24-04 DragonFire

24-04 DragonFire

De Ian Briggs ( 3 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

La planète Svartos abrite une zone glacée, Iceworld, gouvernée par l’impitoyable Kane, un homme tellement froid qu’il peut tuer les gens rien qu’en les touchant. Jadis exilé sur Svartos, Kane cherche le joyau qui lui permettra de quitter la planète. Il marque des esclaves de son sceau, puis les enferme dans des chambres cryogéniques afin de constituer une armée qui servira sa vengeance sur sa planète natale. De passage sur Svartos, Le Docteur et Melanie croisent le mercenaire Sabalom Glitz, qui doit beaucoup d’argent à Kane et qui a compensé une partie de sa dette en lui vendant l’équipage de son vaisseau, le Nosferatu. L’homme de glace l’a sciemment laissé gagner une carte menant au joyau convoité et au dragon qui le garde, espérant que Glitz le mène jusqu’à son précieux graal. Intrigué par une possible rencontre avec un dragon, le Docteur accompagne le mercenaire dans sa quête. Ils laissent derrière eux Mel et une jeune serveuse rebelle et intrépide récemment rencontrée par Glitz, Ace. Les deux jeunes femmes ne tardent pas à se lancer elles-mêmes dans l’aventure. Elles finissent par croiser le dragon en question, qui tire des lasers au lieu de lancer des flammes. Tous découvriront que le joyau se trouve dans la tête de la bête et qu’il permettrait de faire décoller Iceworld, qui est en fait un vaisseau, et de libérer Kane de sa prison.

2404Ne vomis pas devant l’objectif

Le début de l’ère Seven fut le théâtre d’expérimentations plus ou moins heureuses s’éloignant des standards de Dr Who. Dragon Fire clôt cette première saison de Sylvester McCoy avec un arc classique sur une planète étrangère, mais une belle réussite sur tous les points. La réalisation et la facture visuelle de l’arc marquent un pas en avant dans la série, chose d’autant plus remarquable après la débâcle de Delta et les Bannermen. On a l’impression d’une véritable direction artistique, que ce soit dans les décors de Iceworld, dans le design du dragon automate ou même dans les couloirs et vaisseaux traversés par les personnages. Les trois épisodes portent une histoire simple, mais soutenue par de bons personnages et des acteurs à la hauteur. Edward Peel est particulièrement convaincant en Mister Freeze arrogant et altier. Son grand final renvoyant aux aventuriers de l’arche perdue est à sa hauteur. Le retour de ce fieffé Sabalom Glitz est bien pensé et ses interactions avec Seven le rendent plus intéressants qu’il ne l’était à l’ère de Six. Toujours brillant dans des registres qui jouxtent l’interprétation de Patrick Troughton, Sylvester McCoy nous réserve un des meilleurs cliffhangers de l’histoire des séries.

2404BMel ne se gênera pas pour jouer les scream queens une dernière fois avant de rejoindre Sabalom Glitz dans ses voyages. La meilleure chose qu’elle aura faite aura été d’introduire avec brio la compagne suivante, opérant un passage de témoin propre et sans bavure tel qu’il y’en a peu eu dans la série. Après une poignée d’arcs et un personnage qui ne l’a guère satisfaite (on comprend), Bonnie Langford laisse la place à la fin de Dragon Fire à la jeune Sophie Aldred aka « Ace » (Dorothy de son vrai nom). Cette jeune fille de seize ans pleine de surprises avoue être une terrienne, un petit génie qui a creusé un tunnel temporel lors d’une expérience et atterri à Iceworld (!). Le caractère bien trempé de Ace tranche avec le coté ravi de Mel et la gentillesse de Peri, augurant une traversée autrement plus excitante et un duo qui pourrait faire des étincelles. C’est tout ce qu’on peut lui souhaiter car elle sera la dernière compagne des classiques.

