19-06 Earthshock

19-06 Earthshock

De Eric Saward (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Au 26 ème siècle, une équipe de secours commandée par le Lieutenant Scott est dépêché dans une galerie souterraine pour retrouver plusieurs spéléologues disparus. Dans le TARDIS, Adric a une violente dispute avec le Docteur, qui refuse en bloc l’idée de le reconduire chez lui dans l’E-Space. Il matérialise le TARDIS dans la galerie et sort pour se calmer, bientôt suivi de Nyssa et de Tegan. Ayant subi plusieurs pertes à cause de deux androïdes tueurs, l’équipe de reconnaissance a repéré le Docteur (et ses deux cœurs) ainsi que ses compagnes, et les accusent des meurtres. Les androïdes ne tardent pas à se montrer. Adric et le Docteur devront désactiver une bombe dans la galerie avant de se rendre compte que le véritable commanditaire de l’attentat se trouve dans l’espace sur un vaisseau. Il s’agit d’un groupe de cybermen mené par le Cyber leader qui a pris d’assaut un vaisseau terrien dans l’optique de le faire s’écraser sur la Terre avec un stock d’anti-matière pouvant provoquer de sérieux dommages. Le but étant d’empêcher la signature d’une alliance entre les terriens et de nombreux peuples contre les robots dévastateurs. Le lieutenant Scott et ses hommes se joignent au Docteur et à ses compagnons pour défendre la planète.

1906Ton TARDIS est devenu un moulin, du coup on est même plus étonné qu’il soit si grand.

Le prolifique script editor Eric Saward rempile au scénario (malgré les règles de non cumul des postes ! ) pour un retour des cybermen qu’on n’avait plus vus depuis Revenge of the Cybermen. Il n’y avait pas spécialement de presse à les revoir, tant leur réapparition sous Four avait été décevante. Leur retour dans Earthshock n’est pas non plus inoubliable. Le nouveau costume et la voix qui l’accompagne en font des robots beaucoup plus humains, loin de l’absence d’émotions et des seuls envies d’upgrade des humains qui les caractérisaient sous Two. Il n’y aura d’ailleurs aucun upgrade dans cet arc, ni de cybermats, simplement des androïdes contrôlés (une habitude sous Five) et une armée de cybermen. Le plus de ce retour est sans nulle doute l’apparition des hordes de cybermen dans le vaisseau sous une musique synthétique (Terminator approche …) et les affrontements menés par le lieutenant Scott et Tegan, qui s’est métamorphosée en femme d’action. L’arc comporte de nombreux éléments de continuité, à commencer par la désormais rituelle référence à l’aventure précédente, mais aussi aux précédentes rencontres avec les cybermen, aux éléments concernant l’E-Space et la planète d’origine d’Adric, ainsi que son badge de mathématiques. Ces dernières ne sont bien sûr pas placés la innocement, mais pour rappeler le chemin parcouru par le jeune homme qui va tirer sa révérence de manière…inattendue.

1906BDeux cybermen qui réfléchissent à un plan élaboré. On aura tout vu.

L’arc démarrait avec le vague à l’âme du jeune Alzarien qui avouait en avoir plus qu’assez d’être un outsider parcourant l’espace. Il avouait à demi-mot la difficulté à faire exister le personnage comme élève à part entière du Docteur. Adric est un génie des maths, mais ses aventures à bord du TARDIS l’ont pour la plupart décrit, à l’instar de Tegan, comme un gamin inconséquent. Il aura dans Earthschock de nombreuses occasions de rattraper cette image, jusqu’à son final tragique. Alors que les cybermen raccompagnent le Docteur et Tegan dans le TARDIS pour expérimenter sur eux, Adric choisit de rester dans le vaisseau. Il parvient à le faire dévier de sa trajectoire temporelle pour l’amener à l’époque des dinosaures (ce qui causerait l’impact qui provoqua leur extinction). Tandis que les autres occupants des lieux s’échappent, Adric revient à la charge, persuadé de pouvoir craquer le code qui empêche de dévier la trajectoire spatiale de l’engin. Stoppé net par le tir d’un cyberman sur la console, il périra dans l’explosion en serrant la ceinture de son défunt frêre, sous les yeux médusés du Docteur, de Tegan et de Nyssa. Adric est ainsi le premier véritable compagnon du Docteur à connaître une mort brutale. Les crédits finaux se feront sans musique pour rendre hommage au personnage, par un long plan sur son étoile d’excellence brisée. Une sortie héroïque et émouvante, mais sans précédent dans la série, qui devrait produire des conséquences durables sur le Docteur et ses jeunes compagnes.

