17-03 The Creature from the Pit

17-03 The Creature from the Pit

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Un signal de détresse identifié par le TARDIS conduit le Docteur, Romana et K9 sur la planète Chloris. Au milieu d’une végétation dense, ils découvrent une coquille géante, puis sont capturés par des Wolfweeds (des sortes de choux verts qui asphyxient leur proie) et les hommes de Lady Adrasta. Cette dernière dirige la société matriarcale de Chloris et possède la seule et unique mine de métal, denrée très rare sur la planète. Des parias qui ont capturé Romana lorgnent logiquement sur K9, qui parvient à la libérer in extremis. Le Docteur plonge quant à lui dans le mystérieux trou contre lequel Lady Adrasta l’avait mis en garde. Il y rencontre l’astrologue facétieux Organon ainsi qu’un monstre énorme qui sème la terreur dans les profondeurs. Pendant ce temps, Lady Adrasta soutire des informations à Romana sur le TARDIS et ordonne de désosser K9 pour récupérer le précieux métal. Ils finiront tous dans les sous-sol à la recherche de Four pendant que celui-ci tente de communiquer avec la bête.

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Comment t’expliquer avec une roue que tu surjoues complètement.

La créature du Trou est en fait un alien qui était venu proposer un accord d’échange avec Chloris : Le métal que son espèce pouvait produire en masse contre la végétation qui manquait sur sa planète. Mais Adrasta refusa qu’il leur fournisse le métal, car le monopole qu’elle détenait asseyait son pouvoir sur Chloris. Un communicateur permettra heureusement à l’alien de restaurer le dialogue à travers les gens et de faire payer la méchante femme. The Creature from the Pit est un arc moyennement convaincant qui étale laborieusement sur quatre épisodes le suspens de l’identité du sac poubelle géant qui roule sur les gens pour les tuer… Le dernier épisode focalise l’action sur une riposte de la planète de l’alien contre Chloris à l’aide d’une étoile à neutron (on ne se refuse rien !). Si cette menace finale fleure le remplissage, elle relance néanmoins l’intérêt.

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Confusion. Le Docteur pratique une fellation sur un sac poubelle géant.

En dehors de la créature un brin gênante, l’arc a le désavantage d’être le premier de la saison dans l’ordre de production, ce qui explique l’approximation dans le jeu de Lalla Ward, qui a visiblement du mal à trouver le ton de sa Romana. K9 trouve de son côté un nouveau doubleur, David Brierley, qui lui confère une voix d’anglais pédant à cent lieues du timbre métallique qui le caractérisait si bien. Enfin, le personnage d’Adrasta est si horripilant qu’on voudrait bien lui décocher une baffe à chaque fois qu’elle prononce le mot « shell » (une bonne cinquantaine d’occurrences dans l’arc). The Creature from the Pit comporte néanmoins quelques idées neuves : Parmi elles ce communicateur confisqué qui permet de garder captif l’alien, une méthode qui sera reprise bien plus tard, pour la mise en esclavage des Oods sous le dixième Docteur.

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Shell shellshellshell shell shellshell shell shell shellshellshell

N : 5

IM : 3

17-02 City of Death

17-02 City of Death

De David Fisher, Douglas Adams & Graham Williams (4 épisodes)

Réalisation : Michael Hayes

Le Docteur et Romana font les touristes dans le Paris contemporain. En visite au Louvres, le Docteur se rend compte que la comtesse Scarlioni possède un bracelet extraterrestre qu’elle a dû utiliser pour scanner les systèmes de sécurité. Il le lui subtilise. Les deux Time Lord sont alors poursuivis par le détective Duggan, que le musée a chargé d’enquêter secrètement sur le comte Scarlioni et sa femme, qui pourraient bien être amenés à voler la Joconde dans un futur prochain (le comte a déjà mis sur le marché nombre de tableaux volés). A peine les a-t-il attrapés qu’ils sont tous les trois enlevés par les nervis du comte. Derrière ses allures d’homme cultivé, Scarlioni effectue des expériences dans son grenier qui semblent agir sur l’espace-temps. Il se révèle être Scaroth, le dernier de la race des Jagaroths, espèce éteinte depuis quatre cent millions d’années. Se posant sur la Terre, le vaisseau de Scaroth explosa et des versions de lui furent dispersées sur Terre à différentes époques. Sa version de 1979 (le comte Scarlioni donc) détient dans ses appartements sept copies de Mona Lisa effectuées par Leonard de Vinci en 1605 sous l’ordre du Capitaine Tancredi, une des copies de Scaroth. Le Comte compte vendre les sept copies après avoir subtilisé l’original au Louvres, puis utiliser cet argent pour construire une machine à remonter le temps. Mais empêcher l’explosion originelle pourrait tuer toute vie sur Terre.

