Saison 26 (1989) / 26-01 Battlefield

Saison 26 (1989) / 26-01 Battlefield

De Ben Aaronovitch ( 4 épisodes )

Réalisation : Michael Kerrigan

Le Docteur et Ace atterrissent près du lac Vortigern dans un futur proche, guidés par un signal de détresse venu de la Terre. Seven ne tarde pas à croiser la route d’UNIT, désormais dirigé par le Brigadier Bambera. Dans la retraite qu’il partage avec sa femme et son jardin, l’ex Brigadier Lethbridge Stewart est averti du retour du Docteur et décide de le rejoindre, sentant le danger venir. Celui-ci se matérialise sous la forme de chevaliers en armure semblant venir d’un autre monde. Plusieurs d’entre eux attaquent le Brigadier Bambera alors qu’elle inspecte l’extérieur du TARDIS. Ace fait la connaissance de Shou Yuing, une jeune fille qui partage sa passion pour les explosifs et le Docteur entre en contact avec un fourreau découvert il y’a peu par l’archéologue Warmsly qui semble le reconnaître. Ce sera également le cas du chevalier Ancelyn, un des hommes en armure, qui désigne le Docteur comme étant Merlin. Tous sont aussitôt encerclés par le camp ennemi d’Ancelyn mené par Mordred, le fils d’Arthur et de Morgane qui porta le coup fatal à son père. Mordred prend peur car il pensait que sa mère avait enfermé Merlin. Il décide d’appeler sa mère à l’aide en la faisant passer à travers une faille temporelle. Suivant l’archéologue, le Docteur explore l’endroit où le fourreau a été retrouvé. Il reconnaît son écriture sur les lieux dans une instruction de creuser. Après qu’Ace ait tout fait exploser à la nitro, un passage s’ouvre à eux menant sous le lac. Ils y découvrent une chambre appartenant à un vaisseau dans lequel se trouve l’épée Escalibur et à ses cotés, le corps d’Arthur dans une armure. C’est cette épée que convoite Morgane, et elle serait prête à s’allier au Destructeur de mondes pour l’obtenir.

2601Parapluie contre épée. Je parierai sur Merlin.

Le scénariste de Remembrance of the Daleks est de retour avec une nouvelle histoire de Docteur dissimulant une relique dans notre bon vieux vingtième siècle. Ce ne serait que la troisième en deux saisons si Battlefield n’impliquait pas une originalité de taille. La version future / alternative du Docteur à l’origine cette dissimulation ne serait nul autre que l’enchanteur Merlin. Un postulat audacieux qui tombe pourtant sous le sens. Explicitement depuis le troisième Docteur, Doctor Who a traîté la magie comme une science obscure. Seven ne cite t’il pas dans cet arc une des lois d’Arthur C. Clarke qui énonce que toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. Un Time Lord pourrait alors tout à fait être reconnu comme un magicien par une population moins avancée. La possibilité de Merlin de changer de forme fait également écho aux régénérations du Docteur. L’intelligence du scénariste se trouve à la fois dans la finesse avec laquelle cette révélation est apportée à l’Histoire, dans le doute laissée sur une éventuelle future incarnation devenant Merlin et dans l’utilisation de cette révélation pour porter encore plus loin Seven. Aussi fin comédien qu’il est showman, ce dernier se met aussitôt dans la peau de Merlin pour impressionner ses adversaires. Sylvester McCoy se réjouit à jongler, aussi impressionnant qu’inquiétant, communiquant tantôt la menace qu’il est pour Mordred et Morgane (c’est un superbe Merlin), tantôt l’affection qu’il éprouve pour Ace. La compagne n’est pas en reste. Si elle se vexe de l’appelation « la dernière compagne en date » lancé par ce colonel blimp de Lethbridge Stewart, elle se verra tout de même décerner le privilège de porter Excalibur, de la protéger de Morgane et d’entendre le Docteur avouer qu’il y a un paquet d’épées extraterrestres dans l’univers, mais une seule et unique Ace. Ce personnage est, il est vrai, une compagne sans pareille.

