Christmas Special 2014 – Last Christmas (Douce Nuit)

Christmas Special 2014 – Last Christmas

De Steven Moffat

Réalisation : Paul Wilmhurst

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Clara reçoit la visite du Père Noël qui tente de lui faire croire qu’il est réel. Puis le Docteur, qu’elle n’avait pas revu depuis l’attaque des cybermen de Missy, apparaît pour l’embarquer de nouveau dans son TARDIS.  Tous deux débarquent au Pôle Nord au cœur d’une expédition qui a été prise d’assaut par des créatures à forme de crabes qui endorment les gens en se plaquant sur leur tête. D’abord dormants, les dream crabs se réveillent lorsque quelqu’un pense à eux, comme une réponse à un appel. Ils induisent chez leurs proies un état de rêve euphorique tandis qu’ils dévorent leur cerveau. Alors que tous les occupants de la base sont attaqués, le Père Noël vient leur apporter son aide. Le Docteur pense qu’ils sont déjà tous dans cet état de sommeil fatal. Mais Clara se retrouve à son tour sous le contrôle des créatures, dans un monde réel dans lequel Danny Pink est toujours vivant. Pour la sortir de son rêve, Twelve acceptera de se faire manger par un dream crab. Mais se pourraient-ils qu’ils subissent plusieurs niveaux de rêves alors que les créatures les dévorent à petit feu?

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Le test du rêve. Lorsque se pincer ne suffit plus.

Rêver, c’est mourir…quelle effrayante perspective pour un soir de fête. Last Christmas est lui-même un épisode dense et atypique pour un Christmas Special. Plus horrifique que merveilleux, plus cérébral que viscéral, plus mélancolique que véritablement fun. S’il ne mettait pas en scène le Père Noël, il passerait sans problème pour un épisode de saison. Le format d’une heure autorise à partir dans diverses péripéties et à se laisser aller au-delà du fil narratif classique. Cette liberté permet d’explorer de nombreuses choses, mais elle semble renouer avec le Moffat dispersé qu’on avait quitté pour la saison 8. L’autre défaut de ce Last Christmas est d’enchaîner des idées intéressantes, mais qui ont toutes été plus ou moins utilisées quelque part : le rêve comme un danger (le dream Lord),  les crabes de l’espace (le face hugger d’Alien, cité dans une réplique hilarante), le test pour évaluer la menace (The Thing, aussi dans une station au Pôle Nord), le rêve à tiroir (inception, entre autres)… Il y’a pires références, mais les enchaîner n’est pas très inspiré. On saluera beaucoup plus la capacité à utiliser les éléments du subconscient pour enrichir l’Histoire. Le Père Noël, interprété avec délectation par Nick Frost, compère de Simon Pegg dans les premières œuvres d’Edgar Wright (Spaced, Shaun of the dead, hot fuzz), est ainsi une projection des victimes (incluant le Docteur et Clara) destinée à leur faire prendre conscience de la duperie des dream crabs. On saluera aussi ce vol sur un traineau pour ramener les victimes dans leur « maison », seule touche de merveilleux Moffatien, mais quelle belle touche !

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Comme pour la saison 8, les meilleurs éléments de l’épisode sont ceux qui tournent autour des personnages. Danny Pink étant évincé, la relation entre Twelve et Clara peut occuper tout l’espace. Nous aurons tout de même le droit à un rêve d’une grande tristesse illustrant le déni de Clara face à la mort du soldat. Une belle occasion de revoir Samuel Anderson et de regretter le départ prématuré de son personnage. Ce déni résolu, la fuite en avant de la compagne est bel et bien le sujet de l’épisode. Last Christmas était à l’origine le dernier épisode de Jenna Coleman avant qu’elle ne se décide à rempiler pour la saison 9. Il aurait dû se conclure avec une Clara vieille, telle que nous la voyons avant le revirement final, victime de sa persistance à vouloir vivre dans ses rêves, avec ou sans (mais plutôt avec) son père noël de Docteur. La fin fut modifiée en introduisant un deus ex plutôt douteux, mais poétique. Rien ne peut finalement séparer le Docteur de cette compagne et le sort les rassemblera quoiqu’il arrive. Il l’a finalement eue, la compagne qu’il méritait. A noter la présence de Michael Troughton dans le rôle du professeur Smithe, fils de Patrick (le deuxième Docteur, of course) et frêre de David, qui avait incarné le roi dans The Curse of Peladon.

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Clara Oswald, la fille qui ne voulait pas s’arrêter de rêver

N : 7

IM : 6

34 / 8-11 & 12 Dark Water & Death in Heaven (La Nécrosphère & Mort au paradis)

34 / 8-11 & 12

Dark Water & Death in Heaven

de Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

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Un fil rouge saisonnier sur le paradis, un bodycount exceptionnel, un Docteur qui s’est joué de la mort pour entamer un nouveau cyle de régénération. Un bon nombre d’indices portaient à croire que la destination finale de cette saison serait l’au-delà, mais rien ne laissait présager la raison de ce voyage périlleux : Danny meurt renversé bêtement par une voiture. Clara perd le contrôle. Elle menace le Docteur de jeter toutes ses clés du TARDIS dans un volcan s’il ne modifie pas le passé. Connaissant les conséquences d’un tel choix, Twelve refuse. Clara s’exécute. Mais la scène n’a existé que dans l’esprit de Clara, car le Docteur a provoqué un rêve qui laissait se déroulait les événements tels qu’elle les avait prévus. De retour dans la réalité, il lui propose d’aller récupérer Danny là où il peut-être à présent, si jamais c’est encore possible. Connectant Clara au TARDIS, il remonte sa ligne temporelle et atterrit dans la Nécrosphère, étrange lieu où tous les morts de la saison ont atterri (parmi eux l’androide de Deep Breath), y compris notre androide humain. Un messager, Seb, y accueille Danny Pink.