1906C                                                                   RIP Adric 😦

N : 7

IM : 7

19-05 The Black Orchid

19-05 Black Orchid

De Terence Dudley (2 épisodes)

Réalisation : Ron Jones

Le TARDIS et ses occupants se matérialisent le 11 juin 1925 à Cranleigh Station. Un chauffeur vient aussitôt à la rencontre du Docteur et lui affirme qu’il est attendu pour concourir dans l’équipe de Lord Cranleigh lors d’une partie de cricket. Le Docteur, Adric, Nyssa et Tegan sont ensuite invités au bal costumé annuel organisé par les châtelains. Tegan est attiré par une mystérieuse orchidée noire que le frère aîné du Lord a trouvée sur le fleuve Orinoco (au Vénézuéla) avant de disparaître tragiquement. Véritable sosie de Nyssa, la promise de Lord Cranleigh, Ann Talbot, décide de lui offrir le même costume qu’elle afin de pimenter le jeu du bal costumé. Lors des préparatifs, le Docteur se retrouve prisonnier en peignoir dans les dédales du château tandis qu’un mystérieux personnage lui chaparde son costume d’Harlequin. Alors que le Docteur cherche une issue, le mystérieux personnage déguisé en Harlequin en profite pour tuer un serviteur et effrayer Ann Talbot. Le Docteur découvre un corps dans une des pièces du manoir et se retrouve bientôt principal suspect des attaques.

1905Les joies du sport dans la campagne anglaise…

Un two-parter, cela fait bien longtemps ! The Black Orchid teste un format qui se rapproche dangereusement de la série moderne et le fait avec succès. Aucun temps mort, aucun effet de répétition, une histoire sans péripéties inutiles, une place pour chacun des personnages et un ton léger qui en fait une pause salutaire pour le Docteur et ses compagnons avant une fin de saison éprouvante. Tegan décide on ne sait pourquoi qu’elle veut continuer le voyage pendant quelques temps avec les autres, et elle s’amuse durant cette aventure, allant jusqu’à nous offrir une sémillante démonstration de charleston. Adric s’en met plein la panse à la réception et évite pour une fois de tomber dans le piège de l’ennemi. Sarah Sutton obtient le privilège d’incarner un autre rôle dans la série, le sosie terrien de Nyssa, rejoignant une tradition désormais pérenne de Doctor Who. Peter Davison a quand à lui l’occasion de damer le pion au futur Eleven de The Lodger pour une incarnation très décontractée du Docteur. Pas de partie de foot ni de scène de douche, mais Five fait montre de talents certains lors d’une partie de criquet et se retrouve à jouer en peignoir durant une grande partie du premier épisode de l’arc.

1905Bde flâner dans les couloirs du château…

L’autre particularité de The Black Orchid est l’aspect totalement historique de l’épisode, dénué d’éléments de S-F, si ce n’est le TARDIS. Le dernier épisode en date à avoir joué le jeu était The Highlanders qui avait vu l’arrivée de Jamie dans la série ! On retrouve ici un mystère dans la pure tradition anglaise de la fin du XIXème / début XXème, avec à la clé les déboires d’un explorateur, des domestiques indiens, le secret dissimulé d’une grande famille aristocratique et de vagues relans du fantôme de l’Opéra. La résolution de ce mystère réside dans la dissimulation du fils explorateur, le coupable, qui fut mutilé et rendu fou par une tribu après avoir volé l’orchidée noire. Les seconds rôles sont plutôt bien campés. Chacun des éléments installé est exploité, y compris l’apparition du TARDIS à une époque où sa condition de cabine de police peut-être source de confusion. L’autre mystère de l’invitation au Docteur est lui aussi résolu par une pirouette, de façon convenue mais qui correspond à la légèreté de l’arc.

1905Cde se déguiser en Harlequin…

N : 7

IM : 4

1905D

Mais il y’aura toujours des trouble fête

19-04 The Visitation

19-04 The Visitation

De Eric Saward (4 épisodes)

Réalisation : Peter Moffatt

Le Docteur et sa troupe mettent encore une fois le cap vers Heathrow pour ramener Tegan chez elle peu avant son départ. Il y’a du progrès car ils atterrissent cette fois bien à Heathrow, mais au XVIIème siècle. Attaqués par des locaux, ils rencontrent Richard Mace, acteur devenu bandit de grand chemin à la suite de la peste qui s’est abattue dans les environs. L’homme leur propose un abri. Une comète a atterri dans les environs quelques jours plus tôt, fait qui attire l’attention du Docteur. Il embarque ses compagnons pour explorer la ville, découvrant que les autochtones possèdent des bracelets de contrôle, des Power Packs et des armes. L’invasion imminente est désormais quasi certaine. Surpris par un térileptil, lézard géant issu d’une civilisation très avancé, Adric et Tegan sont sonnés tandis que les trois autres parviennent à s’échapper in extremis. Le térileptil montre très vite son intérêt pour le Docteur et son TARDIS et passe les deux compagnons à la question.

1904

La dure vie de moniteur de colo

Le script editor du moment Eric Saward passe au scénario pour un arc peu original et répétitif. The Visitation comporte un peuple d’aliens lézaroides civilisé mais belliqueux qui contrôle les humains (et un androïde) et qui veut en montrer aux terriens du XVIIème, mais il comporte surtout un grand nombre d’enlèvements, d’attaques, d’éxécutions en cliffhanger, d’aller retour entre la campagne et le TARDIS, si bien que les péripéties deviennent vite ronflantes. Il ne faut pas non plus chercher du coté des compagnons pour pimenter l’arc. Tegan exaspère le Docteur et se fait poser un bracelet de contrôle en peu de temps. Malgré les conseils de Nyssa, Adric insiste pour aller la sauver et se fait capturer dès sa sortie du TARDIS. Nyssa reste tranquilement au vaisseau, nous privant durant une bonne partie de l’intrigue de la seule compagne assez autonome et intelligente du trio. L’atterissage dans un lieu temporel touché par la peste est une bonne piste scénaristique, mais cette menace pourtant très grave ne semble pas trop remuer tout ce petit monde.

