22-04 The Two Doctors

22-04 The Two Doctors

De Robert Holmes ( 3 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Peter Moffatt

Après avoir quitté Victoria, le deuxième Docteur et Jamie doivent faire un crochet par la station spatiale Chimera à cause des Time Lords qui ont envoyé Two en mission non officielle pour leur compte. Il devra convaincre les scientifiques de stopper leurs expériences sur le voyage temporel. Sur la station, ils rencontrent le biogénéticien Dastari, qui a augmenté considérablement l’intelligence d’une Androgum pour la faire passer à un niveau supérieur de son espèce. Les Androgum sont une espèce instinctive et carnivore, particulièrement portée sur la nourriture. Chessene semble avoir perdu ces attributs, mais Two confie à Dastari qu’il n’est pas de cet avis. Alors que Chessene et Shokeye, un de ses congénères, intriguent en coulisse, un vaisseau Sontaran fait irruption sur la station et attaque l’équipage. Two est laissé pour mort et Jamie emprisonné. Quelques dizaines d’années plus tard, Six ressent une perturbation. Cherchant une explication, il pense être mort dans le passé et ne plus exister que temporairement comme une anomalie. Pensant trouver de l’aide auprès de Dastari, le Docteur conduit Peri sur la station spatiale. Là-bas, ils font la rencontre de Jamie et ne tardent pas à découvrir que Two n’est pas mort, mais emprisonné par Chessene, Shokeye et un groupe de Sontaran qui oeuvrent chacun pour leurs intérêts. Ils ont pris d’assaut une hacienda près de Séville vers laquelle Six et les deux compagnons mettent aussitôt le cap.

2204Two, Jamie et Karl Lagerfeld discutent de vieillissement prématuré

The Two Doctors démarrait très mal. Il paraît hasardeux que les seigneurs du temps fassent appel à Two dans un arc qui précède chronologiquement de The War Games, alors même qu’ils n’avaient pas encore localisé le Docteur après qu’il ait volé le TARDIS. Si le procédé peut-être possible de leur futur, il met les seigneurs du temps en position de gros SPOILER de la surprise de fin d’ère de Two. On peut voir ce réflexe d’utilisation du Docteur comme ambassadeur des Time Lords comme un renvoi à l’époque de Three, époque durant laquelle Robert Holmes (scénariste de cet arc) occupait la fonction de script editor sur la série. Dès lors, la crainte du retour des facilités scénaristiques de the Five Doctors déconnecte le spectateur, souvent à raison. Que penser de l’affectation de Six par un événement qui n’a même pas eu lieu (la mort de Two) ? La coincidence de la visite de Six à Dastari achève de convaincre qu’il ne faudra pas considérer cet arc sous l’angle de la continuité. Ce premier segment se perd également dans ses péripéties et traîne en longueur dans sa seconde moitié. Reste le plaisir de revoir Two et Jamie interagir comme si nous vivions une aventure de leur époque, la couleur et la complétude de l’arc en plus. En dépit du vieillissement visible des deux compères, on a l’agréable impression de revenir aux années pré-colorisées de Doctor Who.

2204BLes probabilités conduisent parfois à d’heureuses rencontres

Les deux épisodes suivants font mentir les mauvais augures. Les Sontaran n’auront qu’une importance marginale dans une intrigue qui n’est pas plus centrée sur leurs guerres qu’elle n’est un prétexte à réunir les deux Docteurs. The Two Doctors se concentre très vite sur les Androgum, faisant de leur atterissage à Séville le parfait prétexte pour s’adonner à la gloutonnerie. La chair humaine est tendre et goûtue et l’incorrigible Shokeye ne fait que réagir à un instinct qui le pousse à chasser. Si scientifiques et guerriers ne pensent qu’à s’approprier la technologie du voyage temporel pour leurs intérêts respectifs, l’Androgum (anagramme de ‘gourmand’) ne demande qu’à engloutir la charmante Peri pour son dîner. L’arc est infecté par le thème de la chaîne alimentaire, à tel point que la métaphore orchestrée par Robert Holmes n’a pas besoin des dialogues surexplicatifs pour se laisser voir pleinement. On ressent l’ironie d’une espèce humaine au sommet de cette chaîne qui a trouvé un prédateur qui la renvoie au rang de bête traquée, les pratiques de l’Androgum renvoyant à ceux de l’homme sur les animaux. Il pose aussi à travers Chessene une question importante : L’intelligence peut-elle vraiment être utile à l’homme s’il ne peut se délester son instinct vorace et destructeur ?

2204CPatrick Troughton is AWESOME

The Two Doctors pourrait préfigurer le pareillement affamé Bad Taste de Peter Jackson car il comporte de nombreuses scènes d’un burlesque Pythonien réjouissant, la scène du repas entre un Two en phase d’Androgumisation et le sémillant Shokeye en tête. Mais il va nettement plus loin, transportant une aura malsaine beaucoup plus proche des délires de la ligue des gentlemen, même si nous ne sommes parfois plus dans le registre de la farce : un personnage inoffensif de l’arc se fait poignarder de sang froid et meurt sur le coup, l’Androgum poursuit Peri dans une scène qui renvoie la massacre à la tronçonneuse, Six empoisonne Shokeye. Le recul comique est chassé par  le ressenti exagéré du végétarien Robert Holmes sur l’animalité du carnivore, qu’il n’hésite pas à exposer de la manière qu’il la perçoit. Le personnage de Chessene apparaît comme une sorte d’alter ego reflet de la culpabilité du végétarien qui, malgré son effort (dû à l’intelligence, selon lui) pour coller à ses principes, devra vivre avec cet instinct. L’empoisonnement du glouton par l’homme de science prend alors une résonance symbolique. L’atmosphère poisseuse est renforcée par la chaleur de l’Espagne, où l’équipe a choisi une nouvelle fois de s’établir pour une production des plus chaotiques. Paradoxalement, l’arrogant Six acquiert au contact de Jamie une humanité qu’on ne lui connaissait pas, qui renforce l’étrange sensation que Two et Six, aussi différents soient-ils, ne sont qu’une seule et même personne. Il y’a aussi des efforts pour expliciter les conséquences sur l’un d’un changement de l’autre. The Two Doctors, en dépit de ses défauts, parvient finalement à faire intégrer au spectateur ce croisement improbable. Mais des bruits d’un hiatus d’un an sur la série commencent à faire douter de son futur.

