20-02 Snakedance

20-02 Snakedance

De Christopher Bailey (4 épisodes)

Réalisation : Fiona Cumming

Le TARDIS est dirigé vers la planète Manussa. Ne saisissant d’abord pas ce qui guide son vaisseau en ces lieux, Le Docteur finit par comprendre que Tegan a manœuvré le vaisseau malgré elle et qu’elle est toujours possédée par le Mara. Larvé, l’esprit des Kinda reprend le dessus dans ses cauchemars, où il s’était réfugié, et il cherche maintenant à rejoindre un territoire duquel il a été chassé. Les ancêtres de la population de Manussa s’apprêtent justement à commémorer le banissement du Mara cinq cents ans auparavant. Arrivé sur la planète, Tegan se débarasse de l’inhibiteur que le Docteur lui avait placé et laisse le Mara reprendre le dessus. Son premier acte sera de mettre un bonimenteur sous sa coupe. Lon, jeune fils du fédérateur des trois planètes environnantes, prend part aux festivités avec beaucoup d’ennui. Il sera le deuxième maillon qui rapprochera le Mara d’un mystérieux cristal destiné à lui faire reprendre chair durant les festivités. Le troisième étant de corrompre le grand archéologue Andril, seul personne pouvant prendre possession de la relique. Pour sauver Tegan, le Docteur décide de subir la danse du serpent, rituel qu’avait pratiqué le prédécesseur d’Andril pour combattre la venue du Mara.

2002Possédée par Pazuzu…heu le Mara, Regan n’a plus peur des serpents.

Après Omega, c’est au tour du Mara de chercher à s’incarner. L’esprit rencontré dans l’arc Kinda de la saison dernière (du même scénariste) est bien plus frais dans l’esprit des spectateurs, mais l’intérêt de sa présence est différent dans le contexte qui nous est présenté. En lieu et place de la peuplade primitive de Kinda, nous nous retrouvons au sein d’une civilisation d’aspect moderne qui a converti la menace mystique du Mara en une suite de rituels. L’archéologue sensé défendre ce passé croit lui-même beaucoup plus à la valeur matérielle des reliques qu’à leur pouvoir réel. Christopher Bailey s’attarde longuement sur les spectacles de rue rejouant l’histoire de l’esprit, comme pour pointer du doigt l’inutilité du decorum grotesque et l’oubli de la vraie signification d’un passé lointain. Snakedance est nimbé d’un même mysticisme sombre et malsain que dans le premier arc du Mara, la partie onirique étant réduite au minimum et l’incarnation de l’esprit se révélant nettement moins kitsch que le serpent rose de Kinda. Il se nourrit autant de thèmes bibliques (le serpent, le veau d’or) que de considérations spirituelles à dominante bouddhiste ou amérindienne. Le dernier épisode de l’arc est intéressant, présentant en parallèle le voyage intime du Docteur pour trouver son point de repos et les foules préparant les festivités allant redonner forme à l’esprit dans la plus grande ignorance.

2002BLe Docteur Merrin entre en Transe pour sauver Tegan.

Snakedance se propose de gonfler un peu la mythologie du Mara, décrivant comment l’esprit est né. Ainsi il aurait été crée par les Manussiens qui étaient suffisammment savants pour forger le grand cristal d’une matière permettant d’agglomérer leurs pensées les plus négatives et de leur donner forme. L’arc donne à Nyssa un rôle de la fidèle assistante comme le faisait l’arc précédent avec Omega. Tegan aura droit à quelques belles scènes de possession qui permettent à Janet Fielding de nous refaire goûter à son interprétation hallucinée de la saison dernière. Avec modération, c’est plus supportable. On peut penser qu’il aurait été bien plus logique de ramener Tegan dans le TARDIS en misant sur la présence en elle de l’esprit du Mara, qui aurait pu faire des siennes sur Terre, que de rassembler toutes les coincidences de l’épisode précédent. Au final Snakedance n’est pas entièrement convaincant (les premiers épisodes sont bien trop lents), mais vaut largement le coup d’œil pour le malaise et la noirceur qu’il distille. Un autre avatar de l’ère Davison qui n’hésite pas à faire vivre le pire au Docteur et à ses compagnons.

2002CUn exorcisme scientifique en bonne et due forme

N : 7

IM : 5

Saison 20 (1983) / 20-01 Arc of Infinity

20-01 Arc of Infinity

De Johnny Byrne (4 épisodes)

Réalisation : Ron Jones

Sur Gallifrey, un traître s’est approprié violemment les données biologiques du Docteur afin de les transmettre à une créature composée d’antimatière. La créature piste le TARDIS et tente de s’incarner dans le corps du Docteur, qu’elle a choisi. Elle est stoppée net dans son entreprise par l’arc of Infinity, une force inter-dimmensionnelle qui peut contrer l’antimatière. Le Docteur débarque sur Gallifrey avec Nyssa pour enquêter sur le traître, mais il est très mal accueilli par le chef de la sécurité Maxil et condamné à mort par les siens, qui préfèrent sacrifier un TimeLord plutôt que de risquer l’incarnation de la créature. Malgré l’aide de la plus si pacifique Nyssa et de son ami Gallifreyien Damon, Le Docteur est mené à la chambre de dispersion, mais sauvé in extremis par le sabotage de son agresseur. Pendant ce temps à Amsterdam, deux amis voyageurs ayant élu domicile dans une crypte reçoivent la visite d’un alien, qui dématérialise aussitôt le plus curieux des deux. Ce dernier s’avère, au miracle, être le cousin de Tegan. Ayant perdu son job, l’impétueuse australienne avait justement prévu de lui rendre visite. Aussitôt prévenue par l’ami, elle se met aussitôt sur la piste du cousin et croise de nouveau la route du Docteur. L’alien installé à Amsterdam n’est nul autre que l’homme de main crée l’être d’anti-matière qui a prévu d’envahir le corps du Docteur.

