Saison 10 (1972-1973) / 10-01 The Three Doctors

10-01 The Three Doctors

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Lennie Mayne

Une tâche sur la pellicule tente d’engloutir le Docteur et fait disparaître un paysan, un scientifique venu enquêter sur les événements, l’automobile Bessie et différents éléments du QG de UNIT. Ce champ d’énergie provient d’un trou noir qui pourrait anéantir le temps. Les Time Lords ne peuvent rien faire. Aussi décident-ils de convoquer leur super agent sur Terre pour résoudre le problème. Et puisqu’un Docteur ne suffira pas, ils lui adjoignent les services de son précédent lui (Patrick Troughton) en le déconnectant de son espace-temps ! Ainsi Two et Three se rencontrent et les Time Lords décident contre toute attente (sauf celle du téléspectateur prévenu par le titre), de mettre en contact le premier Docteur avec eux. Jo et Three sont engloutis par la tâche et ils apparaissent dans un monde désert contrôlé par Omega, un Time lord qui jadis rendit possible les voyages temporels pour les congénères du Docteur. Englouti par la supernova qui fournit l’énergie nécessaire à l’opération, cette légende de Gallifrey est depuis prisonnière dans un monde au sein de la singularité qui ne tient que par sa propre volonté. Volonté très forte qui a, par ailleurs, décidé de tout engloutir sur son passage.

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Omega – He’s got the whole world in his head

The Three Doctors est un beau cadeau qui permet de constater le chemin parcouru depuis 1963. L’Histoire ne brille pas par son originalité, faisant intervenir un nouveau seigneur du temps alors que le Maître hante encore la série, attendant discrètement qu’on le sorte du chapeau. Il répond par ailleurs à une demande de fans de longue date que Barry Letts s’est finalement décidé à accepter. L’originalité est d’avoir introduit le concept d’anti-matière fusionnant avec la matière, ce qui donne à l’épisode un aspect jargonneux plutôt sympathique et rend l’intrigue cohérente. Il ne faut pas chercher cette cohérence dans la réunion des Docteurs, qui répond à la volonté seule du Haut Conseil des Time Lords et introduit virtuellement un sacré bordel (Moffat fera pire, me dis t’on). Pourquoi le Haut-Conseil n’a-t-il pas poursuivi le Docteur plus tôt s’il avait la possibilité de convoquer si facilement ses deux précédentes incarnations ? Et qu’en est-il du Troisième Docteur qui a donc déjà vécu cette aventure accompagné de Two ? Gageons que dans le monde du wibly woobly timey winey, seule une archéologue comme River Song aurait la réponse à ces questions. L’essentiel est de voir Two et Three se chamailler joyeusement et se donner la réplique avec aplomb, quand l’un ne finit pas par manger la phrase de l’autre. Et surtout, après de longues heures d’épisodes reconstitués en noir & blanc avec un son médiocre, le soulagement est de pouvoir enfin voir, accompagné de sa flûte.

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PATRICK TROUGHTON EN COULEUR !!! (rien que pour ça l’épisode a la moyenne)

Les apparitions de William Hartnell ne se feront que par l’entremise d’un écran de télévision, le pauvre vieux n’étant plus en très bonne santé à l’époque du tournage. Si la promesse en fin de troisième épisode de voir un rassemblement tombe à plat, les scénaristes se rattrapent en faisant de One un lien avec les Time lords. L’épisode réserve d’autres surprises. Ainsi le Brigadier fait-il pour la première fois son entrée dans le TARDIS, ce qui est aussi le cas du Sergent Benton. Il est fort sympathique de voir Two se rappeler sa première rencontre avec l’un et l’autre alors qu’ils n’étaient pas encore à leur grade actuel ou bien de voir le QG de UNIT téléporté au-delà des galaxies avec le Brigadier se demandant si ça causera un accident diplomatique (!). On regrettera que Lethbridge Stewart soit encore une fois coincé dans son rôle de représentant de l’ordre, condamné à dire au Docteur qu’il ne comprend rien. Jo est quant à elle toujours parfaite et on peut espérer qu’elle fera encore quelques voyages avec le Docteur. Nous avons échappé belle à une romance entre elle et Jamie (souvenez-vous), idée abandonnée suite à la non disponibilité de Frazer Hines. Dernière surprise : Cet épisode sonne après trois saisons la libération du Docteur de la sentence des TimeLords qui l’exilait sur Terre. Il va donc pouvoir reprendre ses voyages pour de bon.