2204DNe zappez pas. Vous regardez toujours Doctor Who.

N : 8

IM : 6

22-03 The Mark of the Rani

22-03 The Mark of the Rani

De Pip & Jane Baker ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Sarah Hellings

Début du XIXème, village minier de Killingworth, Angleterre. Des mineurs jusqu’alors inoffensifs font preuve d’une grande agressivité, attaquant les machines et les hommes. Dans un contexte où la révolution industrielle et particulièrement les inventions de George Stephenson mettent en danger leur emploi, les habitants pensent qu’à l’instar des ludites, leurs revendications sont politiques. La raison de leur agressivité est à chercher auprès de la vieille femme qui tient les bains destinés à laver les mineurs. A peine ceux-ci sont-ils entrés dans l’établissement qu’elle les endort et pratique sur eux des expérimentations qui leur retirent la substance neurochimique provoquant le sommeil, leur veille constante conduisant à cette agressivité. Derrière le masque de la vieille se cache la Rani, Time lady qui fut exilé de Gallifrey et qui gouverne désormais la planète Miasimia Goria. Ayant privé les habitants de sa planète de sommeil, elle compte subtiliser suffisamment de substances du cerveau des terriens de cette époque pour réparer son erreur. Dans le TARDIS, le Docteur et Peri rencontrent une distortion temporelle qui les conduit à Killingsworth. Le Docteur se met aussitôt en tête de retrouver George Stephenson. Il fait la connaissance du propriétaire des mines, Lord Ravensworth, qui se méfie dans un premier temps de l’énergumène. Comptant profiter du boom de la Révolution industrielle pour satisfaire ses envies de pouvoir, le Maître a aussi atterri à cette époque. Il découvre la présence de Rani et lui propose de s’allier contre le Docteur.

2203Six auditionne pour Mary Poppins. Chim Chimney

The Mark of Rani introduit un nouvel hors la loi de Gallifrey, la Rani du titre, à qui Kate O’Mara prête ses traits très caractéristiques. Grande chimiste exilée suite à une malencontreuse expérience, elle n’a ni la mégalomanie du Maître, ni le coté frondeur philanthrope du Docteur. D’une grande neutralité morale, elle pratique une science sans véritable conscience, considérant toute créature humaine et animale comme du matériel pour ses recherches. Ainsi n’hésite t’elle pas à transformer un homme en arbre en jouant avec ses molécules, prétendant qu’il vivra mieux ainsi (c’est scientifique !). Maîtresse ès déguisements, la Rani se déplacerait d’une époque trouble à l’autre sans attirer l’attention sur elle. Kate O’Mara campe une femme intrigante, charismatique et glaçante qui n’a aucune peine à tenir la réplique à ses homologues gallyfreyiens. La réunion des trois outcats est l’occasion de beaux échanges qui donne une valeur ajouté à un arc qui aurait pu très vite devenir la nouvelle tentative du Maître de conquérir le monde. Le sort final réservé à la Rani et au Maître ne manque pas d’ironie.

2203BLes trois plus grandes hontes de Gallifrey

Mise à part cette nouvelle venue, les deux épisodes regorgent de parti pris intéressants. L’idée de faire un épisode sur l’agressivité de mineurs en plein Thatchérisme est pertinente. L’absence de manichéisme dans la représentation de la Révolution industrielle étonne d’autant plus (on est loin des épisodes des 70’s), la série se refusant à faire des parallèles grossiers entre l’absence de prise en compte des revendications des travailleurs en 1985 et la mécanisation rampante de l’époque traitée. La présence de la Rani, grande figure matriarcale opportuniste et dénuée de compassion envers les hommes au point de leur retirer le sommeil est à elle-seule assez parlante sur la perception de la première ministre. Chantre du progrès, Six voit d’un œil bienveillant l’ingéniosité de George Stephenson, qui serait amené un peu plus tard à inventer la Fusée, une des premières locomotives à vapeur et un point de départ vers les chemins de fer modernes. Doctor Who se permet de nous remettre (enfin!) en contact avec une figure historique par le biais de l’acteur Gawn Grainger qui excelle à faire ressortir les origines ouvrières de l’ingénieur. Quelques moments de ventre mou disséminés dans les deux épisodes viennent un peu ternir ce beau tableau, d’autant plus préjudiciables que le nouveau format semblait nous en préserver.

2203CRani, spécialiste dans la déco de TARDIS (elle a même une télécommande ! )

N : 7

IM : 7

22-02 Vengeance on Varos

22-02 Vengeance on Varos

De Phillip Martin ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Ron Jones

La manie du Docteur de bricoler le TARDIS a produit une nouvelle catastrophe. Le vaisseau se retrouve coincé au beau milieu de l’espace et semble t’il condamné à le rester, à moins de trouver du Zeiton 7, seul matériau assez puissant pour redémarrer ses systèmes. Mais le Zeiton 7 est extrêmement rare et ne se trouve que sur la planète Varos. Le Docteur parvient à matérialiser le TARDIS sur la précieuse planète. Anciennement planète carcérale, Varos s’est réorganisée en système démocratique. Mais cette démocratie ne se compose que de plébiscites destinés à supprimer le gouverneur en place si le peuple n’est pas satisfait de ses réformes immédiates. Ce dernier doit négocier le prix du Zeiton 7 avec Sil, émissaire d’une compagnie qui a fait croire à ses prédecesseurs durant des années que le métal ne vaut plus rien, et par conséquent, il réclame de le vendre à un prix faible. Le peuple refuse de se rationner. Sous la menace de sa propre mort, le gouverneur consent à accorder au peuple une des éxécutions télévisées dont il est si friand, sacrifiant le rebelle Jondar sur le Punishment dome. Le Docteur et Peri débarquent au moment de l’éxécution et parviennent à libérer Jondar avant sa sentence.

