15-06 The Invasion of Time

15-06 The Invasion of Time

De David Agnew (Graham Williams & Anthony Read) (6 épisodes)

Réalisation : Gerald Blake

Le Docteur devient président de Gallifrey. On ne l’avait pas vu venir, même si cet arc fait suite aux événements de The Deadly Assassin où il s’était présenté à la présidence pour échapper à la punition qui l’attendait. Bien pressé d’être intronisé, Four fait valoir son titre auprès de Borusa, qui est maintenant passé chancelier. Dès la remise des attributs de Rasillon au Panopticon conformément à la tradition, le Docteur s’évanouit, puis il lance ses gardes contre la pauvre Leela pour qu’elle soit chassée. Ce comportement erratique n’est pas innocent : Une race d’êtres pouvant lire dans les pensées, les Vardans, veulent conquérir Gallifrey en utilisant le Docteur, et celui-ci s’est laissé embarquer en projetant de les détruire de l’intérieur. Alors que Leela parvient à trouver une amie pour s’échapper en territoire sauvage, le Castellan complote avec les Vardans et le Docteur parvient à s’isoler avec Borusa pour lui expliquer son plan.

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Le Président et le chancelier discutent de quelques réformes.

Derrière David Agnew ne se cache pas un petit nouveau, mais le producteur Graham Williams et son script editor du moment, Anthony Read. Ecrit à la va vite pour remplacer un épisode qui aurait coûté trop cher, The Invasion of Time présente néanmoins l’avantage de ramener des têtes connus. Il échoue pourtant à conclure en beauté une saison qui est bien la pire de la série. Même si ce nouveau scénario était un prétexte à réutiliser les décors, Gallifrey a bien perdu en ampleur et en population depuis The Deadly Assassin. Le mystère du début de l’arc réside dans le comportement du Docteur, qui aurait visiblement viré dictateur à la solde de l’ennemi. On ne saurait le croire, même si Tom Baker est diablement crédible en président arrogant et vénal du fait que son Docteur a perdu en quelques arcs presque tout de ce qui le rendait attachant et extravagant. Les errances de Leela permettront d’enrichir la mythologie de Doctor Who en visitant un territoire inconnu de Gallifrey dont les Time Lords auraient peur puisqu’entièrement sauvage. On y voit pourtant qu’un désert sans vie et sans aucune menace.

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Un jelly baby à deux entre le Doc et le futur cheri (pendant 10 secondes) de Leela

L’arc fait ensuite se matérialiser les Vardans qui, de reflets menaçants et insaisissables, passent à de ridicules humains en uniforme. Puis nous découvrons que les Vardans étaient eux-mêmes manipulés par…les Sontarans ! Un retournement de situation bien pratique pour prolonger un four-parter en six-parter. Les attributs du Président de Gallifrey s’enrichiront d’une clé toute puissante qui est l’enjeu de la dernière partie tandis que tout ce petit monde se poursuivra dans le TARDIS. Nous pourrons enfin examiner en profondeur le vaisseau du Docteur pour n’y voir que des décors désaffectés tout ce qu’il y’a de plus terrestre. L’arc s’achève sur un Docteur prêt à prendre les armes pour défendre Gallifrey (mouais…) et par le départ aussi impromptu qu’inapproprié de Leela. L’actrice Louise Jameson aurait souhaité quitter la série, et on ne peut l’en blâmer. En dehors de ses premiers épisodes, son personnage n’aura guère eu le traitement qu’il méritait, jusqu’à ce départ bâclé, le plus insignifiant qu’on ait vu dans la série depuis bien longtemps. Elle restera à Gallifrey avec le chef de la sécurité dont elle a dû tomber amoureuse dans les scènes coupées. Tout comme K9, on n’aurait pas hésité à rester avec elle pour la suite des aventures d’une courageuse Sevateem en territoire TimeLord plutôt que de nous relancer sur trois saisons avec un Docteur aussi peu engageant.

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La sauvage ne va pas tarder à se faire la malle. Bien fait pour vous!

