Episode Spécial 20ème anniversaire – The Five Doctors

Episode Spécial – The Five Doctors

De Terrance Dicks (90 mn)

Five, Tegan et Turlough s’apprêtent à se prélasser dans l’œil d’Orion lorsque le Docteur ressent une douleur soudaine. Quelqu’un est en train d’enlever ses anciennes incarnations et quelques compagnons (Le Brigadier, Sarah Jane et sa petite fille Susan) à leur époque respective pour les transporter dans la zone de mort de Gallifrey. Seul Four, coincé dans le vortex, n’arrive pas à destination. Tous les autres se retrouvent dupliqués en figurine sur un étrange tableau de jeu. Five et ses deux compagnons retournent dans le TARDIS et sont à leur tour transportés dans la zone. Ils ne tardent pas à y’ être rejoints par le premier Docteur et Susan, qui est toujours un boulet. Pendant ce temps, Le Maître a été convoqué par le Conseil des Time Lord qui a détecté un drainage intense de leur source d’énergie et eu ainsi connaissance des enlèvements de Docteur. Il lui est proposé d’aider les Docteurs à sortir de la zone en échange d’une grâce et d’un nouveau jeu de régénérations. Le Maître accepte. Les Docteur reconnaissent le lieu de leur captivité en apercevant la tour de Rassilon. Two y conduit le Brigadier tandis que Three, qui a embarqué Sarah Jane dans son auto Bessie s’y dirige également. One prend également la route accompagné de Tegan. Ils rencontreront sur leur route de vieux ennemis qui ont également été transportés dans la zone contre leur gré par le fieffé farceur.

2007Holala le type qui était déjà vieux dans les sixties qui nous fait la leçon…

Diffusé le 23 novembre 1983 aux Etats-Unis et le 25 novembre 1983 au Royaume-Uni, The Five Doctors célèbre à sa manière les vingt ans écoulés depuis que William Hartnell et ses trois passagers ont quitté les sixties pour se matérialiser chez les hommes de cavernes. Alors que l’ex script editor Robert Holmes était d’abord pressenti pour le scénario, c’est finalement au non moins renommé ex script editor Terrance Dicks qu’échouera cette tâche. Les remaniements furent nombreux en raison du casse-tête logistique de réunion des acteurs, certains n’étant finalement plus disponible au dernier moment. Richard Hurndall reprend le flambeau du premier Docteur, William Hartnell étant décédé en 1975. Nous aurons néanmoins le plaisir de le voir dans un pré-générique qui file quelques petits frissons. Tom Baker fit à John Nathan-Turner le même coup que Christopher Eccleston à Steven Moffat en 2013, avortant au passage la rencontre des cinq Docteurs qui aurait pu avoir lieu. Ce sont donc quatre Docteurs qui se retrouveront devant le tombeau de Rassilon, sous le grand parrainage du Lord President Borusa, le fieffé farceur qui a organisé ce petit jeu.

2007BNon Brigadier nous ne sommes pas des anciens combattants

Nous voilà donc de retour à Gallifrey où il y’a incontestablement quelque chose de pourri (à peu près tout en fait, ça fait peine à voir). Après la duplicité d’un conseiller ami du Docteur, c’est au tour du professeur et ami de longue date de notre TimeLord de péter un cable. Après des siècles de règne sur Gallifrey, Borusa profite de sa dernière régénération pour réclamer l’immortalité qu’il pense lui revenir de droit. Il doit pour cela déjouer les épreuves du tombeau de Rassilon (dans la grande Tour) afin de rejoindre le suprême Time Lord, qui lui a réussi à devenir immortel. Puisque Borusa est vieux et fainéant, il a préféré laisser les cinq Docteurs, quelques compagnons et le Maître se charger du travail en mettant sur leur chemin des cybermen, des daleks, des Yeti-Bot et des robots ninjas qui disparaissent lorsqu’ils sautent. Il en profite pour faire supprimer le Castellan, faux coupable idéal. Le vieillard se retrouvera au final pris à son propre piège, coincé pour l’éternité en statue du tombeau de Rassilon. Une ironie noire qui n’est pas sans rappeler celle du Wishmaster. Nous aurons ainsi l’infime l’honneur de rencontrer ce Rassilon dont on nous a tant parlé. Présenter la chute de Borusa à ce moment, alors que le thème de l’immortalité a parcouru cette saison 20, est encore ce qu’il y’a de plus logique dans ce grand téléfilm qui s’apparente plus à une réunion d’anciens (et de nouveaux, pour le cas de Five, Tegan et Turlough) qu’à un arc à part entière.

