23-03 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 3 – Terror of the Vervoids

23-03 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 3 – Terror of the Vervoids

De Pip & Jane Baker ( 4 épisodes )

Réalisation : Chris Clough

Malgré le choc de la mort de Peri, le Docteur doit conserver la tête froide pour préparer sa défense. Après avoir visionné des monceaux de films de la Matrice, il revient face au Valeyard et à l’Inquisiteur pour leur présenter une aventure qui se déroule dans son futur, et dans laquelle il pouvait prouver que son intervention est le plus souvent nécessaire. Au trentième siècle, Six et une nouvelle compagne nommée Mel reçoivent un appel de détresse venu de l’Hyperion III, un vaisseau transporteur de croisière. Celui-ci a accueuilli à son bord un trio de scientifiques ainsi que des Mogarians, une espèce qui s’est récemment fait duper par l’envahisseur terrien. Ces derniers donnent du fil à retordre au chef de la sécurité Rudge et au Commodore du vaisseau. Ce dernier a déjà rencontré le Docteur et il se montre peu enthousiasmé par l’arrivée du TARDIS sur son vaisseau, s’assurant malgré tout que Six ait les coudées franches pour résoudre le mystère de morts inexpliqués sur l’Hyperion. Un investigateur dépéche sur place et travaillant sous couverture pour retrouver l’assassin est à son tour assassiné. Pendant ce temps, le Docteur et Mel découvrent que les trois scientifiques dissimulent des secrets sur de mystérieuses graînes et un passager clandestin.

2303Mel et le Docteur. Ils partagent déjà un coiffeur et un goût vestimentaire douteux.

Terror of the Vervoids est le nom attribué a posteriori aux parties 9 à 12 du segment saisonnier du procès du Docteur, qui laisse enfin l’accusé répondre aux accusations du Valeyard. Les scénaristes parviennent à justifier correctement l’emploi d’une aventure qui n’a pas encore eu lieu. L’idée d’un Docteur visionnant par dizaine les vidéos de son futur pour préparer sa défense paraît bien improbable, mais l’improbable n’a jamais arrêté Doctor Who, alors soit. L’introduction de Mel dans l’action (on ne sait pas depuis combien de temps elle suit Six) est aussi un défi correctement relevé. Sorte de caricature physique de la secrétaire joviale mais un peu cruche des années 80, Bonnie Langford parvient néanmoins à convaincre dans une poignée de scènes et ce en grande partie par ses interactions avec Colin Baker qui donnent avec succès l’impression d’avoir un passé de voyages derrière eux. Le choix de preuve du Docteur est quand à lui tout aussi hasardeux que celles du Valeyard, comprenant son lot de passages hors sujet et de longueurs injustifiées.

2303BVous tombez bien. J’ai apporté un Cluedo.

Passé au cumul sur le poste de script editor après un parcours chaotique de scénaristes et de scripts sur l’arc, John Nathan Turner poursuit l’aventure du procès du Docteur en pilote automatique. Les deux premières parties brodent autour d’un récit de détective à la Agatha Christie qui n’arrive guère à la cheville du Black Orchid de Five, mais qui aurait très bien rempli l’arc sur deux épisodes. Le reste montre que le cœur et l’esprit n’y sont plus. La menace de la nouvelle race chlorophylienne créée par les trois scientifiques est peu originale et les E.T pâtissent de leur visage en forme de cul qui projette du méthane par son orifice (ça ne s’invente pas). Les deux derniers épisodes leur donnent trop de temps de présence pour des monstres aussi approximatifs et enchaînent sur une péripétie inutile impliquant le chef de la sécurité et les Mogarians. Le tout est dilué au maximum, arbitrairement monté et les retournements des personnages ne reposent sur aucune base. A l’issue de sa démonstration, les charges pesant sur le Docteur se transformeront en une accusation autrement plus grave de génocide. De quoi préparer la route à l’arrivée du septième Docteur.