2001Les prémisses d’une tentative de viol sur Docteur.

Comme l’univers est petit. Il aura fallu que l’ennemi du moment du Docteur se planque à notre époque sur la Terre, au moment où Tegan passait dans le coin et qu’un membre de sa famille soit touché. Les mieux intentionnés pourraient penser que Tegan était destinée à revoir le TimeLord. Les plus cyniques pourraient conclure que le cliffhanger de fin de saison dernière était inutile et a mis les scénaristes dans un imbroglio difficile à résoudre. Toujours est-il que Janet Fielding est de nouveau incluse dans la série, et pour longtemps ! Arc of Infinity permet également de revenir à Gallifrey, qu’on avait quittée avant l’arrivée de Romana. Il est d’ailleurs fait brièvement référence au fait que cette dernière n’est jamais revenue chez elle. On évoque aussi le mariage de Leela, qui est visiblement toujours sur Gallifrey. L’ennemi constitué d’anti-matière se trouve être l’illustre Omega (qui s’en souvient encore ?), que les trois premières incarnations du Docteur avaient affronté pour l’arc du dixième anniversaire. Son incarnation en doppelgänger du Docteur errant dans les rues d’Amsterdam est sûrement le meilleur moment d’un arc plutôt moyen. Omega inaugure ainsi une vingtième année jonchée d’apparitions d’anciens ennemis.

2001BDu calme Colin. Tu peux bien attendre deux ans.

L’auteur de ses lignes avoue ne plus être diverti par les intrigues du Conseil de Gallifrey, sans doute par effet d’usure mais aussi par la difficulté de croire à une civilisation aussi avancée dont l’administration serait composée d’aussi peu d’âmes, au demeurant pas très fûtées. Borusa ne fait que des apparitions formelles. Le Castellan jouera évidemment contre le Docteur, aidé du chef de la sécurité Maxil qui aime un peu trop jouer du pouvoir que lui procure le poste. On retrouve à ce rôle Colin Baker, le futur sixième Docteur, qui dut à cette apparition remarquée de se retrouver sur les rangs pour prendre la suite de Peter Davison l’année qui suivit. Voir Six dans un costume hideux tirer sur Five, ça ne se refuse pas. Dans cet arc, nous retrouvons également le Celestial Toymaker Michael Gough qui joue cette fois un conseiller allié du Docteur…finalement le traître qui a vendu son dossier à Omega.

2001CTegan, impossible girl avant l’heure (ou bien un génie du hasard)

N : 6

IM : 5

19-07 Time-Flight

19-07 Time-Flight

De Peter Grimwade (4 épisodes)

Réalisation : Ron Jones

Le Docteur, Nyssa et Tegan se matérialisent par incidence à l’aéroport d’Heathrow, perturbant les données de la Tour de contrôle. Mais l’attention des contrôleurs est retenue par un autre incident : La disparition soudaine d’un de leurs avion de ligne Concorde, le Golf Victor Foxtrot. Parvenant à se stabiliser, le Docteur est aussitôt arrêté et il utilise son joker UNIT. L’organisation ne tarde pas à contacter elle-même l’aéroport pour mettre le Time Lord sur l’affaire de l’avion disparu. Persuadé que le Foxtrot a traversé une faille temporelle, Five demande d’affréter un autre avion dans lequel lui et ses compagnes prendront place avec le TARDIS, si jamais un voyage de retour est nécessaire. Sous le commandement du capitaine Stapley et de l’officier Blitton et l’assistance de l’ingénieur de bord Scobie, le vol semble bien se dérouler. Mais alors qu’ils pensent être retournés à Heathrow à l’issue de ce vol, Nyssa a la vision de squelettes. Le Docteur comprend qu’ils subissent une hallucination visuelle provoquée par un fort champ psychokinétique. En lieu et place d’Heathrow, ils ont débarqué 140 millions d’années dans le passé. Ils ne tardent pas à croiser un vieux professeur passager du premier vol qui a échappé à l’hypnose et qui les prévient qu’un mystique nommé Kalid contrôle ce champ. Il utilise les passagers prisonniers de la Citadelle à des travaux destinés à ouvrir une chambre spéciale dans laquelle se trouve une grande source d’énergie.

1907BRetrouvons Scooby-Doo et démasquons le vilain derrière cette supercherie

Rien de tel qu’une grande aventure pour laisser un instant de coté la peine causée par la mort d’Adric. Peter Grimwade évacue très vite la question d’un éventuel retour dans le passé pour corriger les événements et nous fait entrer à pied joint dans un arc bien différent du précédent et une parfaite conclusion à cette saison. Suite aux nombreuses tentatives de ramener Tegan à Heathrow, l’ironie du sort ne pouvait mener qu’à une matérialisation inattendue au lieu de son rendez-vous raté alors même que l’hôtesse de l’air s’est résolue à voyager avec le Docteur. Time-Flight a été tourné sur place, à l’aéroport londonien, et la description des procédures de vol est de ce fait plus réaliste. L’arc exploite brillamment l’idée de départ de disparition d’un avion dans une faille temporelle pour aboutir sur un des arcs les plus originaux de la série qui enchaîne les idées nouvelles dans une grande fluidité. Outre l’hallucination collective, nous avons à faire à une source d’énergie échouée quelque part dans le jurassique, qui est en fait l’union des énergies d’une espèce alien qui a fui sa planète (les Xerafins). Suite aux événements de Castrovalva, le Maître a matérialisé son TARDIS dans le coin et entrepris de prendre possession de cette énergie pour en équiper son TARDIS. S’il a pu prendre le contrôle de la partie sombre des Xerafin sous l’identité de Kalid, la partie lumineuse est toujours assez forte pour réclamer l’aide de Nyssa.