2601BEXCALIBUR

Appropriation whovienne admirable des légendes arturiennes, Battlefield offre aussi la dernière apparition du Brigadier Lethbridge Stewart. Vingt et un an après sa première apparition, Doctor Who cède à l’interdit de montrer le Brigadier en civil et de nous présenter sa femme Doris. C’est un Nicholas Courtney vieilli mais toujours alerte qui enfile sa panoplie pour se frotter une dernière fois aux ennemis de la Terre. Si on peut regretter que l’affrontement final entre le Brigadier et le Destructeur invoqué par Morgaine soit autant bâclé, la complicité avec le Docteur est toujours là. Le Brigadier aura ainsi connu toutes les incarnations classiques du Docteur, à l’exception de Colin Baker et Paul McGann, et il aura même eu l’occasion de croiser post-mortem le douzième Docteur. Ces dernières retrouvailles permettent également de remettre la toute aussi vieille mais efficace Bessie en service, à la grande surprise de Ace. Nous retrouvons également Jean Marsh, l’actrice qui incarna Sara Kingdom dans the Dalek’s master plan, dans le rôle de Morgane. La scène qu’elle partage avec Nicholas Courtney prend une toute autre saveur lorsqu’on se rappelle que l’acteur était pour la première fois apparu dans la série dans le rôle de Bret Vyon lors de cet arc, et qu’il lui donnait alors la réplique. Battlefield boucle ainsi la boucle d’un des personnages les plus importants de la série et rend hommage à l’acteur Nicholas Courtney. Aaronovitch se garde toutefois de le faire mourir au combat, comme l’avait encore une fois prévu une première version du script. Ce premier arc de la dernière saison des classiques recèle encore de nombreuses surprises et semble annoncer un point d’équilibre atteint par le script editor Andrew Cartmel entre le grain de folie des expérimentations et des scénarios solides. On pourrait très bien finir en beauté.

2601CSo Long Brigadier  😦

N : 8

IM : 7

13-06 The Seeds of Doom

13-06 The Seeds of Doom

De Robert Banks Stewart (6 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Deux scientifiques en mission en Antarctique trouvent une étrange plante enterrée dans la glace, qu’ils ramènent à leur base. Ils découvrent qu’elle était là depuis vingt mille ans. Richard Dunbar, du bureau écologique mondial de Londres est aussitôt prévenu, et reçoit la visite du Docteur et de Sarah Jane. D’abord réticent à collaborer avec UNIT, il leur montre les clichés de la plante que le Docteur estime être d’origine extraterrestre. Il décide de rejoindre l’expédition en Antarctique. Mais Dunbar a déjà mis au courant le millionnaire Harrison Chase, grand amateur de plantes, qui a décidé d’obtenir coute que coute cette espèce rare, quitte à envoyer sur place deux mercenaires. A la base, la plante s’ouvre et attaque un des scientifiques qui est aussitôt atteint d’un mal étrange qui le couvre de vert. A leur arrivée, le Docteur et Sarah Jane découvrent que le sang du malade ne contient plus que des bactéries de plantes. Il se change peu à peu en Krynoid, un végétal intergalactique qui a pour particularité de manger les animaux et s’échappe pour tuer un à un les membres de l’équipage. Alors que tous attendent une équipe médicale, le mercenaire et le botaniste d’Harrison Chase débarquent à la base et profitent de la panique ambiante pour dérober la source du problème.

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-Bon allez je te plante le décor. On est coincé dans une base avec un monstre plante.

Robert Banks Stewart, qui avait offert des vacances londoniennes à Nessy au début de la saison rempile dans un six-parter sympathique qui prouve qu’un peu de sang neuf dans l’équipe de scénariste ne fait pas de mal. L’habitude des arcs en quatre parties met en exergue beaucoup de longueurs sur ces six épisodes, qui sont souvent éclipsées par de bons personnages secondaires, une utilisation intelligente du budget limité et la volonté de varier les lieux entre la première et la seconde partie de l’arc. La partie en Antarctique renvoie ouvertement à la Chose d’un autre Monde, dans la lignée référentielle de cette saison 13. Elle ajoute quelques mutations intéressantes et met le Docteur dans des situations qui le confrontent de plein fouet avec la violence humaine. Le mercenaire Scorby sera d’ailleurs un des pivots de l’arc alors que le reste du casting est décimé à vive allure par les plantes. La seconde partie dans le manoir du milliardaire Chase tourne à l’avantage des Krynoids, ce qui fait vite virer cet arc vers une symphonie de verdure.

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Activiste écolo ou pauvre bougre possédé par des plantes?

