Téléfilm – Le Seigneur du Temps ( 1996 )

EIGHT2

L’heure (et demie) du Huitième est arrivée

Téléfilm – Le Seigneur du Temps ( 1996 )

Scénario : Matthew Jacobs

Réalisation : Geoffrey Sax

Condamné à l’extermination par les Daleks, le Maître a pour dernière volonté de faire ramener sa gelée résiduelle sur Gallifrey par le Docteur. Seven accepte, mais son voyage est perturbé par un sabotage du TARDIS par la gelée du Maître, qui est donc encore vivant. Il se voit obligé d’atterrir à Los Angeles dans le quartier de Chinatown le 30 décembre 1999. Débarquant en plein milieu de l’attaque d’un gang sur le jeune Chang Lee, le Docteur prend les balles qui lui étaient destinées. Il est transporté à l’hôpital et pris en charge par le docteur Grace Holloway, une talentueuse jeune chirurgien. Perturbée par les deux cœurs du Docteur , elle ne parvient pas à le sauver et le Docteur est transporté à la morgue. Ce n’est que lorsque l’anesthésie perd son effet qu’il peut amorcer sa régénération dans un corps plus jeune.

Amnésique, il erre dans les couloirs de l’hôpital, mais parvient à rencontrer de nouveau Grace, qui a décidé de donner sa démission suite à l’échec de l’opération. Pendant ce temps, le Maître a réussi à s’échapper du TARDIS. Il prend possession du corps de l’ambulancier qui transporta le Docteur à l’hôpital et parvient à retrouver le jeune Chang Lee alors que celui-ci avait réussi à pénétré dans le TARDIS. Il le convainc que le Docteur cherche à lui voler son corps et l’amène à regarder dans l’œil du TARDIS. Alors que l’énergie s’échappant de l’œil menace d’engloutir la Terre à la veille de l’an 2000, le Docteur reprend peu à peu ses esprits au contact de Grace et lui demande de l’aider à mettre son compère TimeLord en échec.

filmAMister McCoy, pas loin de se faire dégommer par un gang

Le seigneur du temps est une coproduction britannico-américaine (coproduite par BBC Woldwide, Universal Studios et la 20th century Fox ) qui avait pour vocation de relancer la série. Malgré de bons résultats en Angleterre, ce pilote fut un véritable désastre d’audience aux Etats-Unis et conduisit le Docteur à retourner dans les cartons jusqu’en 2005. Cet échec est en grande partie explicable par l’hybridation opérée sur Doctor Who par Geoffrey Sax (producteur et réalisateur) et son compère Peter V. Ware. Le téléfilm insère les éléments de la mythologie whovienne dans une forme hollywoodienne de telle manière qu’on a l’impression de matter une série B de SF post-Terminator du début des années 90. La lumière, le montage et les cadrages ramènent à ce style très reconnaissable à cent lieux de la série anglaise, tandis que la musique de John Debney verse dans le grandiloquent, voire le symphonique. Cet aspect, qui réhausse fortement le téléfilm, sera conservé en 2005 avec les compositions de Murray Gold et l’invitation du National Orchestra of Wales.

FilmBUn TARDIS américain. On ne se refuse rien.

Dès les premières minutes, le spectateur de Docteur Who se voit asséner les Daleks faisant passer le Maître en jugement et l’exterminant d’une manière bien procédurale. Et les voilà qu’ils appellent le Docteur pour obéir à ses dernières volontés. Allons donc mon bon monsieur ! L’intérieur du TARDIS est transformé en salon gothique, renvoyant plus aux contes de la crypte qu’à ce qu’on a connu de la série. Seul Sylvester McCoy fait gage de continuité dans ce tableau, fidèle à Seven. Et c’est bien lui qui permet de différencier ce téléfilm d’autres dérivés comme « Dr Who et les daleks », comme sa régénération (étrange, s’il en est ) lie instamment l’incarnation de Paul McGann aux précédents docteurs. Le choix devoir eight naître dans un hôpital et de le confronter à une brillante scientifique rappelle les débuts de Three, alors que la sceptique Liz rencontrait le cas de cet être à deux cœurs. Mais ici, pas de Brigadier pour arrondir les angles. Le Docteur devra user de patience pour convaincre Grace de le suivre dans ses aventures. Eight est plus charmant mais aussi moins facétieux que ses prédécesseurs. Probablement un appel du pied à un public plus large et féminisé dans le but de relancer la franchise. On pourrait dire de même du classique baiser hollywoodien et du trop grand sérieux de l’arc. Paul McGann se débrouille pourtant très bien et parvient à porter le téléfilm sur ses épaules, distillant les quelques moments so british et décalés comme la touche merveilleuse du récit.

filmCLe Maître en plein trip rêve qu’il est Eric Roberts

S’il a de bons moments, qu’il doit principalement à de bonnes tirades, Eric Roberts n’est pas gâté par la caractérisation du Maître qu’il doit incarner. Ersatz de Terminator, il redevient face au Docteur quelque chose qui rappelle vaguement ses prédecesseurs, sans jamais réussir à vraiment convaincre. Son personnage n’est pourtant pas mauvais, il est juste inadapté à prendre le nom du Maître. Le seigneur du temps souffre ainsi de beaucoup de maux en tant que téléfilm Doctor Who qui ne retirent pas ses nombreuses qualités : un rythme enlevé, de bons effets, une musique plutôt inspirée et une histoire qui se suit agréablement, sans obligation de cliffhanger. Il apporte également un souffle qu’il n’y avait pas dans la série, budget de 5 millions de dollars oblige. Et puis il y’a ce plaisir inchiffrable de voir la frénésie du passage à l’an 2000 à travers les yeux de Doctor Who. Paul McGann n’aura pas l’occasion de prouver sa valeur en tant que Docteur dans une autre aventure télévisuelle, mais il sera particulièrement gâté par les médias alternatifs, tout particulièrement les audios et réparaîtra pour un court segment lors du cinquantième anniversaire de la série.

filmDL’an 2000, les espoirs que si on passe le bug, le monde changera…

N : 7

IM : 5

26-04 Survival

 26-04 Survival

De Rona Munro ( 3 épisodes )

