècle sur la Terre. Trois peuples ont dû s’unir pour vaincre un ennemi indestructible. Après en être venus à bout (comme quoi il n’était pas si indestructible que ça), ils ont dispersé ces restes à trois endroits différents de la planète. Le voyageur le plus malchanceux est tué par deux brigands alors qu’il traverse le Yorkshire. Nouvel an 2019 à Sheffield. Deux archéologues découvrent la dépouille du combattant et la partie de l’ennemi qu’il allait planquer. Les parties se reconstituent sous l’effet de leur appareillage scientifique. C’est le moment que choisit le Docteur pour débarquer avec ses trois compagnons, de retour d’une soirée thématique nouvel an dans l’espace et le temps. A peine remis de leurs émotions, ils devront arrêter la créature qui a pris le contrôle d’un des deux archéologues. Tout irait à peu près bien si le bestiau n’était pas un Dalek éclaireur, specimen amélioré des affreux de Skaro habituellement lancé pour repérer une planète à détruire. Alors que Thirteen se frotte à son ennemi millénariste, Ryan recroise la route de son papa qui semble avoir pris de bonnes résolutions. Mais peut-on pardonner si vite après tant d’années d’abandon ?

3800dDeux archéologues amoureux que cette chronique a sciemment oubliés

La réponse est oui. Il suffit d’un TARDIS, de quelques baratins et d’un psychopathe de l’espace pour recréer des liens familiaux. Resolution marque enfin un retour aux sources de Chris Chibnall après une saison complète à n’en avoir (presque) rien à foutre de l’Histoire de la série. La bonne nouvelle est qu’il n’y a pas de rupture majeure avec la continuité de Russell T.Davies et Steven Moffat. Si ce n’est que les innombrables Daleks invaders de Mr.Davies auraient pu faire un petit effort pour libérer ce Dalek éclaireur. La moins bonne nouvelle réside dans un scénario sans ambition, ni fantaisie, qui se contente d’une course poursuite basique et d’une ligne interchangeable avec beaucoup d’épisodes de la saison 11. Ce retour du Dalek se dévoile progressivement, exhibant durant les trois quarts de l’épisode un Dalek nu sans carapace, sorte de facehugger en CGI collé au dos de l’hôte qu’il contrôle. Nous ne reverrons cette bonne vieille coquille que dans une dernière partie un peu plus punchy. La méthode est classique, et on se souvient avoir attendu bien souvent la fin du premier épisode du serial pour voir se révéler le Dalek à grands fracas. L’ennui est que ce qui précède est une course poursuite prévisible, sans véritable gestion de l’espace et bien trop de personnages à gérer. De quoi provoquer un ennui poli pour qui a connu des menaces Daleks de plus grande ampleur (toutes celles sous Davies, et même dans les premiers classiques) ou dont l’enjeu était plus fort (au hasard Dalek, into the Dalek ou Genesis of the Daleks). Le newbie de 2018 trouvera sans doute l’épisode agréable comme il permet une introduction correcte des affreux de Skaro, mais nous sommes bien loin d’avoir un show à la hauteur d’un Special.

3800B.jpgLe Dalek reconstitué fait face à son ennemi mortel

Le bon point de cet épisode est le retour d’Aaron, fils de la Grace et père de Ryan. Le manque créé par cet homme était le seul point d’intérêt de Ryan durant une grande partie de la saison 12, mais le retour du père absent ne revêtait plus de grande importance maintenant que le gamin avait trouvé en Graham un grand-père d’élection. Pourtant les première scènes entre le père et le fils, aussi naturalistes soient-elles, étonnent par leur justesse. Aaron sera bien entendu admis dans le TARDIS pour quelques minutes (Elle redevient le moulin qu’elle a été dans les 80’s) histoire d’apporter une résolution rapide et un pardon instantané qui fait sonner le final étrangement faux. Et ce malgré l’effort de lyrisme déployé pour illustrer ces retrouvailles entre père et fils.

3800c-Ecoutes fiston, je t’ai quitté tu étais dispraxique. What happened?

Chris Chibnall ne profite pas du nouvel an pour se dérider, mais il tente ça et là quelques notes d’humour (merci à Jodie Whitaker et Bradley Walsh) qui tomberont pour la plupart à plat. Seule la mise sur la touche de UNIT faute de financement apportera un petit sourire. Y’avait-il un message à faire passer à la production sur l’enveloppe de l’épisode ? Au final, Resolution est bien loin de créer une attente suffisante pour revenir à Doctor Who après un gap qui s’étendra jusqu’à  courant 2020.

N : 4

IM : 7

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Bonne année sans Doctor Who !

Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time (Il était deux fois)

Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time

De Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

709 épisodes plus tôt, quelque part dans le Pôle Sud. Après avoir affronté les Cybermen de Mondas, le Premier Docteur refuse sa régénération. Il quitte Ben et Polly pour rejoindre son TARDIS, mais il rencontre en chemin le douzième Docteur, qui vient aussi d’affronter les cybermen de Mondas et refuse lui aussi de se régénérer. Le temps s’arrête. Un anglais en uniforme de capitaine de la première guerre mondiale ressemblant fortement à Mark Gatiss apparaît alors devant eux. Il a été téléporté des tranchées de 1914 au moment où il allait se faire tuer par un soldat allemand. L’entité Testament responsable de la téléportation aspire le TARDIS de Twelve dans un énorme vaisseau, dans la chambre des morts. Elle explique qu’elle est chargée d’extraire quelque chose des humains au moment de leur mort. Elle propose à Twelve et One de lui rendre le Capitaine en échange de Bill Potts, celui-ci ayant été déplacé de sa ligne temporelle lors de l’extraction. Bill refuse que le Capitaine prenne sa place et les quatre s’échappent du vaisseau pour rejoindre le TARDIS du premier Docteur. Tentant d’identifier l’entité, le TARDIS les mène à la planète Villengard où réside la grande base de données des Daleks. Twelve y retrouve Rusty, le Dalek rebelle. One est quand lui confronté à l’entité qui a pris la forme de Bill Potts.

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Un Lethbridge Stewart de plus

Twice upon a time a le devoir de clore à la fois le run de Peter Capaldi et l’ère de Steven Moffat en tant que showrunner. Huit ans auparavant, le final de Russell T. Davies avait été un feu d’artifice. Familier des grands climax sur une bonne partie des années qui ont suivies, Le Moff’ a choisi de nous réserver un final nettement plus intimiste, qui jure avec le merveilleux de ses autres épisodes de Noël mais qui n’oublie pas d’être profondément émouvant. Comme à son habitude, il remet les pieds dans le plat de la chronologie de la série classique pour s’insérer au moment de la meilleure idée que la série n’ait jamais eu, et qui fait qu’elle est encore vivante aujourd’hui : la régénération du premier Docteur. C’est avec aisance et une ironie certaine que l’aventure qui nous est contée s’intègre à la fin de la première aventure des Cybermen, alors même que Twelve, premier Docteur du nouveau set de régénération vient lui-même d’affronter ces mêmes Cybermen, également cause de sa régénération. One et Twelve ont le choix de devenir quelqu’un d’autre ou de mourir tels qu’ils sont. Ils croisent le chemin de la très bien nommée Testament, entité qui apparaît d’abord comme une menace. Mais elle n’est rien d’autre qu’une technologie de New Earth qui retire les souvenirs des humains à l’instant de leur mort afin qu’elles puissent leur survivre. Ainsi les morts peuvent encore parler et marcher parmi les vivants, leur mémoire étant après tout le meilleur témoignage d’eux-même. Ainsi ce dernier épisode Moffatien est un épisode sans bad guy, sans personne à combattre, si ce n’est l’angoisse de laisser partir le personnage que le showrunner a si longtemps porté.

