23-02 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 2 – Mindwarp

23-02 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 2 – Mindwarp

De Philip Martin ( 4 épisodes )

Réalisation : Ron Jones

Le procès du Docteur se poursuit sur Gallifrey et le Valeyard entend bien présenter la pièce qui le conduira à l’échaffaud. La Matrice présente comme preuve sa dernière aventure sur Thoros Beta, celle de laquelle il a été enlevé par les Time Lords. Dès leur arrivée sur la planète, Six et Peri découvrent des armes trop avancés pour les seigneurs de guerre, des autochtones. Décidant d’enquêter, ils découvrent que le Mentor Sil (l’affreux excrément hurleur de Vengeance on Varos) est sur place avec son supérieur pour délivrer ces armes en faisant des profits. Mais la vraie raison de leur venue est de trouver du bétail pour transférer l’esprit de Kif dans un hôte plus consistant avant qu’il ne meure. Pour cela les mentors ont fait venir le docteur Crozier, spécialiste ès transfert d’esprit, qui a choisi comme hôte Yrcanos, roi des seigneurs de guerre. Le Docteur et Peri parviennent à libérer Yrcanos, mais le Docteur finit par le trahir en le conduisant aux Mentors, livrant par la même occasion sa compagne. Alors que le Docteur s’allie avec ceux qui devraient être ses ennemis pour accomplir l’opération sur un nouvel hôte, Peri tente de survivre dans cet univers hostile avec pour seule allié le foudre de guerre et son fidèle écuyer à tête de loup.

2302BBrian Blessed se souvient de Flash Gordon et fait la même chose.

Comprenant les épisodes 5 à 8 du procès du Docteur, Mindwarp (titre qui apparaît uniquement sur le scénario) est vraisemblablement l’arc où Doctor Who a sauté le requin, empruntant un chemin qui rendait la série classique difficilement viable. Il est d’autant plus difficile à concevoir que John Nathan Turner et Eric Saward ait pu fournir une histoire aussi peu défendable alors que la série était sur le point d’être annulée par la BBC. Le retour inexpliqué de Sil (qui trône aisément dans le worst of du bestiaire de la série), la faiblesse des décors, la pauvreté des personnages, des retournements de situation et l’absence de réelle motivation des actes du Docteur font qu’on nage en permanence dans une sorte de flottement. Le Valeyard tente de prouver que le Docteur sacrifierait sa compagne pour sauver sa propre vie et met en évidence sa trahison envers elle. Une hypothèse qui ne surprend pas autant qu’elle le devrait. Un revirement du Docteur pour tromper ses ennemis nous avait déjà été montré dans Invasion of Time et il fut peu convaincant en ce que le Docteur de Tom Baker était alors au top de sa suffisance. Pourtant Four n’a jamais été Six. Même s’il montrait son mépris envers Leela, il ne traitait pas sa compagne comme le Docteur de Colin Baker a traité Peri. De plus, le Docteur en cours est parti trop souvent en vrille pour se porter comme défendeur de la constance morale de ses prédécesseurs. Bref. Six du coté des vilains ? Pas de quoi fouetter K9.

2302M’enfin

Si l’arc se plante dans les grandes largeurs, il reste à sauver le baroud d’honneur de Peri qui est lui plutôt choquant. Après avoir accompagné Six sur plus d’une saison en tentant de juguler ses humeurs et d’apporter un peu d’humanité aux aventures, la compagne trahie se retrouve affublée de piètres camarades et abandonnée dans la pire des situations par celui qu’elle a suivi. Dans une des seules bonnes scènes de l’arc, la jeune femme avoue que sa Terre lui manque et elle laisse deviner une pointe de regret d’avoir fait confiance au Docteur. Un sens de la retenue qui sied bien au personnage. Alors qu’on pouvait enfin espérer que Six fasse un geste pour la sauver, le TARDIS est piratté par Gallifrey et le Docteur appelé à son procès. Peri se voit greffé l’esprit de Kif et revient transfigurée dans une scène finale glaçante qui donne l’occasion à Nicola Bryant de déployer tous ses talents d’actrice. Mais cette fin semble si terrible que la voir se faire tuer ensuite ne provoque pas plus qu’un soulagement. Le calvaire de la compagne abandonnée reviendrait à l’ordre du jour dans l’encore plus glaçant The girl who waited de la saison 6 de la nouvelle série, assurément l’épisode où Moffat franchit la ligne la plus difficile à relever pour son Docteur. Le comportement inconséquent et égoïste d’Eleven envers Amy Pond fera sens par la suite, mais cet épisode laissera tout de même un goût amer que le showrunner passera maladroitement sous silence.

2302CDerniers instants complices avec Peri

Le Valeyard n’a finalement pas tort. Si John Nathan Turner et Eric Saward ont visiblement voulu rendre les Time Lords coupables de la mort de Peri par leur intervention absurde (ils téléportent le Docteur pour le juger sur un acte qu’eux-même viennent de commettre) pendant le sauvetage de Six, c’est le comportement inconséquent du Docteur qui a scellé son destin. Reste encore à savoir si toute cette histoire n’a pas été inventée par le Valeyard, une option qui serait plus acceptable mais d’une grande faiblesse scénaristique.

N : 4

IM : 7

RIP Perpugilliam Brown 😦

Saison 23 (1986) / 23-01 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 1 – The Mysterious Planet

23-01 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 1 – The Mysterious Planet

De Robert Holmes ( 4 épisodes )

Réalisation : Nicholas Mallett

Il est connu que les Time Lords n’interviennent pas dans l’Histoire des autres peuples. Même s’ils consentent à briser cette règle de temps à autre, souvent pour envoyer le Docteur faire la basse besogne, les voilà prompts à lui ouvrir un procès pour l’ensemble de son intervention. Un procès dont l’issue pourrait bien être sa mort. Pour l’occasion, le Valeyard, procureur minutieux, a sorti un film de la dernière intervention en date de Six sur la planète Ravolox. Peu après la matérialisation du TARDIS sur cette planète, Peri et le Docteur y trouvent des indices qu’elle pourrait bien être la Terre. Sabalom Glitz et Dibber, deux mercenaires intergalactiques qui les avaient pris en chasse se font capturer par les autochtones. Glitz en profite pour signifier à la chef du clan local qu’ils sont venus détruire le générateur de lumière noire que les sauvages ont érigé en totem. Ce générateur fournit l’énergie vitale à celui que les habitants des souterrains surnomment l’immortel, un robot programmé pour maintenir les survivants en vie après qu’un grand incendie ait ravagé la planète. Le Docteur devra faire composer avec les envies de destruction du robot et donc intervenir dans le destin de la planète, pas vraiment plus que dans beaucoup d’autres aventures au final.