2107EBessie foule enfin le sol de Gallifrey

Le casting de la série n’a jamais autant été fourni en têtes connus : Outre les cinq Docteurs, Tegan, Turlough, Le Maître dans son incarnation actuelle, Le Brigadier, Susan, Sarah Jane, Jamie, Zoe, Liz Shaw, Yates, Romana II (en reprise de l’épisode Shada) et K9 sont de la partie. C’est la troisième mouture du chien robot qui apparaît en compagnie de Sarah Jane au début de l’arc, celle-ci se l’étant vu offrir pour la série K9 et Company, qui n’alla pas plus loin que son pilote diffusé en fin 1981, peu avant le premier arc de Five. Cette réunion n’est pas sans créer son lot de confusions, qui tiennent au fait que les Timelines des Docteurs enlevés sont souvent occultés. Ainsi Three parle t’il de fantômes du passé en évoquant une apparition de Yates alors qu’il lui est contemporain, Two paraissant quand à lui avoir connu le Maître, qui n’est pourtant apparu que lors de la deuxième saison de Three. Two, qui parle on ne sait pourquoi du lavage de cerveau de Jamie et Zoe alors qu’il ne l’a logiquement pas encore vécu et qui ne transporte de plus aucun de ses compagnons alors qu’il n’aurait jamais abandonné Jamie ou Zoe pour rendre visite au Brigadier. Le même Brigadier prétend quand à lui connaître Tegan alors qu’il ne s’agit visiblement pas de sa version plus agée qui a échappé à l’amnésie quelques arcs plus tôt.

2007CJ’ai bien compté ça ne fait pas cinq

Ces coquilles parmi d’autres tirent The Five Doctors vers un fan service géant parfois composé plus pour les rencontres que pour la cohérence mythologique. Moins savoureux que l’arc du dixième anniversaire, ce téléfilm contient tout de même de bonnes idées, la meilleure étant d’avoir adjoint Tegan au Premier Docteur pour donner un aperçu du choc des générations. Nous nous retrouvons au final avec un Five qui reprend le titre de Haut Président du Conseil des TimeLord, et qui déserte une nouvelle fois ses responsabilités, laissant à la conseillère Flavia les responsabilités de la fonction. Donnons lui une dizaine d’arcs avant d’être corrompue.

2007ERassilion, Time Lord suprême et lointain cousin de Jean-Rochefort

N : 7

IM : 8

18-05 Warrior’s Gate

18-05 Warrior’s Gate

De Stephen Gallagher (4 épisodes)

Réalisation : Paul Joyce & Graeme Harper

Le Docteur, Romana, Adric et K9 pourraient avoir trouvé un moyen de traverser l’E-Space pour rejoindre l’univers normal (communément appelé N-space), mais ils se retrouvent coincés dans un espace zéro entre les deux univers. Le vaisseau transporteur d’esclaves du commandant Rorvik et de son équipage sont immobilisés dans le même espace suite à une défaillance de leur navigateur Biroc, membre de la race des Tharils qui a la capacité de se repérer dans les fluctuations temporelles (et qui constitue accessoirement la cargaison d’esclaves transportée). Profitant de la panique, Biroc s’échappe et rejoint le TARDIS. Là, il avertit les quatre de la menace qu’est le vaisseau des hommes, puis il disparaît. Le Docteur décide de le suivre. Il aboutit à une bâtisse où le Tharil traverse un miroir. Ne pouvant le traverser à son tour, Four fait la connaissance brutale d’automates guerriers, les Gundans. K9 rejoint le Docteur et il l’aide à faire parler un d’entre eux qui avoue que les Gundans servirent à un peuple d’esclave à traverser les dimensions pour attaquer ceux qui les oppressaient alors, qui n’étaient autre que les Tharils. Pendant ce temps, Rorvik et ses hommes ont rejoint le TARDIS et emmené Romana pour l’obliger à piloter leur vaisseau, pensant qu’elle est sensible au temps au même titre que les Tharils. Guidés par elle, ils ne tardent pas à retrouver le Docteur et K9. Tous se retrouvent bientôt coincés dans la bâtisse en différentes points du temps.

ImageUn petit tour dans mon TARDIS gentlemen? C’est un type 40. Sensation vintage garantie.

Le troisième et dernier arc de la trilogie « E-Space » est le premier arc à utiliser tout le potentiel de la nouvelle formule de John Nathan-Turner. Brillamment scénarisé par un nouvel ajout à l’équipe, Stephen Gallagher, Warrior’s Gate est aussi ambitieux que limité par ses moyens. Ainsi se permet-il d’augmenter la portée géographique de cette saison (et la mythologie de la série) en doublant la traversée d’un univers parallèle très semblable au nôtre (le E-Space) d’un micro-univers contrôlant ces deux zones et constitué de vide. Un vide qui, budget limité oblige, permet tout de même de se déplacer en marchant sur un sol ou de construire un décor. Avec cet environnement entouré de blanc, impossible de ne pas penser au début de l’excellent The Mind Robber de la période Troughton. La comparaison n’est pas à l’avantage de Warrior’s Gate. Ces considérations mises à part, l’arc se situe pourtant aisément parmi les meilleurs de Four, profitant d’une réalisation désormais plus énergique au service de grandes idées. Stephen Gallagher a probablement été inspiré par Alien dans sa peinture des hommes du transporteur, preuves en sont cette première scène qui ouvre l’arc sur un lent traveling visitant un vaisseau d’apparence vétuste et ces deux techniciens terre à terre qui rappellent les personnages de Yaphet Kotto et Harry Dean Stanton dans le film de Ridley Scott. Chacun des personnages est très bien caractérisé, allant du commandant autoritaire au second perpétuellement agacé, et interprétés par des acteurs qui parviennent souvent par la seule force de conviction à rendre tangible le monde dans lequel ils évoluent.

