13-04 The Android Invasion

13-04 The Android Invasion

De Terry Nation (4 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

Le Docteur et Sarah Jane se retrouvent dans le Devesham, où ils assistent à la mort d’un soldat d’UNIT qui se jette d’une falaise pour échapper à des assaillants qui tirent des balles avec leur doigt. Dans le village, ils recroisent le soldat mort et des villageois qui se comportent bizarrement. Sarah Jane enquête sur place et le Docteur décide de joindre UNIT. Arrivé au QG, il rencontre dans le bureau du Brigadier un certain Crayford, astronaute disparu il y’a de cela deux ans. Le Docteur est poursuivi par Benton et par le lieutenant Sullivan, puis il est mis aux arrêts. Sarah Jane le libère et lui explique que tout ceux qu’ils ont rencontré sont des androïdes duplicata de personnes existant sur Terre. Les Kraals , une race d’extraterrestre dont la planète est devenue inhabitable, ont construit ce petit laboratoire afin de cultiver ces robots qui serviront à conquérir la Terre en diffusant un virus. L’astronaute Crayford, recueilli par eux alors que son vaisseau était en perdition, a promis de les aider, bien qu’ignorant les intentions du chef Styggron d’en finir avec les humains avant de s’installer. Le Docteur découvre alors que la femme qui l’a aidé n’est qu’un androide de Sarah Jane.

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Les Kraals, des E.T qui ressemblent à de vieux râleurs

Sur la requête de Robert Holmes, Terry Nation est de retour avec un épisode sans Daleks, et c’est tant mieux ! Il nous avait déjà fait le coup avec le très bon Keys of Marinus pour la première saison. The Android Invasion n’est pas parfait, mais il a le mérite d’être plus original qu’une bonne partie des épisodes écrits par le papa des Daleks sur la série. On nage bien sûr dans la paranoïa type L’invasion des profanateurs que développait déjà l’attaque des Zygons, avec des doubles des personnages qui brouillent les pistes sur qui est ou n’est pas dans le bon camp (Le Docteur et Sarah Jane compris). Les Kraals sont des aliens classiques aux des vagues traits de rhinocéros, mais leur procédé d’invasion relève de l’inédit. La première partie entretient l’illusion d’un atterrissage sur Terre pour le docteur et sa compagne, malgré une dématérialisation sauvage du TARDIS. Poussive et étirée, elle se révèle nettement moins intéressante que la deuxième, qui voit la préparation de la fusée de l’astronaute pour la Terre et la rencontre des humains qui ont été dupliqués.

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Sarah Jane bot et tous ses circuits. C’est indécent.

L’occasion est bonne pour revenir à UNIT, et ce en dépit des convictions du script editor. Le Brigadier n’est pas de la partie puisque parti pour Genève (Nicholas Courtney est en tournée théâtrale), mais on retrouve avec plaisir Benton et Harry Sullivan. Le plaisir aurait bien sûr été plus grand si pour cette dernière apparition dans la série, ils avaient interprété plus longtemps leur rôle au lieu de celui d’androïdes occupant leur corps. Sarah Jane est fidèle à elle-même, mais il serait temps d’en faire une compagne plus volontaire pour les voyages. On se doute bien que le Docteur ne va pas la ramener chez elle, comme il le promet, dans le prochain épisode.

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Pour leur grande dernière, Sullivan et Benton préparent le retour d’un astronaute. UNIT represents !

N : 6

IM : 4

Saison 13 (1975-1976) / 13-01 Terror of the Zygons

13-01 Terror of the Zygons

De Robert Banks Stewart (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Suite à la disparition de plates formes pétrolières dans une région côtière des Highlands, le Docteur est appelé à la rescousse par le Brigadier. Il atterrit en Ecosse avec Sarah et Jane et Harry, pour être conduit jusqu’au QG improvisé de UNIT par le mystérieux et laconique Duc de Forgill, détenteur des domaines locaux. Dès son arrivée, la fine équipe mène l’enquête. Ce qui vaut à Harry de se faire tirer dessus alors qu’il tente de sauver un survivant d’une des plates formes pétrolières. Transporté à l’hôpital, il est enlevé par l’infirmière qui est en fait une créature extra-terrestre. La créature enferme Sarah Jane et ne tarde pas à faire de même avec le Docteur qui est un peu trop perspicace. Harry est transporté jusqu’à un vaisseau et présenté au chef Zygon, Broton. Celui-ci lui explique que leur planète ayant été détruit par une explosion stellaire, ils comptent prendre contrôle de la Terre en utilisant un monstre marin venu de leur planète, le Skarasen, qui fera exploser les ressources terriennes. Possédant la technologie qui leur permet d’imiter les humains qu’ils retiennent prisonniers, ils comptent également prendre l’apparence d’Harry pour mener à bien leurs plans.

