24-03 Delta and the Bannermen

24-03 Delta and the Bannermen

De Malcolm Kohll (3 épisodes)

Réalisation : Chris Clough

La reine Chimeron Delta échappe in extremis au génocide perpétré par l’infâme Bannerman Gavrok sur les siens, sauvant l’œuf qui abrite sa progéniture. Elle se réfugie dans un spatioport où sont organisées des excursions spatiotemporelles thématiques et prend place dans un spatiobus. Mel a justement gagné une place dans le même bus qui les conduira dans dans le Disneyland des années 50. Le Docteur suit le transport dans son TARDIS et parvient à lui faire éviter un accident contre un sattelite. Ils n’atterrissent pas à Disneyland mais dans un camp de vacances au sud du pays de Galles mené par le sémillant Burton, qui les accueille à bras ouvert. Gavrok ne tarde pas à lancer un chasseur de primes aux trousses de la reine, puis à se charger lui-même de suivre sa trace sur Terre. Pendant ce temps dans le club de danse, cette dernière fait la connaissance de Billy, le mécanicien du camp, qui tombe aussitôt sous le charme. A l’éclosion de l’œuf, le jeune homme et Mel acceptent d’aider la reine à faire grandir la gamine. Billy la conduit loin de l’hôtel, quelque part dans la campagne galloise, alors que les Bannermen préparent leur atterrissage près du camp de vacances, bien décidés à faire un massacre pour supprimer la dernière Chimeron.

2403BLove me tender, love me sweet, never let me go

Delta and the Bannermen (titre référence au groupe anglais Echo and the Bunnymen) est une nouvelle tentative de faire exploser les conventions de la série, mais moins heureuse que la précédente. Le premier épisode nous introduit à des voyages galactiques dont on avait jusqu’ici jamais entendu parler, mais l’idée séduit par son originalité et surtout du fait qu’elle permet de retourner sur Terre à une époque proche de celle où la série avait démarré. C’est aussi l’occasion pour Doctor Who de suivre le revival 50’s du cœur des années 80. Sylvester McCoy s’intègre savoureusement au décor en attendant que le bus soit réparé, profitant des joies du club local (et des amourettes des résidents à mille lieux des préoccupations spatiales de la série). Le décalage entre l’enjeu de la survie des Chimeron et la banalité de ce premier épisode dégage une certaine fraîcheur, une atmosphère légère soutenue par une bande originale pop reprenant des grands succès de l’époque. L’éclosion de l’œuf de la reine Chimeron est assez mémorable pour profiter d’un nouveau hurlement de Mel. C’est alors que l’arc vire dans le grand n’importe quoi.

2403

2403CUne grande partie des scènes de Delta and the Bannermen se situent en extérieur, a priori un atout eut égard à l’absence de variété des décors intérieurs de ces dernières années. Mais le standard télévisuel de l’époque pour filmer les extérieurs a bien vieilli. L’impression est prégnante de se retrouver devant un nanar des années 80, quelque chose qui ferait passer l’amateur Bad Taste de Peter Jackson (tourné à la même époque en 16mm avec peu de moyens) pour une superproduction. Les scènes s’enchaînent hasardeusement, introduisant de temps à autre certains personnages, reprenant une aventure en cours dans une grande absence de logique et gâchant de bonnes idées en les introduisant comme un cheveu dans la soupe (la transformation de l’humain Billy en Chimeron). Passer de l’explosion criminelle d’un bus avec des dizaines de personnes aux moments champêtres avec la gamine peinte en verte en croissance accélérée produit un sentiment de perdition chez le spectateur pourtant rôdé à des doses d’absurdes carabinées. Le charme des tubes pop ne dure pas et finit par faire regretter les bandes originales illustratives avec lesquelles la série avait survécu jusque là. Keff McCulloch est encore une fois en roue libre, cette fois sur des variations musicales des 50’s, se permettant même d’introduire des touches du thème de Benny Hill pour illustrer l’action. Face à un Don Henderson en Gavrok cabotineur, Sylvester McCoy sauve les meubles avec un flegme certain. Déjà sur le départ (son remplacement par le jeune Billy fut envisagé lors de l’épisode), Mel demeure un personnage toujours aussi lointain.

2403DSTOP LES EXPERIMENTATIONS MUSICALES

N : 5

IM : 4

24-02 Paradise Towers

24-02 Paradise Towers

De Stephen Wyatt (4 épisodes)

Réalisation : Nicholas Malett

Le Docteur et Mel font un break aux tours du Paradis, un luxueux palace du 22ème siècle surmonté d’une grande piscine qui, laissé à l’abandon, s’est transformé en un endroit peu sûr et pas très charmant. Ils font la connaissance des Kangs rouges, un gang de filles rivales des Kangs bleus, puis se retrouvent séparés. Le Docteur est capturé par les gardiens, officiers très à cheval sur les règles chargés de faire régner l’ordre dans ces zones de non-droit. Le chef adjoint des gardiens conduit le Docteur à son chef qui le prend pour le grand architecte du bâtiment. Il ordonne son exécution. Seven parvient à ruser et à échapper aux gardiens. Pendant ce temps, Mel fait la connaissance des Rezzies (les résidentes), de charmantes vieilles femmes aux intentions pas très nettes. Elle rencontre également le jeune Pex qui a pour vocation de sauver tout ce qui doit être sauvé dans la tour. Tout ce monde est très vite menacé par des robots ménagers tueurs contrôlés par une entité invisible. Le grand architecte des lieux compte bien reprendre le contrôle de son bâtiment en se réincarnant dans un corps. Pourquoi pas celui du chef des gardiens qui lui fournit son garde-manger.