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Des retrouvailles un poil trop courtes

Depuis la saison 7, la mémoire est une thématique que Steven Moffat a régulièrement portée en faisant ressortir des pans entiers de la série classique, en envoyant Clara dans la ligne temporelle d’Eleven, en reconstituant un lien avec le passé, en racontant l’histoire de cette immortelle ayant tellement vécu qu’elle ne se souvenait plus qui elle avait été et en bien d’autres occasions. « Run you clever boy, and remember » disait la fille impossible à son Docteur fuyard. Le showrunner s’apprête désormais à être une partie de ce passé, et s’expose à être effacé par le futur à venir. Cet épisode est un peu le chemin à parcourir pour accepter que quelqu’un continuera après lui. Il tente de se persuader que comme il l’a fait précédemment, ceux qui suivront ne perdront pas la mémoire de ce qu’il a fait et des compagnons que le Docteur a croisé sur son ère. L’opération de Testament (enlever la mémoire des morts à leur dernier instant) offre un miroir rassurant, mais peut-être faux que le futur saura conserver ce qu’il a fait. La convocation du passé l’oblige du même coup à porter un regard sur ce qui n’aurait jamais eu lieu si les créateurs de la série n’avaient pas choisi d’abandonner le premier Docteur, lui tirant la manche pour qu’il abandonne lui-même son enfant à d’autres personnes. A l’instar du duo Tennant / Davies, les adieux de Twelve et Moffat se fondent donc en un mais nous sommes ici dans une approche bien plus globale, où le scénariste revisite les fantômes des créateurs de Doctor Who en s’adressant à ceux qui n’existent pas encore, mais reprendront le flambeau. Au milieu, une petite flamme continue de briller pour nous offrir un dernier conte de Noël.

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Testament incite le douzième Docteur à partir en paix

Et cette petite flamme reste encore très énergique. Twice upon a time est très bien écrit et c’est un épisode de Rachel Talalay (label qualitay). Sous les traits de David Bradley (qui avait déjà interprété William Hartnell – et donc le Docteur- dans an adventure in time and space, le téléfilm du 50ème anniversaire), One est loin d’être un faire-valoir du douzième Docteur. Il revit littéralement. Steven Moffat a bien su reprendre ses caractéristiques pour en rire, tout en faisant ressortir ce qui le rendait attachant. Ses réactions au TARDIS de Twelve, à ses joujous soniques et son côté vieux jeu envoient un grand bol d’air à cet épisode, mais sa réaction au Docteur de la guerre qu’il deviendra et un beau dialogue avec Bill lui rendent une innocence assez paradoxale, compte tenu de son âge physique. On ajoute à ce retour une belle reprise couleur du TARDIS et des interactions brillantes entre les deux Docteurs, la nouvelle apparition de Mark Gatiss, le plaisir de retrouver l’adorable Bill Potts, le souvenir retrouvé de Clara (communiqué par Testament), le sarcastique Nardole en caméo ou même ce tordu de Rusty le Dalek qui vient faire un coucou. Mais le meilleur est sans doute dans ce dernier conte de Noël que Moffat nous raconte, qui est un épisode bien réel de l’Histoire. Lors du Noël 1914, les soldats allemands et français cessèrent le feu dans les deux camps. Twelve sauve le capitaine (le grand papa du Brigadier, merci toutéliage !) promis à une mort certaine en déplaçant l’instant de sa mort de quelques heures, à l’instant même de cette trêve de Noël. Si l’univers échoue souvent à être un conte, c’est là que le Docteur de la guerre vient, conclut le premier du nom. Puis il se retire rejoindre Ben et Polly…et affronter son destin. Mais Twelve refuse de croire que la mémoire de Bill arrachée par Testament constitue Bill et que notre mémoire constitue ce que nous sommes. Sa longue vie à venir ne fera t’elle pas que tous ces compagnons seront enterrés (ndr – je mets ma main à couper que non) ?

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-Watch your language young lady !

Seul face au TARDIS, il se dira qu’une vie de plus ne tuera personne, sauf lui-même. Steven Moffat / Peter Capaldi donne alors les dernières recommandations à son enfant avant de le libérer de lui-même. L’acteur aurait mérité le chant des Oods en puissance 10, Murray Gold lui offrira une explosion du thème de Heaven Sent, sa masterpiece. Au terme de cette ultime tirade de Twelve, Moffat lâche enfin les mots « Doctor, i let you go ». La régénération s’amorce dans une lumière rassérénante. Jodie Whitaker, la treizième Docteur, fait son apparition. Ce qui n’est guère une surprise, mais procure malgré tout un sentiment étrange…et intrigant

Le changement de sexe du Docteur pourrait bien être une aussi bonne idée que celle qu’ont eu il y’a très longtemps les créateurs du show, lorsqu’ils décidèrent que le Docteur pourrait bien être Patrick Troughton, ou n’importe quel autre acteur pourvu qu’il garde un peu de ce qu’est le personnage. Pour toutes ces années ajoutées à la Mémoire du Docteur, pour ce Docteur refoulé revenu à la surface, pour River Song, les wibly woobly timey winey, le Capitaine Jack, pour Clara Oswald la fille impossible et le duo Capaldi/Coleman, les anges et Sally Sparrow, Missy, le War Doctor, Sardick et ses fantômes, Bill Potts, pour Vincent Van Gogh, Amelia Pond, les Silents, Twelve et sa forteresse (…), merci Steven Moffat.

