3-06 The Ark

3-06 The Ark
De Paul Erickson & Lesley Scott (4 épisodes)

Réalisation : Michael Imison

Le Docteur et Steven atterrissent avec Dodo dans un lointain futur, au sein d’un vaisseau transportant toutes les espèces terriennes miniaturisées dans le but de coloniser la Planète Refusis 2 et éviter l’extinction prochaine de la Terre. L’équipage de cette Arche de Noe se fait aider d’une race alienne, les Monoïds. Les choses se compliquent lorsque Dodo refile son rhume au vieux sage qui commandait l’expédition. N’ayant aucun anticorps contre la maladie, le vieux est menacé de mort et les trois sont aussitôt enfermés.

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Le Docteur dit à Dodo de surveiller son langage, parceque quand même hein…

Apparue dans le TARDIS à la fin du dernier épisode, Dodo fait déjà comme chez elle, avec un comportement inconséquent et puéril que Steven et le Docteur ne se gênent pas à corriger (le Docteur corrige surtout son langage de djeunz), mais dont la plus grande leçon d’humilité sera cette première aventure. Le télétubbie humain est devenu malgré elle un cavalier de l’apocalypse à cause d’un simple rhume qu’elle a emporté dans le TARDIS. De quoi faire vaciller toute une civilisation, et pourquoi pas éteindre l’espèce humaine. Heureusement, cette première partie finit bien.

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700 ans plus tard, le monoïd a appris à se couper les cheveux.

La deuxième partie voit le retour des voyageurs dans l’Arche, mais 700 ans plus tard. Les Monoïds ont pris le contrôle et ont réduit les humains en esclavage. Ils s’apprêtent à atterrir sur la planète Refusis 2, à combattre les autochtones (des êtres dématérialisés !) et à faire sauter leur vaisseau avec les esclaves humains dedans. Peur de la différence, cercle vicieux de la conquête et de l’esclavage, danger d’embarquer dans un monde étranger sans quarantaine préalable…autant de thèmes profonds qui sont plutôt bien traités. Nous aurons en prime, et pour la première fois dans la série, un aperçu de la destruction de notre Terre. On regrettera juste que la deuxième partie soit plus brouillon que les deux premiers épisodes.

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Dodo (Dorothea) est-elle bipolaire ou bien juste une enfant en manque de ritaline?

N : 6

IM :  4

3-05 The massacre of St Bartholomew’s eve

3-05 The massacre of St Bartholomew’s eve
De John Lucarotti & Donald Tosh (4 épisodes)

Réalisation : Paddy Russell

Steven et le Docteur atterrissent en France en août 1572. A quelques jours du mariage d’Henri de Navarre et Marguerite de France, les tensions entre catholiques et protestants sont alors au plus haut, malgré la paix de St Germain (qui mit fin aux guerres civiles cathos/protestants). Le Docteur ne pense alors qu’à aller rendre visite au scientifique Charles Preslin. En l’attendant dans un bar, Steven sympathise avec des huguenots et rencontre une jeune fille en fuite qui a entendu des officiels évoquer un événement dramatique, qui pourrait se reproduire dans les jours prochains. Steven découvre bientôt que le Docteur est devenu l’Abbé d’Amboise, ennemi de la cause de ses nouvelles connaissances.

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Le Docteur et Steven Taylor, qui commence à en avoir marre que tout le monde meure…

Recocorico. Après la Terreur, Lucarotti, qui semble bien aimer les turpitudes de Histoire de France, s’attaque à un autre triste épisode de notre Histoire. Moins long et malgré le fait qu’on se trouve devant un épisode reconstitué, ce Massacre of St Bartholomew’s Eve est plutôt habilement mené. Il se concentre sur les tensions politiques et montre la complexité des causes qui ont mené à l’événement, notamment la tentative d’assassinat de l’amiral Coligny, proche du roi Charles IX, par sa propre mère Catherine de Medicis et le Maréchal de France Tavannes (L’influence de Catherine de Medicis et le fait que Coligny et Charles soient aussi proches n’est pas prouvée, mais tout le suggère ici).