1904BRichard Mace n’est pas un comédien. Richard Mace est le théâtre.

La valeur ajoutée de l’arc tient donc à Richard Mace, compagnon d’un arc. D’une théatralité un brin énervante au départ, son personnage s’accomode petit à petit de la compagnie de ces gens étranges du futur et permet de mettre un peu d’humour dans ces aventures terriennes. Niveau continuité, on notera la triste fin du premier modèle de tournevis sonique du Docteur, lâchement détruit par le chef des térileptiles. On retrouve enfin un semblant d’allusion historique dans le lieu de l’affrontement final. Pudding Lane fut le point où démarra le grand incendie de Londres en 1666, et il semblerait que celui-ci ait été provoqué par l’affrontement du Docteur et des Térileptiles et l’explosion de leur arme favorite. Un pas vers une réintégration de personnages historiques dans Doctor Who, après tant d’années d’exclusion ? Ce serait une bonne nouvelle.

1904CLes lézards pas beaux ont aussi leur graal

N : 5

IM : 3

19-03 Kinda

19-03 Kinda

De Christopher Bailey (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

L’équipage de reconnaissance envoyé par la Terre sur la (planète) jungle Deva Loka est réduit de moitié après plusieurs disparitions, ce qui crée une ambiance pas top parmi les trois survivants que sont le commandant Sanders, le chef de la sécurité Hindle et la scientifique Todd. Le Docteur atterrit alors sur Deva Loka, bien décidé à trouver un lieu de repos pour le TARDIS pendant que la pauvre Nyssa se remet de son malaise de la fin de l’épisode précédent. Il part explorer la chouette planète verte avec Adric et Tegan. Alors que la jeune terrienne s’endort au contact de cristaux musicaux, Le Docteur et Adric sont capturés par un mécha à taille humaine qui les mène aux dômes occupés par les colons terriens. Ils sont vité confrontés à la folie de Hindle qui se croit le seul maître à bord. Pendant ce temps, Tegan rencontre un esprit malin, le Mara qui la convainc de prendre possession de son corps. Le commandant Sanders fait quand à lui la connaissance des Kinda, les bons sauvages qui peuplent la planète et qui lui offrent une curieuse boîte que les hommes ne devraient pas ouvrir.

1903

Après l’hystérie, Tegan s’essaie à la schyzophrénie. Quel talent !

On ne s’étonnera plus de voir un environnement qui paraît nettement plus humain qu’alien, ni des connaissances qui se rapprochent beaucoup des nôtres. Si Kinda s’aventure une nouvelle fois sur le terrain du bon sauvage, il n’est ici que peu question de colonisation (en tout cas pas abordé au premier degré, comme sous Four), mais d’exploration du mode de vie des Kinda à la manière de l’ethnologue. Kinda, c’est un peu Claude Levi-Strauss qui croiserait Vol au dessus d’un nid de coucou. La société matriarcale un peu extrémiste décrite change de ce qui a déjà été vu dans la série et apporte même une touche d’humour salutaire lorsque les figures d’autorité masculines perdent toutes l’esprit. Le Docteur est même traîté d’idiot à plusieurs reprises, chose à laquelle il parvient plutôt bien à s’accommoder. Kinda est un épisode drôle qui bénéficie d’un bon casting (Simon Rouse – voir capture du bas – est un taré exceptionnel) et d’un traitement inhabituel. Des scènes oniriques croisent des délires et expérimentations de réalisation, pour certaines gratuites au premier abord, mais servant au final à créer une atmosphère de folie contagieuse. La boîte des Kinda qui provoque la folie des hommes se révèle être une bonne idée parmi d’autres. Christopher Bailey se serait inspiré du Bouddhisme dans de nombreuses références, reprenant nottamment le nom de Mara (l’esprit qui détournait Siddartha de son éveil) pour décrire son serpent tentateur. Serpent que l’on voit en version géante dans un final plutôt spécial.

1902BSanders possédé par un télétubbie.

Les trois compagnons se retrouvent au second plan de cette aventure. Nyssa n’y apparaît qu’au début du premier et à la fin du quatrième épisode, devant se reposer après le très commode malaise de la fin du précédent arc. Son absence s’explique par le fait que lors de l’écriture de cet arc, elle n’était plus de la partie. Peter Davison parvint néanmoins à persuader les producteurs que Nyssa était le compagnon qui correspondait le plus à sa vision de Doctor Who, ce qui sauva Sarah Sutton du siège éjectable. Tegan est relativement solidaire puisqu’elle passe une bonne partie de l’arc plongée dans un profond sommeil pour finir par causer des catastrophes malgré elle. Janet Fielding possédée par le Mara vaudra autant le coup d’œil que Janet Fielding en pleine crise d’hystérie. Adric se contentera d’un peu plus de scènes, et d’un apport qui consiste toujours à jouer double jeu avec les ennemis pour les duper, tactique qui ne rencontre encore une fois pas un franc succès. C’est au final le professeur Todd, avisée et indépendante, qui sera le meilleur compagnon du Docteur de ce très bon arc.