The Seeds of Doom contient de bons moments horrifiques, avec comme point culminant les apparitions impromptues de cette plante rampante qui surgit de son œuf pour aller contaminer la personne la plus proche. C’est à ce jeu qu’il fonctionne le mieux, les derniers épisodes montrant sans réel surprise un monstre plante, qui s’il est plutôt bien rendu par les effets, sombre un peu dans le grotesque. La charge écologique de cet arc est peu claire. L’homme censé défendre les végétaux est dès le départ désigné comme le bad guy et la population verte est clairement hostile. Possédé par ses amis les plantes, Chase ne se gêne pourtant pas pour entamer un discours sur le règne animal qui agit comme des parasites sur les êtres chlorophyliens. Il est préférable de voir dans The Seeds of Doom un arc agréable et parfois original qui met encore une fois en valeur la fougue de Sarah Jane Smith et du quatrième du nom et permet une dernière apparition de UNIT avant longtemps (sans les têtes connues, malheureusement). Ce n’est pas une fin de saison à la Three, mais le contrat est bien rempli.

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Mothra n’est jamais là quand on a besoin d’elle.

N : 7

IM : 4

13-04 The Android Invasion

13-04 The Android Invasion

De Terry Nation (4 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

Le Docteur et Sarah Jane se retrouvent dans le Devesham, où ils assistent à la mort d’un soldat d’UNIT qui se jette d’une falaise pour échapper à des assaillants qui tirent des balles avec leur doigt. Dans le village, ils recroisent le soldat mort et des villageois qui se comportent bizarrement. Sarah Jane enquête sur place et le Docteur décide de joindre UNIT. Arrivé au QG, il rencontre dans le bureau du Brigadier un certain Crayford, astronaute disparu il y’a de cela deux ans. Le Docteur est poursuivi par Benton et par le lieutenant Sullivan, puis il est mis aux arrêts. Sarah Jane le libère et lui explique que tout ceux qu’ils ont rencontré sont des androïdes duplicata de personnes existant sur Terre. Les Kraals , une race d’extraterrestre dont la planète est devenue inhabitable, ont construit ce petit laboratoire afin de cultiver ces robots qui serviront à conquérir la Terre en diffusant un virus. L’astronaute Crayford, recueilli par eux alors que son vaisseau était en perdition, a promis de les aider, bien qu’ignorant les intentions du chef Styggron d’en finir avec les humains avant de s’installer. Le Docteur découvre alors que la femme qui l’a aidé n’est qu’un androide de Sarah Jane.

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Les Kraals, des E.T qui ressemblent à de vieux râleurs

Sur la requête de Robert Holmes, Terry Nation est de retour avec un épisode sans Daleks, et c’est tant mieux ! Il nous avait déjà fait le coup avec le très bon Keys of Marinus pour la première saison. The Android Invasion n’est pas parfait, mais il a le mérite d’être plus original qu’une bonne partie des épisodes écrits par le papa des Daleks sur la série. On nage bien sûr dans la paranoïa type L’invasion des profanateurs que développait déjà l’attaque des Zygons, avec des doubles des personnages qui brouillent les pistes sur qui est ou n’est pas dans le bon camp (Le Docteur et Sarah Jane compris). Les Kraals sont des aliens classiques aux des vagues traits de rhinocéros, mais leur procédé d’invasion relève de l’inédit. La première partie entretient l’illusion d’un atterrissage sur Terre pour le docteur et sa compagne, malgré une dématérialisation sauvage du TARDIS. Poussive et étirée, elle se révèle nettement moins intéressante que la deuxième, qui voit la préparation de la fusée de l’astronaute pour la Terre et la rencontre des humains qui ont été dupliqués.

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Sarah Jane bot et tous ses circuits. C’est indécent.

L’occasion est bonne pour revenir à UNIT, et ce en dépit des convictions du script editor. Le Brigadier n’est pas de la partie puisque parti pour Genève (Nicholas Courtney est en tournée théâtrale), mais on retrouve avec plaisir Benton et Harry Sullivan. Le plaisir aurait bien sûr été plus grand si pour cette dernière apparition dans la série, ils avaient interprété plus longtemps leur rôle au lieu de celui d’androïdes occupant leur corps. Sarah Jane est fidèle à elle-même, mais il serait temps d’en faire une compagne plus volontaire pour les voyages. On se doute bien que le Docteur ne va pas la ramener chez elle, comme il le promet, dans le prochain épisode.

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Pour leur grande dernière, Sullivan et Benton préparent le retour d’un astronaute. UNIT represents !