ImageC’est officiel. Paris est la destination numéro 1 dans le guide du routard galactique

Difficile de résumer City of Death tant cet arc comporte de développements scénaristiques, tous aussi passionnants et nécessaires à la compréhension de l’histoire. Le script de départ de David Fisher (scénariste de Stones of Blood et Androids of Tara) contenait une grande partie des éléments de l’arc ( la Joconde, le détective, l’alien ) , mais se déroulait en 1928 et en partie à Monte-Carlo . Williams et Adams durent le stabiliser dans le Paris de 1979 pour limiter les coûts et se passer de K9 pour les mêmes raisons. Nous avons néanmoins le droit à une virée du Docteur en 1509 chez Léonard De Vinci et à une visite quatre cent millions d’années plus tôt, alors que la vie allait naître sur notre planète. Le Docteur, Romana et Duggan doivent empêcher le comte d’interrompre l’explosion de son vaisseau car c’est précisément cette explosion qui a créé la première vie sur Terre. Un développement inattendu et un peu hors de proportion qui passe comme une lettre à la poste, tant ce qui précède est admirablement écrit et prenant.

ImageLe comte sans le maquillage. Le secret de la jet set révélé.

City of Death jongle habilement entre différents lieux et différents protagonistes. Le scénario parvient à conjuguer le film de casse, le récit de détective Holmésien (qui eut une pareille aventure à Paris), la S-F chère à Four, un coté totalement décomplexé dans les déplacements temporels et un humour fin principalement basé sur les personnages (probablement l’apport d’Adams). Cet humour ne fut pas très bien accueilli par les spectateurs de l’époque, comme ce fut déjà le cas pour les premiers épisodes humoristiques de Dennis Spooner, mais il fit gagner ses galons à l’arc au fil du temps. Le personnage de Duggan, détective anglais qui aime foncer dans le tas et casser du verre, apporte la dimension humaine nécessaire à une aventure dans laquelle cohabitent deux civilisations beaucoup plus avancées. Pour ne rien gâcher, John Cleese fait un caméo hilarant dans le rôle d’un spectateur admirant le TARDIS exposé comme pièce de musée, avant que les trois n’embarquent illico presto et qu’il se dématérialise (^^). Moderne et diablement original, cet arc ne comporte aucun défaut. Seule la vision très « touriste anglais » de Paris sautera aux yeux des parisiens qui regarderont l’épisode, mais les déplacements au coeur du Paris de la fin des années 70 est suffisamment instructive pour passer dessus.

1702C

C’est un coup de poing normal pour Duggan, mais un coup de poing de géant pour l’humanité

N : 9

IM : 6

Saison 17 (1979-1980) / 17-01 Destiny of the Daleks

17-01 Destiny of the Daleks

De Terry Nation & Douglas Adams (4 épisodes)

Réalisation : Ken Grieve

Comment la princesse Aastra a-t-elle pu pénétrer dans le TARDIS ? La réponse est simple. Ce n’est pas Aastra mais Romana qui a opéré une régénération hasardeuse (on ne sait trop pourquoi) et a pris l’apparence de la princesse-clé. Le Docteur n’apprécie pas car on ne prend pas la peau d’une personne qui existe déjà, c’est pas très légal tout ça. On ne va pas lui dire qu’il s’assiéra lui aussi sur cette règle en ressemblant comme deux gouttes d’eau au romain Caecilius lorsqu’il entamera son nouveau cycle de régénération dans un village nommé Christmas. La nouvelle Romana est plus facétieuse (elle s’essaie à différentes incarnations devant le Doc. Comment ça c’est possible ?), moins sophistiquée, bien que gardant toujours l’attitude professionnelle et réfléchie que Mary Tamm avait bien su développer. Cette dernière quitta la série car elle reprochait au rôle de ne pas pouvoir être plus qu’une simple assistante. La toute mignonne Lalla Ward pourrait être un juste compromis entre la Time Lady et un type de compagne plus surprenante.