1903C

N : 8
IM : 3

 1903D

19-02 Four to Doomsday

19-02 Four to Doomsday

De Terence Dudley (4 épisodes)

Réalisation : John Black

Le Docteur et ses enfants perdus font route vers la Terre où Tegan pourra rattraper son vol et ne pas foirer sa carrière d’hôtesse de l’air. Mais un imprévu les conduit dans un vaisseau spatial très loin de leur destination. Sorti en reconnaissance, le Docteur est poursuivi par une capsule qui n’est rien d’autre que l’œil du Monarque, puissant despote du vaisseau et de ses ministres Englightment et Persuasion. Le Docteur, Adric, Nyssa et Tegan découvrent bientôt que cette civilisation avancée réunit quatre cultures différentes : des chinois mandarins, des mayas, des aborigènes et des grecs anciens menés par le philosophe Bigon, tous aussi cons les uns que les autres… L’explication étant que le Monarque et les siens ont été sur Terre à plusieurs reprises et ont enlevé des représentants de ces peuples (visiblement les mauvais). Ils découvrent aussi que les ministres peuvent aisément changer de forme pour ressembler à un couple de londoniens de 1981 tels que Tegan les a dessinés. Les soi-disant humains sont des androïdes qui végètent dans ce vaisseau depuis des siècles tandis que l’illuminé qui les gouverne ourdit d’étranges ambitions.

1902ALe Docteur va confier la clé du TARDIS à Tegan. A vos abris!

Four To Doomsday est un arc moyen qui pâtit de nombreux défauts, le plus saillant étant son coté brouillon. Nous avons un gloubiboulga de bonnes idées qui sont agencées de manière à paraître ridicules. On pouvait espérer quelque chose de la réunion de quatre peuples très différents, mais nous n’aurons que stéréotypes de cultures et aucune interaction intéressante. Le scénario navigue quand à lui à vue, multipliant les approximations scientifiques et préfèrant se concentrer de manière aussi approximative sur les états d’âmes des compagnons. Après Castrovalva, il était nécessaire de trouver des traits saillants pour différencier les jeunots. Les confronter aux promesses d’une civilisation avancée allant « aider » la Terre pouvait être un bon début, si encore leur appartenance à des lieux très différents (la Terre pour Tegan, l’E-Space pour Adric et la regrettée Traken pour Nyssa) était exploitée et si il y’avait une cohérence dans leurs réactions. Pour ne rien arranger, Tegan fait des crises d’hystérie dans le TARDIS. Janet Fielding n’a pas été aidée, il est vrai, par l’ordre de production des épisodes (Castrovalva fut tourné après celui-ci) mais sa prise de conscience à rebours gâche une bonne partie de l’arc, comme le plaisir du Docteur.

1902ALe lézard qui s’était donné rendez vous au Big Bang

Peter Davison s’attelle à la tâche d’asseoir son Docteur. Il est toujours étrange de voir cette nouvelle tête après tant de temps avec Four. Sa retenue et son coté plus « normal » ne sont pas pour déplaire, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il va s’emballer comme Tom Baker. Five domine sans problème cet arc, à sa manière, avec en point culminant une sympathique évasion spatiale. Il trouve ici un ennemi qui ferait péter le mégalomètre de la série si le Maître n’était pas déjà passé par là. Le Monarque ne souhaite rien de moins que dépasser la vitesse de la lumière pour remonter au Big Bang, là où il pense rencontrer le créateur, soit lui-même (?). Curieuse idée.

1902C

Spaceman, Spaceman Spaaaaaceman

N : 6

IM : 3

Saison 19 (1982) / 19-01 Castrovalva

FIVE

Well Well… Hail to THE GLORIOUS FIFTH !

19-01 Castrovalva

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Fiona Cumming

Contrairement à ce qu’aurait pu laisser penser l’harmonieux passage de témoin, la régénération de Four à Five se passe très mal. Adric, Tegan et Nyssa parviennent à éviter les forces de l’ordre et à transporter le Docteur dans le TARDIS, mais le Maître les suit de près. A l’intérieur, le nouveau Docteur délire et il devient urgent de le transporter dans la chambre Zero qui pourra lui donner suffisamment de calme afin qu’il remette ses synapses en ordre. Adric est malheureusement enlevé par le Maître qui s’en sert d’antenne de réception et de manipulation du TARDIS. Nyssa, Tegan et le Docteur inconscient dans la chambre Zéro font route vers le moment où s’est produit le Big Bang. Ils parviennent néanmoins à quitter ce moment avant l’explosion et font escale sur Castrovalva, terre de repos et de lecture qui semble, selon Tegan, le meilleur lieu pour que le Docteur puisse achever sa régénération en toute sécurité.

1901BIl manque encore quelque chose. Peut-être une petite touche verte.

Une première aventure de Peter Davison qui fleure bon l’entre-deux. Difficile de vraiment caractériser ce Docteur lorsque sa désorientation lui fait revivre ses différentes époques, se confondre avec les attitudes et les catchphrases des Docteurs précédents et mélanger les

noms de ses compagnons. Cette crise d’identité saura combler votre serviteur pour qui la simple évocation de Jo, du Brigadier ou de Jamie met le sourire aux lèvres (nostalgie…). On retrouvera chez Ten une autre complication de régénération il faut le dire moins divertissante. La régénération de Five durera donc une grande partie de l’arc pour aboutir à un Docteur nettement plus conventionnel que l’incarnation de Tom Baker, mais aussi plus léger. Il prend le temps de choisir son costume et s’accorde quelques excentricités inédites tel que la lévitation. On voit également l’origine de son intérêt pour le céleri, qui deviendra l’attribut ornant son costume. Après tant d’années de Tom Baker 100000 volts, voir un peu de nonchalence et d’élégance apporte un souffle nouveau. Davison demeure néanmoins la seule véritable attraction d’un arc peu passionnant.