N : 6

IM : 4

Saison 13 (1975-1976) / 13-01 Terror of the Zygons

13-01 Terror of the Zygons

De Robert Banks Stewart (4 épisodes)

Réalisation : Douglas Camfield

Suite à la disparition de plates formes pétrolières dans une région côtière des Highlands, le Docteur est appelé à la rescousse par le Brigadier. Il atterrit en Ecosse avec Sarah et Jane et Harry, pour être conduit jusqu’au QG improvisé de UNIT par le mystérieux et laconique Duc de Forgill, détenteur des domaines locaux. Dès son arrivée, la fine équipe mène l’enquête. Ce qui vaut à Harry de se faire tirer dessus alors qu’il tente de sauver un survivant d’une des plates formes pétrolières. Transporté à l’hôpital, il est enlevé par l’infirmière qui est en fait une créature extra-terrestre. La créature enferme Sarah Jane et ne tarde pas à faire de même avec le Docteur qui est un peu trop perspicace. Harry est transporté jusqu’à un vaisseau et présenté au chef Zygon, Broton. Celui-ci lui explique que leur planète ayant été détruit par une explosion stellaire, ils comptent prendre contrôle de la Terre en utilisant un monstre marin venu de leur planète, le Skarasen, qui fera exploser les ressources terriennes. Possédant la technologie qui leur permet d’imiter les humains qu’ils retiennent prisonniers, ils comptent également prendre l’apparence d’Harry pour mener à bien leurs plans.

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Pour sa dernière apparition 70’s, le Brigadier rend hommage à Jamie McCrimmon

Un bien sympathique début de saison que cet épisode qui renvoie aux meilleurs heures de Three et de UNIT, alors qu’ils combattaient des superstitions qui cachaient des menaces extraterrestres (The Daemons en est le meilleur exemple). Nous retrouvons avec plaisir le Brigadier et Benton. Cet arc est encore plus sympathique du fait qu’il se déroule en Ecosse. L’initiative de se tourner vers les Highlands vient de Robert Banks Stewart, un des nouveaux scénaristes engagés par Robert Holmes pour revigorer la série, qui se trouve être originaire d’Ecosse. Il nous explique que le Monstre du Loch Ness serait l’instrument des Zygons, des types rouges pas franchement beaux et pas très commodes. On a bien envie de le croire, d’autant plus que les quatre épisodes sont très bien gérés et qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Nessy se paie une bonne tranche et parvient même au terme de l’arc à faire un petit tour à Londres (du moins son cou).

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Le Zygon dans son enveloppe naturelle. On comprend qu’il veuille nous ressembler.

Les Zygons, qui ont gagné plus de temps d’antenne du fait des réécritures de Robert Holmes, ont suffisamment de particularités pour s’intégrer à la B-List du bestiaire de la série. Stewart joue particulièrement bien de leur technologie de polymorphe sans en faire trop. Les personnages, même secondaires, sont marquants et la couleur locale permet quelques pointes d’humour bien placées dont un Brigadier en kilt qui rappelle fièrement son appartenance au clan Stewart à Sarah Jane. La première mauvaise nouvelle de l’arc est le départ prématuré d’Harry qui formait un très bon tandem avec Sarah Jane. Engagé au départ pour être l’action man au cas où le Docteur serait trop vieux, la production jugea inutile de le renouveler. Du coup, le Docteur et Sarah repartent seuls à l’aventure comme au temps de Three. La seconde mauvaise nouvelle est que le Docteur coupe bien le contact avec UNIT après cet épisode, et ce pour de nombreuses années.

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Harry et Sarah Jane – La dernière. So long Old Boy.  😦

N : 7

IM : 5

Saison 12 (1974-1975) / 12-01 Robot

TOMBAKER2

TIME FOR THE FOURTH !