ImageRorvik ne sait pas quoi faire. Dans quelques secondes, il deviendra violent.

Les réalisateurs Paul Joyce et Graeme Harper ont fait du très bon travail. Les déplacements félins des Tharils entre les mondes sont soutenus par une réalisation aérienne et une musique synthétique planante qui retranscrit bien cette sensation de perte des voyageurs au milieu de nulle part. La meilleure idée de cet arc demeure la superposition en un point de plusieurs dimensions temporelles, idée entièrement retranscrite par le montage, qui réussit à transmettre le passé des Tharils et l’ironie de leur sort d’anciens maîtres devenus esclaves. L’épisode 3 est exemplaire dans l’enchevêtrement de dimensions dans le but de servir le scénario et l’intrigue riche en événements. Warrior’s Gate est aussi l’arc qui verra le départ de Romana et de K9 Mark 2. Le chien robot aura des adieux semblables au saccage de cette saison. Perdant une partie de sa mémoire à long terme, il avoue lui-même ne plus servir à rien. Ce côté chien fou en fait néanmoins un bel élément comique de décalage au contact du très sérieux équipage de Rorvik et permet de justifier son abandon par le Docteur (il ne pourra retrouver la mémoire que dans cette dimension). Curieux détail : le TARDIS n’existe plus dans l’E-Space, mais notre canin aurait la possibilité de le reconstruire grâce à sa mémoire. Une piste pour une rencontre future ?

ImageLe Docteur et son nouvel ami imaginaire poilu

Durant tout l’arc, Romana se comporte envers Adric comme le Docteur s’est comporté envers elle. La Time Lord a acquis de l’assurance au contact de Four et elle peut maintenant devenir elle-même un voyageur temporel aguerri guidant un compagnon. Elle refuse d’ailleurs de retourner à Gallifrey, retenant bien les leçons de son mentor. Son destin dans la série s’arrêtera dans le E-Space, car les Tharils ont besoin d’un Time Lord pour les aider à délivrer les leurs de l’esclavage humain aux quatre coins de cet univers. Lalla Ward quitte donc la scène en beauté, alors qu’elle s’apprête à convoler dans la vraie vie avec Tom Baker pour un mariage qui ne durera pas plus deux ans. Pendant ce temps, le Four parvient à transporter Adric dans univers très loin de chez lui pour une dernière ligne droite avant que lui-même ne quitte la scène.

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La belle, la bête et la machine s’en vont libérer les Tharils. So Long Romana et K9.  😦

N : 8

IM : 7

18-03 Full Circle

18-03 Full Circle

De Andrew Smith (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Gallifrey devra attendre. Le Docteur, Romana et K9 traversent un phénomène spatial rare qui les transporte dans un univers alternatif, le E-Space. Alors que le visualiseur du TARDIS projette toujours une image de la planète des Timelords, ils ont atterri sur la planète Alzarius qui abrite une micro-société menée par trois décideurs. Ces hommes viennent de la planète Terradon et vivent dans leur vaisseau en attente de réparation, le Starliner, depuis des dizaines de générations. Le jeune Varsh a décidé de tenir tête au pouvoir en rassemblant une bande de jeunes qui survivent à l’extérieur en volant les fruits récoltés. Le brillant Adric, décoré de la médaille de mathématiques a décidé de rejoindre son frère Varsh parmi les rebelles et il devra pour cela voler un de ces fruits sans se faire prendre. Mais un brouillard funeste ne tarde pas à se lever, laissant place libre à des créatures venant des Marais et à d’étranges araignées surdimensionnées. Adric parvient à s’en sortir mais le chef des décideurs qui le poursuivait meurt entraîné dans le marais, laissant sa place à Login, le père d’une des rebelles. Lors de sa fuite, Adric tombe sur le TARDIS. Le Docteur le recueille et décide d’enquêter sur cette mystérieuse brume.

ImageMiracle! Un décideur va prendre une décision.

Encore du sang neuf à l’écriture. Chapeauté par le script-editor Christopher Bidmead et le producteur John Nathan-Turner, Andrew Smith ne fait rien de plus qu’obéir au cahier des charges de la série (comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs). Full Circle conte l’histoire d’une société gouvernée par le secret d’Etat qui laisse ses administrés dans une grande ignorance. Les décideurs condamnent leur peuple à rester sur Alzarius en leur faisant croire que les réparations du vaisseau ne sont pas terminées depuis des générations alors que le statu quo résulte de leur inaptitude à conduire le vaisseau (?). Un autre secret : Ils ne viendraient visiblement pas de la planète Terradon. Le Docteur et Romana découvrent également qu’ils sont là depuis bien plus de générations que les décideurs ne veulent l’avouer et que les hommes des marais sont leurs ancêtres qui ont évolué différemment. Un postulat qui rappelle étrangement l’affrontement équipage du vaisseau / Sevateem auquel appartenait Leela. Par un effet de répétition, Adric deviendra également compagnon du Docteur à l’issue de cet arc.

ImageBOO !