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L’au-delà est un peu un point de non-retour pour une série qui a pour credo de rationaliser tous ses aspects fantastiques. Mais nous savons depuis le début de la saison que l’hôte de ces lieux est la mystérieuse Missy (Michelle Gomez) qui semble connaître le Docteur, et nous découvrons très vite qu’ils abritent une entreprise bien terrienne, 3W Institute. Entendant l’appel des morts, le fondateur de l’Institut aurait découvert qu’ils restaient conscients et supportaient le sort qui leur était réservé, d’où l’idée de leur offrir un service de soins post-mortem. Alors que Clara reprend contact avec Danny, le Docteur découvre que l’Institut dissimule les âmes de millions de morts chargés dans un disque dur gallifreyien alors que Missy n’attend que d’upgrader les corps dans des armures de Cybermen. Il découvre également que le siège social de la société est la cathédrale Saint-Paul au cœur du Londres actuel. Un blasphème qui ne peut dissimuler que l’ennemi historique du Docteur : le Maître, devenu entre temps Missy, qui compte sur les âmes upgradés en cybermen stockés dans son cloud pour polliniser chaque agglomération mondiale et que les morts des cimetières deviennent tous cybermen.

Doctor Who (series 8) ep 12

Missy impose un selfie au Docteur

Le changement de sexe du Maître fut la plus grande révélation de ce season finale. Steven Moffat avait déjà laissé poindre l’idée d’un Docteur féminin dans le parodique The Curse Of Fatal Death mais la régénération inter-sexuelle n’avait jamais effleuré les canons du show. L’entrée en matière de ce précurseur de Maître laisse donc une porte ouverte à une Docteure, idée suggérée avec la fausse intronisation de Clara dès l’épisode suivant par le showrunner (générique à l’appui !). Cette idée aboutira comme on le sait trois ans plus tard, à la régénération suivante. Force est de constater que Michelle Gomez orchestre brillamment cette transition, campant un Maître qui n’a rien à envier à Roger Delgado, Anthony Ainley ou John Simm, incarnant une Mary Poppins frappadingue entre gringue au Docteur et meurtres de sang froid. La rencontre dans l’au-delà des deux Seigneurs du Temps qui ont vaincu la mort porte en elle une belle ironie. Nous apprenons également que c’est elle qui a orchestré la rencontre de Clara et du Docteur en communiquant le numéro du TARDIS à la jeune femme et organisé leur rabibochage, anticipant le lien de dépendance que le Docteur développerait au contact de Clara. Voyant où ces deux-là sont arrivés durant cette saison, elle n’aura pas perdu son temps.

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Completely Bananas

L’intervention de UNIT est un juste retour de la thématique militaire de la saison puisque l’organisation fut le premier contact du Docteur avec une autorité militaire terrienne (le renvoi au Brigadier est émouvant) avant qu’il n’en devienne le chef. Suite à cette invasion de cybermen, le voilà propulsé Président de la Terre, commandant en chef de toutes les armées terriennes. Dans une scène aux allures de troisième acte de tragédie, le Président Docteur se retrouve face au super soldat Danny Pink sur le point d’être upgradé en Cyberman. Afin de le convaincre de ne pas alléger ses souffrances, Twelve raconte comment le Maître s’est perdu. Il cherche ainsi à convaincre Pink que la souffrance qu’il ressent est précieuse car elle lui permet de prendre conscience de celle qu’on inflige aux autres. Le soldat s’étonne que le Docteur puisse ressentir des émotions, et lorsqu’il le lui confirme, Danny Pink rétorque qu’il devrait avoir honte de ce qu’il fait. Le Docteur acquiesce, avouant la difficulté de sa position.

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Président malgré lui

Missy / Le Maître est le général que Pink voyait dans le Docteur, le Cyberman est le soldat que le Docteur voyait en Pink. Missy à la tête d’une armée de soldats morts tandis que le Docteur défend les vivants appuie cette considération sur la souffrance des soldats, l’état de chaque armée représentant le point de vue du Seigneur du Temps officier sur les hommes qu’il envoie à la guerre. Steven Moffat connaît à ce point la mythologie de la série qu’il sait quels éléments particuliers utiliser pour illustrer son propos, amplifiant le signifiant de chacune des confrontations de ce final. Et d’enfoncer le clou en justifiant l’initiative de Missy par la volonté d’offrir une armée à son ami, puis en laissant le Docteur confier cette armée au soldat Danny Pink dans une très belle tirade.

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Ce double épisode final voit donc la résolution du rapprochement entre Clara et le Docteur, et surtout la conclusion tragique de la romance que la professeur partage avec Danny Pink. Une histoire imparfaite et complexe mais si justement soutenue par Jenna Coleman et Samuel Anderson qu’elle incite à pointer le très bon travail de direction d’acteurs de cette saison. Un effort qui rejoint une écriture subtile qui n’hésite pas à user de doubles sens (le jeu sur cloud et nuage est savoureux) ni à mêler l’humour noir à la gravité (les souffrances des incinérés dans la nethersphere/le face à face de Danny et de sa victime). De plus en plus denses mais limpides, les scénarios de Steven Moffat se muent au détour d’un plan ou d’un dialogue en vaste réseau de connexions instantanées aux 50 ans d’Histoire de la série. Débarrassé du diktat des timey winey et du rythme soutenu, le showrunner laisse aussi ses personnages vivre dans de longues scènes, accordant le temps aux acteurs de faire naître l’émotion, sans nécessairement avoir besoin de Murray Gold pour appuyer (s’il vient, c’est du bonus). Le pari est gagné car cette saison est rétrospectivement la plus aboutie du showrunner. Elle renoue avec la simplicité, l’humour, le rythme (+ de loners = – de remplissage) et l’émotion brute des saisons Daviesiennes tout en apportant une profondeur, une conscience politique et citoyenne (proche de la période de Three) et un sens du non-dit qui les surpasse.

