29 / 3-12 & 13 The Sound of Drums & Last of the Time Lords (Que tapent les tambours & Le Dernier Seigneur du temps)

29 / 3-12 & 13 The Sound of Drums &  Last of the Time Lords (2 épisodes)

De Russell T. Davies

Réalisation : Colin Teague

Le Docteur, Jack et Martha sont de retour en 2007 pour se rendre compte que le Maître est devenu premier ministre du Royaume-Uni sous les traits du mystérieux Harold Saxon. Sa première mesure sera de gazer son gouvernement, sa deuxième d’éliminer une journaliste qui en sait trop, puis il s’attaque à son grand chantier : Supprimer une grande partie de l’espèce humaine et faire de la Terre la base qui servira à déclarer la guerre aux autres monde (et accessoirement reconstruire Gallifrey). A chaque grande réforme, un plan d’action. Celui du maître est de créer les conditions pour l’arrivée des Toclafanes, une race d’E.T chargée de l’aider à régner sur l’univers. Les trois voyageurs temporels ne tardent pas à devenir ennemis publics numéro 1, 2, et 3. Ils devront rivaliser d’ingéniosité pour se rendre invisible aux yeux des autres. Mais le Maître a tout prévu, et l’invasion de milliers de boules meurtrières s’abat sur la Terre.  Le Maître parvient à faire vieillir le Docteur grâce à l’invention du Docteur Lazarus et à mettre le Capitaine Jack hors d’état de nuire. C’est sur les épaules de Martha Jones que repose désormais lors le destin de l’humanité.

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AWESOME Gaz party at Downing Street

Nous voici de retour dans le temps réel, quatre jours après la téléportation de l’hôpital qui a valu la rencontre de Martha et de Ten. Le Docteur et ses compagnons se retrouvent parties d’événements qu’ils n’ont pas vus venir, mais qui leur pendaient au nez depuis déjà dix-huit mois. L’élection de Saxon n’était que le point final d’une intense et minutieuse préparation : Appropriation des moyens de télécommunication par la création du réseau Archangel, conditionnement des foules par un message subliminal et transformation du TARDIS en gigantesque machine à paradoxe temporel (pour soutenir le twist). Le premier épisode offre une satire réjouissante du cynisme politique à travers l’irresponsabilité du Maître et l’aveuglement d’électeurs  malléables à loisir, parvenant à faire abstraction de la compétence et des propositions d’un candidat. Le maître enfonce le clou en manipulant les peurs liées aux dernières invasions extraterrestres. Puis il finit par railler la versatilité des opportunistes qui l’ont rejoint alors que le vent tournait (bande d’amateurs !). L’idée de croiser le pouvoir d’hypnose du Maître avec le discours d’un politicien est tellement pertinente qu’on peut s’étonner que les précédents scénaristes n’y aient pas pensé.

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Tempêtes de boules tueuses sur le Valliant

Le Maître demeure le plat de résistance de cet épisode, et sa confrontation avec le Docteur est très savoureuse. Nous apprenons qu’à huit ans, il a regardé dans le vortex et il y’a vu un appel à la guerre, symbolisé par ce rythme lancinant qui le poursuit depuis Utopia (the sound of drums), qu’il répand comme une contagion pour assurer son élection. Ce fait nouveau ajoute une justification à la folie du Maître, qui se suffisait à elle-même jusqu’ici. Nous apprenons aussi que le Maître est devenu Yana pour fuir la guerre du temps et que les Toclafanes sont les pauvres réfugiés de la fin des temps qui n’ont jamais trouvé Utopia. Le Docteur a, lui, enfin trouvé un autre seigneur du temps, mais qui le réduira à l’état d’esclave. Les scénaristes ont ainsi pu céder à leur pulsion de nous offrir un Docteur complètement abattu qui place sa vie entre les mains d’humains, sorte de version extrême des états par lesquels il est passé cet année. On rentre de nouveau dans l’introspection du Docteur au fur et à mesure qu’on explore l’âme tourmentée du Maître. Celui-ci représente l’opposé du voyageur, mais ils sont les deux faces d’une même pièce comme ils l’ont toujours été depuis l’apparition du personnage au début des années 70. Celui qui est devenu humain pour fuir les Timelord contre celui qui l’a fait pour épargner ses ennemis, celui qui veut reconstruire Gallifrey contre celui qui défend notre Histoire, celui qui pense qu’une pensée synchronisée par tous les hommes peut être décisive contre l’âme diabolique qui considère (horreur) les télétubbies comme un grand pas dans l’Evolution.

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Un type pas net traîne dans la maison de retraite

C’est l’heure de l’examen pour Martha Jones, qui est de loin l’héroïne de cette fin de saison. De retour dans son époque, elle se retrouve seule responsable de l’avenir de son monde, ce qui est plutôt pas mal pour un second couteau. Martha Jones a subi de plein fouet la perte de Rose, qui était le premier personnage auquel s’identifiait le spectateur qui connut Doctor Who avec le relaunch. Rétrospectivement, et à la lumière des classiques, elle se révèle une des compagnes les plus futées et réfléchies du Docteur, le compagnon vif qu’il fallait à Ten à ce moment du show pour pouvoir s’épanouir seul. Le fait qu’elle soit un peu en retrait a permis de remettre le projecteur sur le Docteur et d’en faire un personnage plus humain. En guise de cadeau à Freema Agyeman pour sa dernière aventure comme compagne, Russell T. Davies et Murray Gold mettent le paquet pour booster Martha Jones. D’abord dans une fin de premier épisode épique, avec grande musique et promesses à l’appui. Puis en faisant d’elle un nom parmi les combattants et celle qui apportera la victoire.Le rôle de Martha est finalement celui d’une simple humaine, l’étincelle qui fera s’enflammer un brasier qui libérera le Docteur, avant de retourner protéger les siens. Le parcours de l’héroïne est bouclé sur une note honorable. Mais on aura toujours du mal à comprendre l’importance accordée à sa famille, toujours aussi antipathique.

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Martha, coeur d’artichaut de compétition promue dernière espoir de l’humanité

Dans cette saison, l’introspection et l’expérience humaine ont court-circuité le voyage et l’ailleurs. La relation fusionnelle a laissé place au décalage entre le Docteur et sa compagne. Il est donc normal de se retrouver avec une héroïne contrant la nature aventureuse de Rose. Martha n’est pas faite pour voir sa vie bouleversée par un Time Lord. Le capitaine Jack retournera aussi vers Torchwood, enrichi par des réponses ou une expérience vécue dans cette année partie en fumée (un peu à la Donnie Darko). Le doute est lancé sur le fait qu’il deviendrait ensuite Face of Boe. Ce dernier épisode est finalement très bon, rempli d’idées cocasses et littéralement investi par John Simm, mais il manque à tout ça une partie de la magie du show. Cette saison 3 se révèle au final une bonne saison de transition pour faire le point sur le Docteur post guerre du temps, avec une deuxième partie de saison qui installe un grand niveau de qualité d’écriture.

2912E

Après 1 an d’enfer, on en avait oublié les retrouvailles

N : 8

IM : 9

Be seeing you Martha Jones

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