Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time (Il était deux fois)

Christmas Special 2017 – Twice Upon a Time

De Steven Moffat

Réalisation : Rachel Talalay

709 épisodes plus tôt, quelque part dans le Pôle Sud. Après avoir affronté les Cybermen de Mondas, le Premier Docteur refuse sa régénération. Il quitte Ben et Polly pour rejoindre son TARDIS, mais il rencontre en chemin le douzième Docteur, qui vient aussi d’affronter les cybermen de Mondas et refuse lui aussi de se régénérer. Le temps s’arrête. Un anglais en uniforme de capitaine de la première guerre mondiale ressemblant fortement à Mark Gatiss apparaît alors devant eux. Il a été téléporté des tranchées de 1914 au moment où il allait se faire tuer par un soldat allemand. L’entité Testament responsable de la téléportation aspire le TARDIS de Twelve dans un énorme vaisseau, dans la chambre des morts. Elle explique qu’elle est chargée d’extraire quelque chose des humains au moment de leur mort. Elle propose à Twelve et One de lui rendre le Capitaine en échange de Bill Potts, celui-ci ayant été déplacé de sa ligne temporelle lors de l’extraction. Bill refuse que le Capitaine prenne sa place et les quatre s’échappent du vaisseau pour rejoindre le TARDIS du premier Docteur. Tentant d’identifier l’entité, le TARDIS les mène à la planète Villengard où réside la grande base de données des Daleks. Twelve y retrouve Rusty, le Dalek rebelle. One est quand lui confronté à l’entité qui a pris la forme de Bill Potts.

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Un Lethbridge Stewart de plus

Twice upon a time a le devoir de clore à la fois le run de Peter Capaldi et l’ère de Steven Moffat en tant que showrunner. Huit ans auparavant, le final de Russell T. Davies avait été un feu d’artifice. Familier des grands climax sur une bonne partie des années qui ont suivies, Le Moff’ a choisi de nous réserver un final nettement plus intimiste, qui jure avec le merveilleux de ses autres épisodes de Noël mais qui n’oublie pas d’être profondément émouvant. Comme à son habitude, il remet les pieds dans le plat de la chronologie de la série classique pour s’insérer au moment de la meilleure idée que la série n’ait jamais eu, et qui fait qu’elle est encore vivante aujourd’hui : la régénération du premier Docteur. C’est avec aisance et une ironie certaine que l’aventure qui nous est contée s’intègre à la fin de la première aventure des Cybermen, alors même que Twelve, premier Docteur du nouveau set de régénération vient lui-même d’affronter ces mêmes Cybermen, également cause de sa régénération. One et Twelve ont le choix de devenir quelqu’un d’autre ou de mourir tels qu’ils sont. Ils croisent le chemin de la très bien nommée Testament, entité qui apparaît d’abord comme une menace. Mais elle n’est rien d’autre qu’une technologie de New Earth qui retire les souvenirs des humains à l’instant de leur mort afin qu’elles puissent leur survivre. Ainsi les morts peuvent encore parler et marcher parmi les vivants, leur mémoire étant après tout le meilleur témoignage d’eux-même. Ainsi ce dernier épisode Moffatien est un épisode sans bad guy, sans personne à combattre, si ce n’est l’angoisse de laisser partir le personnage que le showrunner a si longtemps porté.

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Des retrouvailles un poil trop courtes

Depuis la saison 7, la mémoire est une thématique que Steven Moffat a régulièrement portée en faisant ressortir des pans entiers de la série classique, en envoyant Clara dans la ligne temporelle d’Eleven, en reconstituant un lien avec le passé, en racontant l’histoire de cette immortelle ayant tellement vécu qu’elle ne se souvenait plus qui elle avait été et en bien d’autres occasions. « Run you clever boy, and remember » disait la fille impossible à son Docteur fuyard. Le showrunner s’apprête désormais à être une partie de ce passé, et s’expose à être effacé par le futur à venir. Cet épisode est un peu le chemin à parcourir pour accepter que quelqu’un continuera après lui. Il tente de se persuader que comme il l’a fait précédemment, ceux qui suivront ne perdront pas la mémoire de ce qu’il a fait et des compagnons que le Docteur a croisé sur son ère. L’opération de Testament (enlever la mémoire des morts à leur dernier instant) offre un miroir rassurant, mais peut-être faux que le futur saura conserver ce qu’il a fait. La convocation du passé l’oblige du même coup à porter un regard sur ce qui n’aurait jamais eu lieu si les créateurs de la série n’avaient pas choisi d’abandonner le premier Docteur, lui tirant la manche pour qu’il abandonne lui-même son enfant à d’autres personnes. A l’instar du duo Tennant / Davies, les adieux de Twelve et Moffat se fondent donc en un mais nous sommes ici dans une approche bien plus globale, où le scénariste revisite les fantômes des créateurs de Doctor Who en s’adressant à ceux qui n’existent pas encore, mais reprendront le flambeau. Au milieu, une petite flamme continue de briller pour nous offrir un dernier conte de Noël.