2202 Derrière Peri et son haut bleu, Jason Connery (le fiston de Sean)

Vengeance on Varos est un arc moyen qui bénéficie de quelques idées fraîches qui restent principalement liées à l’organisation des pouvoirs au sein de la planète et aux méthodes de torture instituées pour divertir le peuple. Au sein de cette démocratie déviante, le pouvoir est subi comme un fardeau par celui qui a été désigné par tirage au sort. La sanction du peuple est immédiate et le populisme semble être le seul moyen d’échapper à sa propre destruction. Ce système qui se mord la queue pose la question de la limitation du pouvoir d’une population non éduquée, mais laisse surtout voir l’impossibilité de parvenir à un gouvernement sain sans juguler les plus bas instincts, alors même que le pouvoir a lui-même intérêt à les laisser perdurer. La scène finale est à ce titre très évocatrice, lorsque le Gouverneur cesse les transmissions de télévision et laisse les deux téléspectateurs dépités face à un écran noir. Outre ces réflexions politiques, nous pourrons voir dans ces deux épisodes une torture à base de transmutation (Peri transformée progressivement en oiseau), une mort par technique de suggestion, des pendaisons avortés, des soldats noyés dans un bain d’acide (!), un empoisonnement brutal par sumac vénéneux et quelques tortures un peu plus classiques. Ces scènes peu graphiques jurent néanmoins dans un programme destiné en priorité au jeune public, et suscitèrent en leur temps de nombreuses critiques négatives.

2202BRien de tel qu’une petite pendaison pour faire grimper l’audimat

Les défauts de Vengeance on Varos (on se demande encore quelle vengeance) sont plutôt à chercher du coté des décors pauvres, de la difficulté à suggérer tout un gouvernement en ne montrant que l’administrateur ( l’impression d’être dans le ventre mou de l’époque de Four est tenace ) ou encore de Sil, excrément éructant des mots qui ne fait que s’agiter durant les 1H30 de l’arc. Si la volonté de la production était de le rendre insupportable, elle a été atteinte. Peri sait quand à elle se montrer patiente face à un Six qui fait littéralement n’importe quoi lorsqu’il est dans son vaisseau, mais parvient à emporter quelques victoires dans l’action. Cette dynamique babysitter / clown maniaco-dépressif ne saurait satisfaire si elle se poursuivait à longueur d’arcs. La sympathie que suscite Nicola Bryant laisse à penser que la compagne américaine aurait connu de meilleures heures sous une saison supplémentaire de Five.

2202C . . .

N : 6

IM : 3

Saison 22 (1985) / 22-01 Attack of the Cybermen

22-01 Attack of the Cybermen

De Paula Moore ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Matthew Robinson

Réparant le circuit caméléon, le Docteur cause une instabilité sur le TARDIS. Il réussit à faire stationner le TARDIS à proximité de la Terre en 1985, à quelques encablures de la comète de Halley. Pendant ce temps à Londres, le commandant Lytton s’est reconverti en braqueur. Il prépare un coup sur la Bank of England avec trois petites frappes et entreprend pour ce faire de passer par les tunnels menant à la banque. Il déclenche un signal de détresse qui est aussitôt capté par Peri et le Docteur, qui se matérialisent dans les environs pour mener l’enquête. Lytton et un de ses hommes sont pris en embuscade par des cybermen qui ont installé leur QG dans les sous-sols de la ville. L’ancien allié des Daleks leur explique qu’il est venu pour les aider et qu’il leur a sciemment livré ses complices. Le TARDIS pris d’assaut par les Cybermen, Le Docteur et Peri seront conduits sur Telos, planète qu’ils ont envahie suite à la destruction de Mondas, leur planète natale. Les cybermen ont réussi à détourner un vaisseau temporel et ils comptent bien aider la comète de Halley à se crasher sur notre planète, tout cela pour éviter que la Terre ne puisse détruire la leur en 1986. Travaillant finalement les Cryons, habitants de Telos, Lytton convainc son collègue de mettre en échec les cybermen. Pendant ce temps, le Docteur fait la connaissance de la chef Cryon, qui est retenue prisonnière par les Cybermen et deux prisonniers des cybermen s’évadent et regagnent la base cyberleader.

2201Saison 22 : le virage gangster de Doctor Who

Attack of The Cybermen est un épisode important puisqu’il inaugure le passage au format quarante cinq minutes, se rapprochant dans la forme à ce que seront les épisodes en deux parties de la série moderne. Le résultat est suffisamment rythmé et haletant pour qu’on en vienne à se demander pourquoi ce changement de format n’a pas été fait plus tôt, le seul hic résidant dans l’inutilité des deux évadés sur Telos et du policier en infiltration dans le gang de Lytton. Partant d’une intrigue de casse sur Terre, on se retrouve transporté dans l’histoire des Cybermen, temporellement au croisement de plusieurs épisodes de la série. A l’instar de l’ère de Five, l’époque de Six poursuit la capitalisation sur l’Histoire Doctor Who, solidifiant la continuité et amenant astucieusement le Docteur à flirter avec sa propre ligne temporelle. Un petit coup de coude est adressé au passage aux fans de la première heure, le TARDIS se matérialisant près de la même casse automobile d’où il était parti dans le premier arc de la série. La continuité plus récente est aussi assurée par le retour du commandant Lytton, toujours interprété par Maurice Colbourne. Contre toute attente, l’arc fait du mercenaire à la solde des Daleks un défenseur de la cause des Cryons dépossédés de leur planète. Cet habile revirement sert de leçon au Docteur qui avait conclu un peu trop rapidement à sa position d’ennemi. En pleine conversion après sa capture, Lytton mourra en héros devant le Docteur après avoir tué un cyberman.