Réalisation : Alan Wareing

 Obéissant à son souhait de revoir sa bande de potes, Le Docteur ramène Ace à Perivale. Mais la jeune femme apprend que ses amis ont disparu, ainsi que plusieurs autres personnes en ville. Le Docteur est sur la piste d’un chat qui pourrait bien être la cause de ces disparitions tandis qu’un flic local, professeur de survie à ses heures, le poursuit pour trouble à l’ordre public. Ace retrouve le chat en question, mais se trouve aussitôt prise en chasse par un plus gros chat qui monte un cheval. Rattrapée dans sa course, elle est téléportée sur une autre planète, le lieu où vit son poursuivant félin, un Cheetah. Elle y retrouve ses amis qui tentent de survivre sur cette planète depuis plusieurs semaines. Agressés à leur tour, Seven et le policier sont téléportés sur la même planète. Ils y rencontrent le Maître qui compte bien sur l’aide du Docteur pour le faire sortir d’ici, alors que lui-même a déjà entamé une transformation. A mesure qu’ils s’adonnent à la violence pour survivre, les proies des Cheetah entament peu à peu la même mutation que leurs agresseurs. La solution pour revenir sur Terre pourrait être de profiter de la transformation de l’un d’entre eux pour le suivre dans sa chasse.

Cheetah sur un cheval.  WTF?!

2604B

Survival conclut les arcs de la série classique sur une très bonne note et pose la touche finale à sa meilleure saison. Dès le début de l’arc, l’instinct et la liberté transpirent dans la réalisation par des plans subjectifs des chasseurs, des travelings étudiés et des plans larges qui embrassent les décors. Ceux de la planète des Cheetah sont très inspirés et réhaussés par de bons effets visuels. Le score de Dominic Glynn accompagne avec honneur le tout. Ainsi la série qui faillit se voir annuler à une période plutôt moyenne quittera la scène à son top…du moins pour les quinze années suivantes. La survie avait déjà été un thème du dernier arc de la saison 25 et embrasse une grande partie de la série classique. L’embrasser totalement pour ce dernier arc sériel est une coincidence (dans l’ordre de production, Ghostlight était le dernier épisode), mais plutôt heureuse. Dans un contexte contemporain, l’irruption des chasseurs convertissant leur proie, qui reviennent à leur tout chasser à domicile, permet de porter un regard sur les années 80 finissantes et le cynisme qu’elles ont semé. Le professeur de survie enseigne les rudiments du « tuer ou être tué » et conseille de laisser tomber les « poids morts » pour être sûr de s’en sortir. Deux vendeurs dans un magasin plaisantent à propos de la survie. Cet individualisme forcené s’oppose à la philosophie du septième Docteur pour qui l’entraide est la meilleure garantie. Une philosophie qui sera mise à rude épreuve par le Maître. Le vieil ennemi est prêt à se laisser aller au plaisir de la chasse et à emporter avec lui son vieux camarade. Ne faudra t’il pas un jour que les deux tourtereaux arrêtent de se tourner autour et en finissent une bonne fois pour toute ? Ce ne sera pas pour cette fois, même si on atteint un sommet dans l’affrontement à mains nues. Le Maître disparaît une nouvelle fois, et avec lui l’incarnation d’Anthony Ainley, qui fut brillant de bout en bout.

2604Don’t feed the Master

A l’instar de Ghostlight et The Curse of Fenric, Ace est au centre de Survival. Après avoir visité ses peurs, elle retourne chez elle pour se rendre compte au final que sa vraie maison est le TARDIS. Si Survival entonne un couplet sur la nécessité de se serrer les coudes dans l’adversité, il n’omet pas de faire ressentir le plaisir de la liberté. Un peu à la manière d’un James Dean dans la fureur de vivre, Ace est et restera une outcast. Elle trouve d’instinct une connexion avec Karra qui l’invite à rejoindre les siens et amorce sa transformation. Alors qu’elle trouve enfin la liberté totale à laquelle elle aspirait, la jeune femme accepte pourtant de la perdre en suivant la voie du Docteur et franchit un pas notable vers la maturité. Cette maturité ne la conduira pas à choisir de retourner chez elle, ou rien ne la retient plus mais à poursuivre ses voyages avec le Docteur. L’influence de Ace sur Rose est prégnante, là où les compagnes Moffatiennes seront toujours déchirées entre la Terre et le ciel. Dans une très belle scène finale, Ace confie au Docteur qu’elle pensait pouvoir ressentir toujours cette liberté sans limite. Seven lui répond que la planète est partie, mais qu’elle vivra toujours en elle. Doctor Who s’achevait après vingt six ans de production, demeurant vivace dans l’esprit de plusieurs générations de scénaristes talentueux. Une forme d’inspiration mêlée à la nostalgie qui ouvrirait lentement la route au relaunch. Après un an et demi de voyage, la sentence est tombée. L’auteur de ces lignes, fervent Tennantien et adepte des contes de Noël de Steven Moffat, ne pourra désormais plus parler de Doctor Who sans penser aux arcs classiques.

“There are worlds out there where the sky is burning, where the sea’s asleep and the rivers dream, people made of smoke and cities made of song. Somewhere there’s danger, somewhere there’s injustice and somewhere else the tea is getting cold. Come on, Ace, we’ve got work to do.”

Goodbye Seven, Goodbye Ace.

N : 9

IM : 10

Place au huitième.

23-04 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 4 – The Ultimate Foe

23-04 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 4 – The Ultimate Foe

De Robert Holmes, Pip & Jane Baker ( 2 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

Le destin du Docteur semble scellé lorsque deux TARDIS font irruption à Gallifrey. Ils transportent respectivement Sabalom Glitz et Melanie, commissionés par le Maître pour servir de témoin au procès du Docteur. L’ennemi juré du Docteur apparaît dans la Matrice et prouve ainsi qu’elle peut être violée. Sabalom Glitz dévoile à son tour que les événements de The Mysterious Planet sont du fait du Haut Conseil des Time Lords. Des secrets de la Matrice avaient été subtilisés par les dormeurs, qui avaient installé leur base sur la Terre. Le Haut Conseil décida de déplacer la Terre avec un magnotron afin de récupérer son dû. Notre planète devint Ravolox et une grande partie des terriens périrent dans le grand incendie qui suivit. Le Valeyard accepta de falsifier cet épisode sombre en échange des régénérations à venir du Docteur. Dévoilant ce révisionisme éhonté, le Maître ajoute que le Valeyard est le coté sombre du Docteur qui s’est matérialisé après sa douzième génération. Le faux procureur prend la fuite et se réfugie dans son usine, au sein de la Matrice. Le Docteur devra affronter son coté sombre et déjouer le plan du Maître, qui a étalé toutes ses révélations pour se débarasser à la fois du Valeyard et du Docteur, et régner sur Gallifrey.