Bien que peu originaux, les trois premiers épisodes de Full circle sont plutôt agréables à suivre, nouvelle charte de réalisation oblige. La dernière partie pèche par des gros trous de scénario, des raccourcis limite génants (Darwin ne se remettra pas de ce qu’ils font subir à sa théorie de l’Evolution) ainsi que de gros facepalms devant la crétinerie des hommes du Starliner. On pouvait espérer un peu plus de K9 au début de l’arc, mais il finira décapité au bout d’un pic de créature des marais …De quoi nous consoler de tant de haine envers le meilleur ami de l’homme : Le départ de Romana est heureusement ajourné par le contretemps de l’univers alternatif et Adric semble être un compagnon tout à fait recommandable (même si un peu jeune).

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N : 6

IM : 5

18-02 Meglos

18-02 Meglos

De John Flanagan & Andrew McCulloch (4 épisodes)

Réalisation : Terence Dudley

Sur la planète-jungle Tigella, la société est partagée en deux castes : les scientifiques blonds menés par Deedrix et les fanatiques religieux menés par Lexa, la grande prêtresse. Les deux peuples cohabitent sous l’administration du bienveillant Zastor. L’équilibre est sur le point d’être brisé lorsque Lexa revendique le dodécaédron pour son peuple alors que le cristal à douze faces sert de source d’énergie pour approvisionner la civilisation des scientifiques. Zastor appelle à l’aide son ami le Docteur pour arbitrer le conflit. Mais sur la route, Le Docteur, Romana et K9 se retrouvent coincés dans une boucle temporelle. La boucle est du fait de Meglos, cactus originaire de la planète voisine Zolta-Thuran, qui a décidé de s’emparer du Dodécadréron à des fins de destruction. Aidé de deux pirates Gaztacks à sa solde et incarné dans un humain qu’ils lui ont livré, le cactus compte s’introduire dans les quartiers de Tigella sous l’enveloppe du Docteur. Il réussit à s’emparer du dodecaédron, mais le Docteur et Romana ne tardent pas à briser la boucle, menaçant sérieusement ses plans.

1802

K9 ou le calvaire de l’humiliation

Ce deuxième arc de la saison confirme la nouvelle orientation de la série, avec une amélioration du découpage dramatique et du montage ainsi que des nappes de synthés omniprésentes. Ainsi la réalisation permet-elle une nouvelle fois de mettre en valeur une histoire peu originale pourtant scénarisée par deux nouveaux arrivants sur la série. Nous avons droit à la classique opposition des scientifiques et des obscurantistes, avec même à la clé une scène de sacrifice (on ne les compte plus !). L’intérêt principal de l’arc est le Meglos du titre qui permet à Tom Baker de camper un Doppelganger du Docteur dopé au cactus, mais aussi de tester un effet de superposition plutôt réussi lorsque le pauvre humain cherche à extirper Meglos de son corps. Les pirates permettent d’ajouter un peu d’humour à ces aventures qui transportent une ambiance étrange et malsaine à chacune des apparitions du faux Docteur.

ImageLe Docteur, Le Cactus et l’humain. Le trois en un selon Doctor Who.

K9 fait encore une fois les frais avec des ennuis de batterie qui le relayent en faire-valoir durant une bonne partie de l’arc, le comble étant atteint lorsqu’un personnage lui donne un coup de pied dans l’arrière-train du pauvre chien. Romana joue un rôle plutôt oubliable dans cet arc, néanmoins soutenu par la sympathique Lalla Ward qui ne démérite pas depuis son arrivée dans la série. La bonne surprise du casting de Meglos est le retour de Jacqueline Hill, la Barbara compagne des débuts de William Hartnell, qui campe l’obscurantiste Lexa. L’arc se concluant sur un appel des Time Lords au TARDIS, on peut espérer reprendre un peu le cours de la mythologie de la série qui est bien laissée de côté depuis la dernière incursion des Daleks.

ImageJacqueline « Barbara » Hill passe faire un petit coucou et sauve Romana au passage.

N : 6

IM : 3

Saison 18 (1980-1981) / 18-01 The Leisure Hive

18-01 The Leisure Hive

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Lovett Bickford

Quarante ans plus tôt, les Argolis ont été décimé par une guerre qui dura vingt minutes contre les Foamasi. Les survivants se sont depuis rassemblés dans une base de loisirs qui survit difficilement à la grande crise. Aussi sont-ils confrontés à la possibilité de se voir acheter par leur grand ennemi, unique peuple pouvant vivre sous les radiations de la base. Le grand conseiller Morix mort, il est sur le champ remplacé par sa femme Mena. C’est le moment que choisissent Le Docteur et Romana pour débarquer dans la base, certains de passer un moment de répit dans leur fuite hasardeuse pour échapper au gardien noir. Ils sont aussitôt intrigués par un générateur de recréation de tachyon capable de dupliquer et transformer la matière organique, la plus grande attraction touristique des lieux. Les expériences du Dr. Hardin, envoyé de la Terre pour trouver un moyen de régénérer les Argolis rendus stériles par la guerre sont en fait un leurre, chose que Romana finit par découvrir. Les deux Timelords proposent à Hardin de lui apporter leur aide. Pendant ce temps, le jeune Pangol, second de Mena, entretient un secret qui pourrait bien mettre en péril la paix en place.