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Pour sa dernière apparition 70’s, le Brigadier rend hommage à Jamie McCrimmon

Un bien sympathique début de saison que cet épisode qui renvoie aux meilleurs heures de Three et de UNIT, alors qu’ils combattaient des superstitions qui cachaient des menaces extraterrestres (The Daemons en est le meilleur exemple). Nous retrouvons avec plaisir le Brigadier et Benton. Cet arc est encore plus sympathique du fait qu’il se déroule en Ecosse. L’initiative de se tourner vers les Highlands vient de Robert Banks Stewart, un des nouveaux scénaristes engagés par Robert Holmes pour revigorer la série, qui se trouve être originaire d’Ecosse. Il nous explique que le Monstre du Loch Ness serait l’instrument des Zygons, des types rouges pas franchement beaux et pas très commodes. On a bien envie de le croire, d’autant plus que les quatre épisodes sont très bien gérés et qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Nessy se paie une bonne tranche et parvient même au terme de l’arc à faire un petit tour à Londres (du moins son cou).

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Le Zygon dans son enveloppe naturelle. On comprend qu’il veuille nous ressembler.

Les Zygons, qui ont gagné plus de temps d’antenne du fait des réécritures de Robert Holmes, ont suffisamment de particularités pour s’intégrer à la B-List du bestiaire de la série. Stewart joue particulièrement bien de leur technologie de polymorphe sans en faire trop. Les personnages, même secondaires, sont marquants et la couleur locale permet quelques pointes d’humour bien placées dont un Brigadier en kilt qui rappelle fièrement son appartenance au clan Stewart à Sarah Jane. La première mauvaise nouvelle de l’arc est le départ prématuré d’Harry qui formait un très bon tandem avec Sarah Jane. Engagé au départ pour être l’action man au cas où le Docteur serait trop vieux, la production jugea inutile de le renouveler. Du coup, le Docteur et Sarah repartent seuls à l’aventure comme au temps de Three. La seconde mauvaise nouvelle est que le Docteur coupe bien le contact avec UNIT après cet épisode, et ce pour de nombreuses années.

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Harry et Sarah Jane – La dernière. So long Old Boy.  😦

N : 7

IM : 5

12-05 Revenge of the Cybermen

12-05 Revenge of the Cybermen

De Gerry Davis (4 épisodes)

Réalisation : Michael E. Briant

Le Docteur et ses compagnons utilisent l’anneau temporel des TimeLords pour rejoindre la station Nerva, mais ils se retrouvent sur les lieux 1000 ans avant que les éruptions solaires n’aient poussé les humains à fonder l’Arche. Un mal s’est abattu sur la station alors qu’elle poursuivait une mission non loin de l’astéroïde Voga, près de Jupiter. Le capitaine Stevenson et les survivants de la Station pensent que leurs morts ont été contaminés par la peste, mais les responsables sont des Cybermats qui administrent un poison mortel. Les Cybermen disparurent une centaine d’années auparavant en tentant d’attaquer Voga, considérablement affaibli par la pureté de l’or sur la planète. Ils cherchent maintenant à profiter de la présence de la station pour supprimer l’astéroïde qui les affaiblit. Réputé inhabité, Voga dissimule en fait une population qui se terre dans des Mines d’or. Le Docteur y téléporte Harry et Sarah, afin de sauver cette dernière qui a été infecté par un Cybermat. Pendant ce temps, un agent double prétend travailler pour les Cybermen alors qu’il n’est qu’un mercenaire aux ordres des Vogans.

ImageLes Cybermen sont des gros losers

Cette saison 12 aura fait œuvre de continuité en faisant se poursuivre les conséquences de l’atterrissage dans l’Arche. Nos trois héros se retrouvent donc une nouvelle fois sur le Nerva pour boucler la boucle. Le créateur des Cybermen Gerry Davis, n’ayant plus écrit sur Dr Who depuis Tomb of the Cybermen, s’attelle à faire revenir les vilains robots et leurs bébêtes électroniques après une ère Pertwee vides de Cybermen. Il en résulte un arc d’une grande banalité. Les Cybermen y sont vidés de leur potentiel menaçant et paraissent même ressentir des émotions à certains moments de la bataille (un ajout de Robert Holmes, qui réécrivit le scénario). Au milieu de péripéties et rebondissements qui auraient pu se dérouler au sein de n’importe quel épisode dans l’espace, nous apprenons que l’or est la kryptonite des Cybermen. Voilà donc le seul vrai apport de l’épisode.

