Saison 26 (1989) / 26-01 Battlefield

Saison 26 (1989) / 26-01 Battlefield

De Ben Aaronovitch ( 4 épisodes )

Réalisation : Michael Kerrigan

Le Docteur et Ace atterrissent près du lac Vortigern dans un futur proche, guidés par un signal de détresse venu de la Terre. Seven ne tarde pas à croiser la route d’UNIT, désormais dirigé par le Brigadier Bambera. Dans la retraite qu’il partage avec sa femme et son jardin, l’ex Brigadier Lethbridge Stewart est averti du retour du Docteur et décide de le rejoindre, sentant le danger venir. Celui-ci se matérialise sous la forme de chevaliers en armure semblant venir d’un autre monde. Plusieurs d’entre eux attaquent le Brigadier Bambera alors qu’elle inspecte l’extérieur du TARDIS. Ace fait la connaissance de Shou Yuing, une jeune fille qui partage sa passion pour les explosifs et le Docteur entre en contact avec un fourreau découvert il y’a peu par l’archéologue Warmsly qui semble le reconnaître. Ce sera également le cas du chevalier Ancelyn, un des hommes en armure, qui désigne le Docteur comme étant Merlin. Tous sont aussitôt encerclés par le camp ennemi d’Ancelyn mené par Mordred, le fils d’Arthur et de Morgane qui porta le coup fatal à son père. Mordred prend peur car il pensait que sa mère avait enfermé Merlin. Il décide d’appeler sa mère à l’aide en la faisant passer à travers une faille temporelle. Suivant l’archéologue, le Docteur explore l’endroit où le fourreau a été retrouvé. Il reconnaît son écriture sur les lieux dans une instruction de creuser. Après qu’Ace ait tout fait exploser à la nitro, un passage s’ouvre à eux menant sous le lac. Ils y découvrent une chambre appartenant à un vaisseau dans lequel se trouve l’épée Escalibur et à ses cotés, le corps d’Arthur dans une armure. C’est cette épée que convoite Morgane, et elle serait prête à s’allier au Destructeur de mondes pour l’obtenir.

2601Parapluie contre épée. Je parierai sur Merlin.

Le scénariste de Remembrance of the Daleks est de retour avec une nouvelle histoire de Docteur dissimulant une relique dans notre bon vieux vingtième siècle. Ce ne serait que la troisième en deux saisons si Battlefield n’impliquait pas une originalité de taille. La version future / alternative du Docteur à l’origine cette dissimulation ne serait nul autre que l’enchanteur Merlin. Un postulat audacieux qui tombe pourtant sous le sens. Explicitement depuis le troisième Docteur, Doctor Who a traîté la magie comme une science obscure. Seven ne cite t’il pas dans cet arc une des lois d’Arthur C. Clarke qui énonce que toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. Un Time Lord pourrait alors tout à fait être reconnu comme un magicien par une population moins avancée. La possibilité de Merlin de changer de forme fait également écho aux régénérations du Docteur. L’intelligence du scénariste se trouve à la fois dans la finesse avec laquelle cette révélation est apportée à l’Histoire, dans le doute laissée sur une éventuelle future incarnation devenant Merlin et dans l’utilisation de cette révélation pour porter encore plus loin Seven. Aussi fin comédien qu’il est showman, ce dernier se met aussitôt dans la peau de Merlin pour impressionner ses adversaires. Sylvester McCoy se réjouit à jongler, aussi impressionnant qu’inquiétant, communiquant tantôt la menace qu’il est pour Mordred et Morgane (c’est un superbe Merlin), tantôt l’affection qu’il éprouve pour Ace. La compagne n’est pas en reste. Si elle se vexe de l’appelation « la dernière compagne en date » lancé par ce colonel blimp de Lethbridge Stewart, elle se verra tout de même décerner le privilège de porter Excalibur, de la protéger de Morgane et d’entendre le Docteur avouer qu’il y a un paquet d’épées extraterrestres dans l’univers, mais une seule et unique Ace. Ce personnage est, il est vrai, une compagne sans pareille.