ImageK9, toujours prêt à se faire porter pâle

Sur un épisode qui expose une méthode de cure de jouvence, Doctor Who opère un véritable lifiting qui entérine son passage dans les années 80. John Nathan Turner débarque à la production, poste qu’il ne quittera pas avant 1989 et il a décidé d’upgrader la série tant que faire se peut pour pouvoir rivaliser avec les autres productions S-F du moment. Un nouveau générique très électronique et flashy remplace le précédent, surplombé d’un titre Doctor Who inscrit en néon, la musique se compose principalement de synthétiseurs, le montage est beaucoup plus énergique (une nouveauté particulièrement visible lors des scènes « horrifiques ») et la lumière est plus travaillée. Autant de changements qui furent mal accueillis par Tom Baker et Lalla Ward. La nouvelle charte de réalisation apporte pourtant beaucoup à la série, soulignant l’action et introduisant plus de tensions aux épisodes. L’humour est par contre quasiment absent de l’arc, si ce n’est dans la dernière partie avec la démultiplication des Docteurs sous l’effet de la machine. Four voit enfin des changements dans sa tenue, notamment l’ajout de points d’interrogations sur son col.

ImageSi t’aimes pas les synthés c’est que t’es trop vieux.

Le grand classicisme du récit de The Leisure Hive souligne d’autant plus la valeur ajouté de la réalisation, qui parvient à rendre l’arc prenant. On trouvera néanmoins une originalité dans le but de la base de loisirs qui est sensée œuvrer pour le brassage des cultures pour éviter une nouvelle guerre. Une visée qui renvoie à des organes officiels (l’ONU, la société des Nations) et qui sera reprise par Straczynski lorsqu’il créera la station Babylon 5 pour la série éponyme. L’attachement du scientifique Hardin à Mena apporte un peu d’humanité à l’histoire et le twist révélant l’identité réelle d’étranges créatures qui rôdent est bien géré. Le Docteur se paie une cure de vieillesse sur plusieurs épisodes, K9 est aux abonnés absents après une stupide explosion après baignade (si c’est pour ça, autant l’enlever de la série) et Romana poursuit son rôle de prolongement scientifique du Docteur. On recommence enfin à évoquer le Gardien Noir après une bonne saison de silence à son sujet.

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Le mégalo, figure whovienne qui traverse les époques et les modes

N : 7

IM : 6

Le nouveau générique 80’s

17-05 The Horns of Nimon

17-05 The Horns of Nimon

De Anthony Read (4 épisodes) Réalisation : Kenny McBain

Peuple conquérant sur le déclin, les Skonnans ont placé leur confiance dans un minotaure venu de nulle part, le Nimon. Le grand-prêtre Soldeed organise des sacrifices d’humains de la planète voisine Aneth et des dons de cristaux pour honorer ce nouveau dieu, qui leur promet en échange un futur de grandes conquêtes. Mais un des vaisseaux transportant les don tombe en panne dans l’espace. Romana, le Docteur et K9 se matérialisent dans sa zone au moment où le TARDIS cesse de fonctionner. Menacés d’être attirés dans un trou noir, ils se raccrochent au vaisseau transporteur et rencontrent les jeunes gens qui vont être donnés en sacrifice, dont un certain Seth qui pourrait être le « sauveur ». Dans son antre, un labyrinthe hi-tech dont la sortie est aléatoire et invisible, le Nimon attend ses sacrifices qui ne viennent pas. Mais le grand prêtre ne sait pas que le minotaure n’est pas seul dans l’univers et que son peuple a la fâcheuse habitude de créer des trous noirs pour sauter d’un point à l’autre de l’espace et anéantir des civilisations auxquelles ils ont promis la lune (et plus). Skonnos sera la prochaine sur leur liste.

ImageUne élégante passerelle offerte par TARDIS incorporated

Ancien script editor de Doctor Who, Anthony Read prend en main cet arc qui fait passer la série dans les années 80 (il fut diffusé entre décembre 1979 et janvier 1980). Le scénario de Horns of Nimon n’est guère révolutionnaire, puisque s’engouffrant dans les dangers de la religion, en l’occurrence d’une civilisation supérieure érigée en faux dieu qui ourdit de noirs desseins envers ses obligés. Un thème que Doctor Who a déjà exploré plus d’une fois. A l’image de Underworld qui adaptait Jason à la toison d’or dans le contexte de la série, cet arc transpose quelques éléments de l’histoire de Thésée et du Minotaure dans un univers S-F, dont le fameux labyrinthe. En outre, elle permet à la série de s’emparer du concept de trou de ver comme vecteur de voyage spatial des minotaures avant que Carl Sagan ne popularise cette utilisation des trous noirs pour le voyage spatio-temporel dans son roman Contact.