1901Pour une meilleure réception de l’intérieur du TARDIS, choisissez l’antenne Adric

Le Docteur, Nyssa et Tegan sont envoyés dans un monde qui ressemble encore une fois beaucoup à notre Terre (inspiré par une œuvre de l’artiste M.C Escher) et qui se révèle au final être une création du Maître. Celui-ci ambitionne d’y coincer le Docteur dans une occlusion récursive temporelle : un piège spatio-temporel qui pourrait être fatal à sa régénération. Les deux compagnes, bien que totalement différentes (l’une est terrienne, l’autre est d’une civilisation bien plus avancée) sont malheureusement interchangeables, la faveur du scénariste se tournant visiblement vers Tegan. En dépit de ses origines pacifiques, on peine à concevoir que Nyssa soit aussi calme et passive face au Maître, qui a pris l’enveloppe de son père et qui a détruit son monde. L’enlèvement du pauvre Adric remet en cause pour cet arc la dynamique des personnages et apporte un suspens qui permet de ne pas trop laisser le poids de l’épisode sur les épaules de Davison. Et le Maître de disparaître une nouvelle fois dépassé par sa création…Mais pour combien de temps ? A noter la présence d’un pré-générique, chose nouvelle dans la série classique.

1901CA touch of Zen

N : 7
IM : 9

18-07 Logopolis

18-07 Logopolis

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Le Docteur et Adric se matérialisent sur Terre pour prendre les mesures d’une cabine de police afin de réparer le circuit Caméléon permettant la transformation du TARDIS pour se fondre dans son environnement. Mais une cloche les a averti d’un grand danger imminent. Lorsqu’ils se matérialisent en lieu et place d’une cabine téléphonique terrienne, ils ne se doutent pas que le Maître l’a déjà fait avant eux. Le grand ennemi du Docteur, qui a pris la forme du consul Tremas sur Traken, a anticipé leur venue sur Terre et entraîné une chaîne de réactions qui démarre par un emboîtement des deux TARDIS. C’est le moment que n’ont pas choisi la jeune Tegan et sa tante pour tomber en panne sur la route du TARDIS. La jeune femme part demander de l’aide dans ce qu’elle croit être une cabine de police pour se retrouver enfermée et contrainte à errer dans le labyrinthe des TARDIS emboîtés du Maître et du Docteur. Alors qu’un mystérieux guetteur observe les événements se dérouler, Four comprend que le Maître va occasionner plus de dégâts qu’il n’en a jamais fait auparavant. Il embarque Adric et Tegan pour Logopolis, cité entièrement composée de mathématiciens (!) qui ont le pouvoir de modéliser uniquement de par leurs calculs. Les savants pourraient aider le Docteur à booster son TARDIS. Une fois arrivé sur place, il retrouve Nyssa qui était l’instigatrice de l’appel et qui demande l’aide du Docteur pour retrouver son père. Mais Le Maître a bien tué le paternel et il a suivi le Docteur sur Logopolis, et il va bientôt faire glisser les univers dans l’entropie.

ImageLe Docteur et son gang d’enfants perdus

Il ne fallait pas moins qu’un script editor aux commandes pour agglomérer un aussi grand nombre de points en une convergence relativement cohérente. Le scénario de Christopher H. Bidmead permet d’assurer en beauté la transition de Four à Five, mais aussi de préparer le futur et d’expliquer le fil rouge d’une grande partie de cette saison. Ainsi en visitant cette planète au sein de laquelle de pauvres hommes sont condamnés à faire des maths toute leur vie, le Docteur et Adric apprennent-ils que le pont entre leurs deux univers (les charged vacuum emboitments) a été crée par Logopolis. La progression de l’espace-temps menaçait de détruire la matière par un phénomène d’entropie et les mathématiciens durent modéliser ces sortes de trous de ver comme pont d’échange d’énergie pour garantir un équilibre. Par son intervention, le Maître a déstabilisé leurs travaux et entraîné la suppression des ponts, qui se poursuivra par l’absorption de tous les autres univers par l’effet de l’entropie. Logopolis est un épisode de destruction de masse qui voit la suppression de plusieurs systèmes, dont celui contenant Traken, la planète de la jeune Nyssa. Il décrit également une longue série de meurtres par miniaturisation perpétré par le Maître pour arriver à ses fins. Un bilan qui détourne plus que jamais Doctor Who du spectacle pour enfants.

ImageCoucou c’est moi !