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I let you go

N : 8

IM : 9

36 / 10-11 & 12 World enough and time & The Doctor falls (L’Éternité devant soi & Le Docteur tombe)

36 / 10-11 World enough and time

36 / 10-12 The Doctor falls

de Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

« Sans Espoir, sans témoins et sans récompenses »

C’est le grand test pour Missy, celui qui décidera si elle a quitté le côté obscur. Bill accepte d’accompagner la psychopathe dans une aventure à condition que le Docteur lui promette de tout faire pour qu’elle reste en vie. Missy débarque avec Bill et Nardole dans un vaisseau colonial de plusieurs 650 km qui s’éloigne de l’attraction gravitationnelle d’un trou noir. Un alien effrayé les menace et il tue Bill. Elle est aussitôt enlevée par un infirmier robot et transportée dans un ascenseur. Le Docteur comprend que l’équipage du vaisseau envoyé à l’autre extrémité a été affecté par la proximité du trou noir et a traversé plus vite le temps. Ils ont ainsi pu engendrer des descendants et une nouvelle civilisation. Bill se réveille en bas du vaisseau dans un hôpital rempli de patients en grande souffrance. Mr Razor, un étrange personnage, lui explique qu’on lui a greffé un nouveau coeur. Alors qu’elle était inconsciente depuis des semaines, un écran de contrôle du haut du vaisseau lui montre que le Docteur, Nardole et Missy discutent toujours avec son meurtrier. Problème : le cœur de Bill cessera de battre si elle quitte cet étage. Assignée à résidence, elle reçoit des messages du Docteur lui priant de l’attendre, mais encore combien de mois ? A l’extérieur de l’hôpital, Bill découvre un monde irrespirable peuplé de gens malades et dont le seul espoir est une évolution de l’Homme avant le grand Exode dans l’ascenseur.  Mr Razor lui explique que les patients qu’elle a rencontrés constituent ce nouvel espoir d’évolution. Le Docteur, Missy et Nardole parviennent de l’autre côté du vaisseau à l’issue de plusieurs années. Missy découvre que le vaisseau vient de la planète Mondas et elle fait connaissance avec M. Razor, qui n’est nul autre que le Maître, dans sa précédente incarnation. Le Docteur et Nardole découvrent avec horreur que Bill a été transformée en cyberman Mondasien.

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 Missy’s awesome bananas adventures

Pour son dernier two-parter avant le bouquet final du Christmas Special 2017, Steven Moffat nous offre un beau cadeau : un « Genesis of the Cybermen ». Un cadeau logique, vu la volonté du showrunner de combler les trous entre les classiques et les modernes, encore exprimé cette année avec les guerriers des glaces. Nous voici donc au cœur des événements qui ont mené à la première génération de Cybermen qui étaient apparus dans le dernier épisode du premier Docteur. World enough and time est un épisode malin et oppressant, un modèle de scénario de SF qui prend à son compte la distortion du temps provoquée par la proximité d’un trou noir. Observant au loin une personne qui s’éloignerait vers un trou noir, son image deviendrait de plus figée car l’extrême gravité de la singularité ralentit l’écoulement du temps. Steven Moffat reprend ce principe en l’appliquant à un vaisseau d’une taille colossale, transformant un simple ascenseur en machine à voyager dans le temps ou un écran de contrôle en démonstration de la théorie (Bill et Mr Razor regardent le cours sur la gravité du Docteur qui dure un mois). Le showrunner a perdu sa mère durant la production de cette saison. Les années passées par Bill dans cet hôpital rempli de personnes souffrantes transpirent les journées sans fin passées aux soins palliatifs et le trauma vécu par le lent décès d’un proche. Ces scènes sont d’autant plus éprouvantes que le masque rustique des cybermen de Mondas, palliant autrefois l’absence de budget, sert ici à dissimuler la douleur ressentie par les patients. Il faut s’accrocher car le reste sera encore pire, mais aussi superbe.

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Un futur cyberman de Mondas : Tout de suite c’est moins drôle

Le Docteur doit faire face à la transformation de Bill, dans un monde fait de cyber fonderies, où les deux incarnations du Maître ont décidé de s’allier pour lui pomper l’air. Mais le Docteur a modifié le paramétrage des cybermen pour inclure les seigneurs du temps dans les proies des robots. Missy aide le Docteur à s’évader pour qu’il rejoigne un vaisseau fourni par Nardole. Attaqué par un cyberman, Twelve est sauvé par Cyberman Bill et tous quittent le monde du bas. Ils atterrissent à un des étages au-dessus, peuplé d’enfants et au ciel bien bleu, mais déjà attaqué par les cybermen d’en bas. Bill doit faire face à son état de cyberman en étant encore consciente de qui était. Pendant ce temps, l’Exode des cybermen menace la petite communauté constituée. Les Maîtres retrouvent l’ascenceur pour d’échapper mais ils ne pourront pas monter au pont retrouver le TARDIS, car plus ils monteront, plus le temps ralentira pour eux et le temps s’accélérera pour les Cybermen. Ils auront ainsi des millénaires pour trouver comment les stopper. Tous n’ont plus d’autre choix que de protéger la population contre l’exode massif des cybermen. La victoire est impossible, mais le Docteur explique aux Maîtres que gagner n’est pas le but, et qu’il défendra ce monde quitte à en mourir.

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Bill et son Professeur dans une troublante inversion des rôles

Ce n’est pas moins de quatre conclusions que Steven Moffat et Rachel Talalay orchestrent avec brio dans le dernier épisode de cette dernière saison Moffatienne. Comme on l’avait vu avec Dark Water/ Death in Heaven, le Steven Moffat bondissant de la saison 5 a évolué. Il a su se poser à hauteur d’homme et de personnages et il n’a désormais plus peur de se raccrocher à autre chose que des paradoxes et des Wibbly wobbly Timey Winey. Ce final de saison est donc terriblement humain, sans aucune démonstration ni effet, si ce n’est la poursuite des distortions temporelles établies dans l’épisode précédent. La seule faiblesse de ce two-parter réside dans la conclusion de Nardole. Dans l’ombre durant une grande partie de la saison, le personnage campé par Matt Lucas a été sacrifié pour donner le change au fil rouge et à la relation Bill/Docteur. L’alien sarcastique aura droit à de bons moments pour ce finale et il sera finalement chargé de mettre à l’abri les humains et de les aider à reconstruire leur monde. Le personnage connaît une forme de rédemption, passant d’escroc hostile aux humains à soutien de familles humaines, mais sa fin rejoint plus celle des compagnons de l’époque classique que celle, beaucoup plus flamboyante des compagnons modernes.

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Le Maître et lui-même, une troublante histoire d’amour

Compagne sans tapage ni tambours, Bill Potts n’aura eu le droit qu’à une seule saison avec le Docteur, mais elle restera une des meilleures compagnes, une force tranquille et naturelle au milieu de l’océan dramatique Moffatienne. Bill est une jeune adulte moderne qui tente de se construire seule, et sa découverte d’autres mondes accompagne la vie qu’elle tente de se construire, traînant derrière elle le trauma du décès de sa mère naturelle et l’absence de support des adultes. En cela, elle est la compagne la plus humaine, la moins idéalisée qu’on ait pu voir dans la série moderne. Il est heureux que Steven Moffat ait déniché Pearl Mackie pour l’incarner car son naturel et son aisance à passer d’une émotion à l’autre ont fait accepter Bill. Ils nous l’ont rendue instantanément attachante, sans qu’elle n’ait besoin d’un attachement amoureux ou d’un lien spécial avec le Docteur. Ce dernier épisode est très éprouvant car Bill devra subir la dépossession de son humanité. La grande intelligence du scénario est de nous la montrer telle qu’elle était avant sa transformation, alors que les gens qui la regardent ne la voient plus que comme un cyberman. Son esprit se rebelle contre le programme dans un réflexe de survie hérité du temps passé parmi les moines. Bill combattra jusqu’à bout aux côtés du Docteur. Au chevet d’un Twelve mourant, Cyberman Bill rencontrera Heather/ le pilote qui la poursuivait dans l’espace et le temps (et qui l’a tracée en suivant ses larmes). Le Pilote vient la chercher pour lui retirer sa condition de cyberman afin qu’elle puisse l’accompagner. Ainsi Bill continuera t’elle à parcourir la galaxie avec Heather. Au départ un peu tiré par les cheveux, ce final du personnage se défend totalement au niveau scénaristique et paraît avec le recul la plus belle fin qu’on pouvait souhaiter à notre Bill.