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-Docteur, je vous somme de nous expliquer ça tout de suite !

N : 8

IM : 9

4-02 The Tenth Planet

4-02 The Tenth Planet

De Kit Pedler & Gerry Davis (4 épisodes)

Réalisation : Derek Martinus

1986, en Antarctique. Le Docteur et ses jeunes compagnons se retrouvent au beau milieu d’une expédition scientifique qui a le regard tourné vers l’espace. Ils sont témoins de la découverte de Mondas, planète jumelle de la Terre, qui s’approche dangereusement de notre monde. Les habitants de Mondas, les Cybermen, expliquent que leur monde a besoin de l’énergie de Terre pour l’absorber avant de la détruire. Ils proposent aux humains de venir sur leur planète afin de les changer en Cybermen. Sous la menace de l’invasion et par peur pour son fils (qui fait partie de l’expédition de reconnaissance), le Général Cutler en commande de la base décide d’employer les grands moyens : Une bombe atomique, au corps défendant des compagnons du Docteur.

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Le Cyberman première mouture. Paye ton costume anxiogène.

Un arc doublement important, puisqu’il s’agit de la première incursion des CYBERMEN dans l’univers de Doctor Who. Les robots dénués d’émotion ont d’ailleurs droit à de premières apparitions surprenantes qui ont du faire leur petite effet sur les spectateurs de l’époque. La voix monocorde des robots doublée d’un costume plutôt malsain (qui rappelle un peu le human being de Community) en fait d’entrée de jeu des ennemis marquants. L’autre raison de l’importance de cet arc est le départ de William Hartnell, le premier Docteur, la régénération se produisant à la toute fin de cette histoire. Dès le premier épisode, le Docteur manifeste des signes de faiblesse qu’on ne sait pas à quoi attribuer, pour revenir sur la fin avant de compléter sa transformation.

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Le Général Cutler veut faire péter la bombe sur ces enfoirés de commu…cybermen

Il est regrettable que cette régénération se produise sur le seul épisode reconstitué de l’arc, mais on ne peut pas dire qu’Hartnell soit parti sur une mauvaise note. The Tenth Planet est pour l’instant le meilleur épisode du futur (d’un futur uchronique, 1986 étant désormais loin derrière nous). Il dégage une atmosphère anxiogène avec des accents de paranoïa Guerre Froide. Sur la forme, on se rapproche du Point Limite de Sidney Lumet, avec les éléments typiques de Doctor Who, et une implication non négligeable de Ben et Polly. Il le faut bien car Patrick Troughton aura besoin d’eux pour faire oublier William Hartnell !

UNE REGENERATION! UNE!

N : 8

IM : 10

La quatrième partie de l’arc a disparu, mais il reste quelques passages dont celui de la régénération du Docteur.

Saison 4 (1966-1967) / 4-01 The Smugglers

4-01 The Smugglers

De Brian Hayles (4 épisodes)

Réalisation : Julia Smith

Le TARDIS atterrit sur la côte des Cornouailles, au 17ème siècle. Le Docteur, Ben et Polly sont accueillis par Joseph Longfoot, qui surveille l’Eglise locale. Avant de les laisser s’en aller, Longfoot glisse trois mots à l’oreille du Docteur. Depuis la mort du pirate Avery, l’ancien matelot Samuel Pike a pris les commandes du navire pirate le Black Albatross et il est bien décidé à retrouver le trésor de l’ancien chef, que Longfoot aurait conservé. Il envoie son lieutenant Cherub aux basses besognes. Les trois voyageurs sont aussitôt accusés du meurtre de l’Homme d’Eglise. Tandis que Ben et Polly doivent être jugés, le Docteur est enlevé et transporté vers l’Albatross.

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Et oui vous ne rêvez pas. C’est plus grand à l’intérieur!

Un arc entièrement reconstitué, ce n’est pas la meilleure manière pour faire plus ample connaissance avec Ben et Polly. The Smugglers offre pourtant la particularité d’être un épisode particulièrement violent pour l’époque, avec plusieurs meurtres de sang-froid. L’ironie veut que ce soient ces moments qui aient été sauvés de la destruction par la BBC, puisqu’ayant été censurés lors de leur diffusion en Australie, et non rendus à la chaîne anglaise. The Smugglers décrit également le monde des pirates avec une certaine délectation, offrant une chasse au Trésor sans pitié sur les derniers épisodes (dans un cimetière, Sergio Leone style), dans laquelle se détachent Pike et Cherub, deux personnages de pirates aux antipodes et plutôt bien campés par George A. Cooper et Michael Godfrey. Et puis il y’a Jamaïca…

ImageCertainement le perso le mieux caractérisé de la série.