2201CNe cryon pas victoire trop vite

L’aspect humoristique de la série semble revenir, notamment dans cette réparation impromptue du circuit caméléon qui donne l’occasion de voir le TARDIS se changer en orgue. Bien que le début de l’arc laissat préssentir un fiasco égal au précédent épisode, Colin Baker rattrape joliment le tir. Il livre une prestation toute aussi exagérée, mais qui se tempère à mesure de l’avancée des événements. Les accès de rage et petites excentricités sont même de plus en plus à propos. S’il manque d’exploser lorsqu’il apprend que les seigneurs du temps l’ont mandaté sans sa permission, il réserve une petite tape au TARDIS qui est redevenue une cabine de police et adopte un ton plus mesuré lorsqu’il s’adresse aux cryons. La remise en cause de son jugement sur Lytton permet de lui faire prendre conscience de sa faillibilité, et peut-être de perdre un peu de cette arrogance qui le caractérise. On l’aura compris. Les cybermen ne sont encore une fois pas le principal intérêt de leur arc, se faisant piquer la vedette dès la seconde partie par le mercenaire et les cryons, dont l’apparence (couplée à leur étrange attitude) fait relever un bel effort de la part du staff des effets spéciaux.

2201DLe Docteur joue du TARDIS debout

N : 7

IM : 7

21-07 The Twin dilemma

COLINBAKER

L’HEURE DU SIXIEME EST ARRIVEE

21-07 The Twin dilemma

De Anthony Steven ( 4 épisodes )

Réalisation : Peter Moffatt

Romulus et Remus, deux jumeaux terriens surdoués, reçoivent la visite d’un certain professeur Edgeworth qui efface les souvenirs de leur mémoire et les enlève à leur père. Les jumeaux sont retenus en captivité dans un vaisseau afin de travailler pour le compte de Mestor, une limace humanoïde. Celle-ci a prévu d’utiliser leurs connaissances pour mettre en orbite les deux planètes voisines autour de la planète Jaconda, qui a été envahie par son espèce. Le père des jumeaux envoie aussitôt une escouade pour retrouver ses fils, mais le vaisseau s’écrasant sur Titan 3, le commandant Lang en est le seul survivant. Pendant ce temps, le Docteur se remet difficilement de sa régénération et se révèle être un danger ambulant pour sa compagne Peri et pour le monde. Il décide de l’entraîner dans une retraite pouvant durer des dizaines d’années sur la planète Titan 3. Peri et le nouveau Docteur viennent en aide au commandant Lang, mais sont bientôt découverts par l’équipage de la limace. Sur le vaisseau, Six reconnaît le Professeur Edgeworth, qui n’est nul autre qu’un vieil ami Time Lord qu’il n’avait plus recontré depuis sa quatrième régénération. Celui-ci est contraint d’obéir aux ordres de Mestor afin de sauver son espèce de l’envahisseur limace.

21076 6 6…The Number of the Beast ?

L’originalité de the Twin Dilemma est d’introduire le nouveau Docteur en toute fin de saison. Pour le reste, c’est un arc plutôt pauvre. Les effets spéciaux continuent de plonger, avec en point d’orgue un costume de limace qui renvoie aux oubliettes la gêne du premier arc de cette saison. La première partie laissait présager d’une intrigue intéressante lorgnant vers l’espionnage (la capture des génies est une bonne idée), espoirs qu’on pouvait entretenir après l’exigence et la noirceur de The Caves of Androzani. The Twin Dilemma ne nous donnera qu’une intrigue d’invasion alien semi-mystique, qui se conclut sans grande surprise par un plan génial pour étendre cette invasion. Le Professeur Edgeworth, de son vrai nom Azmael, devait à l’origine être une régénération de K’anpo Rimpoche, vieux sage de Gallifrey qui fut le mentor du Docteur. Une confusion du scénariste en fit un professeur que le Docteur connut à l’Académie. De ce fait, le destin du personnage et son sacrifice final revêtent une importance moindre.

2107BDonc tu veux me faire croire que ce type n’est pas le Maître

Mais le plus gros problème de cet arc n’est pas son maigre scénario. A l’instar de Five, la régénération de Six entraîne des instabilités, mais dans le mauvais sens du terme. Abandonnant toute visée humoristique, la production nous gratifie d’un Docteur prétentieux, théatral à tendance maniaco-dépressive (son costume de bouffon ne lui va que trop bien), peu fiable et qui préfère sauver sa personne entre toutes choses. Un revirement à cent quatre vingt degrés au regard de l’altruisme et de l’empathie du Docteur de Peter Davison. La peur et la déception de Peri se font le reflet de la déception du spectateur, qui se voit rappeler que le Docteur n’est pas un humain et que ses névroses étaient probablement dues au fait qu’il mettait trop de cœur à s’adapter. Une explication pas si hasardeuse à la lumière de la récente réincarnation de Twelve qui creusait l’explication des efforts du Docteur pour bien paraître aux yeux des terriens. Ce déni de ce qu’il était serait-il une réaction aux déceptions que Five aura traversées ? L’auteur de cette chronique avoue être sorti de cet arc aussi perplexe que lors du transfert David Tennant / Matt Smith qui inaugurait également un Docteur plus lointain et plus imprévisible, mais se gardait néanmoins de le rendre antipathique, voire parodique. Colin Baker de garantir que nous n’avons pas encore tout vu et qu’il est de toute façon le sixième Docteur, qu’on le veuille ou non. Laissons lui le bénéfice du doute.