2301aUn money shot surprenant qui a dû engloutir le budget de la saison

Second fil rouge sur une saison après celui de la Clé du temps, le procès du Docteur court sur toute la saison 23. Il revient à la formule des quatre épisodes de 20 à 25 mn formant un arc et nous fournit un nouveau thème musical qui fait un peu plus mal aux oreilles que l’ancien. Rien de bien neuf dans l’idée de faire juger le Docteur par les siens, si ce n’est d’allonger quatre arcs une idée qui avait fonctionné sur l’effet de surprise à la fin de l’ère Troughton. Mais derrière cette menace d’une sentence de mort pour Six se cache l’avenir menacé de la série. Suite à l’annonce de son annulation lors de la saison 22, des fans et des critiques opérèrent une campagne de sauvetage qui vit entre autre la naissance d’une chanson. La chaîne revint sur sa décision et décida de mettre le programme en hiatus jusqu’au mois de septembre 1986. La production décida de laisser de coté des scénarios prévus pour refléter dans la nouvelle saison cette incertitude sur l’avenir de Doctor Who. Il serait néanmoins hasardeux de faire un rapprochement entre l’inquisiteur de Gallifrey et la BBC de 1986 (et par extension entre le public anti-Six et le Valeyard) car les faits reprochés à Six pourraient aussi bien être reprochées à d’autres Docteurs, l’arrogance mise à part.

2301B

Ce soir projection d’un arc de Doctor Who suivie d’un débat

On se contentera de faire le procès de ce simulacre de jugement qui s’apparente souvent à une grosse blague qui ne s’assume pas. Un bien piètre dernier round pour le vétéran Robert Holmes qui avait tant apporté à l’ère de Three. Devant son juge, Six est contraint de regarder sur un écran une de ses aventures avec Peri visiblement prise au hasard par le Valeyard. Cette aventure a été captée au vif par la Matrice de Gallifrey qui semble filmer le Docteur 24/24. Tel le scénariste ou le fan de mauvaise foi d’un mauvais found footage (pléonasme), le Valeyard justifiera après deux épîsodes que les scènes qui n’impliquent pas le Docteur ont été captées par le TARDIS. Si elle s’occupe des traductions, cette vieille branche peut bien faire office de caméra plantée sur plusieurs angles. Nulle explication ne sera donnée sur le montage, ni sur la musique qui accompagne l’aventure présentée à l’Inquisiteur. Le Docteur protestera à raison que la motié de l’aventure narrée est à coté de la plaque dans l’argumentaire du Valeyard. Le spectateur attendra un retournement de situation sorti de l’esprit ingénieux du procureur qui mettra en lumière la raison de la projection de toute cette aventure, mais il n’y en aura pas. Il lui aurait été reconnaissant d’épargner au moins deux épisodes à un arc qui reprend le sempiternel peuple de sauvage fanatique religieux versus peuple plus avancé reclu suite à une catastrophe. On remerciera le concepteur du robot à tête de siège ou l’absurde d’un obscur manuel canadien qui devient un manuscrit sacré d’avoir arraché quelques sourires au milieu du remplissage. Colin Baker s’en sort quand à lui plutôt bien et Nicola Bryant a visiblement obtenu l’autorisation de se couvrir un peu plus (quel dommage). Nous n’aurons malheureusement pas les réponses aux deux questions qui importaient vraiment dans cet arc : Qu’est-ce qui a déplacé la Terre aussi loin et où Six a-t-il bien pu laisser sa compagne ?

2301CLe robot à tête de siège et ses deux sidekicks

N : 4

IM : 5

22-06 Revelation of the Daleks

22-06 Revelation of the Daleks

De Eric Saward ( 2 épisodes de 45 mn)

Réalisation : Graeme Harper

Le Docteur amène Peri à Necros, sur le site d’une demeure funéraire nommée repos tranquille qui fut créée pour prolonger la vie des hommes afin de les réintégrer plus tard dans la société. Il compte y visiter le grand scientifique Arthur Stengos. A peine arrivés, ils sont attaqués par un homme mutant qui dit être le produit d’expériences du Grand Guérisseur. La fille de Stengos et un complice ont aussi pénétré dans le sanctuaire pour se rendre compte que le scientifique a été transformé en une créature difforme, sorte de chaînon manquant entre la tête humaine et le Dalek. Le Grand Guérisseur, qui n’est nul autre que Davros, se sert des humains de passage sur Necros pour les transformer en une nouvelle génération de ses créatures. Alors qu’il attend que le Docteur et Peri viennent à lui, Davros est la cible d’une de ses sous-traitantes dans la distribution de nourriture qui engage Orcini, un mercenaire et ancien chevalier d’un grand ordre afin de l’assassiner. Fait prisonnier, le Docteur se retrouve dans la même cellule que la fille de Stengos et son compagnon. Pendant ce temps, Peri sympathise avec un D.J nostalgique destiné à divertir et tenir informées les âmes de repos tranquille.

2206On a retrouvé le disc jockey des 80’s sur la planète Necros.