Qu’en est-il des nouveaux compagnons ? Ils sont un peu moins aventureux que lors de leur première aventure (ben oui, le choc du voyage dans le temps), mais Polly se révèle plutôt ingénieuse pour s’évader d’une cellule. L’idée de les séparer aussitôt du Docteur dans cette époque étrangère n’est pas mauvaise, mais aurait pu être mieux exploitée. L’Episode prend aussi une autre saveur quand on sait que le Docteur aura de nouveau l’occasion de croiser des pirates pour sa onzième incarnation, et même Henry Avery en personne !

ImageLe capitaine Pike. Wannabe gentilhomme et vrai pirate.

N : 5

IM : 3

Seules quelques minutes de l’arc furent découvertes en Australie en 1996. En effet, lors de la diffusion à l’étranger, certains passages jugés trop violents ou inutiles furent censurés et n’ayant pas été rendus à la BBC, ils furent sauvés de la destruction. Il ne reste donc de l’arc que les scènes de meurtre et une scène où le palefrenier du village s’enfuit à cheval.

3-10 The War Machines

3-10 The War Machines

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Le Docteur et Dodo retournent à Londres à notre époque, mais ils ne vont pas pouvoir visiter la ville. Un grand savant a mis au point WOTAN, une sorte de serveur omniscient qu’il pense connecter à tous les ordinateurs du monde, et qui ne se trompe jamais. Mais WOTAN triche car il peut lire les réponses dans l’esprit des gens qu’il contrôle, et il décide de prendre en main le destin de l’humanité. Dodo part s’amuser en boîte avec Polly, l’assistante du savant. Les deux jeunes femmes rencontrent le jeune Ben, un marin qui a loupé son cargo, avec qui elles sympathisent. Mais Dodo ne se rend pas compte que l’ordinateur contrôle déjà son esprit, ainsi que celui de son créateur et d’autres savants, et qu’il envisage de posséder aussi celui du Docteur.

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Dodo, Ben et Polly in da club.  Les djeunz qui dansent derrière ont maintenant 75 ans.

Pour finir cette troisième saison plutôt bordélique et qui continue de voir les audiences chuter, Ian Stuart Black revient aux commandes pour un épisode S-F qui commence très bien. Le contrôle des esprits par cette machine est dans la droite lignée des histoires de S-F paranoïaques telles que l’invasion des profanateurs. La menace intérieure tranche avec les habituelles querelles de peuples du futur et sa nature cybernétique a un impact autrement plus savoureux à notre époque, alors que l’usage des PC et d’internet s’est quasi généralisé. On peut voir dans cet ordinateur omniscient le transmetteur d’une idéologie (Guerre Froide Oblige) plus que l’ancêtre du Ghost de Ghost in the Shell (il nomme le Docteur Doctor Who, on repassera pour l’omniscience…). Il s’agit d’une machine froide, méthodique, un peu comme les Dalek, mais en moins efficace. Bien que la sécurité du pays soit appelée, les dégâts effectués par les machines de guerre à sa solde font pâle figure à coté de ceux des ennemis les plus populaires du Docteur et la deuxième partie de l’arc est peu réussie. William Hartnell est pourtant parfait.

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Allo Allo Monsieur l’Ordinateur.

L’épisode voit le départ de Dodo, la compagne la plus mal gérée de la série (so far). On n’aura rien su d’elle, elle n’aura jamais suscité un grand intérêt et elle part sans dire au revoir au Docteur et au TARDIS (quelle ingrate!). Un beau gâchis qui révèle beaucoup des difficultés de cette saison à maintenir une direction claire après le départ de la productrice historique, même si on y trouve une poignée d’épisodes honorables. Plus que deux arcs pour le premier Docteur et voilà qu’il embarque le jeune Ben et la charmante Polly. Espérons que ces deux là verront au moins sa régénération.

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Dodo Chaplet vivra ses dernières scènes dans la série sous hypnose.

