Saison 24 (1987) / 24-01 Time and the Rani

PLACE AU SEPTIEME !

SEVENBIS

24-01 Time and the Rani

De Pip & Jane Baker (4 épisodes)

Réalisation : Andrew Morgan

Après avoir songé quitter la série, le producteur John Nathan-Turner décide de rempiler pour une saison. Colin Baker est averti tardivement qu’il ne poursuivra pas l’aventure, mais le producteur le prie de se présenter pour filmer la régénération vers le septième Docteur. Suite à son refus, les scénaristes modifient leur script pour intégrer la régénération dans un prégénérique. Le TARDIS du Docteur est pris dans le rayon tracteur de la Rani, puis Six et Mel sont retrouvés insconscients par la Time Lady. Sylvester McCoy y portera une perruque bouclée et blonde ainsi que la tenue de Six pour donner l’illusion de Colin Baker.

La Rani transporte le Docteur jusqu’à son quartier général de la planète Lakertya, où elle mène des expériences qui permettront de transformer la planète en un manipulateur temporel, lui conférant Le pouvoir de changer le destin de chaque astre de l’univers. Séparé de Mel qui est restée dans le TARDIS et victime d’une amnésie post-régénération, Seven tombe dans le panneau de la Rani qui se fait passer pour la compagne. Elle le convainc de réparer un appareil, puis compte l’enfermer dans une machine qui agglomérera son cerveau à ceux des plus grands scientifiques terriens, enlevés pour l’occasion. Ainsi tous résoudront les problèmes qui ont empéché les plans de la Rani de réussir jusqu’ici. Secourue par l’autochtone Ikona, Mel parvient à échapper aux pièges de la Rani et rencontre les Lakertyens. Opressés par la scientifique, ils ne peuvent se rebeller car leur chef a décidé de servir les expériences de la Rani afin de protéger son peuple.

2401Le peuple opprimé des Lakertians au grand complet

Les zélés Pip & Jane Baker reviennent au scénario suite à leur contribution au procès du Docteur, fournissant une nouvelle fois une histoire peu intéressante qui semble être écrite à la va-vite. La réalisation est à l’avenant. Les costumes de monstres à la solde de la Rani font la synthèse du mauvais film fantastique des 80’s et des Sentai, les parties déguisées de Kate O’Mara sont bien mal jouées, les décors sont pauvres (un extérieur et une mine) et le blob géant sensé agglomérer les cerveaux des savants aurait paru limite même des années auparavant. L’idée de faire interagir Albert Einstein, le Docteur et la scientifique Hypathie d’Alexandrie dans un dialogue scientifique est en elle-même dénuée de sens. Cette saison apporte néanmoins un saut qualitatif sur la musique. On est très loin de la maestria de Murray Gold mais la série s’enrichit de thèmes plus reconnaissables et parvient à être suffisamment présente pour porter les nombreux passages fauchés. Les premiers CGI sont incorporés aux épisodes, le plus notable étant la boule qui emprisonne les échappés de la RANI, réminiscence de la série le Prisonnier. Le nouveau générique est quand à lui entièrement conçu par ordinateur, sur une musique aux allures encore bien plus synthétiques. Le titre final d’un goût douteux renvoie indirectement à la typo du club Dorothée.

Sylvester McCoy est sans aucun doute la valeur ajouté de ce début de saison. En dépit d’un script écrit avant son casting, il s’approprie très vite son Docteur et lui confère un jeu physique. Son timbre de voix et sa silhouette posent aussitôt leur marque par rapport à Six. Nous découvrons un TimeLord un peu grognon et plaintif, une sorte de Droopy énergique bien moins extravagant que son prédécesseur. Le seul hic se trouve dans sa tenue vestimentaire cernée de points d’interrogation, une faute de goût de taille qui fait perdurer un second degré distant dont Doctor Who n’a guère besoin compte tenu de son manque de moyen. Les raisons de la régénération ne seront expliquées que dans les dérivés, laissant un goût de brouillon à tout le début de l’arc. On n’en saura pas beaucoup plus sur Mel qui a sauté le passage obligé de l’introduction et qui n’aura, à l’instar de Dodo, visiblement pas le droit à un semblant d’histoire. Tout juste apprenons nous qu’elle a des compétences techniques informatiques et qu’elle vient des années 80, sur la Terre.

2401BKate O’Mara se déguise en Mel et redéfinit la Méthode de l’actor’s studio.