Revelation of the Daleks est le grand épisode 80’s des Daleks, inséré dans l’air du temps avec l’absence de complexe de cette époque et de ce fait condamné à vieillir très vite. L’élément véritablement kistch de l’arc est un disc jockey typique, en fait un homme du futur qui se serait pris d’affection pour la fin du XXème siècle sur la Terre. Entre deux monologues, il passe a wither shade of pale de Procol Harum et des tubes d’Elvis Presley (les négociations de droits ont dû monter haut). Si la perspective d’une telle nostalgie dans un futur aussi avancé est improbable, Peri est ravie de retrouver un vestige de l’époque qu’elle a laissée derrière elle. Tout comme l’ont sans doute été les spectateurs de l’époque raccolés dans cette optique. Mais l’arc sait aussi se saisir du meilleur des années 80, en l’occurrence une S-F décomplexée qui a de loin dépassé Star Wars et qui vire parfois vers le Dune de Frank Herbert, à moins que l’héritage Pythonien ne soit partiellement responsable de ces débordements. Le lubrique Jobel ou l’écuyer Bostock, personnages haut en couleur et loin d’être glamours, viennent apporter un peu de sel à l’épisode, tandis que le mercenaire- chevalier en rédemption apporte une touche d’héroïsme qui semble venue d’un autre temps et qu’il s’emploie lui-même à tempérer.

2206BJobel a refusé l’immortalité. Un choix peu judicieux à cette époque de Doctor Who.

La noirceur de l’ère de Five a inévitablement insinué la touche de cynisme made in 80’s et Doctor Who a rarement été aussi peu en phase avec son très jeune public. On ne lui souhaite pas d’avoir vu cette créature prosthétique visqueuse mi homme mi Dalek qui n’aurait pas dépareillé dans un film de Stuart Gordon ou dans le cerveau d’H.P Lovecraft. Le retour de Davros est une fois de plus capillotracté et le fait qu’il se soit sorti du sort peu enviable que lui réservait la fin de Resurection of the Daleks restera en partie un mystère. Revelation of the Daleks met peu en valeur Six, lui offrant un de ses épisodes les plus passifs, une relégation sans doute liée à la profusion de personnages secondaires. La fin de l’arc sera néanmoins l’occasion de remettre en avant sa nouvelle condition de végétarien par l’échange de nourriture humaine contre une livraison de fleurs riches en vitamines… Suite à une mauvaise blague de Davros, nous apprenons que le Docteur peut-être amené à rencontrer son propre tombeau lors de ses voyages temporels, idée qui sera reprise sur Trenzalore dans la nouvelle série. Une éventualité morbide qui a de quoi perturber Six, qui médite sur le fait qu’il n’aura plus de régénération (son visage est sur le tombeau qu’il croise), inquiétude qui n’était alors pas si anodine compte tenu des mauvais chiffres d’audience de cette saison 22. Elle présente néanmoins un bilan beaucoup plus positif que ne laissait présager The Twin Dilemma et l’avantage d’avoir su conserver Peri pour tempérer le sixième Docteur.

2206CLe Docteur temporise en attendant que les sbires du supreme Dalek s’occupent de Davros (running gag)

N : 7

IM : 5

22-05 Timelash

22-05 Timelash

De Glen McCoy ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Pennant Roberts

Planète Karfel. La population est sous le joug du Borad, un tyran qui n’apparaît que par téléviseur interposé, mais qui n’hésite pas à faire éxécuter les opposants en les faisant jeter dans un portail temporel. Le Maylin, premier des cinq grands conseillers de Karfel, est devenu avec le temps le bras droit du tyran. Alors que son beau-fils tente de lui faire entendre raison, le Maylin en place trahit sa volonté de chute du régime. Il est aussitôt convoqué par le Borad et éxécuté par le biais d’un accélérateur temporel (!). Pour se venger, la fille subtilise un précieux médaillon au nouveau Maylin et disparaît avec lui dans le TimeLash, pour réapparaître sur Terre au 19ème siècle dans la demeure écossaise d’un certain Herbert. Pris dans un corridor temporel, le TARDIS met ses occupants à rude épreuve. Ils se stabilisent près de Karfel et sont accueillis à bras ouvert par le nouveau Maylin, le sournois Tekker, qui compte bien forcer le Docteur à récupérer le médaillon en échange de la vie de Peri. Alors que la jeune compagne tente d’échapper à ses geoliers, le Docteur retrouve la fille et le médaillon en Ecosse et se voit contraint d’embarquer le jeune Herbert. Ils devront trouver un moyen de faire cesser les agissements du Borad avant qu’un conflit ouvert n’éclate avec les anciens alliés de Karfel.

2205CCause toujours avec tes régénérations. Moi j’ai mon accélérateur temporel.

Timelash peut paraître riche sur le papier, mais le résultat se rapprocherait plutôt de l’accumulation de péripéties pour faire entrer le scénario dans la nouvelle durée des arcs de la série. L’histoire est un recyclage de déjà-vu, de l’oppression de la planète par un Big Brother au plan impliquant une attaque étrangère en passant par le scientifique défiguré qui s’entiche de miss Peri. Les épisodes s’étirent inutilement et le second part littéralement en vrille dans son dernier quart d’heure. Le Docteur décide d’écraser le TARDIS avec Herbert dans un missile de l’armée Bandril (les ennemis de Karfel), puis revient tout pimpant pour accueillir le clone du bad guy laissé pour mort dans une ultime scène terriblement gênante. Timelash offre néanmoins des moments drôles, comme ce commandant des Bandril improbable et la marionnette étrange qui attaque Peri, ces personnages qui font semblant de se battre à coté d’une porte des étoiles plus cheapos tu meurs et quatre vingt dix huit pour cent du jeu de Paul Darrow en super méchant comploteur (la conclusion du personnage reste un mystère scénaristique).