2402bleu ou rouge : choisis ton Kang

Paradise Towers est un OVNI dans Doctor Who, une tentative de faire autre chose qui peut être assimilé à un immonde ratage ou à un coup de génie. L’auteur de ces lignes opte pour la seconde proposition et place illico cet arc parmi les classiques inmanquables. Et non il n’a pas pris de champis avant le visionnage, ni n’est victime d’hallucinations visuelles à l’approche de son 150ème arc. C’est juste super, n’en jetez plus. La scène du gang des Kangs rouges, Bananaramas pré-girl power croisées avec les blousons noirs de Grease qui empruntent un salut totalement irréaliste, n’est qu’un avertissement pour ce qui va suivre. Les gardiens débarquent alors et nous plongeons dans un tout autre univers, fait de circulaires et de directives, de non sens administratifs sortis de la tête d’un Terry Gilliam qui aurait perdu le contrôle de sa direction d’acteurs. Les mamies Rezzies coinçant Mel dans une dégustation de thé hypra dérangeante préfigurent l’humour noir de la ligue des Gentlemen. Elles finiront happées par leur vide-ordure. Le jeune Pex entraîne ensuite Mélanie dans une série d’aventures dans le bâtiment, avant de gagner la piscine au dernier étage. Nous découvrons alors que son complexe de sauveur est dû au fait qu’il est la risée de tous (= les Kangs) parcequ’il a déserté la guerre à laquelle il aurait du servir. Et puis il y’a ce mystérieux tueur qui réclame à manger…Pour peu, on y trouverait Lars Von Trier parti chercher l’inspiration dans ces couloirs peuplés de robots tueurs pour pondre sa série The Kingdom.

2402CLe tea time va virer au drame

Mais Paradise Towers ne serait pas aussi fatal pour les côtes du télespectateur sans l’intervention de Keff McCullough, incidence de l’initiative de John Nathan-Turner de se passer des services du BBC Radiophonic Workshop pour embaucher des compositeurs extérieurs. Keff a réussi la bande son idéale. Il met le paquet sur les percussions, s’autorise des réorchestrations sauvages du thème de la série façon Sade / Terence Trent d’Arby puis passe à une musique tonitruante d’inspiration horrifique sans crier gare, le tout dans une anarchie et dans des ruptures de ton qui dérègleront les oreilles des plus mélomanes. Richard Briers, chef des gardiens transformé en zombie hôte de l’architecte assure le spectacle. Quel que soit le registre qu’il emprunte, il nous propose une performance d’acteur qui achèvera les derniers vaillants qui regarderont encore l’arc au premier degré. Au milieu de ce réjouissant bordel, Sylvester McCoy existe tranquillement mais sûrement en tant que Docteur.

2402D

Richard Briers. What the hell !

N : 8

IM : 3

Saison 24 (1987) / 24-01 Time and the Rani

PLACE AU SEPTIEME !

SEVENBIS

24-01 Time and the Rani

De Pip & Jane Baker (4 épisodes)

Réalisation : Andrew Morgan

Après avoir songé quitter la série, le producteur John Nathan-Turner décide de rempiler pour une saison. Colin Baker est averti tardivement qu’il ne poursuivra pas l’aventure, mais le producteur le prie de se présenter pour filmer la régénération vers le septième Docteur. Suite à son refus, les scénaristes modifient leur script pour intégrer la régénération dans un prégénérique. Le TARDIS du Docteur est pris dans le rayon tracteur de la Rani, puis Six et Mel sont retrouvés insconscients par la Time Lady. Sylvester McCoy y portera une perruque bouclée et blonde ainsi que la tenue de Six pour donner l’illusion de Colin Baker.

La Rani transporte le Docteur jusqu’à son quartier général de la planète Lakertya, où elle mène des expériences qui permettront de transformer la planète en un manipulateur temporel, lui conférant Le pouvoir de changer le destin de chaque astre de l’univers. Séparé de Mel qui est restée dans le TARDIS et victime d’une amnésie post-régénération, Seven tombe dans le panneau de la Rani qui se fait passer pour la compagne. Elle le convainc de réparer un appareil, puis compte l’enfermer dans une machine qui agglomérera son cerveau à ceux des plus grands scientifiques terriens, enlevés pour l’occasion. Ainsi tous résoudront les problèmes qui ont empéché les plans de la Rani de réussir jusqu’ici. Secourue par l’autochtone Ikona, Mel parvient à échapper aux pièges de la Rani et rencontre les Lakertyens. Opressés par la scientifique, ils ne peuvent se rebeller car leur chef a décidé de servir les expériences de la Rani afin de protéger son peuple.