2107CLe retour des costumiers de The Web Planet

N : 4

IM : 7

Le nouveau générique électronico-néonesque

21-06 The Caves of Androzani

21-06 The Caves of Androzani

De Robert Holmes ( 4 épisodes )

Réalisation : Graeme Harper

Le Docteur et Peri se matérialisent sur Androzani Minor, grande source de Spectrox, un précieux breuvage extrait de chauves souris qui permet d’échapper au vieillissement. Trau Morgus est à la tête du conglomérat qui fournit en Spectrox la planète voisine Androzani Major mais les récoltes se sont effrondrées depuis quelques temps. Le scientifique masqué Jaraz Jek a programmé des androïdes pour récupérer le Spectrox et limiter l’offre afin de se venger de Morgus qui a tenté de le tuer par le passé. Jaraz Jek traîte avec des marchands d’armes dirigés par Stotz, en fait des hommes à la solde du conglomérat chargés de l’espionner. Le Docteur et sa compagne se perdent dans les grottes et se trouvent en contact avec du Spectrox pur, qui fait l’effet d’un poison se répandant peu à peu dans leur organisme. Ils sont capturés par les lieutenants du Général Chellak qui les confondent avec l’ennemi vendeur d’armes. Chellak ne sait pas qu’il est également infiltré par Jaraz Jek par le biais de son second, qui a été dupliqué et qui transmet des informations à l’empêcheur d’excaver le Spectrox. L’androide sauve le Docteur et Peri d’une éxécution publique en les remplaçant par des androides, puis les livre à Jek qui est subjugué par Peri. Il décide de la garder avec lui pour lui tenir compagnie. La tension monte entre les différents acteurs du conflit alors que Peri et Five doivent coûte que coûte trouver l’antidot qui les guérira.

2106Le bad guy complexé raconte sa vie

The Caves of Androzani voit le retour de l’ex script editor Robert Holmes à l’écriture, une première depuis le renouvellement de l’équipe qui avait suivi l’arrivée à la production de John Nathan-Turner. Il livre un scénario carré et bien en accord avec le ton général de l’ère du cinquième Docteur. Les quatre épisodes sont constamment sous tension, la musique semble annoncer la fin par ses nappes sinistres, les décors sont globalement travaillés et tout est d’une grande clarté. Il manque cependant la dose d’expérimentation et de folie qui pourrait justifier que The Caves of Androzani soit autant porté aux nues par les fans et décrit comme le meilleur arc de Five par Peter Davison lui-même. Cet arc voit s’affronter quatre parties très bien définies, toutes tiraillés par des passions négatives : Le conglomérat personnalisé par Morgus (le pouvoir), Jaraz Jek (la vengeance), le gouvernement d’Androzani Major (aussi le pouvoir, mais par les voies des électeurs) et des hors la loi qui ne semblent être attirés que par l’argent. Elles s’entredéchirent par soldats interposés, usant d’espions à leur solde afin de pouvoir anticiper les mouvements de l’ennemi. La description très politique des enjeux et la mise à nue des massacres placent cet arc à cent lieux des arcs de Four et de ses prédecesseurs. Il s’en dégage une atmosphère froide qui n’est percée que par la figure tragique de Jaraz Jek interprété avec fièvre par Christopher Gable. Homme détruit et défiguré, Jek s’entiche de la nouvelle compagne du Docteur. Il sera le seul à retrouver une part d’humanité en tentant de la sauver dans la dernière partie.

2106DIl m’énerve. Je vais peut-être le tuer. Qu’en penses tu téléspectateur?

Peri hérite d’une deuxième aventure périlleuse qui ne correspond guère aux vacances qu’elle recherchait. Confrontée à la mort à deux reprises, la nouvelle compagne accepte son destin et témoigne d’une étonnante confiance en ce Docteur. Son arrivée sera l’occasion d’expliquer (à la demande de Peter Davison) la raison de la présence du céleri à la veste de Five. Il serait allergique à certains gazs qui rendraient le céleri violet à leur contact. Intrépide mais peu caractérisée, Peri aura fort à faire pour soutenir la sixième incarnation du Docteur. The Caves of Androzani est en effet la dernière apparition de Five. Peter Davison aura porté trois années revigorantes pour Doctor Who, profitant de scénarios atypiques, d’une équipe de production qui sut faire face à de minces budgets sans sacrifier l’originalité. La série est devenue plus référentielle, plus sombre, n’hésitant pas à développer des intrigues pessimistes et à faire mourir des compagnons (Adric et Kamelion). Au centre de ces bouleversements, Peter Davison a toujours su apporter la touche d’empathie nécessaire sans faire dans la gaudriole. Cet arc est un condensé de la vertu du Time Lord qui se trouve bien démuni face à la bassesse de ceux qui l’entourent, mais tient jusqu’au bout pour sauver sa compagne qui est, après tout, ici par sa faute. Il tire logiquement sa révérence en faisant passer la vie de Peri avant la sienne lors d’un climax très émouvant, assurément le meilleur départ de Docteur jusqu’ici. Parvenu in extremis à trouver l’antidote qui les guérira, à porter la compagne moribonde jusqu’au TARDIS et à dématérialiser sa machine, il se retrouve accidentellement avec une demi dose. Il l’administrera à Peri et se laissera aller. A la manière de Four, Five voit les compagnons de son run le soutenir, puis le visage du Maître l’incite à abandonner la bataille, avant que ses compagnons ne reprennent le dessus. D’un coup apparaît le déjà fringuant sixième du nom : Colin Baker, qui s’exclame que c’était pas trop tôt ! Et Peter Davison rejoint Patrick Troughton au sommet des incarnations du Docteur.

2106CFive au terme de son parcours santé. Tremble Jack Bauer !

