20-05 Enlightenment

20-05 Enlightenment

De Barbara Clegg ( 4 épisodes )

Réalisation : Fiona Cumming

La convergence de messages du Gardien blanc et du Gardien Noir conduisent le TARDIS dans un mystérieux voilier, alors que le Gardien blanc prévient le Docteur et Tegan d’une course qu’il ne faut pas gagner. Le Docteur et Turlough partent en reconnaissance dans le voilier, qui semble de style Edwardien (du début du XXème), tout comme son équipage de matelots semble le confirmer. Restée dans le TARDIS, Tegan ne tarde pas à les suivre. Elle est aussitôt poursuivie des assiduités d’un des marins du navire, puis invitée à rester dans les lieux. Tous ne tarderont pas à comprendre qu’ils sont en fait dans un vaisseau. Les marins constituant le haut équipage du navire sont des éternels. Sous le commandant du capitaine Striker, ils participent à une course à travers le système solaire qui les met en compétition avec d’autres éternels. Leurs matelots ont été enlevés aux différentes époques de l’histoire des Hommes et ne sont là que pour divertir ces êtres supérieurs. Le Docteur comprend qu’il ne faut pas qu’un des vaisseaux gagne car le prix est l’illumination, soit le pouvoir absolu, que les immortels utiliseraient à leur guise. Accablé par le Gardien Noir qui souhaite le punir pour ne pas avoir tué le Docteur, Turlough saute par-dessus le bord du vaisseau et rejoint le vaisseau concurrent, piloté par la cruelle capitaine Wrack.

2005ELes soirées de l’ambassadeur sont toujours mieux sur Terre

Une scénariste et une réalisatrice (Fiona Cumming) pour un très bon arc qui explore une nouvelle fois dans cette saison le thème de l’immortalité. Enlightenment propose un univers à part dans la série, ainsi qu’une caste qu’on n’avait jusqu’ici pas eu l’occasion de voir. Des semi-dieux qui mènent une existence immortelle dénué d’émotions et de sentiments, et dont l’excitation réside dans cette course ainsi que dans leur jeu avec la vie des éphémères (tout ceux qui ne sont pas immortels). Ils évoquent les dieux grecs face aux mortels, mais l’apparition des matelots et la séparation des quartiers fait apparaître de façon plus prosaique le rapport de classe. Des gens oisifs se servant de l’amusement et l’excitation que peut leur procurer des gens qui sont de plus basse extraction, tout en se sentant supérieurs. On peut difficilement ne pas songer aux émissions de télé réalité qui peupleront les antennes une vingtaine d’années plus tard, exposant des pauvres bougres à des bourgeois satisfaits. La direction d’acteurs est remarquable. La froideur des éternels de l’Edwardien interpelle d’abord, puis provoque une méfiance qui se couple au fait qu’ils peuvent lire sans problème dans les pensées de tous, y compris du Docteur en dépit de son légendaire contrôle. Keith Barron (Striker) et Lynda Baron (Wrack) interprètent des leaders bien marqués (le stoicisme contre le cabotinage). On nous gratifie même d’un prétendant éternel pour Tegan. Le pauvre Marriner ne cesse de lui faire la cour durant tous l’arc, peinant à comprendre que la fascination qu’il ressent pour l’esprit en effervescence de l’australienne n’est rien d’autre qu’une forme déviante d’amour.