2205BHahaha je vais tous vous rouler, puis crever bêtement par altruisme

On peut tout de même féliciter Robert Ashby pour avoir su rendre le vilain crédible au sein de toute cette vaine agitation. Scientifique mutant, le Borad dirige le Conseil à travers une marionnette que campe un Denis Carey (Le professeur Chronotis de Shada) d’un calme effrayant. Le jeu d’Hashby contraste avec celui de Paul Darrow en ce qu’il se montre aussi tempéré et sûr de lui que son alter égo télévisuel, et en devient du même coup plus inquiétant. Son maquillage hybride est également réussi. L’invitation d’Herbert George Wells au sein de l’arc est quand à elle bien hasardeuse. Prétexte à l’insertion de références qui auraient inspirées l’écrivain pour écrire la machine à explorer le temps, la guerre des mondes ou l’Homme Invisible (un procédé ingénieux qui sera repris avec Dickens en 2005), elle peine à emporter l’adhésion pour deux raisons. La première est la difficulté, même faisant abstraction de la jeunesse, à identifier ce jeune homme babillard, naïvement héroïque et un brin machiste au futur H.G Wells. La seconde est la volonté de ne pas divulguer l’identité du voyageur avant la fin, alors que les références dispersées à son oeuvre l’avaient grillé depuis longtemps. La rencontre de l’écrivain avec le Docteur, qui aurait pu être un des grands moments de la série, se trouve ainsi réduite à l’anecdote au cœur d’un épisode peu inspiré. On peut enfin se demander pourquoi Glen McCoy a tenu à faire référence à une première visite sur Karfel impliquant Three et Jo (et d’autres compagnons…) qui n’a jamais existé au cœur de la série. Ce n’est pourtant pas le matériel qui manque.

2205Le très impressionnable H.G Wells songe à écrire un traité de mécanique

N : 5

IM : 4

22-04 The Two Doctors

22-04 The Two Doctors

De Robert Holmes ( 3 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Peter Moffatt

Après avoir quitté Victoria, le deuxième Docteur et Jamie doivent faire un crochet par la station spatiale Chimera à cause des Time Lords qui ont envoyé Two en mission non officielle pour leur compte. Il devra convaincre les scientifiques de stopper leurs expériences sur le voyage temporel. Sur la station, ils rencontrent le biogénéticien Dastari, qui a augmenté considérablement l’intelligence d’une Androgum pour la faire passer à un niveau supérieur de son espèce. Les Androgum sont une espèce instinctive et carnivore, particulièrement portée sur la nourriture. Chessene semble avoir perdu ces attributs, mais Two confie à Dastari qu’il n’est pas de cet avis. Alors que Chessene et Shokeye, un de ses congénères, intriguent en coulisse, un vaisseau Sontaran fait irruption sur la station et attaque l’équipage. Two est laissé pour mort et Jamie emprisonné. Quelques dizaines d’années plus tard, Six ressent une perturbation. Cherchant une explication, il pense être mort dans le passé et ne plus exister que temporairement comme une anomalie. Pensant trouver de l’aide auprès de Dastari, le Docteur conduit Peri sur la station spatiale. Là-bas, ils font la rencontre de Jamie et ne tardent pas à découvrir que Two n’est pas mort, mais emprisonné par Chessene, Shokeye et un groupe de Sontaran qui oeuvrent chacun pour leurs intérêts. Ils ont pris d’assaut une hacienda près de Séville vers laquelle Six et les deux compagnons mettent aussitôt le cap.

2204Two, Jamie et Karl Lagerfeld discutent de vieillissement prématuré

The Two Doctors démarrait très mal. Il paraît hasardeux que les seigneurs du temps fassent appel à Two dans un arc qui précède chronologiquement de The War Games, alors même qu’ils n’avaient pas encore localisé le Docteur après qu’il ait volé le TARDIS. Si le procédé peut-être possible de leur futur, il met les seigneurs du temps en position de gros SPOILER de la surprise de fin d’ère de Two. On peut voir ce réflexe d’utilisation du Docteur comme ambassadeur des Time Lords comme un renvoi à l’époque de Three, époque durant laquelle Robert Holmes (scénariste de cet arc) occupait la fonction de script editor sur la série. Dès lors, la crainte du retour des facilités scénaristiques de the Five Doctors déconnecte le spectateur, souvent à raison. Que penser de l’affectation de Six par un événement qui n’a même pas eu lieu (la mort de Two) ? La coincidence de la visite de Six à Dastari achève de convaincre qu’il ne faudra pas considérer cet arc sous l’angle de la continuité. Ce premier segment se perd également dans ses péripéties et traîne en longueur dans sa seconde moitié. Reste le plaisir de revoir Two et Jamie interagir comme si nous vivions une aventure de leur époque, la couleur et la complétude de l’arc en plus. En dépit du vieillissement visible des deux compères, on a l’agréable impression de revenir aux années pré-colorisées de Doctor Who.

2204BLes probabilités conduisent parfois à d’heureuses rencontres

Les deux épisodes suivants font mentir les mauvais augures. Les Sontaran n’auront qu’une importance marginale dans une intrigue qui n’est pas plus centrée sur leurs guerres qu’elle n’est un prétexte à réunir les deux Docteurs. The Two Doctors se concentre très vite sur les Androgum, faisant de leur atterissage à Séville le parfait prétexte pour s’adonner à la gloutonnerie. La chair humaine est tendre et goûtue et l’incorrigible Shokeye ne fait que réagir à un instinct qui le pousse à chasser. Si scientifiques et guerriers ne pensent qu’à s’approprier la technologie du voyage temporel pour leurs intérêts respectifs, l’Androgum (anagramme de ‘gourmand’) ne demande qu’à engloutir la charmante Peri pour son dîner. L’arc est infecté par le thème de la chaîne alimentaire, à tel point que la métaphore orchestrée par Robert Holmes n’a pas besoin des dialogues surexplicatifs pour se laisser voir pleinement. On ressent l’ironie d’une espèce humaine au sommet de cette chaîne qui a trouvé un prédateur qui la renvoie au rang de bête traquée, les pratiques de l’Androgum renvoyant à ceux de l’homme sur les animaux. Il pose aussi à travers Chessene une question importante : L’intelligence peut-elle vraiment être utile à l’homme s’il ne peut se délester son instinct vorace et destructeur ?