Il était aussi nécessaire de clôturer le fil rouge de la saison de la rédemption de Missy. Malin, Steven Moffat a décidé de confronter Missy à une épreuve bien plus rude que celle que le Docteur entendait : Il fait revenir le Maître de John Simm, donnant l’occasion au personnage de se délester de son passé pour embrasser pleinement sa rédemption. Si le Docteur a rencontré d’autres incarnations, c’est une première pour le Maître, l’occasion de nous offrir quelques beaux numéros d’auto-séduction bien pervers et de danse avec moi-même. John Simm et Michelle Gomez interagissent avec un plaisir communicatif. Outre ces joyeusetés, the Doctor Falls décrit le partage moral de Missy entre suivre celui qu’elle était (revenir en arrière) et le Docteur (devenir une meilleure personne). Durant le discours intense du Docteur qui les invite à combattre avec lui, Missy l’a écouté, mais elle se refuse à le suivre. La Time Lady rejoint le Maître et elle le tue pour qu’il se régénère en elle. Le Maître tue Missy à son tour et pour de bon pour qu’elle n’ait jamais à être aux côtés du Docteur. La fin parfaite du Maître/ Missy serait-elle de se tirer dans le dos mutuellement ? Cette ironie ne dissimule pas les plans de Steven Moffat pour le passage de relai à Chris Chibnall, ni que Missy a été consciemment ou non le point de départ au conditionnement du spectateur à un changement majeur.

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This is the end. My only friend, the end.

« Est-ce que le futur ne sera que féminin ? » « on peut l’espérer ». Cet échange entre le Maître de John Simm et Twelve est un de ces clin d’œil intempestifs que Steven Moffat glisse de temps à autre au spectateur. Mais il n’y a pas de déclaration plus ouverte que cet épisode que le prochain Docteur sera une femme. Après sa régénération vue à la fin de cet épisode, l’un des premiers actes de Missy sera de confier le Docteur à Clara. Ne serait-ce pas autant pour lui prouver qu’une femme peut devenir aussi forte que le Docteur que pour réunir l’hybride de la prophétie ? Entouré de compagnes fortes depuis le relaunch, Twelve a visiblement intériorisé qu’il ne saurait se perdre en passant d’un sexe à un autre. Il pose même au détour d’un dialogue avec Bill l’évidence de l’absence d’un sexe déterminé pour les seigneurs du temps. Il ne restait que la rédemption de Missy et son attachement à Bill pour poser un point final à ce conditionnement. Dans un de leur dernier dialogue, Bill lui rappelle qu’elle est plutôt branchée femme, et plutôt de son âge. Dont acte. Quelques semaines plus tard, nous apprenons que le premier Docteur de Chris Chibnall sera une Docteure, qui prendra les traits de Jodie Whittaker.

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Peter Capaldi. Les Emmy Awards ne le méritent pas

« Sans espoir, sans témoin et sans récompense », Le Docteur décide d’y rester comme l’avait fait son programme dans la simulation des moines. Entre temps, il a pu faire exploser les étages inférieurs du vaisseau et vaincre les cybermen. Ramené dans le TARDIS par Bill et l’entité, il revoit tout les compagnons connus par Steven Moffat, ainsi que Missy. Mais Twelve refuse de se régénérer. Sur une planète de neige, il sort du TARDIS et fait face…au premier Docteur (du moins son alter ego de « Adventure in space and time » David Bradley). Une rencontre bien ironique entre le premier et le premier du nouveau set de régénérations, mais peut être pas fortuite puisque ce premier Docteur avait subi sa régénération suite eu premier affrontement des cybermen de Mondas.

N : 9

IM : 10

36 / 10-10 The Eaters of light (Les Mange-lumière)

36 / 10-10 The Eaters of light

de Rona Munro

Réalisation : Charles Palmer

Aberdeen, Ecosse. 2ème siècle après J-C.  Le Docteur veut prouver à Bill que les 5000 soldats de la neuvième légion romaine ont été anéantis dans une bataille il y’a longtemps, mais Bill reste persuadée qu’ils ont atteint l’Ecosse. Bill a pourtant raison ! Elle tombe sur un soldat de la neuvième Légion qui lui explique qu’ils auraient été attaqués par un monstre. Nardole et Twelve sont capturés par des pictes alors qu’ils explorent un tumulus. Le Docteur s’échappe et ouvre la Porte, un portail dans le tumulus. Revenant deux jours plus tard alors qu’il n’y a passé que deux secondes, il en conclue que c’est une faille temporelle inter-dimensionnelle. A chaque génération, un guerrier passe la porte et combat le monstre pour le retenir. La picte gardienne de la Porte l’a laissé s’échapper afin qu’il tue l’envahisseur. Mais ce monstre est un Locuste dévoreur de lumière qui s’attaquera fatalement au soleil et aux étoiles. Pictes et romains devront s’unir pour le renvoyer de l’autre côté du portail et garder la porte jusqu’au coucher du soleil.

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Et avec ça on tourne encore dans des cavernes ?

Un petit passage par l’Ecosse et ses superstitions était obligatoire en compagnie d’un Docteur et d’un showrunner écossais (Capaldi vient de Glasgow et Steven Moffat est né à Paisley, tout près de…Glasgow). L’auteur de ces lignes serait bien le dernier à s’en plaindre, et serait même tout disposé à signer une pétition pour que nous puissions voir un peu plus de la Terre de Jamie McCrimmon, et un peu moins de Londres. La perspective de l’épisode est d’autant plus alléchante que nous explorons un mystère qui divise encore les historiens : la disparition de la neuvième légion romaine de tous les écrits au 2ème siècle après J-C. Pour certains elle aurait été déplacée ou dissoute. Pour d’autres, elle aurait été vaincue par les pictes écossais. Rona Munro, qui fut la scénariste de Survival, le dernier épisode classique 28 ans auparavant, explore une troisième voie qui réconcilie à la fois l’Histoire, la superstition picte et la mythologie de Doctor Who : un monstre invincible a traversé un portail et a décimé les romains…mais pas tous. Contre l’avis du Docteur, les survivants auraient rejoint Kar, la gardienne de la porte dans le portail pour retenir la bête, pour ne plus jamais revenir dans leur monde (ou bien des siècles plus tard). Ainsi sauvèrent-ils notre monde et l’univers tout entier. Depuis, les corneilles auraient cessé de parler comme les humains pour ne plus répéter que le nom de la gardienne « Kar » et ainsi porter sa mémoire. Voilà de quoi donner un épisode mémorable.