😦

N: 5

IM : 7

15-05 Underworld

15-05 Underworld

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Norman Stewart

En zone vide au bord de l’univers, Le Docteur, Leela et K9 parviennent à capter une trace de vie : Un vaisseau, le R1C qui est occupé par quatre Minyens. Ceux-ci n’ont aucun mal à identifier le Docteur comme un TimeLord. Les siens étaient jadis intervenus sur la planète Minyos en leur offrant une technologie que les Minyens utilisèrent pour s’entretuer. Les quatre parvinrent à se sauver et depuis lors, ils poursuivent une quête visant à retrouver P7E, un module qui transporte la base génétique de leur race éteinte. Cette quête qu’ils ont pu poursuivre pendant plusieurs millénaires grâce à la technologie de régénération cellulaire des TimeLords semble toucher à sa fin. Localisant P7E, ils découvrent que sa densité a attiré les comètes alentours pour en faire le centre d’une planète. Cette planète est commandée par un étrange oracle, leader des Sheers qui traitent en esclave les Trogs (pas le groupe, le peuple). Le Docteur et ses compagnons vont tenter d’aider les Minyens à retrouver P7E tout en empêchant l’exécution du papa d’un Trog qui s’est soulevé.

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En apesanteur mais pas trop, parcequ’il faut descendre

Rien de nouveau, sinon les noms des planètes et des hommes qui changent. Underworld reprendra la classique opposition entre deux peuples dont l’un est maintenu en esclavage, ressortira un don technologie par les Time Lords qui a mal tourné (la leçon qui a visiblement conduit leur politique de non-intervention) , une menace d’exécution ainsi qu’une nouvelle machine mégalomane qui doit rappeler bien des choses à Leela. Cette routine n’est cassée que par le premier épisode dans l’espace qui présente les éléments qui seront les plus intéressants pour la suite et approfondit suffisamment l’équipage du vaisseau pour qu’on ait envie de les suivre. Nous assistons à une belle agglomération d’astéroïdes et à quelques plans de maquettes bien intégrées. Après avoir préfiguré l’odyssée de Lucas dans maints arcs depuis sa création, Underworld peut être vu comme le premier arc de Doctor Who post star wars. Un nouvel Espoir sortit en Angleterre à la même époque que sa diffusion. Résultat : mes lasers sont omniprésents, les nervis de l’Oracle interchangeables rappellent les stormtroopers et on sent qu’un pas a voulu être franchi au niveau du décor.

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le diktat Star Wars impose plus de laser

Ce n’est cependant pas de Star Wars que s’inspire ce scénario, mais de Jason et la Toison d’or. A la vision, le rapprochement paraît improbable (Four fait bien de le préciser à la fin de l’épisode), mais Baker et Martin ont bien conservé différents passages de l’aventure en substituant aux éléments mythologiques des éléments futuristes. Les noms des membres de l’équipage renvoient quant à eux à Jason (Jackson, le capitaine), Orphée (Orfe), Heracles (Hercule) et Atalante (Tala). Le Docteur fait une référence au moment où il a aidé Ulysse, ce qui fait songer à la simplicité avec laquelle Ulysse 31 accomplira la même ambition de croiser mythologie et SF, ce que cet arc échoue globalement à faire. Underworld confirme un problème de dynamique entre le Docteur et ses deux compagnons. Le constant rappel du statut de sauvage de Leela et le relégage fonctionnel de K9, qui est pourtant d’une grande aide sur tous les fronts,  font de Four un personnage suffisant qui aurait très bien pu voyager seul depuis le départ de Sarah Jane.

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Jason…heu Jackson, un Trogs et Leela. Wild Things comin’!