2404CLa fin des 80’s, ou l’avènement de l’échangisme

N : 7

IM : 6

Goodbye Mel

 

24-03 Delta and the Bannermen

24-03 Delta and the Bannermen

De Malcolm Kohll (3 épisodes)

Réalisation : Chris Clough

La reine Chimeron Delta échappe in extremis au génocide perpétré par l’infâme Bannerman Gavrok sur les siens, sauvant l’œuf qui abrite sa progéniture. Elle se réfugie dans un spatioport où sont organisées des excursions spatiotemporelles thématiques et prend place dans un spatiobus. Mel a justement gagné une place dans le même bus qui les conduira dans dans le Disneyland des années 50. Le Docteur suit le transport dans son TARDIS et parvient à lui faire éviter un accident contre un sattelite. Ils n’atterrissent pas à Disneyland mais dans un camp de vacances au sud du pays de Galles mené par le sémillant Burton, qui les accueille à bras ouvert. Gavrok ne tarde pas à lancer un chasseur de primes aux trousses de la reine, puis à se charger lui-même de suivre sa trace sur Terre. Pendant ce temps dans le club de danse, cette dernière fait la connaissance de Billy, le mécanicien du camp, qui tombe aussitôt sous le charme. A l’éclosion de l’œuf, le jeune homme et Mel acceptent d’aider la reine à faire grandir la gamine. Billy la conduit loin de l’hôtel, quelque part dans la campagne galloise, alors que les Bannermen préparent leur atterrissage près du camp de vacances, bien décidés à faire un massacre pour supprimer la dernière Chimeron.

2403BLove me tender, love me sweet, never let me go

Delta and the Bannermen (titre référence au groupe anglais Echo and the Bunnymen) est une nouvelle tentative de faire exploser les conventions de la série, mais moins heureuse que la précédente. Le premier épisode nous introduit à des voyages galactiques dont on avait jusqu’ici jamais entendu parler, mais l’idée séduit par son originalité et surtout du fait qu’elle permet de retourner sur Terre à une époque proche de celle où la série avait démarré. C’est aussi l’occasion pour Doctor Who de suivre le revival 50’s du cœur des années 80. Sylvester McCoy s’intègre savoureusement au décor en attendant que le bus soit réparé, profitant des joies du club local (et des amourettes des résidents à mille lieux des préoccupations spatiales de la série). Le décalage entre l’enjeu de la survie des Chimeron et la banalité de ce premier épisode dégage une certaine fraîcheur, une atmosphère légère soutenue par une bande originale pop reprenant des grands succès de l’époque. L’éclosion de l’œuf de la reine Chimeron est assez mémorable pour profiter d’un nouveau hurlement de Mel. C’est alors que l’arc vire dans le grand n’importe quoi.

2403

2403CUne grande partie des scènes de Delta and the Bannermen se situent en extérieur, a priori un atout eut égard à l’absence de variété des décors intérieurs de ces dernières années. Mais le standard télévisuel de l’époque pour filmer les extérieurs a bien vieilli. L’impression est prégnante de se retrouver devant un nanar des années 80, quelque chose qui ferait passer l’amateur Bad Taste de Peter Jackson (tourné à la même époque en 16mm avec peu de moyens) pour une superproduction. Les scènes s’enchaînent hasardeusement, introduisant de temps à autre certains personnages, reprenant une aventure en cours dans une grande absence de logique et gâchant de bonnes idées en les introduisant comme un cheveu dans la soupe (la transformation de l’humain Billy en Chimeron). Passer de l’explosion criminelle d’un bus avec des dizaines de personnes aux moments champêtres avec la gamine peinte en verte en croissance accélérée produit un sentiment de perdition chez le spectateur pourtant rôdé à des doses d’absurdes carabinées. Le charme des tubes pop ne dure pas et finit par faire regretter les bandes originales illustratives avec lesquelles la série avait survécu jusque là. Keff McCulloch est encore une fois en roue libre, cette fois sur des variations musicales des 50’s, se permettant même d’introduire des touches du thème de Benny Hill pour illustrer l’action. Face à un Don Henderson en Gavrok cabotineur, Sylvester McCoy sauve les meubles avec un flegme certain. Déjà sur le départ (son remplacement par le jeune Billy fut envisagé lors de l’épisode), Mel demeure un personnage toujours aussi lointain.