2401Le peuple opprimé des Lakertians au grand complet

Les zélés Pip & Jane Baker reviennent au scénario suite à leur contribution au procès du Docteur, fournissant une nouvelle fois une histoire peu intéressante qui semble être écrite à la va-vite. La réalisation est à l’avenant. Les costumes de monstres à la solde de la Rani font la synthèse du mauvais film fantastique des 80’s et des Sentai, les parties déguisées de Kate O’Mara sont bien mal jouées, les décors sont pauvres (un extérieur et une mine) et le blob géant sensé agglomérer les cerveaux des savants aurait paru limite même des années auparavant. L’idée de faire interagir Albert Einstein, le Docteur et la scientifique Hypathie d’Alexandrie dans un dialogue scientifique est en elle-même dénuée de sens. Cette saison apporte néanmoins un saut qualitatif sur la musique. On est très loin de la maestria de Murray Gold mais la série s’enrichit de thèmes plus reconnaissables et parvient à être suffisamment présente pour porter les nombreux passages fauchés. Les premiers CGI sont incorporés aux épisodes, le plus notable étant la boule qui emprisonne les échappés de la RANI, réminiscence de la série le Prisonnier. Le nouveau générique est quand à lui entièrement conçu par ordinateur, sur une musique aux allures encore bien plus synthétiques. Le titre final d’un goût douteux renvoie indirectement à la typo du club Dorothée.

Sylvester McCoy est sans aucun doute la valeur ajouté de ce début de saison. En dépit d’un script écrit avant son casting, il s’approprie très vite son Docteur et lui confère un jeu physique. Son timbre de voix et sa silhouette posent aussitôt leur marque par rapport à Six. Nous découvrons un TimeLord un peu grognon et plaintif, une sorte de Droopy énergique bien moins extravagant que son prédécesseur. Le seul hic se trouve dans sa tenue vestimentaire cernée de points d’interrogation, une faute de goût de taille qui fait perdurer un second degré distant dont Doctor Who n’a guère besoin compte tenu de son manque de moyen. Les raisons de la régénération ne seront expliquées que dans les dérivés, laissant un goût de brouillon à tout le début de l’arc. On n’en saura pas beaucoup plus sur Mel qui a sauté le passage obligé de l’introduction et qui n’aura, à l’instar de Dodo, visiblement pas le droit à un semblant d’histoire. Tout juste apprenons nous qu’elle a des compétences techniques informatiques et qu’elle vient des années 80, sur la Terre.

2401BKate O’Mara se déguise en Mel et redéfinit la Méthode de l’actor’s studio.

N : 6

IM : 7

23-04 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 4 – The Ultimate Foe

23-04 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 4 – The Ultimate Foe

De Robert Holmes, Pip & Jane Baker ( 2 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

Le destin du Docteur semble scellé lorsque deux TARDIS font irruption à Gallifrey. Ils transportent respectivement Sabalom Glitz et Melanie, commissionés par le Maître pour servir de témoin au procès du Docteur. L’ennemi juré du Docteur apparaît dans la Matrice et prouve ainsi qu’elle peut être violée. Sabalom Glitz dévoile à son tour que les événements de The Mysterious Planet sont du fait du Haut Conseil des Time Lords. Des secrets de la Matrice avaient été subtilisés par les dormeurs, qui avaient installé leur base sur la Terre. Le Haut Conseil décida de déplacer la Terre avec un magnotron afin de récupérer son dû. Notre planète devint Ravolox et une grande partie des terriens périrent dans le grand incendie qui suivit. Le Valeyard accepta de falsifier cet épisode sombre en échange des régénérations à venir du Docteur. Dévoilant ce révisionisme éhonté, le Maître ajoute que le Valeyard est le coté sombre du Docteur qui s’est matérialisé après sa douzième génération. Le faux procureur prend la fuite et se réfugie dans son usine, au sein de la Matrice. Le Docteur devra affronter son coté sombre et déjouer le plan du Maître, qui a étalé toutes ses révélations pour se débarasser à la fois du Valeyard et du Docteur, et régner sur Gallifrey.

2304On dit merci qui pour avoir sauvé la saison ?

Le scénario de ces 13ème et 14ème parties du procès du Docteur fut originairement confié à Robert Holmes, mais il décéda avant d’avoir pu développer le second. Eric Saward déserta également le poste de script editor, mais accepta de terminer le travail de Holmes. John Nathan Turner fit refaire son script final comme Saward refusait de changer le cliffhanger final montrant le Docteur et le Valeyard attiré dans le vide vers une mort certaine. La conclusion de ces deux épisodes revient à une solution qui a fait ses preuves : destituer le fautif (le Haut Conseil) et renvoyer le Docteur à ses aventures après qu’il se soit vu proposer le poste de Président. The ultimate Foe est un gros toutéliage des précédentes parties de la saison, une sorte de reconstruction a posteriori très voyante, mais qui parvient à emporter l’adhésion. Sa durée relativement courte et ses nombreux rebondissements gardent le spectateur en alerte et valident le fait que des arcs plus ramassés sont plus adaptés. En dépit des différentes mains au scénario et de la complexité de son intrigue, ce mini arc conserve une relative logique dans les éléments qu’il décide de conclure (qu’en est-il de la première rencontre de Six et Mélanie ?) et donne une nouvelle lumière sur les ratages de cette saison. Nous découvrons que Peri n’est finalement pas morte et que les éléments qui auraient pu rendre intéressant le premier segment ont été retiré par ce saboteur de Valeyard. Un twist bien commode…