ImageLe traître de l’épisode est un agent double

Revenge of the Cybermen pâtit de passer après l’excellent Genesis of the Daleks, mais aussi des années Pertwee qui nous garantissaient à chaque fois une fin de saison en beauté. La logique aurait voulu que l’épisode des Daleks soit le dernier de la saison pour que le contrat soit rempli. Cette constatation se double du sentiment d’un retour en arrière sur la caractérisation d’Harry et du ridicule des Vogans qu’on peine à voir autrement que comme des hommes avec des masques de vieillards. Restent quelques bons moments menés par notre trio qui parviennent à garder l’esprit des autres épisodes de cette bonne saison.

ImageUn gang masqué cambriole une mine d’or

N : 4

IM : 4

12-04 Genesis of the Daleks

12-04  Genesis of the Daleks

de Terry Nation (6 épisodes)

Réalisation : David Maloney

La téléportation par le Transmat du Nerva est interceptée par un membre du Conseil des Timelords qui dévie sa trajectoire sur Skaro, la planète d’origine des Daleks. Les gens de Gallifrey se sont rendus compte que les Daleks allaient causer à l’avenir des dommages qui ne pourraient pas être réparés à l’échelle de l’espace-temps. Aussi demandent-ils au Docteur d’empêcher leur création. Ils ont pour cela transporté le Docteur, Sarah Jane et Harry au cœur de la guerre sans fin qui opposa les Thals aux Kaleds. Les Kaleds de la surface subissant des mutations (les Mutos) ont alors été mis au ban de la société alors qu’une caste de scientifiques promus pour employer tous les moyens pour la survie de l’espèce a gravi les strates du pouvoir. A sa tête, le génie Davros a mis secrètement au point des robots sans aucune conscience morale capables d’exterminer les ennemis qui ne correspondraient pas aux critères de leur race. Après avoir perdu la trace de Sarah Jane, le Docteur et Harry sont faits prisonniers par Nyder, le lieutenant de Davros. Se retrouvant au milieu des Mutos, la journaliste est transportée avec un d’entre eux dans le quartier général des Thals pour aider à la construction d’un missile qui servira à détruire le dôme sous lequel vivent les Kaleds. Davros se décide à divulguer aux scientifiques sa création, dont le premier méfait aurait été de tuer Le Docteur et Harry s’ils n’avaient pas été stoppés par le scientifique Ronson. Ce dernier pense que les mystérieux intrus pourront aider les Kaleds à sortir de cette guerre et il s’oppose farouchement à la tournure qu’ont prises les expériences de Davros.

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Sarah Jane et son Mutos prennent la tangente.

Terry Nation, le créateur des Daleks revient pour un nouvel arc impliquant ses bébés. Le premier arc qu’ils partagent avec le Docteur et une aventure qui donne un sacré coup dans la routine (c’est peu de le dire) des apparitions des Daleks. Nous sommes plongés dans le contexte de leur création et le Docteur est placé dans une situation qui lui permettrait de totalement se débarrasser d’eux. La grande force de cet arc est de faire parfaitement ressortir l’urgence de la situation et la gravité historique des événements qui se déroulent avec peu de décors, un nombre relativement limité d’acteurs et les moyens télévisuels de la BBC. Les premiers épisodes font clairement ressortir que le germe des Daleks est partout dans le système et les habitudes des Kaleds. Le régime qui permet aux affreux de venir au monde renvoie naturellement au régime nazi avec ses soldats raides et déshumanisés, adeptes de la torture, qui ne manquent d’ailleurs pas d’effectuer des débuts de salut nazi.