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« never trust a hug. It’s just a way to hide your face »

Cette triste aventure se clôt sur les liens limpides du Docteur avec Clara Oswald, deux menteurs solitaires qui ne pourront fatalement plus se passer l’un de l’autre.

N : 10

IM : 9

34 / 8-10 In the Forest of the night (Promenons-nous dans les bois…)

34 / 8-10  In the Forest of the night

De Frank Cottrell-Boyce

Réalisation : Sheree Folkson

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Maebh, Une des élèves de Clara vient demander de l’aide au Docteur alors que le TARDIS vient d’atterrir à Londres. La capitale, comme beaucoup d’autres, s’est transformée en forêt. Partis visiter un musée, Clara, Danny Pink et leur groupe d’élèves se retrouvent au beau milieu de cette nouvelle végétation. Le Docteur retrouve le groupe, établissant qu’il s’agit d’un événement naturel semblable à l’ère glaciaire. Mais la petite Maebh qui a de nouveau pris la fuite est la clé de la résolution de cette énigme. Ayant perdu sa soeur, elle est plus réceptive aux choses et semble avoir prédit une catastrophe. Le Docteur refuse qu’elle prenne ses pilules, lui permettant de communiquer avec cette forêt et de révéler une menace. La végétation, à l’épreuve des flammes, se soulèverait contre les hommes. Prêt à abandonner la Terre sur l’ordre de Clara, le Docteur se rend compte que les arbres se sont multipliés pour protéger la planète contre la tempête solaire à venir.

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Clara et Danny, leurs élèves, leur Docteur et leurs histoires de forêt

In the Forest of the night est une nouvelle bonne surprise au cœur d’une saison qu’on peut qualifier de responsable, tant elle est rattachée au monde qui l’entoure, dans la tradition de ce que la série pouvait produire au début des 70’s. Cet épisode du présent au cœur d’un Londres forestier est peu clair sur la menace jusqu’à sa conclusion, mais il permet de se centrer sur un message fondamental pour les élèves de Clara et Danny, et pour tous les élèves de la planète : Abattre un arbre a un impact sur l’avenir de la planète car l’oxygène qu’ils produisent peut protéger la Terre de nombreuses catastrophes. Nous voici donc en classe verte avec le lycée Coal Hill pour pas un rond, entre le flirt permanent des deux profs (Clara et Danny Pink), cet être étrange et son vaisseau qui vient de nulle part et une enfant aux talents bridés qui pourrait être sortie d’un bouquin de Stephen King. Intégrer un groupe d’enfants dans Doctor Who est un challenge. Frank Cotrell Boyce l’a bien relevé, sans doute fort de l’écriture de Millions (qu’il a ensuite adapté pour Danny Boyle). Les interactions entre le douzième Docteur et le groupe d’enfants qui s’invitent dans le TARDIS sont hilarantes, et valent à elles-seules le coup d’oeil. Ce Londres forestisé s’accompagne de plus de petits détails qui rendent vraisemblable cette invasion (les statuts de Trafalgar Square), des références aux contes qui se passent dans des forêts (le petit chaperon rouge est la plus visible) et une grande poésie visuelle.

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Quelle étrange créature.

La nouvelle confrontation du trio Twelve/Clara/Danny promettait d’être tendue pour cause de mensonge de Clara sur son retour dans le TARDIS. Cet aspect s’intègre est finalement poli par le ton de l’épisode qui l’intègre aux dialogues et à l’action. Le trio d’acteurs demeure irréprochable (Samuel Anderson autant que les deux autres), rendant très nette la position de chacun et l’évolution de Clara durant les derniers épisodes. Miss Oswald préfère connaître le pourquoi de la situation et assister à son dénouement plutôt que surveiller les enfants, délaissant sa condition de prof. Un rôle que Danny prend très à coeur durant tout l’épisode. Le Docteur a lui appris de Clara, reprenant à son compte les mots qu’elle a prononcés dans Kill the Moon pour le responsabiliser : « This is my world, too. I walk your Earth. I breathe your air ». Cette petite parenthèse en hommage à la forêt trouve une belle place dans cette saison chargée de très bons loners. On pourra juste regretter la franche opposition entre l’intérêt scientifique du Docteur et de Clara et l’obsession du foyer familial des autres personnages. Ainsi aucun des enfants ne souhaitera voir la tempête solaire, comme si avoir les pieds sur terre dispensait d’avoir un peu de curiosité et d’imagination, surtout lorsqu’on est un enfant. Ce fait ainsi que le rôle des Hommes dans la destruction de la forêt protectrice fait que les londoniens ne sortent pas grandis de cet épisode.

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N : 8

IM : 5

34 / 8-09 Flatline (A Plat)

34 / 8-09  Flatline

De Jamie Mathieson

Réalisation : Douglas MacKinnon

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Le Docteur et Clara débarquent à Bristol de nos jours, dans un TARDIS rétréci de l’extérieur. Alors que Clara part en reconnaissance, le TARDIS rétrécit encore, si bien que le Docteur ne peut plus en sortir. Des disparitions ont eu lieu dans le coin, à mesure qu’apparaissaient d’étranges peintures murales. Clara décide d’enquêter sous le nom du Docteur, conservant avec lui un lien par oreillette. Elle sympathise avec Rigsy, un jeune tagueur condamné à faire des travaux d’intérêt généraux. Le Docteur réalise que toutes ces personnes ont été capturées par des créatures 2D, qui visiblement expérimentent dans notre univers en 3D. Après avoir attaqué un flic en se planquant dans les murs, ils prennent possession des peintures murales pour attaquer les travailleurs. Clara prend la tête des opérations avec le groupe de Rigsy pour stopper les créatures dans les tunnels de la ville alors que ceux-ci apprennent à maîtriser la 3D. Le Docteur et le mini-TARDIS se trouvent eux aux prises avec un plus grand danger.