N : 5

IM : 6

15-04 The Sun Makers

15-04 The Sun Makers

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : Pennant Roberts

Quelque part dans le futur, sur un Pluton éclairée par six soleils artificiels. Le travailleur Cordo ne peut plus payer ses taxes, alors il décide de se suicider. Le Docteur et Leela débarquent assez vite pour l’en empêcher. Les hommes du collecteur à la solde la Compagnie tentent de les emprisonner car ils sont en territoire interdit. Le groupe fuit dans les sous-sols et rencontre un groupe de rebelles poltrons pas franchement commodes. Le chef des rebelles envoie le Docteur voler une somme conséquente là-haut pendant qu’ils tiennent Leela en otage. Très vite prisonnier, le Docteur rencontre un habitant qui a découvert qu’un gaz lénifiant dans l’air permettait de conserver la population sous contrôle. Alors que K-9 (assigné à résidence dans le TARDIS) rejoint tout ce petit monde, une révolution de carton pâte semble se préparer contre le méchant contrôleur franchement pas commode (lui aussi) et ses deux sbires.

ImageEn imaginant très fort, on peut se croire sur Pluton

On a connu Robert Holmes plus inspiré. Armé du petit Marxiste illustré, il plonge dans une intrigue combinant le contrôle d’une entreprise sur l’espèce humaine locale (le Contrôleur est une espèce de champignon) et quelques touches de bureaucratie Orwelienne. Le tout est mixé hasardeusement avec une pincée de satire complètement loupée puisque sur-jouée en permanence. Un discours suffit pour lever une révolution de dix personnes contre les deux d’en face et pour faire virer de bord le petit groupe d’outcasts mal embouchés menés par le dénommé Mangler. Bref, on a du mal à croire qu’un changement de masse se produit, qui plus est pour renverser un système qui aura vu périr les ressources de la Terre et de Mars. Pendant ce temps, Leela assure toujours (les seuls moments intéressants de l’arc sont ceux où elle apparaît), K9 prouve qu’il sait se rendre utile et le Docteur virevolte. Et c’est là que le bât blesse : En arriver à un épisode aussi vides alors que la série dispose d’un trio de personnages à aussi fort potentiel.

ImageOn va faire la révolution!

La période foutraque de Four semble être pour beaucoup dans cette baisse de qualité. La série se retrouve d’un coup dépouillée de personnages récurrents, d’un monde identifié et des ennemis habituels qui, s’ils pouvaient lasser, construisaient une part de mythologie à Doctor Who. L’accent est porté sur des mondes étrangers qui se ressemblent tous, faute de moyens, et sur des situations répétitives. Certaines scènes de The Sun Makers (le dialogue avec le Contrôleur, les scènes de sous-sol, le meurtre de Hade le récolteur de taxes) sont tout simplement ridicules. Un bon coup de boost s’impose pour Four.

ImageJe cabotine et je parle bizarrement (et je fais des tours avec mon siège.)

N : 3

IM : 3

15-03 Image of the Fendahl

15-03 Image of the Fendahl

De Chris Boucher (4 épisodes)

Réalisation : George Spenton-Foster

Alors qu’ils tentent de réparer K9, le Docteur et Leela subissent une secousse du TARDIS créée par une énergie qui pourrait provoquer l’implosion de la Terre. Ils atterrissent sur Terre (= en Angleterre) dans le petit bled de Fetchborough pour mener l’enquête. L’énergie a été créée par les travaux de quatre scientifiques qui travaillent dans le coin, et particulièrement par le Dr Fendelman qui utilisait un scanner sonique afin de visualiser le visage qui se trouvait derrière le crâne qu’ils avaient découvert au Kenya. Les scientifiques découvrent un homme mort qui a été tué par l’énergie dégagée par le mystérieux crâne. Fendelman refuse d’appeler la police, de peur de compromettre leurs recherches qui pourraient mettre en évidence le fait que l’espèce humaine a une origine extraterrestre. Alors que le crâne semble avoir un étrange effet sur la femme du groupe, Thea, une vieille femme du voisinage qui a des pouvoirs psychiques avertit Leela et son petit-fils que des créatures rôdent pour dévorer les âmes. Introduit dans la demeure des scientifiques, le Docteur découvre bientôt que le crâne est un Fendahleen, sorte de légende mythologique pour les TimeLords, en fait une espèce extrêmement nuisible qui se nourrit d’énergie. Tout se complique lorsque Max Stael, un des scientifiques, rameute le culte dont il fait partie pour accélérer la matérialisation de la bête.

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Par le pouvoir du crâne ancestral !