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Testament incite le douzième Docteur à partir en paix

Et cette petite flamme reste encore très énergique. Twice upon a time est très bien écrit et c’est un épisode de Rachel Talalay (label qualitay). Sous les traits de David Bradley (qui avait déjà interprété William Hartnell – et donc le Docteur- dans an adventure in time and space, le téléfilm du 50ème anniversaire), One est loin d’être un faire-valoir du douzième Docteur. Il revit littéralement. Steven Moffat a bien su reprendre ses caractéristiques pour en rire, tout en faisant ressortir ce qui le rendait attachant. Ses réactions au TARDIS de Twelve, à ses joujous soniques et son côté vieux jeu envoient un grand bol d’air à cet épisode, mais sa réaction au Docteur de la guerre qu’il deviendra et un beau dialogue avec Bill lui rendent une innocence assez paradoxale, compte tenu de son âge physique. On ajoute à ce retour une belle reprise couleur du TARDIS et des interactions brillantes entre les deux Docteurs, la nouvelle apparition de Mark Gatiss, le plaisir de retrouver l’adorable Bill Potts, le souvenir retrouvé de Clara (communiqué par Testament), le sarcastique Nardole en caméo ou même ce tordu de Rusty le Dalek qui vient faire un coucou. Mais le meilleur est sans doute dans ce dernier conte de Noël que Moffat nous raconte, qui est un épisode bien réel de l’Histoire. Lors du Noël 1914, les soldats allemands et français cessèrent le feu dans les deux camps. Twelve sauve le capitaine (le grand papa du Brigadier, merci toutéliage !) promis à une mort certaine en déplaçant l’instant de sa mort de quelques heures, à l’instant même de cette trêve de Noël. Si l’univers échoue souvent à être un conte, c’est là que le Docteur de la guerre vient, conclut le premier du nom. Puis il se retire rejoindre Ben et Polly…et affronter son destin. Mais Twelve refuse de croire que la mémoire de Bill arrachée par Testament constitue Bill et que notre mémoire constitue ce que nous sommes. Sa longue vie à venir ne fera t’elle pas que tous ces compagnons seront enterrés (ndr – je mets ma main à couper que non) ?

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-Watch your language young lady !

Seul face au TARDIS, il se dira qu’une vie de plus ne tuera personne, sauf lui-même. Steven Moffat / Peter Capaldi donne alors les dernières recommandations à son enfant avant de le libérer de lui-même. L’acteur aurait mérité le chant des Oods en puissance 10, Murray Gold lui offrira une explosion du thème de Heaven Sent, sa masterpiece. Au terme de cette ultime tirade de Twelve, Moffat lâche enfin les mots « Doctor, i let you go ». La régénération s’amorce dans une lumière rassérénante. Jodie Whitaker, la treizième Docteur, fait son apparition. Ce qui n’est guère une surprise, mais procure malgré tout un sentiment étrange…et intrigant

Le changement de sexe du Docteur pourrait bien être une aussi bonne idée que celle qu’ont eu il y’a très longtemps les créateurs du show, lorsqu’ils décidèrent que le Docteur pourrait bien être Patrick Troughton, ou n’importe quel autre acteur pourvu qu’il garde un peu de ce qu’est le personnage. Pour toutes ces années ajoutées à la Mémoire du Docteur, pour ce Docteur refoulé revenu à la surface, pour River Song, les wibly woobly timey winey, le Capitaine Jack, pour Clara Oswald la fille impossible et le duo Capaldi/Coleman, les anges et Sally Sparrow, Missy, le War Doctor, Sardick et ses fantômes, Bill Potts, pour Vincent Van Gogh, Amelia Pond, les Silents, Twelve et sa forteresse (…), merci Steven Moffat.

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I let you go

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