1907DHmmmm. Kalid. Tu serais pas plutôt le Maître?

Outre sa brillante intrigue, Time-Flight bénéficie de la présence de bons personnages, en tête le Capitaine Stapley (Richard Easton) qui fait un commandant de bord plus que crédible et très compétent en cas de crise, mais aussi le professeur Hayter (Nigel Stock). Le destin de ce dernier sera de devenir une émanation de l’énergie Xérafine après avoir connu un épisode proche de celui que connaîtra Rose en regardant dans le TARDIS à la fin de la première saison du relaunch. Du coté des compagnes, ces derniers épisodes ont sérieusement modifié la donne. On gratte peu à peu la surface logique de Nyssa pour voir apparaître une sensibilité et des aptitudes nouvelles, qui ont su être détectés par les Xérafins. De tête à claque caractérielle du début de la saison, Tegan s’est muée en femme d’action responsable. Il est d’ailleurs très drôle de la voir récolter la gloire d’escorter les passagers miraculés à la fin de l’arc comme récompense d’une saison avec le Docteur. Une valse hésitation fera que le TARDIS repartira sans elle, mais il ne s’agit que d’un cliffhanger car Tegan sera bien présente la saison prochaine. Le contraire aurait été dommage.

1907C Faites comme chez vous, c’est portes ouvertes.

Et le Maître dans tout ça ? Anthony Ainley a trouvé sa vitesse de croisière et les particularités qui le différencient de feu Roger Delgado. On se réjouit à vivre les négociations de pièces de TARDIS et autres subterfuges entre les deux TimeLords. La victoire revient logiquement au Docteur qui renverra son collègue (encore l’ironie) sous la juridiction des Xerafin plusieurs années dans le futur. Peter Davison a quand à lui royalement installé son Docteur malgré toutes ces années de Tom Baker et les scénarios de son ère, en plus de respecter une continuité et une mémoire des arcs précédents, se révèlent peu à peu bien plus surprenants que ceux de la période de Four.

1907D

13 ans avant Friends, Dr Who teste le cliffhanger dans un aéroport.

N : 9

IM : 5

19-06 Earthshock

19-06 Earthshock

De Eric Saward (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Au 26 ème siècle, une équipe de secours commandée par le Lieutenant Scott est dépêché dans une galerie souterraine pour retrouver plusieurs spéléologues disparus. Dans le TARDIS, Adric a une violente dispute avec le Docteur, qui refuse en bloc l’idée de le reconduire chez lui dans l’E-Space. Il matérialise le TARDIS dans la galerie et sort pour se calmer, bientôt suivi de Nyssa et de Tegan. Ayant subi plusieurs pertes à cause de deux androïdes tueurs, l’équipe de reconnaissance a repéré le Docteur (et ses deux cœurs) ainsi que ses compagnes, et les accusent des meurtres. Les androïdes ne tardent pas à se montrer. Adric et le Docteur devront désactiver une bombe dans la galerie avant de se rendre compte que le véritable commanditaire de l’attentat se trouve dans l’espace sur un vaisseau. Il s’agit d’un groupe de cybermen mené par le Cyber leader qui a pris d’assaut un vaisseau terrien dans l’optique de le faire s’écraser sur la Terre avec un stock d’anti-matière pouvant provoquer de sérieux dommages. Le but étant d’empêcher la signature d’une alliance entre les terriens et de nombreux peuples contre les robots dévastateurs. Le lieutenant Scott et ses hommes se joignent au Docteur et à ses compagnons pour défendre la planète.

1906Ton TARDIS est devenu un moulin, du coup on est même plus étonné qu’il soit si grand.

Le prolifique script editor Eric Saward rempile au scénario (malgré les règles de non cumul des postes ! ) pour un retour des cybermen qu’on n’avait plus vus depuis Revenge of the Cybermen. Il n’y avait pas spécialement de presse à les revoir, tant leur réapparition sous Four avait été décevante. Leur retour dans Earthshock n’est pas non plus inoubliable. Le nouveau costume et la voix qui l’accompagne en font des robots beaucoup plus humains, loin de l’absence d’émotions et des seuls envies d’upgrade des humains qui les caractérisaient sous Two. Il n’y aura d’ailleurs aucun upgrade dans cet arc, ni de cybermats, simplement des androïdes contrôlés (une habitude sous Five) et une armée de cybermen. Le plus de ce retour est sans nulle doute l’apparition des hordes de cybermen dans le vaisseau sous une musique synthétique (Terminator approche …) et les affrontements menés par le lieutenant Scott et Tegan, qui s’est métamorphosée en femme d’action. L’arc comporte de nombreux éléments de continuité, à commencer par la désormais rituelle référence à l’aventure précédente, mais aussi aux précédentes rencontres avec les cybermen, aux éléments concernant l’E-Space et la planète d’origine d’Adric, ainsi que son badge de mathématiques. Ces dernières ne sont bien sûr pas placés la innocement, mais pour rappeler le chemin parcouru par le jeune homme qui va tirer sa révérence de manière…inattendue.