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Rigsy et les disparus de Bristol

De nouveaux extraterrestres expérimentent dans notre monde (cette fois) !  Flatline a tout de l’épisode économique du présent, mais il déploie de beaux moyens pour rendre crédible une menace très Moffatienne, qui surgit d’un élément familier : le street art. D’autant plus familier que Doctor Who se pose enfin à Bristol, terre du trip hop qui a vu naître Tricky, Portishead et Massive Attack, mais surtout de Banksy, l’artiste de rue le plus renommé et inconnu du monde. Il y’avait bien un petit hommage à rendre à un « street artist » local en lui donnant la possibilité de sauver le monde avec un trompe l’œil du cru (un final astucieux s’il en est). Le personnage de Rigsy interprété par Joivan Wade aura d’ailleurs un autre rôle à jouer, bien plus funeste, lors de la prochaine saison. Flatline est très drôle quand il joue de la frustration du Docteur et des dimensions du TARDIS (une belle trouvaille que de faire agir le Docteur comme la Chose de la Famille Addams ). Mais c’est surtout de la tension qui en sort, de par l’étouffement des tunnels de Bristol et le paysage urbain qui renvoient autant au récent film d’horreur Citadel qu’à un clip d’Aphex Twin (ce qui est un compliment). Un enfermement aussi prégnant pour le Docteur qui ne peut plus agir sur rien que pour Clara qui a officiellement endossé son rôle. Steven Moffat  n’a aucune envie de dissimuler qu’il aurait bien vu Clara en Docteur. Conscient des limitations encore présentes à ce moment de la série, il multiplie les occasions pour lui faire endosser les prérogatives de Twelve.

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Passage de relai symbolique entre le Docteur et Clara Oswald

Flatline nous apprend plus sur le Docteur alors qu’il expose à Clara sa méthode et ses trucs pour prendre le pouvoir, gérer un groupe, et tout faire pour que les choses se passent pour le mieux jusqu’à la fin de l’opération. La compagne joue le jeu, et elle emportera finalement le morceau alors même que le seigneur du temps n’était plus là pour la conseiller (la leçon de Kill the Moon ne doit pas être étrangère à cette nouvelle aisance de Clara). A la fin de l’épisode, alors qu’elle demande si elle a été un bon Docteur, le Docteur admet qu’elle a été un Docteur exceptionnel, mais qu’il n’y a rien de bon là-dedans. Un nouvel écho à la question que se posait Twelve au début de la saison « suis-je un homme bon ? ». Le nouveau Docteur essaie toujours d’apprendre de Clara pour devenir meilleur, mais elle tend de plus en plus à devenir ce qu’il est. Une position difficile à gérer, mais des plus passionnantes pour les scénaristes de cette saison. Lorsque Clara admet avoir menti à Danny Pink sur son retour dans le TARDIS (et à Twelve par la même occasion), Twelve semble prendre la mesure d’un glissement fondamental dans le comportement de Clara. A noter dans cet épisode l’apparition de Steve Oram en prégénérique, un autre acteur habitué de Ben Wheatley, et la joie non dissimulée de Missy dans son paradis face à la réussite de Clara. Serait-elle l’entremetteuse qui les a fait se rencontrer ?

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N : 8

IM : 7

34 / 8-08 Mummy on the Orient Express (La Momie de l’Orient-Express)

34 / 8-08  Mummy on the Orient Express

De Jamie Mathieson

Réalisation : Paul Wilmshurst

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Pour leur voyage d’adieu, le Docteur invite Clara sur l’Orient Express, ou plutôt sur un train spatial qui a repris le nom de son illustre prédécesseur (un peu comme le Titanic). Mais bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu. Un crime a été commis en ces lieux PAR UNE MOMIE. La victime : une pauvre centenaire qui était la seule à avoir vu les bandelettes. The Game is on. Un ingénieur/mécano local ravi d’assister le Docteur, une petite fille en deuil d’une grand mère acariâtre, un professeur de mythologie alien, un capitaine au passé trouble et de nouveaux meurtres, on se croirait presque au début du XXème avec ce joli bestiaire. Le Docteur se tourne vite vers le mythe de l’Annoncé (the Foretold).  Il ne tarde pas à déceler que tout est trop réglé pour être honnête et il met à jour que l’Orient Express a été transformé en gigantesque laboratoire destiné à tester cette momie, comme bon nombre de vaisseaux avant eux. Reste à savoir qui sera la prochaine victime…

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Après le Titanic, l’Orient Express. Quand les gens du futur cherchent les ennuis

Un épisode du futur très rétro. Tout du moins joue t’il sur la nostalgie liée au fameux train qui parcourait dès 1883 les grandes capitales européennes de Paris à Constantinople et qui fut immortalisé par Agatha Christie en 1934 via la célèbre enquête d’Hercule Poirot. C’est un vrai bonheur de retrouver un élément fantastique traité à la façon SF Doctor Who, ici la malédiction de la momie, d’autant plus que cette momie est réussie (ce n’est pas Rascar Kapc mais ses apparitions font toujours un bel effet) et que tous ces côtés oldies se marient très bien à la modernité de l’épisode. Une modernité portée dès le départ par une réorchestration du « don’t stop me now » de Queen, par la réalisation à la ‘24’, qui borde chaque crime d’un compteur de 66 secondes (le temps qu’il faut à la momie pour drainer l’énergie de sa victime), mais aussi par cet ordinateur omniscient nommé Gus qu’il ne faudrait jamais avoir pour pote. Dans la grande tradition du Agatha Christie, Mummy on the Orient Express offre une galerie de personnages très typés et plutôt bien campés. En tête, nous trouvons le comédien Frank Skinner (l’ingénieur Perkins) qui fait un très bon assistant de fortune pour le Docteur.