2005BAu moins les soirées ninja ne déçoivent jamais

Enlightenment n’était pas prévu pour figurer dans cette saison et bénéficia  de nombreuses réécritures pour servir de conclusion à la trilogie du Gardien Noir. Des réécritures qui transparaissent bien tant l’intégration des gardiens paraît artificielle en comparaison de l’intrigue de la course. Le retour des deux forces d’équilibre ne servira vraiment qu’à confronter Turlough au choix qu’il n’a pas su faire durant les trois arcs. Le rouquin cupide choisira étonnamment de rejoindre le Docteur, occasionnant un nouvel échec du Gardien noir. Le Docteur et Tegan ne broncheront pas lorsqu’il sera fait référence à la duplicité de Turlough. Savaient-ils tout depuis le début ? Peu importe. Il demeure intéressant que le script editor et la production aient choisi de poursuivre avec un compagnon qui ne soit pas un parangon d’intégrité. Une audace de plus à mettre au crédit de John Nathan-Turner et Eric Saward. Pendant ce temps, Five est plus à l’aise que jamais sans trop en faire et Tegan a clairement acquis ses galons de compagne importante. L’arc bénéficie enfin de bons effets visuels, ce qui ne gâche rien au plaisir!

2005DTurlough : Gueule de taré de l’année 1983 et nouveau compagnon régulier du Docteur

N : 9

IM : 6

20-04 Terminus

20-04 Terminus

De Stephen Gallagher (4 épisodes)

Réalisation : Mary Ridge

Sous les ordres du Gardien noir, Turlough sabote le TARDIS, causant une grave instabilité à bord de l’appareil. Une mystérieuse porte apparaît dans la chambre de Nyssa alors qu’elle effectue des expériences. Le Docteur lui ordonne de traverser la porte pour ne pas être tuée. Alors que le TARDIS a choisi de se matérialiser sur un mystérieux vaisseau pour se stabiliser, le Docteur passe à travers la porte et retrouve Nyssa. Ils font bientôt la connaissance de deux pilleurs de l’espace et manquent d’être capturés. Ils découvrent que le vaisseau est une sorte de léproserie spatiale dans lequel sont entreposés les malades du syndrome de Lazar. Ils sont censés y être soignés par un fort traitement de radiation, après avoir été transportés au soigneur à tête de chien, le Garm, par les gardiens de Terminus, les Vanir. Eux-même sont tenus en esclavage par la compagnie qui détient Terminus et qui détient l’hydromel qui les garde en vie. Une course poursuite s’engage pour échapper aux Garms et rejoindre le TARDIS tandis que Nyssa ressent les premiers symptômes de la maladie. Elle est capturée par un Garm pour être placée avec les autres malades. Pendant ce temps, la suspicieuse Tegan a quitté le TARDIS en compagnie de Turlough, qui est toujours sous l’emprise de son maître.

2004Le Docteur face au croisement improbable entre Bonnie Tyler et Pia Zadora

Deuxième arc du cycle du Gardien noir, Terminus est un arc très classique qui pourrait aisément se résumer à des personnages qui errent dans les couloirs d’un vaisseau gigantesque. Le background est intéressant et le cadre est malsain, bien que la représentation des lépreux spatiaux évite un réalisme trop saisissant. Comme ce fut le cas pour la peste il y’a peu, l’ère de Five aborde des sujets difficiles qui la tirent vers un programme plus adulte, tout en conservant un traitement relativement soft. L’arc comprend son lot de faiblesses, comme le fait de laisser la menace Turlough à l’écart du Docteur. Coincé avec Tegan, l’étudiant imposteur (qui ne fait même pas l’effort de cacher qu’il est un extraterrestre…) ne risque pas de réussir sa tâche de tuer le Docteur. Ainsi Terminus est-il un gigantesque cliffhanger à ce niveau. Il est aussi difficile de comprendre que l’idée de provoquer l’explosion originelle par un déchargement de matériaux instables ait pu être conservée, tant il est évident que rien n’existait avant le Big Bang.

2004BWho let the dog out? WOOF WOOF

La relégation de Tegan aura au moins permis de donner un dernier arc conséquent à Nyssa, qui fut bien souvent reléguée aux utilités face à l’envahissante et impétueuse australienne. Terminus est la fin du voyage pour la dernière survivante de Traken, qui réalise une sortie à la Romana après avoir eu très chaud pendant tout l’épisode. Consciente de pouvoir améliorer une technique de guérison expérimentée sur elle, elle décide de rester sur place pour aider les Vanir et le Garm à soigner les malades du syndrome de Lazar. On ne saurait trouver meilleure fin pour la compagne la plus douce du Docteur et on saluera l’interprétation en retenue et la présence de Sarah Sutton, qui aura joué de belles prolongations. Les émouvants adieux des deux copines laissent Tegan comme dernière représentante des enfants perdus de Five. Un choix judicieux étant donné que l’heure est à l’action et à la vigilance face à la menace du Gardien noir.