1906BDeux cybermen qui réfléchissent à un plan élaboré. On aura tout vu.

L’arc démarrait avec le vague à l’âme du jeune Alzarien qui avouait en avoir plus qu’assez d’être un outsider parcourant l’espace. Il avouait à demi-mot la difficulté à faire exister le personnage comme élève à part entière du Docteur. Adric est un génie des maths, mais ses aventures à bord du TARDIS l’ont pour la plupart décrit, à l’instar de Tegan, comme un gamin inconséquent. Il aura dans Earthschock de nombreuses occasions de rattraper cette image, jusqu’à son final tragique. Alors que les cybermen raccompagnent le Docteur et Tegan dans le TARDIS pour expérimenter sur eux, Adric choisit de rester dans le vaisseau. Il parvient à le faire dévier de sa trajectoire temporelle pour l’amener à l’époque des dinosaures (ce qui causerait l’impact qui provoqua leur extinction). Tandis que les autres occupants des lieux s’échappent, Adric revient à la charge, persuadé de pouvoir craquer le code qui empêche de dévier la trajectoire spatiale de l’engin. Stoppé net par le tir d’un cyberman sur la console, il périra dans l’explosion en serrant la ceinture de son défunt frêre, sous les yeux médusés du Docteur, de Tegan et de Nyssa. Adric est ainsi le premier véritable compagnon du Docteur à connaître une mort brutale. Les crédits finaux se feront sans musique pour rendre hommage au personnage, par un long plan sur son étoile d’excellence brisée. Une sortie héroïque et émouvante, mais sans précédent dans la série, qui devrait produire des conséquences durables sur le Docteur et ses jeunes compagnes.

1906C                                                                   RIP Adric 😦

N : 7

IM : 7

19-05 The Black Orchid

19-05 Black Orchid

De Terence Dudley (2 épisodes)

Réalisation : Ron Jones

Le TARDIS et ses occupants se matérialisent le 11 juin 1925 à Cranleigh Station. Un chauffeur vient aussitôt à la rencontre du Docteur et lui affirme qu’il est attendu pour concourir dans l’équipe de Lord Cranleigh lors d’une partie de cricket. Le Docteur, Adric, Nyssa et Tegan sont ensuite invités au bal costumé annuel organisé par les châtelains. Tegan est attiré par une mystérieuse orchidée noire que le frère aîné du Lord a trouvée sur le fleuve Orinoco (au Vénézuéla) avant de disparaître tragiquement. Véritable sosie de Nyssa, la promise de Lord Cranleigh, Ann Talbot, décide de lui offrir le même costume qu’elle afin de pimenter le jeu du bal costumé. Lors des préparatifs, le Docteur se retrouve prisonnier en peignoir dans les dédales du château tandis qu’un mystérieux personnage lui chaparde son costume d’Harlequin. Alors que le Docteur cherche une issue, le mystérieux personnage déguisé en Harlequin en profite pour tuer un serviteur et effrayer Ann Talbot. Le Docteur découvre un corps dans une des pièces du manoir et se retrouve bientôt principal suspect des attaques.

1905Les joies du sport dans la campagne anglaise…

Un two-parter, cela fait bien longtemps ! The Black Orchid teste un format qui se rapproche dangereusement de la série moderne et le fait avec succès. Aucun temps mort, aucun effet de répétition, une histoire sans péripéties inutiles, une place pour chacun des personnages et un ton léger qui en fait une pause salutaire pour le Docteur et ses compagnons avant une fin de saison éprouvante. Tegan décide on ne sait pourquoi qu’elle veut continuer le voyage pendant quelques temps avec les autres, et elle s’amuse durant cette aventure, allant jusqu’à nous offrir une sémillante démonstration de charleston. Adric s’en met plein la panse à la réception et évite pour une fois de tomber dans le piège de l’ennemi. Sarah Sutton obtient le privilège d’incarner un autre rôle dans la série, le sosie terrien de Nyssa, rejoignant une tradition désormais pérenne de Doctor Who. Peter Davison a quand à lui l’occasion de damer le pion au futur Eleven de The Lodger pour une incarnation très décontractée du Docteur. Pas de partie de foot ni de scène de douche, mais Five fait montre de talents certains lors d’une partie de criquet et se retrouve à jouer en peignoir durant une grande partie du premier épisode de l’arc.

1905Bde flâner dans les couloirs du château…

L’autre particularité de The Black Orchid est l’aspect totalement historique de l’épisode, dénué d’éléments de S-F, si ce n’est le TARDIS. Le dernier épisode en date à avoir joué le jeu était The Highlanders qui avait vu l’arrivée de Jamie dans la série ! On retrouve ici un mystère dans la pure tradition anglaise de la fin du XIXème / début XXème, avec à la clé les déboires d’un explorateur, des domestiques indiens, le secret dissimulé d’une grande famille aristocratique et de vagues relans du fantôme de l’Opéra. La résolution de ce mystère réside dans la dissimulation du fils explorateur, le coupable, qui fut mutilé et rendu fou par une tribu après avoir volé l’orchidée noire. Les seconds rôles sont plutôt bien campés. Chacun des éléments installé est exploité, y compris l’apparition du TARDIS à une époque où sa condition de cabine de police peut-être source de confusion. L’autre mystère de l’invitation au Docteur est lui aussi résolu par une pirouette, de façon convenue mais qui correspond à la légèreté de l’arc.

