Saison 19 (1982) / 19-01 Castrovalva

FIVE

Well Well… Hail to THE GLORIOUS FIFTH !

19-01 Castrovalva

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Fiona Cumming

Contrairement à ce qu’aurait pu laisser penser l’harmonieux passage de témoin, la régénération de Four à Five se passe très mal. Adric, Tegan et Nyssa parviennent à éviter les forces de l’ordre et à transporter le Docteur dans le TARDIS, mais le Maître les suit de près. A l’intérieur, le nouveau Docteur délire et il devient urgent de le transporter dans la chambre Zero qui pourra lui donner suffisamment de calme afin qu’il remette ses synapses en ordre. Adric est malheureusement enlevé par le Maître qui s’en sert d’antenne de réception et de manipulation du TARDIS. Nyssa, Tegan et le Docteur inconscient dans la chambre Zéro font route vers le moment où s’est produit le Big Bang. Ils parviennent néanmoins à quitter ce moment avant l’explosion et font escale sur Castrovalva, terre de repos et de lecture qui semble, selon Tegan, le meilleur lieu pour que le Docteur puisse achever sa régénération en toute sécurité.

1901BIl manque encore quelque chose. Peut-être une petite touche verte.

Une première aventure de Peter Davison qui fleure bon l’entre-deux. Difficile de vraiment caractériser ce Docteur lorsque sa désorientation lui fait revivre ses différentes époques, se confondre avec les attitudes et les catchphrases des Docteurs précédents et mélanger les

noms de ses compagnons. Cette crise d’identité saura combler votre serviteur pour qui la simple évocation de Jo, du Brigadier ou de Jamie met le sourire aux lèvres (nostalgie…). On retrouvera chez Ten une autre complication de régénération il faut le dire moins divertissante. La régénération de Five durera donc une grande partie de l’arc pour aboutir à un Docteur nettement plus conventionnel que l’incarnation de Tom Baker, mais aussi plus léger. Il prend le temps de choisir son costume et s’accorde quelques excentricités inédites tel que la lévitation. On voit également l’origine de son intérêt pour le céleri, qui deviendra l’attribut ornant son costume. Après tant d’années de Tom Baker 100000 volts, voir un peu de nonchalence et d’élégance apporte un souffle nouveau. Davison demeure néanmoins la seule véritable attraction d’un arc peu passionnant.

1901Pour une meilleure réception de l’intérieur du TARDIS, choisissez l’antenne Adric

Le Docteur, Nyssa et Tegan sont envoyés dans un monde qui ressemble encore une fois beaucoup à notre Terre (inspiré par une œuvre de l’artiste M.C Escher) et qui se révèle au final être une création du Maître. Celui-ci ambitionne d’y coincer le Docteur dans une occlusion récursive temporelle : un piège spatio-temporel qui pourrait être fatal à sa régénération. Les deux compagnes, bien que totalement différentes (l’une est terrienne, l’autre est d’une civilisation bien plus avancée) sont malheureusement interchangeables, la faveur du scénariste se tournant visiblement vers Tegan. En dépit de ses origines pacifiques, on peine à concevoir que Nyssa soit aussi calme et passive face au Maître, qui a pris l’enveloppe de son père et qui a détruit son monde. L’enlèvement du pauvre Adric remet en cause pour cet arc la dynamique des personnages et apporte un suspens qui permet de ne pas trop laisser le poids de l’épisode sur les épaules de Davison. Et le Maître de disparaître une nouvelle fois dépassé par sa création…Mais pour combien de temps ? A noter la présence d’un pré-générique, chose nouvelle dans la série classique.

1901CA touch of Zen

N : 7
IM : 9

18-07 Logopolis

18-07 Logopolis

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Le Docteur et Adric se matérialisent sur Terre pour prendre les mesures d’une cabine de police afin de réparer le circuit Caméléon permettant la transformation du TARDIS pour se fondre dans son environnement. Mais une cloche les a averti d’un grand danger imminent. Lorsqu’ils se matérialisent en lieu et place d’une cabine téléphonique terrienne, ils ne se doutent pas que le Maître l’a déjà fait avant eux. Le grand ennemi du Docteur, qui a pris la forme du consul Tremas sur Traken, a anticipé leur venue sur Terre et entraîné une chaîne de réactions qui démarre par un emboîtement des deux TARDIS. C’est le moment que n’ont pas choisi la jeune Tegan et sa tante pour tomber en panne sur la route du TARDIS. La jeune femme part demander de l’aide dans ce qu’elle croit être une cabine de police pour se retrouver enfermée et contrainte à errer dans le labyrinthe des TARDIS emboîtés du Maître et du Docteur. Alors qu’un mystérieux guetteur observe les événements se dérouler, Four comprend que le Maître va occasionner plus de dégâts qu’il n’en a jamais fait auparavant. Il embarque Adric et Tegan pour Logopolis, cité entièrement composée de mathématiciens (!) qui ont le pouvoir de modéliser uniquement de par leurs calculs. Les savants pourraient aider le Docteur à booster son TARDIS. Une fois arrivé sur place, il retrouve Nyssa qui était l’instigatrice de l’appel et qui demande l’aide du Docteur pour retrouver son père. Mais Le Maître a bien tué le paternel et il a suivi le Docteur sur Logopolis, et il va bientôt faire glisser les univers dans l’entropie.