2601BEXCALIBUR

Appropriation whovienne admirable des légendes arturiennes, Battlefield offre aussi la dernière apparition du Brigadier Lethbridge Stewart. Vingt et un an après sa première apparition, Doctor Who cède à l’interdit de montrer le Brigadier en civil et de nous présenter sa femme Doris. C’est un Nicholas Courtney vieilli mais toujours alerte qui enfile sa panoplie pour se frotter une dernière fois aux ennemis de la Terre. Si on peut regretter que l’affrontement final entre le Brigadier et le Destructeur invoqué par Morgaine soit autant bâclé, la complicité avec le Docteur est toujours là. Le Brigadier aura ainsi connu toutes les incarnations classiques du Docteur, à l’exception de Colin Baker et Paul McGann, et il aura même eu l’occasion de croiser post-mortem le douzième Docteur. Ces dernières retrouvailles permettent également de remettre la toute aussi vieille mais efficace Bessie en service, à la grande surprise de Ace. Nous retrouvons également Jean Marsh, l’actrice qui incarna Sara Kingdom dans the Dalek’s master plan, dans le rôle de Morgane. La scène qu’elle partage avec Nicholas Courtney prend une toute autre saveur lorsqu’on se rappelle que l’acteur était pour la première fois apparu dans la série dans le rôle de Bret Vyon lors de cet arc, et qu’il lui donnait alors la réplique. Battlefield boucle ainsi la boucle d’un des personnages les plus importants de la série et rend hommage à l’acteur Nicholas Courtney. Aaronovitch se garde toutefois de le faire mourir au combat, comme l’avait encore une fois prévu une première version du script. Ce premier arc de la dernière saison des classiques recèle encore de nombreuses surprises et semble annoncer un point d’équilibre atteint par le script editor Andrew Cartmel entre le grain de folie des expérimentations et des scénarios solides. On pourrait très bien finir en beauté.

2601CSo Long Brigadier  😦

N : 8

IM : 7

Episode Spécial 20ème anniversaire – The Five Doctors

Episode Spécial – The Five Doctors

De Terrance Dicks (90 mn)

Five, Tegan et Turlough s’apprêtent à se prélasser dans l’œil d’Orion lorsque le Docteur ressent une douleur soudaine. Quelqu’un est en train d’enlever ses anciennes incarnations et quelques compagnons (Le Brigadier, Sarah Jane et sa petite fille Susan) à leur époque respective pour les transporter dans la zone de mort de Gallifrey. Seul Four, coincé dans le vortex, n’arrive pas à destination. Tous les autres se retrouvent dupliqués en figurine sur un étrange tableau de jeu. Five et ses deux compagnons retournent dans le TARDIS et sont à leur tour transportés dans la zone. Ils ne tardent pas à y’ être rejoints par le premier Docteur et Susan, qui est toujours un boulet. Pendant ce temps, Le Maître a été convoqué par le Conseil des Time Lord qui a détecté un drainage intense de leur source d’énergie et eu ainsi connaissance des enlèvements de Docteur. Il lui est proposé d’aider les Docteurs à sortir de la zone en échange d’une grâce et d’un nouveau jeu de régénérations. Le Maître accepte. Les Docteur reconnaissent le lieu de leur captivité en apercevant la tour de Rassilon. Two y conduit le Brigadier tandis que Three, qui a embarqué Sarah Jane dans son auto Bessie s’y dirige également. One prend également la route accompagné de Tegan. Ils rencontreront sur leur route de vieux ennemis qui ont également été transportés dans la zone contre leur gré par le fieffé farceur.

2007Holala le type qui était déjà vieux dans les sixties qui nous fait la leçon…

Diffusé le 23 novembre 1983 aux Etats-Unis et le 25 novembre 1983 au Royaume-Uni, The Five Doctors célèbre à sa manière les vingt ans écoulés depuis que William Hartnell et ses trois passagers ont quitté les sixties pour se matérialiser chez les hommes de cavernes. Alors que l’ex script editor Robert Holmes était d’abord pressenti pour le scénario, c’est finalement au non moins renommé ex script editor Terrance Dicks qu’échouera cette tâche. Les remaniements furent nombreux en raison du casse-tête logistique de réunion des acteurs, certains n’étant finalement plus disponible au dernier moment. Richard Hurndall reprend le flambeau du premier Docteur, William Hartnell étant décédé en 1975. Nous aurons néanmoins le plaisir de le voir dans un pré-générique qui file quelques petits frissons. Tom Baker fit à John Nathan-Turner le même coup que Christopher Eccleston à Steven Moffat en 2013, avortant au passage la rencontre des cinq Docteurs qui aurait pu avoir lieu. Ce sont donc quatre Docteurs qui se retrouveront devant le tombeau de Rassilon, sous le grand parrainage du Lord President Borusa, le fieffé farceur qui a organisé ce petit jeu.