2403DSTOP LES EXPERIMENTATIONS MUSICALES

N : 5

IM : 4

24-02 Paradise Towers

24-02 Paradise Towers

De Stephen Wyatt (4 épisodes)

Réalisation : Nicholas Malett

Le Docteur et Mel font un break aux tours du Paradis, un luxueux palace du 22ème siècle surmonté d’une grande piscine qui, laissé à l’abandon, s’est transformé en un endroit peu sûr et pas très charmant. Ils font la connaissance des Kangs rouges, un gang de filles rivales des Kangs bleus, puis se retrouvent séparés. Le Docteur est capturé par les gardiens, officiers très à cheval sur les règles chargés de faire régner l’ordre dans ces zones de non-droit. Le chef adjoint des gardiens conduit le Docteur à son chef qui le prend pour le grand architecte du bâtiment. Il ordonne son exécution. Seven parvient à ruser et à échapper aux gardiens. Pendant ce temps, Mel fait la connaissance des Rezzies (les résidentes), de charmantes vieilles femmes aux intentions pas très nettes. Elle rencontre également le jeune Pex qui a pour vocation de sauver tout ce qui doit être sauvé dans la tour. Tout ce monde est très vite menacé par des robots ménagers tueurs contrôlés par une entité invisible. Le grand architecte des lieux compte bien reprendre le contrôle de son bâtiment en se réincarnant dans un corps. Pourquoi pas celui du chef des gardiens qui lui fournit son garde-manger.

2402bleu ou rouge : choisis ton Kang

Paradise Towers est un OVNI dans Doctor Who, une tentative de faire autre chose qui peut être assimilé à un immonde ratage ou à un coup de génie. L’auteur de ces lignes opte pour la seconde proposition et place illico cet arc parmi les classiques inmanquables. Et non il n’a pas pris de champis avant le visionnage, ni n’est victime d’hallucinations visuelles à l’approche de son 150ème arc. C’est juste super, n’en jetez plus. La scène du gang des Kangs rouges, Bananaramas pré-girl power croisées avec les blousons noirs de Grease qui empruntent un salut totalement irréaliste, n’est qu’un avertissement pour ce qui va suivre. Les gardiens débarquent alors et nous plongeons dans un tout autre univers, fait de circulaires et de directives, de non sens administratifs sortis de la tête d’un Terry Gilliam qui aurait perdu le contrôle de sa direction d’acteurs. Les mamies Rezzies coinçant Mel dans une dégustation de thé hypra dérangeante préfigurent l’humour noir de la ligue des Gentlemen. Elles finiront happées par leur vide-ordure. Le jeune Pex entraîne ensuite Mélanie dans une série d’aventures dans le bâtiment, avant de gagner la piscine au dernier étage. Nous découvrons alors que son complexe de sauveur est dû au fait qu’il est la risée de tous (= les Kangs) parcequ’il a déserté la guerre à laquelle il aurait du servir. Et puis il y’a ce mystérieux tueur qui réclame à manger…Pour peu, on y trouverait Lars Von Trier parti chercher l’inspiration dans ces couloirs peuplés de robots tueurs pour pondre sa série The Kingdom.

2402CLe tea time va virer au drame

Mais Paradise Towers ne serait pas aussi fatal pour les côtes du télespectateur sans l’intervention de Keff McCullough, incidence de l’initiative de John Nathan-Turner de se passer des services du BBC Radiophonic Workshop pour embaucher des compositeurs extérieurs. Keff a réussi la bande son idéale. Il met le paquet sur les percussions, s’autorise des réorchestrations sauvages du thème de la série façon Sade / Terence Trent d’Arby puis passe à une musique tonitruante d’inspiration horrifique sans crier gare, le tout dans une anarchie et dans des ruptures de ton qui dérègleront les oreilles des plus mélomanes. Richard Briers, chef des gardiens transformé en zombie hôte de l’architecte assure le spectacle. Quel que soit le registre qu’il emprunte, il nous propose une performance d’acteur qui achèvera les derniers vaillants qui regarderont encore l’arc au premier degré. Au milieu de ce réjouissant bordel, Sylvester McCoy existe tranquillement mais sûrement en tant que Docteur.

2402D

Richard Briers. What the hell !

N : 8

IM : 3

Saison 24 (1987) / 24-01 Time and the Rani

PLACE AU SEPTIEME !