2204CPatrick Troughton is AWESOME

The Two Doctors pourrait préfigurer le pareillement affamé Bad Taste de Peter Jackson car il comporte de nombreuses scènes d’un burlesque Pythonien réjouissant, la scène du repas entre un Two en phase d’Androgumisation et le sémillant Shokeye en tête. Mais il va nettement plus loin, transportant une aura malsaine beaucoup plus proche des délires de la ligue des gentlemen, même si nous ne sommes parfois plus dans le registre de la farce : un personnage inoffensif de l’arc se fait poignarder de sang froid et meurt sur le coup, l’Androgum poursuit Peri dans une scène qui renvoie la massacre à la tronçonneuse, Six empoisonne Shokeye. Le recul comique est chassé par  le ressenti exagéré du végétarien Robert Holmes sur l’animalité du carnivore, qu’il n’hésite pas à exposer de la manière qu’il la perçoit. Le personnage de Chessene apparaît comme une sorte d’alter ego reflet de la culpabilité du végétarien qui, malgré son effort (dû à l’intelligence, selon lui) pour coller à ses principes, devra vivre avec cet instinct. L’empoisonnement du glouton par l’homme de science prend alors une résonance symbolique. L’atmosphère poisseuse est renforcée par la chaleur de l’Espagne, où l’équipe a choisi une nouvelle fois de s’établir pour une production des plus chaotiques. Paradoxalement, l’arrogant Six acquiert au contact de Jamie une humanité qu’on ne lui connaissait pas, qui renforce l’étrange sensation que Two et Six, aussi différents soient-ils, ne sont qu’une seule et même personne. Il y’a aussi des efforts pour expliciter les conséquences sur l’un d’un changement de l’autre. The Two Doctors, en dépit de ses défauts, parvient finalement à faire intégrer au spectateur ce croisement improbable. Mais des bruits d’un hiatus d’un an sur la série commencent à faire douter de son futur.

2204DNe zappez pas. Vous regardez toujours Doctor Who.

N : 8

IM : 6

22-03 The Mark of the Rani

22-03 The Mark of the Rani

De Pip & Jane Baker ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Sarah Hellings

Début du XIXème, village minier de Killingworth, Angleterre. Des mineurs jusqu’alors inoffensifs font preuve d’une grande agressivité, attaquant les machines et les hommes. Dans un contexte où la révolution industrielle et particulièrement les inventions de George Stephenson mettent en danger leur emploi, les habitants pensent qu’à l’instar des ludites, leurs revendications sont politiques. La raison de leur agressivité est à chercher auprès de la vieille femme qui tient les bains destinés à laver les mineurs. A peine ceux-ci sont-ils entrés dans l’établissement qu’elle les endort et pratique sur eux des expérimentations qui leur retirent la substance neurochimique provoquant le sommeil, leur veille constante conduisant à cette agressivité. Derrière le masque de la vieille se cache la Rani, Time lady qui fut exilé de Gallifrey et qui gouverne désormais la planète Miasimia Goria. Ayant privé les habitants de sa planète de sommeil, elle compte subtiliser suffisamment de substances du cerveau des terriens de cette époque pour réparer son erreur. Dans le TARDIS, le Docteur et Peri rencontrent une distortion temporelle qui les conduit à Killingsworth. Le Docteur se met aussitôt en tête de retrouver George Stephenson. Il fait la connaissance du propriétaire des mines, Lord Ravensworth, qui se méfie dans un premier temps de l’énergumène. Comptant profiter du boom de la Révolution industrielle pour satisfaire ses envies de pouvoir, le Maître a aussi atterri à cette époque. Il découvre la présence de Rani et lui propose de s’allier contre le Docteur.

2203Six auditionne pour Mary Poppins. Chim Chimney

The Mark of Rani introduit un nouvel hors la loi de Gallifrey, la Rani du titre, à qui Kate O’Mara prête ses traits très caractéristiques. Grande chimiste exilée suite à une malencontreuse expérience, elle n’a ni la mégalomanie du Maître, ni le coté frondeur philanthrope du Docteur. D’une grande neutralité morale, elle pratique une science sans véritable conscience, considérant toute créature humaine et animale comme du matériel pour ses recherches. Ainsi n’hésite t’elle pas à transformer un homme en arbre en jouant avec ses molécules, prétendant qu’il vivra mieux ainsi (c’est scientifique !). Maîtresse ès déguisements, la Rani se déplacerait d’une époque trouble à l’autre sans attirer l’attention sur elle. Kate O’Mara campe une femme intrigante, charismatique et glaçante qui n’a aucune peine à tenir la réplique à ses homologues gallyfreyiens. La réunion des trois outcats est l’occasion de beaux échanges qui donne une valeur ajouté à un arc qui aurait pu très vite devenir la nouvelle tentative du Maître de conquérir le monde. Le sort final réservé à la Rani et au Maître ne manque pas d’ironie.

2203BLes trois plus grandes hontes de Gallifrey

Mise à part cette nouvelle venue, les deux épisodes regorgent de parti pris intéressants. L’idée de faire un épisode sur l’agressivité de mineurs en plein Thatchérisme est pertinente. L’absence de manichéisme dans la représentation de la Révolution industrielle étonne d’autant plus (on est loin des épisodes des 70’s), la série se refusant à faire des parallèles grossiers entre l’absence de prise en compte des revendications des travailleurs en 1985 et la mécanisation rampante de l’époque traitée. La présence de la Rani, grande figure matriarcale opportuniste et dénuée de compassion envers les hommes au point de leur retirer le sommeil est à elle-seule assez parlante sur la perception de la première ministre. Chantre du progrès, Six voit d’un œil bienveillant l’ingéniosité de George Stephenson, qui serait amené un peu plus tard à inventer la Fusée, une des premières locomotives à vapeur et un point de départ vers les chemins de fer modernes. Doctor Who se permet de nous remettre (enfin!) en contact avec une figure historique par le biais de l’acteur Gawn Grainger qui excelle à faire ressortir les origines ouvrières de l’ingénieur. Quelques moments de ventre mou disséminés dans les deux épisodes viennent un peu ternir ce beau tableau, d’autant plus préjudiciables que le nouveau format semblait nous en préserver.