ImageLe gang des minotaures, maîtres des trous de ver

Ces influences disséminées donnent un cachet sympathique à un arc qui aurait pu se noyer facilement dans la banalité. L’intrusion de Romana dans le monde que les faux dieux ont détruit précédemment, prophétie du futur proche de Skarros et des futures cibles, apporte un certain souffle à la dernière moitié de l’arc. Le Docteur a de son côté bien des soucis avec le TARDIS qui est dans un sale état durant la moitié de l’histoire, mais ça ne l’empêche pas de s’amuser un peu en agitant son écharpe rouge devant un minotaure (le fou). En clair, rien de bien neuf sous le soleil de Doctor Who, sinon quatre épisodes de bonne facture et plutôt classiques.

ImageLe très expressif Soldeed, future inspiration du Profion de Jeremy Irons

N : 6

IM :4

17-03 The Creature from the Pit

17-03 The Creature from the Pit

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Un signal de détresse identifié par le TARDIS conduit le Docteur, Romana et K9 sur la planète Chloris. Au milieu d’une végétation dense, ils découvrent une coquille géante, puis sont capturés par des Wolfweeds (des sortes de choux verts qui asphyxient leur proie) et les hommes de Lady Adrasta. Cette dernière dirige la société matriarcale de Chloris et possède la seule et unique mine de métal, denrée très rare sur la planète. Des parias qui ont capturé Romana lorgnent logiquement sur K9, qui parvient à la libérer in extremis. Le Docteur plonge quant à lui dans le mystérieux trou contre lequel Lady Adrasta l’avait mis en garde. Il y rencontre l’astrologue facétieux Organon ainsi qu’un monstre énorme qui sème la terreur dans les profondeurs. Pendant ce temps, Lady Adrasta soutire des informations à Romana sur le TARDIS et ordonne de désosser K9 pour récupérer le précieux métal. Ils finiront tous dans les sous-sol à la recherche de Four pendant que celui-ci tente de communiquer avec la bête.

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Comment t’expliquer avec une roue que tu surjoues complètement.

La créature du Trou est en fait un alien qui était venu proposer un accord d’échange avec Chloris : Le métal que son espèce pouvait produire en masse contre la végétation qui manquait sur sa planète. Mais Adrasta refusa qu’il leur fournisse le métal, car le monopole qu’elle détenait asseyait son pouvoir sur Chloris. Un communicateur permettra heureusement à l’alien de restaurer le dialogue à travers les gens et de faire payer la méchante femme. The Creature from the Pit est un arc moyennement convaincant qui étale laborieusement sur quatre épisodes le suspens de l’identité du sac poubelle géant qui roule sur les gens pour les tuer… Le dernier épisode focalise l’action sur une riposte de la planète de l’alien contre Chloris à l’aide d’une étoile à neutron (on ne se refuse rien !). Si cette menace finale fleure le remplissage, elle relance néanmoins l’intérêt.

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Confusion. Le Docteur pratique une fellation sur un sac poubelle géant.

En dehors de la créature un brin gênante, l’arc a le désavantage d’être le premier de la saison dans l’ordre de production, ce qui explique l’approximation dans le jeu de Lalla Ward, qui a visiblement du mal à trouver le ton de sa Romana. K9 trouve de son côté un nouveau doubleur, David Brierley, qui lui confère une voix d’anglais pédant à cent lieues du timbre métallique qui le caractérisait si bien. Enfin, le personnage d’Adrasta est si horripilant qu’on voudrait bien lui décocher une baffe à chaque fois qu’elle prononce le mot « shell » (une bonne cinquantaine d’occurrences dans l’arc). The Creature from the Pit comporte néanmoins quelques idées neuves : Parmi elles ce communicateur confisqué qui permet de garder captif l’alien, une méthode qui sera reprise bien plus tard, pour la mise en esclavage des Oods sous le dixième Docteur.

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Shell shellshellshell shell shellshell shell shell shellshellshell

N : 5

IM : 3

16-06 The Armageddon Factor

16-06 The Armageddon Factor

De Bob Baker & Dave Martin (6 épisodes)

Réalisation : Michael Hayes

A la recherche du sixième segment de la Clé du Temps, le Docteur, Romana et K9 se matérialisent sur Atrios, planète en guerre avec sa voisine Zeos. Le mégalomane Maréchal d’Atrios prépare des représailles et enferme la princesse Astra d’Atrios derrière un mur infranchissable pour avoir le champ libre. Immédiatement repérés, le Docteur et Romana sont amenés au Maréchal qui décide de les exécuter pour le meurtre d’un soldat. Puis après s’être regardé dans le miroir comme il le fait à chaque moment de réflexion, il change son fusil d’épaule et propose à Four d’être son conseiller dans le conflit. Derrière le miroir se trouve en fait l’Ombre, le lieutenant du Gardien noir qui manipule dans…l’ombre tout ce petit monde pour atteindre le Docteur et récupérer les cinq segments qu’il possède. La princesse disparaît dans le monde de l’Ombre. Téléportés sur Atrios par un rayon transmat, K9, Le Docteur, Romana, le major Shapp (second du Maréchal) et le chirurgien Drax, amant de la princesse, découvrent que Zeos n’existe plus et que les opérations de guerre ont été menées par le Mentalis, un puissant ordinateur. Ayant rendu les armes sous l’ordre de l’Ombre, celui-ci projette désormais une destruction mutuelle (l’Armageddon factor du titre) dans le cas où le Maréchal lancerait ses tirs sur Zeos. Le Docteur et Romana doivent utiliser la Clé du temps incomplète pour empêcher ce tir et protéger cette même Clé des ambitions destructrices de l’Ombre.