2304On dit merci qui pour avoir sauvé la saison ?

Le scénario de ces 13ème et 14ème parties du procès du Docteur fut originairement confié à Robert Holmes, mais il décéda avant d’avoir pu développer le second. Eric Saward déserta également le poste de script editor, mais accepta de terminer le travail de Holmes. John Nathan Turner fit refaire son script final comme Saward refusait de changer le cliffhanger final montrant le Docteur et le Valeyard attiré dans le vide vers une mort certaine. La conclusion de ces deux épisodes revient à une solution qui a fait ses preuves : destituer le fautif (le Haut Conseil) et renvoyer le Docteur à ses aventures après qu’il se soit vu proposer le poste de Président. The ultimate Foe est un gros toutéliage des précédentes parties de la saison, une sorte de reconstruction a posteriori très voyante, mais qui parvient à emporter l’adhésion. Sa durée relativement courte et ses nombreux rebondissements gardent le spectateur en alerte et valident le fait que des arcs plus ramassés sont plus adaptés. En dépit des différentes mains au scénario et de la complexité de son intrigue, ce mini arc conserve une relative logique dans les éléments qu’il décide de conclure (qu’en est-il de la première rencontre de Six et Mélanie ?) et donne une nouvelle lumière sur les ratages de cette saison. Nous découvrons que Peri n’est finalement pas morte et que les éléments qui auraient pu rendre intéressant le premier segment ont été retiré par ce saboteur de Valeyard. Un twist bien commode…

2304CMr Popplewick, ou quand le Docteur parodie Dickens

Faisant intervenir des éléments de différentes époques, la série se met en danger et se condamne à un puits sans fond de justification. La révélation sur le Valeyard, interprété par le très bon Michael Jayston, fait entrer un élément important dans la mythologie de la série, laissant aux scénaristes une marge pour pouvoir la justifier dans le cas où le show serait renouvelé jusqu’à la régénération finale. Cette marge est dorénavant épuisée. Si toutefois Steven Moffat se conformait à la série classique, le Valeyard apparaîtrait lors de l’ère Capaldi, qui serait la régénération la plus diabolique du Docteur (à compter qu’on exclut le Docteur guerrier et la double régénération de David Tennant) et serait même en germe depuis longtemps. Au grand dam de la continuité et en dépit du clin d’œil final, il semble peu probable que ce coté sombre du Docteur revoit le jour autrepart que dans les audiobooks dérivés et novélisations. Il se pourrait que des événements décisifs ayant eu lieu a posteriori, telle que la suppression de Gallifrey ou autre modification d’un point fixe, aient pu empêcher sa naissance. L’idée du double maléfique était bonne à ce niveau de l’Histoire en ce qu’elle mettait le Docteur face à ce qu’il pourrait devenir s’il poursuivait dans son inconstance. La cession des régénérations à venir au Valeyard expose symboliquement la difficile continuation de Doctor Who avec un héros aussi ambigü et met en jeu l’avenir de la série sur une victoire de ce dernier. Doctor Who perdurera pour encore trois saisons, mais avec un changement de Docteur et sans doute une nouvelle direction. Si cette conclusion comporte beaucoup de défauts et facilités, elle réhausse globalement la saison 23 et permet de repartir sur des bases un peu plus saines.

2304BLe Docteur face à son coté sombre : to be continued ?

N : 7

IM : 6

22-03 The Mark of the Rani

22-03 The Mark of the Rani

De Pip & Jane Baker ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Sarah Hellings

Début du XIXème, village minier de Killingworth, Angleterre. Des mineurs jusqu’alors inoffensifs font preuve d’une grande agressivité, attaquant les machines et les hommes. Dans un contexte où la révolution industrielle et particulièrement les inventions de George Stephenson mettent en danger leur emploi, les habitants pensent qu’à l’instar des ludites, leurs revendications sont politiques. La raison de leur agressivité est à chercher auprès de la vieille femme qui tient les bains destinés à laver les mineurs. A peine ceux-ci sont-ils entrés dans l’établissement qu’elle les endort et pratique sur eux des expérimentations qui leur retirent la substance neurochimique provoquant le sommeil, leur veille constante conduisant à cette agressivité. Derrière le masque de la vieille se cache la Rani, Time lady qui fut exilé de Gallifrey et qui gouverne désormais la planète Miasimia Goria. Ayant privé les habitants de sa planète de sommeil, elle compte subtiliser suffisamment de substances du cerveau des terriens de cette époque pour réparer son erreur. Dans le TARDIS, le Docteur et Peri rencontrent une distortion temporelle qui les conduit à Killingsworth. Le Docteur se met aussitôt en tête de retrouver George Stephenson. Il fait la connaissance du propriétaire des mines, Lord Ravensworth, qui se méfie dans un premier temps de l’énergumène. Comptant profiter du boom de la Révolution industrielle pour satisfaire ses envies de pouvoir, le Maître a aussi atterri à cette époque. Il découvre la présence de Rani et lui propose de s’allier contre le Docteur.

2203Six auditionne pour Mary Poppins. Chim Chimney

The Mark of Rani introduit un nouvel hors la loi de Gallifrey, la Rani du titre, à qui Kate O’Mara prête ses traits très caractéristiques. Grande chimiste exilée suite à une malencontreuse expérience, elle n’a ni la mégalomanie du Maître, ni le coté frondeur philanthrope du Docteur. D’une grande neutralité morale, elle pratique une science sans véritable conscience, considérant toute créature humaine et animale comme du matériel pour ses recherches. Ainsi n’hésite t’elle pas à transformer un homme en arbre en jouant avec ses molécules, prétendant qu’il vivra mieux ainsi (c’est scientifique !). Maîtresse ès déguisements, la Rani se déplacerait d’une époque trouble à l’autre sans attirer l’attention sur elle. Kate O’Mara campe une femme intrigante, charismatique et glaçante qui n’a aucune peine à tenir la réplique à ses homologues gallyfreyiens. La réunion des trois outcats est l’occasion de beaux échanges qui donne une valeur ajouté à un arc qui aurait pu très vite devenir la nouvelle tentative du Maître de conquérir le monde. Le sort final réservé à la Rani et au Maître ne manque pas d’ironie.