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Are you my mummy?

Encore une expérience pour cette saison 8…expérimentale. Une expérience pour collecter des données de chaque mort, et le Docteur prend bien sûr la tête des opérations, dans son rôle du scientifique qui ne s’émeut de rien.  Notre général est une nouvelle fois le seul à pouvoir garder la tête froide, condition sine qua non pour pouvoir résoudre l’énigme.  Il comprend que tout n’est qu’une expérience, que la momie choisit en priorité les personnes les moins bien portantes physiquement ou psychologiquement sont visées, puis il accepte d’aspirer le trauma de la pauvre Maisie pour devenir lui-même une victime de la momie. En 66 secondes, il parviendra à comprendre que la momie est un ancien soldat (!) et à la désactiver.

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L’ingénieur Perkins et une bonne troupe de bras cassés

Twelve n’offre pas du rêve à sa compagne et il objecte à chacune de ses tentatives de se convaincre qu’il contrôle les choses. «Parfois les seuls choix que tu as sont de mauvais choix, mais tu dois toujours choisir », serine t’il à Clara à la fin de l’aventure. La leçon de Kill the Moon était donc bien une invitation du Docteur à Clara. Il est de plus en plus clair que Twelve cherche à être compris d’elle et que l’addiction est mutuelle.  Les interactions entre Capaldi et Coleman sont au diapason de cette fine relation, entre les incompréhensions du froid Docteur sur les états d’âme d’humains de la jeune femme et la prise de conscience de celle-ci qu’elle aime vraiment cet homme (mais pas de la même façon qu’Eleven). Le couple qu’ils forment fait le sel d’une bonne partie de l’épisode, comme si l’intrigue parfaite s’était pointée au parfait moment avec les parfaits dialogues pour servir ces deux acteurs sur un plateau.  Ce « last hourrah ! » pour le duo n’était qu’une fausse alerte, heureusement pour nous et malheureusement pour Danny Pink.

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L’alchimie parfaite. Et Billy Wilder n’est pas là pour filmer ça 😦

N : 9

IM : 6

34 / 8-07 Kill the Moon (La Première Femme sur la Lune)

34 / 8-07  Kill the Moon

De Peter Harness

Réalisation : Paul Wilmshurst

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Pour montrer à la jeune Courtney Woods qu’elle peut être quelqu’un de spécial, le Docteur l’invite à être la première femme sur la lune. Ils attgerrissent avec Clara en 2049, dans une navette spatiale remplie d’armes nucléaires, prêts à se poser sur la Lune en catastrophe. Le capitaine Lundvik explique aux intrus que les changements de gravitation de ces dernières années ont causé des raz de marées qui ont supprimé une partie de l’humanité. Faire exploser la lune est désormais leur unique espoir. Le Docteur avoue à Clara qu’il ne sait pas si la Lune a explosé en 2049, car il s’agit d’un de ces moments incertains où les choses se décident maintenant. L’équipe de Lundvik, qui constituait les derniers astronautes, est décimée sur place par un insectoide unicellulaire. Le Docteur, Clara et Courtney sont contraints de rester pour prendre eux-mêmes la décision. Intrigué par la découverte de liquide amniotique, Twelve part en exploration dans l’antre des créatures et revient avec une étrange révélation : Les organismes unicellulaires sont des bactéries, la Lune est un œuf qui a mis énormément de temps à éclore, et le moment est venu pour que le bébé naisse. Le capitaine veut faire exploser ce bébé pour conserver un semblant de satellite autour de la Terre. Clara refuse de le tuer, mais lorsqu’elle prie le Docteur pour qu’il intervienne, celui-ci refuse de prendre partie. Une astronaute, une prof et une adolescente devront prendre seules la décision la plus difficile de l’Histoire de notre planète.

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Courtney à l’Ecole du douzième Docteur

Malgré sa facture classique, Kill the Moon est un nouvel épisode en forme d’expérience,  une certaine idée de la classe de découverte façon Doctor Who. L’idée de départ est plutôt simple, et comme toutes les idées simples bien développées, elle porte en elle une grande efficacité. Courtney Woods, élément « disruptif » d’une des classes de Clara (et de Danny Pink) a découvert le TARDIS, et son premier voyage à la fin de The Caretaker l’a rendue un peu malade. Le Docteur lance à une enfant qu’elle n’est pas exceptionnelle : Eleven paraît bien loin ! Twelve ne cherche plus à brider son côté alien, à se mettre à la hauteur des compagnons, quels qu’ils soient. Il a bien d’autres chats à fouetter. Cette exploration débouche sur un beau scénario catastrophe qui pourrait être un cas d’école à fournir à nos têtes blondes. Il s’agit dès lors de peser le pour et le contre en soulevant les bonnes questions pour prendre une décision responsable (ce qui n’est pas toujours le cas du côté des gouvernements) : que se passerait-il si la lune n’était plus là ? Peut-on prendre le risque que cette créature mette le monde en danger, juste parcequ’on n’a pas voulu tuer le bébé ? Clara se tourne instinctivement vers la consultation populaire, mais la réponse est différente de ce à quoi elle s’attendait (ce qui est juste ne récolte pas toujours le plus de like). Poussée par son élève, la prof choisira in extremis de contourner ce choix en rendant l’explosion de la lune impossible. Le Docteur montrera à voir aux trois décisionnaires les conséquences de leur choix : Le bébé est bien né et il a déposé un nouvel œuf. Après avoir assisté à son envol, les humains qui étaient rétifs à reprendre la route vers l’espace ont fini par s’envoler de nouveau vers les étoiles. Les humains ont décidément été inspiré par beaucoup de choses pour conquérir l’espace !