ImageLe Docteur et son gang d’enfants perdus

Il ne fallait pas moins qu’un script editor aux commandes pour agglomérer un aussi grand nombre de points en une convergence relativement cohérente. Le scénario de Christopher H. Bidmead permet d’assurer en beauté la transition de Four à Five, mais aussi de préparer le futur et d’expliquer le fil rouge d’une grande partie de cette saison. Ainsi en visitant cette planète au sein de laquelle de pauvres hommes sont condamnés à faire des maths toute leur vie, le Docteur et Adric apprennent-ils que le pont entre leurs deux univers (les charged vacuum emboitments) a été crée par Logopolis. La progression de l’espace-temps menaçait de détruire la matière par un phénomène d’entropie et les mathématiciens durent modéliser ces sortes de trous de ver comme pont d’échange d’énergie pour garantir un équilibre. Par son intervention, le Maître a déstabilisé leurs travaux et entraîné la suppression des ponts, qui se poursuivra par l’absorption de tous les autres univers par l’effet de l’entropie. Logopolis est un épisode de destruction de masse qui voit la suppression de plusieurs systèmes, dont celui contenant Traken, la planète de la jeune Nyssa. Il décrit également une longue série de meurtres par miniaturisation perpétré par le Maître pour arriver à ses fins. Un bilan qui détourne plus que jamais Doctor Who du spectacle pour enfants.

ImageCoucou c’est moi !

Cet arc est aussi une croisée des chemins comme on en a peu vues dans l’histoire de la série. Pour l’occasion le script editor ne s’est pas contenté de reconvoquer le Maître. Il a ajouté en peu de temps deux compagnons au Docteur alors même que l’arrivée d’Adric est encore chaude et que le Docteur va lui-même changer. Puisqu’il faut aller de l’avant, Four largue la chambre de Romana après avoir évoqué sa mémoire (officiellement pour lâcher du lest à cause du TARDIS du Maître) et entraîne illico dans l’action ses nouvelles compagnes. Dans le cas de Tegan, ce sera d’abord à son corps défendant. Sur la route de son premier vol en avion, l’hôtesse de l’air en devenir va rencontrer un vaisseau qui l’emmènera sans doute vers des destinations plus originales, mais on ne peut que compatir à son désarroi lorsqu’elle découvre en quelques minutes qu’une cabine de police peut devenir un labyrinthe, que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, que sa tante a été tuée et que l’univers va être plongé dans le chaos. L’introduction de l’australienne Tegan, d’abord présentée dans sa vie quotidienne, ouvre la perspective de ce que sera la présentation des compagnes dans la série moderne, mais son aventure n’a aucun point de comparaison avec les premières aventures de celles-ci. C’est un peu comme si Donna était arrivée dans la série à l’épisode de l’enlèvement de la Terre. La jeune Nyssa ne nous est pas inconnue car elle fut de la partie dans l’épisode précédent. Nous apprenons ici qu’elle a été amenée à Logopolis par le cinquième Docteur et surtout qu’elle ne retrouvera jamais sa planète.

ImageHaha il va devoir tout recalculer. Nerd !

Logopolis est enfin la fin de la route pour le plus long Docteur de la série. Tom Baker aura été le Docteur pendant quarante-deux arcs (le tiers des arcs de la série classique). De sa période, il se dégage un bilan mitigé traversé de bonnes idées, mais aussi de moments creux. Ce Docteur un peu fou mena sa barque dans une certaine anarchie et sans véritable attache, envoyant voler bien loin les structures et personnages récurrents établis par Three tout en reproduisant indéfinimment des intrigues spatiales sur des modèles similaires. Une tentative de restructuration avait été opérée par l’arc de la Clé du Temps, mais qui avait abouti par la suite à une autre saison désorganisée. L’arrivée du Maître renoue le contact avec l’époque de Three et annonce peut-être le retour d’une certaine structure qui la caractérisait. L’entropie de l’arc serait-elle le reflet de ce qu’était Doctor Who sous Four : Un vaisseau qui avance en roue libre condamné à se dissoudre, à moins d’une intervention pour rétablir un équilibre.