N : 6

IM : 6

3-09 The Savages

3-09 The Savages

De Ian Stuart Black (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Le Docteur, Steven et Dodo se retrouvent sur une planète occupée par des sauvages, mais ils sont bientôt sauvés de leurs griffes par des hommes très civilisés qui attendaient depuis longtemps la venue du voyageur temporel. Le Docteur est introduit parmi leurs sages, mais Dodo ne tarde pas à découvrir que les sauvages ne sont pas ceux qu’on croit. Les scientifiques puisent la grandeur de leur civilisation dans l’énergie des hommes qui vivent au dehors, en leur retirant petit à petit, à l’aide de leurs machines, la vie qui reste en eux.

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Le Docteur et Jano le méchant Eugéniste. Bientôt il ne feront qu’un!

Arc reconstitué de bout en bout, The Savages se laisse néanmoins suivre avec plaisir. Un des meilleurs épisodes S-F depuis les débuts de la série, et sans doute un des plus noirs. Ian Stuart Black décrit avec acuité cette société eugéniste qui a coupé en deux l’humanité et a du même coup perdu sa conscience au profit de la science. Informé de la dangerosité des actes de cette civilisation, le Docteur accueilli en héros n’hésitera pas à prendre le contrepied, quitte à se faire enfermer lui-même et à servir de rat de laboratoire à son tour. Ce qui nous mène à la meilleure idée de cette arc : Faire de Jano, le leader, la personne qui fera voler cette société en éclat. En absorbant l’énergie du Docteur, celui-ci absorbe aussi sa conscience et prend peu à peu, à son corps défendant, position contre les siens.

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Deux beaux specimens de piles électriques humaines

La tension est très bien gérée et il est agréable d’enchaîner des arcs sur quatre épisodes qui ne dévient pas trop de leur propos et ne meublent pas. Une fois ce monde libéré de la société tortionnaire, il faut nommer un leader pour en construire une nouvelle. C’est à Steven Taylor qu’échouera cette tâche : Une destinée somme toute logique pour un type aussi responsable et généreux, et une sortie du personnage par la grande porte, même si un peu prématurée. Le Docteur se trouve désormais seul avec Dodo, dont on ne connaît toujours presque rien.

Goodbye Steven Taylor  😦

N : 7

IM : 5

Aucune partie ne fut jamais retrouvée en intégralité, seule la bande audio, des photos de l’épisode et quelques extraits vidéos en 8 mm de la fin du quatrième épisode ont été retrouvées.

3-08 The Gunfighters

3-08 The Gunfighters

De Donald Cotton (4 épisodes)

Réalisation : Rex Tucker

Décidé à trouver un dentiste pour soigner sa dent, le Docteur fait atterrir son TARDIS en 1881 à Tombstone. Mauvais moment, car les Clanton sont arrivés en ville, jurant de se venger de Doc Holliday qui a abattu l’un d’eux. Doc Holliday profite de la confusion suscitée par l’arrivée du Docteur pour le faire passer pour lui et l’envoyer se faire descendre à leur place. Steven, Dodo et Le Docteur devront faire face aux Clanton, seront sauvés de justesse par le shérif Wyatt Earp, puis impliqués chacun à leur manière dans le règlement de compte à O.K Corral qui pointe à l’horizon.

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Doc Holliday, homme de principe et nid à problèmes

The Gunfighters est le meilleur épisode depuis The Romans. Du quiproquo qui entraîne le Docteur au cœur de la bataille à la représentation du Far West (cheap, mais crédible pour une production télé) en passant par les caractéristiques des personnages et les chansons (une seule chanson en fait), les fusillades qui rendent plutôt bien : tout est fait pour immerger le spectateur. La touche de comédie et le rythme de l’ensemble rappellent d’ailleurs l’épisode de Dennis Spooner. Les faits historiques de l’affrontement sont arrangés à la sauce de Donald Cotton (mort du plus jeune Earp, présence de Johnny Ringo…), mais le personnage de Wyatt Earp, alcoolique usé mais intègre, est loin de l’incarnation de Henry Fonda quelques années plus tôt. Sans doute plus proche de la réalité. Doc Holliday et la chanteuse Kate (qui ont aussi existé) apportent une touche un peu plus sophistiquée à ce rude milieu, achevant de donner un équilibre scénaristique indéniable à l’ensemble. On regrettera seulement la contradiction du Docteur avec le principe de ne pas changer le cours de l’Histoire lorsqu’il se met en travers de l’affrontement, ainsi que son ignorance affichée des événements ayant eu lieu à Tombstone.

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Wyatt Earp rencontre le Docteur.