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Faut-il tuer le bébé? Dans quelques minutes, Clara ne pourra plus appeler un ami.

Au-delà de cette leçon sur la difficulté de certains choix donnée à Courtney,  Kill The Moon joue habilement de la proximité des faits, notamment via les enfantillages de Courtney qui paraissent être pour l’astronaute des trucs de vieux (que sa grand-mère faisait quand elle était jeune). L’épisode met Clara seule face à un choix primordial pour sa planète qui va au-delà du manichéisme. Le Docteur n’intervient pas par respect pour elle, certain qu’elle aurait au final empêché la destruction de l’œuf. Twelve aurait-il suffisamment confiance en elle pour la penser digne d’effectuer un choix aussi important ? Les suites de l’épisode du cinquantième anniversaire joueraient a priori en sa faveur, mais elle était alors seulement spectatrice du choix du War Doctor. Elle découvre ici la difficulté de devoir prendre la responsabilité d’une décision qui va à l’encontre de l’opinion et dont les conséquences peuvent être fatales. Blessée d’avoir été lâchée par Twelve et jugeant qu’il s’est servi d’elle pour prouver sa supériorité, elle retourne vers Danny Pink. Ce dernier de lui communiquer son point de vue de soldat qui a quitté la guerre lorsqu’il s’est rendu compte que ses supérieurs se jouaient de lui. Kill the Moon met en danger Clara par cette injonction à passer à l’action, mais le test a finalement été réussi et elle ne tardera pas à se rendre compte que sa place est dans le TARDIS plus que sur Terre.

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La nouvelle Lune arrive

N : 8

IM : 7

34 / 8-06 The Caretaker (Le Gardien)

34 / 8-06  The Caretaker

De Gareth Roberts & Steven Moffat

Réalisation : Paul Murphy

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Clara a bien du mal à mener de concert sa vie de couple avec Danny et sa vie du compagne du Docteur. Aussi lorsque Twelve lui propose un break le temps d’une mission sous couverture, elle y voit une aubaine pour se consacrer à son copain. Mais la mission du Docteur est au lycée de Coal Hill, où il remplace le concierge. Un robot meurtrier, le Skovox Blitzer, rôde autour de l’école et il pourrait détruire le monde. Le Docteur a dissimulé des outils afin d’ouvrir un vortex temporel qui enverrait l’intrus loin dans le futur. Il compte l’attirer sans être vu à l’aide d’une montre lui donnant un pouvoir d’invisibilité. Mais l’intervention tourne mal et Danny Pink se retrouve au mauvais endroit. Ainsi apprend-il l’existence du Docteur et la double vie de Clara. La compagne devra s’expliquer auprès du terrien, mais aussi de l’alien, qui ne saisit pas qu’elle s’acoquine avec un simple soldat.

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Robotbuster

The Caretaker est un épisode drôle façon Capaldi (ce Docteur qui siffle ni vu ni connu another brick in the wall dans l’enceinte du collège…) et qui a les pieds bien sur Terre, comme le voulait la tradition Daviesienne à mi-saison qui retrouvait le monde terrien de la compagne. Mais en lieu et place de la famille de Clara, nous voici sur son lieu de travail, collège emblématique s’il en est puisque c’est là que se déroulaient les premières scènes de la série, lorsque Ian, professeur de chimie et Barbara, prof d’Histoire, enquêtaient sur une élève étrange nommée Susan. Le Docteur reviendrait en ces lieux des années plus tard, dans Remembrance of the Daleks pour y récupérer la main d’Omega qu’il avait dissimulé lors de la première période. Il s’y installe de nouveau en tant que concierge le temps d’un épisode. Ce retour aux sources (le Docteur et deux profs) ne dissimule pas une envie Moffatienne de revenir aux sources pédagogiques de la série. Mais le showrunner a tout de même installé un tableau et des craies dans le TARDIS et flanqué notre Seigneur du Temps de la plus exigeante des institutrices. Le nouveau coup de projecteur sur ces lieux donna naissance en 2016 à un spin off teen de Dr Who : Class.

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Danny Pink découvre que sa copine voyage dans le temps avec un alien. WTF ?

Peu intéressant, l’argument SF de The Caretaker n’est qu’un prétexte au choc de trois personnages d’égal intérêt dans cette saison : le Docteur, Clara et Danny Pink. Twelve présume que Clara sort avec un autre homme qui ressemble physiquement au Docteur qu’il était (Matt Smith), chose qui le fait doucement sourire (n’étais-ce pas son costume de séduction ?). Son incompréhension sera telle lorsqu’il découvrira qu’elle s’est acoquinée avec le soldat qu’il n’hésitera pas à exiger une explication : le Seigneur du Temps peine à croire que sa Clara ait pu préférer un homme de moindre rang, moins intelligent, qu’il ne peut assimiler à autre chose qu’à un professeur d’éducation physique. Danny Pink (interprété par Samuel Anderson, qui lui confère une grande humanité) se révèle pourtant être un professeur fiable et un excellent sondeur de l’âme humaine, tout particulièrement celle de Clara dont il est rarement dupe de ses errances et des mensonges. Danny Pink voit en ce Docteur qui met perpétuellement en danger la vie de sa copine un de ces officiers l’ayant envoyé au combat, de ceux qui provoquent le feu en faisant payer les conséquences aux soldats. Les Time Lords ne sont-ils pas la grande aristocratie de l’univers, de laquelle découle forcément un rang militaire plus élevé ?