SEVENBIS

24-01 Time and the Rani

De Pip & Jane Baker (4 épisodes)

Réalisation : Andrew Morgan

Après avoir songé quitter la série, le producteur John Nathan-Turner décide de rempiler pour une saison. Colin Baker est averti tardivement qu’il ne poursuivra pas l’aventure, mais le producteur le prie de se présenter pour filmer la régénération vers le septième Docteur. Suite à son refus, les scénaristes modifient leur script pour intégrer la régénération dans un prégénérique. Le TARDIS du Docteur est pris dans le rayon tracteur de la Rani, puis Six et Mel sont retrouvés insconscients par la Time Lady. Sylvester McCoy y portera une perruque bouclée et blonde ainsi que la tenue de Six pour donner l’illusion de Colin Baker.

La Rani transporte le Docteur jusqu’à son quartier général de la planète Lakertya, où elle mène des expériences qui permettront de transformer la planète en un manipulateur temporel, lui conférant Le pouvoir de changer le destin de chaque astre de l’univers. Séparé de Mel qui est restée dans le TARDIS et victime d’une amnésie post-régénération, Seven tombe dans le panneau de la Rani qui se fait passer pour la compagne. Elle le convainc de réparer un appareil, puis compte l’enfermer dans une machine qui agglomérera son cerveau à ceux des plus grands scientifiques terriens, enlevés pour l’occasion. Ainsi tous résoudront les problèmes qui ont empéché les plans de la Rani de réussir jusqu’ici. Secourue par l’autochtone Ikona, Mel parvient à échapper aux pièges de la Rani et rencontre les Lakertyens. Opressés par la scientifique, ils ne peuvent se rebeller car leur chef a décidé de servir les expériences de la Rani afin de protéger son peuple.

2401Le peuple opprimé des Lakertians au grand complet

Les zélés Pip & Jane Baker reviennent au scénario suite à leur contribution au procès du Docteur, fournissant une nouvelle fois une histoire peu intéressante qui semble être écrite à la va-vite. La réalisation est à l’avenant. Les costumes de monstres à la solde de la Rani font la synthèse du mauvais film fantastique des 80’s et des Sentai, les parties déguisées de Kate O’Mara sont bien mal jouées, les décors sont pauvres (un extérieur et une mine) et le blob géant sensé agglomérer les cerveaux des savants aurait paru limite même des années auparavant. L’idée de faire interagir Albert Einstein, le Docteur et la scientifique Hypathie d’Alexandrie dans un dialogue scientifique est en elle-même dénuée de sens. Cette saison apporte néanmoins un saut qualitatif sur la musique. On est très loin de la maestria de Murray Gold mais la série s’enrichit de thèmes plus reconnaissables et parvient à être suffisamment présente pour porter les nombreux passages fauchés. Les premiers CGI sont incorporés aux épisodes, le plus notable étant la boule qui emprisonne les échappés de la RANI, réminiscence de la série le Prisonnier. Le nouveau générique est quand à lui entièrement conçu par ordinateur, sur une musique aux allures encore bien plus synthétiques. Le titre final d’un goût douteux renvoie indirectement à la typo du club Dorothée.

Sylvester McCoy est sans aucun doute la valeur ajouté de ce début de saison. En dépit d’un script écrit avant son casting, il s’approprie très vite son Docteur et lui confère un jeu physique. Son timbre de voix et sa silhouette posent aussitôt leur marque par rapport à Six. Nous découvrons un TimeLord un peu grognon et plaintif, une sorte de Droopy énergique bien moins extravagant que son prédécesseur. Le seul hic se trouve dans sa tenue vestimentaire cernée de points d’interrogation, une faute de goût de taille qui fait perdurer un second degré distant dont Doctor Who n’a guère besoin compte tenu de son manque de moyen. Les raisons de la régénération ne seront expliquées que dans les dérivés, laissant un goût de brouillon à tout le début de l’arc. On n’en saura pas beaucoup plus sur Mel qui a sauté le passage obligé de l’introduction et qui n’aura, à l’instar de Dodo, visiblement pas le droit à un semblant d’histoire. Tout juste apprenons nous qu’elle a des compétences techniques informatiques et qu’elle vient des années 80, sur la Terre.

2401BKate O’Mara se déguise en Mel et redéfinit la Méthode de l’actor’s studio.