2203BLes trois plus grandes hontes de Gallifrey

Mise à part cette nouvelle venue, les deux épisodes regorgent de parti pris intéressants. L’idée de faire un épisode sur l’agressivité de mineurs en plein Thatchérisme est pertinente. L’absence de manichéisme dans la représentation de la Révolution industrielle étonne d’autant plus (on est loin des épisodes des 70’s), la série se refusant à faire des parallèles grossiers entre l’absence de prise en compte des revendications des travailleurs en 1985 et la mécanisation rampante de l’époque traitée. La présence de la Rani, grande figure matriarcale opportuniste et dénuée de compassion envers les hommes au point de leur retirer le sommeil est à elle-seule assez parlante sur la perception de la première ministre. Chantre du progrès, Six voit d’un œil bienveillant l’ingéniosité de George Stephenson, qui serait amené un peu plus tard à inventer la Fusée, une des premières locomotives à vapeur et un point de départ vers les chemins de fer modernes. Doctor Who se permet de nous remettre (enfin!) en contact avec une figure historique par le biais de l’acteur Gawn Grainger qui excelle à faire ressortir les origines ouvrières de l’ingénieur. Quelques moments de ventre mou disséminés dans les deux épisodes viennent un peu ternir ce beau tableau, d’autant plus préjudiciables que le nouveau format semblait nous en préserver.

2203CRani, spécialiste dans la déco de TARDIS (elle a même une télécommande ! )

N : 7

IM : 7

21-05 Planet of Fire

21-05 Planet of Fire

De Peter Grimwade ( 4 épisodes )

Réalisation : Fiona Cumming

Sur la planète désert de Sarn, le chef religieux Timanov a propagé une croyance dans le Dieu du feu Logar. Il enseigne ses préceptes au jeune Malkon, un Sarn portant une marque qui en fait le messager de Logar amené à régner sur les indigènes. Sur Terre, à Lanzarote, l’archéologue Howard Foster découvre un objet en métal qui porte la même marque. Il reçoit la visite de sa belle-fille Peri qui lui fait part de son départ prochain pour le Maroc avec des amis qu’elle vient de rencontrer. Foster feint d’accepter ce départ, mais il s’arrange pour qu’elle ne puisse pas partir à temps. Coincée sur le bateau, elle s’empare de l’objet et décide de regagner la côte à la nage. Le Tardis atterrit alors à Lanzarote, piraté par Kamelion qui semble être entré dans une crise existentielle. Turlough remarque par l’écran du TARDIS la jeune Peri en pleine noyade. Il décide de la secourir et découvre la fameuse marque sur l’objet qu’elle détient, marque qu’il possède lui aussi sur son bras. Il la ramène dans le vaisseau mais ne peut longtemps dissimuler l’objet au Docteur. Le TARDIS se dématérialise aussitôt pour réapparaître sur Sarn, créant de vives réactions chez les autochtones qui allaient brûler deux infidèles. Cauchemardant, Peri lance un appel inconscient à Kamelion qui prend aussitôt la forme de son beau-père. Après le départ du Docteur et de Turlough en exploration sur la planète, il prendra l’apparence du Maître car celui-ci a de nouveau pris le contrôle du robot.

2105

Chaude atmosphère à Lanzarote

Planet of Fire est un arc écrit par Peter Grimwade, réalisateur entre autres de Logopolis et scénariste sur deux des meilleurs arcs de la série classique, Time-Flight et Mawdryn Undead. On peut donc partir très confiant et le résultat ne ment pas. Cet avant-dernier arc de Five est un peu en deçà des deux arcs cités mais il propose une variation originale sur un sujet difficile, puisque maintes fois traité par la série, celui de la peuplade engoncée dans une croyance religieuse qui peut s’expliquer de manière rationnelle. Peter Wingarde incarne la figure du fanatique religieux avec prestance, les décors de Lanzarote sont bien mis en valeur et la réalisation de Fiona Cumming fait honneur au scénario. Le Maître est de retour, mais il a un peu trop joué avec le Tissu Compression Eliminator, occasionnant sa diminution. Pour retrouver une taille normale, il lui est nécessaire de se baigner dans le gaz numismaton régénérateur au sein du volcan.

2105BJeune fille rêve à beau-papa. Kamelion saisit l’aubaine. Chaud chaud.

C’est également l’occasion de faire revenir Kamelion, qui sera l’instrument du Maître pour atteindre ce feu. On découvre ainsi que le robot polymorphe n’avait jamais quitté le TARDIS, bien qu’on ne parle plus de lui depuis cinq arcs. L’hyperdiscret vacille entre sa forme robot, celle du Maître et celle du beau-père de Peri durant tout l’arc, pour finalement disparaître tragiquement à l’issue de l’arc. On peut saluer cette résolution du mystère de « où est passé Kamelion ? » ainsi que le fait de lui avoir au moins accordé un arc digne de ce nom. Sa fin par la main du Docteur est déjà plus regrettable. Elle l’est d’autant plus que ce dernier laisse ensuite brûler le Maître alors qu’il lui demandait de l’aide ( au nom d’un lien particulier qui les unirait ? ). Deux actes qui auraient pu admettre « une autre solution », mais Five semble ne plus maîtriser son amertume. Le talent de Peter Davison fait que son Docteur a digéré toute la noirceur de son ère sans trop en faire, mais en montrant de temps à autre le signe que les événements le touchaient. De la mort d’Adric passée sous silence au départ de Tegan qui le perturbe encore, en passant par les massacres qu’il a rencontrés (celui des Siluriens en tête), il a fait évoluer son comportement avec finesse pour en arriver à lui faire assumer des actes qu’il n’aurait pas été capable d’assumer auparavant. Five reste profondément sympathique, mais il se mue peu à peu un personnage plus fermé qui traîne sa propre malédiction.