ImageExterminate Romanadvoratrelundar

Cette saison 17 voit l’arrivée de Douglas Adams en tant que script editor suite au sympathique arc qu’il avait scénarisé la saison précédente. Le père de H2G2 déroule le tapis rouge à Terry Nation pour le grand retour des Daleks – qu’on n’avait point revus depuis le très bon Genesis of the Daleks. Un tapis pas si rouge que ça car l’arc fut presque intégralement réécrit par Adams, convaincant Terry Nation qu’on ne l’y reprendrait plus à écrire pour Doctor Who. Le dernier arc du créateur des Daleks a dû pourtant beaucoup gagner de ces réécritures car il n’a pas hérité des longueurs de beaucoup d’arcs de Terry Nation. L’histoire est très simple : Les affreux de Skaro sont en guerre depuis des siècles contre les Movellans, une espèce de robots humanoïdes, sans qu’aucun des deux camps ne puisse faire la différence. Voyant leurs limites dans ce conflit, ils font un crochet par leur planète natale pour ressusciter leur créateur Davros qui détient seul la solution à l’upgrade qui leur donnerait l’avantage. Mais les Movellans les talonnent de près. Le Docteur et Romana se retrouvent coincés au milieu du conflit avec un équipage d’humains utilisés comme force de travail par les Daleks. Alors que Davros reprend les rennes du destin de sa création, les Movellans retiennent Docteur et Romana pour leur soutirer eux-aussi cet avantage.

ImageDavros returns, ça c’est fort de café.

Dans une belle ironie du sort, il s’avère que c’est la logique qui bloque les deux camps et que le camp vainqueur ne peut être que celui qui parviendra à surprendre son adversaire en agissant n’importe comment…un peu comme le Docteur. Douglas Adams se débrouille très bien dans l’écriture de Four et parvient à rendre de beaux moments entre lui et sa compagne, comme cette scène de pierre / papier / ciseaux qui sonne décalée tout en servant admirablement le scénario. Le look disco tape à l’œil des Morvellans n’est pas du meilleur goût, il y’a des erreurs dans la caractérisation des Daleks (à la fois trop passifs et trop logiques) et on regrettera de ne pas voir K9 affronter les affreux de Skaro (le chien était un enfer logistique sur certains décors), mais Destiny of the Daleks ménage bien ses révélations et nous offre un retour à la hauteur pour les vilains robots. Davros finira cryogénisé, sans doute dans l’optique de le refaire rouler dans de prochaines aventures.

ImageWhoo whooo who. Let’s all chant!

N : 7

IM : 8

16-06 The Armageddon Factor

16-06 The Armageddon Factor

De Bob Baker & Dave Martin (6 épisodes)

Réalisation : Michael Hayes

A la recherche du sixième segment de la Clé du Temps, le Docteur, Romana et K9 se matérialisent sur Atrios, planète en guerre avec sa voisine Zeos. Le mégalomane Maréchal d’Atrios prépare des représailles et enferme la princesse Astra d’Atrios derrière un mur infranchissable pour avoir le champ libre. Immédiatement repérés, le Docteur et Romana sont amenés au Maréchal qui décide de les exécuter pour le meurtre d’un soldat. Puis après s’être regardé dans le miroir comme il le fait à chaque moment de réflexion, il change son fusil d’épaule et propose à Four d’être son conseiller dans le conflit. Derrière le miroir se trouve en fait l’Ombre, le lieutenant du Gardien noir qui manipule dans…l’ombre tout ce petit monde pour atteindre le Docteur et récupérer les cinq segments qu’il possède. La princesse disparaît dans le monde de l’Ombre. Téléportés sur Atrios par un rayon transmat, K9, Le Docteur, Romana, le major Shapp (second du Maréchal) et le chirurgien Drax, amant de la princesse, découvrent que Zeos n’existe plus et que les opérations de guerre ont été menées par le Mentalis, un puissant ordinateur. Ayant rendu les armes sous l’ordre de l’Ombre, celui-ci projette désormais une destruction mutuelle (l’Armageddon factor du titre) dans le cas où le Maréchal lancerait ses tirs sur Zeos. Le Docteur et Romana doivent utiliser la Clé du temps incomplète pour empêcher ce tir et protéger cette même Clé des ambitions destructrices de l’Ombre.

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Sauron nous regarder de l’autre coté du miroir

Ce fourbe de Gardien noir s’était bien gardé d’intervenir durant cette saison car il attendait que le Docteur et ses compagnons fassent le boulot à sa place. L’Ombre avait repéré l’emplacement du sixième segment sur Zeos et il ne lui restait plus qu’à laisser l’agent du Gardien blanc venir à lui. Les habitués Bob Baker et Dave Martin signent un six-parter mené de main de maître qui comprend tous les ingrédients pour tenir en haleine, et même quelques surprises. The Armageddon Factor bénéficie d’un bon groupe d’acteurs. L’évanescente princesse incarnée par Lalla Ward hante l’arc. L’acteur John Woodvine personnifie avec prestance un Maréchal caractériel foudre de guerre tandis que Davyd Harries, le Major Shap, ajoute une touche comique inattendue à son personnage dans sa collaboration forcée avec le Docteur. La rencontre inattendue avec un autre TimeLord, Drax, apporte un retournement osé qui transporte son lot de questions (un réparateur intergalactique parmi les Time Lord ? Comment peut-il reconnaître le Docteur ? Pourquoi l’appelle t’il Theet ?) mais qui aidera à apporter une résolution satisfaisante au fil rouge.