N : 6

IM : 7

23-04 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 4 – The Ultimate Foe

23-04 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 4 – The Ultimate Foe

De Robert Holmes, Pip & Jane Baker ( 2 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

Le destin du Docteur semble scellé lorsque deux TARDIS font irruption à Gallifrey. Ils transportent respectivement Sabalom Glitz et Melanie, commissionés par le Maître pour servir de témoin au procès du Docteur. L’ennemi juré du Docteur apparaît dans la Matrice et prouve ainsi qu’elle peut être violée. Sabalom Glitz dévoile à son tour que les événements de The Mysterious Planet sont du fait du Haut Conseil des Time Lords. Des secrets de la Matrice avaient été subtilisés par les dormeurs, qui avaient installé leur base sur la Terre. Le Haut Conseil décida de déplacer la Terre avec un magnotron afin de récupérer son dû. Notre planète devint Ravolox et une grande partie des terriens périrent dans le grand incendie qui suivit. Le Valeyard accepta de falsifier cet épisode sombre en échange des régénérations à venir du Docteur. Dévoilant ce révisionisme éhonté, le Maître ajoute que le Valeyard est le coté sombre du Docteur qui s’est matérialisé après sa douzième génération. Le faux procureur prend la fuite et se réfugie dans son usine, au sein de la Matrice. Le Docteur devra affronter son coté sombre et déjouer le plan du Maître, qui a étalé toutes ses révélations pour se débarasser à la fois du Valeyard et du Docteur, et régner sur Gallifrey.

2304On dit merci qui pour avoir sauvé la saison ?

Le scénario de ces 13ème et 14ème parties du procès du Docteur fut originairement confié à Robert Holmes, mais il décéda avant d’avoir pu développer le second. Eric Saward déserta également le poste de script editor, mais accepta de terminer le travail de Holmes. John Nathan Turner fit refaire son script final comme Saward refusait de changer le cliffhanger final montrant le Docteur et le Valeyard attiré dans le vide vers une mort certaine. La conclusion de ces deux épisodes revient à une solution qui a fait ses preuves : destituer le fautif (le Haut Conseil) et renvoyer le Docteur à ses aventures après qu’il se soit vu proposer le poste de Président. The ultimate Foe est un gros toutéliage des précédentes parties de la saison, une sorte de reconstruction a posteriori très voyante, mais qui parvient à emporter l’adhésion. Sa durée relativement courte et ses nombreux rebondissements gardent le spectateur en alerte et valident le fait que des arcs plus ramassés sont plus adaptés. En dépit des différentes mains au scénario et de la complexité de son intrigue, ce mini arc conserve une relative logique dans les éléments qu’il décide de conclure (qu’en est-il de la première rencontre de Six et Mélanie ?) et donne une nouvelle lumière sur les ratages de cette saison. Nous découvrons que Peri n’est finalement pas morte et que les éléments qui auraient pu rendre intéressant le premier segment ont été retiré par ce saboteur de Valeyard. Un twist bien commode…

2304CMr Popplewick, ou quand le Docteur parodie Dickens

Faisant intervenir des éléments de différentes époques, la série se met en danger et se condamne à un puits sans fond de justification. La révélation sur le Valeyard, interprété par le très bon Michael Jayston, fait entrer un élément important dans la mythologie de la série, laissant aux scénaristes une marge pour pouvoir la justifier dans le cas où le show serait renouvelé jusqu’à la régénération finale. Cette marge est dorénavant épuisée. Si toutefois Steven Moffat se conformait à la série classique, le Valeyard apparaîtrait lors de l’ère Capaldi, qui serait la régénération la plus diabolique du Docteur (à compter qu’on exclut le Docteur guerrier et la double régénération de David Tennant) et serait même en germe depuis longtemps. Au grand dam de la continuité et en dépit du clin d’œil final, il semble peu probable que ce coté sombre du Docteur revoit le jour autrepart que dans les audiobooks dérivés et novélisations. Il se pourrait que des événements décisifs ayant eu lieu a posteriori, telle que la suppression de Gallifrey ou autre modification d’un point fixe, aient pu empêcher sa naissance. L’idée du double maléfique était bonne à ce niveau de l’Histoire en ce qu’elle mettait le Docteur face à ce qu’il pourrait devenir s’il poursuivait dans son inconstance. La cession des régénérations à venir au Valeyard expose symboliquement la difficile continuation de Doctor Who avec un héros aussi ambigü et met en jeu l’avenir de la série sur une victoire de ce dernier. Doctor Who perdurera pour encore trois saisons, mais avec un changement de Docteur et sans doute une nouvelle direction. Si cette conclusion comporte beaucoup de défauts et facilités, elle réhausse globalement la saison 23 et permet de repartir sur des bases un peu plus saines.