N : 8

IM : 8

Farewell to the Good Ol’ Fifth

21-05 Planet of Fire

21-05 Planet of Fire

De Peter Grimwade ( 4 épisodes )

Réalisation : Fiona Cumming

Sur la planète désert de Sarn, le chef religieux Timanov a propagé une croyance dans le Dieu du feu Logar. Il enseigne ses préceptes au jeune Malkon, un Sarn portant une marque qui en fait le messager de Logar amené à régner sur les indigènes. Sur Terre, à Lanzarote, l’archéologue Howard Foster découvre un objet en métal qui porte la même marque. Il reçoit la visite de sa belle-fille Peri qui lui fait part de son départ prochain pour le Maroc avec des amis qu’elle vient de rencontrer. Foster feint d’accepter ce départ, mais il s’arrange pour qu’elle ne puisse pas partir à temps. Coincée sur le bateau, elle s’empare de l’objet et décide de regagner la côte à la nage. Le Tardis atterrit alors à Lanzarote, piraté par Kamelion qui semble être entré dans une crise existentielle. Turlough remarque par l’écran du TARDIS la jeune Peri en pleine noyade. Il décide de la secourir et découvre la fameuse marque sur l’objet qu’elle détient, marque qu’il possède lui aussi sur son bras. Il la ramène dans le vaisseau mais ne peut longtemps dissimuler l’objet au Docteur. Le TARDIS se dématérialise aussitôt pour réapparaître sur Sarn, créant de vives réactions chez les autochtones qui allaient brûler deux infidèles. Cauchemardant, Peri lance un appel inconscient à Kamelion qui prend aussitôt la forme de son beau-père. Après le départ du Docteur et de Turlough en exploration sur la planète, il prendra l’apparence du Maître car celui-ci a de nouveau pris le contrôle du robot.

2105

Chaude atmosphère à Lanzarote

Planet of Fire est un arc écrit par Peter Grimwade, réalisateur entre autres de Logopolis et scénariste sur deux des meilleurs arcs de la série classique, Time-Flight et Mawdryn Undead. On peut donc partir très confiant et le résultat ne ment pas. Cet avant-dernier arc de Five est un peu en deçà des deux arcs cités mais il propose une variation originale sur un sujet difficile, puisque maintes fois traité par la série, celui de la peuplade engoncée dans une croyance religieuse qui peut s’expliquer de manière rationnelle. Peter Wingarde incarne la figure du fanatique religieux avec prestance, les décors de Lanzarote sont bien mis en valeur et la réalisation de Fiona Cumming fait honneur au scénario. Le Maître est de retour, mais il a un peu trop joué avec le Tissu Compression Eliminator, occasionnant sa diminution. Pour retrouver une taille normale, il lui est nécessaire de se baigner dans le gaz numismaton régénérateur au sein du volcan.

2105BJeune fille rêve à beau-papa. Kamelion saisit l’aubaine. Chaud chaud.

C’est également l’occasion de faire revenir Kamelion, qui sera l’instrument du Maître pour atteindre ce feu. On découvre ainsi que le robot polymorphe n’avait jamais quitté le TARDIS, bien qu’on ne parle plus de lui depuis cinq arcs. L’hyperdiscret vacille entre sa forme robot, celle du Maître et celle du beau-père de Peri durant tout l’arc, pour finalement disparaître tragiquement à l’issue de l’arc. On peut saluer cette résolution du mystère de « où est passé Kamelion ? » ainsi que le fait de lui avoir au moins accordé un arc digne de ce nom. Sa fin par la main du Docteur est déjà plus regrettable. Elle l’est d’autant plus que ce dernier laisse ensuite brûler le Maître alors qu’il lui demandait de l’aide ( au nom d’un lien particulier qui les unirait ? ). Deux actes qui auraient pu admettre « une autre solution », mais Five semble ne plus maîtriser son amertume. Le talent de Peter Davison fait que son Docteur a digéré toute la noirceur de son ère sans trop en faire, mais en montrant de temps à autre le signe que les événements le touchaient. De la mort d’Adric passée sous silence au départ de Tegan qui le perturbe encore, en passant par les massacres qu’il a rencontrés (celui des Siluriens en tête), il a fait évoluer son comportement avec finesse pour en arriver à lui faire assumer des actes qu’il n’aurait pas été capable d’assumer auparavant. Five reste profondément sympathique, mais il se mue peu à peu un personnage plus fermé qui traîne sa propre malédiction.

2105CPeri j’ai rétréci le Maître

Désireuse de voyager, la jeune américaine Peri (Perpugilliam) Brown débarque dans le TARDIS par un concours de circonstances plutôt bien agencé, et se paie le luxe d’y entrer en bikini. Son arrivée brutale et son adaptation rapide rappellent les premiers pas de Tegan dans Logopolis, avant que l’australienne ne fasse une crise à rebours. La sympathique Peri parvient en peu de temps à mettre le Maître en difficulté et ne voit aucun problème à rejoindre le Docteur à l’issue de l’aventure, parce qu’elle avait prévu de voyager trois mois. Cette adaptation est sans doute à mettre sur le compte du départ de Turlough, qui n’aura pas attendu bien longtemps après Tegan pour tirer sa révérence. Nous découvrons enfin dans cet arc quelle a été son histoire. Condamné à l’exil sur sa planète natale Trion, il fut marqué du sceau des prisonniers et envoyé sur Terre. Son père et son frère furent déportés sur la planète Sarn qui servait de pénitentier pour les Trions. Ainsi le Dieu Logar n’était-il qu’un vulcanologue Trion apparu au grand prêtre lors de son enfance alors que le jeune Malkon se révèle être le propre frère de Turlough dont le vaisseau de déportation s’était écrasé. Personnage énigmatique et atypique, très bien écrit, Vislor Turlough aura finalement eu une conclusion à la hauteur, sans doute la conclusion la mieux préparée et la moins hasardeuse pour un compagnon jusqu’ici. Il regagnera sa planète, visiblement gracié non sans avoir remercié le Docteur pour tout ce qu’il lui a appris. Il aura été le dernier compagnon masculin de la série classique.