2007BNon Brigadier nous ne sommes pas des anciens combattants

Nous voilà donc de retour à Gallifrey où il y’a incontestablement quelque chose de pourri (à peu près tout en fait, ça fait peine à voir). Après la duplicité d’un conseiller ami du Docteur, c’est au tour du professeur et ami de longue date de notre TimeLord de péter un cable. Après des siècles de règne sur Gallifrey, Borusa profite de sa dernière régénération pour réclamer l’immortalité qu’il pense lui revenir de droit. Il doit pour cela déjouer les épreuves du tombeau de Rassilon (dans la grande Tour) afin de rejoindre le suprême Time Lord, qui lui a réussi à devenir immortel. Puisque Borusa est vieux et fainéant, il a préféré laisser les cinq Docteurs, quelques compagnons et le Maître se charger du travail en mettant sur leur chemin des cybermen, des daleks, des Yeti-Bot et des robots ninjas qui disparaissent lorsqu’ils sautent. Il en profite pour faire supprimer le Castellan, faux coupable idéal. Le vieillard se retrouvera au final pris à son propre piège, coincé pour l’éternité en statue du tombeau de Rassilon. Une ironie noire qui n’est pas sans rappeler celle du Wishmaster. Nous aurons ainsi l’infime l’honneur de rencontrer ce Rassilon dont on nous a tant parlé. Présenter la chute de Borusa à ce moment, alors que le thème de l’immortalité a parcouru cette saison 20, est encore ce qu’il y’a de plus logique dans ce grand téléfilm qui s’apparente plus à une réunion d’anciens (et de nouveaux, pour le cas de Five, Tegan et Turlough) qu’à un arc à part entière.

2107EBessie foule enfin le sol de Gallifrey

Le casting de la série n’a jamais autant été fourni en têtes connus : Outre les cinq Docteurs, Tegan, Turlough, Le Maître dans son incarnation actuelle, Le Brigadier, Susan, Sarah Jane, Jamie, Zoe, Liz Shaw, Yates, Romana II (en reprise de l’épisode Shada) et K9 sont de la partie. C’est la troisième mouture du chien robot qui apparaît en compagnie de Sarah Jane au début de l’arc, celle-ci se l’étant vu offrir pour la série K9 et Company, qui n’alla pas plus loin que son pilote diffusé en fin 1981, peu avant le premier arc de Five. Cette réunion n’est pas sans créer son lot de confusions, qui tiennent au fait que les Timelines des Docteurs enlevés sont souvent occultés. Ainsi Three parle t’il de fantômes du passé en évoquant une apparition de Yates alors qu’il lui est contemporain, Two paraissant quand à lui avoir connu le Maître, qui n’est pourtant apparu que lors de la deuxième saison de Three. Two, qui parle on ne sait pourquoi du lavage de cerveau de Jamie et Zoe alors qu’il ne l’a logiquement pas encore vécu et qui ne transporte de plus aucun de ses compagnons alors qu’il n’aurait jamais abandonné Jamie ou Zoe pour rendre visite au Brigadier. Le même Brigadier prétend quand à lui connaître Tegan alors qu’il ne s’agit visiblement pas de sa version plus agée qui a échappé à l’amnésie quelques arcs plus tôt.

2007CJ’ai bien compté ça ne fait pas cinq

Ces coquilles parmi d’autres tirent The Five Doctors vers un fan service géant parfois composé plus pour les rencontres que pour la cohérence mythologique. Moins savoureux que l’arc du dixième anniversaire, ce téléfilm contient tout de même de bonnes idées, la meilleure étant d’avoir adjoint Tegan au Premier Docteur pour donner un aperçu du choc des générations. Nous nous retrouvons au final avec un Five qui reprend le titre de Haut Président du Conseil des TimeLord, et qui déserte une nouvelle fois ses responsabilités, laissant à la conseillère Flavia les responsabilités de la fonction. Donnons lui une dizaine d’arcs avant d’être corrompue.

2007ERassilion, Time Lord suprême et lointain cousin de Jean-Rochefort

N : 7

IM : 8

20-03 Mawdryn Undead

20-03 Mawdryn Undead

De Peter Grimwade (4 épisodes)

Réalisation : Peter Moffatt

1983. Brendon Public School. Le jeune Turlough, extra-terrestre se faisant passer pour un étudiant terrien, entraîne un autre étudiant dans une course folle avec la voiture de son professeur de mathématiques. Il en résulte un grave accident, mais Turlough est sauvé de la mort par le Gardien noir, qui lui propose en échange de tuer le Docteur. A bord d’un TARDIS stoppé par une interférence, le Docteur, Tegan et Nyssa manquent de percuter un vaisseau. Ils se matérialisent à l’intérieur de celui-ci et découvrent que le problème provient de la déformation temporelle produite par ce luxueux croiseur coincé dans le temps. L’ellipse est causée par l’utilisation d’un transmat envoyé sur Terre. Le Gardien Noir conduit Turlough à ce transmat. A peine entré à l’intérieur, l’étudiant est téléporté dans le TARDIS. Le Docteur décide de le suivre en faisant le chemin inverse pour localiser le point de perturbation du transmat sur Terre. Nyssa et Tegan les rejoindront dans le TARDIS. Arrivé à Terre, le Docteur manque de se faire tuer par Turlough, mais ne s’en rend pas compte. Il fait bientôt la connaissance du professeur de mathématiques du jeune homme parti à sa recherche qui n’est autre que le Brigadier Lethbridge Stewart, qui s’est renconverti en prof à Brendon quelques années plus tôt ! Five se rend vite compte que le Brigadier souffre d’une amnésie concernant leurs aventures.