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Davros et son ombre, le monolithique Nyder

Le glaçant Nyder renvoie autant à un chef SS (il a un physique apparenté à celui de Heinrich Himmler) qu’au Grand Moff Tarkin du premier Star Wars à venir. Davros est le rejeton d’une science sans conscience qui n’a aucune allégeance, sinon celle qui pourra amener sa création à être l’espèce dominante. Il manie très bien la politique à cette fin et maîtrise aussi bien le double jeu que l’empereur Palpatine, si bien qu’on peut se demander si Georges Lucas ne s’en serait pas un peu inspiré pour créer son Sith. Terry Nation n’a quant à lui pas tiré tout ça de son chapeau. Les allusions aux scientifiques de guerre qui ont permis l’avènement de la bombe atomique ou d’armes qui restent encore des menaces de destruction pour les générations futures, même en période de Détente, hantent cet arc Dalekien. Certains moments, comme le dialogue entre Davros et le Docteur concernant un hypothétique virus, sont réellement dérangeants.

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Davros et le Docteur dans un débat hautement philosophique

L’autre force de Genesis of the Daleks est de reconstituer avec une grande fiabilité la genèse du titre, en complément des renseignements qui nous étaient déjà fournis dans la série. Nul autre que le créateur des Daleks ne pouvait relever aussi bien le défi. Même en prenant parfois des chemins sinueux, Terry Nation aboutit au final à la situation qui mena à l’épisode 2 de la série. L’auteur a parfaitement compris l’or d’un tel concept et il l’utilise jusque dans ses retranchements. N’oublions pas que ces événements auront un écho sur toutes les époques qui dépassera même l’ancienne série. Il n’hésite pas à faire du Docteur un prisonnier qui dévoilera les raisons de toutes les défaites des Daleks, donnant la possibilité à Davros de corriger ses erreurs pour qu’elles n’aient pas lieu. Il place aussi entre les mains du Docteur le grand dilemme du voyageur temporel. Sera-t-il capable de détruire toute une race en gestation dans l’unique but de sauver le futur ? Pourrait-il supprimer un bébé sachant que celui-ci deviendrait un immonde dictateur ? (Hitler, au hasard). Le Docteur se refuse à le faire. Et de penser que ce grand mal pourrait aussi amener du bien. Une conclusion difficile à trancher, mais passionnante en ce qu’elle renvoie à tout l’arc de Russell T. Davies et au récent épisode du cinquantenaire : The Day of The Doctor. Le docteur guerrier (John Hurt) y fera la même conclusion en observant l’attitude de Ten et Eleven. Les Daleks finiront par supprimer Davros (qui réssucitera par la suite) et toutes les aventures que nous avons vécues avec eux auront lieu. Genesis of the Daleks est foisonnant, passionnant, prophétique (l’intervention des TimeLords est le premier acte de leur rivalité avec les Daleks) et tendu sur ses six épisodes. Il expérimente à tout va comme le faisait la fin de la période Troughton, et bénéficie à son instar de deux compagnons parfaitement rôdés et utiles. Si Sarah Jane n’avait plus rien à prouver, Harry Sullivan semble avoir troqué sa maladresse contre un remarquable esprit d’initiative. Tom Baker porte sur ses épaules ce scénario très noir et lui apporte avec conviction quelques touches de légèreté. Brillant.

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C’est pas encore pour maintenant vieux, mais le Moment viendra.

N : 9

IM : 10

12-03 The Sontaran Experiment

12-03 The Sontaran Experiment

De Dave Martin & Bob Baker (2 épisodes)

Réalisation : Dave Martin

Le Docteur, Sarah Jane et Harry sont téléportés sur la Terre à l’aide du rayon Transmat du Nerva pour effectuer une mission de reconnaissance. Alors que la planète est censée être déserte, le Docteur rencontre des astronautes venus d’une colonie spatiale. Sarah Jane sympathise avec l’un d’entre eux qui a été enlevé par le Major Styre, un Sontaran. Celui-ci a attiré les astronautes sur la Terre déserte dans  l’intention d’effectuer un rapport sur les faiblesses de Terriens qui permettra à son peuple de lancer une attaque. Sarah Jane est kidnappée par Styre, qui décide de tester sa résistance à la peur. Le Docteur doit échapper aux astronautes hostiles et affronter le Sontaran pour déjouer ses plans d’attaques.

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Le quatrième Docteur et ses deux compagnons, une affaire qui marche !

Un arc en deux parties que l’on doit à la sagesse de Robert Holmes (promu script-editor) qui préfère les arcs courts. En lieu et place d’un long arc de six épisodes avec des tournages en intérieurs, puis en extérieur, nous nous retrouvons donc avec deux arcs dont l’un est tourné en intérieur (The Ark in Space) et ce Sontaran Experiment, tourné en extérieur qui est la suite directe de l’aventure sur le Nerva. L’aventure est tout de suite moins diluée et l’action peut se concentrer sur un épisode après avoir dévoilé la présence du Sontaran. Il y’a donc moins de répétitions, mais aussi moins d’idées originales. Nous avions déjà rencontré les Sontaran lors de la première aventure de Sarah Jane et on en saura pas beaucoup plus sur cette intéressante population de guerriers, sinon qu’ils peuvent se dégonfler si on est assez malin pour les prendre en défaut.