2304CMr Popplewick, ou quand le Docteur parodie Dickens

Faisant intervenir des éléments de différentes époques, la série se met en danger et se condamne à un puits sans fond de justification. La révélation sur le Valeyard, interprété par le très bon Michael Jayston, fait entrer un élément important dans la mythologie de la série, laissant aux scénaristes une marge pour pouvoir la justifier dans le cas où le show serait renouvelé jusqu’à la régénération finale. Cette marge est dorénavant épuisée. Si toutefois Steven Moffat se conformait à la série classique, le Valeyard apparaîtrait lors de l’ère Capaldi, qui serait la régénération la plus diabolique du Docteur (à compter qu’on exclut le Docteur guerrier et la double régénération de David Tennant) et serait même en germe depuis longtemps. Au grand dam de la continuité et en dépit du clin d’œil final, il semble peu probable que ce coté sombre du Docteur revoit le jour autrepart que dans les audiobooks dérivés et novélisations. Il se pourrait que des événements décisifs ayant eu lieu a posteriori, telle que la suppression de Gallifrey ou autre modification d’un point fixe, aient pu empêcher sa naissance. L’idée du double maléfique était bonne à ce niveau de l’Histoire en ce qu’elle mettait le Docteur face à ce qu’il pourrait devenir s’il poursuivait dans son inconstance. La cession des régénérations à venir au Valeyard expose symboliquement la difficile continuation de Doctor Who avec un héros aussi ambigü et met en jeu l’avenir de la série sur une victoire de ce dernier. Doctor Who perdurera pour encore trois saisons, mais avec un changement de Docteur et sans doute une nouvelle direction. Si cette conclusion comporte beaucoup de défauts et facilités, elle réhausse globalement la saison 23 et permet de repartir sur des bases un peu plus saines.

2304BLe Docteur face à son coté sombre : to be continued ?

N : 7

IM : 6

23-03 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 3 – Terror of the Vervoids

23-03 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 3 – Terror of the Vervoids

De Pip & Jane Baker ( 4 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

Malgré le choc de la mort de Peri, le Docteur doit conserver la tête froide pour préparer sa défense. Après avoir visionné des monceaux de films de la Matrice, il revient face au Valeyard et à l’Inquisiteur pour leur présenter une aventure qui se déroule dans son futur, et dans laquelle il pouvait prouver que son intervention est le plus souvent nécessaire. Au trentième siècle, Six et une nouvelle compagne nommée Mel reçoivent un appel de détresse venu de l’Hyperion III, un vaisseau transporteur de croisière. Celui-ci a accueuilli à son bord un trio de scientifiques ainsi que des Mogarians, une espèce qui s’est récemment fait duper par l’envahisseur terrien. Ces derniers donnent du fil à retordre au chef de la sécurité Rudge et au Commodore du vaisseau. Ce dernier a déjà rencontré le Docteur et il se montre peu enthousiasmé par l’arrivée du TARDIS sur son vaisseau, s’assurant malgré tout que Six ait les coudées franches pour résoudre le mystère de morts inexpliqués sur l’Hyperion. Un investigateur dépéche sur place et travaillant sous couverture pour retrouver l’assassin est à son tour assassiné. Pendant ce temps, le Docteur et Mel découvrent que les trois scientifiques dissimulent des secrets sur de mystérieuses graînes et un passager clandestin.

2303Mel et le Docteur. Ils partagent déjà un coiffeur et un goût vestimentaire douteux.

Terror of the Vervoids est le nom attribué a posteriori aux parties 9 à 12 du segment saisonnier du procès du Docteur, qui laisse enfin l’accusé répondre aux accusations du Valeyard. Les scénaristes parviennent à justifier correctement l’emploi d’une aventure qui n’a pas encore eu lieu. L’idée d’un Docteur visionnant par dizaine les vidéos de son futur pour préparer sa défense paraît bien improbable, mais l’improbable n’a jamais arrêté Doctor Who, alors soit. L’introduction de Mel dans l’action (on ne sait pas depuis combien de temps elle suit Six) est aussi un défi correctement relevé. Sorte de caricature physique de la secrétaire joviale mais un peu cruche des années 80, Bonnie Langford parvient néanmoins à convaincre dans une poignée de scènes et ce en grande partie par ses interactions avec Colin Baker qui donnent avec succès l’impression d’avoir un passé de voyages derrière eux. Le choix de preuve du Docteur est quand à lui tout aussi hasardeux que celles du Valeyard, comprenant son lot de passages hors sujet et de longueurs injustifiées.

2303BVous tombez bien. J’ai apporté un Cluedo.