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Tavannes, Catherine de Médicis, Charles IX et Coligny. En route vers l’irréparable

Les scénaristes se sont bien gardés de décrire en détail le massacre et les journées qui ont suivi, fournissant une porte de sortie au Docteur et Steven au tout dernier moment (il valait mieux pour eux !) en laissant derrière la jeune fille que Steven voulait protéger. Une bonne manière de revenir sur la règle d’or du Docteur de ne pas intervenir dans l’Histoire. Règle qui passe en travers de la gorge de l’impétueux compagnon, qui décide de quitter le TARDIS pour en finir avec ces rencontres de gens qui mourront inévitablement sans qu’il ne puisse rien faire. Le Docteur se retrouve ainsi seul, dépouillé de sa garde et entre dans une complainte…jusqu’à ce qu’une jeune fille étrangement volontaire, Dodo, arrive dans le TARDIS pour prévenir la police d’un accident. Steven fait aussi marche arrière. Nous arrivons donc en l’espace d’une minute de zéro à deux compagnons.

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Les bars parisiens : lieu de rencontre entre jeunes filles perdues, huguenots et voyageurs temporels anglais.

N :  6

IM :  5

 

2-09 The time meddler

2-09 The time meddler
De Dennis Spooner (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

C’était couru d’avance. Steven Taylor avait bien fui la planète Mechanus en trouvant refuge dans le TARDIS. A peine remis de leur séparation de Ian et Barbara, Vicki et le Docteur débusquent le passager clandestin. Bien lavé et rasé, l’astronaute terrien captif des Mécanoïdes peut se remettre de ses émotions et questionner la qualité de vaisseau temporel du TARDIS. Pas pour longtemps, car tous ont atterri en 1066 dans le Northumberland, alors qu’une bataille historique entre vikings et Saxons menace de faire rage. Tandis que ses compagnons parviennent à survivre aux Saxons, le Docteur est kidnappé par un étrange moine.

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Retour aux commandes de Dennis Spooner pour clore cette saison 2, comme il l’avait fait pour la 1. On peut néanmoins regretter que le ton comique des Romains n’ait pas fait fureur. Nous revenons à quelque chose de plus sérieux, dans le style de son épisode sur la Terreur. Toute proportions gardées car ces quatre épisodes se suivent avec nettement plus de plaisir, évitant de sombrer dans les répétitions de la première saison. Steven Taylor se montre astucieux et laisse entrevoir un goût marqué pour l’aventure. Il y’a une belle alchimie / complémentarité entre le nouveau et Vicki, toujours autant attachée au Docteur et au TARDIS. Fait inédit dans le relaunch : Le Docteur se retrouve avec deux compagnons du futur qui auront moins l’air de tomber des nues lors des voyages et qui n’ont guère d’attache à leur époque.

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Vicki et Steven. Deux compagnons du futur déjà complices.

Pour l’heure, l’intérêt se porte sur le fameux moine, qui n’est rien d’autre qu’un congénère du Docteur qui a emprunté un TARDIS de modèle 4 (!) plusieurs dizaines d’années après la fuite du Docteur. Mais celui-ci voyage pour modifier l’Histoire (donner des outils à De Vinci, aider à construire Stonehenge…) et il compte bien faire son gros coup en coinçant les Vikings aux côtes de Northumberland, empêchant ainsi les armées du roi Harold d’être dépassés au sud et de perdre la bataille de Hastings contre Guillaume Le Conquérant. Vaste programme de cet ancêtre du Maître, qui sera heureusement déjoué à temps, tandis que celui-ci sera assigné à résidence à cette époque charnière de l’Histoire anglaise. Pendant ce temps, nos voyageurs temporels voguent vers une belle saison 3 !

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Le time meddler, one shot ou première incarnation du Maître?

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 7/10

 

A suivre…

2-06 The Crusade

2-06 The Crusade
De David Whitaker (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Dès leur arrivée en Terre Sainte à l’époque des croisades, le Docteur et ses trois compagnons sont pris dans une embuscade impliquant les forces du sultan Saladin et celles du roi Richard Cœur de Lion. Enlevée pour être livrée au sultan, Barbara rencontre Sir William Des Preaux, chevalier anglais capturé à la place de son roi pour tromper l’ennemi. Elle accepte d’entrer dans son stratagème, qui ne mettra pas longtemps à être démasqué par le sultan. Pendant ce temps, le Docteur, Ian et Vicki ont rejoint Richard Cœur de Lion, qui finit par les envoyer en émissaire pour libérer Barbara et Des Préaux. Mais un vile marchand l’a déjà kidnappée pour la livrer au cheikh El Akir.