Cet épisode est très particulier. Ayant failli ne pas être diffusé, The Gunfighters fut également très mal reçu à l’époque, autant par le public que par le critique, comme le furent les autres épisodes tournés vers la comédie, The Romans et The Myth Makers. Suite à l’échec de cette aventure au Far West, la série s’orienta sur une ligne stricte de S-F sérieuse, l’aspect qui passe bizarrement le moins bien lorsqu’on regarde la série actuellement, car beaucoup des épisodes de S-F sont trop longs, arythmiques et souffrent du coté cheap des costumes. Suite à cet épisode, Doctor Who quitta également les personnages historiques sur une très longue durée.

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Attention ça va chauffer!

N : 8

IM : 4

3-07 The Celestial Toymaker

3-07 The Celestial Toymaker
De Brian Hayles (4 épisodes)

Réalisation : Bill Sellars

Le Docteur, Steven et Dodo se retrouvent coincés dans un monde de jeu gouverné par le Toymaker. Cet étrange personnage lance des défis aux visiteurs. Le Docteur devra l’affronter dans un jeu de logique tandis que Steven et Dodo devront passer par différentes épreuves pour retrouver le TARDIS. Mais les choses sont plus dangereuses qu’elles n’y paraissent car perdre la partie signifie devenir la poupée du Toymaker à jamais et le maître du jeu réécrit les règles à sa guise.

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Un arc spécial jeu d’enfants, dont le Docteur se serait bien passé.

Un arc qui perd beaucoup à être perdu dans sa quasi totalité (les ¾ sont reconstitués) tant il joue sur le suspens et des éléments visuels. Le coté enfantin, qui semble être plus présent depuis l’arrivée de Dodo, n’est pas la meilleure chose qui pouvait arriver à la série. Steven et Dodo sont successivement confrontés à des clowns, à des poupées puis à un écolier qui joue à une sorte d’ennuyeuse marelle ludique en trichant. Ce qui est un poil amusant au départ devient vite , répétitif et peu amusant ensuite. On apprend peu de choses supplémentaires sur la nouvelle compagne, si ce n’est qu’elle a perdu sa mère de manière tragique.

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Michael Gough en Toymaker. Ou comment avoir la classe même dans un costume ridicule.

L’affrontement direct de tout le groupe avec le fieffé manipulateur au dernier épisode rend le tout un peu plus savoureux. La valeur ajoutée de l’arc est bien le personnage du Toymaker, interprété avec délectation par Michael Gough (le Alfred des Batman de Tim Burton). Cet immortel qui a le pouvoir de se régénérer après chaque défaite et de poursuivre ses jeux encore et encore est un bon ajout à la mythologie de la série. Il serait une bonne chose de le retrouver à l’occasion, comme ce fut le cas pour le Time Meddler.

N : 5

IM :  4

Les parties 1 à 3 ne furent jamais retrouvées. La 4eme partie fut conservée dans les archives de la BBC.

3-06 The Ark

3-06 The Ark
De Paul Erickson & Lesley Scott (4 épisodes)

Réalisation : Michael Imison

Le Docteur et Steven atterrissent avec Dodo dans un lointain futur, au sein d’un vaisseau transportant toutes les espèces terriennes miniaturisées dans le but de coloniser la Planète Refusis 2 et éviter l’extinction prochaine de la Terre. L’équipage de cette Arche de Noe se fait aider d’une race alienne, les Monoïds. Les choses se compliquent lorsque Dodo refile son rhume au vieux sage qui commandait l’expédition. N’ayant aucun anticorps contre la maladie, le vieux est menacé de mort et les trois sont aussitôt enfermés.

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Le Docteur dit à Dodo de surveiller son langage, parceque quand même hein…

Apparue dans le TARDIS à la fin du dernier épisode, Dodo fait déjà comme chez elle, avec un comportement inconséquent et puéril que Steven et le Docteur ne se gênent pas à corriger (le Docteur corrige surtout son langage de djeunz), mais dont la plus grande leçon d’humilité sera cette première aventure. Le télétubbie humain est devenu malgré elle un cavalier de l’apocalypse à cause d’un simple rhume qu’elle a emporté dans le TARDIS. De quoi faire vaciller toute une civilisation, et pourquoi pas éteindre l’espèce humaine. Heureusement, cette première partie finit bien.

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700 ans plus tard, le monoïd a appris à se couper les cheveux.