12-01 Robot

De Terrance Dicks (4 épisodes)

Réalisation : Christopher Barry

Suite à sa régénération, le Docteur devient incohérent et perd connaissance. Le Brigadier le confie aux bons soins du lieutenant Harry Sullivan, également docteur mais en médecine. Celui-ci peine à tenir le TimeLord et se retrouve enfermé dans un placard. Désireux de demander son aide pour une affaire de vol des plans d’un fusil désintégrateur restée sans explication, le Brigadier et Sarah Jane arrivent à temps pour voir le Docteur embarquer dans le TARDIS. Mais il fait marche arrière après avoir reconnu ses amis. UNIT cerne l’usine où se trouve les pièces capables de fabriquer le fusil, mais le dérobeur parvient à creuser un tunnel et à tous les berner. Pendant ce temps, Sarah Jane a obtenu un pass pour enquêter au National Institute for Advanced Scientific Research, également appelé « Think Tank ». Elle découvre que la directrice et son assistant ont repris à leur compte un robot fabriqué par le célèbre professeur Kettlewell. Ils lui font la démonstration que le robot est programmé pour ne pas tuer les humains, le mettant dans un état de confusion qui attire l’empathie de Sarah Jane. Mais il est évident que l’homme de fer, doté d’un rayon capable de supprimer le métal, est le dérobeur des fameux plans. Il agit pour le compte des dirigeants de Think Tank, également membres d’une société secrète (Scientific Reform Society) qui a pour but de donner le pouvoir aux scientifiques. Leur plan suivant est de dérober les codes de lancement des armes nucléaires des principales puissances, qui sont tous dans le même panier !

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Why so serious?

Le Docteur quatrième du nom n’aura pas le temps de souffler pour sa première aventure, et il ne semble pas en avoir envie le moins du monde. Four est un vrai clown, de la tenue jusqu’à l’attitude, un gamin hyperactif et farceur qui n’aurait pas pris sa ritaline. Il est tout de même aussi compétent que son prédécesseur et il se rapproche de Nine, le Docteur de Christopher Eccleston, dans certaines de ses mimiques. La fantaisie qu’avait un peu lâchée Jon Pertwee est donc de retour dans la série, et on peut d’ores et déjà parier que les Jelly Babies seront à Baker ce que la flûte était à Patrick Troughton. L’intrigue de l’épisode est originale, puisque traitant de la robotique dans une perspective présente. Elle fait référence à une loi de la robotique d’Isaac Asimov (un autre bon docteur) et contient en germe de nombreuses idées intéressantes. Citant ouvertement King Kong dans le rapport liant le robot à Sarah Jane (celui-ci devient gigantesque dans le quatrième épisode), Terrance Dicks donne à voir une ébauche de l’imagerie du magnifique Géant de Fer de Brad Bird. La mainmise des hommes qui souhaitent l’utiliser pour des tâches qui trahissent sa conscience initiale rend l’arc plutôt intéressant. Il est dommage que sa construction répétitive ne soit pas à la hauteur de ses idées et que son déroulement soit aussi prévisible.

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Sarah Jane Smith prête à imiter Fay Wray

Pour accompagner Four, Sarah Jane est toujours fidèle au poste, ainsi que le Brigadier et Benton, qui est désormais officier !  La journaliste demeure fidèle à sa réputation de fouineuse, mais elle acquiert avec cet épisode une autre dimension. Sa sensibilité et son empathie pour le robot en feront la seule personne qu’il voudra sauver. On ne peut s’empêcher de penser à un autre robot, plus inoffensif, qui deviendra le compagnon de Sarah Jane. Cette nouvelle saison nous installe en terrain connu, mais ose quand même adjoindre à Four un nouveau compagnon, le lieutenant Harry Sullivan de UNIT, dont nous avions déjà entendu parler lors du précédent épisode et qui semble sympathique et conventionnel, sans doute ce qu’il faut pour tempérer duo tel que Four et Sarah Jane. A la vue de son galop d’essai, on est au moins certain que ses échanges avec la jeune journaliste seront savoureux.

1201CLe futur compagnon entre son Brigadier et son patient.

Comme le veut la tradition, un nouveau générique, bien dans la continuité du second de Jon Pertwee.

N : 6

IM : 8

8-03 The Claws of Axos

8-03 The Claws of Axos

De Bob Baker & Dave Martin (4 épisodes)

Réalisation : Michael Ferguson

Le Ministère de la Défense britannique a envoyé un représentant au QG de UNIT pour enquêter sur le Docteur et un flic américain est de passage, ce qui cause un beau désordre. C’est à ce moment qu’un vaisseau extra-terrestre s’écrase sur la Terre, causant son lot de questionnements, de préparation d’attaque et d’enlèvements suspects. Les Axons disent avoir besoin de carburant pour repartir et proposent de délivrer en échange l’Axonite, une molécule capable de reproduire toutes les substances. Ils ont en vérité emprisonné le Maître qui leur a promis la Terre et ses ressources en échange de sa liberté et de la suppression du Docteur. L’Axonite, qui a été négocié par le représentant du Ministère en exclusivité à la Grande-Bretagne, n’est qu’une partie du vaisseau organique des Axons destinée à absorber l’énergie tout autour quand le moment viendra.