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Sauron nous regarder de l’autre coté du miroir

Ce fourbe de Gardien noir s’était bien gardé d’intervenir durant cette saison car il attendait que le Docteur et ses compagnons fassent le boulot à sa place. L’Ombre avait repéré l’emplacement du sixième segment sur Zeos et il ne lui restait plus qu’à laisser l’agent du Gardien blanc venir à lui. Les habitués Bob Baker et Dave Martin signent un six-parter mené de main de maître qui comprend tous les ingrédients pour tenir en haleine, et même quelques surprises. The Armageddon Factor bénéficie d’un bon groupe d’acteurs. L’évanescente princesse incarnée par Lalla Ward hante l’arc. L’acteur John Woodvine personnifie avec prestance un Maréchal caractériel foudre de guerre tandis que Davyd Harries, le Major Shap, ajoute une touche comique inattendue à son personnage dans sa collaboration forcée avec le Docteur. La rencontre inattendue avec un autre TimeLord, Drax, apporte un retournement osé qui transporte son lot de questions (un réparateur intergalactique parmi les Time Lord ? Comment peut-il reconnaître le Docteur ? Pourquoi l’appelle t’il Theet ?) mais qui aidera à apporter une résolution satisfaisante au fil rouge.

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Le climax des aventures de l’Ombre

L’autre richesse de la Clé du Temps tient dans son mélange de fantaisie et de space opera qui emprunte beaucoup au Seigneur des Anneaux et incidemment à Star Wars. Comme l’annonçait le premier arc de la Clé du Temps, nous nous retrouvons dans une bataille entre un pouvoir destructeur et un pouvoir de lumière, l’un et l’autre laissant s’affronter leurs lieutenants pour l’occasion. Le Gardien noir ne quittera sa retraite que pour duper le Docteur et Romana par son discours. La glace sans tain que consulte le Maréchal renvoie visiblement au Palantir de Saroumane et les conseils qu’il comptait en tirer ne jouerons finalement que contre lui. Les scénaristes se permettent enfin un petit interlude facétieux dans lequel le Docteur fait croire à sa compagne qu’il est sous l’emprise du pouvoir de la Clé. La surprise la mieux introduite (prévisible mais astucieuse) sera la découverte de la nature  « humaine » du sixième segment de la Clé, qui n’est nulle autre que la Princesse d’Aastra. Une idée proche de celle qui permettra des années plus tard à Joss Whedon de réaliser la meilleure saison de Buffy contre les vampires. Ainsi la quête du Docteur et de Romana leur pose t’elle au final un problème morale réel.

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Quel twist renversant!

Les six arcs de the Armageddon Factor dégagent une atmosphère noire parfaitement en accord avec le personnage de l’Ombre, qui mène le jeu sur à peu près toute sa durée. Aussi ridicule soit sa fin, elle n’enlève rien au charisme du personnage. Le scénario est truffé d’idées sympathiques telle cette boucle temporelle censée retarder le tir du Maréchal et qui ne cesse de s’élargir. Les effets spéciaux et les maquettes de vaisseau sont agréablement convaincants et la bande originale soutient bien le suspens. K9 est très bien utilisé, d’abord comme contact avec le Mentalis, puis comme agent de l’ennemi et enfin comme chien de Troie (!) qui introduit les versions du Docteur et de Drax miniaturisées dans le QG de l’Ombre. Le Docteur et Romana ont finalement accompli leur mission et partent vers de nouvelles aventures totalement imprévisibles, pesant sur eux la menace d’un Gardien noir qui l’a eu mauvaise pour le coup.

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My precious !!!

N : 8

IM : 6

COMING SOON

16- 04 The Androids of Tara

16- 04 The Androids of Tara

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Michael Hayes

Romana met le cap sur la planète Tara où se trouve vraisemblablement le quatrième segment de la Clé du Temps. Le Docteur lui confie la mission de la ramener seule, comptant profiter d’un repos mérité à pêcher le poisson. Alors qu’elle prend possession du segment, la compagne est attaquée par un monstre, puis secourue par le comte Grendel de Gracht qui l’emmène à son château. Elle manque d’y être découpée avant que le comte et sa complice découvrent qu’elle n’est pas un androïde de la princesse Strella qu’ils détiennent prisonnière. A l’aube du couronnement du prince Reynart (promis de Strella), le Comte compte bien le faire chanter pour s’emparer du trône mais l’arrivée de Romana met dans sa tête un tour autre plan. Pendant ce temps, le Docteur est capturé par Zadek et Farrah, les chevaliers de la garde de Reynart et conduit à la demeure du prince. Celui-ci finit par le recruter pour réparer un androïde destiné à berner Grendel afin que le couronnement se déroule comme prévu. Le Docteur parvient à rendre le robot opérationnel, mais Grendel fait irruption après avoir endormi ce petit monde et enlève le prince.