2303CLe règne végétal a trouvé ses Terrance et Philippe

N : 5

IM : 3

23-02 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 2 – Mindwarp

23-02 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 2 – Mindwarp

De Philip Martin ( 4 épisodes )

Réalisation : Ron Jones

Le procès du Docteur se poursuit sur Gallifrey et le Valeyard entend bien présenter la pièce qui le conduira à l’échaffaud. La Matrice présente comme preuve sa dernière aventure sur Thoros Beta, celle de laquelle il a été enlevé par les Time Lords. Dès leur arrivée sur la planète, Six et Peri découvrent des armes trop avancés pour les seigneurs de guerre, des autochtones. Décidant d’enquêter, ils découvrent que le Mentor Sil (l’affreux excrément hurleur de Vengeance on Varos) est sur place avec son supérieur pour délivrer ces armes en faisant des profits. Mais la vraie raison de leur venue est de trouver du bétail pour transférer l’esprit de Kif dans un hôte plus consistant avant qu’il ne meure. Pour cela les mentors ont fait venir le docteur Crozier, spécialiste ès transfert d’esprit, qui a choisi comme hôte Yrcanos, roi des seigneurs de guerre. Le Docteur et Peri parviennent à libérer Yrcanos, mais le Docteur finit par le trahir en le conduisant aux Mentors, livrant par la même occasion sa compagne. Alors que le Docteur s’allie avec ceux qui devraient être ses ennemis pour accomplir l’opération sur un nouvel hôte, Peri tente de survivre dans cet univers hostile avec pour seule allié le foudre de guerre et son fidèle écuyer à tête de loup.

2302BBrian Blessed se souvient de Flash Gordon et fait la même chose.

Comprenant les épisodes 5 à 8 du procès du Docteur, Mindwarp (titre qui apparaît uniquement sur le scénario) est vraisemblablement l’arc où Doctor Who a sauté le requin, empruntant un chemin qui rendait la série classique difficilement viable. Il est d’autant plus difficile à concevoir que John Nathan Turner et Eric Saward ait pu fournir une histoire aussi peu défendable alors que la série était sur le point d’être annulée par la BBC. Le retour inexpliqué de Sil (qui trône aisément dans le worst of du bestiaire de la série), la faiblesse des décors, la pauvreté des personnages, des retournements de situation et l’absence de réelle motivation des actes du Docteur font qu’on nage en permanence dans une sorte de flottement. Le Valeyard tente de prouver que le Docteur sacrifierait sa compagne pour sauver sa propre vie et met en évidence sa trahison envers elle. Une hypothèse qui ne surprend pas autant qu’elle le devrait. Un revirement du Docteur pour tromper ses ennemis nous avait déjà été montré dans Invasion of Time et il fut peu convaincant en ce que le Docteur de Tom Baker était alors au top de sa suffisance. Pourtant Four n’a jamais été Six. Même s’il montrait son mépris envers Leela, il ne traitait pas sa compagne comme le Docteur de Colin Baker a traité Peri. De plus, le Docteur en cours est parti trop souvent en vrille pour se porter comme défendeur de la constance morale de ses prédécesseurs. Bref. Six du coté des vilains ? Pas de quoi fouetter K9.

2302M’enfin

Si l’arc se plante dans les grandes largeurs, il reste à sauver le baroud d’honneur de Peri qui est lui plutôt choquant. Après avoir accompagné Six sur plus d’une saison en tentant de juguler ses humeurs et d’apporter un peu d’humanité aux aventures, la compagne trahie se retrouve affublée de piètres camarades et abandonnée dans la pire des situations par celui qu’elle a suivi. Dans une des seules bonnes scènes de l’arc, la jeune femme avoue que sa Terre lui manque et elle laisse deviner une pointe de regret d’avoir fait confiance au Docteur. Un sens de la retenue qui sied bien au personnage. Alors qu’on pouvait enfin espérer que Six fasse un geste pour la sauver, le TARDIS est piratté par Gallifrey et le Docteur appelé à son procès. Peri se voit greffé l’esprit de Kif et revient transfigurée dans une scène finale glaçante qui donne l’occasion à Nicola Bryant de déployer tous ses talents d’actrice. Mais cette fin semble si terrible que la voir se faire tuer ensuite ne provoque pas plus qu’un soulagement. Le calvaire de la compagne abandonnée reviendrait à l’ordre du jour dans l’encore plus glaçant The girl who waited de la saison 6 de la nouvelle série, assurément l’épisode où Moffat franchit la ligne la plus difficile à relever pour son Docteur. Le comportement inconséquent et égoïste d’Eleven envers Amy Pond fera sens par la suite, mais cet épisode laissera tout de même un goût amer que le showrunner passera maladroitement sous silence.