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Ce crétin est prêt à tout pour un peu de lumière

Le problème est que la poésie que porte The Eaters of Light sur le papier ne se ressent que peu à l’écran, la faute à un scénario trop prévisible et particulièrement bavard. La classique séparation pour rejoindre deux camps que tout oppose est un coup classique qui aurait mérité un minimum que l’on déjoue nos attentes. Les survivants de la légion romaine ressemblent trop à des jeunes anglais de 2017 pour convaincre. De façon générale, les deux camps guerriers partagent trop d’atermoiements avec le Docteur et ses compagnons. Bien qu’affaiblis par la bête, ils auraient mérité une représentation plus fidèle à ce qu’ils étaient historiquement. Au cœur du message de l’épisode, le champ télépathique du TARDIS permettra aux deux peuples de réaliser qu’en parlant la même langue, ils ne sont pas si différents l’un de l’autre. Cette bonne idée laisse à penser qu’Eaters of Light aurait plus eu sa place comme premier épisode historique de la série. Il aurait permis d’apprendre cette faculté du TARDIS à Bill et aux nouveaux spectateurs, évitant le passage embarrassant où la compagne semble apprendre après plusieurs mois que le TARDIS traduit simultanément. Eaters of Light est néanmoins le meilleur épisode de Nardole, qui s’intègre très bien aux autochtones et se permet quelques remarques cinglantes dont Matt Lucas a le secret.

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Un nouvel espoir d’amitié…ou pas

Nous apprenons à l’issue de l’épisode que le Docteur avait embarqué Missy comme mécano dans le TARDIS (et pas pour visiter l’Ecosse, puisque Michelle Gomez est aussi écossaise). Nous découvrons également sans transition que Missy serait devenue sensible à la musique. Un retournement soudain qui sonne complètement faux du fait du peu de scènes accordées à Michelle Gomez lors de cette saison pour faire accepter ce changement majeur, quitte à consacrer un épisode aux années passées dans la cage. Le two-parter final aura fort à faire pour rattraper cet écueil.

N : 6

IM : 4

36 / 10-09 Empress of Mars (L’Impératrice de Mars)

36 / 10-09 Empress of Mars

de Mark Gatiss

Réalisation : Wayne Yip

Le Docteur, Bill et Nardole rendent visite à la NASA alors que l’agence sonde la calotte glacière de Mars. Ils y découvrent avec stupeur l’inscription : « God save the queen ». Curieux, les trois mettent le cap sur mars en 1881, année où le message a été écrit. A peine arrivés, le TARDIS est dématérialisé avec Nardole à son bord, laissant les deux autres coincés sur Mars. Nardole se voit obligé de demander l’aide de Missy dans sa prison pour le ramener sur les lieux. Bill et le Docteur rencontrent un guerrier des glatsses baptisé Vendredi et deux officiers de l’armée britannique. Alors qu’il était en Afrique du Sud, le colonel Godsacre est tombé sur un vaisseau, avec Vendredi à son bord. Le guerrier des glatsses a demandé son aide pour réparer le vaisseau en échange des trésors de Mars. Mais sur place, leur vaisseau s’est crashé et ils ne trouvèrent ni les richesses promises, ni le peuple du guerrier des glaces. Mais voilà que la tombe d’une reine des glaces est mise à jour. Le colonel écoute les mises en garde du Docteur qui les avertit que la tombe les mènera à une ruche de guerriers invincibles, mais l’ambitieux capitaine Catchlove n’est pas de cet avis. Un soldat tente de piller les joyaux de la tombe et il réveille la reine, qui apprend que son monde est devenu inhabitable pendant leur sommeil. Le Docteur intervient pour éviter le bain de sang, en vain. La reine va réveiller les centaines de guerriers pour attaquer les humains. Catchlove dénonce la désertion du colonel et il prend le commandement pour combattre les guerriers des glatsses et rattacher Mars à l’empire de la reine Victoria.

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Même sur une autre planète, le tea time c’est sacré !

Empress of Mars est un épisode simple, direct et efficace. Un épisode du passé dans l’espace. Ce quasi huis clos dans les sous-sols de la planète rouge entre des soldats victoriens et des guerriers des glaces nous venge un peu de l’épisode de Mark Gatiss de la saison dernière. Il se place même au-dessus de Cold War, précédent épisode avec les guerriers qui avait aussi été scénarisé par le co-showrunner de Sherlock. Empress of Mars est bien mieux contextualisé vis-à-vis de la continuité et bénéficie de personnages plus savoureux. Si les militaires décrits sont plutôt pauvres, Catchlove (interprété par Ferdinand Kingsley, le fils de Ben), Godsacre, l’impératrice et le bien nommé Vendredi (merci Daniel Defoe) forment un quatuor prompt à soutenir l’épisode, permettant à Twelve et à Bill, toujours irréprochables, de se placer un peu plus en retrait. Ce fait mérite d’être souligné, tant les personnages secondaires de ces dernières saisons, ont servi de faire valoir au Docteur et à sa compagne. Si les décors de l’épisode sont rudimentaires, les couleurs chaudes de Mars s’accordent avec l’atmosphère guerrier et les uniformes agressifs des soldats de l’empire britannique. L’idée de faire des guerriers des glaces, grande noblesse guerrière de la galaxie s’il en est, le juge en dernier ressort d’un crime militaire est plutôt bonne. La rédemption du colonel paraît elle, un peu rapide.

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Une reine de trop pour la planète rouge ?

Bien empressé à juger Godsacre, Catchlove tente à son tour de fuir en lâchant ses hommes durant l’attaque des guerriers. Il se fait tuer par le Colonel. Le déserteur se livre alors à la reine des neiges en échange d’épargner son monde et la vie de ses hommes. Impressionnée par son acte, elle-ci refuse de le tuer et il finit par lui prête allégeance. Godsacre et ses hommes (survivants) ne reviendront jamais sur Terre, mais ils aideront à construire le nouveau monde des guerriers des glatsses. Un nouveau monde qui ne nous est pas inconnu puisque c’est proxima centauri et sa voix insupportable qui répond à l’appel lancé par le Docteur pour venir secourir les guerriers des glaces. Cette aventure précède donc l’arrivée des guerriers dans la fédération galactique, aussi bienveillants que nous les avons vus sur Peladon à l’époque du troisième Docteur. Après un pic de présence sur l’arc des moines, Nardole est cette fois-ci victime du fil rouge. L’empressement avec lequel le gardien du temple de ce début de saison consulte Missy pour rapatrier le TARDIS sur Mars laisse songeur. D’autant plus que rien ne permet ici de conclure que le changement de Missy est sincère, ou bien un stratagème de plus pour faire baisser la garde du Docteur. Toujours est-il qu’elle accepte de retourner dans sa cage après ce petit voyage. Les paris sont ouverts sur cette rédemption, qui pourrait bien être le dernier cadeau du Moff’. Capaldi et Moffat quitteront en effet le show à l’issue de cette saison. Chris « Torchwood / Broadchurch » Chibnall a déjà été désigné pour prendre succession de Steven Moffat et il promet de gros changements pour sa prise en charge de la série.