Les arcs d’inspiration gothique de Four ont tendance à manquer de l’énergie et de l’originalité que la série a connu lors des épisodes ‘fantastico-SF’ de Three. Image of the Fendahl ne déroge pas à la règle, proposant une première partie traînante qui capitalise sur le suspens du crâne en ne lâchant que peu d’éléments. On peut à la rigueur se rabattre sur le duo de locaux (la medium et son petit-fils), sur les frasques de Leela qui ne quitte décidemment jamais ses habitudes de chasseur (même quand elle n’a pas l’habit) ou sur les rapports de force entre les membres du groupe de scientifique qui font jour dès la découverte du premier mort, mais rien de tout ça ne compense vraiment la langueur et l’impression de déjà vu. Même le Docteur paraît en petite forme. Chris Boucher ne nous fera néanmoins pas le plaisir d’incorporer K9 à la fête étant donné qu’il en avait commencé l’écriture avant que le chien robot soit incorporé à la série.

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Attends je m’appelle Fendelman, littéralement l’homme des Fendahl…Ha oui j’ai compris!

Le point fort d’Image of the Fendahl réside dans les idées à potentiel mythologique dispatchées dans la deuxième partie, et tout particulièrement sur le fait que le manoir soit construit sur une faille temporelle. Four y informe Leela que les fantômes des maisons hantées ne sont en fait que des manifestations d’E.T souhaitant pénétrer une faille temporelle et que la medium a hérité ses dons du fait d’avoir grandi près de la faille. Deux ingrédients que l’on retrouvera bien plus tard dans le premier épisode du passé de la nouvelle série dans l’épisode The Unquiet Dead (avec Charles Dickens et les fantômes). Le Docteur et Leela s’aventurent également du côté de la planète des Fendahl pour se rendre compte que ces cachotiers de TimeLord ne l’ont pas détruite, mais enfermé dans une boucle temporelle. La résolution de l’épisode sur une cérémonie vaguement satanique (du Ken Russell tourné avec deux cents en poche) et le physique de gros ver cheap des Fendahl ne militeront pas en faveur de cet arc qui reste un des plus faibles de la période de Four.

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Devant le gros ver et derrière une tonne de maquillage, la maman de Benedict Cumberbatch

N : 4

IM : 7

15-02 The Invisible Enemy

15-02  The Invisible Enemy

de Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Derrick Goodwin

A une époque où les hommes colonisent l’espace à tout va, l’ordinateur de bord d’un vaisseau, puis ses occupants sont infectés par un étrange virus transmis par des ondes. L’infection contamine aussi le TARDIS qui passait dans le coin, puis touche le Docteur. Du fait de son incroyable intelligence, le TimeLord a été choisi pour accoucher du noyau de la forme de vie qui, dans la grande tradition des vilains mégalos, est bien décidée à conquérir le monde macro. Rejetée par le virus, Leela est quand à elle déclarée comme un « rejet » et poursuivie pour être tuée. Elle parvient à faire échapper le Docteur et le conduit sur son conseil à la station médicale la plus proche, sur la base de Titan. Là, ils font connaissance avec le Professeur Marius, spécialiste des pathologies extraterrestres et de son fidèle assistant K9, un ordinateur sous forme de chien utile en toute circonstance. Alors que le Docteur se bat contre le virus, Marius réalise des clones du Docteur et de Leela, puis les miniaturise afin qu’ils puissent repérer la source du problème dans le corps du Docteur et ramener un antidote. Pendant ce temps, les hommes à la botte du virus cherchent toujours les intrus.