2302CDerniers instants complices avec Peri

Le Valeyard n’a finalement pas tort. Si John Nathan Turner et Eric Saward ont visiblement voulu rendre les Time Lords coupables de la mort de Peri par leur intervention absurde (ils téléportent le Docteur pour le juger sur un acte qu’eux-même viennent de commettre) pendant le sauvetage de Six, c’est le comportement inconséquent du Docteur qui a scellé son destin. Reste encore à savoir si toute cette histoire n’a pas été inventée par le Valeyard, une option qui serait plus acceptable mais d’une grande faiblesse scénaristique.

N : 4

IM : 7

RIP Perpugilliam Brown 😦

Saison 23 (1986) / 23-01 THE TRIAL OF A TIMELORD Partie 1 – The Mysterious Planet

23-01 THE TRIAL OF A TIMELORD

Partie 1 – The Mysterious Planet

De Robert Holmes ( 4 épisodes )

Réalisation : Nicholas Mallett

Il est connu que les Time Lords n’interviennent pas dans l’Histoire des autres peuples. Même s’ils consentent à briser cette règle de temps à autre, souvent pour envoyer le Docteur faire la basse besogne, les voilà prompts à lui ouvrir un procès pour l’ensemble de son intervention. Un procès dont l’issue pourrait bien être sa mort. Pour l’occasion, le Valeyard, procureur minutieux, a sorti un film de la dernière intervention en date de Six sur la planète Ravolox. Peu après la matérialisation du TARDIS sur cette planète, Peri et le Docteur y trouvent des indices qu’elle pourrait bien être la Terre. Sabalom Glitz et Dibber, deux mercenaires intergalactiques qui les avaient pris en chasse se font capturer par les autochtones. Glitz en profite pour signifier à la chef du clan local qu’ils sont venus détruire le générateur de lumière noire que les sauvages ont érigé en totem. Ce générateur fournit l’énergie vitale à celui que les habitants des souterrains surnomment l’immortel, un robot programmé pour maintenir les survivants en vie après qu’un grand incendie ait ravagé la planète. Le Docteur devra faire composer avec les envies de destruction du robot et donc intervenir dans le destin de la planète, pas vraiment plus que dans beaucoup d’autres aventures au final.

2301aUn money shot surprenant qui a dû engloutir le budget de la saison

Second fil rouge sur une saison après celui de la Clé du temps, le procès du Docteur court sur toute la saison 23. Il revient à la formule des quatre épisodes de 20 à 25 mn formant un arc et nous fournit un nouveau thème musical qui fait un peu plus mal aux oreilles que l’ancien. Rien de bien neuf dans l’idée de faire juger le Docteur par les siens, si ce n’est d’allonger quatre arcs une idée qui avait fonctionné sur l’effet de surprise à la fin de l’ère Troughton. Mais derrière cette menace d’une sentence de mort pour Six se cache l’avenir menacé de la série. Suite à l’annonce de son annulation lors de la saison 22, des fans et des critiques opérèrent une campagne de sauvetage qui vit entre autre la naissance d’une chanson. La chaîne revint sur sa décision et décida de mettre le programme en hiatus jusqu’au mois de septembre 1986. La production décida de laisser de coté des scénarios prévus pour refléter dans la nouvelle saison cette incertitude sur l’avenir de Doctor Who. Il serait néanmoins hasardeux de faire un rapprochement entre l’inquisiteur de Gallifrey et la BBC de 1986 (et par extension entre le public anti-Six et le Valeyard) car les faits reprochés à Six pourraient aussi bien être reprochées à d’autres Docteurs, l’arrogance mise à part.