La deuxième partie voit le retour des voyageurs dans l’Arche, mais 700 ans plus tard. Les Monoïds ont pris le contrôle et ont réduit les humains en esclavage. Ils s’apprêtent à atterrir sur la planète Refusis 2, à combattre les autochtones (des êtres dématérialisés !) et à faire sauter leur vaisseau avec les esclaves humains dedans. Peur de la différence, cercle vicieux de la conquête et de l’esclavage, danger d’embarquer dans un monde étranger sans quarantaine préalable…autant de thèmes profonds qui sont plutôt bien traités. Nous aurons en prime, et pour la première fois dans la série, un aperçu de la destruction de notre Terre. On regrettera juste que la deuxième partie soit plus brouillon que les deux premiers épisodes.

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Dodo (Dorothea) est-elle bipolaire ou bien juste une enfant en manque de ritaline?

N : 6

IM :  4

3-05 The massacre of St Bartholomew’s eve

3-05 The massacre of St Bartholomew’s eve
De John Lucarotti & Donald Tosh (4 épisodes)

Réalisation : Paddy Russell

Steven et le Docteur atterrissent en France en août 1572. A quelques jours du mariage d’Henri de Navarre et Marguerite de France, les tensions entre catholiques et protestants sont alors au plus haut, malgré la paix de St Germain (qui mit fin aux guerres civiles cathos/protestants). Le Docteur ne pense alors qu’à aller rendre visite au scientifique Charles Preslin. En l’attendant dans un bar, Steven sympathise avec des huguenots et rencontre une jeune fille en fuite qui a entendu des officiels évoquer un événement dramatique, qui pourrait se reproduire dans les jours prochains. Steven découvre bientôt que le Docteur est devenu l’Abbé d’Amboise, ennemi de la cause de ses nouvelles connaissances.

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Le Docteur et Steven Taylor, qui commence à en avoir marre que tout le monde meure…

Recocorico. Après la Terreur, Lucarotti, qui semble bien aimer les turpitudes de Histoire de France, s’attaque à un autre triste épisode de notre Histoire. Moins long et malgré le fait qu’on se trouve devant un épisode reconstitué, ce Massacre of St Bartholomew’s Eve est plutôt habilement mené. Il se concentre sur les tensions politiques et montre la complexité des causes qui ont mené à l’événement, notamment la tentative d’assassinat de l’amiral Coligny, proche du roi Charles IX, par sa propre mère Catherine de Medicis et le Maréchal de France Tavannes (L’influence de Catherine de Medicis et le fait que Coligny et Charles soient aussi proches n’est pas prouvée, mais tout le suggère ici).

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Tavannes, Catherine de Médicis, Charles IX et Coligny. En route vers l’irréparable

Les scénaristes se sont bien gardés de décrire en détail le massacre et les journées qui ont suivi, fournissant une porte de sortie au Docteur et Steven au tout dernier moment (il valait mieux pour eux !) en laissant derrière la jeune fille que Steven voulait protéger. Une bonne manière de revenir sur la règle d’or du Docteur de ne pas intervenir dans l’Histoire. Règle qui passe en travers de la gorge de l’impétueux compagnon, qui décide de quitter le TARDIS pour en finir avec ces rencontres de gens qui mourront inévitablement sans qu’il ne puisse rien faire. Le Docteur se retrouve ainsi seul, dépouillé de sa garde et entre dans une complainte…jusqu’à ce qu’une jeune fille étrangement volontaire, Dodo, arrive dans le TARDIS pour prévenir la police d’un accident. Steven fait aussi marche arrière. Nous arrivons donc en l’espace d’une minute de zéro à deux compagnons.

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Les bars parisiens : lieu de rencontre entre jeunes filles perdues, huguenots et voyageurs temporels anglais.

N :  6

IM :  5

 

3-04 The Dalek’s Master plan

3-04 The Dalek’s Master plan
De Terry Nation / Dennis Spooner (12 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

An 4000. La paix règne dans le système solaire, mais les Dalek ont déjà signé l’Alliance qui y mettra fin. Le Docteur atterrit sur la planète de leur QG, accompagné d’un Steven empoisonné et de la servante Katarina, qui est totalement à l’ouest (elle pense embarquer pour une sorte de lieu de perfection). Il part en reconnaissance. Bret, un soldat envoyé sur place, en profite pour entrer dans le TARDIS et compte s’en servir pour rentrer chez lui. Gros choc des cultures au sein du vaisseau du Docteur. De son côté, le seigneur du temps ne tarde pas à découvrir les Daleks et également leur plan. Avec l’aide du traître Mavic Chen, grand maître du système solaire, et de l’Alliance des galaxies lointaines, ils comptent placer un noyau de Taranium dans un destructeur temporel afin de détruire notre système. Mais le Docteur et ses compagnons parviennent à dérober le Taranium.