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Richard Coeur de Lion

Le scénariste de Inside the spaceship et the rescue, s’essaye à un épisode historique. Cela donne un arc plutôt bon, agréable malgré la moitié des épisodes en reconstitué. On y suit autant le point de vue de Richard Cœur de Lion que celui de Saladin, ce qui confère une certaine modernité à la vision des Croisades. Le Docteur se fait bien évidemment un défenseur de la Paix, privilégiant le mariage de Joanna, la sœur de Richard Cœur de Lion avec Saphalin, le frère de Saladin. Mariage qui pourrait apporter le rapprochement des peuples, mais finalement une belle illusion eut égard à l’Histoire.

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Le Sultan Saladin et son frangin.

Séparés lors de cet arc, Ian et Barbara ont gagné suffisamment de capital sympathie pour que leurs histoires respectives puissent tenir en haleine. Barbara doit fuir le bad guy de l’arc, El Akir. Adoubé chevalier de Jaffa par Richard Cœur de Lion, Ian part à sa rescousse, se risquant à subir un beau supplice de la fourmi. Vicki semble ne plus vouloir quitter le Docteur, y compris pour devenir dame de compagnie de la sœur du roi. Il faut dire qu’elle n’a nulle part où aller.

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Instant tendresse entre Vicki et le Docteur

Note de l’épisode (N)  : 7/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10

La bibliothèque de la BBC conserva la copie du troisième épisode « The Wheel of Fortune », mais les impressions du premier segment, « The Lion », furent effacées en 1972. Une copie de cet épisode fut retrouvée en 1999 dans la collection d’un amateur de films en Nouvelle-Zélande. Les épisodes 2 et 4 ont été intégralement reconstitués.

2-02 The Dalek Invasion of Earth

2-02 The Dalek Invasion of Earth
De Terry Nation (6 épisodes)

Réalisation : Richard Martin

Le Docteur et ses compagnons atterrissent à Londres…en 2164. En un rien de temps, Susan se pète la cheville et le TARDIS est coincé sous les débris d’un pont dont l’équilibre était précaire. La routine quoi… Partis en reconnaissance, Le Docteur et Ian font le triste constat que les Daleks ont envahi la Terre (d’où le titre de l’épisode). Susan est capturée par d’étranges londoniens qui ont formé une Résistance, et bientôt rejointe par Barbara. Parmi ces combattants de la liberté, un scientifique bien décidé à tester sa super bombe contre les Dalek, un jeune Résistant intrépide et sosie foireux de Michael Palin, qui ne rendra pas Susan indifférente, et une jeune femme très cynique. La lutte finale peut commencer.

ImagePhoto de vacances de Dalek. London Baby!

Dalek Invasion of Earth est un arc écrit par Terry Nation, papa des Daleks et auteur du meilleur épisode de la première saison, donc il y’a déjà un bon a priori. Et puis c’est un petit événement, car nous assistons à la première invasion terrestre des affreux de la planète Skaro, contenant un peu du charme de la SF 50’s (version intimiste, sans les scènes de liesse et destructions à grande échelle) et quelques germes des épisodes d’invasion de Russell T. Davies, le tout dans un univers post-apo minimaliste, manque de budget oblige. L’invasion fait suite à une pluie de météorites et à une peste qui décima la population, une aubaine pour les Daleks. Lorsque le Docteur et ses compagnons débarquent, ils ont conquis la planète et se servent d’hommes robots asservis à leur cause, des sortes de cybermen contrôlés par un casque. Ils emploient aussi de la main d’oeuvre humaine pour atteindre le noyau terrestre et tout faire exploser.

ImageRock’n Roll, Barbara pète la gueule aux Daleks dans son camion.

Les six épisodes de l’arc passent bien, en dépit de l’aspect sérial étiré qui perdure. Terry Nation en profite pour introduire le parallèle entre les Dalek et l’invasion nazie. On plonge dans la Résistance anti-Dalek mais on a aussi l’occasion de voir des collabos, des attentistes, des hommes sans foi ni loi typiques des post-apo. Dalek invasion of Earth propose une poursuite dans un Londres vide à la 28 jours plus tard avec nos poubelles sur roues (comme les appelle Dortmun, le scientifique) , une partie d’écrasage de Dalek avec un gros camion, un monstre Dalek, un Dalek Supérieur, de nombreuses choses plus intéressantes que l’issue du conflit, qui est bien anecdotique. Le véritable événement de cette fin d’arc est le départ de Susan, qui a trouvé l’amour auprès de David, l’un des résistants. Le premier adieu du Docteur à un compagnon sera donc pour sa petite-fille. Alors que Susan se refuse à quitter son grand-père, celui-ci lui ferme les portes du TARDIS, lui expliquant qu’elle a besoin de se poser dans un monde précis et de faire sa vie, car notre poids mort préféré est devenue une femme! Un discours très digne pour un final plus émouvant qu’on ne l’aurait soupçonné.