2301B

Ce soir projection d’un arc de Doctor Who suivie d’un débat

On se contentera de faire le procès de ce simulacre de jugement qui s’apparente souvent à une grosse blague qui ne s’assume pas. Un bien piètre dernier round pour le vétéran Robert Holmes qui avait tant apporté à l’ère de Three. Devant son juge, Six est contraint de regarder sur un écran une de ses aventures avec Peri visiblement prise au hasard par le Valeyard. Cette aventure a été captée au vif par la Matrice de Gallifrey qui semble filmer le Docteur 24/24. Tel le scénariste ou le fan de mauvaise foi d’un mauvais found footage (pléonasme), le Valeyard justifiera après deux épîsodes que les scènes qui n’impliquent pas le Docteur ont été captées par le TARDIS. Si elle s’occupe des traductions, cette vieille branche peut bien faire office de caméra plantée sur plusieurs angles. Nulle explication ne sera donnée sur le montage, ni sur la musique qui accompagne l’aventure présentée à l’Inquisiteur. Le Docteur protestera à raison que la motié de l’aventure narrée est à coté de la plaque dans l’argumentaire du Valeyard. Le spectateur attendra un retournement de situation sorti de l’esprit ingénieux du procureur qui mettra en lumière la raison de la projection de toute cette aventure, mais il n’y en aura pas. Il lui aurait été reconnaissant d’épargner au moins deux épisodes à un arc qui reprend le sempiternel peuple de sauvage fanatique religieux versus peuple plus avancé reclu suite à une catastrophe. On remerciera le concepteur du robot à tête de siège ou l’absurde d’un obscur manuel canadien qui devient un manuscrit sacré d’avoir arraché quelques sourires au milieu du remplissage. Colin Baker s’en sort quand à lui plutôt bien et Nicola Bryant a visiblement obtenu l’autorisation de se couvrir un peu plus (quel dommage). Nous n’aurons malheureusement pas les réponses aux deux questions qui importaient vraiment dans cet arc : Qu’est-ce qui a déplacé la Terre aussi loin et où Six a-t-il bien pu laisser sa compagne ?

2301CLe robot à tête de siège et ses deux sidekicks

N : 4

IM : 5

Episode Spécial 20ème anniversaire – The Five Doctors

Episode Spécial – The Five Doctors

De Terrance Dicks (90 mn)

Five, Tegan et Turlough s’apprêtent à se prélasser dans l’œil d’Orion lorsque le Docteur ressent une douleur soudaine. Quelqu’un est en train d’enlever ses anciennes incarnations et quelques compagnons (Le Brigadier, Sarah Jane et sa petite fille Susan) à leur époque respective pour les transporter dans la zone de mort de Gallifrey. Seul Four, coincé dans le vortex, n’arrive pas à destination. Tous les autres se retrouvent dupliqués en figurine sur un étrange tableau de jeu. Five et ses deux compagnons retournent dans le TARDIS et sont à leur tour transportés dans la zone. Ils ne tardent pas à y’ être rejoints par le premier Docteur et Susan, qui est toujours un boulet. Pendant ce temps, Le Maître a été convoqué par le Conseil des Time Lord qui a détecté un drainage intense de leur source d’énergie et eu ainsi connaissance des enlèvements de Docteur. Il lui est proposé d’aider les Docteurs à sortir de la zone en échange d’une grâce et d’un nouveau jeu de régénérations. Le Maître accepte. Les Docteur reconnaissent le lieu de leur captivité en apercevant la tour de Rassilon. Two y conduit le Brigadier tandis que Three, qui a embarqué Sarah Jane dans son auto Bessie s’y dirige également. One prend également la route accompagné de Tegan. Ils rencontreront sur leur route de vieux ennemis qui ont également été transportés dans la zone contre leur gré par le fieffé farceur.

2007Holala le type qui était déjà vieux dans les sixties qui nous fait la leçon…

Diffusé le 23 novembre 1983 aux Etats-Unis et le 25 novembre 1983 au Royaume-Uni, The Five Doctors célèbre à sa manière les vingt ans écoulés depuis que William Hartnell et ses trois passagers ont quitté les sixties pour se matérialiser chez les hommes de cavernes. Alors que l’ex script editor Robert Holmes était d’abord pressenti pour le scénario, c’est finalement au non moins renommé ex script editor Terrance Dicks qu’échouera cette tâche. Les remaniements furent nombreux en raison du casse-tête logistique de réunion des acteurs, certains n’étant finalement plus disponible au dernier moment. Richard Hurndall reprend le flambeau du premier Docteur, William Hartnell étant décédé en 1975. Nous aurons néanmoins le plaisir de le voir dans un pré-générique qui file quelques petits frissons. Tom Baker fit à John Nathan-Turner le même coup que Christopher Eccleston à Steven Moffat en 2013, avortant au passage la rencontre des cinq Docteurs qui aurait pu avoir lieu. Ce sont donc quatre Docteurs qui se retrouveront devant le tombeau de Rassilon, sous le grand parrainage du Lord President Borusa, le fieffé farceur qui a organisé ce petit jeu.