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Les Sontarans et leurs méthodes musclées

On peut saluer la volonté d’une continuité avec l’arc précédent, le Docteur et ses compagnons ne faisant que très rarement du service après-vente (excepté pour UNIT). Le Transmat remplace le TARDIS et on apprend qu’il y’avait aussi des colons au trentième siècle. Il n’y’avait donc pas de quoi trop s’inquiéter pour l’avenir de l’humanité sur l’arche du Minerva. Le maladroit Harry et l’impétueuse Sarah Jane gagnent un peu plus la sympathie du téléspectateur et le nouveau Docteur donne l’impression d’avoir toujours été là. Un bon début assurément !

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Le fier Styre va honteusement se dégonfler sur le dernier round

N : 6

IM : 4

12-02 The Ark in Space

12-02 The Ark in Space

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : Rodney Bennett

Suite à une maladresse de Harry Sullivan, Le Docteur, Sarah Jane et le médecin de UNIT débarquent dans la station spatiale Nerva au trentième siècle. Durant leur exploration des lieux déserts, Sarah Jane est vite séparée de ses compères et finit dans une capsule qui semble amorcer sa mise à mort. Pendant ce temps, Le Docteur et Harry doivent échapper aux sentinelles de la station. Lorsqu’ils y parviennent, ils découvrent que Sarah Jane a été placée en stase cryogénique, comme les sont des centaines d’êtres humains. Réveillant le médecin de bord, Vira, ils découvrent que les êtres humains ont dû été rassemblés dans cette arche géante, ainsi que des plantes et des animaux, pour se préserver des rayonnements solaires et pouvoir repeupler la Terre lorsque la menace serait passée. Mais un élément extérieur a modifié la durée de leur sommeil, le portant de 1000 ans à 10000 ans. Un insecte géant mort trouvé près des chambres cryogéniques est le responsable. Ses rejetons, issus des œufs qu’il a pondus menacent désormais les occupants de la station. Leur première victime sera Noe, le vindicatif initiateur de l’arche.

ImageHarry dans tous ses états

Le premier voyage de Sullivan (!) dans l’espace-temps est plutôt inspiré. L’idée d’une arche spatiale n’est pas nouvelle, mais Robert Holmes, fraîchement propulsé scénariste en chef, a ajouté des ingrédients qui en font un des épisodes les plus originaux qu’il ait écrit pour la série. La perspective de larves qui viennent manger le corps d’hommes pendant leur sommeil est effrayante, et la pauvreté des effets spéciaux ne déssert pas tant que ça le potentiel horrifique de cette aventure. La mutation de Noe préfigure la Mouche de Cronenberg. La menace des bestiaux de se servir d’hôtes humains et plus largement l’utilisation de l’horreur dans un huis clos spatial évoque l’ Alien que Ridley Scott, O’Bannon et Giger nous mettront dans les mirettes cinq années plus tard. Il s’avère au final que les insectes ont été chassés de chez eux par une colonie d’humains et souhaitent se servir des survivants humains pour coloniser à leur tour la Terre. Malheureusement pour eux, ils ne supportent pas l’électricité, ce qui laissera au Docteur et à ses amis un avantage pour empêcher l’extinction de ces enfoirés d’humains (qui ne sont pas si méchants, puisque Vira semble aimer les Jelly Babies).

ImageDe l’importance de prendre une douche

Tom Baker apporte au quatrième Docteur un jeu plus subtil que pour son premier épisode, passant en un quart de tour de l’excentricité à l’arrogance. Il n’hésite pas à critiquer Sarah Jane pour la stimuler, ou à reprocher ouvertement à Harry sa maladresse. Notre monsieur rouflaquettes aux faux airs de John Steed n’est pas épargné au début de l’aventure, mais Ian Marter finit par rendre sa simplicité touchante. A la moitié de l’aventure, Harry s’est déjà bien intégré et se montre prêt à monter au créneau avec Sarah Jane. En dépit de l’omniprésence du Brigadier, Three n’avait jamais eu de compagnon masculin et ce retour à un troisième larron rappelle les belles heures de Patrick Troughton avec Jamie McCrimmon. Not bad.