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La peur de retrouver dans ce trio ce qu’on avait déjà exploré dans la relation Eleven/Amy/Rory est évacuée d’un revers de main. Steven Moffat a profité de l’épisode du cinquantenaire pour passer à une autre vitesse. Nous ne sommes plus dans le vase clos Tardis/Leadworth, mais dans un monde plus sensible aux réalités, aux rapports sociaux et plus intéressant d’un point de vue global. La caractérisation de Twelve, de Clara et de Danny Pink rendra également les interactions de ces trois personnages bien intéressantes que celles de leurs prédécesseurs.

N : 7

IM : 6

34 / 8-05 Time Heist (Braquage temporel)

34 / 8-05  Time Heist

De Steve Thompson & Steven Moffat

Réalisation : Douglas MacKinnon

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Après un mystérieux appel au téléphone du TARDIS, le Docteur et Clara se réveillent à une table avec un humain augmenté et une mutante métamorphe. Ils ont tous consenti à ce que leurs souvenirs à court terme disparaisse. Un mystérieux Architecte les a convoqué pour préparer le hold-up de la banque la plus sécurisée de la galaxie, la banque de Karabraxos. Ajouté à un arsenal sécuritaire de haute volée, La cheffe des lieux s’est offert les services de Tellers, créatures télépathes chasseuses de culpabilité qui réservent au coupable un ratatinage de cerveau dans les règles. Le Docteur s’autopromeut leader du groupe, mais l’opération se complique très vite, occasionnant des pertes. Les survivants découvrent qu’ils ont été envoyés du futur de sorte qu’ils se trouvent exactement au bon moment lorsqu’une tempête surviendrait, rendant la banque complètement vulnérable.

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Le Doc Pack est dans la place

Time Heist est, comme son nom l’indique, la première incursion de Doctor Who sur le territoire du caper movie (film de hold-up). Et puisque Doctor Who ne s’autorise des incartades criminelles que pour de bonnes raisons, l’occasion ne se reproduira peut-être pas. Alors autant viser d’emblée la banque la plus gardée de l’univers. Peter Capaldi permet à Steven Moffat de casser des barrières construites avec la nouvelle série. L’acteur sait à merveille incarner le seigneur du temps sur le fil du rasoir, à tendance anarchiste, un brin sociopathe, calculant froidement les pertes lors de situations à risques (le détachement professionnel…). Bref, le Docteur alien sans aucun complexe, qui expose ses failles et n’a plus besoin de se faire aimer ou de fuir. Et pourtant un Docteur qui reste attachant. Cet épisode est un bon exemple de ce que le showrunner peut désormais se permettre avec Peter Capaldi à la barre. Ainsi Time Heist distille l’ambiguité une bonne partie du temps sur cette nature insaisissable du nouveau Docteur, avant de dévoiler qu’il est le maître du jeu et pour quelle raison il a enfilé cette défroque (sauver une espèce en voie de disparition, c’est y pas mignon). Les fausses pistes et retournements de situation participent habilement à la construction d’un scénario qui enchaîne les bonnes idées et intégration d’éléments SF au caper classique. Par ce soucis constant de Moffat et Steve Thompson d’être en avance sur le spectateur (et à la hauteur de l’Architecte), Time Heist s’apparente à bien des égards à un épisode de Sherlock. Ceci n’est guère une surprise, puisque Steve Thompson est un transfuge de la création de Moffat et Gatiss. On notera d’ailleurs la subtilité avec laquelle ils excluent l’hypothèse d’un casse avec le TARDIS ou qu’ils suggèrent par touches la véritable identité de l’Architecte.

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My Teller is rich

Time Heist bénéficie aussi grandement de la dynamique déjà rôdée Coleman/Capaldi. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le tandem trouve le ton juste, entre balance des caractères et réaction instantanée au jeu de l’autre. Elle quasiment rebootée au début de la saison et lui qui n’en est qu’à son cinquième épisode ont déjà plusieurs couches et un rapport diablement intéressant. Les personnages secondaires, par défaut de caractérisation au-delà de leur condition, peinent logiquement à leur tenir la réplique. Ces personnages prétextes se révèlent un des seuls défauts de l’épisode, l’autre étant d’avoir compressé autant d’idées dans le format classique d’un épisode (erreur typique de Moffat). Braquage Temporel est un petit modèle de rythme et d’équilibre qui promet beaucoup sur les loners à venir. En prime, Le whovien confirmé pourra jouer à deviner les multiples criminels provenant des épisodes de Doctor Who que Psi prétend incarner pour tromper le Teller.

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La révélation du Docteur, sans tasse brisée ni flash-back sursignifiant

N : 8

IM : 6

34 / 8-04 Listen (Jamais seul)

34 / 8-04  Listen

De Steven Moffat

Réalisation : Douglas MacKinnon

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Pourquoi parlons-nous à haute voix lorsque nous sommes seuls ?  Hypothèse : Nous ne sommes jamais seuls. Le rêve que tout le monde fait, lorsqu’il se réveille et que quelqu’un sous son lit attrape ses jambes est en fait bien réel. Expérience : Le Docteur connecte Clara au TARDIS pour la ramener au moment de sa vie où elle a fait ce rêve pour la première fois, pour voir ce qu’il y’avait sous le lit. Biais : Clara s’est connectée à la timeline de Danny Pink, vu qu’elle sortait d’un rendez-vous catastrophique avec lui. Elle et le Docteur le rencontrent enfant lorsqu’il était le petit Rupert Pink, en proie à une terreur lié à ce rêve. La chose apparaît dans la chambre. Ils parviennent à lui échapper. Suite à cette expérience, Clara retourne à son dîner, qui sera dérangé par un homme en combinaison spatiale : le colonel Orson Pink. Rencontré par le Docteur alors qu’il remontait la ligne tracée par Clara, le descendant de Danny Pink, pionnier des voyageurs temporels, a été coincé six mois à la fin de l’univers tel un Robinson Crusoe des temps modernes, et il fut confronté à cette mystérieuse chose. Une occasion rêvée pour le Docteur de tester sa théorie dans le grand vide, au péril de sa vie.