2105DArrivederci Vislor Turlough

N : 8

IM : 7

21-04 Resurrection of the Daleks

21-04 Resurrection of the Daleks

De Eric Saward ( 4 épisodes )

Réalisation : Matthew Robinson

Londres. 1984. Près de la Tamise, deux hommes sont poursuivis par les troupes d’un certain commandant Lytton. Seul le sergent Stien parvient à s’échapper. Pendant ce temps, le même commandant Lytton, qui est un dupliqué contrôlé par les Daleks, fait route vers la prison stellaire dans laquelle est retenu Davros afin de le libérer. Les affreux de Skaro ont besoin de lui pour une mise à niveau urgente car les Movellans sont parvenus à les tenir en échec en développant un virus. A peine libéré de ses geôliers, le créateur des Daleks assure ses arrières pour reprendre le contrôle de sa création. Coincés dans un corridor temporel, Le Docteur, Tegan et Turlough atterrissent en 1984 sur les lieux de la première poursuite et sont bientôt rejoints par le Sergent Stien, en état de choc. Dans un entrepôt, ils font la connaissance d’une équipe d’intervention dépêchée sur les lieux après découverte de ce qui semble être des bombes. En réalité, il s’agit de capsules contenant le virus Movellan conservé pour créer un antidote. Le corridor temporel liant les Daleks à leurs troupes sur Terre s’ouvre et engloutit Turlough. Plus tard un Dalek apparaît, fermement décidé à ramener le Docteur sur le vaisseau ennemi. L’affrontement laisse Tegan inconsciente et contraint le Docteur à agir vite avec l’aide du sergent Stien.

2104La grande dernière du trio de choc

Sur demande express de Peter Davison qui ne pouvait pas partir sans affronter les Daleks, les affreux de Skaro sont de retour dans une fâcheuse posture. Cette rencontre Daleks / Five devait à l’origine avoir lieu en cours de saison 20 et être réalisée par Peter Grimwade, mais fut reportée pour cause de grève. Réalisé finalement par Matthew Robinson et scénarisé par le script editor Eric Saward, Resurrection of the Daleks pêche par manque de rythme, une certaine confusion dans l’exposition due à un trop grand nombre de personnages et une gestion spatiale pas toujours à la hauteur. Les décors peinent à se démarquer et à clairement isoler les différents lieux de l’action. Au-delà de ces défauts, il s’agit d’un arc Dalek tout à fait honorable en ce qu’il offre un condensé des problématiques qu’impliquent la présence des grands ennemis du Docteur. Contrairement aux cybermen qui ont été quelque peu dénaturés dans leurs dernières apparitions, nos Daleks restent fidèles à eux-mêmes. L’arc est hanté par la question du contrôle. Le Dalek suprême contrôle les autres Daleks et les agents « humains » tandis que Davros cherche à lui subtiliser ce pouvoir à l’aide d’un mystérieux appareil, occasionnant au final un clash entre deux camps. Le créateur hystérique des Daleks, plus gesticulant et vociférant que jamais (Adolf Hitler n’est pas loin), ainsi que le massacre qui s’ensuit traduisent bien le ridicule de cette course pour la domination.

2104BLa seule façon de le faire taire

Alors que Davros tisse sa toile, le Docteur découvre à ses dépends que Stein est un agent des Daleks. La partie la plus intéressante de l’arc tient dans ce personnage qui devra entrer en conflit avec la programmation qu’il a subi pour retrouver sa liberté. Un autre intérêt de cet arc est de voir le Docteur confronté au choix d’assassiner ou de laisser vivre Davros. Le très pacifique Five s’emparera d’une arme à feu pour finir un Kaled mutant devenu dangereux hors de sa coquille Dalek, puis pointera une arme sur la seule personne capable de redonner une chance aux Daleks de poursuivre leur guerre galactique. Confronter le Docteur à l’idée d’un assassinat cadre bien avec le coté sombre de l’ère de Five et annonce en quelque sorte les événements qui présideront à la nouvelle série. L’intention du Dalek Supreme de cloner le Docteur pour faire assassiner le Haut Conseil des Time Lords ouvre d’ailleurs la voie au conflit qui forcera le héros à passer de l’autre coté et les showrunners de la nouvelle série à faire de sa nocivité une question centrale. Resurrection of The Daleks verra le départ de l’attachante Tegan, lassée de cette tuerie de trop. Contrairement à Amy Pond, elle semble voir venir le coté le plus sombre du voyage de notre Time Lord. La compagne emblématique de Five ne s’amuse plus et son attachement au Docteur ne la fera pas rester. Les raisons de ce départ sont intéressantes, tant l’australienne est devenue une sorte de prolongement du Docteur. Five semble lui-même comprendre à travers sa réaction qu’il devient quelque chose qu’il a toujours cherché à fuir, et qu’il lui faut penser à s’amender.

2104CBrave heart Tegan, and Goodbye  😦

N : 7

IM : 7

21-03 Frontios

21-03 Frontios

De Christopher H. Bidmead ( 4 épisodes )

Réalisation : Ron Jones

Le Docteur, Tegan et Turlough se retrouvent dans un futur très lointain lorsque le TARDIS est assailli par une pluie de météorites et tracté sur la planète Frontios. Sur cette planète survit la dernière colonie d’être humains, qui a fort à faire entre les attaques de météorites orchestrées par un ennemi dont elle ignore la nature, la difficulté à conserver l’ordre et les nombreuses disparitions en ces rangs. Aussi l’arrivée de l’équipage du TARDIS n’est pas vue d’un très bon œil (comme d’habitude, me direz-vous). Suite à la disparition brutale du leader, le fiston de celui-ci est devenu capitaine, sous l’égide un peu trop protectrice de l’autoritaire chef de la sécurité Brazen qui ne fait guère confiance aux étrangers. Le chef scientifique Range et sa fille Norna acceptent néanmoins l’aide que le Docteur leur apporte en violation des règles de non intervention des Time Lords. Tegan est bientôt témoin de la disparition du nouveau chef alors qu’il se remettait d’une attaque cardiaque. Il a été enlevé par les tractateurs, des insectes géants très intelligents qui ont jadis attaqué la planète de Turlough. Ceux-ci se servent des forces restantes des humains kidnappés pour relier leur système à des machines minières. Ils ont pour plan de prendre possession de la planète.