Cet arc est aussi une croisée des chemins comme on en a peu vues dans l’histoire de la série. Pour l’occasion le script editor ne s’est pas contenté de reconvoquer le Maître. Il a ajouté en peu de temps deux compagnons au Docteur alors même que l’arrivée d’Adric est encore chaude et que le Docteur va lui-même changer. Puisqu’il faut aller de l’avant, Four largue la chambre de Romana après avoir évoqué sa mémoire (officiellement pour lâcher du lest à cause du TARDIS du Maître) et entraîne illico dans l’action ses nouvelles compagnes. Dans le cas de Tegan, ce sera d’abord à son corps défendant. Sur la route de son premier vol en avion, l’hôtesse de l’air en devenir va rencontrer un vaisseau qui l’emmènera sans doute vers des destinations plus originales, mais on ne peut que compatir à son désarroi lorsqu’elle découvre en quelques minutes qu’une cabine de police peut devenir un labyrinthe, que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, que sa tante a été tuée et que l’univers va être plongé dans le chaos. L’introduction de l’australienne Tegan, d’abord présentée dans sa vie quotidienne, ouvre la perspective de ce que sera la présentation des compagnes dans la série moderne, mais son aventure n’a aucun point de comparaison avec les premières aventures de celles-ci. C’est un peu comme si Donna était arrivée dans la série à l’épisode de l’enlèvement de la Terre. La jeune Nyssa ne nous est pas inconnue car elle fut de la partie dans l’épisode précédent. Nous apprenons ici qu’elle a été amenée à Logopolis par le cinquième Docteur et surtout qu’elle ne retrouvera jamais sa planète.

ImageHaha il va devoir tout recalculer. Nerd !

Logopolis est enfin la fin de la route pour le plus long Docteur de la série. Tom Baker aura été le Docteur pendant quarante-deux arcs (le tiers des arcs de la série classique). De sa période, il se dégage un bilan mitigé traversé de bonnes idées, mais aussi de moments creux. Ce Docteur un peu fou mena sa barque dans une certaine anarchie et sans véritable attache, envoyant voler bien loin les structures et personnages récurrents établis par Three tout en reproduisant indéfinimment des intrigues spatiales sur des modèles similaires. Une tentative de restructuration avait été opérée par l’arc de la Clé du Temps, mais qui avait abouti par la suite à une autre saison désorganisée. L’arrivée du Maître renoue le contact avec l’époque de Three et annonce peut-être le retour d’une certaine structure qui la caractérisait. L’entropie de l’arc serait-elle le reflet de ce qu’était Doctor Who sous Four : Un vaisseau qui avance en roue libre condamné à se dissoudre, à moins d’une intervention pour rétablir un équilibre.

ImageAlliance de circonstance comme au bon vieux temps

Une chose est certaine, la transition a été bien préparée, autant dans la nouvelle identité de cette saison 18 que dans le passage de relai de cet arc qui voit un contact entre Four et Five (le mystérieux guetteur) bien avant la régénération. Tom Baker avoue lui-même cette préparation avant de laisser partir son Docteur par une chute fatale. Une sortie plutôt moyenne qui est néanmoins réhaussée par le rappel des ses ennemis (lors de la chute) et de ses alliés (avant la régénération) qui met pour la première fois en perspective dans la série la valeur d’une incarnation. La régénération sous forme de fusion est toute aussi nouvelle, procédant d’une fusion entre le présent et le futur qui n’a de sens que symboliquement. Plutôt que trouver une explication, on préferera profiter de la poésie du spectacle au même titre que les trois jeunes compagnons qui vont guider Five.

Adios Four. Thanks for the fun !

N : 9

IM : 9

18-06 The Keeper of Traken

18-06 The Keeper of Traken

De Johnny Byrne (4 épisodes)

Réalisation : John Black

A peine le Docteur et Adric sont-ils arrivés ont-ils quitté l’univers intermédiaire qu’ils reçoivent la visite du gardien de Traken. Relié à une source d’énergie puissante et omnisciente, le vieil homme gouverne un empire qui vit dans la paix depuis des siècles. Mais il sent que cette paix est menacée par un pouvoir qu’il ne contrôle pas et il demande au Docteur et à son compagnon de l’aider. Le mal s’est en effet introduit sur Kraken par un étranger qui s’est solidifié dans les jardins et que chacun nomme Melkur. La statue est visitée depuis des années par Kassia, qui est depuis devenue une des cinq consuls du Gardien et elle a ainsi pu développer un lien particulier avec elle. Kassia a épousé le consul Tremas qui est appelé à succéder au gardien, chose qu’elle a bien du mal à accepter car cela signifie de devoir abandonner son mari à la machine. Alors qu’elle cherche de l’aide auprès de la statue, Kassia ne se doute pas que celle-ci la manipule pour atteindre la fonction suprême et servir ses intérêts belliqueux. Le Docteur et Adric, aidés du consul Tremas et de sa fille Nyssa feront tout pour empêcher Traken de sombrer dans le chaos.

ImageUne statue qui va sérieusement compliquer ce jeu des trônes musicaux

Johnny Byrne livre une adaptation S-F de la perversion d’Eve (Kassia) par le serpent (Melkur) dans le jardin d’Eden (Traken) et un arc plutôt bien mené qui a son importance dans la mythologie de la série. C’est pourtant ici la superstition qui menace la raison instaurée par le système scientifique, sorte de consulat délégué, qui gouverne la cité. L’attachement de Kassia à la statue finit par créer une porte pour le pouvoir hypnotique de celle-ci. Keeper of Traken ne fait pas toujours dans la subtilité, mais il arrive très bien à faire progresser son intrigue en distillant par ci par là les indices que le manipulateur Melkur n’est rien d’autre que la marionnette d’un plus grand pouvoir. Pour qui est rôdé aux retournements de la période de Three, il n’est pas très difficile de deviner que le Maître est ce manipulateur, mais la confirmation à la fin de l’arc n’en est pas moins une agréable surprise et une belle promesse pour l’ère du cinquième Docteur. Après une nouvelle mise en échec, le Maître parviendra tout de même à posséder le corps de Tremas et ainsi à contourner la règle des douze générations pour tout Time Lord. Anthony Ainley sera donc la future incarnation de la nemesis du Docteur.