ImageIls s’en allèrent la fleur au pistolet

N : 7

IM : 5

Saison 12 (1974-1975) / 12-01 Robot

TOMBAKER2

TIME FOR THE FOURTH !

12-01 Robot

De Terrance Dicks (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Suite à sa régénération, le Docteur devient incohérent et perd connaissance. Le Brigadier le confie aux bons soins du lieutenant Harry Sullivan, également docteur mais en médecine. Celui-ci peine à tenir le TimeLord et se retrouve enfermé dans un placard. Désireux de demander son aide pour une affaire de vol des plans d’un fusil désintégrateur restée sans explication, le Brigadier et Sarah Jane arrivent à temps pour voir le Docteur embarquer dans le TARDIS. Mais il fait marche arrière après avoir reconnu ses amis. UNIT cerne l’usine où se trouve les pièces capables de fabriquer le fusil, mais le dérobeur parvient à creuser un tunnel et à tous les berner. Pendant ce temps, Sarah Jane a obtenu un pass pour enquêter au National Institute for Advanced Scientific Research, également appelé « Think Tank ». Elle découvre que la directrice et son assistant ont repris à leur compte un robot fabriqué par le célèbre professeur Kettlewell. Ils lui font la démonstration que le robot est programmé pour ne pas tuer les humains, le mettant dans un état de confusion qui attire l’empathie de Sarah Jane. Mais il est évident que l’homme de fer, doté d’un rayon capable de supprimer le métal, est le dérobeur des fameux plans. Il agit pour le compte des dirigeants de Think Tank, également membres d’une société secrète (Scientific Reform Society) qui a pour but de donner le pouvoir aux scientifiques. Leur plan suivant est de dérober les codes de lancement des armes nucléaires des principales puissances, qui sont tous dans le même panier !

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Why so serious?

Le Docteur quatrième du nom n’aura pas le temps de souffler pour sa première aventure, et il ne semble pas en avoir envie le moins du monde. Four est un vrai clown, de la tenue jusqu’à l’attitude, un gamin hyperactif et farceur qui n’aurait pas pris sa ritaline. Il est tout de même aussi compétent que son prédécesseur et il se rapproche de Nine, le Docteur de Christopher Eccleston, dans certaines de ses mimiques. La fantaisie qu’avait un peu lâchée Jon Pertwee est donc de retour dans la série, et on peut d’ores et déjà parier que les Jelly Babies seront à Baker ce que la flûte était à Patrick Troughton. L’intrigue de l’épisode est originale, puisque traitant de la robotique dans une perspective présente. Elle fait référence à une loi de la robotique d’Isaac Asimov (un autre bon docteur) et contient en germe de nombreuses idées intéressantes. Citant ouvertement King Kong dans le rapport liant le robot à Sarah Jane (celui-ci devient gigantesque dans le quatrième épisode), Terrance Dicks donne à voir une ébauche de l’imagerie du magnifique Géant de Fer de Brad Bird. La mainmise des hommes qui souhaitent l’utiliser pour des tâches qui trahissent sa conscience initiale rend l’arc plutôt intéressant. Il est dommage que sa construction répétitive ne soit pas à la hauteur de ses idées et que son déroulement soit aussi prévisible.

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Sarah Jane Smith prête à imiter Fay Wray

Pour accompagner Four, Sarah Jane est toujours fidèle au poste, ainsi que le Brigadier et Benton, qui est désormais officier !  La journaliste demeure fidèle à sa réputation de fouineuse, mais elle acquiert avec cet épisode une autre dimension. Sa sensibilité et son empathie pour le robot en feront la seule personne qu’il voudra sauver. On ne peut s’empêcher de penser à un autre robot, plus inoffensif, qui deviendra le compagnon de Sarah Jane. Cette nouvelle saison nous installe en terrain connu, mais ose quand même adjoindre à Four un nouveau compagnon, le lieutenant Harry Sullivan de UNIT, dont nous avions déjà entendu parler lors du précédent épisode et qui semble sympathique et conventionnel, sans doute ce qu’il faut pour tempérer duo tel que Four et Sarah Jane. A la vue de son galop d’essai, on est au moins certain que ses échanges avec la jeune journaliste seront savoureux.

1201CLe futur compagnon entre son Brigadier et son patient.

Comme le veut la tradition, un nouveau générique, bien dans la continuité du second de Jon Pertwee.

N : 6

IM : 8