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Le climax des aventures de l’Ombre

L’autre richesse de la Clé du Temps tient dans son mélange de fantaisie et de space opera qui emprunte beaucoup au Seigneur des Anneaux et incidemment à Star Wars. Comme l’annonçait le premier arc de la Clé du Temps, nous nous retrouvons dans une bataille entre un pouvoir destructeur et un pouvoir de lumière, l’un et l’autre laissant s’affronter leurs lieutenants pour l’occasion. Le Gardien noir ne quittera sa retraite que pour duper le Docteur et Romana par son discours. La glace sans tain que consulte le Maréchal renvoie visiblement au Palantir de Saroumane et les conseils qu’il comptait en tirer ne jouerons finalement que contre lui. Les scénaristes se permettent enfin un petit interlude facétieux dans lequel le Docteur fait croire à sa compagne qu’il est sous l’emprise du pouvoir de la Clé. La surprise la mieux introduite (prévisible mais astucieuse) sera la découverte de la nature  « humaine » du sixième segment de la Clé, qui n’est nulle autre que la Princesse d’Aastra. Une idée proche de celle qui permettra des années plus tard à Joss Whedon de réaliser la meilleure saison de Buffy contre les vampires. Ainsi la quête du Docteur et de Romana leur pose t’elle au final un problème morale réel.

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Quel twist renversant!

Les six arcs de the Armageddon Factor dégagent une atmosphère noire parfaitement en accord avec le personnage de l’Ombre, qui mène le jeu sur à peu près toute sa durée. Aussi ridicule soit sa fin, elle n’enlève rien au charisme du personnage. Le scénario est truffé d’idées sympathiques telle cette boucle temporelle censée retarder le tir du Maréchal et qui ne cesse de s’élargir. Les effets spéciaux et les maquettes de vaisseau sont agréablement convaincants et la bande originale soutient bien le suspens. K9 est très bien utilisé, d’abord comme contact avec le Mentalis, puis comme agent de l’ennemi et enfin comme chien de Troie (!) qui introduit les versions du Docteur et de Drax miniaturisées dans le QG de l’Ombre. Le Docteur et Romana ont finalement accompli leur mission et partent vers de nouvelles aventures totalement imprévisibles, pesant sur eux la menace d’un Gardien noir qui l’a eu mauvaise pour le coup.

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My precious !!!

N : 8

IM : 6

COMING SOON

16-05 The Power of Kroll

16-05 The Power of Kroll

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : Norman Stewart

Le Docteur et Romana cherchent le cinquième segment de la clé du temps sur la troisième lune de Delta Magna. Romana ne tarde pas à se faire capturer par les Swampies, indigènes locaux qui s’empressent de l’offrir en offrande à leur dieu, le monstre géant Kroll. Les marécageux se préparent pour une guerre avec les hommes venus de leur planète d’origine en acceptant les armes du commerçant Rohm-Dutt, en réalité un agent envoyé par l’ennemi. Non loin de là dans une raffinerie créée pour pomper le méthane de la planète, les dits-ennemis attendent que les indigènes s’arment pour les abattre à vue. Alors que le Docteur parvient à sauver Romana de l’horrible danse des Swampies, Kroll sort de son sommeil et entame un carnage qui verra tomber les indigènes en masse. Le Docteur ne tarde pas à comprendre que le cinquième segment est à l’intérieur du monstre.

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Le Docteur, Romana et un vendeur d’armes suppliciés par des écolos.

The Power of Kroll est issu de la volonté du script-editor Anthony Read de réduire l’humour très présent dans les précédents épisodes et de dégoter le monstre le plus impressionnant de l’histoire de Doctor Who. Kroll n’est pourtant pas une très grande réussite en dépit d’un design qui aurait pu mener à quelque chose de plutôt effrayant. Il est même bien plus efficace lorsque son immensité est suggérée par ses tentacules qui emportent les pauvres victimes qui osent bouger. L’histoire est basique et effectivement trop premier degré. Il ne se détache comme fantaisie que le cri poussé par le Docteur pour se dépêtrer d’une méthode de sacrifice lente et fort hasardeuse. Les acteurs peints en vert sont peu convaincants et souvent attentistes tandis que l’action se déroule au premier plan. On aura néanmoins le plaisir de retrouver parmi les premiers rôles Philip Maddoc qui jouait entre autres rôles le War Lord dans The War Games et John Abineri, le général Carrington de The Ambassadors of Death.