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L’ennemi pas si invisible que ça

Fidèles au poste de scénariste de Dr Who depuis des années, Bob Baker et Dave Martin servent un scénario fourmillant d’idées. Ils intègrent intelligemment à la menace l’opposition entre l’instinctive Leela et le Docteur en proposant un virus qui se transmet par l’intelligence. Le Docteur aura beau qualifier sa compagne de « sauvage », elle saura utiliser ses dons de traqueuses et ses instincts de prédatrices pour sortir le Time Lord du triste destin qui l’attend. La deuxième partie reprend à son compte Le voyage fantastique  de Richard Fleisher. Mais l’intention est bien meilleure que le résultat qui propose en guise de visite du corps d’un Time Lord des décors qui peinent à reproduire la matière organique et un milieu étonnamment calme (en dehors de cinq boules qui se battent en duel). Le crustacé viral qui a élu domicile dans le cerveau du Docteur finit par être agrandi par la machine et se révèle être une des créatures les plus risibles de la série. Même si nous sommes encore loin de The Web Planet niveau mauvais goût, les acteurs méritaient un oscar pour avoir conservé leur sérieux lors des scènes où la crevette vocifère. The Invisible Enemy est un arc très particulier en ce qu’il voit débarquer un compagnon majeur qui devrait booster sérieusement les arcs à venir…l’intéressé ne me contredira pas.

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Affirmative !

K9 prend ses quartiers avec tranquillité et professionnalisme, bien aidé par Leela qui s’entiche très vite du chien robot, avant que ce ne soit le Docteur qui réalise son utilité, qui pourrait bien dépasser la simple résolution du problème du moment (officieusement, la production voulait rentabiliser le canin). Il n’y’aura pas d’effusions avec son maître, celui-ci le cédant de bon cœur aux occupants du TARDIS car il doit regagner la Terre, où il retrouvera vraisemblablement d’autres compagnons à quatre pattes. Tout cela présage du bon pour la suite car la dynamique du trio éclipse à elle-seule les défauts des effets spéciaux et le coté cheapos de l’arc. Et nos amis de retrouver la bonne vieille console du TARDIS qu’on avait remplacée depuis Pyramids of Mars par un poste secondaire d’un goût victorien plus douteux .

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La crevette : La garantie d’un tournage dans la bonne humeur

N : 7

IM : 7

Saison 15 (1977-1978) / 15-01 Horror of Fang Rock

15- 01 Horror of Fang Rock

De Terrance Dicks (4 épisodes)

Réalisation : Paddy Russell

Le TARDIS débarque sur l’île de Fang Rock au sud de l’Angleterre quelque part au début du vingtième siècle. Le Docteur et Leela rejoignent un phare et font connaissance avec ses trois gardiens qui ont constaté des problèmes d’électricité depuis qu’une mystérieuse chose est tombée du ciel. Le cadavre d’un d’entre eux, Ben, est bientôt retrouvé. Alors que le superstitieux Reuben, le plus vieux des gardiens, pense que la Bête de Fang Rock veut les attaquer, le Docteur comprend qu’il s’agit plutôt d’une créature qui viendrait de l’espace et qui se nourrirait d’électricité. La panne du phare fait échouer un bateau sur Fang Rock avec à son bord un colonel, un Lord et la secrétaire de celui-ci. Ce petit monde se réfugiera dans le phare alors que la mystérieuse créature prend possession du corps de Reuben. Le Docteur pense alors que le mal est tenu à distance au dehors, mais il poursuit son œuvre dans le brouillard.

ImageLe Docteur montre la saison 26. « Vingt Dieux c’est plus très loin! »

Dernier épisode de Robert Holmes en tant que script editor, Horror of Fang Rock est une commande passée auprès de son prédécesseur Terrance Dicks. L’histoire est inspirée du poème de Wilfrid Fibson The Flannan Isle que le Docteur récite à la fin de l’arc et qui conte la disparition inexpliquée de l’équipage du phare de Flannan durant l’année 1900. Elle puise également dans la nouvelle The Fog Horn de Ray Bradbury et anticipe de peu l’horreur Carpentérienne. Assaut avait déjà fait son œuvre lors de la diffusion de cet épisode en septembre 1977, mais ce huis clos semble être plus annonciateur des Fog (on a le lieu et la brume), Prince des Ténèbres, The Thing et Halloween dans lesquels le mal hantait un lieu déterminé. Insaisissable, l’horreur tombée du ciel l’est pendant une bonne partie de l’arc. Elle se matérialise ensuite dans un homme qui n’est plus qu’un vaisseau mort allant propager la mort par électrocution un peu partout dans le phare. Le suspens horrifique est bien géré, même si un peu étiré, et la topographie des lieux est exploitée plutôt heureusement, même si on atteint pas les sommets que Carpenter nous offrira ensuite. La sous-intrigue avec les naufragés est moins intéressante en dépit des efforts des acteurs et de la bonne caractérisation de leurs personnages.