Passé au cumul sur le poste de script editor après un parcours chaotique de scénaristes et de scripts sur l’arc, John Nathan Turner poursuit l’aventure du procès du Docteur en pilote automatique. Les deux premières parties brodent autour d’un récit de détective à la Agatha Christie qui n’arrive guère à la cheville du Black Orchid de Five, mais qui aurait très bien rempli l’arc sur deux épisodes. Le reste montre que le cœur et l’esprit n’y sont plus. La menace de la nouvelle race chlorophylienne créée par les trois scientifiques est peu originale et les E.T pâtissent de leur visage en forme de cul qui projette du méthane par son orifice (ça ne s’invente pas). Les deux derniers épisodes leur donnent trop de temps de présence pour des monstres aussi approximatifs et enchaînent sur une péripétie inutile impliquant le chef de la sécurité et les Mogarians. Le tout est dilué au maximum, arbitrairement monté et les retournements des personnages ne reposent sur aucune base. A l’issue de sa démonstration, les charges pesant sur le Docteur se transformeront en une accusation autrement plus grave de génocide. De quoi préparer la route à l’arrivée du septième Docteur.

2303CLe règne végétal a trouvé ses Terrance et Philippe

N : 5

IM : 3

23-02 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 2 – Mindwarp

23-02 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 2 – Mindwarp

De Philip Martin ( 4 épisodes )

Réalisation : Ron Jones

Le procès du Docteur se poursuit sur Gallifrey et le Valeyard entend bien présenter la pièce qui le conduira à l’échaffaud. La Matrice présente comme preuve sa dernière aventure sur Thoros Beta, celle de laquelle il a été enlevé par les Time Lords. Dès leur arrivée sur la planète, Six et Peri découvrent des armes trop avancés pour les seigneurs de guerre, des autochtones. Décidant d’enquêter, ils découvrent que le Mentor Sil (l’affreux excrément hurleur de Vengeance on Varos) est sur place avec son supérieur pour délivrer ces armes en faisant des profits. Mais la vraie raison de leur venue est de trouver du bétail pour transférer l’esprit de Kif dans un hôte plus consistant avant qu’il ne meure. Pour cela les mentors ont fait venir le docteur Crozier, spécialiste ès transfert d’esprit, qui a choisi comme hôte Yrcanos, roi des seigneurs de guerre. Le Docteur et Peri parviennent à libérer Yrcanos, mais le Docteur finit par le trahir en le conduisant aux Mentors, livrant par la même occasion sa compagne. Alors que le Docteur s’allie avec ceux qui devraient être ses ennemis pour accomplir l’opération sur un nouvel hôte, Peri tente de survivre dans cet univers hostile avec pour seule allié le foudre de guerre et son fidèle écuyer à tête de loup.

2302BBrian Blessed se souvient de Flash Gordon et fait la même chose.

Comprenant les épisodes 5 à 8 du procès du Docteur, Mindwarp (titre qui apparaît uniquement sur le scénario) est vraisemblablement l’arc où Doctor Who a sauté le requin, empruntant un chemin qui rendait la série classique difficilement viable. Il est d’autant plus difficile à concevoir que John Nathan Turner et Eric Saward ait pu fournir une histoire aussi peu défendable alors que la série était sur le point d’être annulée par la BBC. Le retour inexpliqué de Sil (qui trône aisément dans le worst of du bestiaire de la série), la faiblesse des décors, la pauvreté des personnages, des retournements de situation et l’absence de réelle motivation des actes du Docteur font qu’on nage en permanence dans une sorte de flottement. Le Valeyard tente de prouver que le Docteur sacrifierait sa compagne pour sauver sa propre vie et met en évidence sa trahison envers elle. Une hypothèse qui ne surprend pas autant qu’elle le devrait. Un revirement du Docteur pour tromper ses ennemis nous avait déjà été montré dans Invasion of Time et il fut peu convaincant en ce que le Docteur de Tom Baker était alors au top de sa suffisance. Pourtant Four n’a jamais été Six. Même s’il montrait son mépris envers Leela, il ne traitait pas sa compagne comme le Docteur de Colin Baker a traité Peri. De plus, le Docteur en cours est parti trop souvent en vrille pour se porter comme défendeur de la constance morale de ses prédécesseurs. Bref. Six du coté des vilains ? Pas de quoi fouetter K9.

2302M’enfin

Si l’arc se plante dans les grandes largeurs, il reste à sauver le baroud d’honneur de Peri qui est lui plutôt choquant. Après avoir accompagné Six sur plus d’une saison en tentant de juguler ses humeurs et d’apporter un peu d’humanité aux aventures, la compagne trahie se retrouve affublée de piètres camarades et abandonnée dans la pire des situations par celui qu’elle a suivi. Dans une des seules bonnes scènes de l’arc, la jeune femme avoue que sa Terre lui manque et elle laisse deviner une pointe de regret d’avoir fait confiance au Docteur. Un sens de la retenue qui sied bien au personnage. Alors qu’on pouvait enfin espérer que Six fasse un geste pour la sauver, le TARDIS est piratté par Gallifrey et le Docteur appelé à son procès. Peri se voit greffé l’esprit de Kif et revient transfigurée dans une scène finale glaçante qui donne l’occasion à Nicola Bryant de déployer tous ses talents d’actrice. Mais cette fin semble si terrible que la voir se faire tuer ensuite ne provoque pas plus qu’un soulagement. Le calvaire de la compagne abandonnée reviendrait à l’ordre du jour dans l’encore plus glaçant The girl who waited de la saison 6 de la nouvelle série, assurément l’épisode où Moffat franchit la ligne la plus difficile à relever pour son Docteur. Le comportement inconséquent et égoïste d’Eleven envers Amy Pond fera sens par la suite, mais cet épisode laissera tout de même un goût amer que le showrunner passera maladroitement sous silence.