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Aucun géant vert pour affronter Kroll. La bataille est perdue d’avance.

John Leeson, la voix de K9 est également de la partie dans le rôle de Dugeen, le raffineur sympathisant des marécageux. Un rôle qui lui fut confié pour compenser l’absence du chien robot de cet arc. A l’image de cette saison, the Power of Kroll n’est pas désagréable à suivre, mais aurait gagné à s’étendre un peu plus sur son intrigue fil rouge. Alors que la quête de la clé du temps en est à son avant-dernière aventure, il n’y a toujours pas eu de manifestation claire du Gardien noir, ni de véritables développements la concernant si l’on excepte les mésaventures annexes de chaque arc. Espérons que le dernier volet saura se montrer plus généreux.

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John Leeson, l’homme derrière K9

N : 6

IM : 4

16- 04 The Androids of Tara

16- 04 The Androids of Tara

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Michael Hayes

Romana met le cap sur la planète Tara où se trouve vraisemblablement le quatrième segment de la Clé du Temps. Le Docteur lui confie la mission de la ramener seule, comptant profiter d’un repos mérité à pêcher le poisson. Alors qu’elle prend possession du segment, la compagne est attaquée par un monstre, puis secourue par le comte Grendel de Gracht qui l’emmène à son château. Elle manque d’y être découpée avant que le comte et sa complice découvrent qu’elle n’est pas un androïde de la princesse Strella qu’ils détiennent prisonnière. A l’aube du couronnement du prince Reynart (promis de Strella), le Comte compte bien le faire chanter pour s’emparer du trône mais l’arrivée de Romana met dans sa tête un tour autre plan. Pendant ce temps, le Docteur est capturé par Zadek et Farrah, les chevaliers de la garde de Reynart et conduit à la demeure du prince. Celui-ci finit par le recruter pour réparer un androïde destiné à berner Grendel afin que le couronnement se déroule comme prévu. Le Docteur parvient à rendre le robot opérationnel, mais Grendel fait irruption après avoir endormi ce petit monde et enlève le prince.

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Groark!

The Androids of Tara poursuit le fil rouge saisonnier de la Clé du Temps sans pour autant s’appesantir sur celle-ci, qui demeure comme les trois précédents arcs un prétexte à une intrigue différente. Le Docteur et ses compagnons débarquent sur une planète qui ressemble un peu trop à notre Moyen-Age féodal pour être honnête et se trouvent au centre d’intrigues politiques ourdies pour succéder au trône. La seule originalité qui tranchera avec un simple épisode du Moyen-Age sur Terre est l’existence d’androïdes. David Fisher les utilise pour nourrir le jeu du comte et la défense du prince sans développer au-delà d’une phrase les conditions qui ont amené leur coexistence avec ces humains qui nous ressemblent tant. Il faudra se contenter de suivre les intrigues de cette mini-cour qui ne sont pas dénuées d’intérêt grâce à un Docteur survolté et de bons acteurs, Peter Jeffrey qui interprète le comte en tête.

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Romana coincée dans un épisode de Games of Androids

Mary Tamm suit William Hartnell et Patrick Troughton dans la tradition des doubles rencontrés à d’autres époques et se paie même le luxe d’incarner deux androïdes copies de la princesse. Elle prend peu partie de ces occasions de s’évader de son personnage, abordant chacun de ces rôles avec le stoïcisme altier de Romana. The Androids of Tara comporte de beaux moments : Les incursions de K9, le dialogue entre Romana et son sosie ou un duel à l’épée entre Grendel et le Docteur. Il pêche malheureusement par son manque d’ambition et la volonté de ne pas offrir à un épisode aussi classique une incursion du mystérieux Gardien noir, ce qui aurait un peu brisé la monotonie. Le rythme est néanmoins plus soutenue que la saison précédente.

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Un roi qui nécessite de la maintenance

N : 6

IM : 3

16-03 The Stones of Blood

16-03 The Stones of Blood

De David Fisher (4 épisodes)

Réalisation : Darrol Blake

Sur la trace du troisième segment de la Clé du Temps, le Docteur et ses compagnons se rendent sur la Terre à notre époque, plus exactement sur le site des Cornouailles où sont disposés les « neuf voyageurs », neuf menhirs dont l’ancienneté daterait de 2000 ans avant J-C. Ils y rencontrent le Professeur Amelia Rumford et Viven Fay, son assistante. Le Docteur se retrouve très vite dans le viseur d’une secte druidique dont le leader DeVries habite un ancien couvent, et il manque de se faire sacrifier à la déesse celtique Caillehach. Le zèle de DeVries ne le protégera pas, puisqu’il sera vidé de son sang par une pierre géante (!). Caillehach est en réalité l’assistante Vivien Fay, criminelle intergalactique en vadrouille qui possède le domaine depuis 4000 ans sous différentes identités et contrôles les Menhirs, en réalité des Ogris, extraterrestres qu’elle a enlevé de leurs planètes lors de son évasion. Démasquée, elle transporte Romana dans l’hyperespace au sein d’un énigmatique vaisseau.