2004CGoodbye sweet Nyssa 😦

N : 6

IM : 6

20-03 Mawdryn Undead

20-03 Mawdryn Undead

De Peter Grimwade (4 épisodes)

Réalisation : Peter Moffatt

1983. Brendon Public School. Le jeune Turlough, extra-terrestre se faisant passer pour un étudiant terrien, entraîne un autre étudiant dans une course folle avec la voiture de son professeur de mathématiques. Il en résulte un grave accident, mais Turlough est sauvé de la mort par le Gardien noir, qui lui propose en échange de tuer le Docteur. A bord d’un TARDIS stoppé par une interférence, le Docteur, Tegan et Nyssa manquent de percuter un vaisseau. Ils se matérialisent à l’intérieur de celui-ci et découvrent que le problème provient de la déformation temporelle produite par ce luxueux croiseur coincé dans le temps. L’ellipse est causée par l’utilisation d’un transmat envoyé sur Terre. Le Gardien Noir conduit Turlough à ce transmat. A peine entré à l’intérieur, l’étudiant est téléporté dans le TARDIS. Le Docteur décide de le suivre en faisant le chemin inverse pour localiser le point de perturbation du transmat sur Terre. Nyssa et Tegan les rejoindront dans le TARDIS. Arrivé à Terre, le Docteur manque de se faire tuer par Turlough, mais ne s’en rend pas compte. Il fait bientôt la connaissance du professeur de mathématiques du jeune homme parti à sa recherche qui n’est autre que le Brigadier Lethbridge Stewart, qui s’est renconverti en prof à Brendon quelques années plus tôt ! Five se rend vite compte que le Brigadier souffre d’une amnésie concernant leurs aventures.

2003Le Gardien noir, grand pourvoyeur de bad trip

Pendant ce temps, Nyssa et Tegan ont fait atterrir le TARDIS au bon endroit, mais le Docteur et Turlough sont introuvables. Elles voient alors apparaître la capsule du transmat. A l’intérieur, elles découvrent un grand brûlé qu’elles pensent être le Docteur. Nyssa le transporte dans le TARDIS tandis que Tegan part chercher de l’aide. Elle rencontre alors le Brigadier nettement plus jeune, car elles ont atterri en 1977. En 1983, les discussions du Docteur ont ammené le Brigadier à se souvenir de leur passé et au prononcé du nom de Tegan, il avoue avoir rencontré la jeune femme en 1977. Accompagnés de Nyssa, ils secoururent le grand brûlé qui se faisait passer pour le Docteur en le conduisant jusqu’au vaisseau coincé de 1983. Le Docteur, accompagné du Brigadier de 1983, décide de rejoindre le même vaisseau pour intercepter cet homme et recroise alors la route de Turlough. Le grand brûlé secouru, Mawdryn, n’est autre qu’un des occupants du luxueux bâtiment. Autrefois lui et les siens volèrent le secre de régénération des TimeLords et sont désormais condamnés à vieillir sans jamais mourir dans un point de l’espace temps. Ils comptent bien profiter de la présence du Docteur pour renverser ce sort. Pendant ce temps, les deux versions du Brigadier se retrouvent sur le même vaisseau, menaçant de se rencontrer…

2003BAinsi j’aurais joué dans Doctor Who pendant des années…hmm m’en souviens pas