2302CDerniers instants complices avec Peri

Le Valeyard n’a finalement pas tort. Si John Nathan Turner et Eric Saward ont visiblement voulu rendre les Time Lords coupables de la mort de Peri par leur intervention absurde (ils téléportent le Docteur pour le juger sur un acte qu’eux-même viennent de commettre) pendant le sauvetage de Six, c’est le comportement inconséquent du Docteur qui a scellé son destin. Reste encore à savoir si toute cette histoire n’a pas été inventée par le Valeyard, une option qui serait plus acceptable mais d’une grande faiblesse scénaristique.

N : 4

IM : 7

RIP Perpugilliam Brown 😦

Saison 23 (1986) / 23-01 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 1 – The Mysterious Planet

23-01 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 1 – The Mysterious Planet

De Robert Holmes ( 4 épisodes )

Réalisation : Nicholas Mallett

Il est connu que les Time Lords n’interviennent pas dans l’Histoire des autres peuples. Même s’ils consentent à briser cette règle de temps à autre, souvent pour envoyer le Docteur faire la basse besogne, les voilà prompts à lui ouvrir un procès pour l’ensemble de son intervention. Un procès dont l’issue pourrait bien être sa mort. Pour l’occasion, le Valeyard, procureur minutieux, a sorti un film de la dernière intervention en date de Six sur la planète Ravolox. Peu après la matérialisation du TARDIS sur cette planète, Peri et le Docteur y trouvent des indices qu’elle pourrait bien être la Terre. Sabalom Glitz et Dibber, deux mercenaires intergalactiques qui les avaient pris en chasse se font capturer par les autochtones. Glitz en profite pour signifier à la chef du clan local qu’ils sont venus détruire le générateur de lumière noire que les sauvages ont érigé en totem. Ce générateur fournit l’énergie vitale à celui que les habitants des souterrains surnomment l’immortel, un robot programmé pour maintenir les survivants en vie après qu’un grand incendie ait ravagé la planète. Le Docteur devra faire composer avec les envies de destruction du robot et donc intervenir dans le destin de la planète, pas vraiment plus que dans beaucoup d’autres aventures au final.

2301aUn money shot surprenant qui a dû engloutir le budget de la saison

Second fil rouge sur une saison après celui de la Clé du temps, le procès du Docteur court sur toute la saison 23. Il revient à la formule des quatre épisodes de 20 à 25 mn formant un arc et nous fournit un nouveau thème musical qui fait un peu plus mal aux oreilles que l’ancien. Rien de bien neuf dans l’idée de faire juger le Docteur par les siens, si ce n’est d’allonger quatre arcs une idée qui avait fonctionné sur l’effet de surprise à la fin de l’ère Troughton. Mais derrière cette menace d’une sentence de mort pour Six se cache l’avenir menacé de la série. Suite à l’annonce de son annulation lors de la saison 22, des fans et des critiques opérèrent une campagne de sauvetage qui vit entre autre la naissance d’une chanson. La chaîne revint sur sa décision et décida de mettre le programme en hiatus jusqu’au mois de septembre 1986. La production décida de laisser de coté des scénarios prévus pour refléter dans la nouvelle saison cette incertitude sur l’avenir de Doctor Who. Il serait néanmoins hasardeux de faire un rapprochement entre l’inquisiteur de Gallifrey et la BBC de 1986 (et par extension entre le public anti-Six et le Valeyard) car les faits reprochés à Six pourraient aussi bien être reprochées à d’autres Docteurs, l’arrogance mise à part.

2301B

Ce soir projection d’un arc de Doctor Who suivie d’un débat

On se contentera de faire le procès de ce simulacre de jugement qui s’apparente souvent à une grosse blague qui ne s’assume pas. Un bien piètre dernier round pour le vétéran Robert Holmes qui avait tant apporté à l’ère de Three. Devant son juge, Six est contraint de regarder sur un écran une de ses aventures avec Peri visiblement prise au hasard par le Valeyard. Cette aventure a été captée au vif par la Matrice de Gallifrey qui semble filmer le Docteur 24/24. Tel le scénariste ou le fan de mauvaise foi d’un mauvais found footage (pléonasme), le Valeyard justifiera après deux épîsodes que les scènes qui n’impliquent pas le Docteur ont été captées par le TARDIS. Si elle s’occupe des traductions, cette vieille branche peut bien faire office de caméra plantée sur plusieurs angles. Nulle explication ne sera donnée sur le montage, ni sur la musique qui accompagne l’aventure présentée à l’Inquisiteur. Le Docteur protestera à raison que la motié de l’aventure narrée est à coté de la plaque dans l’argumentaire du Valeyard. Le spectateur attendra un retournement de situation sorti de l’esprit ingénieux du procureur qui mettra en lumière la raison de la projection de toute cette aventure, mais il n’y en aura pas. Il lui aurait été reconnaissant d’épargner au moins deux épisodes à un arc qui reprend le sempiternel peuple de sauvage fanatique religieux versus peuple plus avancé reclu suite à une catastrophe. On remerciera le concepteur du robot à tête de siège ou l’absurde d’un obscur manuel canadien qui devient un manuscrit sacré d’avoir arraché quelques sourires au milieu du remplissage. Colin Baker s’en sort quand à lui plutôt bien et Nicola Bryant a visiblement obtenu l’autorisation de se couvrir un peu plus (quel dommage). Nous n’aurons malheureusement pas les réponses aux deux questions qui importaient vraiment dans cet arc : Qu’est-ce qui a déplacé la Terre aussi loin et où Six a-t-il bien pu laisser sa compagne ?