2105CPeri j’ai rétréci le Maître

Désireuse de voyager, la jeune américaine Peri (Perpugilliam) Brown débarque dans le TARDIS par un concours de circonstances plutôt bien agencé, et se paie le luxe d’y entrer en bikini. Son arrivée brutale et son adaptation rapide rappellent les premiers pas de Tegan dans Logopolis, avant que l’australienne ne fasse une crise à rebours. La sympathique Peri parvient en peu de temps à mettre le Maître en difficulté et ne voit aucun problème à rejoindre le Docteur à l’issue de l’aventure, parce qu’elle avait prévu de voyager trois mois. Cette adaptation est sans doute à mettre sur le compte du départ de Turlough, qui n’aura pas attendu bien longtemps après Tegan pour tirer sa révérence. Nous découvrons enfin dans cet arc quelle a été son histoire. Condamné à l’exil sur sa planète natale Trion, il fut marqué du sceau des prisonniers et envoyé sur Terre. Son père et son frère furent déportés sur la planète Sarn qui servait de pénitentier pour les Trions. Ainsi le Dieu Logar n’était-il qu’un vulcanologue Trion apparu au grand prêtre lors de son enfance alors que le jeune Malkon se révèle être le propre frère de Turlough dont le vaisseau de déportation s’était écrasé. Personnage énigmatique et atypique, très bien écrit, Vislor Turlough aura finalement eu une conclusion à la hauteur, sans doute la conclusion la mieux préparée et la moins hasardeuse pour un compagnon jusqu’ici. Il regagnera sa planète, visiblement gracié non sans avoir remercié le Docteur pour tout ce qu’il lui a appris. Il aura été le dernier compagnon masculin de la série classique.

2105DArrivederci Vislor Turlough

N : 8

IM : 7

Episode Spécial 20ème anniversaire – The Five Doctors

Episode Spécial – The Five Doctors

De Terrance Dicks (90 mn)

Five, Tegan et Turlough s’apprêtent à se prélasser dans l’œil d’Orion lorsque le Docteur ressent une douleur soudaine. Quelqu’un est en train d’enlever ses anciennes incarnations et quelques compagnons (Le Brigadier, Sarah Jane et sa petite fille Susan) à leur époque respective pour les transporter dans la zone de mort de Gallifrey. Seul Four, coincé dans le vortex, n’arrive pas à destination. Tous les autres se retrouvent dupliqués en figurine sur un étrange tableau de jeu. Five et ses deux compagnons retournent dans le TARDIS et sont à leur tour transportés dans la zone. Ils ne tardent pas à y’ être rejoints par le premier Docteur et Susan, qui est toujours un boulet. Pendant ce temps, Le Maître a été convoqué par le Conseil des Time Lord qui a détecté un drainage intense de leur source d’énergie et eu ainsi connaissance des enlèvements de Docteur. Il lui est proposé d’aider les Docteurs à sortir de la zone en échange d’une grâce et d’un nouveau jeu de régénérations. Le Maître accepte. Les Docteur reconnaissent le lieu de leur captivité en apercevant la tour de Rassilon. Two y conduit le Brigadier tandis que Three, qui a embarqué Sarah Jane dans son auto Bessie s’y dirige également. One prend également la route accompagné de Tegan. Ils rencontreront sur leur route de vieux ennemis qui ont également été transportés dans la zone contre leur gré par le fieffé farceur.

2007Holala le type qui était déjà vieux dans les sixties qui nous fait la leçon…

Diffusé le 23 novembre 1983 aux Etats-Unis et le 25 novembre 1983 au Royaume-Uni, The Five Doctors célèbre à sa manière les vingt ans écoulés depuis que William Hartnell et ses trois passagers ont quitté les sixties pour se matérialiser chez les hommes de cavernes. Alors que l’ex script editor Robert Holmes était d’abord pressenti pour le scénario, c’est finalement au non moins renommé ex script editor Terrance Dicks qu’échouera cette tâche. Les remaniements furent nombreux en raison du casse-tête logistique de réunion des acteurs, certains n’étant finalement plus disponible au dernier moment. Richard Hurndall reprend le flambeau du premier Docteur, William Hartnell étant décédé en 1975. Nous aurons néanmoins le plaisir de le voir dans un pré-générique qui file quelques petits frissons. Tom Baker fit à John Nathan-Turner le même coup que Christopher Eccleston à Steven Moffat en 2013, avortant au passage la rencontre des cinq Docteurs qui aurait pu avoir lieu. Ce sont donc quatre Docteurs qui se retrouveront devant le tombeau de Rassilon, sous le grand parrainage du Lord President Borusa, le fieffé farceur qui a organisé ce petit jeu.

2007BNon Brigadier nous ne sommes pas des anciens combattants

Nous voilà donc de retour à Gallifrey où il y’a incontestablement quelque chose de pourri (à peu près tout en fait, ça fait peine à voir). Après la duplicité d’un conseiller ami du Docteur, c’est au tour du professeur et ami de longue date de notre TimeLord de péter un cable. Après des siècles de règne sur Gallifrey, Borusa profite de sa dernière régénération pour réclamer l’immortalité qu’il pense lui revenir de droit. Il doit pour cela déjouer les épreuves du tombeau de Rassilon (dans la grande Tour) afin de rejoindre le suprême Time Lord, qui lui a réussi à devenir immortel. Puisque Borusa est vieux et fainéant, il a préféré laisser les cinq Docteurs, quelques compagnons et le Maître se charger du travail en mettant sur leur chemin des cybermen, des daleks, des Yeti-Bot et des robots ninjas qui disparaissent lorsqu’ils sautent. Il en profite pour faire supprimer le Castellan, faux coupable idéal. Le vieillard se retrouvera au final pris à son propre piège, coincé pour l’éternité en statue du tombeau de Rassilon. Une ironie noire qui n’est pas sans rappeler celle du Wishmaster. Nous aurons ainsi l’infime l’honneur de rencontrer ce Rassilon dont on nous a tant parlé. Présenter la chute de Borusa à ce moment, alors que le thème de l’immortalité a parcouru cette saison 20, est encore ce qu’il y’a de plus logique dans ce grand téléfilm qui s’apparente plus à une réunion d’anciens (et de nouveaux, pour le cas de Five, Tegan et Turlough) qu’à un arc à part entière.