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La légendaire hospitalité des celtes

The Stones of Blood célèbre un double anniversaire : La diffusion de son quatrième épisode coïncide grosso modo avec le quinzième anniversaire de la série et il s’agit du centième arc de Doctor Who (et accessoirement, la centième de ces chroniques !). Pour l’occasion, le scénariste David Fisher nous plonge dans des superstitions celtiques qui seront, comme à l’habitude, expliquées par une intervention extra-terrestre sur notre bonne planète. La première partie de l’arc transporte une atmosphère étrange et horrifique qui rappelle celle des films de la Hammer. La seconde partie rebondira sur la science-fiction à travers l’exploitation du concept d’hyperespace (que les Time Lord n’auraient pas dû laisser tomber à leur Académie, car il existe) et l’intervention de Judges Dredds dématérialisés, ceux-là même qui auraient dû juger la criminelle quelques milliers d’années auparavant.

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Pierres qui roulent amassent l’hémoglobine

Après seulement trois arcs, le trio Docteur / K9 II / Romana est sur de bons rails. Le Docteur n’a pas envers sa consoeur Time Lord la condescendance qu’il pouvait avoir envers Leela, ce qui lui permet de prendre de nombreuses initiatives. K9 a un rôle prépondérant au sein de cette aventure, collaborant avec la vieille scientifique Rumford, un élément humoristique bien venu qui permet un peu de légèreté à une histoire à prédominance horrifique (du moins pour l’époque). Le coté absurde des pierres qui sucent le sang s’intègre ainsi beaucoup mieux à l’histoire, tout comme l’intervention de ces juges lumineux qu’on n’aurait pas pu voir autrepart que dans Doctor Who. Durant cet arc, Romana est agressée par quelqu’un qui a pris l’apparence de Four. Serait-ce Gardien noir dont le scénariste a tenu à nous rappeler l’existence au début du premier épisode ? Probablement, car la quête des Clés à moitié complétée, on pourrait s’attendre à ce qu’elle occupe plus de place dans les prochains épisodes.

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Sur cette image se trouve le troisième segment de la Clé du Temps.

N : 6

IM : 4

16-02 The Pirate Planet

16-02 The Pirate Planet

de Douglas Adams (4 épisodes)

Réalisation : Pennant Roberts

Le Docteur, Romana et K9 II partent à la recherche du deuxième segment de la Clé du Temps sur la planète Calufrax, mais ils se matérialisent sur une autre planète, Zanak, qui a mystérieusement pris les coordonnées de celles-ci. Romana est arrêtée par la police locale et transportée jusqu’au Capitaine, un chef de gouvernement aux allures de pirate qui semble très mal gérer ses pulsions d’homicide. Le Docteur fait la rencontre d’une famille locale et apprend que la richesse réapparaît comme par magie sur cette planète. Alors qu’il aide le fils dans un état critique, ils sont attaqués par les Mentiads, un groupe de télépathes qui kidnappent le fiston, qui est en fait un des leurs. Ayant rejoint le pont de commandement du Capitaine pour libérer Romana, Four découvre que le Capitaine a le pouvoir de téléporter Zanak sur n’importe quel planète afin d’exploiter ses ressources minières, ce qu’il a fait avec la planète Calufrax. Les Mentiads s’organisent pour combattre le Capitaine alors que ses forces se dirigent vers la Terre pour exploiter le quartz.

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The Pirate Planet est écrit par Douglas Adams, l’auteur du Guide du voyageur galactique (alors en gestation) et du feuilleton radio le guide du routard galactique qui l’a précédé. Une plume célèbre qui a été approchée par Robert Holmes avant son succès en 1976, mais fournit un scénario un peu trop cher pour le budget de la BBC. Même rectifié, le tir vise plutôt bien avec un épisode original et bien scénarisé. Si l’humour est moins présent que dans H2G2 , les relations entre le Docteur et Romana sont beaucoup plus dynamiques et les personnages typés (en premier le Capitaine pirate et son perroquet fatal) instillent un décalage comique plaisant à l’aventure. L’idée du déplacement de planète est ingénieuse et on la retrouvera d’ailleurs dans la saison 4 de la nouvelle série. L’arc jongle par ailleurs avec une multitude de concepts scientifiques dont une application assez jusquauboutiste de la théorie de la relativité qui fait sortir le Docteur de ses gonds.