Goodbye Susan!

Note de l’épisode (N)  : 6/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 8/10

1-04 Marco Polo

1-04 Marco Polo
De John Lucarotti (7 épisodes)

Réalisation : Waris Hussein & John Crockett

Bonne nouvelle ! Ce Marco-Polo est en couleur. Moins bonne nouvelle. L’épisode a été détruit par la BBC à la fin des années 60. Procédé classique de la chaîne qui coûta la vie à presque l’intégralité de la saison 1 de chapeau melon et bottes de cuir et nous aurait privé des épisodes du Monty Python’s flying circus si les six génies n’avaient pas copié en douce les bandes pour stocker dans la cave de Terry Jones. Ca nous donne un épisode reconstitué à partir de photos (en couleur) et des bandes sons de l’époque. Un visionnage surréaliste qui vit se succéder parfois les mêmes photogrammes sur plusieurs minutes avec des sons bizarres et décalés en fond (Susan rit sur la photo et on l’entend hurler en fond) et ce sur sept épisodes de 23 mn. Il n’en demeure pas moins que ce Marco Polo est intéressant dans sa première moitié.

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Le Docteur et ses trois compagnons atterrissent sur le toit du monde en 1298. Ils ne tardent pas à rencontrer le grand explorateur Marco Polo, qui souhaite offrir au Khan le TARDIS, un bien inestimable (une caravane qui vole pensez-vous…), afin de pouvoir se défaire de son service et regagner l’Europe. Il embarque donc les quatre dans un périple à travers le désert, sans se douter que Tegana, un traître mongol, a juré leur perte. On retrouve dans ce deuxième épisode du passé toute la vocation éducative de la série. L’adolescente accompagnée de ses deux profs (compagnons initiés) et d’un membre de sa famille (Le Docteur, qui ne sert encore une fois qu’à être malade) voyagent à travers le temps pour immerger le jeune spectateur dans l’Histoire et en profiter à l’occasion pour apprendre des choses sans s’en rendre compte (que les Hashashins amènent le terme assassin par exemple). L’idée ingénieuse est de faire témoigner le personnage historique sur la présence des intrus, de laisser de temps à autre Marco-Polo faire le récit de son aventure avec ces gens venus d’ailleurs. Ainsi ils sont incorporés à ses récits et à l’Histoire par un point de vue extérieur et les voyages permettent de s’améliorer en géographie de l’époque. Malins va !

Tout se gâte à l’épisode 4. Après avoir mis bien du temps à passer des soupçons à la certitude, ce quatrième épisode se résume à prouver à un Marco Polo un peu neuneu que le grand guerrier mongol Tegana lui veut du mal. Le problème est que l’intrigant pourrait parader avec une fanfare en dévoilant son plan à Marco qu’il lui ferait encore confiance, alors on tire la manche (à défaut du polo) de Marco d’un coté et de l’autre pendant un trois quart d’épisodes jusqu’à ce que Tegana gagne. Content de lui, le grand chef de guerre s’autorise des apartées de satisfaction qui n’auraient pas déparées dans Astérix et Cléopatre. En live, c’est une autre paire de manches. Les derniers épisodes sont très laborieux, poursuivant le jeu du chat et de la souris avec le Tegana, envoyant de temps en temps Ian sauver une des femmes qui se perd (…). Un des climax voit le petit fils de Gengis Khan et le Docteur comparer leurs rhumatismes et s’affronter au backgammon pour le TARDIS (le Doc trouve encore le moyen de perdre). L’autre consiste à voir Ping Cho, la jeune copine de Susan qui les suivait et qui était promise à un vieux ne pas l’épouser au final, le tout étant expédié en une scène sans avoir même vu le type en question. Pas fameux.

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– Incroyable! On est tous les deux vieux et on a tous les deux mal au dos!

Note de l’épisode (N)  : 4/10

Note d’intérêt dans la mythologie de la série (IM) : 3/10

 

De cet arc, il ne reste que la bande sonore, ainsi que des photos en noir et blanc ou couleurs tirées du tournage (photosnaps) conservés par le réalisateur Waris Hussein. La 4ème partie, tournée par John Crocker, est par conséquent vide de toute image, les quelques telesnaps diffusées dans les reconstitutions sont pour la plupart du temps des photomontages.