2007BNon Brigadier nous ne sommes pas des anciens combattants

Nous voilà donc de retour à Gallifrey où il y’a incontestablement quelque chose de pourri (à peu près tout en fait, ça fait peine à voir). Après la duplicité d’un conseiller ami du Docteur, c’est au tour du professeur et ami de longue date de notre TimeLord de péter un cable. Après des siècles de règne sur Gallifrey, Borusa profite de sa dernière régénération pour réclamer l’immortalité qu’il pense lui revenir de droit. Il doit pour cela déjouer les épreuves du tombeau de Rassilon (dans la grande Tour) afin de rejoindre le suprême Time Lord, qui lui a réussi à devenir immortel. Puisque Borusa est vieux et fainéant, il a préféré laisser les cinq Docteurs, quelques compagnons et le Maître se charger du travail en mettant sur leur chemin des cybermen, des daleks, des Yeti-Bot et des robots ninjas qui disparaissent lorsqu’ils sautent. Il en profite pour faire supprimer le Castellan, faux coupable idéal. Le vieillard se retrouvera au final pris à son propre piège, coincé pour l’éternité en statue du tombeau de Rassilon. Une ironie noire qui n’est pas sans rappeler celle du Wishmaster. Nous aurons ainsi l’infime l’honneur de rencontrer ce Rassilon dont on nous a tant parlé. Présenter la chute de Borusa à ce moment, alors que le thème de l’immortalité a parcouru cette saison 20, est encore ce qu’il y’a de plus logique dans ce grand téléfilm qui s’apparente plus à une réunion d’anciens (et de nouveaux, pour le cas de Five, Tegan et Turlough) qu’à un arc à part entière.

2107EBessie foule enfin le sol de Gallifrey

Le casting de la série n’a jamais autant été fourni en têtes connus : Outre les cinq Docteurs, Tegan, Turlough, Le Maître dans son incarnation actuelle, Le Brigadier, Susan, Sarah Jane, Jamie, Zoe, Liz Shaw, Yates, Romana II (en reprise de l’épisode Shada) et K9 sont de la partie. C’est la troisième mouture du chien robot qui apparaît en compagnie de Sarah Jane au début de l’arc, celle-ci se l’étant vu offrir pour la série K9 et Company, qui n’alla pas plus loin que son pilote diffusé en fin 1981, peu avant le premier arc de Five. Cette réunion n’est pas sans créer son lot de confusions, qui tiennent au fait que les Timelines des Docteurs enlevés sont souvent occultés. Ainsi Three parle t’il de fantômes du passé en évoquant une apparition de Yates alors qu’il lui est contemporain, Two paraissant quand à lui avoir connu le Maître, qui n’est pourtant apparu que lors de la deuxième saison de Three. Two, qui parle on ne sait pourquoi du lavage de cerveau de Jamie et Zoe alors qu’il ne l’a logiquement pas encore vécu et qui ne transporte de plus aucun de ses compagnons alors qu’il n’aurait jamais abandonné Jamie ou Zoe pour rendre visite au Brigadier. Le même Brigadier prétend quand à lui connaître Tegan alors qu’il ne s’agit visiblement pas de sa version plus agée qui a échappé à l’amnésie quelques arcs plus tôt.

2007CJ’ai bien compté ça ne fait pas cinq

Ces coquilles parmi d’autres tirent The Five Doctors vers un fan service géant parfois composé plus pour les rencontres que pour la cohérence mythologique. Moins savoureux que l’arc du dixième anniversaire, ce téléfilm contient tout de même de bonnes idées, la meilleure étant d’avoir adjoint Tegan au Premier Docteur pour donner un aperçu du choc des générations. Nous nous retrouvons au final avec un Five qui reprend le titre de Haut Président du Conseil des TimeLord, et qui déserte une nouvelle fois ses responsabilités, laissant à la conseillère Flavia les responsabilités de la fonction. Donnons lui une dizaine d’arcs avant d’être corrompue.