1905Cde se déguiser en Harlequin…

N : 7

IM : 4

1905D

Mais il y’aura toujours des trouble fête

19-04 The Visitation

19-04 The Visitation

De Eric Saward (4 épisodes)

Réalisation : Peter Moffatt

Le Docteur et sa troupe mettent encore une fois le cap vers Heathrow pour ramener Tegan chez elle peu avant son départ. Il y’a du progrès car ils atterrissent cette fois bien à Heathrow, mais au XVIIème siècle. Attaqués par des locaux, ils rencontrent Richard Mace, acteur devenu bandit de grand chemin à la suite de la peste qui s’est abattue dans les environs. L’homme leur propose un abri. Une comète a atterri dans les environs quelques jours plus tôt, fait qui attire l’attention du Docteur. Il embarque ses compagnons pour explorer la ville, découvrant que les autochtones possèdent des bracelets de contrôle, des Power Packs et des armes. L’invasion imminente est désormais quasi certaine. Surpris par un térileptil, lézard géant issu d’une civilisation très avancé, Adric et Tegan sont sonnés tandis que les trois autres parviennent à s’échapper in extremis. Le térileptil montre très vite son intérêt pour le Docteur et son TARDIS et passe les deux compagnons à la question.

1904

La dure vie de moniteur de colo

Le script editor du moment Eric Saward passe au scénario pour un arc peu original et répétitif. The Visitation comporte un peuple d’aliens lézaroides civilisé mais belliqueux qui contrôle les humains (et un androïde) et qui veut en montrer aux terriens du XVIIème, mais il comporte surtout un grand nombre d’enlèvements, d’attaques, d’éxécutions en cliffhanger, d’aller retour entre la campagne et le TARDIS, si bien que les péripéties deviennent vite ronflantes. Il ne faut pas non plus chercher du coté des compagnons pour pimenter l’arc. Tegan exaspère le Docteur et se fait poser un bracelet de contrôle en peu de temps. Malgré les conseils de Nyssa, Adric insiste pour aller la sauver et se fait capturer dès sa sortie du TARDIS. Nyssa reste tranquilement au vaisseau, nous privant durant une bonne partie de l’intrigue de la seule compagne assez autonome et intelligente du trio. L’atterissage dans un lieu temporel touché par la peste est une bonne piste scénaristique, mais cette menace pourtant très grave ne semble pas trop remuer tout ce petit monde.

1904BRichard Mace n’est pas un comédien. Richard Mace est le théâtre.

La valeur ajoutée de l’arc tient donc à Richard Mace, compagnon d’un arc. D’une théatralité un brin énervante au départ, son personnage s’accomode petit à petit de la compagnie de ces gens étranges du futur et permet de mettre un peu d’humour dans ces aventures terriennes. Niveau continuité, on notera la triste fin du premier modèle de tournevis sonique du Docteur, lâchement détruit par le chef des térileptiles. On retrouve enfin un semblant d’allusion historique dans le lieu de l’affrontement final. Pudding Lane fut le point où démarra le grand incendie de Londres en 1666, et il semblerait que celui-ci ait été provoqué par l’affrontement du Docteur et des Térileptiles et l’explosion de leur arme favorite. Un pas vers une réintégration de personnages historiques dans Doctor Who, après tant d’années d’exclusion ? Ce serait une bonne nouvelle.

1904CLes lézards pas beaux ont aussi leur graal

N : 5

IM : 3

19-03 Kinda

19-03 Kinda

De Christopher Bailey (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

L’équipage de reconnaissance envoyé par la Terre sur la (planète) jungle Deva Loka est réduit de moitié après plusieurs disparitions, ce qui crée une ambiance pas top parmi les trois survivants que sont le commandant Sanders, le chef de la sécurité Hindle et la scientifique Todd. Le Docteur atterrit alors sur Deva Loka, bien décidé à trouver un lieu de repos pour le TARDIS pendant que la pauvre Nyssa se remet de son malaise de la fin de l’épisode précédent. Il part explorer la chouette planète verte avec Adric et Tegan. Alors que la jeune terrienne s’endort au contact de cristaux musicaux, Le Docteur et Adric sont capturés par un mécha à taille humaine qui les mène aux dômes occupés par les colons terriens. Ils sont vité confrontés à la folie de Hindle qui se croit le seul maître à bord. Pendant ce temps, Tegan rencontre un esprit malin, le Mara qui la convainc de prendre possession de son corps. Le commandant Sanders fait quand à lui la connaissance des Kinda, les bons sauvages qui peuplent la planète et qui lui offrent une curieuse boîte que les hommes ne devraient pas ouvrir.

1903

Après l’hystérie, Tegan s’essaie à la schyzophrénie. Quel talent !