2107EBessie foule enfin le sol de Gallifrey

Le casting de la série n’a jamais autant été fourni en têtes connus : Outre les cinq Docteurs, Tegan, Turlough, Le Maître dans son incarnation actuelle, Le Brigadier, Susan, Sarah Jane, Jamie, Zoe, Liz Shaw, Yates, Romana II (en reprise de l’épisode Shada) et K9 sont de la partie. C’est la troisième mouture du chien robot qui apparaît en compagnie de Sarah Jane au début de l’arc, celle-ci se l’étant vu offrir pour la série K9 et Company, qui n’alla pas plus loin que son pilote diffusé en fin 1981, peu avant le premier arc de Five. Cette réunion n’est pas sans créer son lot de confusions, qui tiennent au fait que les Timelines des Docteurs enlevés sont souvent occultés. Ainsi Three parle t’il de fantômes du passé en évoquant une apparition de Yates alors qu’il lui est contemporain, Two paraissant quand à lui avoir connu le Maître, qui n’est pourtant apparu que lors de la deuxième saison de Three. Two, qui parle on ne sait pourquoi du lavage de cerveau de Jamie et Zoe alors qu’il ne l’a logiquement pas encore vécu et qui ne transporte de plus aucun de ses compagnons alors qu’il n’aurait jamais abandonné Jamie ou Zoe pour rendre visite au Brigadier. Le même Brigadier prétend quand à lui connaître Tegan alors qu’il ne s’agit visiblement pas de sa version plus agée qui a échappé à l’amnésie quelques arcs plus tôt.

2007CJ’ai bien compté ça ne fait pas cinq

Ces coquilles parmi d’autres tirent The Five Doctors vers un fan service géant parfois composé plus pour les rencontres que pour la cohérence mythologique. Moins savoureux que l’arc du dixième anniversaire, ce téléfilm contient tout de même de bonnes idées, la meilleure étant d’avoir adjoint Tegan au Premier Docteur pour donner un aperçu du choc des générations. Nous nous retrouvons au final avec un Five qui reprend le titre de Haut Président du Conseil des TimeLord, et qui déserte une nouvelle fois ses responsabilités, laissant à la conseillère Flavia les responsabilités de la fonction. Donnons lui une dizaine d’arcs avant d’être corrompue.

2007ERassilion, Time Lord suprême et lointain cousin de Jean-Rochefort

N : 7

IM : 8

20-06 The King’s Demons

20-06 The King’s Demons

De Terence Dudley ( 2 épisodes )

Réalisation : Tony Virgo

Le Docteur, Tegan et Turlough loupent la planète de Turlough et se matérialisent sur Terre en 1215, au beau milieu d’un duel entre le champion du roi Jean, Sir Gilles Estram et le fils du seigneur Fitzwilliam, qui défend l’honneur de son père. Jean Sans Terre accueille les membres du TARDIS amicalement, les appelant ses démons. Evaluant qu’ils se trouvent au jour où le roi prêta le serment des croisades, le Docteur suspecte que le ce roi Jean est imposteur. Ses soupçons viennent aussi se porter sur Sir Gilles. Un chevalier de la famille du Seigneur confirme les craintes sur le roi, qu’il vient de quitter à Londres. L’imposteur allant le torturer, le Docteur intervient en provoquant Sir Gilles en duel. Ce dernier se révèle être le Maître, qui a prévu de discréditer le roi afin qu’il y’ait des révoltes qui provoquent sa chute. Ainsi il ne pourrait jamais signer la Magna Carta, texte fondateur des futures constitutions et déclaration des droits. Pour cela, il utilise Kamelion, androïde intelligent capable de prendre n’importe quelle forme, que le Maître a visiblement sous son contrôle depuis son évasion de Xeriphas.

2006 Le roi John…ou pas.

Un arc en deux parties pour terminer une saison 20 qui est pour l’instant, avec la sixième, la meilleure de la série classique. L’initiative est judicieuse, comme ce fut le cas pour le two-parter de l’an dernier. Cette incursion au Moyen Age permet de souffler après l’intrigue du Gardien Noir et de retrouver un personnage historique important de l’Histoire anglaise, qui est traité ici avec bien plus de libertés que Richard Cœur de Lion sous le premier Docteur. Five prétend que les connaissances historiques de Tegan sont biaisées, que le roi Jean était en position de refuser la Magna Carta, mais qu’il a choisi en son âme et conscience de la signer. Une position qui place Jean comme le maillon fort de la signature de la Charte, nécessité pour servir le scénario de Terence Dudley. The King’s Demons bénéficie de son format court, mais se révèle en soit être un arc rythmé qui sait utiliser avec acuité les superstitions et les clichés du Moyen-Age, pour preuve ce déguisement du TARDIS du Maître en femme de fer, instrument de torture populaire dont l’existence réelle au Moyen-Age a été démentie.

2006BUn duel à l’escrime entre le Docteur et le Maître, réminiscence de three

The King’s Demon introduit Kamelion, androïde polymorphe que le Maître souhaite utiliser pour semer le chaos sur Terre , puis dans les systèmes de l’univers. Le coordinateur d’effets spéciaux Richard Gregory et l’informaticien Mike Power montrèrent le prototype à John Nathan-Turner et Eric Saward , qui furent impressionnés au point de commander cet arc pour intégrer Kamelion dans la série, et ce malgré les difficultés rencontrées quelques années plus tôt avec K9. On les comprend tant la voix de Gerald Flood couplée aux performances du robot donnent une impression de fluidité et de réel. Malheureusement, le décès de Mike Power peu après le tournage de cet arc firent que le robot ne fit plus d’apparition dans la série, bien qu’il ait effectivement rejoint le TARDIS en fin de cet arc.

2006C Entre les deux, son processeur balance

N : 7

IM : 5

Saison 19 (1982) / 19-01 Castrovalva

FIVE

Well Well… Hail to THE GLORIOUS FIFTH !

19-01 Castrovalva

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Fiona Cumming

Contrairement à ce qu’aurait pu laisser penser l’harmonieux passage de témoin, la régénération de Four à Five se passe très mal. Adric, Tegan et Nyssa parviennent à éviter les forces de l’ordre et à transporter le Docteur dans le TARDIS, mais le Maître les suit de près. A l’intérieur, le nouveau Docteur délire et il devient urgent de le transporter dans la chambre Zero qui pourra lui donner suffisamment de calme afin qu’il remette ses synapses en ordre. Adric est malheureusement enlevé par le Maître qui s’en sert d’antenne de réception et de manipulation du TARDIS. Nyssa, Tegan et le Docteur inconscient dans la chambre Zéro font route vers le moment où s’est produit le Big Bang. Ils parviennent néanmoins à quitter ce moment avant l’explosion et font escale sur Castrovalva, terre de repos et de lecture qui semble, selon Tegan, le meilleur lieu pour que le Docteur puisse achever sa régénération en toute sécurité.