ImageL’heure de gloire de Leela. Le bad guy va déguster!

Le dernier acte pêche par la révélation de la menace au grand jour : Une substance verte visqueuse nommée Rutan. Ennemi mortel des Sontaran (ils avaient été nommés dans l’épisode The Time Warrior), le curieux blob veut rejoindre son vaisseau mère mais envisage aussi de s’approprier la Terre. Plus drôle que convaincant, il est aussi nettement plus lent dans sa forme originaire et on se demande bien ce qui a pris ce singulier E.T de laisser tomber son hôte. Horror of Fang Rock met surtout en lumière le personnage de Leela en insistant sur la voie qu’elle prend avec le Docteur (de la superstition à la science) tout en ne laissant pas de côté ses origines. Les références à son peuple sont très présentes et sa soif de combattre l’ennemi, voire d’en finir physiquement avec lui, nous sauve un peu d’une décennie de moralisme appliqué (Le Doc ne perd même pas son temps à désapprouver). A la fin de l’arc, Leela manque de devenir aveugle, mais ses yeux changent du marron au bleu, qui est en fait sa couleur naturelle. Louise Jameson en avait juste marre de porter des lentilles. Cette concession montre l’intérêt fort justifié de la production pour la prolongation du personnage pendant encore quelques temps.

ImageUne très belle lampe organique qui absorbe l’électricité et la vie des gens.

N : 6

IM : 4

14-06 The Talons of Weng Chiang

14-06 The Talons of Weng Chiang

De Robert Banks Stewart et Robert Holmes (6 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Le Docteur amène Leela dans le Londres victorien, où il compte lui montrer les coutumes de vie de ses ancêtres et un spectacle de Little Tich. Leurs projets sont contrariés par une série de mystères entourant le magicien Li H’sen Chang, qui est impliqué dans l’enlèvement de jeunes femmes lors de ses spectacles de magie, le meurtre d’un homme qui recherchait sa femme disparue et peut-être même dans l’apparition de fantômes dans le Palace Theater. Suite au décès d’un de ses complices, le Docteur et le professeur Litefoot, légiste renommé, découvrent le lien entre l’homme et l’ordre du Scorpion noir, une secte vénérant le Dieu Weng Chiang. Le dit Dieu vit en fait dans le sous-sol du théâtre et s’avère n’être qu’un homme du 51ème siècle dont l’ADN a été attaqué par son voyage dans le temps. Pour demeurer en vie, il draine l’énergie des jeunes femmes fournies par le magicien et son compagnon Sin, un homoncule répugnant. Le Docteur, Leela, le très victorien professeur Litefoot et le pittoresque régisseur du théâtre, Henry Gordon Jago, auront fort à faire pour démasquer l’horrible personnage et ses complices.

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Avec des vêtements, Leela se révèle plutôt embarrassante.

The Talons of Weng Chiang est un arc haut en couleur. Un vrai scénario de cinoche d’exploitation made in 70’s avec toujours les limites financières de la BBC : Des chinois stéréotypés au sein d’un mystérieux culte, un magicien style Fu Manchu, une atmosphère très fantôme de l’opéra, des situations qui renvoient aux aventures les plus tordues de Sherlock Holmes (il sera d’ailleurs cité dans l’épisode, et pas que par la tenue vestimentaire du Docteur), des rats géants (!), un  mystérieux automate nain croisé avec un porc (interprété par Deep Roy, qui personnifiera les Oompa Loompas dans Charlie et le chocolaterie), un homme déformé sous un masque. Tous ces éléments mixés rendent les six épisodes inégaux, mais l’ambiance installée parvient à conférer à certains passages un aspect particulièrement malsain et on retrouve un peu des épisodes magiques / obscurantistes dissimulant un truc scientifique qui savaient si bien conclure les saisons de Three. Mais le meilleur de The Talons of Weng Chiang vient de la parfaite dynamique entre les personnages. Four assure comme un chef en faux détective de Scotland Yard jouant sur plusieurs tableaux. L’idée de confronter Leela avec l’époque victorienne est aussi excellente que celle de l’avoir conservée dans la série, tant elle met en valeur son opposition avec les Ladies de l’époque et la détermination à foncer dans le tas qu’elle a acquise dans sa tribu. Il en découle des scènes fort cocasses avec le professeur Litefoot qui est soucieux d’éduquer cette pauvre sauvageonne. Le lâche et bonimenteur Jago rejoint le carré d’as de cet arc en mettant un peu plus d’humour aux situations dans de belles scènes en solo ou avec le Docteur, avant de rencontrer Litefoot dans une dernière partie où les deux personnages arrachent la vedette aux autres acteurs.