2203CRani, spécialiste dans la déco de TARDIS (elle a même une télécommande ! )

N : 7

IM : 7

22-02 Vengeance on Varos

22-02 Vengeance on Varos

De Phillip Martin ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Ron Jones

La manie du Docteur de bricoler le TARDIS a produit une nouvelle catastrophe. Le vaisseau se retrouve coincé au beau milieu de l’espace et semble t’il condamné à le rester, à moins de trouver du Zeiton 7, seul matériau assez puissant pour redémarrer ses systèmes. Mais le Zeiton 7 est extrêmement rare et ne se trouve que sur la planète Varos. Le Docteur parvient à matérialiser le TARDIS sur la précieuse planète. Anciennement planète carcérale, Varos s’est réorganisée en système démocratique. Mais cette démocratie ne se compose que de plébiscites destinés à supprimer le gouverneur en place si le peuple n’est pas satisfait de ses réformes immédiates. Ce dernier doit négocier le prix du Zeiton 7 avec Sil, émissaire d’une compagnie qui a fait croire à ses prédecesseurs durant des années que le métal ne vaut plus rien, et par conséquent, il réclame de le vendre à un prix faible. Le peuple refuse de se rationner. Sous la menace de sa propre mort, le gouverneur consent à accorder au peuple une des éxécutions télévisées dont il est si friand, sacrifiant le rebelle Jondar sur le Punishment dome. Le Docteur et Peri débarquent au moment de l’éxécution et parviennent à libérer Jondar avant sa sentence.

2202 Derrière Peri et son haut bleu, Jason Connery (le fiston de Sean)

Vengeance on Varos est un arc moyen qui bénéficie de quelques idées fraîches qui restent principalement liées à l’organisation des pouvoirs au sein de la planète et aux méthodes de torture instituées pour divertir le peuple. Au sein de cette démocratie déviante, le pouvoir est subi comme un fardeau par celui qui a été désigné par tirage au sort. La sanction du peuple est immédiate et le populisme semble être le seul moyen d’échapper à sa propre destruction. Ce système qui se mord la queue pose la question de la limitation du pouvoir d’une population non éduquée, mais laisse surtout voir l’impossibilité de parvenir à un gouvernement sain sans juguler les plus bas instincts, alors même que le pouvoir a lui-même intérêt à les laisser perdurer. La scène finale est à ce titre très évocatrice, lorsque le Gouverneur cesse les transmissions de télévision et laisse les deux téléspectateurs dépités face à un écran noir. Outre ces réflexions politiques, nous pourrons voir dans ces deux épisodes une torture à base de transmutation (Peri transformée progressivement en oiseau), une mort par technique de suggestion, des pendaisons avortés, des soldats noyés dans un bain d’acide (!), un empoisonnement brutal par sumac vénéneux et quelques tortures un peu plus classiques. Ces scènes peu graphiques jurent néanmoins dans un programme destiné en priorité au jeune public, et suscitèrent en leur temps de nombreuses critiques négatives.

2202BRien de tel qu’une petite pendaison pour faire grimper l’audimat

Les défauts de Vengeance on Varos (on se demande encore quelle vengeance) sont plutôt à chercher du coté des décors pauvres, de la difficulté à suggérer tout un gouvernement en ne montrant que l’administrateur ( l’impression d’être dans le ventre mou de l’époque de Four est tenace ) ou encore de Sil, excrément éructant des mots qui ne fait que s’agiter durant les 1H30 de l’arc. Si la volonté de la production était de le rendre insupportable, elle a été atteinte. Peri sait quand à elle se montrer patiente face à un Six qui fait littéralement n’importe quoi lorsqu’il est dans son vaisseau, mais parvient à emporter quelques victoires dans l’action. Cette dynamique babysitter / clown maniaco-dépressif ne saurait satisfaire si elle se poursuivait à longueur d’arcs. La sympathie que suscite Nicola Bryant laisse à penser que la compagne américaine aurait connu de meilleures heures sous une saison supplémentaire de Five.

2202C . . .

N : 6

IM : 3

Saison 22 (1985) / 22-01 Attack of the Cybermen

22-01 Attack of the Cybermen

De Paula Moore ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Matthew Robinson

Réparant le circuit caméléon, le Docteur cause une instabilité sur le TARDIS. Il réussit à faire stationner le TARDIS à proximité de la Terre en 1985, à quelques encablures de la comète de Halley. Pendant ce temps à Londres, le commandant Lytton s’est reconverti en braqueur. Il prépare un coup sur la Bank of England avec trois petites frappes et entreprend pour ce faire de passer par les tunnels menant à la banque. Il déclenche un signal de détresse qui est aussitôt capté par Peri et le Docteur, qui se matérialisent dans les environs pour mener l’enquête. Lytton et un de ses hommes sont pris en embuscade par des cybermen qui ont installé leur QG dans les sous-sols de la ville. L’ancien allié des Daleks leur explique qu’il est venu pour les aider et qu’il leur a sciemment livré ses complices. Le TARDIS pris d’assaut par les Cybermen, Le Docteur et Peri seront conduits sur Telos, planète qu’ils ont envahie suite à la destruction de Mondas, leur planète natale. Les cybermen ont réussi à détourner un vaisseau temporel et ils comptent bien aider la comète de Halley à se crasher sur notre planète, tout cela pour éviter que la Terre ne puisse détruire la leur en 1986. Travaillant finalement les Cryons, habitants de Telos, Lytton convainc son collègue de mettre en échec les cybermen. Pendant ce temps, le Docteur fait la connaissance de la chef Cryon, qui est retenue prisonnière par les Cybermen et deux prisonniers des cybermen s’évadent et regagnent la base cyberleader.