1901BIl manque encore quelque chose. Peut-être une petite touche verte.

Une première aventure de Peter Davison qui fleure bon l’entre-deux. Difficile de vraiment caractériser ce Docteur lorsque sa désorientation lui fait revivre ses différentes époques, se confondre avec les attitudes et les catchphrases des Docteurs précédents et mélanger les

noms de ses compagnons. Cette crise d’identité saura combler votre serviteur pour qui la simple évocation de Jo, du Brigadier ou de Jamie met le sourire aux lèvres (nostalgie…). On retrouvera chez Ten une autre complication de régénération il faut le dire moins divertissante. La régénération de Five durera donc une grande partie de l’arc pour aboutir à un Docteur nettement plus conventionnel que l’incarnation de Tom Baker, mais aussi plus léger. Il prend le temps de choisir son costume et s’accorde quelques excentricités inédites tel que la lévitation. On voit également l’origine de son intérêt pour le céleri, qui deviendra l’attribut ornant son costume. Après tant d’années de Tom Baker 100000 volts, voir un peu de nonchalence et d’élégance apporte un souffle nouveau. Davison demeure néanmoins la seule véritable attraction d’un arc peu passionnant.

1901Pour une meilleure réception de l’intérieur du TARDIS, choisissez l’antenne Adric

Le Docteur, Nyssa et Tegan sont envoyés dans un monde qui ressemble encore une fois beaucoup à notre Terre (inspiré par une œuvre de l’artiste M.C Escher) et qui se révèle au final être une création du Maître. Celui-ci ambitionne d’y coincer le Docteur dans une occlusion récursive temporelle : un piège spatio-temporel qui pourrait être fatal à sa régénération. Les deux compagnes, bien que totalement différentes (l’une est terrienne, l’autre est d’une civilisation bien plus avancée) sont malheureusement interchangeables, la faveur du scénariste se tournant visiblement vers Tegan. En dépit de ses origines pacifiques, on peine à concevoir que Nyssa soit aussi calme et passive face au Maître, qui a pris l’enveloppe de son père et qui a détruit son monde. L’enlèvement du pauvre Adric remet en cause pour cet arc la dynamique des personnages et apporte un suspens qui permet de ne pas trop laisser le poids de l’épisode sur les épaules de Davison. Et le Maître de disparaître une nouvelle fois dépassé par sa création…Mais pour combien de temps ? A noter la présence d’un pré-générique, chose nouvelle dans la série classique.

1901CA touch of Zen

N : 7
IM : 9

18-07 Logopolis

18-07 Logopolis

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Le Docteur et Adric se matérialisent sur Terre pour prendre les mesures d’une cabine de police afin de réparer le circuit Caméléon permettant la transformation du TARDIS pour se fondre dans son environnement. Mais une cloche les a averti d’un grand danger imminent. Lorsqu’ils se matérialisent en lieu et place d’une cabine téléphonique terrienne, ils ne se doutent pas que le Maître l’a déjà fait avant eux. Le grand ennemi du Docteur, qui a pris la forme du consul Tremas sur Traken, a anticipé leur venue sur Terre et entraîné une chaîne de réactions qui démarre par un emboîtement des deux TARDIS. C’est le moment que n’ont pas choisi la jeune Tegan et sa tante pour tomber en panne sur la route du TARDIS. La jeune femme part demander de l’aide dans ce qu’elle croit être une cabine de police pour se retrouver enfermée et contrainte à errer dans le labyrinthe des TARDIS emboîtés du Maître et du Docteur. Alors qu’un mystérieux guetteur observe les événements se dérouler, Four comprend que le Maître va occasionner plus de dégâts qu’il n’en a jamais fait auparavant. Il embarque Adric et Tegan pour Logopolis, cité entièrement composée de mathématiciens (!) qui ont le pouvoir de modéliser uniquement de par leurs calculs. Les savants pourraient aider le Docteur à booster son TARDIS. Une fois arrivé sur place, il retrouve Nyssa qui était l’instigatrice de l’appel et qui demande l’aide du Docteur pour retrouver son père. Mais Le Maître a bien tué le paternel et il a suivi le Docteur sur Logopolis, et il va bientôt faire glisser les univers dans l’entropie.

ImageLe Docteur et son gang d’enfants perdus

Il ne fallait pas moins qu’un script editor aux commandes pour agglomérer un aussi grand nombre de points en une convergence relativement cohérente. Le scénario de Christopher H. Bidmead permet d’assurer en beauté la transition de Four à Five, mais aussi de préparer le futur et d’expliquer le fil rouge d’une grande partie de cette saison. Ainsi en visitant cette planète au sein de laquelle de pauvres hommes sont condamnés à faire des maths toute leur vie, le Docteur et Adric apprennent-ils que le pont entre leurs deux univers (les charged vacuum emboitments) a été crée par Logopolis. La progression de l’espace-temps menaçait de détruire la matière par un phénomène d’entropie et les mathématiciens durent modéliser ces sortes de trous de ver comme pont d’échange d’énergie pour garantir un équilibre. Par son intervention, le Maître a déstabilisé leurs travaux et entraîné la suppression des ponts, qui se poursuivra par l’absorption de tous les autres univers par l’effet de l’entropie. Logopolis est un épisode de destruction de masse qui voit la suppression de plusieurs systèmes, dont celui contenant Traken, la planète de la jeune Nyssa. Il décrit également une longue série de meurtres par miniaturisation perpétré par le Maître pour arriver à ses fins. Un bilan qui détourne plus que jamais Doctor Who du spectacle pour enfants.

ImageCoucou c’est moi !