N : 6

IM : 7

22-03 The Mark of the Rani

22-03 The Mark of the Rani

De Pip & Jane Baker ( 2 épisodes de 45 mn )

Réalisation : Sarah Hellings

Début du XIXème, village minier de Killingworth, Angleterre. Des mineurs jusqu’alors inoffensifs font preuve d’une grande agressivité, attaquant les machines et les hommes. Dans un contexte où la révolution industrielle et particulièrement les inventions de George Stephenson mettent en danger leur emploi, les habitants pensent qu’à l’instar des ludites, leurs revendications sont politiques. La raison de leur agressivité est à chercher auprès de la vieille femme qui tient les bains destinés à laver les mineurs. A peine ceux-ci sont-ils entrés dans l’établissement qu’elle les endort et pratique sur eux des expérimentations qui leur retirent la substance neurochimique provoquant le sommeil, leur veille constante conduisant à cette agressivité. Derrière le masque de la vieille se cache la Rani, Time lady qui fut exilé de Gallifrey et qui gouverne désormais la planète Miasimia Goria. Ayant privé les habitants de sa planète de sommeil, elle compte subtiliser suffisamment de substances du cerveau des terriens de cette époque pour réparer son erreur. Dans le TARDIS, le Docteur et Peri rencontrent une distortion temporelle qui les conduit à Killingsworth. Le Docteur se met aussitôt en tête de retrouver George Stephenson. Il fait la connaissance du propriétaire des mines, Lord Ravensworth, qui se méfie dans un premier temps de l’énergumène. Comptant profiter du boom de la Révolution industrielle pour satisfaire ses envies de pouvoir, le Maître a aussi atterri à cette époque. Il découvre la présence de Rani et lui propose de s’allier contre le Docteur.

2203Six auditionne pour Mary Poppins. Chim Chimney

The Mark of Rani introduit un nouvel hors la loi de Gallifrey, la Rani du titre, à qui Kate O’Mara prête ses traits très caractéristiques. Grande chimiste exilée suite à une malencontreuse expérience, elle n’a ni la mégalomanie du Maître, ni le coté frondeur philanthrope du Docteur. D’une grande neutralité morale, elle pratique une science sans véritable conscience, considérant toute créature humaine et animale comme du matériel pour ses recherches. Ainsi n’hésite t’elle pas à transformer un homme en arbre en jouant avec ses molécules, prétendant qu’il vivra mieux ainsi (c’est scientifique !). Maîtresse ès déguisements, la Rani se déplacerait d’une époque trouble à l’autre sans attirer l’attention sur elle. Kate O’Mara campe une femme intrigante, charismatique et glaçante qui n’a aucune peine à tenir la réplique à ses homologues gallyfreyiens. La réunion des trois outcats est l’occasion de beaux échanges qui donne une valeur ajouté à un arc qui aurait pu très vite devenir la nouvelle tentative du Maître de conquérir le monde. Le sort final réservé à la Rani et au Maître ne manque pas d’ironie.

2203BLes trois plus grandes hontes de Gallifrey

Mise à part cette nouvelle venue, les deux épisodes regorgent de parti pris intéressants. L’idée de faire un épisode sur l’agressivité de mineurs en plein Thatchérisme est pertinente. L’absence de manichéisme dans la représentation de la Révolution industrielle étonne d’autant plus (on est loin des épisodes des 70’s), la série se refusant à faire des parallèles grossiers entre l’absence de prise en compte des revendications des travailleurs en 1985 et la mécanisation rampante de l’époque traitée. La présence de la Rani, grande figure matriarcale opportuniste et dénuée de compassion envers les hommes au point de leur retirer le sommeil est à elle-seule assez parlante sur la perception de la première ministre. Chantre du progrès, Six voit d’un œil bienveillant l’ingéniosité de George Stephenson, qui serait amené un peu plus tard à inventer la Fusée, une des premières locomotives à vapeur et un point de départ vers les chemins de fer modernes. Doctor Who se permet de nous remettre (enfin!) en contact avec une figure historique par le biais de l’acteur Gawn Grainger qui excelle à faire ressortir les origines ouvrières de l’ingénieur. Quelques moments de ventre mou disséminés dans les deux épisodes viennent un peu ternir ce beau tableau, d’autant plus préjudiciables que le nouveau format semblait nous en préserver.

2203CRani, spécialiste dans la déco de TARDIS (elle a même une télécommande ! )

N : 7

IM : 7