2304BLe Docteur face à son coté sombre : to be continued ?

N : 7

IM : 6

23-03 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 3 – Terror of the Vervoids

23-03 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 3 – Terror of the Vervoids

De Pip & Jane Baker ( 4 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

Malgré le choc de la mort de Peri, le Docteur doit conserver la tête froide pour préparer sa défense. Après avoir visionné des monceaux de films de la Matrice, il revient face au Valeyard et à l’Inquisiteur pour leur présenter une aventure qui se déroule dans son futur, et dans laquelle il pouvait prouver que son intervention est le plus souvent nécessaire. Au trentième siècle, Six et une nouvelle compagne nommée Mel reçoivent un appel de détresse venu de l’Hyperion III, un vaisseau transporteur de croisière. Celui-ci a accueuilli à son bord un trio de scientifiques ainsi que des Mogarians, une espèce qui s’est récemment fait duper par l’envahisseur terrien. Ces derniers donnent du fil à retordre au chef de la sécurité Rudge et au Commodore du vaisseau. Ce dernier a déjà rencontré le Docteur et il se montre peu enthousiasmé par l’arrivée du TARDIS sur son vaisseau, s’assurant malgré tout que Six ait les coudées franches pour résoudre le mystère de morts inexpliqués sur l’Hyperion. Un investigateur dépéche sur place et travaillant sous couverture pour retrouver l’assassin est à son tour assassiné. Pendant ce temps, le Docteur et Mel découvrent que les trois scientifiques dissimulent des secrets sur de mystérieuses graînes et un passager clandestin.

2303Mel et le Docteur. Ils partagent déjà un coiffeur et un goût vestimentaire douteux.

Terror of the Vervoids est le nom attribué a posteriori aux parties 9 à 12 du segment saisonnier du procès du Docteur, qui laisse enfin l’accusé répondre aux accusations du Valeyard. Les scénaristes parviennent à justifier correctement l’emploi d’une aventure qui n’a pas encore eu lieu. L’idée d’un Docteur visionnant par dizaine les vidéos de son futur pour préparer sa défense paraît bien improbable, mais l’improbable n’a jamais arrêté Doctor Who, alors soit. L’introduction de Mel dans l’action (on ne sait pas depuis combien de temps elle suit Six) est aussi un défi correctement relevé. Sorte de caricature physique de la secrétaire joviale mais un peu cruche des années 80, Bonnie Langford parvient néanmoins à convaincre dans une poignée de scènes et ce en grande partie par ses interactions avec Colin Baker qui donnent avec succès l’impression d’avoir un passé de voyages derrière eux. Le choix de preuve du Docteur est quand à lui tout aussi hasardeux que celles du Valeyard, comprenant son lot de passages hors sujet et de longueurs injustifiées.

2303BVous tombez bien. J’ai apporté un Cluedo.

Passé au cumul sur le poste de script editor après un parcours chaotique de scénaristes et de scripts sur l’arc, John Nathan Turner poursuit l’aventure du procès du Docteur en pilote automatique. Les deux premières parties brodent autour d’un récit de détective à la Agatha Christie qui n’arrive guère à la cheville du Black Orchid de Five, mais qui aurait très bien rempli l’arc sur deux épisodes. Le reste montre que le cœur et l’esprit n’y sont plus. La menace de la nouvelle race chlorophylienne créée par les trois scientifiques est peu originale et les E.T pâtissent de leur visage en forme de cul qui projette du méthane par son orifice (ça ne s’invente pas). Les deux derniers épisodes leur donnent trop de temps de présence pour des monstres aussi approximatifs et enchaînent sur une péripétie inutile impliquant le chef de la sécurité et les Mogarians. Le tout est dilué au maximum, arbitrairement monté et les retournements des personnages ne reposent sur aucune base. A l’issue de sa démonstration, les charges pesant sur le Docteur se transformeront en une accusation autrement plus grave de génocide. De quoi préparer la route à l’arrivée du septième Docteur.

2303CLe règne végétal a trouvé ses Terrance et Philippe

N : 5

IM : 3