ImageLe Capitaine et son impitoyable perroquet règnent en tirant

De manière plus terre à terre, la planète Zanak s’assimile à une puissance impérialiste qui pillerait les ressources des territoires qu’elle a conquis. La couleur rouge de l’uniforme du pirate laisse peu de doutes quant au rapprochement avec l’ancien empire britannique, d’autant plus que nous découvrons que la personne qui tire les ficelles de la conquête est la vieille reine Xanxia qui a trouvé le moyen de s’incarner dans un corps plus jeune pendant qu’elle suspend indéfiniment l’heure de sa mort. La Reine a trouvé un moyen de contrôler physiquement son Général, mais celui-ci est moins passif qu’on ne le penserait. Ses multiples colères ne sont qu’un jeu qui dissimule un plan ingénieux pour la mettre en échec. Le rôle des télépathes serait celui d’une une sorte de balance qui maintiendrait le souvenir des planètes exterminés afin de leur rendre justice. Les multiples retournements de situation de The Pirate Planet sont parfaitement assimilés au scénario et les suspens sont habilement distillés. La quête du deuxième segment ne paraît alors qu’une justification du voyage et non une fin en soi.

Image Les télépathes peu bavards de la planète Xanax

N : 7

IM : 5

Saison 16 (1978-1979) / 16-01 The Ribos Operation

16-01 The Ribos Operation

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : George Spenton-Foster

The Ribos Operation est la première partie d’un fil rouge dans lequel le Docteur se voit confier une mission par le Gardien Blanc, un Time Lord visiblement influent. Il devra retrouver les six segments de la Clé du Temps répartis à plusieurs endroits de l’Univers. Fin réunis, ces segments rassemblés pourront permettre de rétablir la balance du temps à un moment critique qui est selon lui, très proche. Après l’avoir informé de se méfier de son opposé, le Gardien noir, il donne au Docteur un localisateur et lui annonce qu’il sera accompagné d’une assistante. Le premier contact avec la Time Lady Romanadvoratrelundar, tout juste sortie de l’université n’est guère concluant, mais la mission ne peut attendre. Les deux Gallifreyiens accompagnés de la nouvelle version de K9 (construite par le Docteur entre les deux saisons) atterrissent sur Ribos, un monde obscurantiste dans lequel le premier segment serait caché. Ils font la connaissance de deux escrocs, Garron et son assistant Unstoffe, qui sont bien décidés à vendre la planète au Graff Vynda-K, tyran exilé, en lui faisant croire qu’il existe une mine de Jethrix, un des métaux les plus précieux de l’Univers. Les deux complices détiennent un morceau de ce Jethrix, derrière lequel se dissimule en fait le premier segment de la Clé du Temps.

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Le Gardien blanc. What else.

Sous le patronage de Graham Williams qui souhaitait depuis quelques temps que la série possède un fil rouge et que le Docteur devienne une sorte d’agent des Time Lords, Doctor Who s’oriente vers une nouvelle direction : celle de la quête d’objets précieux qui avait déjà été exploré dans le très bon arc Keys to the Marinus. Si l’intrigue se pose comme un Pré-Dragon Ball (6 clés du temps / 7 boules de cristal), elle prend avant tout modèle sur le Seigneur des Anneaux. Difficile de ne pas voir dans l’objet la représentation du pouvoir de l’anneau et dans l’opposition annoncée du gardien blanc et du gardien noir l’opposition entre Gandalf le blanc et Sauron. Une référence classique déjà à l’époque, dans laquelle Star Wars ne s’est pas privé de piocher. Cet emprunt évident mis à part, le nouveau fil rouge semble bien parti pour recentrer l’intérêt de la série en proposant un peu plus de fond que des conflits de classe au sein de mondes trop importants pour le budget de la série. L’opposition entre Romana, la jeune Time Lady et le Time Lord expérimenté qu’est le Docteur pourrait apporter un peu de sel aux arcs futurs. Les relations de Romana et du nouveau K9, qu’elle considère au départ comme un simple ordinateur, peuvent également évoluer vers quelque chose d’intéressant.

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Le Docteur et Romana. Le respect des aînés n’est plus ce qu’il était.