2201Saison 22 : le virage gangster de Doctor Who

Attack of The Cybermen est un épisode important puisqu’il inaugure le passage au format quarante cinq minutes, se rapprochant dans la forme à ce que seront les épisodes en deux parties de la série moderne. Le résultat est suffisamment rythmé et haletant pour qu’on en vienne à se demander pourquoi ce changement de format n’a pas été fait plus tôt, le seul hic résidant dans l’inutilité des deux évadés sur Telos et du policier en infiltration dans le gang de Lytton. Partant d’une intrigue de casse sur Terre, on se retrouve transporté dans l’histoire des Cybermen, temporellement au croisement de plusieurs épisodes de la série. A l’instar de l’ère de Five, l’époque de Six poursuit la capitalisation sur l’Histoire Doctor Who, solidifiant la continuité et amenant astucieusement le Docteur à flirter avec sa propre ligne temporelle. Un petit coup de coude est adressé au passage aux fans de la première heure, le TARDIS se matérialisant près de la même casse automobile d’où il était parti dans le premier arc de la série. La continuité plus récente est aussi assurée par le retour du commandant Lytton, toujours interprété par Maurice Colbourne. Contre toute attente, l’arc fait du mercenaire à la solde des Daleks un défenseur de la cause des Cryons dépossédés de leur planète. Cet habile revirement sert de leçon au Docteur qui avait conclu un peu trop rapidement à sa position d’ennemi. En pleine conversion après sa capture, Lytton mourra en héros devant le Docteur après avoir tué un cyberman.

2201CNe cryon pas victoire trop vite

L’aspect humoristique de la série semble revenir, notamment dans cette réparation impromptue du circuit caméléon qui donne l’occasion de voir le TARDIS se changer en orgue. Bien que le début de l’arc laissat préssentir un fiasco égal au précédent épisode, Colin Baker rattrape joliment le tir. Il livre une prestation toute aussi exagérée, mais qui se tempère à mesure de l’avancée des événements. Les accès de rage et petites excentricités sont même de plus en plus à propos. S’il manque d’exploser lorsqu’il apprend que les seigneurs du temps l’ont mandaté sans sa permission, il réserve une petite tape au TARDIS qui est redevenue une cabine de police et adopte un ton plus mesuré lorsqu’il s’adresse aux cryons. La remise en cause de son jugement sur Lytton permet de lui faire prendre conscience de sa faillibilité, et peut-être de perdre un peu de cette arrogance qui le caractérise. On l’aura compris. Les cybermen ne sont encore une fois pas le principal intérêt de leur arc, se faisant piquer la vedette dès la seconde partie par le mercenaire et les cryons, dont l’apparence (couplée à leur étrange attitude) fait relever un bel effort de la part du staff des effets spéciaux.

2201DLe Docteur joue du TARDIS debout

N : 7

IM : 7

21-07 The Twin dilemma

COLINBAKER

L’HEURE DU SIXIEME EST ARRIVEE

21-07 The Twin dilemma

De Anthony Steven ( 4 épisodes )

Réalisation : Peter Moffatt

Romulus et Remus, deux jumeaux terriens surdoués, reçoivent la visite d’un certain professeur Edgeworth qui efface les souvenirs de leur mémoire et les enlève à leur père. Les jumeaux sont retenus en captivité dans un vaisseau afin de travailler pour le compte de Mestor, une limace humanoïde. Celle-ci a prévu d’utiliser leurs connaissances pour mettre en orbite les deux planètes voisines autour de la planète Jaconda, qui a été envahie par son espèce. Le père des jumeaux envoie aussitôt une escouade pour retrouver ses fils, mais le vaisseau s’écrasant sur Titan 3, le commandant Lang en est le seul survivant. Pendant ce temps, le Docteur se remet difficilement de sa régénération et se révèle être un danger ambulant pour sa compagne Peri et pour le monde. Il décide de l’entraîner dans une retraite pouvant durer des dizaines d’années sur la planète Titan 3. Peri et le nouveau Docteur viennent en aide au commandant Lang, mais sont bientôt découverts par l’équipage de la limace. Sur le vaisseau, Six reconnaît le Professeur Edgeworth, qui n’est nul autre qu’un vieil ami Time Lord qu’il n’avait plus recontré depuis sa quatrième régénération. Celui-ci est contraint d’obéir aux ordres de Mestor afin de sauver son espèce de l’envahisseur limace.

21076 6 6…The Number of the Beast ?

L’originalité de the Twin Dilemma est d’introduire le nouveau Docteur en toute fin de saison. Pour le reste, c’est un arc plutôt pauvre. Les effets spéciaux continuent de plonger, avec en point d’orgue un costume de limace qui renvoie aux oubliettes la gêne du premier arc de cette saison. La première partie laissait présager d’une intrigue intéressante lorgnant vers l’espionnage (la capture des génies est une bonne idée), espoirs qu’on pouvait entretenir après l’exigence et la noirceur de The Caves of Androzani. The Twin Dilemma ne nous donnera qu’une intrigue d’invasion alien semi-mystique, qui se conclut sans grande surprise par un plan génial pour étendre cette invasion. Le Professeur Edgeworth, de son vrai nom Azmael, devait à l’origine être une régénération de K’anpo Rimpoche, vieux sage de Gallifrey qui fut le mentor du Docteur. Une confusion du scénariste en fit un professeur que le Docteur connut à l’Académie. De ce fait, le destin du personnage et son sacrifice final revêtent une importance moindre.

2107BDonc tu veux me faire croire que ce type n’est pas le Maître

Mais le plus gros problème de cet arc n’est pas son maigre scénario. A l’instar de Five, la régénération de Six entraîne des instabilités, mais dans le mauvais sens du terme. Abandonnant toute visée humoristique, la production nous gratifie d’un Docteur prétentieux, théatral à tendance maniaco-dépressive (son costume de bouffon ne lui va que trop bien), peu fiable et qui préfère sauver sa personne entre toutes choses. Un revirement à cent quatre vingt degrés au regard de l’altruisme et de l’empathie du Docteur de Peter Davison. La peur et la déception de Peri se font le reflet de la déception du spectateur, qui se voit rappeler que le Docteur n’est pas un humain et que ses névroses étaient probablement dues au fait qu’il mettait trop de cœur à s’adapter. Une explication pas si hasardeuse à la lumière de la récente réincarnation de Twelve qui creusait l’explication des efforts du Docteur pour bien paraître aux yeux des terriens. Ce déni de ce qu’il était serait-il une réaction aux déceptions que Five aura traversées ? L’auteur de cette chronique avoue être sorti de cet arc aussi perplexe que lors du transfert David Tennant / Matt Smith qui inaugurait également un Docteur plus lointain et plus imprévisible, mais se gardait néanmoins de le rendre antipathique, voire parodique. Colin Baker de garantir que nous n’avons pas encore tout vu et qu’il est de toute façon le sixième Docteur, qu’on le veuille ou non. Laissons lui le bénéfice du doute.