2003Le Gardien noir, grand pourvoyeur de bad trip

Pendant ce temps, Nyssa et Tegan ont fait atterrir le TARDIS au bon endroit, mais le Docteur et Turlough sont introuvables. Elles voient alors apparaître la capsule du transmat. A l’intérieur, elles découvrent un grand brûlé qu’elles pensent être le Docteur. Nyssa le transporte dans le TARDIS tandis que Tegan part chercher de l’aide. Elle rencontre alors le Brigadier nettement plus jeune, car elles ont atterri en 1977. En 1983, les discussions du Docteur ont ammené le Brigadier à se souvenir de leur passé et au prononcé du nom de Tegan, il avoue avoir rencontré la jeune femme en 1977. Accompagnés de Nyssa, ils secoururent le grand brûlé qui se faisait passer pour le Docteur en le conduisant jusqu’au vaisseau coincé de 1983. Le Docteur, accompagné du Brigadier de 1983, décide de rejoindre le même vaisseau pour intercepter cet homme et recroise alors la route de Turlough. Le grand brûlé secouru, Mawdryn, n’est autre qu’un des occupants du luxueux bâtiment. Autrefois lui et les siens volèrent le secre de régénération des TimeLords et sont désormais condamnés à vieillir sans jamais mourir dans un point de l’espace temps. Ils comptent bien profiter de la présence du Docteur pour renverser ce sort. Pendant ce temps, les deux versions du Brigadier se retrouvent sur le même vaisseau, menaçant de se rencontrer…

2003BAinsi j’aurais joué dans Doctor Who pendant des années…hmm m’en souviens pas

L’ère de Peter Davison est la première véritable ère de mémoire de la série. Le producteur John Nathan Turner et le script editor Eric Saward ont veillé à ce que les voyages précédant chaque arc ne soient pas oubliés et que les références au passé soient légions. Le vingtième anniversaire de la série ajoute encore à ce rituel, conférant à cette saison 20 un cachet étrangement familier, qui renvoie à la saison 7 que nous avons connue en 2013. C’est avec Five que la série devient consciente d’elle-même au point d’instaurer une cohérence dans sa mythologie et de revisiter son passé, chose que Steven Moffat fera aussi consciemment bien plus tard. Mawdryn Undead est de ces arcs qui jouent avec ce passé tout en amménageant le futur, constituant la meilleure des récompenses pour qui a suivi la série depuis ses débuts. La première grande surprise de l’arc est le retour du Brigadier par la grande porte, et plutôt deux fois qu’une. Lethbrige Stewart devient virtuellement l’arme de destruction la plus dangereuse que l’univers ait connu en menaçant de se rencontrer lui-même (prends ça retour vers le futur). Les croisements des deux versions dans le vaisseau luxueux des non-morts et les efforts faits par le Docteur, Tourlough et même le gardien noir pour empêcher la rencontre durant toute l’aventure entrent dans les meilleurs moments de comédie de Doctor Who, englobant la série moderne. On comprend très vite que l’amnésie du Brigadier est due au fait que la rencontre aura effectivement lieu, mais cela ne fait qu’ajouter à la cohérence d’un scénario exemplaire qui a bien d’autres tours dans son sac.

2003DZAP !

Les retrouvailles avec le Brigadier, comprenant tout ce qu’elles ont d’émouvantes (ha ! ces images du passé), de cocasses, et d’étranges (un retour de Ian Chesterton était initialement envisagé, d’où cet étrange poste de professeur) ne sont pas les seuls éléments intéressants de Mawdryn Undead. L’arc se présente comme étant la première partie de la trilogie du Gardien Noir, qui introduit le personnage de Turlough comme premier compagnon à la solde d’un ennemi du Docteur. On avait quitté le Gardien Noir après la défaite qu’il avait essuyée contre Four, Romana et K9 dans son appropriation de la clé du Temps. Le voilà de retour et bien décidé à en finir avec le TimeLord par le biais d’un lieutenant malgré lui peu compétent à la tâche. En parallèle, nous suivons l’histoire principale du vaisseau scientifique et de ses occupants, comprenant le Mawdryn du titre. Les scientifiques ayant volé le secret de la régénération s’exposent à une fin horrible et éternelle, à moins que le Docteur ne leur donne ses huit régénérations restantes, s’exposant par cela à être rayé de l’ordre des TimeLords. Le Docteur s’y refusera jusqu’à ce que Tegan et Nyssa soient impliquées. Ayant attrapé le mal des scientifiques, leur vieillissement accéléré (visuellement impressionnant) contraint le Docteur à accepter le marché. Si la mort d’Adric a été passée sous silence, on comprend aisément que le Docteur ait été touché au point d’être capable de tout sacrifier pour épargner ses compagnes restantes.