Cet arc est aussi une croisée des chemins comme on en a peu vues dans l’histoire de la série. Pour l’occasion le script editor ne s’est pas contenté de reconvoquer le Maître. Il a ajouté en peu de temps deux compagnons au Docteur alors même que l’arrivée d’Adric est encore chaude et que le Docteur va lui-même changer. Puisqu’il faut aller de l’avant, Four largue la chambre de Romana après avoir évoqué sa mémoire (officiellement pour lâcher du lest à cause du TARDIS du Maître) et entraîne illico dans l’action ses nouvelles compagnes. Dans le cas de Tegan, ce sera d’abord à son corps défendant. Sur la route de son premier vol en avion, l’hôtesse de l’air en devenir va rencontrer un vaisseau qui l’emmènera sans doute vers des destinations plus originales, mais on ne peut que compatir à son désarroi lorsqu’elle découvre en quelques minutes qu’une cabine de police peut devenir un labyrinthe, que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, que sa tante a été tuée et que l’univers va être plongé dans le chaos. L’introduction de l’australienne Tegan, d’abord présentée dans sa vie quotidienne, ouvre la perspective de ce que sera la présentation des compagnes dans la série moderne, mais son aventure n’a aucun point de comparaison avec les premières aventures de celles-ci. C’est un peu comme si Donna était arrivée dans la série à l’épisode de l’enlèvement de la Terre. La jeune Nyssa ne nous est pas inconnue car elle fut de la partie dans l’épisode précédent. Nous apprenons ici qu’elle a été amenée à Logopolis par le cinquième Docteur et surtout qu’elle ne retrouvera jamais sa planète.

ImageHaha il va devoir tout recalculer. Nerd !

Logopolis est enfin la fin de la route pour le plus long Docteur de la série. Tom Baker aura été le Docteur pendant quarante-deux arcs (le tiers des arcs de la série classique). De sa période, il se dégage un bilan mitigé traversé de bonnes idées, mais aussi de moments creux. Ce Docteur un peu fou mena sa barque dans une certaine anarchie et sans véritable attache, envoyant voler bien loin les structures et personnages récurrents établis par Three tout en reproduisant indéfinimment des intrigues spatiales sur des modèles similaires. Une tentative de restructuration avait été opérée par l’arc de la Clé du Temps, mais qui avait abouti par la suite à une autre saison désorganisée. L’arrivée du Maître renoue le contact avec l’époque de Three et annonce peut-être le retour d’une certaine structure qui la caractérisait. L’entropie de l’arc serait-elle le reflet de ce qu’était Doctor Who sous Four : Un vaisseau qui avance en roue libre condamné à se dissoudre, à moins d’une intervention pour rétablir un équilibre.

ImageAlliance de circonstance comme au bon vieux temps

Une chose est certaine, la transition a été bien préparée, autant dans la nouvelle identité de cette saison 18 que dans le passage de relai de cet arc qui voit un contact entre Four et Five (le mystérieux guetteur) bien avant la régénération. Tom Baker avoue lui-même cette préparation avant de laisser partir son Docteur par une chute fatale. Une sortie plutôt moyenne qui est néanmoins réhaussée par le rappel des ses ennemis (lors de la chute) et de ses alliés (avant la régénération) qui met pour la première fois en perspective dans la série la valeur d’une incarnation. La régénération sous forme de fusion est toute aussi nouvelle, procédant d’une fusion entre le présent et le futur qui n’a de sens que symboliquement. Plutôt que trouver une explication, on préferera profiter de la poésie du spectacle au même titre que les trois jeunes compagnons qui vont guider Five.

Adios Four. Thanks for the fun !

N : 9

IM : 9

18-06 The Keeper of Traken

18-06 The Keeper of Traken

De Johnny Byrne (4 épisodes)

Réalisation : John Black

A peine le Docteur et Adric sont-ils arrivés ont-ils quitté l’univers intermédiaire qu’ils reçoivent la visite du gardien de Traken. Relié à une source d’énergie puissante et omnisciente, le vieil homme gouverne un empire qui vit dans la paix depuis des siècles. Mais il sent que cette paix est menacée par un pouvoir qu’il ne contrôle pas et il demande au Docteur et à son compagnon de l’aider. Le mal s’est en effet introduit sur Kraken par un étranger qui s’est solidifié dans les jardins et que chacun nomme Melkur. La statue est visitée depuis des années par Kassia, qui est depuis devenue une des cinq consuls du Gardien et elle a ainsi pu développer un lien particulier avec elle. Kassia a épousé le consul Tremas qui est appelé à succéder au gardien, chose qu’elle a bien du mal à accepter car cela signifie de devoir abandonner son mari à la machine. Alors qu’elle cherche de l’aide auprès de la statue, Kassia ne se doute pas que celle-ci la manipule pour atteindre la fonction suprême et servir ses intérêts belliqueux. Le Docteur et Adric, aidés du consul Tremas et de sa fille Nyssa feront tout pour empêcher Traken de sombrer dans le chaos.

ImageUne statue qui va sérieusement compliquer ce jeu des trônes musicaux

Johnny Byrne livre une adaptation S-F de la perversion d’Eve (Kassia) par le serpent (Melkur) dans le jardin d’Eden (Traken) et un arc plutôt bien mené qui a son importance dans la mythologie de la série. C’est pourtant ici la superstition qui menace la raison instaurée par le système scientifique, sorte de consulat délégué, qui gouverne la cité. L’attachement de Kassia à la statue finit par créer une porte pour le pouvoir hypnotique de celle-ci. Keeper of Traken ne fait pas toujours dans la subtilité, mais il arrive très bien à faire progresser son intrigue en distillant par ci par là les indices que le manipulateur Melkur n’est rien d’autre que la marionnette d’un plus grand pouvoir. Pour qui est rôdé aux retournements de la période de Three, il n’est pas très difficile de deviner que le Maître est ce manipulateur, mais la confirmation à la fin de l’arc n’en est pas moins une agréable surprise et une belle promesse pour l’ère du cinquième Docteur. Après une nouvelle mise en échec, le Maître parviendra tout de même à posséder le corps de Tremas et ainsi à contourner la règle des douze générations pour tout Time Lord. Anthony Ainley sera donc la future incarnation de la nemesis du Docteur.

ImageAdric fait visiter le TARDIS à Nyssa. Quand le Docteur n’est pas là, l’apprenti s’adapte.

Adric a maintenant quitté son univers. Il est donc normal qu’il soit un peu en retrait dans cet arc, même si son inexpérience et sa jeunesse sont plus voyants depuis le départ de Romana. Heureusement la fin de l’arc lui donne l’occasion d’utiliser ses compétences de doué en maths avec le concours de la jeune Nyssa. Le casting irréprochable de Keeper of Traken (une habitude dans cette saison) permet de ne pas tout faire reposer sur Tom Baker, ce qui aurait été bien difficile après trois ans passés en compagnie de deux seigneurs du temps.

ImageUne cruelle ironie du sort pour le très intègre Tremas.

N : 7

IM : 7