2107CLe retour des costumiers de The Web Planet

N : 4

IM : 7

Le nouveau générique électronico-néonesque

21-06 The Caves of Androzani

21-06 The Caves of Androzani

De Robert Holmes ( 4 épisodes )

Réalisation : Graeme Harper

Le Docteur et Peri se matérialisent sur Androzani Minor, grande source de Spectrox, un précieux breuvage extrait de chauves souris qui permet d’échapper au vieillissement. Trau Morgus est à la tête du conglomérat qui fournit en Spectrox la planète voisine Androzani Major mais les récoltes se sont effrondrées depuis quelques temps. Le scientifique masqué Jaraz Jek a programmé des androïdes pour récupérer le Spectrox et limiter l’offre afin de se venger de Morgus qui a tenté de le tuer par le passé. Jaraz Jek traîte avec des marchands d’armes dirigés par Stotz, en fait des hommes à la solde du conglomérat chargés de l’espionner. Le Docteur et sa compagne se perdent dans les grottes et se trouvent en contact avec du Spectrox pur, qui fait l’effet d’un poison se répandant peu à peu dans leur organisme. Ils sont capturés par les lieutenants du Général Chellak qui les confondent avec l’ennemi vendeur d’armes. Chellak ne sait pas qu’il est également infiltré par Jaraz Jek par le biais de son second, qui a été dupliqué et qui transmet des informations à l’empêcheur d’excaver le Spectrox. L’androide sauve le Docteur et Peri d’une éxécution publique en les remplaçant par des androides, puis les livre à Jek qui est subjugué par Peri. Il décide de la garder avec lui pour lui tenir compagnie. La tension monte entre les différents acteurs du conflit alors que Peri et Five doivent coûte que coûte trouver l’antidot qui les guérira.

2106Le bad guy complexé raconte sa vie

The Caves of Androzani voit le retour de l’ex script editor Robert Holmes à l’écriture, une première depuis le renouvellement de l’équipe qui avait suivi l’arrivée à la production de John Nathan-Turner. Il livre un scénario carré et bien en accord avec le ton général de l’ère du cinquième Docteur. Les quatre épisodes sont constamment sous tension, la musique semble annoncer la fin par ses nappes sinistres, les décors sont globalement travaillés et tout est d’une grande clarté. Il manque cependant la dose d’expérimentation et de folie qui pourrait justifier que The Caves of Androzani soit autant porté aux nues par les fans et décrit comme le meilleur arc de Five par Peter Davison lui-même. Cet arc voit s’affronter quatre parties très bien définies, toutes tiraillés par des passions négatives : Le conglomérat personnalisé par Morgus (le pouvoir), Jaraz Jek (la vengeance), le gouvernement d’Androzani Major (aussi le pouvoir, mais par les voies des électeurs) et des hors la loi qui ne semblent être attirés que par l’argent. Elles s’entredéchirent par soldats interposés, usant d’espions à leur solde afin de pouvoir anticiper les mouvements de l’ennemi. La description très politique des enjeux et la mise à nue des massacres placent cet arc à cent lieux des arcs de Four et de ses prédecesseurs. Il s’en dégage une atmosphère froide qui n’est percée que par la figure tragique de Jaraz Jek interprété avec fièvre par Christopher Gable. Homme détruit et défiguré, Jek s’entiche de la nouvelle compagne du Docteur. Il sera le seul à retrouver une part d’humanité en tentant de la sauver dans la dernière partie.

2106DIl m’énerve. Je vais peut-être le tuer. Qu’en penses tu téléspectateur?

Peri hérite d’une deuxième aventure périlleuse qui ne correspond guère aux vacances qu’elle recherchait. Confrontée à la mort à deux reprises, la nouvelle compagne accepte son destin et témoigne d’une étonnante confiance en ce Docteur. Son arrivée sera l’occasion d’expliquer (à la demande de Peter Davison) la raison de la présence du céleri à la veste de Five. Il serait allergique à certains gazs qui rendraient le céleri violet à leur contact. Intrépide mais peu caractérisée, Peri aura fort à faire pour soutenir la sixième incarnation du Docteur. The Caves of Androzani est en effet la dernière apparition de Five. Peter Davison aura porté trois années revigorantes pour Doctor Who, profitant de scénarios atypiques, d’une équipe de production qui sut faire face à de minces budgets sans sacrifier l’originalité. La série est devenue plus référentielle, plus sombre, n’hésitant pas à développer des intrigues pessimistes et à faire mourir des compagnons (Adric et Kamelion). Au centre de ces bouleversements, Peter Davison a toujours su apporter la touche d’empathie nécessaire sans faire dans la gaudriole. Cet arc est un condensé de la vertu du Time Lord qui se trouve bien démuni face à la bassesse de ceux qui l’entourent, mais tient jusqu’au bout pour sauver sa compagne qui est, après tout, ici par sa faute. Il tire logiquement sa révérence en faisant passer la vie de Peri avant la sienne lors d’un climax très émouvant, assurément le meilleur départ de Docteur jusqu’ici. Parvenu in extremis à trouver l’antidote qui les guérira, à porter la compagne moribonde jusqu’au TARDIS et à dématérialiser sa machine, il se retrouve accidentellement avec une demi dose. Il l’administrera à Peri et se laissera aller. A la manière de Four, Five voit les compagnons de son run le soutenir, puis le visage du Maître l’incite à abandonner la bataille, avant que ses compagnons ne reprennent le dessus. D’un coup apparaît le déjà fringuant sixième du nom : Colin Baker, qui s’exclame que c’était pas trop tôt ! Et Peter Davison rejoint Patrick Troughton au sommet des incarnations du Docteur.

2106CFive au terme de son parcours santé. Tremble Jack Bauer !

N : 8

IM : 8

Farewell to the Good Ol’ Fifth