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Le prélude à une nouvelle ère pour les guerriers des glatssses

N : 8

IM : 7

36 / 10-08 The Lie of the Land (La Terre du mensonge)

36 / 10-08 The Lie of the Land

de Toby Whithouse

Réalisation : Wayne Yip

Les Moines étaient là avec nous depuis le début. Ils ont accueilli tous les progrès de l’humanité et ont défendu les humains contre toutes les menaces. Ils ont surtout réinventé l’Histoire à leur avantage et institué un crime de mémoire pour le peu de terriens qui continuent de penser qu’ils sont là depuis six mois. Parmi eux il y’a Bill Potts, l’instigatrice du pacte. Désespérée, elle reçoit la visite de Nardole qui s’est remis du virus. Il lui propose de tracer les émissions du Docteur qui est devenu le porte-voix des moines, ce qui les mène à une prison dans les mers d’Ecosse. Ils parviennent à le rejoindre mais il leur laisse croire qu’il a rejoint la cause des aliens pour le bien des humains. Persuadé qu’il les a trahis, Bill lui tire dessus. Mais tout était une mise en scène pour tester la compagne. Réunie, la team ouvre le coffre pour prendre le conseil de Missy. Elle a autrefois rencontré les Moines. Elle leur dévoile que la personne qui a établi le pacte a créé un lien psychique qui porte les faux souvenirs, transmis via les statues des moines, des récepteurs géants. Missy préconise de laisser Bill dans un état végétatif pour contrôler les moines, sa position de récepteur allant être transmise à sa descendance. Le Docteur refuse et décide d’entrer dans leur place forte pour s’approprier leur machine à propagande. Mais plus ils s’approchent de la centrale à fake news, plus le mensonge est convaincant. Un enregistrement de Bill est diffusé à l’équipe d’intervention pour qu’ils n’oublient pas la mission. Arrivés sur les lieux, le plan du Docteur échoue. Bill devra sacrifier sa vie en se branchant à la place du Docteur.

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« I made a huge mistake »

Dernier épisode du three parter des moines, The Lie of the Land est écrit par Toby Whithouse, un vieux de la vieille de la série capable du meilleur (The God Complex, A town called Mercy) comme de l’anecdotique ( Vampire of Venice, le two parter de l’innondation). Cet épisode rejoint plutôt la seconde catégorie, malgré de bonnes intentions et de bons moments ménagés par le Docteur et ses deux compagnons. Il aurait pu être un bon loner, mais se révèle une fin décevante pour l’arc commencé par Extremis. Après deux épisodes de montée en puissance, la conclusion se fait en version accélérée : pénétration plutôt facile d’une forteresse soi-disant imprenable, conseil auprès de Missy, pénétration plus facile d’un sanctuaire encore plus imprenable et final abrupt. Le tout au milieu de moines qui ont réussi à réécrire toute une histoire, mais qui font preuve d’une grande passivité. Au final, Bill se sacrifie en se branchant au transmetteur. Mais alors que les moines infectent ses souvenirs, celui de sa mère les bloque. Les mémoires de sa mère qu’elle a créées, fenêtre sur un monde sans les moines qu’elle tenait secret, ouvrent la perception de toutes ces girouettes qu’on appelle humains à travers la planète. Il est aussi difficile de ne pas penser à Akhaten, dont la résolution bien plus émouvante reposait aussi sur le souvenir d’une mère défunte. On ne peut pas reprocher aux scénaristes de la saison de ne pas avoir préparé ce final en multipliant les références à la mère de Bill et aux photos de celles-ci prises par le Docteur, mais le côté abrupt de cette fin et du retour à la normale empêche l’émotion de faire son travail.  Cela n’empêche pas le reste de l’épisode d’être plutôt agréable à suivre.

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Hé ben non, c’est pas encore pour maintenant

The Lie of the Land carbure sous les meilleures influences, 1984 de George Orwell en tête. La réécriture de l’Histoire renvoie à la double pensée, la transmission du Docteur à l’image de Big Brother, la police de la mémoire à la police de la pensée et nous entrevoyons une minute de la Haine orchestrée contre les criminels de mémoire. La consultation de Missy dans sa cage ne dévoile plus aucun secret, mais elle rappelle le silence des agneaux. Michelle Gomez prend un plaisir certain à incarner son personnage de psychopathe en position de force vis-à-vis Bill et du Docteur, comme le faisait Anthony Hopkins avec Jodie Foster. Twelve nous gratifie d’une pirouette pour duper les Moines et d’un commencement de régénération, énième happening de Steven Moffat qui joue déjà sur l’arrivée du treizième Docteur. Matt Lucas se voit offrir nettement plus de temps pour faire exister Nardole, et entamer une dynamique très drôle avec Bill.  Mais c’est bien Pearl Mackie qui porte l’épisode du début à la fin. D’un naturel parfait sur tous les registres, aussi intelligente que sensible, il est difficile de ne pas rester aux côtés de Bill dans l’épreuve qu’elle traverse. On ne peut que comprendre le Docteur lorsque dans la conclusion de l’épisode, il avoue encore défendre ce monde parceque sur 7 milliards d’humains, il y’a quelqu’un comme elle.

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Missy Lecter savoure son moment de gloire

L’épisode se conclut sur l’émergence toute aussi abrupte de la conscience de Missy. La Time Lady ressent enfin des remords pour ce qu’elle a fait, traçant le prélude à la fin de cette saison 10.

N : 7

IM : 7

36 / 10-07 The Pyramid at the end of the world (La Pyramide de la fin du monde)

36 / 10-07 The Pyramid at the end of the world

de Peter Harness & Steven Moffat

Réalisation : Daniel Nettheim

Alors que le Docteur se prépare à la venue des Moines, Bill est contactée par lui via le secrétaire général de l’ONU. Une pyramide de 5000 ans qui n’était pas là hier vient d’apparaître au Turmezistan, à l’intersection stratégique des trois plus grandes puissances armées. Un des moines sort de la pyramide, assurant Twelve qu’ils sont venus à ce moment particulier, sachant que les humains les supplieront de prendre la Terre pour les sauver d’une catastrophe mondiale imminente. Dès lors, chaque horloge dans le monde devient un compte à rebours de l’apocalypse. Les aliens parviennent à déjouer l’attaque des puissances. Dans la pyramide, ils proposent au Docteur, à Nardole, Bill et aux représentants de la Terre de stopper cette apocalypse en échange d’une obéissance consentie. Mais si le consentement doit être sincère, ni stratégique, ni guidé par la peur, sous peine de mort.