L’aventure sur Ribos se concentre sur des personnages pour la plupart bien écrits et interprétés, en particulier le tyran théâtral incarné par Paul Seed. En ne cherchant pas l’action à tour prix, Robert Holmes peut se concentrer, comme il a su le faire au début de la décennie, sur cette galerie de personnages et planter le décor de la nouvelle saison avec un certain brio. On ne s’ennuie pas dans ce four-parter introductif, tout comme on ne vit pas d’aventures qui resteront dans les annales de la série. Tom Baker gagne cependant l’occasion de redorer un peu le blason de son Docteur par quelques scènes ingénieuses.

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Le Docteur nargue les gentils escrocs avec sa pierre qui coûte cher

N : 6

IM : 7

15-06 The Invasion of Time

15-06 The Invasion of Time

De David Agnew (Graham Williams & Anthony Read) (6 épisodes)

Réalisation : Gerald Blake

Le Docteur devient président de Gallifrey. On ne l’avait pas vu venir, même si cet arc fait suite aux événements de The Deadly Assassin où il s’était présenté à la présidence pour échapper à la punition qui l’attendait. Bien pressé d’être intronisé, Four fait valoir son titre auprès de Borusa, qui est maintenant passé chancelier. Dès la remise des attributs de Rasillon au Panopticon conformément à la tradition, le Docteur s’évanouit, puis il lance ses gardes contre la pauvre Leela pour qu’elle soit chassée. Ce comportement erratique n’est pas innocent : Une race d’êtres pouvant lire dans les pensées, les Vardans, veulent conquérir Gallifrey en utilisant le Docteur, et celui-ci s’est laissé embarquer en projetant de les détruire de l’intérieur. Alors que Leela parvient à trouver une amie pour s’échapper en territoire sauvage, le Castellan complote avec les Vardans et le Docteur parvient à s’isoler avec Borusa pour lui expliquer son plan.

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Le Président et le chancelier discutent de quelques réformes.

Derrière David Agnew ne se cache pas un petit nouveau, mais le producteur Graham Williams et son script editor du moment, Anthony Read. Ecrit à la va vite pour remplacer un épisode qui aurait coûté trop cher, The Invasion of Time présente néanmoins l’avantage de ramener des têtes connus. Il échoue pourtant à conclure en beauté une saison qui est bien la pire de la série. Même si ce nouveau scénario était un prétexte à réutiliser les décors, Gallifrey a bien perdu en ampleur et en population depuis The Deadly Assassin. Le mystère du début de l’arc réside dans le comportement du Docteur, qui aurait visiblement viré dictateur à la solde de l’ennemi. On ne saurait le croire, même si Tom Baker est diablement crédible en président arrogant et vénal du fait que son Docteur a perdu en quelques arcs presque tout de ce qui le rendait attachant et extravagant. Les errances de Leela permettront d’enrichir la mythologie de Doctor Who en visitant un territoire inconnu de Gallifrey dont les Time Lords auraient peur puisqu’entièrement sauvage. On y voit pourtant qu’un désert sans vie et sans aucune menace.

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Un jelly baby à deux entre le Doc et le futur cheri (pendant 10 secondes) de Leela

L’arc fait ensuite se matérialiser les Vardans qui, de reflets menaçants et insaisissables, passent à de ridicules humains en uniforme. Puis nous découvrons que les Vardans étaient eux-mêmes manipulés par…les Sontarans ! Un retournement de situation bien pratique pour prolonger un four-parter en six-parter. Les attributs du Président de Gallifrey s’enrichiront d’une clé toute puissante qui est l’enjeu de la dernière partie tandis que tout ce petit monde se poursuivra dans le TARDIS. Nous pourrons enfin examiner en profondeur le vaisseau du Docteur pour n’y voir que des décors désaffectés tout ce qu’il y’a de plus terrestre. L’arc s’achève sur un Docteur prêt à prendre les armes pour défendre Gallifrey (mouais…) et par le départ aussi impromptu qu’inapproprié de Leela. L’actrice Louise Jameson aurait souhaité quitter la série, et on ne peut l’en blâmer. En dehors de ses premiers épisodes, son personnage n’aura guère eu le traitement qu’il méritait, jusqu’à ce départ bâclé, le plus insignifiant qu’on ait vu dans la série depuis bien longtemps. Elle restera à Gallifrey avec le chef de la sécurité dont elle a dû tomber amoureuse dans les scènes coupées. Tout comme K9, on n’aurait pas hésité à rester avec elle pour la suite des aventures d’une courageuse Sevateem en territoire TimeLord plutôt que de nous relancer sur trois saisons avec un Docteur aussi peu engageant.

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La sauvage ne va pas tarder à se faire la malle. Bien fait pour vous!

😦

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