L’ère de Peter Davison est la première véritable ère de mémoire de la série. Le producteur John Nathan Turner et le script editor Eric Saward ont veillé à ce que les voyages précédant chaque arc ne soient pas oubliés et que les références au passé soient légions. Le vingtième anniversaire de la série ajoute encore à ce rituel, conférant à cette saison 20 un cachet étrangement familier, qui renvoie à la saison 7 que nous avons connue en 2013. C’est avec Five que la série devient consciente d’elle-même au point d’instaurer une cohérence dans sa mythologie et de revisiter son passé, chose que Steven Moffat fera aussi consciemment bien plus tard. Mawdryn Undead est de ces arcs qui jouent avec ce passé tout en amménageant le futur, constituant la meilleure des récompenses pour qui a suivi la série depuis ses débuts. La première grande surprise de l’arc est le retour du Brigadier par la grande porte, et plutôt deux fois qu’une. Lethbrige Stewart devient virtuellement l’arme de destruction la plus dangereuse que l’univers ait connu en menaçant de se rencontrer lui-même (prends ça retour vers le futur). Les croisements des deux versions dans le vaisseau luxueux des non-morts et les efforts faits par le Docteur, Tourlough et même le gardien noir pour empêcher la rencontre durant toute l’aventure entrent dans les meilleurs moments de comédie de Doctor Who, englobant la série moderne. On comprend très vite que l’amnésie du Brigadier est due au fait que la rencontre aura effectivement lieu, mais cela ne fait qu’ajouter à la cohérence d’un scénario exemplaire qui a bien d’autres tours dans son sac.

2003DZAP !

Les retrouvailles avec le Brigadier, comprenant tout ce qu’elles ont d’émouvantes (ha ! ces images du passé), de cocasses, et d’étranges (un retour de Ian Chesterton était initialement envisagé, d’où cet étrange poste de professeur) ne sont pas les seuls éléments intéressants de Mawdryn Undead. L’arc se présente comme étant la première partie de la trilogie du Gardien Noir, qui introduit le personnage de Turlough comme premier compagnon à la solde d’un ennemi du Docteur. On avait quitté le Gardien Noir après la défaite qu’il avait essuyée contre Four, Romana et K9 dans son appropriation de la clé du Temps. Le voilà de retour et bien décidé à en finir avec le TimeLord par le biais d’un lieutenant malgré lui peu compétent à la tâche. En parallèle, nous suivons l’histoire principale du vaisseau scientifique et de ses occupants, comprenant le Mawdryn du titre. Les scientifiques ayant volé le secret de la régénération s’exposent à une fin horrible et éternelle, à moins que le Docteur ne leur donne ses huit régénérations restantes, s’exposant par cela à être rayé de l’ordre des TimeLords. Le Docteur s’y refusera jusqu’à ce que Tegan et Nyssa soient impliquées. Ayant attrapé le mal des scientifiques, leur vieillissement accéléré (visuellement impressionnant) contraint le Docteur à accepter le marché. Si la mort d’Adric a été passée sous silence, on comprend aisément que le Docteur ait été touché au point d’être capable de tout sacrifier pour épargner ses compagnes restantes.

2003E

Nyssa et Tegan ont déjeuné sur la mauvaise planète

Heureusement, le bug Lethbridge Stewart viendra résoudre la situation par un sens du timing surprenant. Car la plus grande qualité de Mawdryn Undead est de combiner toutes ces intrigues sans jamais se perdre et dans une mise en scène très étudiée. On passe d’une époque à l’autre en deux secondes, on plonge dans la mythologie, on savoure des rencontres inopinées et on découvre de nouveaux concepts temporels wibbly woobliens tout en partageant de nombreuses références. On voyage loin avec peu de moyens. Pas de doutes. L’influence majeure de Steven Moffat est bien l’ère de Five, et à beaucoup de niveaux, cet arc égale ses meilleurs travaux. Et quand on sait qu’il a été commandé en urgence par la production en remplacement d’un arc abandonné, on tire une nouvelle fois son chapeau au scénariste Peter Grimwade.

N : 10

IM : 7