2103

Dans cet arc, ce porte chapeau deviendra une arme redoutée

Le scénariste de Logopolis revient avec un arc dont le point de départ contredit étrangement l’épisode Utopia qui vit le retour du Maître dans la nouvelle série (dixième Docteur), faisant remonter l’extinction de l’Homme à une époque bien moins avancée que celle décrite dans la nouvelle série. L’affaire sera réglée par l’intervention de Five dans cet arc qui, s’il ne le dit pas clairement, a eu pour effet de prolonger la vie de l’espèce humaine. Nous assistons également dans cet arc à la destruction du TARDIS, dont les pièces ont été dispersées par une attaque de météorites au sol de Frontios, fait douteux lorsqu’on connaît l’indestructibilité du vaisseau du Docteur. Enfin, le scénario incorpore astucieusement des éléments du passé de Turlough, en l’occurrence l’attaque des insectes mineurs sur sa planète. Un événement qui déclenchera d’abord une panique incontrôlable chez le compagnon du Docteur, puis lui donnera une bonne dose de courage pour aller au devant de l’ennemi, ce qui est déjà une grande chose pour Turlough.

2103BTurlough a vu l’indicible. Un cloporte.

La production de l’arc fut touchée par le suicide du designer pressenti, puis par le meurtre de l’acteur devant interpréter le chef scientifique. Deux funestes événements qui n’ont pas pour autant découragée l’équipe de tournage. Frontios est de bonne facture, même s’il n’est pas irréprochable. Il pâtit évidemment des costumes de ses bad guys, encore un gros point faible de la série. Contraint de les faire apparaître, Bidmead en fit des cloportes géants qui passent nettement mieux lorsqu’ils sont filmés en gros plans que lors de mouvements dans le cadre. Les décors de l’arc sont plutôt pauvres (très post-apo) et l’interprétation de beaucoup d’acteurs se contente du minimum syndical. Heureusement Five est toujours aussi impliqué et Tegan est un parfait numéro 2. A l’heure où le successeur de Peter Davison était déjà connu (l’acteur souhaitait quitter Doctor Who), Janet Fielding pouvait se targuer d’être encore plus ancienne que lui dans la série. A ce stade, elle est devenue plus qu’une compagne et il devient difficile de dissocier ces deux-là. Une complémentarité qui renvoie de manière visible à celle que connaîtront Ten et Donna Noble. Le robot Kamelion est quand à lui toujours porté disparu.

2103CCinquième régénération en vue, et déjà la presbytie guette

N : 7

IM : 6

21-02 The Awakening

21-02 The Awakening

De Eric Pringle ( 2 épisodes )

Réalisation : Michael Owen Morris

En partance pour la Terre pour rendre une visite au grand-père de Tegan au village de Little Hodcombe. Le Docteur et ses compagnons y croisent des gens costumés. Il ne s’agit pourtant pas d’une erreur du TARDIS, mais d’un jeu de guerre visant à reconstituer une sanglante bataille qui eu lieu le 13 juillet 1643, durant la guerre civile anglaise. Ils sont capturés et menés à Sir George Hutchinson, le grand organisateur du jeu. Apprenant que son grand-père est porté disparu, Tegan s’enfuie pour partir à sa recherche. Les hommes de Hutchinson ne tardent pas à la récupérer et la forcent à se vêtir comme la reine de Mai, titre d’une femme qui mourut brûlée lors de la bataille en 1643. Il s’avère que le jeu n’est qu’une mascarade dissimulant la volonté du Lord de reproduire le même massacre. Le Docteur rencontre Will, un gamin de 1643 qui a pu traverser une faille temporelle émise par un grand amas d’énergie psychique. Une énergie qui sert à nourrir une entité maléfique dénommée Malus qui tient Sir George Hutchinson sous sa coupe. Le Docteur, Tegan, Turlough, une professeure locale et le jeune Will feront tout pour empêcher le massacre de se reproduire et pour retrouver Andrew Verney, le grand-père de Tegan.

2101Cap de brûler une femme pour faire comme nos ancêtres ?

Tiré d’un scénario qu’Eric Pringle avait déjà proposé à Robert Holmes dans les 70’s, The Awakening développe une idée qui se trouve dans le prolongement de l’arc précédent, à savoir que la violence nourrit le mal. Ainsi une poignée de rôlistes jouant des guerriers se transforment-ils en véritable guerriers pour reproduire une bataille qui ménera à l’avènement d’une créature maléfique dissimulée dans une église. C’est la première apparition de l’entité Malus qui, à l’instar du Mara, est une force maléfique douée d’ubiquité qui se nourrit des hommes. On le voit néanmoins sous la forme d’une statue derrière un mur, puis sous une apparition psychique ayant réussi à investir le TARDIS. Le scénario est souvent maladroit dans l’explication des failles, au point de devoir notamment ce justifier sur la présence physique de Will, qui n’est finalement pas une émanation immatérielle de son époque mais un vrai voyageur temporel.

2102BMalus, la nemesis des automobilistes

On peut également reprocher à cet arc de ne pas assez exploiter les retrouvailles de Tegan et de son grand-père. L’occasion aurait été parfaite pour en savoir plus sur l’australienne. Nous n’aurons droit qu’à quelques accolades et une invitation hors champ de l’arc à prendre le thé. Turlough demeure fidèle à lui-même, mais il semblerait que son degré d’altruisme se soit un peu développé. Une scène avec Kamelion devait être incorporée, mais fut coupée au montage, laissant encore le spectateur sans repère sur le destin du pauvre robot. Long dans son introduction et masquant mal son manque de moyens, The Awakening est le plus faible des arcs en deux parties de Five. C’est également le dernier des two-parter de la série à comporter des épisodes d’une durée avoisinant les 25 minutes.

2102COn ne l’y reprendra plus à visiter la famille

 N : 5

IM : 4

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