ImageAlliance de circonstance comme au bon vieux temps

Une chose est certaine, la transition a été bien préparée, autant dans la nouvelle identité de cette saison 18 que dans le passage de relai de cet arc qui voit un contact entre Four et Five (le mystérieux guetteur) bien avant la régénération. Tom Baker avoue lui-même cette préparation avant de laisser partir son Docteur par une chute fatale. Une sortie plutôt moyenne qui est néanmoins réhaussée par le rappel des ses ennemis (lors de la chute) et de ses alliés (avant la régénération) qui met pour la première fois en perspective dans la série la valeur d’une incarnation. La régénération sous forme de fusion est toute aussi nouvelle, procédant d’une fusion entre le présent et le futur qui n’a de sens que symboliquement. Plutôt que trouver une explication, on préferera profiter de la poésie du spectacle au même titre que les trois jeunes compagnons qui vont guider Five.

Adios Four. Thanks for the fun !

N : 9

IM : 9

18-06 The Keeper of Traken

18-06 The Keeper of Traken

De Johnny Byrne (4 épisodes)

Réalisation : John Black

A peine le Docteur et Adric sont-ils arrivés ont-ils quitté l’univers intermédiaire qu’ils reçoivent la visite du gardien de Traken. Relié à une source d’énergie puissante et omnisciente, le vieil homme gouverne un empire qui vit dans la paix depuis des siècles. Mais il sent que cette paix est menacée par un pouvoir qu’il ne contrôle pas et il demande au Docteur et à son compagnon de l’aider. Le mal s’est en effet introduit sur Kraken par un étranger qui s’est solidifié dans les jardins et que chacun nomme Melkur. La statue est visitée depuis des années par Kassia, qui est depuis devenue une des cinq consuls du Gardien et elle a ainsi pu développer un lien particulier avec elle. Kassia a épousé le consul Tremas qui est appelé à succéder au gardien, chose qu’elle a bien du mal à accepter car cela signifie de devoir abandonner son mari à la machine. Alors qu’elle cherche de l’aide auprès de la statue, Kassia ne se doute pas que celle-ci la manipule pour atteindre la fonction suprême et servir ses intérêts belliqueux. Le Docteur et Adric, aidés du consul Tremas et de sa fille Nyssa feront tout pour empêcher Traken de sombrer dans le chaos.

ImageUne statue qui va sérieusement compliquer ce jeu des trônes musicaux

Johnny Byrne livre une adaptation S-F de la perversion d’Eve (Kassia) par le serpent (Melkur) dans le jardin d’Eden (Traken) et un arc plutôt bien mené qui a son importance dans la mythologie de la série. C’est pourtant ici la superstition qui menace la raison instaurée par le système scientifique, sorte de consulat délégué, qui gouverne la cité. L’attachement de Kassia à la statue finit par créer une porte pour le pouvoir hypnotique de celle-ci. Keeper of Traken ne fait pas toujours dans la subtilité, mais il arrive très bien à faire progresser son intrigue en distillant par ci par là les indices que le manipulateur Melkur n’est rien d’autre que la marionnette d’un plus grand pouvoir. Pour qui est rôdé aux retournements de la période de Three, il n’est pas très difficile de deviner que le Maître est ce manipulateur, mais la confirmation à la fin de l’arc n’en est pas moins une agréable surprise et une belle promesse pour l’ère du cinquième Docteur. Après une nouvelle mise en échec, le Maître parviendra tout de même à posséder le corps de Tremas et ainsi à contourner la règle des douze générations pour tout Time Lord. Anthony Ainley sera donc la future incarnation de la nemesis du Docteur.

ImageAdric fait visiter le TARDIS à Nyssa. Quand le Docteur n’est pas là, l’apprenti s’adapte.

Adric a maintenant quitté son univers. Il est donc normal qu’il soit un peu en retrait dans cet arc, même si son inexpérience et sa jeunesse sont plus voyants depuis le départ de Romana. Heureusement la fin de l’arc lui donne l’occasion d’utiliser ses compétences de doué en maths avec le concours de la jeune Nyssa. Le casting irréprochable de Keeper of Traken (une habitude dans cette saison) permet de ne pas tout faire reposer sur Tom Baker, ce qui aurait été bien difficile après trois ans passés en compagnie de deux seigneurs du temps.

ImageUne cruelle ironie du sort pour le très intègre Tremas.

N : 7

IM : 7

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