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La liberté de 6 milliards entre les mains de 4 nigauds

Mais la fin du monde ne viendra pas d’une troisième guerre mondiale. Au terme de la discussion, la délégation décide d’accepter les conditions des moines pour gagner du temps. Le Docteur refuse et décide d’aller avec Nardole aux devants de la catastrophe. Comme tous les jours, Erica part travailler dans son laboratoire du Yorkshire pour faire des tests biochimiques. Elle retrouve son collègue dans un sale état après une soirée trop arrosée. Celui-ci fait une erreur qui libère une bactérie mortelle qui s’échappe dans le laboratoire. Twelve et Erica tentent d’arrêter la bactérie en faisant exploser le laboratoire. Mais aveugle, le Docteur ne peut taper le code pour quitter les lieux. Seule face aux moines après qu’ils aient tué la délégation, Bill demande aux prêtres de redonner la vue au Docteur en échange de son consentement. Un consentement sincère mais qui met instantanément le monde sous le joug des moines.

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Et la palme de l’apocalypse le plus conne revient à…

Ce deuxième épisode du three-parter des Moines raconte logiquement le chemin vers la défaite des terriens face aux aliens omniscients. Co-écrit par Peter Harness, il reprend des éléments politiques proches de son double épisode des Zygons : Le Docteur Président des forces armées, le Tumezistan, pays fictionnel qui est encore une fois le lieu central du conflit ainsi qu’une décision politique déterminante. Seule UNIT est absent de l’équation, étonnamment remplacé par le secrétaire général de l’ONU et les représentants des forces armées russes, américaines et chinoise : Une direction qui gage d’une montée dans le réalisme de la série. Ce versant politique brouillon à la fin prévisible est peu engageant et forcément décevant après la maîtrise scénaristique d’Extremis. La représentation d’une crise mondiale impliquant plusieurs armées souffre de plus d’une réduction d’échelle à cause des moyens limités de la BBC. Mais l’impact de l’épisode précédent et la cohérence funeste du plan des moines suffisent à maintenir la tension. Les dirigeants militaires ne sont pas des caricatures de va t’en guerre comme la série en a eus, mais ils pensent stratégiquement à court terme, quitte à abandonner pour un temps leur monde à ceux qui les sauveront. Le Docteur refuse cette option, voyant parfaitement ce que la solution de facilité peut apporter sur le long terme. Dépositaire d’une vision globale de l’Histoire, il sait que le tribut demandé par ces hommes providentiels auto-proclamés sera à la mesure du service qu’ils rendent à la planète. Les régimes autoritaires les plus abjectes ne se sont-ils pas bâtis sur des réponses d’apparence simple données à des crises complexes ?

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Bill vend sa Terre contre la vue du Docteur. Enfin un peu d’intelligence !

The Pyramid at the end of the world ménage un petit sas de fraîcheur à travers Bill, comme c’est le cas depuis le début de la saison, mais ce sas est très court. Le previously récapitulatif habituel est habilement mélangé au récit de Bill sur l’aventure de sa version programme dans le monde parallèle, jusqu’à ce qu’elle vive un remake de ce récit, en remplaçant l’arrivée du Pape par celle du secrétaire général de l’ONU (!). Dès lors, tout ira trop vite pour qu’elle puisse réagir. Mais son retrait fera qu’il n’y aura plus qu’elle face aux Moines pour effectuer le choix le plus difficile. Le mensonge du Docteur sur sa cécité sera fatal à son plan et obligera la compagne à prendre cette décision en son âme et conscience. L’élève du Docteur choisira de sauver le seigneur du temps, mais de livrer son monde. Un choix amer, véritable échec pour Twelve en ce qu’il est à tous les niveaux responsable du dilemme dans lequel se trouvait Bill. Au milieu de tout ça, le rôle de Nardole est forcément plus mince, mais son impossibilité à agir au moment clé précipitera également le final que les Moines avaient prédit.

N : 7

IM : 7

36 / 10-06 Extremis

36 / 10-06 Extremis

de Steven Moffat

Réalisation : Daniel Nettheim

Toujours atteint de cécité, le Docteur cache son état à Bill et au monde en portant ses lunettes soniques. Il est bientôt convoqué par le Pape et les membres du Saint-Siège à cause d’un texte religieux très ancien, le Veritas, qui a entraîné le suicide de tous ses traducteurs et lecteurs. Le pape demande au Docteur de lire le Veritas. Bill est dérangée au beau milieu d’un rendez-vous galant par le même pape qui débarque chez elle à bord du TARDIS. Twelve, Bill et Nardole sont conduits à l’haerecticum, la bibliothèque des textes interdits du Vatican. Ils se trouvent nez à nez avec un portail qui n’existait pas auparavant et un prêtre, le dernier traducteur déclaré disparu, qui furette dans le lieux. Ce prêtre a envoyé la traduction du Veritas aux laboratoires du CERN, avant de se suicider à son tour. Le Docteur décide de rester dans la bibliothèque et parvient à retrouver temporairement la vue pour lire le livre, mais il est interrompu par d’étranges aliens en tenue de cardinaux qui subtilisent le veritas.

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L’alliance contre-nature de la religion et de la science

En passant le portail, Bill et Nardole se retrouvent dans une pièce du CERN hébergeant d’autres portails, dont un donne accès au Pentagone. Un scientifique les invite à assister à l’explosion des lieux. Il leur révéle le secret du veritas : le monde dans lequel ils vivent n’est pas réel. Nardole comprend que ce ne sont pas des portails vers le CERN ou le Vatican qui sont dans la pièce, mais des projections holographiques semblables à des univers de jeux vidéos. Il se désintègre en découvrant qu’ils font eux-mêmes partie du « jeu ». Bill s’échappe par la simulation du bureau ovale de la Maison blanche et rencontre Docteur, qui a aussi lu la traduction du veritas. Il lui dévoile ce que raconte le livre : Un démon veut conquérir le monde mais pour le faire, il créé une simulation de monde pour s’entraîner à le conquérir, pleine de gens fantômes qui pensent être réels. Quiconque doute de sa réalité peut effectuer un test de l’ombre en citant une série de nombres aléatoires, ce qu’un ordinateur ne peut pas faire. Toutes les personnes faisant partie du même programme généreront la même série de nombres. Toutes ces morts n’étaient donc pas des suicides, mais des actes de rebellion. Bill comprend qu’elle est aussi une simulation, et elle meurt des mains de l’alien concepteur du jeu. L’acte de rebellion du Docteur programme sera d’envoyer la dernière heure de sa vue enregistrée sur ses lunettes soniques et les plans d’invasion des aliens au vrai Docteur (un e-mail que Twelve reçoit dans le prégénérique de l’épisode).