2003E

Nyssa et Tegan ont déjeuné sur la mauvaise planète

Heureusement, le bug Lethbridge Stewart viendra résoudre la situation par un sens du timing surprenant. Car la plus grande qualité de Mawdryn Undead est de combiner toutes ces intrigues sans jamais se perdre et dans une mise en scène très étudiée. On passe d’une époque à l’autre en deux secondes, on plonge dans la mythologie, on savoure des rencontres inopinées et on découvre de nouveaux concepts temporels wibbly woobliens tout en partageant de nombreuses références. On voyage loin avec peu de moyens. Pas de doutes. L’influence majeure de Steven Moffat est bien l’ère de Five, et à beaucoup de niveaux, cet arc égale ses meilleurs travaux. Et quand on sait qu’il a été commandé en urgence par la production en remplacement d’un arc abandonné, on tire une nouvelle fois son chapeau au scénariste Peter Grimwade.

N : 10

IM : 7

Saison 13 (1975-1976) / 13-01 Terror of the Zygons

13-01 Terror of the Zygons

De Robert Banks Stewart (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Suite à la disparition de plates formes pétrolières dans une région côtière des Highlands, le Docteur est appelé à la rescousse par le Brigadier. Il atterrit en Ecosse avec Sarah et Jane et Harry, pour être conduit jusqu’au QG improvisé de UNIT par le mystérieux et laconique Duc de Forgill, détenteur des domaines locaux. Dès son arrivée, la fine équipe mène l’enquête. Ce qui vaut à Harry de se faire tirer dessus alors qu’il tente de sauver un survivant d’une des plates formes pétrolières. Transporté à l’hôpital, il est enlevé par l’infirmière qui est en fait une créature extra-terrestre. La créature enferme Sarah Jane et ne tarde pas à faire de même avec le Docteur qui est un peu trop perspicace. Harry est transporté jusqu’à un vaisseau et présenté au chef Zygon, Broton. Celui-ci lui explique que leur planète ayant été détruit par une explosion stellaire, ils comptent prendre contrôle de la Terre en utilisant un monstre marin venu de leur planète, le Skarasen, qui fera exploser les ressources terriennes. Possédant la technologie qui leur permet d’imiter les humains qu’ils retiennent prisonniers, ils comptent également prendre l’apparence d’Harry pour mener à bien leurs plans.

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Pour sa dernière apparition 70’s, le Brigadier rend hommage à Jamie McCrimmon

Un bien sympathique début de saison que cet épisode qui renvoie aux meilleurs heures de Three et de UNIT, alors qu’ils combattaient des superstitions qui cachaient des menaces extraterrestres (The Daemons en est le meilleur exemple). Nous retrouvons avec plaisir le Brigadier et Benton. Cet arc est encore plus sympathique du fait qu’il se déroule en Ecosse. L’initiative de se tourner vers les Highlands vient de Robert Banks Stewart, un des nouveaux scénaristes engagés par Robert Holmes pour revigorer la série, qui se trouve être originaire d’Ecosse. Il nous explique que le Monstre du Loch Ness serait l’instrument des Zygons, des types rouges pas franchement beaux et pas très commodes. On a bien envie de le croire, d’autant plus que les quatre épisodes sont très bien gérés et qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Nessy se paie une bonne tranche et parvient même au terme de l’arc à faire un petit tour à Londres (du moins son cou).

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Le Zygon dans son enveloppe naturelle. On comprend qu’il veuille nous ressembler.

Les Zygons, qui ont gagné plus de temps d’antenne du fait des réécritures de Robert Holmes, ont suffisamment de particularités pour s’intégrer à la B-List du bestiaire de la série. Stewart joue particulièrement bien de leur technologie de polymorphe sans en faire trop. Les personnages, même secondaires, sont marquants et la couleur locale permet quelques pointes d’humour bien placées dont un Brigadier en kilt qui rappelle fièrement son appartenance au clan Stewart à Sarah Jane. La première mauvaise nouvelle de l’arc est le départ prématuré d’Harry qui formait un très bon tandem avec Sarah Jane. Engagé au départ pour être l’action man au cas où le Docteur serait trop vieux, la production jugea inutile de le renouveler. Du coup, le Docteur et Sarah repartent seuls à l’aventure comme au temps de Three. La seconde mauvaise nouvelle est que le Docteur coupe bien le contact avec UNIT après cet épisode, et ce pour de nombreuses années.