On ne s’étonnera plus de voir un environnement qui paraît nettement plus humain qu’alien, ni des connaissances qui se rapprochent beaucoup des nôtres. Si Kinda s’aventure une nouvelle fois sur le terrain du bon sauvage, il n’est ici que peu question de colonisation (en tout cas pas abordé au premier degré, comme sous Four), mais d’exploration du mode de vie des Kinda à la manière de l’ethnologue. Kinda, c’est un peu Claude Levi-Strauss qui croiserait Vol au dessus d’un nid de coucou. La société matriarcale un peu extrémiste décrite change de ce qui a déjà été vu dans la série et apporte même une touche d’humour salutaire lorsque les figures d’autorité masculines perdent toutes l’esprit. Le Docteur est même traîté d’idiot à plusieurs reprises, chose à laquelle il parvient plutôt bien à s’accommoder. Kinda est un épisode drôle qui bénéficie d’un bon casting (Simon Rouse – voir capture du bas – est un taré exceptionnel) et d’un traitement inhabituel. Des scènes oniriques croisent des délires et expérimentations de réalisation, pour certaines gratuites au premier abord, mais servant au final à créer une atmosphère de folie contagieuse. La boîte des Kinda qui provoque la folie des hommes se révèle être une bonne idée parmi d’autres. Christopher Bailey se serait inspiré du Bouddhisme dans de nombreuses références, reprenant nottamment le nom de Mara (l’esprit qui détournait Siddartha de son éveil) pour décrire son serpent tentateur. Serpent que l’on voit en version géante dans un final plutôt spécial.

1902BSanders possédé par un télétubbie.

Les trois compagnons se retrouvent au second plan de cette aventure. Nyssa n’y apparaît qu’au début du premier et à la fin du quatrième épisode, devant se reposer après le très commode malaise de la fin du précédent arc. Son absence s’explique par le fait que lors de l’écriture de cet arc, elle n’était plus de la partie. Peter Davison parvint néanmoins à persuader les producteurs que Nyssa était le compagnon qui correspondait le plus à sa vision de Doctor Who, ce qui sauva Sarah Sutton du siège éjectable. Tegan est relativement solidaire puisqu’elle passe une bonne partie de l’arc plongée dans un profond sommeil pour finir par causer des catastrophes malgré elle. Janet Fielding possédée par le Mara vaudra autant le coup d’œil que Janet Fielding en pleine crise d’hystérie. Adric se contentera d’un peu plus de scènes, et d’un apport qui consiste toujours à jouer double jeu avec les ennemis pour les duper, tactique qui ne rencontre encore une fois pas un franc succès. C’est au final le professeur Todd, avisée et indépendante, qui sera le meilleur compagnon du Docteur de ce très bon arc.

1903C

N : 8
IM : 3

 1903D

19-02 Four to Doomsday

19-02 Four to Doomsday

De Terence Dudley (4 épisodes)

Réalisation : John Black

Le Docteur et ses enfants perdus font route vers la Terre où Tegan pourra rattraper son vol et ne pas foirer sa carrière d’hôtesse de l’air. Mais un imprévu les conduit dans un vaisseau spatial très loin de leur destination. Sorti en reconnaissance, le Docteur est poursuivi par une capsule qui n’est rien d’autre que l’œil du Monarque, puissant despote du vaisseau et de ses ministres Englightment et Persuasion. Le Docteur, Adric, Nyssa et Tegan découvrent bientôt que cette civilisation avancée réunit quatre cultures différentes : des chinois mandarins, des mayas, des aborigènes et des grecs anciens menés par le philosophe Bigon, tous aussi cons les uns que les autres… L’explication étant que le Monarque et les siens ont été sur Terre à plusieurs reprises et ont enlevé des représentants de ces peuples (visiblement les mauvais). Ils découvrent aussi que les ministres peuvent aisément changer de forme pour ressembler à un couple de londoniens de 1981 tels que Tegan les a dessinés. Les soi-disant humains sont des androïdes qui végètent dans ce vaisseau depuis des siècles tandis que l’illuminé qui les gouverne ourdit d’étranges ambitions.

1902ALe Docteur va confier la clé du TARDIS à Tegan. A vos abris!

Four To Doomsday est un arc moyen qui pâtit de nombreux défauts, le plus saillant étant son coté brouillon. Nous avons un gloubiboulga de bonnes idées qui sont agencées de manière à paraître ridicules. On pouvait espérer quelque chose de la réunion de quatre peuples très différents, mais nous n’aurons que stéréotypes de cultures et aucune interaction intéressante. Le scénario navigue quand à lui à vue, multipliant les approximations scientifiques et préfèrant se concentrer de manière aussi approximative sur les états d’âmes des compagnons. Après Castrovalva, il était nécessaire de trouver des traits saillants pour différencier les jeunots. Les confronter aux promesses d’une civilisation avancée allant « aider » la Terre pouvait être un bon début, si encore leur appartenance à des lieux très différents (la Terre pour Tegan, l’E-Space pour Adric et la regrettée Traken pour Nyssa) était exploitée et si il y’avait une cohérence dans leurs réactions. Pour ne rien arranger, Tegan fait des crises d’hystérie dans le TARDIS. Janet Fielding n’a pas été aidée, il est vrai, par l’ordre de production des épisodes (Castrovalva fut tourné après celui-ci) mais sa prise de conscience à rebours gâche une bonne partie de l’arc, comme le plaisir du Docteur.

1902ALe lézard qui s’était donné rendez vous au Big Bang

Peter Davison s’attelle à la tâche d’asseoir son Docteur. Il est toujours étrange de voir cette nouvelle tête après tant de temps avec Four. Sa retenue et son coté plus « normal » ne sont pas pour déplaire, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il va s’emballer comme Tom Baker. Five domine sans problème cet arc, à sa manière, avec en point culminant une sympathique évasion spatiale. Il trouve ici un ennemi qui ferait péter le mégalomètre de la série si le Maître n’était pas déjà passé par là. Le Monarque ne souhaite rien de moins que dépasser la vitesse de la lumière pour remonter au Big Bang, là où il pense rencontrer le créateur, soit lui-même (?). Curieuse idée.