ImageAdric fait visiter le TARDIS à Nyssa. Quand le Docteur n’est pas là, l’apprenti s’adapte.

Adric a maintenant quitté son univers. Il est donc normal qu’il soit un peu en retrait dans cet arc, même si son inexpérience et sa jeunesse sont plus voyants depuis le départ de Romana. Heureusement la fin de l’arc lui donne l’occasion d’utiliser ses compétences de doué en maths avec le concours de la jeune Nyssa. Le casting irréprochable de Keeper of Traken (une habitude dans cette saison) permet de ne pas tout faire reposer sur Tom Baker, ce qui aurait été bien difficile après trois ans passés en compagnie de deux seigneurs du temps.

ImageUne cruelle ironie du sort pour le très intègre Tremas.

N : 7

IM : 7

18-05 Warrior’s Gate

18-05 Warrior’s Gate

De Stephen Gallagher (4 épisodes)

Réalisation : Paul Joyce & Graeme Harper

Le Docteur, Romana, Adric et K9 pourraient avoir trouvé un moyen de traverser l’E-Space pour rejoindre l’univers normal (communément appelé N-space), mais ils se retrouvent coincés dans un espace zéro entre les deux univers. Le vaisseau transporteur d’esclaves du commandant Rorvik et de son équipage sont immobilisés dans le même espace suite à une défaillance de leur navigateur Biroc, membre de la race des Tharils qui a la capacité de se repérer dans les fluctuations temporelles (et qui constitue accessoirement la cargaison d’esclaves transportée). Profitant de la panique, Biroc s’échappe et rejoint le TARDIS. Là, il avertit les quatre de la menace qu’est le vaisseau des hommes, puis il disparaît. Le Docteur décide de le suivre. Il aboutit à une bâtisse où le Tharil traverse un miroir. Ne pouvant le traverser à son tour, Four fait la connaissance brutale d’automates guerriers, les Gundans. K9 rejoint le Docteur et il l’aide à faire parler un d’entre eux qui avoue que les Gundans servirent à un peuple d’esclave à traverser les dimensions pour attaquer ceux qui les oppressaient alors, qui n’étaient autre que les Tharils. Pendant ce temps, Rorvik et ses hommes ont rejoint le TARDIS et emmené Romana pour l’obliger à piloter leur vaisseau, pensant qu’elle est sensible au temps au même titre que les Tharils. Guidés par elle, ils ne tardent pas à retrouver le Docteur et K9. Tous se retrouvent bientôt coincés dans la bâtisse en différentes points du temps.

ImageUn petit tour dans mon TARDIS gentlemen? C’est un type 40. Sensation vintage garantie.

Le troisième et dernier arc de la trilogie « E-Space » est le premier arc à utiliser tout le potentiel de la nouvelle formule de John Nathan-Turner. Brillamment scénarisé par un nouvel ajout à l’équipe, Stephen Gallagher, Warrior’s Gate est aussi ambitieux que limité par ses moyens. Ainsi se permet-il d’augmenter la portée géographique de cette saison (et la mythologie de la série) en doublant la traversée d’un univers parallèle très semblable au nôtre (le E-Space) d’un micro-univers contrôlant ces deux zones et constitué de vide. Un vide qui, budget limité oblige, permet tout de même de se déplacer en marchant sur un sol ou de construire un décor. Avec cet environnement entouré de blanc, impossible de ne pas penser au début de l’excellent The Mind Robber de la période Troughton. La comparaison n’est pas à l’avantage de Warrior’s Gate. Ces considérations mises à part, l’arc se situe pourtant aisément parmi les meilleurs de Four, profitant d’une réalisation désormais plus énergique au service de grandes idées. Stephen Gallagher a probablement été inspiré par Alien dans sa peinture des hommes du transporteur, preuves en sont cette première scène qui ouvre l’arc sur un lent traveling visitant un vaisseau d’apparence vétuste et ces deux techniciens terre à terre qui rappellent les personnages de Yaphet Kotto et Harry Dean Stanton dans le film de Ridley Scott. Chacun des personnages est très bien caractérisé, allant du commandant autoritaire au second perpétuellement agacé, et interprétés par des acteurs qui parviennent souvent par la seule force de conviction à rendre tangible le monde dans lequel ils évoluent.

ImageRorvik ne sait pas quoi faire. Dans quelques secondes, il deviendra violent.