2007ERassilion, Time Lord suprême et lointain cousin de Jean-Rochefort

N : 7

IM : 8

15-06 The Invasion of Time

15-06 The Invasion of Time

De David Agnew (Graham Williams & Anthony Read) (6 épisodes)

Réalisation : Gerald Blake

Le Docteur devient président de Gallifrey. On ne l’avait pas vu venir, même si cet arc fait suite aux événements de The Deadly Assassin où il s’était présenté à la présidence pour échapper à la punition qui l’attendait. Bien pressé d’être intronisé, Four fait valoir son titre auprès de Borusa, qui est maintenant passé chancelier. Dès la remise des attributs de Rasillon au Panopticon conformément à la tradition, le Docteur s’évanouit, puis il lance ses gardes contre la pauvre Leela pour qu’elle soit chassée. Ce comportement erratique n’est pas innocent : Une race d’êtres pouvant lire dans les pensées, les Vardans, veulent conquérir Gallifrey en utilisant le Docteur, et celui-ci s’est laissé embarquer en projetant de les détruire de l’intérieur. Alors que Leela parvient à trouver une amie pour s’échapper en territoire sauvage, le Castellan complote avec les Vardans et le Docteur parvient à s’isoler avec Borusa pour lui expliquer son plan.

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Le Président et le chancelier discutent de quelques réformes.

Derrière David Agnew ne se cache pas un petit nouveau, mais le producteur Graham Williams et son script editor du moment, Anthony Read. Ecrit à la va vite pour remplacer un épisode qui aurait coûté trop cher, The Invasion of Time présente néanmoins l’avantage de ramener des têtes connus. Il échoue pourtant à conclure en beauté une saison qui est bien la pire de la série. Même si ce nouveau scénario était un prétexte à réutiliser les décors, Gallifrey a bien perdu en ampleur et en population depuis The Deadly Assassin. Le mystère du début de l’arc réside dans le comportement du Docteur, qui aurait visiblement viré dictateur à la solde de l’ennemi. On ne saurait le croire, même si Tom Baker est diablement crédible en président arrogant et vénal du fait que son Docteur a perdu en quelques arcs presque tout de ce qui le rendait attachant et extravagant. Les errances de Leela permettront d’enrichir la mythologie de Doctor Who en visitant un territoire inconnu de Gallifrey dont les Time Lords auraient peur puisqu’entièrement sauvage. On y voit pourtant qu’un désert sans vie et sans aucune menace.

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Un jelly baby à deux entre le Doc et le futur cheri (pendant 10 secondes) de Leela

L’arc fait ensuite se matérialiser les Vardans qui, de reflets menaçants et insaisissables, passent à de ridicules humains en uniforme. Puis nous découvrons que les Vardans étaient eux-mêmes manipulés par…les Sontarans ! Un retournement de situation bien pratique pour prolonger un four-parter en six-parter. Les attributs du Président de Gallifrey s’enrichiront d’une clé toute puissante qui est l’enjeu de la dernière partie tandis que tout ce petit monde se poursuivra dans le TARDIS. Nous pourrons enfin examiner en profondeur le vaisseau du Docteur pour n’y voir que des décors désaffectés tout ce qu’il y’a de plus terrestre. L’arc s’achève sur un Docteur prêt à prendre les armes pour défendre Gallifrey (mouais…) et par le départ aussi impromptu qu’inapproprié de Leela. L’actrice Louise Jameson aurait souhaité quitter la série, et on ne peut l’en blâmer. En dehors de ses premiers épisodes, son personnage n’aura guère eu le traitement qu’il méritait, jusqu’à ce départ bâclé, le plus insignifiant qu’on ait vu dans la série depuis bien longtemps. Elle restera à Gallifrey avec le chef de la sécurité dont elle a dû tomber amoureuse dans les scènes coupées. Tout comme K9, on n’aurait pas hésité à rester avec elle pour la suite des aventures d’une courageuse Sevateem en territoire TimeLord plutôt que de nous relancer sur trois saisons avec un Docteur aussi peu engageant.

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La sauvage ne va pas tarder à se faire la malle. Bien fait pour vous!