1902C

Spaceman, Spaceman Spaaaaaceman

N : 6

IM : 3

Saison 19 (1982) / 19-01 Castrovalva

FIVE

Well Well… Hail to THE GLORIOUS FIFTH !

19-01 Castrovalva

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Fiona Cumming

Contrairement à ce qu’aurait pu laisser penser l’harmonieux passage de témoin, la régénération de Four à Five se passe très mal. Adric, Tegan et Nyssa parviennent à éviter les forces de l’ordre et à transporter le Docteur dans le TARDIS, mais le Maître les suit de près. A l’intérieur, le nouveau Docteur délire et il devient urgent de le transporter dans la chambre Zero qui pourra lui donner suffisamment de calme afin qu’il remette ses synapses en ordre. Adric est malheureusement enlevé par le Maître qui s’en sert d’antenne de réception et de manipulation du TARDIS. Nyssa, Tegan et le Docteur inconscient dans la chambre Zéro font route vers le moment où s’est produit le Big Bang. Ils parviennent néanmoins à quitter ce moment avant l’explosion et font escale sur Castrovalva, terre de repos et de lecture qui semble, selon Tegan, le meilleur lieu pour que le Docteur puisse achever sa régénération en toute sécurité.

1901BIl manque encore quelque chose. Peut-être une petite touche verte.

Une première aventure de Peter Davison qui fleure bon l’entre-deux. Difficile de vraiment caractériser ce Docteur lorsque sa désorientation lui fait revivre ses différentes époques, se confondre avec les attitudes et les catchphrases des Docteurs précédents et mélanger les

noms de ses compagnons. Cette crise d’identité saura combler votre serviteur pour qui la simple évocation de Jo, du Brigadier ou de Jamie met le sourire aux lèvres (nostalgie…). On retrouvera chez Ten une autre complication de régénération il faut le dire moins divertissante. La régénération de Five durera donc une grande partie de l’arc pour aboutir à un Docteur nettement plus conventionnel que l’incarnation de Tom Baker, mais aussi plus léger. Il prend le temps de choisir son costume et s’accorde quelques excentricités inédites tel que la lévitation. On voit également l’origine de son intérêt pour le céleri, qui deviendra l’attribut ornant son costume. Après tant d’années de Tom Baker 100000 volts, voir un peu de nonchalence et d’élégance apporte un souffle nouveau. Davison demeure néanmoins la seule véritable attraction d’un arc peu passionnant.

1901Pour une meilleure réception de l’intérieur du TARDIS, choisissez l’antenne Adric

Le Docteur, Nyssa et Tegan sont envoyés dans un monde qui ressemble encore une fois beaucoup à notre Terre (inspiré par une œuvre de l’artiste M.C Escher) et qui se révèle au final être une création du Maître. Celui-ci ambitionne d’y coincer le Docteur dans une occlusion récursive temporelle : un piège spatio-temporel qui pourrait être fatal à sa régénération. Les deux compagnes, bien que totalement différentes (l’une est terrienne, l’autre est d’une civilisation bien plus avancée) sont malheureusement interchangeables, la faveur du scénariste se tournant visiblement vers Tegan. En dépit de ses origines pacifiques, on peine à concevoir que Nyssa soit aussi calme et passive face au Maître, qui a pris l’enveloppe de son père et qui a détruit son monde. L’enlèvement du pauvre Adric remet en cause pour cet arc la dynamique des personnages et apporte un suspens qui permet de ne pas trop laisser le poids de l’épisode sur les épaules de Davison. Et le Maître de disparaître une nouvelle fois dépassé par sa création…Mais pour combien de temps ? A noter la présence d’un pré-générique, chose nouvelle dans la série classique.

1901CA touch of Zen

N : 7
IM : 9

18-07 Logopolis

18-07 Logopolis

De Christopher H. Bidmead (4 épisodes)

Réalisation : Peter Grimwade

Le Docteur et Adric se matérialisent sur Terre pour prendre les mesures d’une cabine de police afin de réparer le circuit Caméléon permettant la transformation du TARDIS pour se fondre dans son environnement. Mais une cloche les a averti d’un grand danger imminent. Lorsqu’ils se matérialisent en lieu et place d’une cabine téléphonique terrienne, ils ne se doutent pas que le Maître l’a déjà fait avant eux. Le grand ennemi du Docteur, qui a pris la forme du consul Tremas sur Traken, a anticipé leur venue sur Terre et entraîné une chaîne de réactions qui démarre par un emboîtement des deux TARDIS. C’est le moment que n’ont pas choisi la jeune Tegan et sa tante pour tomber en panne sur la route du TARDIS. La jeune femme part demander de l’aide dans ce qu’elle croit être une cabine de police pour se retrouver enfermée et contrainte à errer dans le labyrinthe des TARDIS emboîtés du Maître et du Docteur. Alors qu’un mystérieux guetteur observe les événements se dérouler, Four comprend que le Maître va occasionner plus de dégâts qu’il n’en a jamais fait auparavant. Il embarque Adric et Tegan pour Logopolis, cité entièrement composée de mathématiciens (!) qui ont le pouvoir de modéliser uniquement de par leurs calculs. Les savants pourraient aider le Docteur à booster son TARDIS. Une fois arrivé sur place, il retrouve Nyssa qui était l’instigatrice de l’appel et qui demande l’aide du Docteur pour retrouver son père. Mais Le Maître a bien tué le paternel et il a suivi le Docteur sur Logopolis, et il va bientôt faire glisser les univers dans l’entropie.