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Un pur concept de groupe de rock

Un épisode très sympathique, qui est passé par de multiples réécritures depuis son origine en 1969. La menace extra-terrestre de l’arc est une des plus étranges que la série ait pu nous montrer : Un peuple doré vivant dans un vaisseau organique qui transporte le début de cette aventure dans un univers psychédélique fait de visions et de spasmes intérieurs, comme si les prisonniers du vaisseau étaient pris dans le ventre d’une baleine. Les sortes de monstre plantes issus de l’activation de la matière sont aussi peu banals et on prend un plaisir certain à les voir courir dans les rues.

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Ca doit être chaud à l’intérieur

Fausse alerte de départ. Le Maître est de retour sur Terre et son TARDIS est retenu en otage par les Axonites. Une mince variation de la formule consacrée de cette saison 8 qui veut que le Maître ourdisse un plan avec des complices pour se retrouver dépassé par leur force. Il s’allie encore une fois avec le Docteur, mais l’intérêt de cette alliance est mutuel. Le Maître cherche un TARDIS pour repartir et le Docteur pourra utiliser les connaissances de son congénère pour réparer sa vieille machine afin de quitter la Terre une fois pour toute. Le dernier épisode de l’arc est excellent, s’employant à croiser tous ces enjeux et exploitant le voyage temporel de manière originale (une boucle temporelle comme prison). Même avec un TARDIS réparé, le Docteur se retrouve inmanquablement sur Terre, tel un yoyo galactique.

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L’inévitable alliance des Time Lords vue d’un autre oeil

N : 7

IM : 5

8-02 The Mind of Evil

8-02 The Mind of Evil

De Don Houghton (6 épisodes)

Réalisation : Timothy Combe

A la prison de Stangmoor, Jo et le Docteur assistent à la présentation du « Dispositif Keller », une machine qui a la possibilité d’extraire les mauvais penchants des Hommes. L’expérience tourne mal et le criminel utilisé pour la tester meurt. D’autres morts s’en suivent, un par noyade sans eau, l’autre par attaque de rats sans rats. Le Docteur finit par découvrir que la Machine est responsable de ces meurtres, tuant les personnes visées en leur faisant rencontrer leur plus grande peur (Dr. Jonathan Crane approved). Il découvre aussi à ses dépens que le Maître et Keller sont en fait une seule et même personne. Pendant ce temps, UNIT est chargé de la Sécurité de la première conférence pour la paix et du transport d’un missile Thunderbolt très dangereux. Alors que la première tourne mal après l’assassinat d’un délégué chinois, le second attire la convoitise du Maître qui compte le dérober afin de faire de la Terre un désert sur lequel il pourrait régner.

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Flash!

Le scénariste du très bon Inferno rempile pour un nouvel épisode en noir & blanc (les bandes couleur ont été effacées par la BBC) aussi original que son premier essai, mais décousu. Plusieurs intrigues s’entremêlent et entretiennent une certaine confusion durant la première partie. Don Houghton parvient néanmoins à les lier dans la deuxième partie de l’arc qui est bien plus intéressante. Nous assistons à une mutinerie de prisonniers et à l’assujettissement du Docteur par le Maître grâce à la Machine. Le rapport entre les deux Time Lords dépasse celui du héros et de sa nemesis, évoluant vers une collaboration lorsque le Docteur comprend qu’un parasite extra-terrestre est dans la Machine et que le Maître en a perdu le contrôle. Celle-ci fait quelques apparitions aléatoires pour tuer tout ce qui bouge dans la prison. Les scènes entre le Maître et le Docteur sont très intéressantes, tirant partie de leur vécu, de leur considération mutuelle malgré leur différence et du fait qu’ils sont deux étrangers enfermés sur la même planète.