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Un chinois joué par un blanc et un cochon androïde nain joué par Deep Roy

Ce dernier arc de la saison 14 devait à l’origine être consacré à Jack l’Eventreur qui se serait avéré être un voyageur venant du futur écrit par Robert Banks Stewart (scénariste entre autres de Terror of the Zygons). Alors dans le dernier acte de ses années de service comme script editor de la série, Robert Holmes le réécrira de fond en comble. The Talons of Weng Chiang est souvent considéré parmi les meilleurs histoires de la série, y compris par Russell T. Davies qui le cite en exemple. Eccleston s’en serait même inspiré pour construire son interprétation de Nine (La filiation avec Four trouve enfin son explication!). C’est un bon arc, mais qui aurait pu être nettement meilleur ramassé sur quatre épisodes. Le rat géant provoquera de nombreux rires. Enfin le bad guy emprunte un peu trop au Maître tel qu’on l’avait vu trois épisodes auparavant. Une bonne manière de jouer sur les fausses pistes ou un manque d’inspiration selon les esprits. Une chose est sûre : Le Docteur et Leela ont tout ce qu’il faut pour rendre la prochaine saison passionnante.

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Jago et Litefoot. Deux personnages qui ont tant marqué qu’ils ont eu leur spin-off audio

 N : 7

IM : 5

14-05 The Robots of Death

14-05 The Robots of Death

De Chris Boucher (4 épisodes)

Réalisation : Michael E. Briant

Dans le vaisseau d’une compagnie minière, l’équipage composé d’humains et de robots s’apprête à prélever un minerai très précieux quand une tempête survient. Sur le pied de guerre, le météorologiste est sauvagement assassiné. Leela et le Docteur arrivent sur les lieux et sont bien évidemment soupçonnés du meurtre du pauvre homme et emprisonnés par le suspicieux commandant Uvanov. Mais de nouveaux meurtres sont bientôt commis et le Docteur soupçonne les robots d’en être les auteurs, bien que ceux-ci soient programmés pour ne pas attaquer les humains. Il recevra l’aide de Poul, un des techniciens de la base et du robot détective que celui-ci a dépêché secrètement sur les lieux. Mais ils devront agir vite car le terroriste Taren Kapel qui était infiltré parmi l’équipage a d’ors et déjà reprogrammé tous les robots à bord pour exterminer l’équipage humain.

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Pour sa défense, il dira qu’il a été reprogrammé. Un peu facile…

Chris Boucher rempile aussitôt, bénéficiant d’être le seul scénariste à véritablement connaître le personnage de Leela. Sur l’idée d’une révolte de robots soufflée par Robert Holmes, il signe un épisode sous influence S.F jusque dans le nom des personnages (renvoyant à Asimov, Poul Anderson ou même l’inventeur du « robot » Karel Capek) et qui emprunte dans sa première partie une structure aux récits de détectives anglais dans le style d’Agatha Christie. La seconde partie centrée sur la révolte des robots est plus violente, même si elle ne saurait tenir la comparaison avec les gialli des 70’s. L’arc se révèle classique dans son déroulement mais bénéficie d’un univers bien défini et de robots qui ont certainement dû inspirer les anges du Titanic dans l’épisode de Noël de Ten et Kylie Minogue, « voyage of the damned ». Le robot détective D84, sympathique invention, étonne de par sa caractérisation bien mieux pensée que celle des membres de l’équipage.