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Steven Moffat théorise les terreurs nocturnes. L’esprit froidement scientifique de Twelve le seigneur du temps est en ébullition dans cet épisode, le plus bizarre à ce jour dans la nouvelle série. Listen démarre par une méditation du Docteur, un dialogue intérieur qui suggère que l’expérience suivante est en continuité avec l’exploration mémorielle qui se poursuit depuis la saison dernière. Twelve continue de fouiller dans son passé, même si le souvenir se manifeste ici inconsciemment, sous la forme d’une obsession qu’il tente de rationaliser. Mais un nouveau pas est franchi : Après avoir été le gardien du temple de sa ligne temporelle contre la Grande Intelligence, Clara Oswald devient une influence déterminante pour le Docteur en le guidant à la source.

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La craie et le tableau installés dans le TARDIS…Thank you Miss Oswald

A la fin de l’épisode, elle rencontre un gamin et entend ses parents discuter de son avenir, craindre qu’il ne devienne jamais un Seigneur du temps car il a peur et s’isole des autres. Clara comprend qui est l’enfant, puis elle se cache sous le lit et lui touche la jambe pour le rassurer, lui faire comprendre qu’il est normal d’avoir peur et que la peur pourra lui faire faire de bonnes choses. Comment Clara a-t-elle pu atterrir à Gallifrey, qui est toujours dans cette bulle ?  On touche ici aux limites du wibbly woobly Moffatien. Le showrunner n’aura pas pu résister à l’appel d’un terrain encore inexploré de la vie du Docteur, ni de faire agir le nouveau professeur du Docteur à la source.

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Trauma le Docteur dans son enfance. Check !

Dans Listen, Clara et Danny Pink franchissent le pas, mais il aura fallu bien plus qu’un simple dîner (qui ressemble à un mauvais drama) pour que leur relation se concrétise. Non contente d’influer sur la vie du Docteur, Clara aura inspiré au petit Rupert Pink les rêves de soldat de Danny Pink. La voilà ensuite à l’autre bout de l’univers, face à un homme dont il est fortement suggéré qu’il est l’arrière petit-fils du couple : Une fausse piste, à la vue de la fin de la saison. Toutes ces digressions passent comme une lettre à la poste, mais il sera au final difficile de considérer Listen comme autre chose qu’une expérience de Steven Moffat sur ses personnages. Une expérience difficilement intégrable à la mythologie de la série., mais qui reste agréable, parfois envoutante et agrémenté du score mi planant / mi inquiétant Murray Gold.

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Difficile de vivre le présent quand le futur débarque à l’improviste #viedeclara

N : 8

IM : 7

34 / 8-03 Robot of Sherwood (Robot des Bois)

34 / 8-03  Robot of Sherwood

De Mark Gatiss

Réalisation : Paul Murphy

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Le Docteur accepte de réaliser un des rêves de Clara sans trop y croire. Direction l’Angleterre, Forêt de Sherwood. 1190. Les voyageurs temporels ne mettront pas longtemps à croiser le chemin de Robin des Bois et de ses joyeux compagnons : Les rires dans la forêt, le roi Richard en croisade, le prince Jean régnant en tyran et flanqué de l’abominable shérif de Nottingham sous un ciel bleu et des prairies vertes. Entre la légende et l’Histoire, il y’a un pas de géant que le Docteur refuse d’admettre car tout ce qui se dresse devant eux ressemble trop à une sorte de Mondwest à Nottingham pour être honnête. Un tournoi pour une flèche révèle que la cour du shérif est composée de robots : Un vaisseau a atterri sur Terre avec à son bord des hommes mécaniques, qui ont pris très vite fait et cause pour l’ambitieux shérif. Le vil personnage exploite la population pour produire l’or qui réparera le vaisseau.

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L’épée et la cuillère

Robot of Sherwood remplit les critères du bon épisode de Mark Gatiss : faire passer un bon moment et créer quelques échanges efficaces qui emportent le morceau : Un Docteur qui affronte Robin des Bois avec une cuillère, un tournoi d’archers qui vire à la surenchère de virilité ou bien une Clara au top qui soutire habilement des infos du shérif de Nottingham campé par Ben Miller. Après cinq segments mythologiques écrits par Steven Moffat, cet épisode léger arrive à point nommé pour éprouver les qualités de comédien de Peter Capaldi. Le contraste entre Twelve / Grincheux et Robin des Bois / Joyeux inspire à Gatiss un numéro de duettiste réjouissant, sous le regard d’une Clara midinette qui avoue à demi-mot croire aux héros impossibles depuis qu’elle a rencontré le Docteur (la réaction de Capaldi est d’une justesse incroyable). Dans sa méfiance et son agacement, le Docteur aura eu à moitié raison : Les radiations provoquées par le vaisseau ont créé le climat de bienveillance, le soleil et le vert. Mais Robin des Bois et son équipe sont bien réels.

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Joyeux, Grincheux et Prof

Robot of Sherwood est au final un épisode historique très calibré qui tire sa principale originalité de sa description d’un personnage légendaire, dont la réalité reste discutable. Le parallèle qui est fait entre le seigneur renégat devenu le prince des voleurs et le Seigneur du Temps qui piqua son TARDIS pour sauver l’opprimé à travers l’espace et le temps peut paraître appuyé par moments, mais il montre une fois de plus que Doctor Who est un patchwork qui s’est nourri de plusieurs mythes depuis sa création (Robin des Bois, Sherlock Holmes, Le roi Arthur , Peter Pan …) et qui entreprend lentement mais sûrement son propre passage dans la légende. Sans la revisiter, nous entendons une nouvelle fois parler de la Terre Promise de l’androide de Deep Breath.

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Lucky Robin Hood

N : 7

IM : 5

 

 

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