😦

N: 5

IM : 7

14-03 The Deadly Assassin

14-03 The Deadly Assassin

De Robert Holmes (4 épisodes)

Réalisation : David Maloney

Convoqué par les TimeLords, le Docteur a une vision de lui-même en train de tuer son président lors d’une cérémonie officielle dans le Panopticon (espace officiel de Gallifrey). Il décide de prévenir le danger, mais ne tarde pas à être poursuivi par les siens pour cause de son passé de criminel. Pendant la cérémonie de démission du président, le Docteur perçoit une menace venant de la caméra du présentateur couvrant l’événement. Alors qu’il cherche à contrer le tueur, un tir atteint le président et le tut sur le coup. Le Docteur est pris sur le fait. Le chancelier Goth, probable successeur du défunt, suggère de le vaporiser sans témoin avant la cérémonie de passation. Mais le Docteur parvient à s’en sortir en se présentant à son tour à la présidence, ce qui lui fait bénéficier d’une immunité pour quarante-huit heures. Aidé du Castellan Spandrell, il ne tardera pas à se rendre compte que le Maître est derrière le complot et il devra l’affronter sur son terrain pour sauver sa peau et mettre à jour une conspiration qui touche de hauts officiels du gouvernement des Seigneurs du Temps.

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Grandeur et Décadence. Le Maître après plusieurs opérations de chirurgie esthétique ratées.

Suite au départ de Sarah Jane, Robert Holmes et le producteur Phillip Hinchcliffe accordent à Tom Baker un épisode en solo. Hinchcliffe est à l’origine de cette histoire de complot dans la veine d’ Un crime dans la tête de John Frankenheimer et qui reprend inévitablement les circonstances de l’assassinat de JFK (qui fut, rappelons le, assassiné le jour de la diffusion du premier épisode de la série). Robert Holmes va jusqu’à inclure le terme CIA en dénomination de l’agence d’intervention céleste qui libéra le Docteur de son exil terrestre. The Deadly Assassin est un condensé de mythologie des TimeLords, dispersant des éléments qui seront pour beaucoup repris par la suite. On y apprend qu’en dehors de la Présidence, du Cardinal et du Haut Conseil, les TimeLords sont séparés en maisons. Le Docteur ferait lui-même partie de la maison des Prydoniens. On y parle de Rassillon, le fondateur des TimeLords, ainsi que des treize régénérations des seigneurs du temps (détail qui perdure jusqu’à la réalisation de cette ultime régénération par Matt Smith). Tous ces détails sont plus ou moins bien amenés, mais laissent à voir une société sur le déclin et corrompue qui ne maîtrise plus la technologie comme elle a su la maîtriser par le passé et qui rappelle un peu trop les sociétés terriennes. On regrettera que les duperies du Maître passent aussi facilement sur les Gallifreyen, un peuple censé être omniscient et ayant eu la capacité d’isoler le Docteur sur Terre pendant plusieurs saisons. Ici nous apprenons qu’ils peuvent le retrouver dans l’Espace-Temps en un clin d’œil, mais qu’ils sont incapables de prévenir l’acte crapuleux d’un des leurs ou un simple vol de dossier d’identification. L’élite supérieure de l’univers en prend un coup !

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Quand Doctor Who devient un survival hard boiled

S’ils contrarient un peu la mythologie telle qu’installée auparavant, ces détails n’affectent pas l’épisode dans le fond. Le retour du Maître, même en piteux état, fait bien plaisir. Et ce même si on sait qu’on aura plus le plaisir de voir Roger Delgado dans ce rôle. La deuxième partie de l’arc amène vers l’exploration de la machine qui détient la mémoire des Time Lords. Piratée par  le Maître qui en a fait un univers qu’il contrôle, cette Matrice avant l’heure devient le lieu d’affrontement entre Four et le lieutenant du Maître responsable de l’assassinat du Président. Pendant plus d’un épisode, le spectateur se retrouve plongé dans une sorte de jungle dans une poursuite citant allègrement la mort aux trousses ou les chasses du comte Zaroff. La description de cet univers virtuel est d’autant plus étonnante qu’elle se situe à une époque où les possibilités des ordinateurs commençaient à peine à être explorées, vingt ans avant le film des Wachowski et une poignée d’années avant l’émergence du mouvement cyberpunk (Neuromancien de William Gibson sortit en 1984). Elle renvoie aussi malgré elle à une autre matrice Whosienne dans laquelle River Song finira ses jours sous la plume de Steven Moffat. Cet arc instructif et atypique se conclura en n’évitant pas le grand guignol et les facilités, notamment par un effet d’annonce carrément over the top. Four voyagera t’il seul avec le Maître à ses basques pour le reste de la saison ou dénichera t’il un(e) remplaçant(e) à Sarah Jane ?

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Four prêt à affronter l’agent Smith et les steaks factices

N : 8

IM : 10