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Harry et Sarah Jane – La dernière. So long Old Boy.  😦

N : 7

IM : 5

Saison 12 (1974-1975) / 12-01 Robot

TOMBAKER2

TIME FOR THE FOURTH !

12-01 Robot

De Terrance Dicks (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Suite à sa régénération, le Docteur devient incohérent et perd connaissance. Le Brigadier le confie aux bons soins du lieutenant Harry Sullivan, également docteur mais en médecine. Celui-ci peine à tenir le TimeLord et se retrouve enfermé dans un placard. Désireux de demander son aide pour une affaire de vol des plans d’un fusil désintégrateur restée sans explication, le Brigadier et Sarah Jane arrivent à temps pour voir le Docteur embarquer dans le TARDIS. Mais il fait marche arrière après avoir reconnu ses amis. UNIT cerne l’usine où se trouve les pièces capables de fabriquer le fusil, mais le dérobeur parvient à creuser un tunnel et à tous les berner. Pendant ce temps, Sarah Jane a obtenu un pass pour enquêter au National Institute for Advanced Scientific Research, également appelé « Think Tank ». Elle découvre que la directrice et son assistant ont repris à leur compte un robot fabriqué par le célèbre professeur Kettlewell. Ils lui font la démonstration que le robot est programmé pour ne pas tuer les humains, le mettant dans un état de confusion qui attire l’empathie de Sarah Jane. Mais il est évident que l’homme de fer, doté d’un rayon capable de supprimer le métal, est le dérobeur des fameux plans. Il agit pour le compte des dirigeants de Think Tank, également membres d’une société secrète (Scientific Reform Society) qui a pour but de donner le pouvoir aux scientifiques. Leur plan suivant est de dérober les codes de lancement des armes nucléaires des principales puissances, qui sont tous dans le même panier !

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Why so serious?

Le Docteur quatrième du nom n’aura pas le temps de souffler pour sa première aventure, et il ne semble pas en avoir envie le moins du monde. Four est un vrai clown, de la tenue jusqu’à l’attitude, un gamin hyperactif et farceur qui n’aurait pas pris sa ritaline. Il est tout de même aussi compétent que son prédécesseur et il se rapproche de Nine, le Docteur de Christopher Eccleston, dans certaines de ses mimiques. La fantaisie qu’avait un peu lâchée Jon Pertwee est donc de retour dans la série, et on peut d’ores et déjà parier que les Jelly Babies seront à Baker ce que la flûte était à Patrick Troughton. L’intrigue de l’épisode est originale, puisque traitant de la robotique dans une perspective présente. Elle fait référence à une loi de la robotique d’Isaac Asimov (un autre bon docteur) et contient en germe de nombreuses idées intéressantes. Citant ouvertement King Kong dans le rapport liant le robot à Sarah Jane (celui-ci devient gigantesque dans le quatrième épisode), Terrance Dicks donne à voir une ébauche de l’imagerie du magnifique Géant de Fer de Brad Bird. La mainmise des hommes qui souhaitent l’utiliser pour des tâches qui trahissent sa conscience initiale rend l’arc plutôt intéressant. Il est dommage que sa construction répétitive ne soit pas à la hauteur de ses idées et que son déroulement soit aussi prévisible.

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Sarah Jane Smith prête à imiter Fay Wray

Pour accompagner Four, Sarah Jane est toujours fidèle au poste, ainsi que le Brigadier et Benton, qui est désormais officier !  La journaliste demeure fidèle à sa réputation de fouineuse, mais elle acquiert avec cet épisode une autre dimension. Sa sensibilité et son empathie pour le robot en feront la seule personne qu’il voudra sauver. On ne peut s’empêcher de penser à un autre robot, plus inoffensif, qui deviendra le compagnon de Sarah Jane. Cette nouvelle saison nous installe en terrain connu, mais ose quand même adjoindre à Four un nouveau compagnon, le lieutenant Harry Sullivan de UNIT, dont nous avions déjà entendu parler lors du précédent épisode et qui semble sympathique et conventionnel, sans doute ce qu’il faut pour tempérer duo tel que Four et Sarah Jane. A la vue de son galop d’essai, on est au moins certain que ses échanges avec la jeune journaliste seront savoureux.

1201CLe futur compagnon entre son Brigadier et son patient.

Comme le veut la tradition, un nouveau générique, bien dans la continuité du second de Jon Pertwee.