ImageLe Docteur et son gang d’enfants perdus

Il ne fallait pas moins qu’un script editor aux commandes pour agglomérer un aussi grand nombre de points en une convergence relativement cohérente. Le scénario de Christopher H. Bidmead permet d’assurer en beauté la transition de Four à Five, mais aussi de préparer le futur et d’expliquer le fil rouge d’une grande partie de cette saison. Ainsi en visitant cette planète au sein de laquelle de pauvres hommes sont condamnés à faire des maths toute leur vie, le Docteur et Adric apprennent-ils que le pont entre leurs deux univers (les charged vacuum emboitments) a été crée par Logopolis. La progression de l’espace-temps menaçait de détruire la matière par un phénomène d’entropie et les mathématiciens durent modéliser ces sortes de trous de ver comme pont d’échange d’énergie pour garantir un équilibre. Par son intervention, le Maître a déstabilisé leurs travaux et entraîné la suppression des ponts, qui se poursuivra par l’absorption de tous les autres univers par l’effet de l’entropie. Logopolis est un épisode de destruction de masse qui voit la suppression de plusieurs systèmes, dont celui contenant Traken, la planète de la jeune Nyssa. Il décrit également une longue série de meurtres par miniaturisation perpétré par le Maître pour arriver à ses fins. Un bilan qui détourne plus que jamais Doctor Who du spectacle pour enfants.

ImageCoucou c’est moi !

Cet arc est aussi une croisée des chemins comme on en a peu vues dans l’histoire de la série. Pour l’occasion le script editor ne s’est pas contenté de reconvoquer le Maître. Il a ajouté en peu de temps deux compagnons au Docteur alors même que l’arrivée d’Adric est encore chaude et que le Docteur va lui-même changer. Puisqu’il faut aller de l’avant, Four largue la chambre de Romana après avoir évoqué sa mémoire (officiellement pour lâcher du lest à cause du TARDIS du Maître) et entraîne illico dans l’action ses nouvelles compagnes. Dans le cas de Tegan, ce sera d’abord à son corps défendant. Sur la route de son premier vol en avion, l’hôtesse de l’air en devenir va rencontrer un vaisseau qui l’emmènera sans doute vers des destinations plus originales, mais on ne peut que compatir à son désarroi lorsqu’elle découvre en quelques minutes qu’une cabine de police peut devenir un labyrinthe, que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, que sa tante a été tuée et que l’univers va être plongé dans le chaos. L’introduction de l’australienne Tegan, d’abord présentée dans sa vie quotidienne, ouvre la perspective de ce que sera la présentation des compagnes dans la série moderne, mais son aventure n’a aucun point de comparaison avec les premières aventures de celles-ci. C’est un peu comme si Donna était arrivée dans la série à l’épisode de l’enlèvement de la Terre. La jeune Nyssa ne nous est pas inconnue car elle fut de la partie dans l’épisode précédent. Nous apprenons ici qu’elle a été amenée à Logopolis par le cinquième Docteur et surtout qu’elle ne retrouvera jamais sa planète.

ImageHaha il va devoir tout recalculer. Nerd !

Logopolis est enfin la fin de la route pour le plus long Docteur de la série. Tom Baker aura été le Docteur pendant quarante-deux arcs (le tiers des arcs de la série classique). De sa période, il se dégage un bilan mitigé traversé de bonnes idées, mais aussi de moments creux. Ce Docteur un peu fou mena sa barque dans une certaine anarchie et sans véritable attache, envoyant voler bien loin les structures et personnages récurrents établis par Three tout en reproduisant indéfinimment des intrigues spatiales sur des modèles similaires. Une tentative de restructuration avait été opérée par l’arc de la Clé du Temps, mais qui avait abouti par la suite à une autre saison désorganisée. L’arrivée du Maître renoue le contact avec l’époque de Three et annonce peut-être le retour d’une certaine structure qui la caractérisait. L’entropie de l’arc serait-elle le reflet de ce qu’était Doctor Who sous Four : Un vaisseau qui avance en roue libre condamné à se dissoudre, à moins d’une intervention pour rétablir un équilibre.

ImageAlliance de circonstance comme au bon vieux temps

Une chose est certaine, la transition a été bien préparée, autant dans la nouvelle identité de cette saison 18 que dans le passage de relai de cet arc qui voit un contact entre Four et Five (le mystérieux guetteur) bien avant la régénération. Tom Baker avoue lui-même cette préparation avant de laisser partir son Docteur par une chute fatale. Une sortie plutôt moyenne qui est néanmoins réhaussée par le rappel des ses ennemis (lors de la chute) et de ses alliés (avant la régénération) qui met pour la première fois en perspective dans la série la valeur d’une incarnation. La régénération sous forme de fusion est toute aussi nouvelle, procédant d’une fusion entre le présent et le futur qui n’a de sens que symboliquement. Plutôt que trouver une explication, on préferera profiter de la poésie du spectacle au même titre que les trois jeunes compagnons qui vont guider Five.

Adios Four. Thanks for the fun !

N : 9

IM : 9

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