Les réalisateurs Paul Joyce et Graeme Harper ont fait du très bon travail. Les déplacements félins des Tharils entre les mondes sont soutenus par une réalisation aérienne et une musique synthétique planante qui retranscrit bien cette sensation de perte des voyageurs au milieu de nulle part. La meilleure idée de cet arc demeure la superposition en un point de plusieurs dimensions temporelles, idée entièrement retranscrite par le montage, qui réussit à transmettre le passé des Tharils et l’ironie de leur sort d’anciens maîtres devenus esclaves. L’épisode 3 est exemplaire dans l’enchevêtrement de dimensions dans le but de servir le scénario et l’intrigue riche en événements. Warrior’s Gate est aussi l’arc qui verra le départ de Romana et de K9 Mark 2. Le chien robot aura des adieux semblables au saccage de cette saison. Perdant une partie de sa mémoire à long terme, il avoue lui-même ne plus servir à rien. Ce côté chien fou en fait néanmoins un bel élément comique de décalage au contact du très sérieux équipage de Rorvik et permet de justifier son abandon par le Docteur (il ne pourra retrouver la mémoire que dans cette dimension). Curieux détail : le TARDIS n’existe plus dans l’E-Space, mais notre canin aurait la possibilité de le reconstruire grâce à sa mémoire. Une piste pour une rencontre future ?

ImageLe Docteur et son nouvel ami imaginaire poilu

Durant tout l’arc, Romana se comporte envers Adric comme le Docteur s’est comporté envers elle. La Time Lord a acquis de l’assurance au contact de Four et elle peut maintenant devenir elle-même un voyageur temporel aguerri guidant un compagnon. Elle refuse d’ailleurs de retourner à Gallifrey, retenant bien les leçons de son mentor. Son destin dans la série s’arrêtera dans le E-Space, car les Tharils ont besoin d’un Time Lord pour les aider à délivrer les leurs de l’esclavage humain aux quatre coins de cet univers. Lalla Ward quitte donc la scène en beauté, alors qu’elle s’apprête à convoler dans la vraie vie avec Tom Baker pour un mariage qui ne durera pas plus deux ans. Pendant ce temps, le Four parvient à transporter Adric dans univers très loin de chez lui pour une dernière ligne droite avant que lui-même ne quitte la scène.

 Image

La belle, la bête et la machine s’en vont libérer les Tharils. So Long Romana et K9.  😦

N : 8

IM : 7

18-04 State of Decay

18-04 State of Decay

De Terrance Dicks (4 épisodes)

Réalisation : Peter Moffatt

Ne se doutant pas qu’Adric les a suivis dans le TARDIS, le Docteur et Romana décident d’explorer une planète de l’univers alternatif dans lequel ils sont coincés pour chercher de l’aide. Ils découvrent un monde très similaire à la Terre qui semble être perdu dans un système féodal malgré de grandes avancées technologiques. Des gens y sont sélectionnés parmi les plus pauvres pour servir l’intérêt des trois seigneurs, Zargo, Kamilla et Aukon. Le Docteur et Romana ne tardent pas à soupçonner que les trois seigneurs sont en fait des saigneurs, bref…des suceurs de sang (en d’autres termes, des vampires). Pendant ce temps, Adric sort de sa cachette et dialogue avec K9, avant de le laisser sur le carreau dans le vaisseau pour partir à la recherche du Docteur et de Romana. Il ne tarde pas à se faire sélectionner pour la grande saignée, mais les trois vampires verraient plutôt en lui un grand esprit qui pourrait les rejoindre.

ImageLa preuve que le surjeu ne tue pas

Terrance Dicks revient à la barre après une longue absence pour nous conter cette histoire de vampires qui nous renvoie à la peu glorieuse période gothique de Four. L’intrigue est répétitive et classique, les vampires sont en surjeu perpétuel au point qu’ils en deviennent irritants et l’univers décrit est d’une grande banalité. Les intentions n’étaient pourtant pas mauvaises, à savoir révéler un ennemi des Time Lords qui aurait disparu et que l’équipage du Docteur retrouverait dans l’E-Space. Ressortir le mythe du vampire était judicieux pour surfer sur les récentes adaptations de Nosferatu par Werner Herzog et de Dracula par John Badham, mais le traitement folkloriko-terrien qui en est fait étouffe dans l’œuf toutes les tentatives originales d’aborder le mythe par le biais de Doctor Who. En somme, les deux grandes idées qui auraient pu rehausser l’épisode ploient sous la maladresse du scénario. On ajoute à cela un super-vampire qu’on n’aura même pas le temps de voir.

ImageQuelques mots échangés sur Gallifrey entre Time Lords complices

State of Decay est la première aventure d’Adric en tant que compagnon. Elle nous révèle un jeune homme bien plus curieux et sûr de lui que dans l’arc précédent mais encore peu caractérisé. On peut logiquement penser qu’il est apparu aussi tôt pour accompagner l’arrivée du cinquième Docteur. Coté mythologie, on a le plaisir d’entendre enfin de vrais dialogues entre Time Lords et de voir le Docteur citer son vieux mentor, ce qu’il n’a pas fait depuis sa dernière régénération. K9 a de son côté bien plus à faire dans cet arc et c’est tant mieux. Il n’y a plus assez de trois compagnons (d’une grande intelligence qui plus est) pour soutenir une ère de Four qui tourne sur ses acquis depuis maintenant trop longtemps. Un peu d’originalité et plus de continuité mythologique seraient les bienvenus pour conclure.

ImageArrête de me materner. A tous les coups je verrais Five et pas toi.

N : 4

IM : 5