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Nardole et Bill sur le point de découvrir l’indicible vérité

Steven Moffat est de retour dans un épisode très atypique en dehors des clous de la série moderne : Extremis ouvre un three-parter décrivant une menace d’invasion à grande échelle, une sorte de season finale posté en plein milieu de saison. Ce premier segment est ambitieux, riche et rétrospectivement d’une grande cohérence interne, bien que très éclaté dans sa narration et ponctué d’éléments mythologiques de Doctor Who. Le thème de la simulation informatique d’un monde n’est guère nouveau, Matrix l’ayant même popularisé à grande échelle. Mais il s’agissait de mondes desquels il était possible de s’évader. Si nous nous mettons dans la peau de personnages de cette simulation qui font partie intégrante du jeu, la seule façon de s’évader est de mettre fin à ses jours, sans aucun espoir de fuite dans un quelconque ailleurs. Extremis est donc un épisode d’un grand pessimisme pour une série comme Doctor Who, dans lequel les plus grands scientifiques agissent comme une secte apocalyptique et les religieux ne trouvent pas d’autres portes de sortie que le suicide (quel enfer y’a-t-il pour quelqu’un d’irréel ?). Cette noirceur laisse peu de place à l’émotion et à la fantaisie, d’autant moins qu’elle s’ajoute au secret de la cécité du Docteur (que seul Nardole partage). Autant de strates de désespoir et d’enfermement qui demandent un grand doigté pour faire passer pilule. Steven Moffat et Daniel Nettheim, bien aidés du trio Peter Capaldi / Pearl Mackie / Matt Lucas parviennent à rendre réel l’expérience de trois programmes dans leur accession à la vérité de ce qu’ils sont. Ils en profitent même pour résoudre la question en suspens du prisonnier du Docteur, à travers un flashback progressif qui ponctue l’épisode.

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Twelve rencontre son créateur

Il y’a longtemps, sur une planète reconvertie en centre d’exécutions de l’univers, le Docteur a été choisi pour être l’exécuteur de Missy. C’est alors que Nardole débarqua au milieu de la cérémonie sur ordre de River Song pour demander le pardon du Docteur. Il rappela à Twelve son propre mantra, que la vertu n’est vertu qu’en dernier recours, alors qu’il n’y a plus d’espoir, ni de témoins, ni de récompenses. Le Docteur suspend l’exécution et jure de garder le corps de Missy pendant 100 ans, mais vivante, dans l’espoir impossible d’en faire quelqu’un de bien. Sa clémence démarre le long séjour sur Terre de cette saison 7. La prise de conscience du programme Twelve fait écho à son souvenir de l’exécution avortée de Missy, provoquant sa décision de sauver un monde dont il ne profitera pas. A la fois le garant de la promesse faite par le Docteur et la main d’une River Song qui continue d’agir post mortem, Nardole prend une autre dimension que le garde-fou cynique qu’il était depuis le début de la saison. Les deux compagnons et un Docteur aveugle devront maintenant faire face à l’invasion d’aliens omniscients, une menace sans précédent dans Doctor Who. Une situation qui mériterait bien de faire sortir Missy de sa retraite ?

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Missy : Un cas d’école pour le débat sur la peine capitale

N : 9

IM : 7

36 / 10-05 Oxygen (Oxygène)

36 / 10-05 Oxygen

de Jamie Mathieson

Réalisation : Charles Palmer

Le Docteur a le mal de l’espace, au point d’aborder la question dans des cours qui n’ont rien à voir avec le schmilblick. Il propose à Bill un voyage et embarque Nardole contre son gré. Malheureusement, les trois voyageurs débarquent dans une station spatiale minière au milieu de morts. La société qui gère les combinaisons spatiales s’est appropriée l’oxygène pour contrôler sa valeur marchande, qui est donc limité pour tous les travailleurs. Mais un ordre a été donné à toutes les combinaisons de tuer leur occupant. Le Docteur présume qu’il s’agit de pirates. Eloignés du TARDIS qui leur fournissait une bulle d’oxygène, les trois doivent enfiler une des combinaisons avec un nombre limité de respirations disponibles. Alors qu’ils sont poursuivis par les zombies, ils rencontrent des survivants, des ouvriers de la station qui étaient hors du réseau lorsque l’ordre a été donné. Bill, qui a choisi une combinaison défaillante, se retrouve bientôt en situation de grand danger, contrainte de devoir se lancer dans l’espace sans casque. Pour ne pas qu’elle meure, le Docteur lui fait enfiler le sien. Il parvient à s’en sortir mais à son retour dans le vaisseau, il est devenu aveugle. Un nouveau dysfonctionnement  fait que Bill ne peut plus bouger. Le Docteur est contraint de la laisser derrière, en lui promettant qu’elle ne mourra pas, mais qu’elle connaîtra l’enfer.

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Nardole, Twelve et Bill expérimentent la hausse du prix de l’oxygène

Nouvel épisode du scénariste de la momie de L’orient Express, Oxygen pose des enjeux forts et peut compter sur Peter Capaldi et Pearl Mackie ainsi que sur une réalisation qui table sur un ressenti réaliste de l’expérience spatiale. Des garanties fortes qui relèvent un épisode dans l’ensemble arythmique et répétitif. Bill Potts n’est pas épargnée pour son premier voyage dans l’espace, confrontée au risque d’explosion de ses poumons, puis abandonnée par le Docteur à une horde de zombies. Si celui-ci sait que sa combinaison ne pourra pas la tuer, elle vit pendant quelques minutes la condition des autres victimes de l’épisode, s’apprêtant à mourir seule très loin de la Terre qui l’a vue naître. Le jeu intense de Pearl Mackie et la réalisation de Charles Palmer au plus près de la compagne permettent de nous faire ressentir la panique et la peur qui est la sienne. La dernière personne à laquelle elle pensera avant la perte de conscience sera sa mère, déjà entrevue au précédent épisode et qui occupera une place prépondérante pour la suite de la saison. Twelve n’est pas non plus épargné, victime du danger spatial qu’il avait prédit malgré lui lors d’un de ses cours. Aveugle, il n’en demeure pas moins en pleine possession de ses moyens et capable de donner une résolution doctoresque à cet épisode.

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Le TimeLord victorieux, même sans les yeux

Si le rapport entre Bill et Twelve est encore au centre de l’épisode, avec un satellite Nardole très en colère et donc plus sarcastique, Oxygen vaut surtout pour son développement habile d’une idée très simple : le manque d’oxygène dans l’espace. A partir de cette idée, Jamie Mathieson fait du capitalisme le danger principal pour l’homme en montrant l’appropriation de sa respiration, puis sa déshumanisation totale. D’abord certain que l’ordre est issu d’un piratage des combinaisons, Twelve découvre que c’est l’entreprise qui emploie les mineurs qui a donné cet ordre. Elle a voulu économiser l’oxygène que les ouvriers leur coûtaient car ils n’étaient plus productifs pour les remplacer par de nouvelles équipes déjà en partance pour la station. En représailles, le Docteur décide de faire sauter la station pour faire subir une grosse perte à l’entreprise. Les survivants deviennent ainsi plus chers morts que vivants et peuvent être libérés. Cette charge anti-capitaliste, une des plus brutales de la série, ramène non seulement le thème du zombie à ses origines politiques, mais permet de surligner le fait que ce système a une date de péremption, un point de rupture.

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Twelve amène les deux survivants au siège social de l’entreprise pour qu’ils déposent une plainte. Six mois plus tard, une rebellion contre la domination des entreprises se produit et c’est la fin du capitalisme…jusqu’à d’autres nouvelles erreurs. Mais le nouveau coup d’éclat du seigneur du temps lui aura coûté ses yeux.  Le voilà dans une position de grande faiblesse dont le mystérieux prisonnier du coffre pourrait bien profiter.

N : 7

IM : 6

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