N : 6

IM : 8

8-03 The Claws of Axos

8-03 The Claws of Axos

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Le Ministère de la Défense britannique a envoyé un représentant au QG de UNIT pour enquêter sur le Docteur et un flic américain est de passage, ce qui cause un beau désordre. C’est à ce moment qu’un vaisseau extra-terrestre s’écrase sur la Terre, causant son lot de questionnements, de préparation d’attaque et d’enlèvements suspects. Les Axons disent avoir besoin de carburant pour repartir et proposent de délivrer en échange l’Axonite, une molécule capable de reproduire toutes les substances. Ils ont en vérité emprisonné le Maître qui leur a promis la Terre et ses ressources en échange de sa liberté et de la suppression du Docteur. L’Axonite, qui a été négocié par le représentant du Ministère en exclusivité à la Grande-Bretagne, n’est qu’une partie du vaisseau organique des Axons destinée à absorber l’énergie tout autour quand le moment viendra.

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Un pur concept de groupe de rock

Un épisode très sympathique, qui est passé par de multiples réécritures depuis son origine en 1969. La menace extra-terrestre de l’arc est une des plus étranges que la série ait pu nous montrer : Un peuple doré vivant dans un vaisseau organique qui transporte le début de cette aventure dans un univers psychédélique fait de visions et de spasmes intérieurs, comme si les prisonniers du vaisseau étaient pris dans le ventre d’une baleine. Les sortes de monstre plantes issus de l’activation de la matière sont aussi peu banals et on prend un plaisir certain à les voir courir dans les rues.

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Ca doit être chaud à l’intérieur

Fausse alerte de départ. Le Maître est de retour sur Terre et son TARDIS est retenu en otage par les Axonites. Une mince variation de la formule consacrée de cette saison 8 qui veut que le Maître ourdisse un plan avec des complices pour se retrouver dépassé par leur force. Il s’allie encore une fois avec le Docteur, mais l’intérêt de cette alliance est mutuel. Le Maître cherche un TARDIS pour repartir et le Docteur pourra utiliser les connaissances de son congénère pour réparer sa vieille machine afin de quitter la Terre une fois pour toute. Le dernier épisode de l’arc est excellent, s’employant à croiser tous ces enjeux et exploitant le voyage temporel de manière originale (une boucle temporelle comme prison). Même avec un TARDIS réparé, le Docteur se retrouve inmanquablement sur Terre, tel un yoyo galactique.

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L’inévitable alliance des Time Lords vue d’un autre oeil

N : 7

IM : 5

8-02 The Mind of Evil

8-02 The Mind of Evil

De Don Houghton (6 épisodes)

Réalisation : Timothy Combe

A la prison de Stangmoor, Jo et le Docteur assistent à la présentation du « Dispositif Keller », une machine qui a la possibilité d’extraire les mauvais penchants des Hommes. L’expérience tourne mal et le criminel utilisé pour la tester meurt. D’autres morts s’en suivent, un par noyade sans eau, l’autre par attaque de rats sans rats. Le Docteur finit par découvrir que la Machine est responsable de ces meurtres, tuant les personnes visées en leur faisant rencontrer leur plus grande peur (Dr. Jonathan Crane approved). Il découvre aussi à ses dépens que le Maître et Keller sont en fait une seule et même personne. Pendant ce temps, UNIT est chargé de la Sécurité de la première conférence pour la paix et du transport d’un missile Thunderbolt très dangereux. Alors que la première tourne mal après l’assassinat d’un délégué chinois, le second attire la convoitise du Maître qui compte le dérober afin de faire de la Terre un désert sur lequel il pourrait régner.

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Flash!

Le scénariste du très bon Inferno rempile pour un nouvel épisode en noir & blanc (les bandes couleur ont été effacées par la BBC) aussi original que son premier essai, mais décousu. Plusieurs intrigues s’entremêlent et entretiennent une certaine confusion durant la première partie. Don Houghton parvient néanmoins à les lier dans la deuxième partie de l’arc qui est bien plus intéressante. Nous assistons à une mutinerie de prisonniers et à l’assujettissement du Docteur par le Maître grâce à la Machine. Le rapport entre les deux Time Lords dépasse celui du héros et de sa nemesis, évoluant vers une collaboration lorsque le Docteur comprend qu’un parasite extra-terrestre est dans la Machine et que le Maître en a perdu le contrôle. Celle-ci fait quelques apparitions aléatoires pour tuer tout ce qui bouge dans la prison. Les scènes entre le Maître et le Docteur sont très intéressantes, tirant partie de leur vécu, de leur considération mutuelle malgré leur différence et du fait qu’ils sont deux étrangers enfermés sur la même planète.