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En voilà des manières!

Leela acquiert ses galons de compagne un peu rapidement. Bien qu’elle ait fait preuve de perspicacité parmi les siens dans l’arc précédent, son aplomb et son intelligence dans un milieu étranger beaucoup plus évolué que le sien sonnent parfois faux. Louise Jameson n’est pas à blâmer car elle prend à bras le corps ce personnage de compagne plutôt neuf, sans doute la plus instinctive et la plus physique que le Docteur ait eu jusqu’ici. On notera quelques éléments de continuité disséminés dans l’épisode dont le plus notable est l’explication type « c’est pas sorcier » de la dimension relative du TARDIS. Elémentaire et instructif !

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L’humain qui se prend un peu trop pour un robot

N : 6

IM : 4

14-04 The Face of Evil

14-04 The Face of Evil

De Chris Boucher (4 épisodes)

Réalisation : Pennant Roberts

Le Docteur atterrit dans une jungle occupée par une étrange tribu et rencontre Leela, une Savateem qui vient d’être ostracisée à cause de son refus d’envoyer les siens en guerre contre la peuplade voisine, les Techs. L’ordre venait de Xoanon, un Dieu qui ne semble parler qu’à Neeva, shaman attitrée de la tribu de Leela. Le Docteur est pris pour « le Maléfique », un mauvais esprit qui pourrait causer leur perte et capturé par les Savateem. Libéré par Leela, le Docteur découvre de nombreux objets modernes ayant appartenu à des astronautes, puis se rend sur une colline sur laquelle est sculpté son visage comme étant le visage du Maléfique. Il se souvient alors avoir été sur cette planète où il avait autrefois aidé l’équipage à remettre en place Xoanon, le jeune ordinateur de bord en faisant l’erreur d’y transférer une partie de sa personnalité. Depuis bien des années ont passé et les Techs (techniciens de bord) sont en lutte contre les Savateem (Survey Team – équipe de sauvetage), tous deux sous l’emprise de Xoanon et de leurs religions respectives.

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Quiz : Qui suis-je?

Nouvel arrivant dans l’équipe de scénaristes, Chris Boucher s’en sort plutôt bien avec une variation sur un thème peu original. Bien que la guerre entre deux camps sur une même planète soit un sujet que Doctor Who ait utilisé à l’envie, The Face of Evil parvient à jouer  du suspens sur l’identité réelle des deux tribus. Il utilise habilement les deux versions d’un même dogme qui guide à la fois les gens du vaisseau et ceux de l’extérieur, et qui au final est destiné à une sélection naturelle effectuée par l’ordinateur grand manitou. Les pauvres décors et le peu d’acteurs mis à disposition dans la reconstitution de ces tribus et de leurs affrontements rendent le tout plus difficilement crédible, mais Four a suffisamment d’enthousiasme pour driver chaque moment et même sans compagnon, on a envie de le suivre.

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Leela, nouvelle compagne de Four. Ooh la la.

L’arc permet surtout d’explorer, comme ce fut le cas à la fin de l’ère de Three, les conséquences négatives des voyages du Docteur. Sans autant s’appesantir sur l’aspect néfaste de ses divertissements, nous découvrons qu’à l’échelle temporelle, une bêtise peut prendre des proportions très graves. Nous faisons aussi la connaissance de Leela qui sera, ô surprise, destinée à remplacer Sarah Jane aux côtés du Docteur. La série renoue ainsi avec un compagnon du futur / passé rencontré au gré de voyages, et non l’anglaise du vingtième siècle popularisée par l’ère de Three. On espère que le personnage de Jenna Jameson, qui a déjà sa plastique pour elle, s’étoffera un peu sur les prochains épisodes pour réserver autant de surprises qu’ont su nous réserver les intrépides Zoe et Jamie.

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Le groupuscule contre les légendes débiles sur Internet à l’assaut des chroniques

N : 6

IM : 5