2301CLe robot à tête de siège et ses deux sidekicks

N : 4

IM : 5

23-00 A fix with sontarans

En attendant la saison 23, voici la preuve que les enfants regardaient encore Doctor Who en 1986. Un petit segment spécial conçu pour de l’émission Jim’ll fix it (BBC) dédié à un jeune téléspectateur. Le TARDIS est pris d’assaut par deux Sontarans. Six fait réapparaître Tegan dans son vaisseau. Après des retrouvailles mouvementées, c’est au tour du gamin d’être téléporté pour accueillir comme il se doit les deux envahisseurs. On découvre au passage que le jeune Gareth serait une sorte de John Connor d’une future guerre contre les Sontarans…en 2001. Ce très court épisode vaut surtout pour les retrouvailles de Miss Jovanka avec la nouvelle incarnation du Docteur.

22-06 Revelation of the Daleks

22-06 Revelation of the Daleks

De Eric Saward ( 2 épisodes de 45 mn)

Réalisation : Graeme Harper

Le Docteur amène Peri à Necros, sur le site d’une demeure funéraire nommée repos tranquille qui fut créée pour prolonger la vie des hommes afin de les réintégrer plus tard dans la société. Il compte y visiter le grand scientifique Arthur Stengos. A peine arrivés, ils sont attaqués par un homme mutant qui dit être le produit d’expériences du Grand Guérisseur. La fille de Stengos et un complice ont aussi pénétré dans le sanctuaire pour se rendre compte que le scientifique a été transformé en une créature difforme, sorte de chaînon manquant entre la tête humaine et le Dalek. Le Grand Guérisseur, qui n’est nul autre que Davros, se sert des humains de passage sur Necros pour les transformer en une nouvelle génération de ses créatures. Alors qu’il attend que le Docteur et Peri viennent à lui, Davros est la cible d’une de ses sous-traitantes dans la distribution de nourriture qui engage Orcini, un mercenaire et ancien chevalier d’un grand ordre afin de l’assassiner. Fait prisonnier, le Docteur se retrouve dans la même cellule que la fille de Stengos et son compagnon. Pendant ce temps, Peri sympathise avec un D.J nostalgique destiné à divertir et tenir informées les âmes de repos tranquille.

2206On a retrouvé le disc jockey des 80’s sur la planète Necros.

Revelation of the Daleks est le grand épisode 80’s des Daleks, inséré dans l’air du temps avec l’absence de complexe de cette époque et de ce fait condamné à vieillir très vite. L’élément véritablement kistch de l’arc est un disc jockey typique, en fait un homme du futur qui se serait pris d’affection pour la fin du XXème siècle sur la Terre. Entre deux monologues, il passe a wither shade of pale de Procol Harum et des tubes d’Elvis Presley (les négociations de droits ont dû monter haut). Si la perspective d’une telle nostalgie dans un futur aussi avancé est improbable, Peri est ravie de retrouver un vestige de l’époque qu’elle a laissée derrière elle. Tout comme l’ont sans doute été les spectateurs de l’époque raccolés dans cette optique. Mais l’arc sait aussi se saisir du meilleur des années 80, en l’occurrence une S-F décomplexée qui a de loin dépassé Star Wars et qui vire parfois vers le Dune de Frank Herbert, à moins que l’héritage Pythonien ne soit partiellement responsable de ces débordements. Le lubrique Jobel ou l’écuyer Bostock, personnages haut en couleur et loin d’être glamours, viennent apporter un peu de sel à l’épisode, tandis que le mercenaire- chevalier en rédemption apporte une touche d’héroïsme qui semble venue d’un autre temps et qu’il s’emploie lui-même à tempérer.

2206BJobel a refusé l’immortalité. Un choix peu judicieux à cette époque de Doctor Who.

La noirceur de l’ère de Five a inévitablement insinué la touche de cynisme made in 80’s et Doctor Who a rarement été aussi peu en phase avec son très jeune public. On ne lui souhaite pas d’avoir vu cette créature prosthétique visqueuse mi homme mi Dalek qui n’aurait pas dépareillé dans un film de Stuart Gordon ou dans le cerveau d’H.P Lovecraft. Le retour de Davros est une fois de plus capillotracté et le fait qu’il se soit sorti du sort peu enviable que lui réservait la fin de Resurection of the Daleks restera en partie un mystère. Revelation of the Daleks met peu en valeur Six, lui offrant un de ses épisodes les plus passifs, une relégation sans doute liée à la profusion de personnages secondaires. La fin de l’arc sera néanmoins l’occasion de remettre en avant sa nouvelle condition de végétarien par l’échange de nourriture humaine contre une livraison de fleurs riches en vitamines… Suite à une mauvaise blague de Davros, nous apprenons que le Docteur peut-être amené à rencontrer son propre tombeau lors de ses voyages temporels, idée qui sera reprise sur Trenzalore dans la nouvelle série. Une éventualité morbide qui a de quoi perturber Six, qui médite sur le fait qu’il n’aura plus de régénération (son visage est sur le tombeau qu’il croise), inquiétude qui n’était alors pas si anodine compte tenu des mauvais chiffres d’audience de cette saison 22. Elle présente néanmoins un bilan beaucoup plus positif que ne laissait présager The Twin Dilemma et l’avantage d’avoir su conserver Peri pour tempérer le sixième Docteur.