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So Far away from Gallifrey…

Jo prend du galon dans cet épisode, se révélant très utile dans l’action, mais surtout très humaine. Elle s’occupe durant une bonne partie de l’arc d’un prisonnier devenu inoffensif à cause de l’intrusion de la Machine, personnage qui sera déterminant pour la résolution de l’arc. UNIT acquiert un visage un peu plus humain grâce à l’importance de Yates et du Sergent Benton, tandis que le Brigadier peut respirer dans une intrigue au départ déconnectée du Docteur. La scène qu’ils partagent avec un diplomate chinois, dans laquelle le Docteur se révèle un excellent linguiste (dans plusieurs dialectes chinois) au grand étonnement du Brigadier, est une de leurs meilleures, usant d’un décalage autrement plus subtile que les reproches constants du TimeLord. UNIT fait aussi une belle entrée dans la prison façon cheval de Troie. A l’issue de l’arc, le Maître parvient à récupérer la pièce de son TARDIS que le Docteur détenait, laissant de nouveau notre consultant scientifique dans sa solitude terrienne.

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Le capitaine Mike Yates, en colorisé parcequ’il le vaut bien.

N : 7

IM : 6

7-02 Doctor Who and the Silurians

7-02 Doctor Who and the Silurians

De Malcolm Hulke  (7 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

UNIT est appelé pour enquêter sur de mystérieux problèmes de santé et une attaque dans une centrale nucléaire atypique logée près de cavernes. Confronté aux réticences du propriétaire des lieux, le Dr. Lawrence, le Brigadier appelle Le Docteur et Liz à la rescousse. Le Docteur ne tarde pas à être en contact avec un reptile qui semble venir de l’endroit où se nichent les agresseurs, les Siluriens. Un peuple qui habita la Terre avant les humains et qui dut se terrer dans des abris souterrains par peur de la lune. Revenus à la vie grâce à l’énergie de la centrale, ils comptent bien revendiquer la Terre. Le Dr. Quinn (un homme médecin), qui souhaite négocier les secrets scientifiques de leur civilisation en enlevant un des leurs, apprendra à ses dépens qu’on ne plaisante pas avec les reptiles intra-terrestres. Le Docteur tente malgré tout d’éviter une guerre ouverte en se faisant médiateur alors même que les soldats de Unit progressent dans les caves des Siluriens. Il trouve en leur chef, un scientifique, un allié de circonstance.

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BOO!

Maintenant que le Docteur est condamné à rester sur Terre, il faut trouver une manière d’éviter la routine de l’invasion extraterrestre. L’invasion intraterrestre semble être une bonne parade. Nous voici donc dans un arc en sept parties consacré à la première espèce qui vient de sous la Terre : Les Siluriens. Nous retrouverons cette espèce dans le double épisode The Hungry Earth / Cold Blood écrit par Chris Chibnall pour les besoins de la première saison du run de Steven Moffat (et de Matt Smith), ainsi que la plupart des idées developpées dans cet épisode. Les Siluriens ont le sang-froid reptilien, il s’agit d’une civilisation avancée, le Docteur se pose en casque bleu et tente de négocier une partie du territoire avec le chef et il y’a des deux côtés des tentations de recourir à la violence. La revendication d’un territoire par deux peuples distincts qui l’ont chacun habité rappelle bien des exemples historiques ou contemporains de cet épisode. La résolution par la négociation que prône le Docteur et que soutient Liz semble être déjà un sujet qui divise. Le Docteur et le Brigadier auront ainsi leurs premiers désaccords et l’arc se résoudra amèrement par l’anéantissement, sur ordre de Lethbridge Stewart, des caves des Siluriens. Un acte qui devrait porter un coup à son amitié avec le Docteur.

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Le Brigadier reconverti en standardiste

L’arc ne se borne heureusement pas à faire des aller-retour entre les souterrains et la centrale. Le scénariste Malcolm Hulke enrichit l’affrontement larvé des deux civilisations d’une épidémie lancée par les Siluriens pour supprimer tous les humains, qui se propagera jusqu’à Londres et au-delà. Cela ne suffit pas à maintenir la tension sur la durée des sept épisodes, le dernier étant de trop, mais l’ensemble est particulièrement agréable à regarder et au final plus riche que son remake. La noirceur de la conclusion et la variété des thèmes abordés compense le look cheap des Siluriens, l’absence de variété des décors de leur antre et cette manie de terminer chaque épisode par une menace de mort pour l’un des héros. Jon Pertwee est convaincant, mais le TARDIS manque, d’autant plus que le Docteur semble l’avoir un peu vite remplacé par…une voiture. Notre compagne féministe Liz est pour l’instant bien en retrait.

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La scène la plus flippante de l’arc. Si si je vous assure…

N : 7

IM : 6