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Groark!

The Androids of Tara poursuit le fil rouge saisonnier de la Clé du Temps sans pour autant s’appesantir sur celle-ci, qui demeure comme les trois précédents arcs un prétexte à une intrigue différente. Le Docteur et ses compagnons débarquent sur une planète qui ressemble un peu trop à notre Moyen-Age féodal pour être honnête et se trouvent au centre d’intrigues politiques ourdies pour succéder au trône. La seule originalité qui tranchera avec un simple épisode du Moyen-Age sur Terre est l’existence d’androïdes. David Fisher les utilise pour nourrir le jeu du comte et la défense du prince sans développer au-delà d’une phrase les conditions qui ont amené leur coexistence avec ces humains qui nous ressemblent tant. Il faudra se contenter de suivre les intrigues de cette mini-cour qui ne sont pas dénuées d’intérêt grâce à un Docteur survolté et de bons acteurs, Peter Jeffrey qui interprète le comte en tête.

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Romana coincée dans un épisode de Games of Androids

Mary Tamm suit William Hartnell et Patrick Troughton dans la tradition des doubles rencontrés à d’autres époques et se paie même le luxe d’incarner deux androïdes copies de la princesse. Elle prend peu partie de ces occasions de s’évader de son personnage, abordant chacun de ces rôles avec le stoïcisme altier de Romana. The Androids of Tara comporte de beaux moments : Les incursions de K9, le dialogue entre Romana et son sosie ou un duel à l’épée entre Grendel et le Docteur. Il pêche malheureusement par son manque d’ambition et la volonté de ne pas offrir à un épisode aussi classique une incursion du mystérieux Gardien noir, ce qui aurait un peu brisé la monotonie. Le rythme est néanmoins plus soutenue que la saison précédente.

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Un roi qui nécessite de la maintenance

N : 6

IM : 3

16-03 The Stones of Blood

16-03 The Stones of Blood

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Darrol Blake

Sur la trace du troisième segment de la Clé du Temps, le Docteur et ses compagnons se rendent sur la Terre à notre époque, plus exactement sur le site des Cornouailles où sont disposés les « neuf voyageurs », neuf menhirs dont l’ancienneté daterait de 2000 ans avant J-C. Ils y rencontrent le Professeur Amelia Rumford et Viven Fay, son assistante. Le Docteur se retrouve très vite dans le viseur d’une secte druidique dont le leader DeVries habite un ancien couvent, et il manque de se faire sacrifier à la déesse celtique Caillehach. Le zèle de DeVries ne le protégera pas, puisqu’il sera vidé de son sang par une pierre géante (!). Caillehach est en réalité l’assistante Vivien Fay, criminelle intergalactique en vadrouille qui possède le domaine depuis 4000 ans sous différentes identités et contrôles les Menhirs, en réalité des Ogris, extraterrestres qu’elle a enlevé de leurs planètes lors de son évasion. Démasquée, elle transporte Romana dans l’hyperespace au sein d’un énigmatique vaisseau.

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La légendaire hospitalité des celtes

The Stones of Blood célèbre un double anniversaire : La diffusion de son quatrième épisode coïncide grosso modo avec le quinzième anniversaire de la série et il s’agit du centième arc de Doctor Who (et accessoirement, la centième de ces chroniques !). Pour l’occasion, le scénariste David Fisher nous plonge dans des superstitions celtiques qui seront, comme à l’habitude, expliquées par une intervention extra-terrestre sur notre bonne planète. La première partie de l’arc transporte une atmosphère étrange et horrifique qui rappelle celle des films de la Hammer. La seconde partie rebondira sur la science-fiction à travers l’exploitation du concept d’hyperespace (que les Time Lord n’auraient pas dû laisser tomber à leur Académie, car il existe) et l’intervention de Judges Dredds dématérialisés, ceux-là même qui auraient dû juger la criminelle quelques milliers d’années auparavant.

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Pierres qui roulent amassent l’hémoglobine

Après seulement trois arcs, le trio Docteur / K9 II / Romana est sur de bons rails. Le Docteur n’a pas envers sa consoeur Time Lord la condescendance qu’il pouvait avoir envers Leela, ce qui lui permet de prendre de nombreuses initiatives. K9 a un rôle prépondérant au sein de cette aventure, collaborant avec la vieille scientifique Rumford, un élément humoristique bien venu qui permet un peu de légèreté à une histoire à prédominance horrifique (du moins pour l’époque). Le coté absurde des pierres qui sucent le sang s’intègre ainsi beaucoup mieux à l’histoire, tout comme l’intervention de ces juges lumineux qu’on n’aurait pas pu voir autrepart que dans Doctor Who. Durant cet arc, Romana est agressée par quelqu’un qui a pris l’apparence de Four. Serait-ce Gardien noir dont le scénariste a tenu à nous rappeler l’existence au début du premier épisode ? Probablement, car la quête des Clés à moitié complétée, on pourrait s’attendre à ce qu’elle occupe plus de place dans les prochains épisodes.

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Sur cette image se trouve le troisième segment de la Clé du Temps.

N : 6

IM : 4