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Mavic Chan, Just a megalo.

Avec ses douze épisodes, The Dalek’s Master Plan est l’arc le plus long de Dr. Who, ce qui n’est pas une mince affaire sur un épisode semi-reconstitué. C’est aussi un bodycount impressionnant, à commencer par la suppression de Katarina, première voyageuse temporelle tuée, éjectée dans l’espace avec un dangereux criminel dès le premier quart de l’arc. La pauvre servante Troyenne aurait été larguée dans le TARDIS, mais c’est un peu brutal. Bret (Nicholas Courtney, futur Brigadier ! ) est aussi abattu et l’arc se termine avec la mort brutale de Sara Kingdom, soldat du système solaire incarnée par Jean March qui les a suivi sur près de dix épisodes de cet arc et qui aurait pu aussi faire une excellente compagne pour le Docteur et Steven. Bref, Terry Nation a craqué.

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Ils étaient quatre. Il n’en restera que deux.

La première partie de l’arc se suit agréablement. D’une planète pénitentiaire à une téléportation interstellaire qui envoie nos héros à l’autre bout de l’univers, en passant par des échanges sympathiques (la prise de bec de Steven et du Docteur concernant ses expérimentations). Puis au beau milieu de l’arc, Terry Nation nous fait un beau pétage de plomb dans le style de The Chase. Le temps d’un christmas special (le premier!). Le Docteur, Steven et Sara sont propulsés dans les années 60 et ont des difficultés à cause du TARDIS et d’une bande de flics qui le confondent avec une de leurs cabine de police (Sara pense que la planète du Doc s’appelle police !). Ils se retrouvent ensuite au temps du muet lors du tournage d’un film exotique, avant de péter le quatrième mur en souhaitant un joyeux Noël aux spectateurs.

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Sara Kingdom, incarnée par Jean March : Une compagne qui ne fait que passer.

Alors que les Dalek sont à leur poursuite pour retrouver le précieux Taranium, le trio voyage au cœur d’un match, retrouve le Time Meddler qui cherche à se venger (merci Dennis Spooner), puis passe faire un tour à Londres, au 1er janvier 1966 pour atterrir en Egypte. Là, c’est un peu la poursuite à la Benny Hill entre les trois vaisseaux temporels (les TARDIS du Docteur et du Time Meddler et le vaisseau des Daleks). Le dernier épisode rattrape heureusement ce gros n’importe quoi en proposant un final à la hauteur. The Dalek’s Master plan est le premier vrai épisode à puiser dans une continuité mythologique, à convoquer un background récurrent au-delà des personnages. L’arc scelle aussi l’installation des Dalek et de Dr Who dans les mœurs des anglais, mais il serait temps de mettre un peu d’ordre dans la surenchère de Terry Nation.

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Il s’en est fallu de peu pour que Terry Nation supprime aussi le Docteur.

N : 5

IM :  8

En 1967, les enregistrements 16mm des épisodes étaient utilisés pour être revendus à l’étranger. Mais la partie 7 « The Feast of Steven » étant considérée comme une blague liée aux fêtes de Noël, les épisodes étaient vendus sans cette partie. Il devint donc le premier épisode manquant de la série. En 1976, l’épisode fut estimé comme disparu dans sa totalité. En 1985, les parties 5 (« Counter Plot ») et 10 (« Escape Switch ») furent découvertes à Clapham dans un coffre se trouvant dans une Eglise mormone. En 2004, William Watson, un ingénieur de la BBC retrouva chez lui la partie 2 (« Day of Armageddon ») et la restitua. Des extraits ont été retrouvés : En 1971, l’émission « Blue Peter » présente quelques extraits de la partie 3 (« Devil’s Planet ») qui seront alors conservées puis en 1973, la même émission montre un nouvel extrait de la partie 4 (« The Traitors ») incluant la scène d’éjection de Katarina dans l’espace. En 1991, une copie muette des inserts d’extra-terrestres de la 1ere partie (« The Nightmare Begins ») fut retrouvée et réinsérée avec du son.