2206CLe Docteur temporise en attendant que les sbires du supreme Dalek s’occupent de Davros (running gag)

N : 7

IM : 5

22-05 Timelash

22-05 Timelash

De Glen McCoy ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Pennant Roberts

Planète Karfel. La population est sous le joug du Borad, un tyran qui n’apparaît que par téléviseur interposé, mais qui n’hésite pas à faire éxécuter les opposants en les faisant jeter dans un portail temporel. Le Maylin, premier des cinq grands conseillers de Karfel, est devenu avec le temps le bras droit du tyran. Alors que son beau-fils tente de lui faire entendre raison, le Maylin en place trahit sa volonté de chute du régime. Il est aussitôt convoqué par le Borad et éxécuté par le biais d’un accélérateur temporel (!). Pour se venger, la fille subtilise un précieux médaillon au nouveau Maylin et disparaît avec lui dans le TimeLash, pour réapparaître sur Terre au 19ème siècle dans la demeure écossaise d’un certain Herbert. Pris dans un corridor temporel, le TARDIS met ses occupants à rude épreuve. Ils se stabilisent près de Karfel et sont accueillis à bras ouvert par le nouveau Maylin, le sournois Tekker, qui compte bien forcer le Docteur à récupérer le médaillon en échange de la vie de Peri. Alors que la jeune compagne tente d’échapper à ses geoliers, le Docteur retrouve la fille et le médaillon en Ecosse et se voit contraint d’embarquer le jeune Herbert. Ils devront trouver un moyen de faire cesser les agissements du Borad avant qu’un conflit ouvert n’éclate avec les anciens alliés de Karfel.

2205CCause toujours avec tes régénérations. Moi j’ai mon accélérateur temporel.

Timelash peut paraître riche sur le papier, mais le résultat se rapprocherait plutôt de l’accumulation de péripéties pour faire entrer le scénario dans la nouvelle durée des arcs de la série. L’histoire est un recyclage de déjà-vu, de l’oppression de la planète par un Big Brother au plan impliquant une attaque étrangère en passant par le scientifique défiguré qui s’entiche de miss Peri. Les épisodes s’étirent inutilement et le second part littéralement en vrille dans son dernier quart d’heure. Le Docteur décide d’écraser le TARDIS avec Herbert dans un missile de l’armée Bandril (les ennemis de Karfel), puis revient tout pimpant pour accueillir le clone du bad guy laissé pour mort dans une ultime scène terriblement gênante. Timelash offre néanmoins des moments drôles, comme ce commandant des Bandril improbable et la marionnette étrange qui attaque Peri, ces personnages qui font semblant de se battre à coté d’une porte des étoiles plus cheapos tu meurs et quatre vingt dix huit pour cent du jeu de Paul Darrow en super méchant comploteur (la conclusion du personnage reste un mystère scénaristique).

2205BHahaha je vais tous vous rouler, puis crever bêtement par altruisme

On peut tout de même féliciter Robert Ashby pour avoir su rendre le vilain crédible au sein de toute cette vaine agitation. Scientifique mutant, le Borad dirige le Conseil à travers une marionnette que campe un Denis Carey (Le professeur Chronotis de Shada) d’un calme effrayant. Le jeu d’Hashby contraste avec celui de Paul Darrow en ce qu’il se montre aussi tempéré et sûr de lui que son alter égo télévisuel, et en devient du même coup plus inquiétant. Son maquillage hybride est également réussi. L’invitation d’Herbert George Wells au sein de l’arc est quand à elle bien hasardeuse. Prétexte à l’insertion de références qui auraient inspirées l’écrivain pour écrire la machine à explorer le temps, la guerre des mondes ou l’Homme Invisible (un procédé ingénieux qui sera repris avec Dickens en 2005), elle peine à emporter l’adhésion pour deux raisons. La première est la difficulté, même faisant abstraction de la jeunesse, à identifier ce jeune homme babillard, naïvement héroïque et un brin machiste au futur H.G Wells. La seconde est la volonté de ne pas divulguer l’identité du voyageur avant la fin, alors que les références dispersées à son oeuvre l’avaient grillé depuis longtemps. La rencontre de l’écrivain avec le Docteur, qui aurait pu être un des grands moments de la série, se trouve ainsi réduite à l’anecdote au cœur d’un épisode peu inspiré. On peut enfin se demander pourquoi Glen McCoy a tenu à faire référence à une première visite sur Karfel impliquant Three et Jo (et d’autres compagnons…) qui n’a jamais existé au cœur de la série. Ce n’est pourtant pas le matériel qui manque.

2205Le très impressionnable H.G Wells songe à écrire un traité de mécanique

N : 5

IM : 4

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