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So Far away from Gallifrey…

Jo prend du galon dans cet épisode, se révélant très utile dans l’action, mais surtout très humaine. Elle s’occupe durant une bonne partie de l’arc d’un prisonnier devenu inoffensif à cause de l’intrusion de la Machine, personnage qui sera déterminant pour la résolution de l’arc. UNIT acquiert un visage un peu plus humain grâce à l’importance de Yates et du Sergent Benton, tandis que le Brigadier peut respirer dans une intrigue au départ déconnectée du Docteur. La scène qu’ils partagent avec un diplomate chinois, dans laquelle le Docteur se révèle un excellent linguiste (dans plusieurs dialectes chinois) au grand étonnement du Brigadier, est une de leurs meilleures, usant d’un décalage autrement plus subtile que les reproches constants du TimeLord. UNIT fait aussi une belle entrée dans la prison façon cheval de Troie. A l’issue de l’arc, le Maître parvient à récupérer la pièce de son TARDIS que le Docteur détenait, laissant de nouveau notre consultant scientifique dans sa solitude terrienne.

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Le capitaine Mike Yates, en colorisé parcequ’il le vaut bien.

N : 7

IM : 6

7-02 Doctor Who and the Silurians

7-02 Doctor Who and the Silurians

De Malcolm Hulke  (7 épisodes)

Réalisation : Barry Letts

UNIT est appelé pour enquêter sur de mystérieux problèmes de santé et une attaque dans une centrale nucléaire atypique logée près de cavernes. Confronté aux réticences du propriétaire des lieux, le Dr. Lawrence, le Brigadier appelle Le Docteur et Liz à la rescousse. Le Docteur ne tarde pas à être en contact avec un reptile qui semble venir de l’endroit où se nichent les agresseurs, les Siluriens. Un peuple qui habita la Terre avant les humains et qui dut se terrer dans des abris souterrains par peur de la lune. Revenus à la vie grâce à l’énergie de la centrale, ils comptent bien revendiquer la Terre. Le Dr. Quinn (un homme médecin), qui souhaite négocier les secrets scientifiques de leur civilisation en enlevant un des leurs, apprendra à ses dépens qu’on ne plaisante pas avec les reptiles intra-terrestres. Le Docteur tente malgré tout d’éviter une guerre ouverte en se faisant médiateur alors même que les soldats de Unit progressent dans les caves des Siluriens. Il trouve en leur chef, un scientifique, un allié de circonstance.

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BOO!

Maintenant que le Docteur est condamné à rester sur Terre, il faut trouver une manière d’éviter la routine de l’invasion extraterrestre. L’invasion intraterrestre semble être une bonne parade. Nous voici donc dans un arc en sept parties consacré à la première espèce qui vient de sous la Terre : Les Siluriens. Nous retrouverons cette espèce dans le double épisode The Hungry Earth / Cold Blood écrit par Chris Chibnall pour les besoins de la première saison du run de Steven Moffat (et de Matt Smith), ainsi que la plupart des idées developpées dans cet épisode. Les Siluriens ont le sang-froid reptilien, il s’agit d’une civilisation avancée, le Docteur se pose en casque bleu et tente de négocier une partie du territoire avec le chef et il y’a des deux côtés des tentations de recourir à la violence. La revendication d’un territoire par deux peuples distincts qui l’ont chacun habité rappelle bien des exemples historiques ou contemporains de cet épisode. La résolution par la négociation que prône le Docteur et que soutient Liz semble être déjà un sujet qui divise. Le Docteur et le Brigadier auront ainsi leurs premiers désaccords et l’arc se résoudra amèrement par l’anéantissement, sur ordre de Lethbridge Stewart, des caves des Siluriens. Un acte qui devrait porter un coup à son amitié avec le Docteur.

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Le Brigadier reconverti en standardiste

L’arc ne se borne heureusement pas à faire des aller-retour entre les souterrains et la centrale. Le scénariste Malcolm Hulke enrichit l’affrontement larvé des deux civilisations d’une épidémie lancée par les Siluriens pour supprimer tous les humains, qui se propagera jusqu’à Londres et au-delà. Cela ne suffit pas à maintenir la tension sur la durée des sept épisodes, le dernier étant de trop, mais l’ensemble est particulièrement agréable à regarder et au final plus riche que son remake. La noirceur de la conclusion et la variété des thèmes abordés compense le look cheap des Siluriens, l’absence de variété des décors de leur antre et cette manie de terminer chaque épisode par une menace de mort pour l’un des héros. Jon Pertwee est convaincant, mais le TARDIS manque, d’autant plus que le Docteur semble l’avoir un peu vite remplacé par…une voiture. Notre compagne féministe Liz est pour l’instant bien en retrait.

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La scène la plus flippante de l’arc. Si si je vous assure…

N : 7

IM : 6